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R. de Deadlier



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» Auteur : Deadlier - Voir le profil
» Créé le 15/10/2017 à 21:23
» Dernière mise à jour le 26/01/2018 à 18:53

» Mots-clés :   Action   Alola   Aventure   Organisation criminelle   Présence de personnages du jeu vidéo

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Lettre 2 : Je reste sans réaction
Mon fils,

J’espère que tu as bien reçu ma première lettre. Dans le cas contraire, et bien je t’informe donc que ce courrier est le deuxième que tu es censé recevoir et lire. Mais je vais partir du principe que tu as tout reçu dans le bon ordre. Sinon, ça risque de tout compliquer.

J’ai fait bien des choses dans ma vie, mais rarement écrivain. Aussi, ma syntaxe n’est peut être pas parfaite, et j’ose espérer que mon récit ne t’aura pas ennuyé. Si tel est le cas, sache que tu es un sale gosse irrespectueux qui ne pense qu’à lui. Et que d’un certain côté, ça me rend quand même fier de toi. Je crois que j’effacerai cette phrase avant de t’envoyer cette lettre.


Après ma rencontre avec Danh, j’avais décidé d’aller voir ce fameux Pectorius qu’il m’avait indiqué. Il ne s’agissait pas de suivre son conseil, non. En aucun cas. Ce n’est pas comme si j’allais devoir quoi que ce soit à ce vieux croulant. Hors de question. Disons simplement que comme j’étais résolu à en savoir plus sur ce fameux Tour des Îles, j’avais pris la décision d’aller voir le Doyen de l’île de Mêle-Mêle. Voilà tout. Après, de ce que j’en savais, les Doyens étaient les dresseurs les plus importants et puissants de chaque île d’Alola, des guides et protecteurs pour leurs habitants. Un peu l’équivalent de nos champions d’arène, j’ai l’impression. Donc il était parfaitement logique que je m’oriente vers ce Pectorius. Et non je ne cherche pas à me justifier. Cesse de me juger.

A peine remonté de la plage, je pris la première décision qui s’imposait à moi. Épousseter mes chaussures. Elles n’étaient pas prévues pour ce genre de voyage, et les grains de sables se fichaient partout dessus, les rendant horribles à regarder. Je n’aime pas le sable, il est grossier, irritant…et en plus, il s’insinue partout. Je m’y repris à deux fois, vérifiai tout les angles, et constatai que la brillance de mes chaussures lustrées n’était plus ternie par le vil sable d’Alola. Ma mallette bien en main, je repris donc ma route. J’avais étudié la carte de l’île sur le ferry, et je savais donc où trouver le village de Lili’i dont m’avait parlé Danh. C’était un petit village insignifiant se situant au nord du labo du professeur. Je n’aurai jamais cru devoir y aller, car je pensai que c’était le genre de petit village de bouseux qui ne peut attirer personne d’important. L’idée donc d’y trouver la sommité de cette île me paraissait des plus saugrenues.

Alors que je remontais, je remarquai la présence d’une grande bâtisse qui tranchait singulièrement avec la ville d’Alola. Le bâtiment était en bois et joliment construit, et la maison semblait assez vaste. En y songeant, j’aurai presque pu aménager dans une pareille maison, si on y rajoutait quelques équipements derniers cris. En plus, si je me souviens bien, un écriteau devant la maison informait les passants qu’elle était à pourvoir. Enfin, très peu pour moi. Hors de question que je m’attarde dans cet archipel, surtout tant que ce vieux débris de Danh s’y trouvait.

Le chemin qui menait jusqu’à Lili’i était une pente douce, qui passait à travers la nature et laissait observer les différents paysages que proposaient l’île. Je pris donc la décision de m’arrêter le temps nécessaire pour m’imprégner de l’aura et de la sérénité de ces lieux. Après une bonne demi-seconde à me dire que faire une telle chose serait inutile, débile et digne d’un dresseur de dix ans, je repris ma marche que je n’avais d’ailleurs pas vraiment cessée. Si tu avais été là avec moi, tu aurais vu toi aussi comme tout respirait l’insouciance et la joie de vivre. Des Pokémon qui gambadaient, des gamins partout en train de jouer dans les hautes herbes avec ces mêmes Pokémon. On ne leur avait jamais dit à Alola qu’il ne fallait pas aller dans les hautes herbes ? Le conseil le plus inutile et frustrant de toute la vie d’un dresseur. Quand le professeur n’est pas là, les Rattata dansent, on dirait.

Faisant fi de ce spectacle affligeant, je continuai tout droit vers Lili’i. Pour être sur de ne pas me tromper, je pris même le temps de demander mon chemin à un passant qui eut l’air visiblement très surpris par ma tenue. Après m’avoir demandé pas moins de trois fois si je n’avais pas trop chaud, il consentit enfin à me confirmer que Lili’i était bien dans la direction que je prenais. Quelle incorrection, j’en venais vraiment à regretter l’époque où je prenais tout aux gens sans rien leur demander. Mais bon, maintenant je devais faire profil bas, alors je n’avais pas vraiment le choix. Même si j’étais dans une région où personne n’avait jamais entendu parler de moi, autant ne pas chercher à se faire remarquer.

Ce qui, je le consens, contraste avec mon attitude...agressive avec Danh. Mais franchement, il m’avait énervé lui aussi.
J’arrivai en fin en vue d’un village que je voyais se dessiner derrière les palmiers. Plusieurs petites maisons en bois qui n’étaient pas sans me rappeler celle que j’avais vu avant. Maintenant que j’avais trouvé Lili’i, il me fallait ce Pectorius. Et je n’avais que son nom pour lui mettre la main dessus. Autant dire que ça n’allait pas être facile. J’allais devoir demander comme un idiot à tout le monde s’ils savaient où était le Doyen. Je continuai mon chemin à travers le village, observant qu’il n’y avait pas grand-chose à voir. A part quelques vieux qui trainaient devant leurs bicoques en bois. Alors, l’évidence me frappa aux yeux comme un cliché de cinéma. Une maison bien plus grosse que les autres, située sur la place centrale du village. Place qui, soit dit en passant, me faisait penser à un terrain de combat Pokémon en bois. Ce qui serait donc logique, avec la présence du meilleur dresseur de l’île à proximité.

Je me décidai à frapper à la porte, dans l’espoir que cette fois ci, on me réponde. Attendant patiemment qu’on vienne m’ouvrir, j’eus l’amère surprise de découvrir qu’une fois de plus, rien ne se passait. Mais personne n’était donc chez lui dans cette foutue région ? Et toujours pas de fichue sonnette, évidemment, ce serait trop facile !
Je frappai encore une fois, avec plus de véhémence, comme si j’avais l’infime espoir de pouvoir faire souffrir cette fichue porte, qui allait prendre pour sa congénère du laboratoire Pokémon. Et enfin, au bout du compte, j’entendis du bruit derrière la porte, tandis qu’on daignait venir m’ouvrir. Comme quoi il suffisait d’y croire. Bien que comme toi, je n’y croyais plus.

Une dame d’un certain âge, que la décence m’empêche de décrire, vint à ma rencontre et m’accueillit avec un sourire qui se transforma vite en surprise en me voyant. Honnêtement, je ne pensais pas que je ferais tant d’effet aux habitants. Je lui offris un sourire grimaçant pour tenter de la rassurer, alors qu’elle ouvrit le dialogue.

- Alola. Vous…vous êtes de la police ? dit-elle, hésitante.

Voilà deux fois dans la même journée qu’on m’insultait. D’abord on m’avait dit que je faisais pitié, et maintenant ça. Je fis appel à tout le self contrôle dont j’étais capable, et lui répondis sans m’énerver.

- Non, je suis un dresseur Pokémon. Je suis à la recherche du Doyen de l’île…Pectorius.

- Et que lui voulez-vous, reprit-elle, un peu plus rassurée mais pas trop quand même.

- M’instruire, entre autre sur le Tour des Îles, répondis-je calmement. Rien de plus, soyez en sûre. Ma tenue est juste typique de chez moi, je ne suis pas d’Alola.

- Il est parti aux Ruines du Conflit avec un dresseur, mais il ne devrait plus tarder à rentrer. Vous n’avez qu’à l’attendre ici.

Je la remerciais pour ses informations puis alla m’asseoir contre l’arène en bois au centre de la place pour attendre le Doyen. J’espérai qu’il ne mettrait pas trop longtemps à revenir, parce que l’air de rien, je n’avais pas que ça à faire. C’est que je suis un homme occupé moi. Enfin je le suis maintenant. A l’époque c’était un peu moins vrai. En fait, je n’avais vraiment rien de mieux à faire, maintenant que j’étais là. Donc je fis avec, et attendis son arrivée.

D’abord dix minutes. J’avais remarqué deux vieux dans mon dos qui changèrent de position pour se mettre dans un coin où ils pourraient m’observer plus facilement. Je devais surement servir d’attraction de la semaine pour le trou paumé qui leur servait de village.
Puis une demi-heure. En me baissant pour écarter un Rocabot qui était venu me renifler, j’avais fait tomber mon chapeau. Je le ramassais et l’époussetai vite fait. On ne touchait pas à mon chapeau. Je le revissais bien sur ma tête.
Puis une heure. Après mûre réflexion, je devais être l’attraction de l’année. D’autres vieux s’étaient mis ailleurs pour me mater, et les premiers n’avaient pas bouger d’un poil. Maudit soit le dieu qui avait créé les villages.
Après une heure et demie d’attente, je vis enfin deux personnes venir du chemin au nord du village. Un homme rondouillard à l’air jovial, portant une chemise jaune ouverte avec un T-shirt et un short. Et un gamin portant ce même ensemble short et t-shirt. J’ai déjà parlé du fait que je déteste cette tenue ? Je vais le redire, au cas où.

Mis à part ça, le gamin n’avait rien pour lui. Un petit gros roux et rond qui avait un air à s’attirer les moqueries de n’importe quelle personne un minimum saine d’esprit. Même toi tu serais bien moqué de lui, je suis sur.
Je me dirigeai vers le duo sans plus de procès, las du voyeurisme intensif de personnes âgées. Lorsque je fus à leur hauteur, ils me dévisagèrent tout les deux alors que je pris la parole, histoire de gagner du temps.

- Bonjour, je viens me renseigner au sujet du Tour des Îles.

- Alola. Je répondrais à vos questions avec plaisir, me dit Pectorius. Chrys, tu peux y aller, nous avons fini.

- Bien monsieur Pectorius, je file voir Althéo pour mon Tour des Îles comme vous me l’avez dit, lui répondit-il, avant de partir aussi vite que sa corpulence le lui permettait. C'est-à-dire plutôt lentement.

- Il parait que le Tour des îles permet de renforcer les personnes qui le font, et de leur donner une voie dans leur vie, est-ce vrai ? demandai-je pour aller au plus vite.

- Vous pourriez commencer par vous présenter, peut-être ? Moi je me nomme Pectorius, et je suis le Doyen de Mêle-Mêle.

Il prit alors une pose qui se voulait jeune et dynamique mais qui me laissa totalement indifférent. Je n’étais pas un de ces gamins qu’il fallait impressionner. Bon, il me fallait décliner mon identité. Et je n’étais toujours pas disposé à dévoiler mon vrai nom.

- Je me nomme R. Simplement R., Maintenant répondez à ma question, enchaînai-je pour évacuer le sujet du nom.

- R…quel drôle de nom, fit-il en massant sa barbe. Quoi qu’il en soit, vos questions sur le Tour des Îles sont justes mais, comment vous dire…il est réservé aux jeunes habitants d’Alola.

- Qu’est-ce que vous voulez dire ? Je suis venu de loin pour ça, dis-je en serrant les dents.

- Comprenez, il a une portée symbolique pour les jeunes. Ils découvrent de nouveaux environs, le monde des Pokémon, et plusieurs voies auxquelles se consacrer quant ils seront adultes. Je doute qu’il vous apporte vraiment grand-chose, monsieur…R.

- Il n’y a vraiment pas moyen ? Je reste convaincu que ça pourrait m’aider. J’ai déjà essayé tant de choses…

Des choses j’en avais tenté oui, depuis cette ultime humiliation aux chutes Tohjo. Beaucoup de choses. Trop. Je n’arrive même pas à me souvenir de tout. J’avais visité Hoenn, Sinnoh, Kalos. Je m’étais même lancé dans le tournoi du Pokémon World Tournament dans l’espoir que ça me serve de défouloir. Mais je l’avais quitté au bout d’un jour en constatant la présence de la personne que je déteste le plus au monde. Je ne pouvais pas rester en sa présence, c’était absolument impossible.
Malgré ma demande, Pectorius semblait clairement réticent. J’étais persuadé qu’il refusait de me laisser faire ce Tour des Îles parce que ma tête ne lui revenait pas. Mais je ne pouvais pas dire de bout en blanc qui j’étais et ce que je voulais vraiment. Autant demander à être conduit directement à Interpol. Face à mon insistance, il sembla hésiter, avant de prendre quelques minutes pour réfléchir. Puis, il reprit le fil de la discussion.

- Je reste perplexe. Je vous propose un test. Allez aux Ruines du Conflit, derrière moi. Prenez le sentier Mahalo pour vous y rendre. Là-bas réside notre Pokémon Gardien. S’il vous juge digne, alors je vous permettrais de participer.

Être jugé par un Pokémon ? C’était vraiment ça qu’il proposait ? Je lui aurai bien rétorqué qu’on aurait pu régler ça simplement par un combat Pokémon, comme ça se faisait dans toutes les régions civilisées, mais apparemment il tenait à sa coutume débile d’arriéré. Mais après tout, il allait bien falloir que j’ouvre mon esprit, le minimum syndical, si je comptai bénéficier de ce Tour des Îles. Je décidai donc de capituler, et de me rendre à ses Ruines pour rencontrer leur Gardien.

Je me mis aussitôt en route, pressé d’en terminer avec cette perte de temps que je trouvais vraiment inutile. Comment son Pokémon gardien me jugerait-il d’abord ? Il avait un pouvoir de lire dans les pensées peut-être ? Ridicule. Les Pokémon ne nous comprenaient qu’à force de passer du temps avec eux, et de partager nos ambitions avec les leurs. Voilà tout.

Je quittai donc le village pour arpenter le sentier Mahalo. C’était un petit chemin qui rejoignait une falaise escarpée. Je pouvais y voir une cascade se jeter droit dans la mer, spectacle assez rare, s’il en est. Et un pont de bois bien chancelant me permettant de rejoindre les Ruines du Conflit de l’autre côté. Je pressais le pas pour traverser ce pont sans m’attarder dessus plus que ça.

Alors que je continuai de m’enfoncer dans la jungle, je vis deux statues franchement moches délimiter l’entrée d’une clairière, au bout de laquelle se trouvait une porte en pierre, ouverte. M’y voilà. Au moins, il ne m’avait pas fait marcher des heures pour y aller. Mais du coup, j’en vins à me demander ce qui avait pris aussi longtemps à ce vieux en compagnie d’un gosse pour en revenir. Ne pense pas à ça.

J’entrai dans les Ruines, traversant rapidement une salle en pierre envahie par les plantes et la mousse. Depuis combien de temps ces ruines étaient à l’abandon ? Les villageois vivaient juste à côté et ne les entretenaient même pas. Quel manque de savoir vivre. Par réflexe, je regardai quand même si la structure n’était pas risquée, mais non, ça allait. Bien taillée dans la pierre comme il fallait. Un bon travail d’autochtones. Ils savent faire quelque chose, pour une fois que je le leur reconnais…

J’arrivai enfin devant un autel qui devait être celui de leur fameux gardien. Des escaliers en bois menant vers une étrange structure en pierre, entourée de feuilles de palmiers. Aucune idée de ce que ça représentait. Mais ce dont j’étais sûr, c’est qu’il n’y avait aucune trace de fichu Pokémon. Même pas un insecte qui traine dans un coin, rien du tout. Il s’était fichu de moi, ce Doyen. Comment me faire juger par un Pokémon même pas là ?
Commençant à en avoir sérieusement marre qu’on se fiche de moi, je mis un grand coup de pied dans les feuilles de l’autel, comme si ça me permettait d’atteindre physiquement le Gardien.

- Je suis là, Gardien ! Montre-toi ! hurlais-je.

Mais rien. Rien de rien. Aucun signe de présence. Il osait m’ignorer ? Moi ? Mais personne n’était autorisé à m’ignorer. Surtout pas un fichu Pokémon. J’allais lui montrer ma présence de façon plus « insistante » puisqu’il le prenait comme ça, ce Gardien à la manque. J’ouvris ma mallette et en sorti une Poké Ball que je jetais au sol. Mon fidèle Nidoking apparut en poussant un cri sourd.

- Nidoking, commence par brûler ces foutues plantes.

Mon Pokémon cracha son Lance-Flamme sur la structure qui s’embrasa. J’eus grande satisfaction de voir cette végétation inutile partir en cendres. Comme un bon moyen d’évacuer ma frustration du jour. Mais rien ne se passa malgré tout. Le Gardien ne venait toujours pas. Il lui en fallait plus ? Très bien, je savais parfaitement comment dénicher les Pokémon les plus récalcitrants.

- Tu ne tiens pas à cet autel ? Nidoking, utilise Telluriforce.

Je n’allais pas aller directement au séisme. D’autant plus que j’étais encore à l’intérieur des Ruines. Mais les explosions qui se manifestèrent depuis le sol ébranlèrent quand même l’endroit qui n’en sortit pas indemne. Je vis quelques pierres chuter du plafond mais ne pris pas la peine de bouger, mon Nidoking m’en protégeant.

Avec un grand sourire, j’attendis quelques minutes après l’attaque que se manifeste le Gardien. Mais encore une fois, rien ne se passait. Très bien, il l’aura voulu, cette fois j’allais détruire ces fichues Ruines, puisque visiblement il n’y tenait pas plus que ça.
Je sortis avec Nidoking du lieu sacré et le contempla avec une certaine envie. Au final ce n’était pas tant de la colère qu’un défi entre le Gardien et moi. Voir lequel de nous deux allait céder le premier. Et c’est lui qui allait perdre, il pouvait en être certain. L’usage de la force ne me posait aucun problème, au contraire.

Alors que je m’apprêtai à ordonner à mon Nidoking de raser l’endroit, je le vis s’étaler au sol, après s’être pris quelque chose dans le dos. Je me retournai pendant qu’il se relevait et constata la présence d’un horrible crabe gigantesque avec une fourrure blanche, deux énormes pinces et une tête d’ahuri total. Un genre de fusion entre un Krabboss, un Polagriffe et un Ramoloss.
Derrière lui arriva Pectorius en courant. Il avait l’air en colère et affolé en même temps. Avais-je commis un impair ? Surement, mais bon, c’était de sa faute. Il n’avait qu’à pas m’envoyer pour rien dans ces vieilles ruines inutiles.

- Mais vous êtes complètement fou ? Qu’est-ce qui vous prend ? demanda-t-il avec hargne.

- Votre Gardien refuse de se montrer. J’ai donc tenté de lui demander gentiment de venir. Et comme il n’est toujours pas venu, j’ai ensuite demandé moins gentiment, dis-je de la façon la plus normale qui soit.

- S’il ne s’est pas montré, c’est simplement qu’il ne vous a pas trouvé digne d’intérêt. Vous n’avez rien à faire sur mon île, vous êtes un criminel irrespectueux !

- Tout de suite les grands mots, écoutez...

- Je n’écouterai rien, me coupa-t-il. En tant que Doyen je dois protéger l’île. Et vous êtes un danger. Alors repartez tout de suite de Mêle-Mêle ou je vous en chasserai moi-même. Est-ce clair, R. ?

Je lui lançai un regard de défi, presque prêt à tenter de voir s’il était vraiment capable de me chasser. Mais comprenant qu’affronter une autorité était une mauvaise idée, je me contentai de lâcher un soupir de frustration, et de rappeler mon Nidoking avant de ranger sa Pokéball dans ma mallette.
Sans un mot ni la moindre considération, je quittai les lieux. Je partais au plus vite de Lili’i. Et je comptai partir de Mêle-Mêle aussi vite que possible. Tant pis, il me resterait trois autres îles pour tenter de me refaire. Et au pire, ce ne serait qu’un échec de plus dans la liste. Au point où j’en étais…je suis sûr que me voir échouer dans ce que j’entreprends te fais sourire. Rassure-toi, tu auras d’autres occasions de sourire.

J’avais vite regagné Ekaeka. Je marchai d’un pas rapide, sous l’agacement. J’espérai sincèrement qu’un Ferry allait partir dans les dix minutes car cette île n’était sincèrement qu’une pure perte de temps. Je traversai la ville comme une flèche, poussant même deux trois personnes qui étaient en train de flâner dans les rues. Je regardai par-dessus mon épaule tout en avançant. A priori je n’étais pas suivi. Pas de Pectorius à l’horizon. Tant mieux.

En arrivant sur les docks, j’enfonçai mon chapeau un peu plus sur mon crâne puis me dirigeai vers les guichets rapidement. Mais, soudainement, des cris attirèrent mon attention. Ils venaient de derrière le bâtiment. Piqué par la curiosité, et voyant que de toute façon aucun ferry n’était amarré, je fis le tour. Je vis alors trois personnes. Le petit gros qui était avec Pectorius juste avant, et deux types ridicules habillés en noir avec des masques et de gros bijoux bien vulgaires en forme de crâne. Ils martyrisaient le pauvre dresseur en le frappant, le tout en rigolant.

Je le savais bien qu’il avait tout de la victime prédéfinie, ce Chrys. Je commençai à faire demi-tour quand soudainement, une curieuse idée me vint à l’esprit. Ce gosse faisait le Tour des Îles. Peut-être que si je le débarrassai de ces deux énergumènes, je pourrai profiter de sa naïveté de jeune dresseur pour obtenir plus d’informations de sa part. Et au pire, j’aurai juste à le frapper moi-même.

- Regardez moi ça. Deux raclures de la société en train de frapper un gamin sans défense, dis-je pour attirer leur attention.

- Oush oush ! Mate-moi ça mon frère, l’aut' en pingouin, il nous cherche des ennuis !

- Il doit pas savoir à qui il a affaire, c’lui là. On va lui faire sa tête au carré !

Je tiens à préciser que comme je ne comprenais rien de leur langage de primitif décérébré, je ne fais là qu’une retranscription légère dans l’ordre de ce que j’en ai compris. Si un jour tu te mets à parler comme ça, alors je jure que tu ne seras plus jamais mon fils. Enfin, si d'abord tu acceptes de le redevenir...je crois que je m'enfonce.

Blasé par leur attitude, et ne comprenant donc rien de ce qu’ils baragouinaient, je décidai de vite leur lâcher Nidoking sur la figure pour les calmer. Mon imposant Pokémon les impressionnant, ils firent alors beaucoup moins les fiers. Je donnai l’ordre à Nidoking de les envoyer valser, et d’un simple coup de queue, ils partirent s’écraser contre un mur. Comme c’était divertissant de s’en prendre à des faibles. Ils se redressèrent, fourbus, alors que je pouvais distinctement voir leurs genoux claquer de peur, ce qui me donnait énormément de satisfaction.

- Vous avez compris la leçon les déchets, ou j’en rajoute encore ? dis-je, menaçant et dissimulant mon sourire.

- Il est complètement taré, c’lui là, oush ! On se tire !

Ils commencèrent à partir en courant tandis que je me retournai vers le gamin que j’avais aidé. Quelque chose cloche dans cette phrase maintenant que je la regarde. Moi, aider un gamin…
Je rappelai Nidoking dans sa Poké Ball pendant que le rouquin se relevait en me regardant d’un air méfiant, pas sûr que je sois d’une meilleure compagnie que les deux déchets d’avant. Bon instinct de survie. Mais alors que j’allais prendre la parole, un projectile me toucha à la tête et envoya voler mon chapeau qui tomba à l’eau, recouvert d’une morve visqueuse qui le fit couler.

J'en resta quelques instants sans réaction, constatant ce qui venait de se passer, regardant mon chapeau disparaître en même temps que mon calme.
Mes yeux se contractèrent, et je serrai mon poing sur la Poké Ball de Nidoking. Sans même me retourner, je dis à l’adresse des deux types derrière moi avec un ton extrêmement froid.

- Lequel des deux a eu les couilles ?


C’est sur cette interrogation que se termine ma seconde lettre mon fils. Je t’enverrai la troisième rapidement.

A très bientôt,
Ton père.