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Le Royaume de Kirazann : Les Sources de Vie de Lief97



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Informations

» Auteur : Lief97 - Voir le profil
» Créé le 14/01/2019 à 10:27
» Dernière mise à jour le 06/02/2019 à 10:50

» Mots-clés :   Aventure   Cross over   Fantastique   Médiéval   Mythologie

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Chapitre 18
« Le dragon du soleil, monstre des tropiques,
La gueule gorgée de feu, et tyrannique,
De ses ailes irisées, voltige dans les brumes,
Les nuées se brisent, sous sa crête de plumes. »
Poème du Soleil, Almanach des Anciens, livre V, Les Trois Dragons des Astres, 12.



***


— C’était très agréable de palabrer un peu avec vous, sourit le Roi. Je vous laisse aller faire un tour dans vos chambres. Sœlis peut vous y accompagner, ensuite Kashim vous montrera la carrière, si vous le voulez bien.
— Merci, répond Ambre au Roi, hésitant visiblement sur une formule de politesse à ajouter.

Mharcus Libellion ne s’offusque de rien et leur ouvre les portes. Juste avant qu’Élio ne suive les autres dans le couloir, le vieux souverain l’arrête en posant une main sur son épaule.

— Élio, peut-on se parler un instant ?

Le garçon se fige, tendu, et hoche la tête :

— Bien sûr…

Il entend le bruit d’une porte s’ouvrir, et un commentaire émerveillé jaillir des lèvres d’Ambre. Le rire de Sœlis résonne jusqu’à eux, alors que Kashim et Natael échangent quelques mots un peu plus loin.

— Je sais que tu n’es pas très à l’aise avec tout ceci, mon garçon, mais tu n’as pas d’inquiétude à avoir. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour t’offrir ce qu’il y a à savoir. Nous serons là pour t’aiguiller, d’accord ? N’hésite pas à venir me voir en cas de souci, ou même Natael. Il connaît déjà les coutumes au sein de la citadelle, ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut pas faire. D’ailleurs, je voulais aussi m’assurer d’autre chose, Élio.

Le Roi le lâche et ajoute plus gravement :

— Tu n’es pas déçu par ton nouveau Titre, rassure-moi ?
— Non, non, au contraire, se dépêche le garçon de rétorquer. C’est juste… très soudain pour moi...
— Je comprends. Ça ne doit pas être facile. Mais j’ai l’impression que… que tu n’as peut-être pas envie de t’impliquer dans une mission de cette ampleur ? Ce que je comprendrais assez, vu ta position.

Élio sent bien que sa réponse est importante ; et il ne faut pas chercher à mentir. Dans son état actuel, il doute qu’il soit capable de mentir sans que cela ne se voit, de toute façon.

— Ce n’est pas la mission qui me gêne… j’ai même plutôt envie de voyager, de découvrir ces fameuses Sources… mais j’ai l’impression de ne pas mériter d’être là. Je n’ai même pas gagné ma place, au tournoi. Je me dis que ce soldat, Keel, aurait sûrement…
— Oh, non, ne t’inquiète pas pour cela, Élio. Le sergent Keel a raté sa chance, bêtement, certes, mais j’ai eu l’occasion de lui parler avant notre départ de l’amphithéâtre. Il ne regrette pas d’avoir laissé sa place à cause de ses blessures. Il veut faire carrière dans l’Armée, et il sera probablement le digne successeur du Commandant Joyalis un jour… il ne convoite pas particulièrement ton Titre de Gardien.
— Je… je vois.
— Tu es certain qu’il n’y a pas autre chose, alors, Élio ? Tu doutais simplement de ta légitimité ? Si ce n’est que ça, tu n’as pas à t’en faire. Tu es légitime, je te l’assure. Un enfant de la cité des goélises, qui n’a pas eu d’entraîneur, et qui parvient à se hisser aussi loin grâce à un double-type rare… c’est très impressionnant, tu sais.
— Merci, mon Roi…
— Oublie-les « mon Roi » quand nous sommes ici, répète Mharcus avec un sourire presque paternel. Va donc visiter ta chambre avant que Kashim ne se décide à rejoindre la carrière !

Élio acquiesce et fait demi-tour ; puis, juste avant de sortir, il se fige et pivote vers le souverain :

— Au fait… je…
— Oui ?
— Ma mère est gravement malade, dans la cité… j’aimerais la revoir, je n’ai jamais été séparée d’elle très longtemps, et j’ai peur que ça n’affecte son état… serait-il possible de… la soigner ? Ou simplement de retourner la voir ?

Le Roi plissa le front, légèrement anxieux. Il doit comprendre d’où vient une partie du tracas du garçon.

— Y retourner me paraît compliqué pour le moment, Élio, j’en suis navré… mais je peux évidemment la mettre entre de bonnes mains, et appeler des médecins à son chevet. Tu n’auras qu’à m’en dire plus tout à l’heure, d’accord ? J’enverrai des hommes à la bonne adresse. Je peux même lui offrir un logis décent, à elle et tes proches.

Élio ne tente pas de la corriger ou de relever la fin de sa phrase ; le Roi s’imagine certainement qu’il vit avec une famille complète. C’est loin d’être le cas. Mais il songe à Steban et se dit qu’une maison ne lui ferait pas de mal, après tout, et ça ferait quelqu’un de confiance dans l’entourage de sa mère, si, comme il le craint, il ne pourra pas la revoir souvent.

La visite de sa chambre ne lui fait ni chaud ni froid, bizarrement. Il n’a pas l’impression que ce soit son nouveau chez lui, tant tout lui semble trop beau, trop cher et trop propre. Trop ordonné aussi. Il doute d’utiliser un jour tous ces meubles de rangement, ou même le bureau, puisqu’il ne sait pas écrire. Le lit moelleux l’attire du regard, cependant, tout comme la vue magnifique que lui offrent ses fenêtres… et son balcon.

Il observe derrière la vitre la vie grouiller en contrebas, dans la citadelle. Qu’il s’agisse de nobles qui se promènent, de pokémons ou de soldats sur les murs entourant la zone du château et les environs, tout le laisse bouche bée. Au loin, par-dessus les remparts, il aperçoit la forêt où doit se trouver l’autel d’Arceus ; plus loin à sa gauche, il aperçoit les jolis toits d’Hymnus et les tours vertigineuses de la Caserne Joyalis, situées à quelques minutes en charrette.

La cité des goélises est invisible d’ici, ainsi que l’Avenue ; mais parmi les nuages, au-dessus de la ligne d’horizon, il croit repérer les fumées de sa ville natale, parmi les pâturages et les petits bois.

Alors qu’il ressort dans le couloir pour rejoindre les autres, il songe avec un peu d’anxiété à ces histoires de cours qu’a évoqué le Roi après le sujet des Sources de Vie. Apparemment, Élio allait passer du temps avec un certain Phidius Anhlir, un érudit de renom, chargé de lui apprendre tout. De la lecture aux calculs, à l’histoire, en passant par la culture Kerchakh et la géographie… sans parler des célèbres Sources de Vie, au cœur de bien des légendes. Même si finalement, Élio sait peu de choses sur elles, à part qu’elles sont situées loin du cœur du Royaume, et réputées difficiles d’accès.

Mharcus Libellion leur a aussi expliqué qu’ils partiraient pour la première Source dans une semaine, après un banquet organisé en leur honneur avec la noblesse et les grandes pompes du Royaume. Leur mission, secrète, sous couvert d’une visite diplomatique de la princesse chez les Kerchakh, devrait leur permettre de s’éclipser sans éveiller les soupçons. Kashim les accompagnera, à la fois pour les guider dans des terres qu’il a foulées autrefois, et pour veiller personnellement à leur entraînement physique au début du voyage. Et à la protection de la princesse, bien sûr.

Mais pour le moment, Élio préfère ne pas penser à tout ça. Sa première étape est d’apprendre le plus vite possible les bases que lui enseignera Phidius Anhlir, tout en se mêlant à ce milieu qu’il connaît mal… et en permettant à sa mère d’obtenir des soins rapidement.

Cette histoire de voyage vers les Larmes d’Arceus pour se défendre contre les Ombres est évidemment vitale, pour tous ; mais il a déjà trop à penser, alors il préfère mettre ça de côté pour ces quelques jours ici.

Sœlis, Natael et Ambre attendent déjà dans le couloir, devant un Kashim toujours aussi droit et impassible.

— Ma Dame, dit-il à l’intention de la princesse, j’accompagne donc vos Gardiens à la carrière, si vous le permettez. Nous serons de retour dans moins d’une heure.
— Ne les perdez pas dans les couloirs, dit l’héritière en échangeant — déjà — un regard de connivence avec Ambre.

Élio surprend ce regard sans trop le comprendre. Il n’arrive pas à imaginer comment Ambre a pu déjà se lier d’amitié avec la princesse. Si elle n’a pas le bagout et le surplus d’énergie d’Arya, l’ex-sergente semble tout de même très à l’aise niveau relations sociales. Encore une chose pour laquelle Élio se sent largué…

Kashim tourne les talons et leur fait signe de le suivre. Élio ouvre grand ses oreilles et tente de retenir toutes les informations que le garde du corps leur offre sur les différentes pièces du château.

Il sent qu’une semaine ne suffira absolument pas à se repérer dans ce dédale.



***


Ambre découvre les lieux avec émerveillement ; elle a l’impression qu’il faut une vie entière pour repérer tous les détails, coins et recoins des couloirs du château. Et quand Kashim leur apprend tranquillement que celui-ci est presque entièrement dévoué à la famille royale et leurs serviteurs, elle en revient à peine.

Les nobles se partagent de somptueux bâtiments à l’extérieur, dans cet immense parc contenu entre les murs de la citadelle. Qu’il s’agisse de petits palais, de belles bâtisses aux vitres alignées ou de façades de marbre, Ambre dévore tout des yeux.

Ici, la vie grouille. Soldats, gardes, pokémons, nobles, érudits et religieux semblent se côtoyer dans cet espace ouvert aux milles secrets.

— Les remparts forment un demi-cercle, explique tranquillement Kashim alors qu’ils viennent de quitter les couloirs du château pour se retrouver sur une esplanade extérieure. Sur toute la partie sud de la citadelle, et également un peu à l’est. Pour le nord du château, qu’on voit depuis le bureau du Roi, ce sont les douves qui nous maintiennent à l’écart, et qui élargissent l’Hélia.

Ambre tourne la tête vers le nord ; malgré son affinité avec l’eau, elle ne perçoit rien, et de là où ils sont, impossible d’apercevoir le célèbre fleuve.

Elle y est déjà allée plusieurs fois, au bord de l’Hélia. C’est lui qui entoure presque l’intégralité des immenses plaines centrales du Royaume de Kirazann. C’est une excellente protection contre les pokémons sauvages ou les bandits venus d’ailleurs. C’est aussi à cause de lui que l’Armée a peu d‘emprise sur les régions périphériques.

À la Caserne Joyalis, beaucoup de soldats le surnomment même le « Rempart Azuré ». Il forme une ligne de défense mais crée en même temps une frontière agaçante où il est facile de s’embourber. Mais les marchands itinérants en savent certainement bien plus qu’Ambre à ce sujet.

Kashim se tourne vers le nord-ouest, et désigne un bâtiment annexe de ce qui semble être une volière.

— De l’autre côté, il y a un pont qui rejoint l’Île de la Prison. C’est un grand îlot artificiel, où sont enfermés les criminels, dans des cachots étroitement surveillés. On y accède uniquement par-là, ou alors via les douves. N’essayez pas de la visiter seul, les gardes ne vous laisseraient passer qu’avec une autorisation du Roi, et ce malgré votre nouveau statut.

Ambre acquiesce. Elle aurait envie de tout visiter, de tout voir et de tout assimiler. Mais visiter des geôles ne représente que peu d’intérêt à ses yeux. Du coin de l’œil, elle remarque qu’Élio est plus détendu en l’absence de la famille royale ; bien qu’une sorte de tension semble persister dans son regard et sa posture.

Natael, lui, semble s’ennuyer profondément. Il faut dire qu’il doit déjà connaître beaucoup de choses, puisqu’il vit dans la citadelle depuis son enfance. La jeune femme a déjà repéré une belle bâtisse appelée « Maison d’Orthalos ». Ces mots, gravés en lettres dorées sur des plaques noires au-dessus de chaque petit palais de la noblesse sont autant de choses à retenir pour Ambre.

Être Gardienne lui plaît beaucoup, et elle veut s’appliquer dans sa tâche. Même si cela doit passer par une connaissance géographique parfaite des lieux. Ambre ne s’inquiète pas pour ça ; elle a toujours eu une bonne mémoire, et son sens de l’orientation lui a rarement fait défaut.

— Peut-on rejoindre la carrière, maintenant ? demande Natael avec lassitude.

Alors que Kashim s’apprête soit à lui répondre soit à le réprimander, Ambre se souvient brutalement de quelque chose en regardant une fois de plus cette sorte de volière qui les domine.

— Au fait, monsieur Kashim, j’ai oublié…
— Kashim suffira, Gardienne.

La jeune femme tique un instant à la mention de son Titre. Elle a du mal à dire si ça lui plaît ou non.
Mais ça lui rappelle qu’elle a un grade plus élevé que ce Kerchakh honorable, ce qui lui donne une sensation étrange.

— Pardon, Kashim. J’avais un sonistrelle avec moi, au tournoi, Ayfiel… j’ignore où il est, et…

Le garde du corps semble soudain plus sérieux encore, et fronce les sourcils.

— Oh, vous faites bien de me le rappeler, Gardienne. Les soldats n’ont pas encore apporté leurs rapports de l’évacuation de l’amphithéâtre, volière comprise. N’ayez crainte, j’irais me renseigner dès qu’on en aura terminé avec la visite de la carrière. J’irai récupérer votre sonistrelle moi-même s’il le faut.

Surprise par une telle déférence à son égard, Ambre sent le rose lui monter aux jours, mais elle reprend comme toujours très vite ses moyens et le remercie avec chaleur.

Bien qu’elle soit habituée à commander des hommes, elle ne s’est jamais vue comme l’égale ou même la supérieure d’un potentiel garde du corps du Roi. Voir le Kerchakh la servir comme si elle avait toujours vécu ici lui rappelle durement que vraiment, sa vie a changé.

Et au final, être Gardienne semble pouvoir lui prodiguer tout ce dont elle rêvait en intégrant l’Armée. Cette quête vers les Larmes d’Arceus la rend curieuse ; elle n’a jamais voyagé très loin même avec sa garnison. L’idée de partir aux confins du monde connu pour sauver le Royaume… c’est quelque chose dont elle a rêvé secrètement depuis qu’elle est toute petite.

— Suivez-moi. Nous n’en aurons que pour une dizaine de minutes à pied, si vous suivez mon rythme.

Kashim descend les marches de l’esplanade et se hâte en direction des hautes portes de la citadelle, droit sous les remparts.

Ambre remarque une lueur d’inquiétude briller dans les pupilles d’Élio quand le garçon manque de croiser son regard.

Est-ce que ça aurait quelque chose à voir avec la discussion rapide qu’il semble avoir eu seul avec le Roi, un peu plus tôt… ?



***


Natael n’a jamais imaginé qu’un endroit si vaste, à ciel ouvert, existe à quelques pas seulement des remparts ouest de la citadelle.

Il est bien connu que la route qui longe les murs ne soit empruntée que de l’autre côté, là où se trouve Hymnus. Celle-ci n’est que très peu empruntée, mais tout de même. La carrière, située à proximité du grand réservoir d’eau du château, est coincée entre les remparts, des collines rocheuses aux crêtes acérées, et baignent presque dans les douves du côté nord.

Le jeune noble aperçoit même l’Île de la Prison et ses murs noirs et inviolables, de l’autre côté. Seuls quelques grands pins offrent un semblant d’ombre et d’intimité à la carrière trop bruyante.

Ce qui étonne le plus Natael, c’est la présence en grand nombre de Kerchakh et de soldats sur les lieux. L’endroit semble bien gardé. Les ouvriers sont, pour la plupart, des pokémons dressés : minotaupes, triopikeurs, machopeurs, ouvrifiers et ténéfix se côtoient sous l’égide de quelques Kerchakh qui mettent aussi la main à la pâte.

De petits bâtiments ont été construits à l’écart, pour entreposer des outils, servir de dortoirs, ou même conserver les artéfacts de l’Ancien Temps, déterrés au fil des jours.

La terre de la carrière est brune, rouge et sèche. Des collines trop géométriques, des gouffres sans fond, des poulies et des grues jouant aux acrobates, des câbles et des rochers taillés… c’est une vision chaotique qui ressort de cet endroit. Natael fronce le nez. Des odeurs désagréables exhalent de tout ce fatras de pierre et de terre.

Kashim ne les fait pas avancer bien loin. Ils restent un peu à l’écart du bruit des outils et des ordres criés par-dessus le raffut. Il désigne une sorte de grosse boîte métallique, arrondie, parfaitement lisse, qui sort à moitié du sol, à quelques mètres de là.

— On a découvert plusieurs de ces choses.
— Qu’est-ce que c’est ? questionne Karalune. On ne dirait pas l’œuvre d’un pokémon. Ça date de l’Ancien Temps ?

Natael lui jette un bref coup d’œil. Il est étonné, encore une fois. Elle est une soldate, mais pourtant, sa vivacité d’esprit semble la différencier des gros bras sans cervelles qui constituent l’Armée de Joyalis.

Peut-être que cette vie de Gardien ne sera pas si pénible qu’il l’a pensé, s’il est possible d’avoir une conversation intelligente avec quelqu’un d’autre que Sœlis.

— D’après les miens, répond Kashim, il s’agirait d’une capsule temporelle. Une sorte de boîte indestructible censée résister au temps. Les Hommes de l’Ancien Temps les auraient enterrés pour nous donner des armes, du savoir, ou autre chose. Ils savaient sans doute que les Ombres reviendraient un jour.
— Vous avez réussi à en ouvrir ? demande Natael, intéressé.
— Pas encore. C’est seulement la deuxième fois qu’on en trouve une. On a tout essayé pour forcer l’ouverture de la première. Mais elles nécessitent sans doute une technologie que nous n’avons pas. Nos ancêtres devaient penser que nous serions assez évolués pour nous en servir…
— Même avec l’aide des pokémons ? s’étonne Ambre. Ou des pouvoirs comme ceux d’Élio ?

Natael perçoit la surprise chez ce gueux. Il réprime une grimace mais écoute attentivement la réponse du garde du corps.

— Rien ne semble pouvoir briser ni ouvrir ces capsules. Même téléporter quelque chose à l’intérieur ne fonctionne pas. Elles possèdent une espèce de champ énergétique qui annule tout.

Il désigne un grand abri, au loin.

— Là-bas, on a entreposé tout ce que nous avons trouvé actuellement. Des pokéballs, des débris, des véhicules, et même des machines. Mais elles sont toutes éteintes et nous ne parvenons pas à les faire fonctionner.
— Pas d’armes ? ajoute l’ex-sergente.
— Pas encore, non.

Natael croise les bras, dépité :

— Alors c’est tout ce qu’on a pour arrêter ces Ombres ? Je comprends pourquoi le Roi est si inquiet. Il va falloir se montrer digne de ce titre de Gardien, et éveiller les pouvoirs de Sœlis rapidement.

Il se tourne vers les deux autres qui le regardent sans cacher leur étonnement. Le noble soupire.

— J’aurais préféré ne pas faire équipe avec vous, mais tant pis, ce qui est fait est fait. J’espère que vous ne retarderez pas notre mission, surtout toi, le g… Élio. Tu as intérêt à faire des efforts et vite rattraper ton retard auprès de monsieur Anhlir.
— C’est prévu, oui, rétorque-t-il avec amertume.

Natael, surpris, voit que la provocation a fait mouche ; de manière inattendue. Le doute qui a persisté dans ses yeux noirs tout ce temps a laissé place à une flamme déterminée. Concentrée.

Le jeune noble comprend que cet Élio n’est peut-être pas qu’un simple gueux, finalement ; et peut-être même a-t-il un peu mérité sa place. Natael ne se sent pas prêt à lui faire confiance, ni même à faire ami-ami… mais peut-être réussira-t-il à mieux tolérer sa présence.

Peut-être.