[L] Ce foutu rêve
Le sol est humide sous mes pieds nus. L’air est lourd. Et il y a toujours ce souffle. Lent, profond, résonnant à chaque inspiration comme s’il provenait de la caverne elle-même.
Je sais déjà où je suis.
Je perçois le gouffre au centre de la salle. Un abîme ne laissant entrevoir rien d’autre que le néant. Et de l’autre côté, il m’attend.
L’immense reptile émeraude lève la tête dans ma direction. Ses yeux jaunes, fendus comme ceux d’un serpent, brillent dans l’ombre. Je ne peux pas bouger. Élecsprint non plus.
Il ouvre lentement sa gueule.
Un bruit sourd résonne dans tout son corps, comme le grondement d’un orage sous ses écailles. Une sphère bleue se forme entre ses crocs et grossit à vue d’œil.
– Non… je souffle, impuissante.
Un rugissement fend l’air. Une masse rouge surgit brusquement au-dessus de moi, les ailes déployées.
Dracaufeu et Thomas sont venus à ma rescousse.
Mon ami ne dit rien. Il plonge. Le serpent détourne alors son attention et lève la tête juste à temps pour contrer la Déflagration avec son Ultralaser.
Tout va trop vite. Je me redresse pour observer ce combat insensé. Thomas passe en flèche au-dessus du gouffre et tente de revenir dans ma direction. Dracaufeu peine à reprendre de l’altitude.
Le reptile frappe. Une pluie d’éclats s’abat dans la caverne. Dracaufeu est touché en plein flanc. Le dragon pousse un râle de douleur… avant de sombrer dans l’abîme.
– THOMAS !
Je me réveille d’un bond, le souffle court, le corps en sueur et les tempes battantes. Mon cœur cogne trop fort dans ma poitrine. Mes mains n’arrêtent pas de trembler.
Encore ce foutu rêve. Je m’accroche aux fragments de ma mémoire pour essayer de comprendre ce qu’il signifie, mais ces derniers s’estompent déjà.
– Tout va bien, Lucille ? demande-t-il en ouvrant la porte de la chambre. Je t’ai entendue crier.
Mon ami est torse nu, les cheveux encore humides. Une serviette est négligemment jetée sur son épaule, comme à chaque fois qu’il revient de son bain matinal – ce qui est un vrai mystère, vu que tout est gelé dehors.
– Ce… Ce n’est rien… je marmonne en repoussant la couverture. Juste un cauchemar.
Il reste un instant dans l’embrasure, les yeux posés sur moi avec une inquiétude qu’il ne cherche même pas à cacher. J’évite soigneusement de croiser son regard.
– Encore le serpent géant ? demande-t-il doucement.
Je fronce les sourcils. Comment peut-il savoir ça ?
– Tu parles en dormant… ajoute-t-il avec une moue d’excuse. Et tu cries parfois des noms. Le mien, surtout. C’est flatteur.
Je lui lance un coussin. Il l’esquive sans peine.
– Fiche-moi la paix… je grommelle en lui claquant la porte au nez.
Je cesse de me torturer l’esprit et me dirige vers la salle de bains. L’eau froide de la douche finit par balayer les dernières traces du cauchemar. Je me lave sans trop réfléchir, me sèche et m’habille rapidement.
Il ne me faut pas plus de dix minutes pour retrouver Elyndia et Thomas dans le salon du chalet. Ces deux-là sont assis autour d’une grande table basse, près d’une baie vitrée qui offre une vue imprenable sur les sommets enneigés. Les lueurs de l’aube s’infiltrent doucement dans la pièce et créent une atmosphère vraiment unique.
Une casserole remplie de chocolat chaud repose au centre, entourée de tasses épaisses. À côté, un panier de viennoiseries dégage une odeur alléchante. Croissants dorés, petits pains aux baies, brioches moelleuses… C’est un véritable festin.
– Fais comme chez toi… lance la championne avec un sourire. Le lit était confortable ?
– C’était parfait… j’assure avec un hochement de tête. Il était même trop grand pour moi.
Je dois bien reconnaître que je l’avais mal jugée au départ. Elyndia est adorable, derrière ses grands airs de dresseuse de dragons.
Maintenant que j’y pense, tous les membres de la famille Gray ont un sens aigu de l’hospitalité. Michael nous avait aussi accueillis comme des rois lors de notre bref séjour au Repaire, et Thomas s’est toujours assuré que nous ne manquions de rien lors de nos soirées à la belle étoile. J’ai découvert, à ses côtés, des endroits fabuleux dont je n’aurais jamais soupçonné l’existence.
– Disons qu’il est normalement conçu pour accueillir deux personnes… dit-elle en lançant un regard appuyé à mon ami.
Je lève les yeux au ciel – pour la forme – mais ne peux m’empêcher d’esquisser un sourire amusé. Elyndia a passé toute la soirée d’hier à essayer de me caser avec Thomas. J’ai d’ailleurs cru comprendre qu’elle n’aimait pas beaucoup Juliette. Son cousin aurait plutôt besoin – selon ses dires – d’une fille plus lumineuse.
Bref. Mon ami s’est vexé. Il a pris le canapé. Et tout le monde a fini par aller se coucher à vingt-trois heures. Grosse ambiance.
– Vous comptez rejoindre Jasélia par la voie des airs ? demande la championne pour changer de sujet. Ou vous préférez prendre le bateau pour terminer la boucle ?
C’est une excellente question. Regagner Jasélia par le ciel est sans nul doute l’option la plus rapide. Cela me permettrait d’affronter au plus vite le dernier champion, et d’avoir ensuite quelques semaines pour me préparer au tournoi final de la Ligue Pokémon.
Mais j’aurais malgré moi le sentiment de tricher.
– Je pense qu’on va opter pour la deuxième option… je réponds en échangeant un regard avec Thomas. J’aimerais que mon voyage initiatique soit le plus complet possible.
D’autant plus que mes souvenirs sont flous entre Altar et Iral. Thomas m’a raconté ce qui s’était passé pendant ce laps de temps où j’étais sous le contrôle de Mew, mais il n’était pas à mes côtés et ne sait pas vraiment ce que j’ai vécu avec mes Pokémon.
Je ne sais pas si je recouvrerai un jour la mémoire. Il faudrait que je croise à nouveau la route du Pokémon légendaire, mais je ne suis pas certaine d’en avoir envie.
– C’est la réponse des courageux ! s’enthousiasme-t-elle en tournant à son tour la tête vers son cousin. Tu vois, je t’avais bien dit que c’était une fille pour toi.
Je pince mes lèvres en me retenant de rire. Thomas la fusille du regard, mais Elyndia ne s’en formalise pas le moins du monde. Elle se lève avec légèreté, prend un dernier croissant qu’elle cale dans sa bouche, puis s’en va chercher sa cape blanche pour se préparer à sortir.
– Je l’aime beaucoup ! dis-je avec un large sourire.
Mon ami me répond par un grognement et récupère son éternel sweat à capuche avant de quitter le chalet.
Je m’empare à mon tour de ma veste et les rejoins tous les deux à l’extérieur. Le froid me mord aussitôt la peau et me donnerait presque envie de faire demi-tour. Mais je tiendrai bon quoi qu’il arrive.
La neige crisse sous nos pas alors que nous traversons les rues silencieuses de Cryslanthos. Le vent s’engouffre entre les habitations, emportant avec lui des nuages de poudre blanche.
La championne nous conduit jusqu’à la sortie sud de la cité, où les murailles de pierre se fondent dans la roche. Un portail sculpté marque la fin de la ville et le début d’un interminable sentier. Celui-ci serpente entre les falaises enneigées avant de plonger doucement vers les vallées en contrebas.
– Vous allez devoir suivre ce chemin sur une bonne cinquantaine de kilomètres… nous indique Elyndia en désignant la pente escarpée. Il vous mènera directement jusqu’à Brise-Mer. Vous y trouverez une auberge et un Centre Pokémon, ainsi que le ferry qui vous conduira à Solbourg.
Je scrute la vallée du regard, la main en visière pour me protéger du vent.
– Il n’y a pas une option plus… rapide ? je demande avec une grimace.
Elyndia hésite un instant avant de répondre.
– Un tunnel. Il coupe à travers la montagne et vous fera gagner une demi-journée de marche. Mais je ne le recommande pas. Il est très mal entretenu, et certains Pokémon sauvages sont devenus… peu conciliants.
Je lance un regard à Thomas. Ce dernier hausse les épaules comme s’il ne se sentait pas concerné.
– C’est ton voyage… dit-il simplement. À toi de voir.
Je gonfle les joues. La perspective de dévaler un même sentier pendant cinquante kilomètres ne m’enchante pas vraiment, mais le tunnel ne m’inspire pas davantage.
– On verra le moment venu… je soupire. On va devoir emprunter le chemin dans tous les cas.
Je me tourne une dernière fois vers Elyndia. La jolie championne nous observe en silence, sa cape blanche ondulant dans le vent, les bras croisés sur sa poitrine.
Elle semble légèrement surprise quand je m’approche d’elle pour la prendre dans mes bras.
– Merci pour l’hospitalité… je murmure à son oreille. Et pour tout le reste.
Elle me rend mon étreinte comme le ferait une grande sœur.
– Prends soin de lui, d’accord ? dit-elle à voix basse.
Je hoche la tête en silence.
Thomas, fidèle à lui-même, se contente d’un salut de la main. Elyndia lui répond avec un regard levé au ciel, mi-exaspérée, mi-attendrie.
Et puis elle disparaît sur le dos de son Altaria.
– Bon… je souffle en ajustant mon sac sur mes épaules. En route.
Ça ne va pas être une partie de plaisir. Le sentier donne le ton dès les premières courbes. Étroit, glacé, accroché à flanc de falaise, il nous oblige à marcher en file indienne. Le silence règne, rompu seulement par le crissement de nos pas dans la neige durcie.
Des dragons planent loin au-dessus de nos têtes, décrivant des cercles paresseux dans le ciel hivernal. C’est à peine si je parviens à distinguer leur silhouette. Et ils ne nous accordent pas la moindre attention.
Un point positif malgré tout : le paysage est vraiment magnifique. Saisissant. Mais après deux longues heures de descente prudente, je commence à me lasser.
Aucun défi. Aucune surprise. Aucun Pokémon.
Puis le chemin s’élargit enfin.
– Je crois que c’est ici… lance Thomas en s’arrêtant brusquement.
Je rejoins mon ami en faisant attention à ne pas tomber et me fige sous l’effet de la surprise.
C’est comme si un pan entier de la montagne avait été éventré. Le flanc rocheux laisse apparaître un trou béant qui ne m’inspire rien de bon. Une entrée monumentale, encadrée par deux piliers effondrés.
– Voici donc le fameux raccourci… je murmure avec appréhension.
Un souffle glacé émane de l’ouverture. Je ne perçois aucun bruit, comme si l’endroit avait été abandonné par la vie elle-même.
– Il y a vraiment des Pokémon qui vivent là-dedans ? lance Thomas avec un air dubitatif.
Je décide de prendre mon courage à deux mains et m’engouffre la première dans le tunnel.
– C’est bizarre.
J’ai une étrange impression de déjà-vu. C’est comme si quelque chose m’appelait à l’intérieur. Pas une voix – je n’en suis pas encore à ce stade. Plutôt une intuition qui me pousse à aller plus loin.
Mon ami vient se placer à mes côtés.
– Tu es sûre de vouloir continuer ?
Je n’ai pas encore décidé. Mais je sens bien que je n’ai aucune envie de retourner sur le sentier.
Ce tunnel recèle peut-être des secrets bien enfouis qui ne demandent qu’à être découverts.
– Il faut que je voie ce qu’il y a là-dedans.
– Je suppose qu’il est inutile d’argumenter… observe Thomas avec un sourire en coin.
Je lui lance un regard oblique.
– Tu supposes bien.
Il acquiesce et se saisit machinalement de sa première Pokéball. Pikachu en sort avec énergie et vient aussitôt se placer à mes côtés.
– Utilise ton Flash… ordonne mon ami. On va avoir besoin de lumière.
Les joues du petit Pokémon s’illuminent d’un seul coup et diffusent une vive lueur qui s’étend sur un rayon de dix mètres autour de nous. Toutes les conditions sont réunies pour nous permettre d’explorer cet endroit comme il se doit.
Nous franchissons l’entrée du tunnel. Le froid y est moins mordant, mais l’air est humide. La lumière de Pikachu se réfléchit sur les parois de pierre, révélant des galeries rugueuses et un sol inégal recouvert de gravats et de poussière. Le silence est total, à l’exception de nos pas et du grésillement léger de l’électricité dans l’air.
– Le passage se divise… observe Thomas en fronçant les sourcils.
Trois embranchements, chacun semblant s’enfoncer dans la montagne sans logique apparente. L’un est large et régulier, probablement d’origine humaine. Les deux autres sont plus étroits, creusés à même la roche, comme taillés à coups de griffes.
Je tends l’oreille. Rien.
Pas un bruit. Pas même une goutte d’eau.
Nous avançons dans la galerie centrale, celle qui semble être la plus praticable. Le sol est par endroits verglacé, et des empreintes griffues marquent la roche.
– Ce tunnel est loin d’être abandonné… je constate dans un murmure.
Quelques mètres plus loin, un bruit sec résonne derrière nous. Je me retourne juste à temps pour voir une forme pâle surgir du mur.
Un Sablaireau… tout bleu. Solide et recouvert d’une étonnante armure de glace. Il nous observe un instant, puis s’enfuit dans un crissement de griffes.
Nous reprenons prudemment notre progression et croisons dans la foulée un Triopikeur… avec de longs cheveux blonds ondulés. Ce dernier nous jauge d’un air renfrogné, puis disparaît aussi vite qu’il est apparu.
– Tu as vu la même chose que moi ? je demande en clignant plusieurs fois des yeux.
– Mmh… répond Thomas dans un grognement.
Il règne dans ce tunnel une atmosphère très étrange. Presque oppressante.
Et alors que nous atteignons une cavité plus vaste, la lumière de Pikachu se reflète sur des formes suspendues au plafond. Je remarque alors des silhouettes flottantes, presque translucides.
Je m’arrête net et pointe mon smartphone dans leur direction.
« Éoko. Ce Pokémon projette ses ennemis en faisant vibrer l’air avec sa voix. Il utilise sept sortes de cris pour communiquer avec ses congénères sur de très longues distances. »
Leurs grands yeux sont tournés vers moi. Ils ne fuient pas, ne bougent pas. Ils se contentent d’émettre une vibration douce, presque musicale, qui résonne dans les parois de la caverne.
Je sens quelque chose s’éveiller en moi en retour. Une tension familière. Comme une fréquence à laquelle mon esprit répond naturellement.
– Je suis déjà venue ici… je souffle en écarquillant les yeux. J’en suis sûre.
Thomas fronce les sourcils en se tournant vers moi.
– Pardon ?
Ce sont eux. Ce sont les vibrations mentales des Éoko qui interfèrent avec mon sommeil. Ce sont eux, à travers la roche et les rêves, qui ont planté l’image du serpent dans ma tête. Pas volontairement, sans doute.
Mais parce que je suis réceptive.
– Il faut partir, Thomas.
Ma voix tremble. Je n’essaie même pas de la rendre convaincante. Je sais ce que j’ai vu. Ce que je vais voir.
– Attends… murmure mon ami. Est-ce que tu peux d’abord m’expliquer ce qui…
– On doit sortir d’ici ! je presse en lançant un regard par-dessus mon épaule. Maintenant !
Un grondement sourd déchire l’air. Un cri venu du fond de la terre. Quelque chose qui fait vibrer les murs. Tressaillir mes entrailles.
Le sol explose sous nos pieds.
Une onde de choc traverse la galerie. La pierre se fissure, craque, se dérobe brutalement sous nous. Je sens mon corps basculer dangereusement en arrière. Thomas me rattrape in extremis et me pousse contre la paroi la plus proche avant de bondir dans la direction opposée.
Un gouffre béant s’est ouvert au milieu de la caverne, comme si la montagne elle-même avait décidé de nous séparer.
– Thomas !
Une pluie de gravats me force à détourner les yeux. Je me plaque contre le mur pour ne pas me faire assommer.
C’est alors qu’il surgit.
Un serpent géant, à la peau d’émeraude, émerge des profondeurs de la terre et jaillit dans un tourbillon de poussière. Ses yeux jaunes, traversés en leur centre par une fente noire, brillent dans l’obscurité.
Le Pokémon qui hante mes rêves.
– Élecsprint… je bredouille en activant ma Pokéball. J’ai besoin de toi.
L’imposante créature ouvre lentement sa gueule. Un grondement menaçant résonne alors à l’intérieur de son corps. Une sphère bleutée se forme au même moment entre ses crocs. Elle devient de plus en plus grande.
– Tonnerre… j’ordonne d’une voix blanche.
Élecsprint s’exécute sans trahir le moindre signe de frayeur. L’attaque fuse et vient percuter les écailles du serpent, mais ce dernier demeure imperturbable. C’est comme s’il n’avait rien senti.
– Non…
Un cri guttural fend l’air.
Je lève les yeux juste à temps pour voir une silhouette rouge fondre des hauteurs, ailes grandes ouvertes. Le souffle incandescent qui jaillit de sa gueule illumine un instant toute la cavité.
Dracaufeu.
Thomas ne m’a jamais semblé aussi tendu qu’en cet instant. Il dirige son Pokémon d’une main de maître et focalise toute son attention sur l’ennemi.
Le serpent émeraude pivote vers lui. Sa mâchoire se contracte, et la sphère bleutée explose alors en un rayon aveuglant.
Les deux puissantes attaques s’entrechoquent dans un fracas assourdissant. La caverne tout entière se met à trembler et menace de s’effondrer. Je me plaque un peu plus contre la paroi et retiens mon souffle.
– Va-t’en ! je hurle à pleins poumons. Je peux m’enfuir avec Drattak !
Mon ami ne m’entend pas et tente un passage en rase-mottes pour me porter secours. Dracaufeu vire d’un battement d’aile, mais je vois bien qu’il peine à stabiliser son vol. Ses ailes luttent contre les remous provoqués par l’explosion.
Notre assaillant le fixe alors de ses yeux jaunes. Les anneaux qui ornent ses écailles se mettent à briller, et une lumière orangée s’accumule dangereusement au-dessus de lui, comme un orage qui prend forme à l’intérieur même de la caverne.
Je ne comprends que trop tard.
Draco-Météore.
Un nouveau grondement résonne dans toute la cavité. Des projectiles ardents se matérialisent dans l’ombre, surgissant de la roche elle-même, comme arrachés aux entrailles de la montagne.
Une pluie d’éclats enflammés s’abat alors en cascade. Dracaufeu tente de se dégager, mais l’un des météores le percute de plein fouet.
L’explosion le fait basculer sur le flanc. Il pousse un rugissement de douleur. Ses ailes meurtries s’affaissent tandis qu’il chute dans l’abîme sans fond.
Et c’est avec un sentiment de terreur indescriptible que je vois son dresseur sombrer avec lui.
– THOMAS !