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Pokémon : L'Étoile d'Arkephyr de Arkephyr



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Informations

» Auteur : Arkephyr - Voir le profil
» Créé le 20/12/2025 à 22:29
» Dernière mise à jour le 20/12/2025 à 22:29

» Mots-clés :   Aventure   Drame   Région inventée   Romance

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[L] Épilogue
– DO-DRI-OOO !

Le cri fend l’air tranquille du matin. J’ouvre les yeux sans sursauter, sans même chercher à repousser le bruit. Ce chant, autrefois insupportable, a fini par devenir une sorte de rituel. Comme un signe que la vie suit son cours, qu’il y a toujours un lendemain.

Je me redresse calmement. Ma chambre est bien rangée, presque trop. Plus de piles de vêtements ni de livres renversés par terre, juste un bureau clairsemé et le pendentif de Maman posé à côté d’un cadre photo. J’effleure du doigt la pierre bleue, puis je me lève.

La maison est silencieuse. Papa n’est pas là. Depuis trois mois, il occupe le poste de Professeur Pokémon au Laboratoire de Solbourg. Ça me fait toujours un peu bizarre de le voir dans sa blouse blanche de scientifique. Mais il a su se former, s’entourer, et trouver un nouveau sens à sa vie. Et je l’admire pour ça.

Je vais dans la cuisine et me prépare un café. Je prends le temps de le boire tranquillement, les yeux tournés vers la fenêtre ouverte. Le Dodrio braille encore dans les champs. Cette fois, je souris franchement. Je crois bien que j’ai fini par m’y attacher.

Un an.

Un an complet s’est écoulé depuis ce jour fatidique où les deux frères se sont livrés un duel sans merci. Thomas Gray s’est emparé du titre de Maître dans la confusion la plus totale, puis a consacré tout son temps et son énergie à redorer le blason de la Ligue Pokémon.

Huit nouveaux champions d’arène ont été nommés. Un Conseil des Quatre a été formé. Des règles de combat ont été définies pour permettre à tous les dresseurs de se lancer dans l’aventure.

L’économie a aussi été relancée. La Ligue Pokémon s’est vu octroyer des subventions démesurées de la part d’un généreux donateur anonyme. Désormais, chaque ville de la région dispose d’un Centre Pokémon et d’un PokéShop flambant neuf. Tous les dresseurs se voient offrir dix-mille Pokédollars au début de leur voyage, et leur crédit augmente à chaque nouveau badge gagné.

En l’espace de quelques mois, Thomas est devenu la personnalité préférée des habitants d’Arkephyr. Et c’est au sommet de sa gloire qu’il a décidé d’abandonner son titre de Maître pour disparaître – une fois encore – de la circulation.

– Il n’est simplement pas fait pour vivre en société…

J’ai quand même contacté Juliette pour savoir si mon ami était retourné auprès d’elle. Évidemment, je me suis couverte de ridicule. La jeune femme s’est installée dans la région de Kanto et a fini par reprendre les rênes de la Team Rocket. Elle ne revient dans la région que pour se recueillir sur la tombe de sa petite sœur.

D’une certaine manière, elle a su tourner la page et tirer un trait sur son douloureux passé.

Et il est temps pour moi de faire de même.

Je passe par la salle de bains. Une toilette rapide, un peu d’eau fraîche sur le visage, un brossage de dents soigné. Je prends ensuite le temps de démêler mes cheveux et de les attacher en une haute queue-de-cheval qui dégage ma nuque.

Puis j’ouvre l’armoire. J’ai réfléchi à ma tenue la veille, comme pour éviter les tergiversations du premier départ. J’enfile un short en toile beige qui laisse mes jambes libres de leurs mouvements, un débardeur noir ajusté et un blouson léger, couleur corail, que je noue autour de ma taille. À mes pieds, une paire de baskets blanches neuves, prêtes à encaisser plusieurs centaines de kilomètres.

J’observe une dernière fois mon reflet dans le miroir. Un look simple, sportif, estival. Suffisamment féminin pour que je me sente bien dans ma peau, mais assez pratique pour que rien ne m’entrave. Exactement ce qu’il me faut.

Je sors de la maison et prends la direction du Laboratoire Pokémon. Un sourire vient éclairer mon visage lorsque j’aperçois mon père. Ce dernier m’attend devant la porte, les mains dans les poches, l’air parfaitement détendu.

– Tu es pile à l’heure ! lance-t-il en jetant un regard à sa montre. C’est plutôt rare.

Je ne peux m’empêcher de lever les yeux au ciel.

– N’importe quoi… C’est le reste du monde qui est habituellement trop en avance.

Papa pousse la porte en bois pour me laisser entrer. L’intérieur du laboratoire est encore un peu vide, et il n’est peut-être pas aussi impressionnant que celui des autres régions, mais il y règne une atmosphère sereine.

Trois Pokéballs sont alignées sur une petite table.

– Voici les partenaires que j’ai sélectionnés pour les nouveaux dresseurs… reprend mon père d’un ton très professionnel. Fantominus. Embrylex. Tarsal. À toi de choisir avec qui tu veux partir à l’aventure.

Je retiens mon souffle un instant. J’ai toujours rêvé de vivre ce moment. Choisir son premier Pokémon est une expérience marquante. Ce n’est pas une décision que je dois prendre à la légère.

– Tarsal… je murmure enfin. Je choisis Tarsal.

Mon cœur s’emballe furieusement dans ma poitrine tandis que j’avance ma main pour saisir la Pokéball. Ce n’est pas comme la première fois. Je ne quitte plus la maison pour découvrir qui je suis et me prouver que je peux devenir une grande dresseuse.

Je pars simplement parce que j’en ai envie.

– Est-ce que tu es sûre de toi, ma chérie ? me demande doucement mon père.

– Bien sûr… je réponds machinalement. Qui voudrait d’un Fantominus comme premier Po…

– Lucille.

Je plonge mon regard dans le sien et lui adresse un sourire sincère.

– Oui, Papa… je réponds avec assurance. Je sais que tu prendras soin de mes Pokémon. Et ils savent aussi que j’ai besoin de changer d’air, et de voir autre chose. Kannon est une chouette région !

Mon père hoche doucement la tête. Je décèle dans ses yeux la même fierté qui brille dans les miens.

– Alors je te souhaite bonne chance, ma fille… souffle-t-il avec un sourire. Et je compte sur toi pour m’envoyer des photos tous les jours. C’est pour la science.

Je ris doucement.

– Je te promets d’aider la science.

Il m’attire contre lui pour me faire un câlin et dépose un bisou sur mon front.

– Allez, file. Et profite de chaque instant.

Je serre tout doucement la Pokéball de Tarsal et quitte le laboratoire avec un léger pincement au cœur.

Solbourg est déjà baignée par la lumière du soleil, et une brise légère agite les banderoles colorées installées pour célébrer le départ des nouveaux dresseurs.

Je descends la grande allée sans me retourner, mais je ralentis le pas à l’approche de ma maison. Je m’arrête devant le perron et sors mon smartphone.

C’est l’endroit rêvé pour prendre le premier cliché de ce nouveau départ.

– Viens par ici, Tarsal ! C’est l’heure de faire ton plus beau sourire !

Je libère mon nouveau compagnon dans un faisceau de lumière rouge.

Le petit Pokémon Psy émerge doucement, d’abord un peu hésitant, puis finit par me lancer un regard pétillant d’émotion.

– Tu sais quoi ? On va immortaliser ça.

Je lève mon appareil et tends le bras pour nous cadrer comme il se doit devant la maison où j’ai grandi. Puis je prends une seule et unique photo.

Mon sourire est franc. Je me sens légère. Libre.

Et je suis tellement focalisée sur notre complicité naissante que je ne remarque pas tout de suite le Pikachu qui nous observe en silence, à demi dissimulé derrière la cheminée.