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Pokémon : L'Étoile d'Arkephyr de Arkephyr



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Informations

» Auteur : Arkephyr - Voir le profil
» Créé le 20/12/2025 à 22:22
» Dernière mise à jour le 20/12/2025 à 22:22

» Mots-clés :   Aventure   Drame   Région inventée   Romance

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[L] Juste une illusion
Juliette dégage une aura sans nulle autre pareille. Les vestiges de l’incendie sur son visage ne gâchent en rien sa beauté, et l’assurance qu’elle affiche en cet instant me fait immédiatement comprendre pourquoi Thomas l’a choisie elle.

Cette femme est une force de la nature.

– T… Tu es la sœur d’Alice… devine Érik en secouant la tête d’un air incrédule. Tu es vivante.

Juliette pose ses mains sur ses cheveux, ses joues, ses hanches et même sa poitrine pour s’assurer que tout est à sa place.

– Il faut croire que oui… répond-elle finalement avec un haussement d’épaules.

Le champion ne sait plus quoi dire. L’arrivée de la jeune femme l’a complètement déboussolé, le ramenant d’une certaine manière à la réalité de la situation.

Ce sombre idiot devrait arrêter de faire une fixette sur Thomas désormais.

– Tu n’es pas autorisée à combattre dans une arène… répond-il après quelques secondes d’hésitation. Tous les challengers doivent avoir une carte de dresseur valide et…

Juliette ne lui laisse pas le temps de répondre et lui présente l’écran de son smartphone. Je ne vois pas ce qui y est inscrit, mais il est évident – pour une raison qui m’échappe complètement – que son statut de dresseuse est à jour.

– Je te laisse le loisir de vérifier… dit-elle simplement.

Érik traverse le terrain sans un mot et saisit l’appareil de la jeune femme. Il ouvre l’application officielle de la Ligue Pokémon et renseigne le numéro d’identification de cette dernière sur son smartphone pour s’assurer qu’elle n’est pas en train de frauder.

L’expression de son visage est fermée, mais je devine sa contrariété aux battements de ses tempes.

– Très bien… lâche-t-il finalement en lui rendant son smartphone. Vous êtes toutes les deux éligibles pour le défi de cette arène.

Il se tourne vers moi et crispe la mâchoire.

– Tu acceptes de faire équipe avec elle ?

Je me tourne vers Juliette, mais cette dernière ne laisse rien transparaître. Se pourrait-il qu’elle suive elle aussi le plan de Thomas ? Mon ami m’a pourtant assuré que sa mémoire avait été altérée, et que j’étais la seule à qui il acceptait de révéler toute la vérité.

C’est d’ailleurs pour cette raison que je lui ai fait la promesse de le suivre.

– Bien sûr… je réponds malgré moi.

Ai-je seulement le choix ? Je ne pourrai pas obtenir ce dernier badge sans l’aide d’un coéquipier, et je ne peux pas me permettre de perdre davantage de temps. Michael n’est sans doute pas autorisé à participer à un combat d’arène en tant que Maître. Quant à Thomas… Il est peut-être en train de se faire dévorer par des Aspicot au fond d’un gouffre.

– Je vous laisse donc choisir votre Pokémon… déclare-t-il en retournant se positionner à l’opposé du terrain. Je sélectionnerai les miens en conséquence.

Ce n’est pas juste. Érik nous impose des difficultés supplémentaires pour réduire au maximum nos chances de victoire. Et je ne connais même pas son type de prédilection.

– C’est un amoureux des Évoli… murmure Juliette en écho à mes pensées. Il s’adaptera à toutes les situations.

La jeune femme ne se donne pas la peine de me consulter et lance sa Pokéball sur le terrain. Un majestueux Corboss déploie alors ses ailes avant de pousser un croassement tonitruant.

Je plisse les yeux en songeant que sa stratégie est loin d’être stupide. Érik voudra sans doute faire appel à un Voltali, un Givrali ou un Nymphali pour contrer son Pokémon. Ce sont des possibilités que je dois prendre en compte avant de faire mon choix.

Braségali pourrait facilement gérer ces deux-là, mais il se retrouverait en difficulté contre un Aquali. Laggron serait particulièrement vulnérable contre un Phyllali, et Jungko n’aurait aucune chance contre un Pyroli ou un Givrali. Élecsprint pourrait quant à lui s’en sortir contre n’importe quel adversaire, mais il serait aussi capable de blesser Corboss par inadvertance.

Il ne me reste donc que deux options. Et je n’ai qu’un seul Pokémon capable de contrer à la fois un Givrali et un Nymphali.

– Je compte sur toi, Métalosse !

La Pokéball s’ouvre dans un éclair blanc, et la masse colossale de mon Pokémon se matérialise sur le terrain. Ses quatre pattes massives frappent le sol avec un bruit sourd, comme si elles pouvaient enfoncer la dalle d’un seul coup. Sa carapace d’acier poli reflète les lumières de l’arène, et ses yeux rouges, enfoncés derrière une croix d’acier, se fixent immédiatement sur l’adversaire avec une froide détermination.

– C’est un beau bébé… me souffle Juliette avec un sourire appréciateur.

Je hoche la tête en silence. C’est auprès de ma mère que j’ai pu obtenir mon sixième Pokémon. Les souvenirs que j’en garde sont pratiquement inexistants, mais je sais qu’ils me seront un jour rendus.

Érik observe un instant nos choix avec un visage impassible. Il semble avoir retrouvé son calme et focalise toute son attention sur l’arène de combat.

– Très bien… dit-il en glissant deux Pokéballs entre ses doigts. À vous de jouer.

D’un mouvement fluide, il lance les deux sphères dans les airs. Elles s’ouvrent en même temps, libérant un jaillissement d’énergie rouge.

Un Voltali au pelage hérissé se matérialise dans un crépitement d’électricité, les oreilles pointées et les yeux fixés sur Corboss avec un air de défi. À ses côtés apparaît un Aquali dont les nageoires ondulent avec grâce sur sa tête. Ses yeux doux contrastent fortement avec la tension qui s’installe sur le terrain.

Le champion se redresse et affiche désormais un air confiant.

– Voyons si votre duo improvisé peut faire face à la coordination parfaite de mes Pokémon.

Juliette esquisse un sourire en coin. Son Corboss se tient prêt à fondre sur nos adversaires. Quant à moi, je peux déjà sentir l’acier de Métalosse vibrer sous mes pieds alors qu’il s’ancre fermement au sol pour préparer sa première offensive.

Mais je ne dois pas me précipiter pour attaquer.

– Commence par utiliser Mur Lumière ! j’ordonne avec assurance.

Mon Pokémon s’exécute aussitôt et érige une barrière d’énergie pour les protéger lui et son allié. Les combats duo impliquent la coopération et l’entraide, alors je compte bien me rendre indispensable.

– Aquali, Danse Pluie. Voltali, Fatal-Foudre.

Un classique. Érik compense le manque de précision de l’attaque Fatal-Foudre en faisant s’abattre la pluie sur le terrain. Je devine qu’il cherche à écarter au plus vite Corboss de l’équation.

L’oiseau encaisse l’attaque sans broncher. Je ne sais pas si c’est dû à son niveau d’expérience ou à la présence du Mur Lumière, mais sa capacité de résistance est assez incroyable. En revanche, il ne tiendra jamais le coup face à des assauts répétés.

– Séisme ! je m’écrie avec force.

C’est l’attaque de type Sol la plus puissante qui existe. Elle a le défaut de se répandre sur tout le terrain et de toucher les alliés, mais le type Vol de Corboss devrait l’immuniser totalement.

– Monte vite sur Métalosse ! lance Juliette en hâte. Et utilise Provoc sur Aquali !

Métalosse s’élève légèrement sur ses pattes arrière avant d’abattre tout son poids contre le sol. L’impact se répercute dans toute l’arène, produisant un grondement sourd qui résonne jusque dans ma poitrine. Le terrain se fissure aussitôt, laissant courir de larges crevasses vers Voltali et Aquali. Les dalles se soulèvent par à-coups, projetant des éclats de pierre dans les airs.

Le Pokémon électrique vacille, ses griffes crissant contre le sol pour garder l’équilibre. Son partenaire, surpris en pleine danse, est balayé par l’onde de choc et chute lourdement sur le flanc. Corboss en profite pour émettre un nouveau croassement provocateur visant à bloquer les capacités défensives d’Aquali.

– Bien vu… je souffle à la jeune femme.

Aquali ne pourra pas se soigner avec l’attaque Vœu, ni réduire les attributs de nos Pokémon. L’issue de ce combat reposera uniquement sur le potentiel offensif des deux équipes.

– Voltali, utilise une nouvelle fois ton Fatal-Foudre sur Corboss ! ordonne Érik en crispant la mâchoire. Quant à toi, Aquali, achève-le avec Hydrocanon !

Je suis presque vexée pour Métalosse. Le champion pense-t-il vraiment s’en sortir en laissant le champ libre à mon Pokémon ?

– Tunnel… soupire Juliette. Le niveau de cette Ligue est navrant.

J’écarquille les yeux en voyant son Corboss replier les ailes et piquer droit vers le sol. L’attaque Fatal-Foudre vient le frapper de plein fouet, mais il poursuit sa course comme si de rien n’était et s’engouffre sous terre en soulevant un épais nuage de poussière.

L’Hydrocanon frappe le sol dans la foulée, mais c’est déjà trop tard.

– C’est impossible… gronde Érik. Corboss ne maîtrise pas cette attaque.

Bien que je sois aussi surprise que mon adversaire, je n’ai pas l’intention de laisser passer cette chance.

– Métalosse, utilise Poing Éclair sur Aquali !

Le champion réagit au quart de tour et donne très rapidement de nouvelles directives à ses Pokémon.

– Voltali, utilise ta vitesse pour t’interposer ! crie-t-il d’un air tendu. Aquali, tiens-toi prêt à lancer un nouvel Hydrocanon !

Mon Pokémon se propulse dans les airs et concentre l’énergie électrique autour de ses puissantes pattes. Il se met alors à tournoyer et s’élance à une vitesse fulgurante en direction du Pokémon aquatique.

Voltali le voit arriver et se positionne aussitôt devant Aquali pour encaisser l’attaque à sa place.

– Frappe maintenant ! s’exclame Juliette.

Une masse ténébreuse jaillit brusquement du sol et vient frapper le Pokémon électrique avec violence, le projetant sans ménagement hors de l’arène. Cela permet à Métalosse d’atteindre sa cible et de l’envoyer valser à la limite du terrain de combat.

– Voltali n’est plus en état de se battre… commente la jeune femme d’un ton las. Quant à ton Aquali… Utilise Tranche-Nuit, Zoroark.

Le plumage noir de Corboss se dissipe comme un mirage, révélant un Zoroark au pelage sombre et à la crinière rouge sang, ses crocs découverts dans un rictus féroce. Ses yeux, luisants d’une lueur malicieuse, ne quittent pas Aquali une seule seconde.

Pris de court, le Pokémon aquatique n’a même pas le temps de se remettre de l’impact précédent. Zoroark fond sur lui, ses griffes acérées en avant, et frappe avec une précision chirurgicale. L’attaque le projette contre les barrières de l’arène dans un choc brutal.

– Aquali est lui aussi hors-combat… ajoute Juliette avec un soupir. La victoire nous revient.

Un silence pesant s’abat sur l’arène. Érik reste immobile quelques secondes, les poings serrés, ses yeux glissant de Métalosse à Zoroark, comme s’il essayait de comprendre comment il a pu se faire prendre à son propre jeu.

– C’était fourbe… crache-t-il avec mauvaise foi.

Juliette se contente de rappeler son Pokémon avec un sourire à peine esquissé. Cette fille a vraiment beaucoup de classe.

– C’était juste une illusion… dit-elle d’un ton léger. Ce n’est pas toujours la puissance qui gagne les combats, Érik.

Le champion ne trouve rien à redire. Je m’efforce de contenir ma joie et rappelle Métalosse à mon tour. Même si cette victoire porte largement la patte de Juliette, elle nous ouvre enfin les portes de la Ligue Pokémon.

Érik s’avance vers nous. Malgré la tension évidente qui le crispe encore, il ouvre sa main et laisse apparaître deux badges scintillants.

– Dites à Thomas que j’attends sa venue… murmure-t-il sombrement.

Je referme mes doigts autour du cercle métallique, et son poids me semble plus lourd que tous ceux que j’ai obtenus jusque-là. Je sens alors un curieux mélange de satisfaction et d’appréhension se nouer au creux de ma poitrine.

– Ouais, je n’y manquerai pas… je réponds d’une voix blanche.

Juliette récupère à son tour son badge, qu’elle glisse négligemment dans la poche intérieure de sa veste, comme si ce n’était qu’un souvenir parmi tant d’autres. Sans un mot de plus, elle se détourne et prend la direction de la sortie de l’arène.

Je serre mon propre badge dans ma main avant de lui emboîter le pas. La lumière vive du jour nous accueille dès que nous franchissons les lourdes portes battantes. L’air extérieur semble bien plus frais après l’atmosphère pesante du combat.

Juliette s’apprête à s’éloigner sans un mot, mais un élan me pousse à la retenir.

– Attends.

Elle s’arrête en arquant un sourcil.

– C’est Thomas qui t’a envoyée ici ? je demande avec espoir.

Une réponse positive indiquerait que mon ami est toujours en vie, et que les efforts que je déploie depuis sa chute ne sont pas vains.

Les yeux argentés de la jeune femme accrochent un instant les miens, et je crois y déceler une lueur amusée.

– Personne ne m’envoie nulle part, Lucille.

Elle croise les bras sous sa poitrine et m’observe avec une certaine compassion.

– J’avais une petite affaire à régler à Jasélia… ajoute-t-elle sur le ton de la conversation. Je t’ai vue en arrivant, et je me suis approchée par curiosité. Voilà tout.

Juliette ne veut sans doute pas m’en dire davantage, et je comprends qu’insister serait inutile. Pourtant, alors qu’elle s’éloigne déjà, les mots franchissent mes lèvres sans que je puisse les retenir.

– Est-ce que tu l’aimes encore ?

Elle s’immobilise, le dos toujours tourné. Le silence s’étire, oppressant, et je commence à croire qu’elle va simplement continuer sa route.

Puis elle pivote juste assez pour que je voie son profil, éclairé par un demi-sourire où perce une douleur bien visible.

– J’aime celui qu’il était… lâche-t-elle dans un souffle.

Ses yeux se détournent aussitôt, puis elle se remet à marcher, ses pas résonnant sur les pavés comme pour sceller la fin de l’échange.

Mais à quelques mètres, elle s’arrête encore.

– Tu m’as tout l’air d’être une chouette fille, Lucille. Je comprends mieux pourquoi Thomas t’a choisie, toi.