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Team Rocket X-Squad de Malak



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Informations

» Auteur : Malak - Voir le profil
» Créé le 14/06/2015 à 08:51
» Dernière mise à jour le 10/05/2019 à 22:54

» Mots-clés :   Action   Fantastique   Organisation criminelle   Présence d'armes   Présence de Pokémon inventés

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Chapitre 283 : Le poison de la vengeance
Le Mégador était au dessus de New Safrania, la future capitale du pays, qui était en train d'être reconstruite à partir de ce qui restait de l'ancienne Safrania, qui avait beaucoup souffert lors de la dernière bataille contre les Dignitaire, un an plus tôt. Lady Venamia, nouvellement Chef d'Etat du Protectorat de Kanto, regardait sur le pont de son vaisseau sa future ville-mère. New Safrania n'allait pas être reconstruite à l'identique de l'ancienne version. Non, Venamia voulait une ville nouvelle, plus grande, plus forte. Plus qu'une ville, elle voulait une véritable forteresse, quelque chose qui indique, dès le premier coup d'œil, sa toute puissance. De même, New Safrania n'était qu'un nom générique, pour le projet. Venamia comptait bien lui trouver un vrai nom. Peut-être Veframia, quelque chose qui soit un mélange de l'ancien nom de la ville et de son nom à elle.

Car tout ici était à elle désormais, et ce officiellement parlant. Elle était la Chef d'Etat du pays. Un pays qu'il conviendrait d'ailleurs de renommer lui aussi. Ce n'était plus un Protectorat, et ce n'était plus seulement Kanto. Venamia tenait sans sa main la région Johkan toute entière, Kanto et Johto réunies. Elle n'était plus dépendante de l'Assemblée, qui ne servait plus à rien maintenant. Le distinguo entre Team Rocket et civils n'avait plus lieu d'être : tout le monde était pareil maintenant, des sujets de Venamia. Donc le terme Protectorat de Kanto était impropre. Mais que fonder ? Un Empire ? Venamia n'aimait pas trop cette appellation, trop archaïque à ses yeux. Puis, ça lui ferait l'effet d'être comme Octave. Non, elle voulait quelque chose de moderne, quelque chose de nouveau. Elle allait peut-être inventer un nouveau nom, si jamais. De toute façon, elle faisait ce qu'elle voulait, à présent.

Venamia savait que jadis, avant d'être séparée en deux régions, Johkan était un royaume, le Royaume de Johkania. Venamia aimait bien ce nom, Johkania. Elle aimait bien tout ce qui finissait en « ia ». Mais royaume, non merci. Du régime de gouvernement de son pays dépendrait son titre, et Venamia ne voulait pas être reine. Ou alors, qu'importe le régime du pays. Elle pouvait se donner le titre qu'elle voulait. Dirigeante Suprême ? Première Commandeur ? Lady Suzeraine ? Tout ça sonnait bien. Elle y réfléchirait. Tout comme son pays, son titre allait se poursuivre génération après génération. Venamia ne comptait pas s'arrêter à Johkan. Très bientôt, elle irait annexer l'Empire Lunaris, et toute la région Elebla. Ce ne serait pas vraiment une conquête ; après tout, toute ces terres appartiendraient bientôt à son fils Julian. Venamia comptait lui léguer un pays énorme à diriger.

Mais pour l'instant, elle devait d'abord punir les traîtres. Et ça commençait au plus haut niveau de la GSR même. Elle abandonna la vision de New Safrania en pleine reconstruction pour se retourner, et faire face à Althéï Dondariu. Venamia avait mené sa petite enquête sur l'évasion de Tuno. Si un capitaine de la GSR l'avait aidé à s'en tirer, c'était forcément Althéï. Venamia avait demandé à tous les autres capitaines de venir sur le pont, tandis qu'elle avait ordonné à tout l'équipage de les laisser seul un moment. Ainsi, ils étaient tous là : Ian, Esliard, Sharon, Althéï, Faduc, Naulos, et même Crenden, qui sans être capitaine était au fait de la mission d'assassinat du colonel Tuno.

- Althéï, j'aimerai une réponse franche, commença Venamia en s'installa dans son fauteuil de commandement. Avez-vous, oui ou non, délivrez le colonel Tuno quand Crenden l'a emprisonné dans le labo du professeur Lirian ?

Althéï n'hésita pas une seconde, et ne fit même pas mine d'être désolée.

- En effet.

Naulos, sentant une possible exécution à venir, tira ses deux pistolets de sa ceinture, mais Venamia lui fit signe d'attendre.

- Pourquoi m'avez-vous trahi ? Demanda-t-elle.

Venamia ne comprenait pas. Althéï était une psychopathe notoire adepte du sang. Elle était un Modeleur pouvant le contrôler, la Bloodmod. Son père avait été Agent Spécial en son temps. Pourquoi se mettrait-elle à aider la X-Squad ?

- Vous trahir, Lady Venamia ? Sourit Althéï. Pourquoi dîtes-vous ça ? Vous ne m'avez jamais ordonné de ne pas sauver Tuno.

- Si je l'ai fait emprisonner dans ce labo avec une bombe à l'intérieur, c'était clairement dans le but de le tuer, vous ne pensez-pas ? Arrêtez de vous fiche de moi.

- Tout ce que je veux dire, ce que je n'ai désobéi à aucun de vos ordres. En revanche, j'ai obéis aux ordres de quelqu'un qui a autant autorité que vous à m'en donner.

- Mais encore ? Demanda Venamia tout en pensant connaître la réponse.

- L'Agent 004, Silas Brenwark. Il est bien codirigeant de la Team Rocket, au même titre que vous, non ? Il peut donc me donner des ordres tout comme vous.

- Il n'était pas encore codirigeant à l'époque, rectifia Venamia. Silas vous a donc ordonné de sauver Tuno ? Pourquoi ?

Althéï haussa les épaules.

- Allez savoir. Je ne pose pas de question, moi. Voyez ça avec lui.

Venamia n'avait même pas besoin de lui demander. Quand Silas n'œuvrait pas pour lui-même, il œuvrait pour les Agents de la Corruption. De plus, Silas lui avait expliqué quel lien unissait le colonel Tuno à Fedan Vrakdale, cet Agent de la Corruption d'apparence invincible. Ça ne dérangeait pas Venamia de tendre parfois la perche aux Agents de la Corruption si ça ne compromettait pas ses propres projets, mais elle n'acceptait que Silas le fasse derrière son dos, encore moins avec un de ses officiers.

- Mais vous saviez que je ne serai pas d'accord, n'est-ce pas, Althéï ? Poursuivit Venamia. Qu'est-ce que Silas a pu bien vous promettre pour que vous acceptiez de courir ce risque ?

Comme Althéï ne répondit pas, Venamia le fit à sa place.

- Oh, attendez. J'imagine qu'il a promit de faire de vous un de ses Agents de la Corruption ? Qu'il allait vous offrir dix fois plus de sang que moi ? Qu'il vous couvrirai peut-être face à ma colère ? Vous vous êtes fait avoir, Althéï. Silas est un menteur et un manipulateur. Il n'en a rien à faire de vous. Vous n'étiez qu'un outil jetable pour lui.

Althéï se refrogna. Venamia soupira.

- Vous m'êtes utile, Althéï. Et moi, je ne vous mens pas. Je ne vais pas vous exécuter. Vous allez passer quelque temps derrière les barreaux, pour méditer à votre geste et à votre situation. À vous de voir si vous souhaitez continuer à me servir loyalement.

Elle fit signe à Naulos de l'emmener. Venamia savait qu'elle aurait dû la tuer, mais un Modeleur, ça ne se remplaçait pas comme ça. Si Althéï redevenait raisonnable, elle pourrait encore lui servir. Quant à Venamia, elle tâcherai par la suite d'interdire à Silas toute interaction avec ses propres hommes. Et à terme, quand elle aurait un contrôle tel sur la Team Rocket pour qu'elle n'ai plus besoin de lui ou de Vilius, elle s'en débarrasserait.

En parlant de Vilius... L'écran de communication du pont se mit à clignoter, signalant une communication rentrante. Le code d'accès était celui de 003. Il n'y avait que lui qui soit assez crétin pour la contacter via la communication générale du Mégador. Venamia fit signe à tous les capitaines de sortir, puis pris l'appel. Le visage maussade mais toujours ironique de Vilius s'afficha en grand sur l'écran. Venamia retint une grimace de dégout.

- Vilius, dit-elle simplement.

- Chef d'Etat, dit Vilius en faisant mine d'hocher la tête respectueusement. Je ne vous ai pas encore félicité pour votre prise de fonction.

- Je vous remercie. Il était grand temps que la Team Rocket puisse diriger sans gène de la part de cette Assemblée fantoche.

- Bien entendu. Mais je me demandais... Votre nouveau statut est-il de nature à changer le mien ? Ne devions-nous pas diriger la Team Rocket tous les trois, vous, Brenwark et moi-même ?

- Si, et c'est toujours le cas, le rassura Venamia. Je dirige le pays seule, mais pas la Team Rocket.

- Hum... fit Vilius, guère convaincu. Mais y'a comme un problème non ? En tant que Chef d'Etat, vous pouvez ordonner ce que vous voulez à la Team Rocket, et elle sera tenue d'y obéir. Donc en clair, vous pouvez me commander. Ce n'est pas très égalitaire.

Venamia lui servit son sourire le plus mielleux. Elle était contente que Vilius comprenne bien la situation.

- Il faut seulement bien définir chacun de mes deux rôles, mon ami. En tant que Chef d'Etat, je donne des objectifs à atteindre à la Team Rocket. Ensuite, en tant que codirigeante de la Team Rocket, je discuterai avec Silas et vous de la meilleure façon d'atteindre ces objectifs.

Tout cela n'était que de la rhétorique, et Vilius le savait. Il était ambitieux, mais pas stupide. Il avait bien compris qui commandait désormais. Il allait devoir se faire une raison. S'il restait du coté de Venamia, il pourrait récolter les miettes, du haut d'une position respectable. Mais si jamais il s'avisait de devenir gênant, Venamia n'aurait pas trop de mal à s'en débarrasser à présent. Vilius avait toujours pensé se servir d'elle pour prendre la place de son père. Mais au final, c'était Venamia qui s'était servi de lui. Il avait joué, et il avait perdu.

- Je comprends, dit-il. Alors donc, quelles sont les « objectifs à atteindre » de la Chef d'Etat maintenant ?

- Stabiliser le pays. Et pour cela, il nous faut nous débarrasser de ceux qui nous menacent. Je vous charge de retrouver la trace d'Igeus et de ses alliés. Moi, je pourchasse la base G-5. Il nous faut vite attraper Estelle et Erend, et il faut le faire avant qu'ils ne se rencontrent à nouveau pour s'allier contre nous.

- Vous pensez pouvoir vous faire la X-Squad à vous seule ?

Venamia ricana.

- Vous les surestimez, Vilius. Un seul coup de mon super laser à Eucandia, et ils n'existeront plus. Ils sont certes forts individuellement, mais ils n'ont aucune armée. Moi, je dispose de la puissance du Mégador et de la flotte de l'Empire Lunaris. De plus, avec de l'Ysalry, je suis tout à fait à même à vaincre les jumeaux Crust toute seule.

Vilius haussa les sourcils, sceptique, mais ne répliqua pas.

- Bon, et en ce qui concerne le vieux ? On le laisse courir ?

Venamia fit un geste méprisent de la main.

- Giovanni n'est plus de nature à m'inquiéter. Il ne représente plus rien. Il compte sans doute rallier Estelle et ses traîtres, mais une fois qu'ils seront anéantis, il n'aura d'autre choix que d'aller couler une paisible retraite loin de moi, dans une région à l'autre bout du monde.

Venamia caressa Ecleus sous sa forme Arme. Oui. Plus personne dans la Team Rocket ne saurait l'inquiéter.


***


Faduc quitta le pont du Mégador avec les autres capitaines quand l'appel de l'Agent 003 apparut sur l'écran central. Ce qu'il venait d'apprendre l'horrifiait. Venamia avait ordonné la mort du colonel Tuno. Il n'était même pas au courant, alors que tous les autres semblaient l'être. Pourquoi ? Pourquoi avoir fait ça ? Le colonel était quelqu'un de gentil, de loyal, et il se fichait totalement des questions politiques. Qu'il puisse devenir un danger pour Venamia au point de le faire assassiner était absurde. Bon, d'un autre coté, Venamia avait bien fait tuer une jeune fille de quatorze ans pour cette même raison...

Oui, au stade où il en était, Faduc ne pouvait plus douter de rien en ce qui concernait Venamia. Il avait mené son enquête concernant la mort du commandant Penan. Discrètement, sans qu'elle n'en sache rien. Il la soupçonnait avant, mais maintenant, il était certain de sa culpabilité. Penan lui avait donné rendez-vous aux ruines de Céladopole pour la confondre, la soupçonnant d'avoir attaqué la prison Rocket qui gardait Crenden. Et comme il y avait eu des recrues de Penan comme gardes dans cette prison, le vieux commandant avait voulu les venger, même contre sa propre fille adoptive. On pouvait donc dire que Venamia avait été en état de légitime défense, mais ça n'excusait rien aux yeux de Faduc. Le jeune homme avait admiré le commandant Penan. Il n'avait passé que trois ans à ses cotés, et pourtant, il en était venu à le considérer comme son père. Il n'avait jamais vu un homme aussi juste et droit, et porté sur l'honneur.

À l'inverse, Venamia était tordue, manipulatrice et avait moins d'honneur qu'un Cradopaud. Faduc trouvait irréaliste qu'il ait pu admirer cette femme autrefois. Il avait été si content, si fier quand elle lui avait demandé de rejoindre sa toute nouvelle unité. Aujourd'hui, après avoir vu tout ce dont elle est capable de faire pour le pouvoir, il n'avait plus qu'un seul but : la tuer. Venger le commandant Penan, venger tous ceux qu'elle avait injustement tué, et protéger tous ceux à qui elle aurait fait du mal dans le futur. Pour expier son péché d'avoir pu la servir, il allait le faire seul. Comme le commandant Penan l'aurait fait. Venamia ne se souciait pas de lui. Elle le considérait comme quantité négligeable, comme un larbin tout juste bon à exécuter ses ordres. Si elle l'avait pris dans son unité, c'était uniquement parce qu'il possédait un Latios. C'était tant mieux. Elle ne se méfierait donc pas, jusqu'à que Faduc lui porte le coup fatal...


***


Vrakdale, sous ordres du Marquis, était revenu dans son ancien manoir familial, accompagné de Lilwen et des quatre Sygmus survivants. C'était ici que Vrakdale vivait quand il n'était pas à Dolsurdus, dans la forteresse du Marquis. La demeure ancestrale de la noble famille Vrakdale, située à l'Est de la région Unys. Vrakdale y avait passé son enfance. Il aurait dû hériter de cette maison, mais, le jour de ses dix-huit ans, il avait quitté ses parents et Unys pour se rendre à Kanto s'engager dans la Team Rocket. Ça n'avait pas plu à ses parents, qui l'avaient déshérité. À leur mort, la maison avait été vendu. Mais Vrakdale l'avait racheté des années plus tard, et mise au service du Marquis, comme base secondaire.

Vrakdale n'aimait pas être ici. Ça lui rappelait trop de souvenirs d'une autre vie. Une vie qu'il avait perdu de vue, qu'il avait abandonnée. Pour ne pas se noyer dans la nostalgie, il passait le plus clair de son temps dans son laboratoire secret, qu'il s'était crée dans les sous-sols du manoir, et où lui seul pouvait aller. Vrakdale avait toujours aimé la science et la recherche. C'était lui qui avait finalisé la formule Sygma à partir des travaux du professeur Lirian. Ce n'était pas parfait, mais ça avait été un grand pas en avant. À présent, il s'évertuait à terminer la formule G, selon les désirs du Marquis.

À force d'étude, Vrakdale était arrivée à une conclusion : transformer un humain directement en G-Man, comme l'avait voulu Lirian, était impossible. L'humain mourrait dans tous les cas de figure. Le seul sujet sur lequel ça avait plus ou moins fonctionnait, c'était Estelle Chen, la fille aînée de Giovanni. Elle, elle avait survécu, car la sérum lui avait été implanté quand elle n'était qu'à l'état de fœtus dans le ventre de sa mère. Mais Estelle n'était pas une vraie G-Man. Disons plutôt une Sygmus stable et améliorée.

La formule G sur laquelle Vrakdale travaillait devrait permettre de stabiliser l'organisme des Sygmus. Avec la formule G, ils ne seraient plus dépendant du sérum de stabilisation que Vrakdale leur donnait chaque semaine, et ne devrait plus ressembler aux monstres qu'ils étaient. En clair, ils se rapprocheraient beaucoup du stade de véritables G-Man. Mais l'élaboration de cette formule était compliquée, même si Vrakdale avait fait beaucoup de progrès.

S'il avait fini avant que le Marquis ne l'appelle pour une autre mission, il pourrait la tester sur l'un de ses quatre Sygmus restant. Le problème, c'était que si ça marchait, il devrait probablement tuer son cobaye ensuite. Les Sygmus lui obéissaient car Vrakdale les fournissait en sérum qui les maintenaient en vie. Si jamais ils étaient guéris de cette dépendance, Vrakdale n'aurait plus rien pour les contrôler. Car les Sygmus le haïssaient, Vrakdale en avait conscience. Ils estimaient que Vrakdale leur avait volé leur vie, ce qui n'était pas faux, au final. Surtout cet Aton, celui au corps de Steelix. Lui et sa copine, Nistu aux crocs d'Arbok, auraient été plus que ravis de mourir en essayant de le tuer lui. Les deux autres, Quinp, le Sygmus de Typhlosion, et la vieille Wilwia, celle de Roserade, étaient plus calmes et contrôlables.

Vrakdale se sentait un peu seul dans son grand manoir. Les Sygmus ne faisaient pas une compagnie très appréciable. Quant à Lilwen... Ben, Lilwen, elle avait autant de personnalité qu'un robot. C'était le risque, quand on était un cadavre ramené à la vie. Depuis le temps qu'il servait le Marquis des Ombres, Vrakdale ne s'était plus beaucoup mêlé aux gens. Ça lui manquait parfois. Surtout les femmes. Oui, avant son accident, Vrakdale avait été un grand amateur de femmes. Il fallait dire qu'il avait le profil pour. Beau garçon, jeune, fort, intelligent, et riche.

Les filles s'étaient bousculées pour être avec lui le temps d'une nuit, et Vrakdale en avait profité. Mais aujourd'hui, c'était fini tout ça. Son corps brûlé au premier degré ne lui permettait plus de jouir d'une plaisante compagnie. Il aurait pu en violer, des femmes, mais il ne voulait pas. Vrakdale servait la corruption, mais ne se considérait pas comme un monstre. Et puis... avec la douleur qu'il ressentait en permanence, même la plus belle des compagnies ne saurait lui procurer un plaisir assez fort pour compenser.

Vrakdale se leva de sa chaise, et regarda distraitement ses mains carbonisées. Plus le temps passait, plus l'état de son corps s'aggravait. Bientôt. Plus que quelque années à tenir, et bientôt, il pourrait enfin connaître la délivrance de la mort. Mais ces dernières années allaient être les pires. Vrakdale ne savait pas s'il pourrait tenir sans sombrer dans la folie. Il sortit de son laboratoire qu'il referma soigneusement. Lilwen l'attendait dans le couloir sombre menant en haut. Encore une qui souffrait à cause d'un corps maudit. Vrakdale l'avait tuée quelque années plus tôt, quand elle n'était qu'une apprentie G-Man. Mais le Marquis, avec ses pouvoirs au-delà de l'explicable, avait ranimé son corps pour en faire une esclave. Depuis, pour éviter que son corps ne pourrisse et ne devienne inutilisable, elle devait subir diverses opérations par mois et consommer régulièrement plusieurs produits. Ça fonctionnait ceci dit, mais ça ne lui enlèverai jamais son teint pâle et fantomatique, ni ses yeux vitreux.

- Seigneur Vrakdale, un intrus vient de s'introduire dans le manoir, dit Lilwen avec un ton de profonde indifférence.

- Un intrus ? S'étonna Vrakdale.

Alors, une voix retentie plus haut :

- PÈÈÈÈÈÈÈÈRE !! JE SAIS QUE VOUS ÊTES LÀ !

Quand Vrakdale monta dans le hall d'entrée, il eut la satisfaction, mais non pas la surprise, de voir un homme au seuil de l'entrée, encadré suspicieusement par les Sygmus. L'homme devait avoir la trentaine bien entamée, des cheveux bruns qui auraient dû être lisses et soyeux en temps normal, mais qui était maintenant sales et emmêlés. L'individu portait un manteau à capuchon, et son visage tiré et ses yeux hantés reflétaient une profonde souffrance et une folie contenue. Vrakdale étira ses lèvres en un sourire douloureux.

- Eh bien ça alors ! Si ce n'est pas mon fiston Aedan !

Une grimace de dégout peignit le visage de l'homme quand il dévisagea Vrakdale.

- Gardez votre nom à la con. Je m'appelle Tuno !

- Bien sûr, bien sûr, renchérit Vrakdale avec amusement. Comment m'as-tu trouvé ?

- J'ai fait des recherches sur vous quand j'étais dans la Team Rocket, répondit Tuno. Cette maison était celle de vos parents, votre dernier domicile connu.

Vrakdale regarda son fils avec un mélange de fierté et d'ironie. C'était triste à dire, mais Aedan avait été un accident de sa part. Sa mère, Gloria Tuno, était une prostituée quand Vrakdale l'avait connue. Il en avait connues plein, de prostituées, comme de filles d'un seul soir. Mais Gloria fut l'une des rares qu'il ait vraiment aimé. Ils sont restés longtemps ensemble, jusqu'à qu'Aedan n'arrive. Vrakdale, qui venait juste de s'engager dans la Team Rocket, n'avait jamais eu l'intention d'avoir un enfant. Mais il avait quand même reconnu le bébé et lui avait donné son nom, par respect pour Gloria. Même s'il n'avait pas été bien présent, il s'était efforcé de reverser à Gloria une somme tous les mois pour qu'elle élève l'enfant. Vrakdale passait alors les voir quelque fois, quand il pouvait.

Mais après son accident à Cramois'île et sa chute dans la folie et les ténèbres, Vrakdale ne s'était plus soucié de son fils. Ce n'est que plus tard qu'il a appris que Gloria l'avait envoyé dans la base Rocket où Vrakdale travaillait. Une bonne décision. La Team Rocket aura permit à cet enfant d'avoir un avenir décent. Vrakdale était toujours resté loin de son fils, mais l'observant toujours à distance, le voyant devenir un homme de valeur et un bon Rocket. À présent, ils étaient réunis, grâce aux plans du Marquis des Ombres.

- Oui, tu es ici chez tes grands-parents, lui dit Vrakdale. Je me suis permit de reprendre cette baraque, pour les bons souvenirs... Et toi ? Ceux sont les souvenirs qui t'amènent aussi ?

- Quels souvenirs ? Cracha Tuno. Vous avez disparu alors que je savais à peine marcher ! Je ne vous ai toujours connu que de nom et de réputation !

- Ah oui, concéda Vrakdale. J'ai pas été un père très présent, c'est sûr.

- Seigneur Vrakdale... murmura Quinp, le Sygmus de Typhlosion avec inquiétude. Ce type... c'est...

Il désigna le bras gauche de Tuno. Sa main était entièrement noire, et l'aura qui s'en dégageait n'avait rien d'humaine. Les Sygmus étaient capables de sentir ceux qui étaient comme eux.

- Tiens tiens, intéressant, dit Vrakdale. Tu as expérimenté une de mes formules ?

- J'ai rien expérimenté du tout, c'était un accident ! Je suis ici pour que vous me réparer ça ! C'est vos formules comme vous dîtes. Vous devez bien avoir un remède, non ?!

Vrakdale soupira. Il n'y avait aucun remède à une infection de la sorte. À ce qu'il pouvait en juger, Tuno était en train de se transformer en Sygmus non stabilisé, ce qui conduirait inévitablement vers la mort. À moins que...

- Viens avec moi, dit Vrakdale à son fils. Allons parler en privé.

Il ne voulait pas que les Sygmus entendent la suite. Tuno suivit son père à l'étage, l'air soupçonneux. Vrakdale le fit rentrer dans ce qui était son ancienne chambre quand il habitait encore ici. Il désigna une chaise pour Tuno, et lui s'assit sur son lit. Tuno resta debout, et dit, brutalement :

- Maman est morte.

Vrakdale hocha la tête.

- Je sais. Ça m'a attristé.

Tuno ricana.

- Attristé ? Toi, qui l'a abandonné durant toutes ces années ?

- Crois ce que tu veux. J'ai aimé Gloria. C'était une femme bien. Même si elle était loin de moi depuis si longtemps, ce fut une perte.

- Une perte... Et ma perte à moi ?! S'exclama Tuno. J'ai perdu ma femme et mon bébé qu'elle portait ! Que devrai-je ressentir, d'après toi ?

Vrakdale secoua la tête, aussi amusé que dépité.

- Que crois-tu pouvoir m'apprendre sur la souffrance, gamin ? Je suis la Souffrance. C'est mon titre d'Agent de la Corruption. C'est la souffrance qui m'a forgée. Mais moi, je n'avais personne à haïr. Personne n'était vraiment responsable de mon sort. J'ai pardonné à Penan ce qui m'est arrivé. Donc, je n'avais aucun moyen de me soulager. Je n'avais que la souffrance. Toi, tu as autre chose, qui peut-être plus puissant encore que la simple souffrance.

Les yeux de Vrakdale croisèrent ceux de Tuno, si identiques.

- Vengeance, dit simplement Vrakdale.

Ce simple mot fit sursauter Tuno, comme si son corps avait réagi malgré lui.

- Ne souhaites-tu pas te venger de la GSR ? Te venger de Venamia ? Poursuivit Vrakdale. Lui faire ressentir une partie de la douleur que tu ressens ? Moi, je pense que si. Tu ne serais pas venu me voir sinon.

Vrakdale était toujours impressionné par la clairvoyance du Marquis. Ayant senti que le cœur de Tuno était vulnérable à cause de son amour caché, il en a profité. Sachant très bien que Venamia projetait de faire tuer la Shadow Hunter de Tuno et son enfant non-né, le Marquis avait fait en sorte d'engager quelqu'un pour protéger Tuno. Si lui seul survivait, son cœur serait noirci de haine. Et la haine était l'un des moteurs les plus puissants de la corruption. Vrakdale se fichait de la femme et de l'enfant de son fils. Leurs morts allaient servir à façonner Tuno, à en faire un champion de la corruption. Vrakdale regrettait juste que Gloria ait dû être une victime collatérale de ce plan. Tout c'était passé comme prévu. Enfin... l'infection de Tuno par une formule Sygma, ça, ce n'était pas prévu. Mais finalement, c'était encore mieux. Ça apportait à Tuno une dose de plus de souffrance, mais aussi un énorme potentiel pour la suite.

- Je veux me venger, confirma Tuno. Je veux faire souffrir Venamia ! Lui arracher un à un toutes les personnes qui importent pour elle, avant de la tuer elle-même. Mais pour ça, j'ai besoin de survivre un temps. Ton poison est en train de me tuer à petit feu !

Vrakdale étudia le bras transformé de son fils.

- De toute les formules présentes dans le labo, il a fallu que tu tombes sur la seule tirée d'un Pokemon Légendaire. Si ce n'est pas la destin, je ne sais pas ce que c'est... Mais je regrette, mon fils. Je ne peux pas te guérir. Pas comme tu le souhaites. Il m'est impossible d'annuler l'infection. Je peux seulement la stabiliser. Ainsi, tu deviendras comme mes autres Sygmus. Tu devras prendre un sérum toute ta vie.

- Toute ma vie, ce ne sera pas bien long, répliqua Tuno. Une fois ma vengeance accomplie, je n'aurai plus aucune raison de vivre. Fais donc ça.

Mais Vrakdale secoua la tête.

- Cette méthode est imparfaite, tout comme le sont les Sygmus. Leurs pouvoirs est limités, et eux-mêmes sont des abominations mutantes. Je ne saurai trop à quoi tu ressembleras si tu deviens comme eux. Ce serait dommage de gâcher l'ADN du légendaire Darkrai ainsi, alors que tu peux devenir bien plus...

- Comment ça ? Demanda Tuno.

Vrakdale se leva et fit les cent pas dans sa chambre.

- Je suis en train de travailler sur une autre formule. Une formule G, qui complètera la formule Sygma. Grâce à elle, le corps humain devrait pleinement accepter la mutation. L'infection des gènes humains en gènes Pokemon serait totalement contrôlable. Autrement dit, on se rapprochera le plus possible du stade des G-Man. Un véritable humain, possédant les pouvoirs d'un Pokemon, et non pas un monstre contrefait qui est à moitié Pokemon comme les Sygmus. Pas de souffrance liée à l'infection, pas de risque de mourir si on ne prend pas le sérum.

- Très bien. Je prends ça alors.

Vrakdale éclata de rire.

- Je ne l'ai pas terminée. Et même si je l'avais, il aurait été dommage de te l'injecter maintenant. La formule Sygma ne s'est pas encore bien imprégnée dans ton corps. Tu n'aurais que très peu de pouvoir. Pour que tu puisses devenir le plus puissant possible, nous devrons te faire l'injection de la formule G au dernier moment, quand ton corps sera à ses limites. Les pouvoirs de Darkrai te donneront la puissance nécessaire pour vaincre Venamia. Sans eux, tu seras impuissant face à elle.

Tuno s'assombrit.

- Combien de temps ?

- Je te dirai ça après t'avoir examiné en détail, dit son père. En attendant, tu devras encore plus souffrir, je le crains. Tu devras laisser l'infection gagner du terrain sur ton corps, et ça fera mal, très mal.

Tuno fit un geste agacé de la main.

- La douleur physique n'est rien comparé au vide de mon cœur. Pour pouvoir me venger, j'encaisserai tout.

- J'en suis ravi. Mais pour que je te donnes la formule G, il te faudra la mérité, mon fils. Me prouver que tu es digne de porter le titre de Vengeur.

Tuno plissa les yeux, suspicieux.

- Tu veux que je rejoignes ta bande de tarés ? J'ai beau avoir quitté la Team Rocket et vouloir me venger de Venamia, je ne soutiens pas les Agents de la Corruption pour autant.

- Faire partie d'un groupe ou pas ne signifie rien. Je te parle de ta détermination, et de ta force. Montre-moi que tu es capable de te venger. Tu ne pourras pas t'en prendre à Venamia immédiatement, elle est trop forte pour toi. Mais tu peux battre l'un de ses capitaines de la GSR.

Tuno serra les poings.

- Oui, la GSR... Sharon. La gamine qui sert d'exécutrice à Venamia ! C'est elle qui a tué Ujianie et maman !

- Eh bien, voilà une première cible de choix, approuva Vrakdale.

- Je ne m'arrêterai pas là ! Gronda Tuno. Je tuerai tous les autres ! Je priverai Venamia de tous ses soutiens ! Gallad, Crenden, Althéï...

- Pour Althéï Dondariu, ce serait vraiment mesquin, sourit Vrakdale. Qui penses-tu qui t'a sauvé ce jour là, au laboratoire de Lirian ? Cette Althéï, grâce à son pouvoir, a attiré l'attention du Marquis des Ombres. Le moment venu, elle fera partie des nôtres. Je te serai donc reconnaissant de la laisser tranquille.

Vrakdale ouvrit la porte de la chambre et dit :

- Reste ici le temps qu'il faudra. Je n'ai pas été un bon père, mais si la dernière chose que je peux faire avant de quitter ce monde est d'aider mon fils à soulager sa peine, ça me fait plaisir.

Vrakdale referma la porte derrière lui, souriant pour lui-même. Ce qui lui faisait le plus plaisir, c'était de fournir au Marquis des Ombres quelqu'un qui pourrait le remplacer. Quelqu'un qui deviendrai encore plus puissant que lui. Et que ce quelqu'un soit son fils, c'était encore mieux.