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La dernière éruption de Onanar



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Informations

» Auteur : Onanar - Voir le profil
» Créé le 04/10/2018 à 17:26
» Dernière mise à jour le 30/10/2018 à 16:44

» Mots-clés :   Guerre   Kanto   Présence de personnages du jeu vidéo   Slice of life

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Chapitre 1 : Les temps obscurs
Auguste avait toujours aimé le soleil. Il réchauffait le corps aussi bien que le cœur. Il rendait les gens joyeux, et les Pokémon vivaces. Ses bienfaits s’étaient toujours particulièrement illustrés sur Cramois’île, une petite île au sud de Kanto, qui bénéficiait d’un soleil franc quasiment toute l’année. C’était sans doute pour ça que jadis, elle était si réputée. Son soleil, son volcan, ses plages et ses innombrables hôtels en faisaient l’attrape-touriste par excellence. Les rues étaient constamment bondées, et les lieux locaux célèbres, comme l’arène Pokémon ou le Laboratoire, fiertés des natifs de l’île, étaient noyés sous des hordes entières d’imbéciles heureux avec des appareils photo, qui n’y connaissaient rien en science ou en combat Pokémon, mais qui voulaient se faire un petit souvenir en visitant les lieux et en prenant la pose devant le bâtiment.

Auguste, le champion d’arène local, avait longtemps râlé contre cette situation. Il s’était installé sur l’île dans sa jeunesse pour y ouvrir son arène de type Feu, au pied du volcan, pour aguerrir les siens et capturer les Pokémon sauvages qui vivaient dans le cratère. Autrefois - il y a de ça bien quarante ans voir plus - Cramois’île n’était que peu fréquentée par les touristes. Auguste y avait pu s’entraîner comme champion d’arène en toute tranquillité, et quand le Laboratoire avait ouvert, il avait pu travailler dans son second domaine de prédilection après les Pokémon Feu : la science. Mais au fil des années, les touristes étaient arrivés, et dégoûté, Auguste avait fait fermer son arène pour en ouvrir une, secrète, au cœur du volcan, là où seuls les dresseurs aguerris pourraient venir.

Oui, Auguste avait maintes fois maudit les touristes qui avaient profondément changé son île. Mais aujourd’hui… Eh bien, aujourd’hui, il en venait en les regretter. Les touristes étaient partis, certes, et l’île était redevenue plus calme. Mais pas en bien. La tyrannie de l’Orateur s’était étendue jusqu’à ce petit coin reculé de Kanto. Ses « Usines du Peuple », qui avaient poussé partout sur le continent, avaient également pollué le décor de carte postale qu’était Cramois’île, en plus de son ciel. De fait, on voyait rarement le soleil, bien caché derrière des nuages de fumée toxiques. Mais aujourd’hui, il était bien là. Assis sur sa chaise balancelle, au devant de son arène aujourd’hui quasi-déserte, Auguste pouvait sentir sa chaleur réchauffer son vieux corps douloureux.

- Te revoilà, mon vieil ami, marmonna Auguste. On ne te voit plus très souvent maintenant…
- Vous dites, maître ?

Ren, le jeune disciple d’Auguste, seul dresseur encore présent dans l’arène désertée, fronça les sourcils en s’inquiétant d’entendre son vieux professeur marmonner une nouvelle fois dans sa barbe. Comme ça arrivait de plus en plus couramment, Ren devait en venir à penser qu’Auguste perdait peu à peu la réalité des choses. À quatre-vingt dix ans, ça n’aurait pas été étonnant.

- Rien, Ren. Je parlais au soleil.
- Ah bon…

Cette réponse ne sembla pas rassurer le jeune dresseur aux cheveux roux, qui plus que jamais devait croire que le vénérable maître du type Feu devenait cinglé. Auguste aimait bien le jeune Ren Pavis. Il était venu dans son arène alors même que l’Orateur avait commencé à décourager les combats Pokémon. Son rêve avait toujours été de devenir un dresseur d’élite spécialisé dans les Pokémon Feu, et même la politique restrictive de l’Orateur ne l’avait pas découragée. Et pourtant, Arceus savait quels risques on courait à défier ainsi l’Orateur.

Auguste l’avait dès lors formé, et au fur et à mesure que tous ses autres dresseurs quittaient son arène après diverses intimidations de la part des autorités, seul Ren était resté, fidèle au poste, même si plus aucun challenger ne venait. Auguste savait qu’il était au crépuscule de sa vie, et regrettait amèrement de ne pas pouvoir réaliser le rêve du gamin, à savoir de prendre sa place comme champion. Il hériterait d’une arène vide, dernier vestige du passé de l’île consacré au dressage de Pokémon.

Auguste fut secoué d’une violente quinte de toux. Ça arrivait de plus en plus souvent ces temps-ci. C’était là la résultante de son âge avancé combiné à la pollution qui régnait partout à Kanto, suite aux transformations industrielles massives ordonnées par l’Orateur. Inquiet, Ren tapota le dos du vieil homme, et courut à l’intérieur lui ramener un verre d’eau. August but avec reconnaissance. Il serait sans doute mort depuis un an si Ren n’était pas resté à ses côtés, veillant sur lui comme un petit-fils au chevet de son grand-père malade et râleur.

- Vous devriez rentrer, maître, lui conseilla Ren. L’air de dehors n’est pas bon pour vos poumons.
- Balivernes, riposta Auguste. L’air de dedans est aussi pourri que celui de dehors, et j’entends bien profiter de ce rare rayon de soleil.

Oui, rare… Depuis que l’Orateur avait pris le pouvoir, il y a huit ans, il semblait que le soleil n’osait plus trop se montrer au dessus de Kanto. Personnage charismatique dont l’identité était préservée par un masque blanc et violet, l’Orateur s’était d’abord élevé contre la corruption qui régnait à Kanto. Une corruption perpétrée par diverses organisations mafieuses qui se servaient des Pokémon pour le profit, du genre des réminiscences de la Team Rocket, et encouragée par le précédent gouvernement, des hommes d’affaires qui prospéraient de la misère. Évidement, quasiment tout le bon peuple de Kanto, et même les Pokémon, l’avaient suivi. Après un quasi Coup d’Etat, l’Orateur avait pris le pouvoir et fait le ménage dans les plus hautes sphères de la société de Kanto. Il avait entrepris une redistribution des richesses, triplé les salaires, et donné de nouveaux droits aux Pokémon, les domestiques comme les sauvages.

Tout le monde semblait y avoir trouvé son compte. Le peuple soutenait l’Orateur, et même le Conseil des 4, véritable instance protectrice de la région, lui avait donné sa confiance. Auguste lui-même avait discrètement applaudi ces changements. Mais hélas, l’Orateur ne s’était pas arrêté là. Il avait commencé à isoler Kanto de ses voisins, fermant peu à peu les frontières. Il avait nationalisé à tour de bras, pour que quasiment toutes les entreprises et les moyens de production de la région lui appartiennent. Dans son idéal que les Pokémon deviennent les égaux des humains, et ne servent plus de moyens de se battre, il avait quasiment prohibé les combats Pokémon, et interdit la vente de Pokéballs. Évidement, à partir de là, le Conseil des 4 et la communauté des dresseurs avaient commencé à protester. Et c’est à ce moment là que l’Orateur avait dévoilé son vrai visage : celui d’un tyran sanguinaire n’acceptant pas la moindre opposition.

Il avait fait tomber le Conseil des 4, en assassinant deux de ses membres, Aldo et Marion. Koga avait disparu avant cela, et l’on soupçonnait évidement le Orateur d’y être pour quelque chose, vu que le vénérable maître ninja était un de ses opposants les plus farouches. Maître Peter, le légendaire dresseur de Pokémon Dragon, avait défié l’Orateur en combat singulier, mais malgré sa toute puissance, il était tombé devant le dictateur masqué, qui, bien qu’il n’utilisait pas de Pokémon, semblait posséder une puissance surnaturelle. Quant au dernier membre du Conseil, le dénommé Clément, il s’était rallié au pouvoir en place, devenant l’un des toutous de l’Orateur.

La chute du Conseil des 4 et de Maître Peter avait vite douché les protestations des dresseurs Pokémon. Les arènes de la région avaient fermé les unes après les autres, et plus grand monde n’osait faire de combats Pokémon en public, de crainte d’être repéré par la milice de l’Orateur. Certains essayaient de trouver des excuses au dirigeant masqué, affirmant que son zèle venait seulement de son grand idéal de protection des Pokémon. Mais Auguste avait vécu suffisamment longtemps pour savoir ce qu’il en était : l’Orateur se fichait des Pokémon. S’il employait tant d’efforts à faire disparaître les dresseurs, c’était seulement pour se protéger lui-même, pour retirer au peuple son arme principale pour lutter : les Pokémon.

Et depuis, les gens de Kanto devaient se débrouiller par eux-mêmes, ne pouvant plus compter sur les Pokémon. L’Orateur affirmait que les humains étaient devenus trop dépendants des Pokémon, et qu’ils avaient pour cela été obligés de les exploiter. Dans son délire de faire de Kanto une nation militaire par la seule puissance de son industrie, il multipliait les créations d’Usines du Peuple, ces fameuses manufactures géantes qui appartenaient à l’Etat. 80% des habitants de Kanto travaillaient au sein de ces usines. Elles ne s’arrêtaient jamais de produire, nuit et jour, polluant terre, ciel et mer à une vitesse folle.

Auguste ne reconnaissait plus sa région. Comment en étaient-ils arrivés là ? Il se posait souvent cette question. Il aurait tout donné pour revenir vingt ans en arrière, quand il était un champion aigri par les touristes, enfermé dans son arène, et qu’il avait subi une de ses rares défaites des mains de ce jeune garçon à casquette rouge. Où était-il, ce Red légendaire qui avait sauvé la région de la Team Rocket, défait le Conseil des 4 et complété entièrement son Pokédex ? Aujourd’hui encore, certains dresseurs clandestins l’attendaient avec espoir. Ils l’appelaient le Sauveur de Kanto. Ils priaient Arceus pour qu’ils viennent bouter l’Orateur comme il avait bouté la Team Rocket, armé de ses seuls Pokémon. Mais Auguste était un vieil homme pragmatique. Il ne croyait pas aux sauveurs. Les gens de Kanto avaient eu le dirigeant qu’ils méritaient, c’est tout…

Plongé dans ses noires pensées pendant un moment, Auguste ne remarqua que tardivement que Ren était resté à sa droite, debout, l’air gêné, comme s’il voulait dire quelque chose sans trouver les mots. Auguste soupira. Il était peut-être vieux, mais pas encore totalement sénile.

- Qu’est-ce qu’il y a eu, encore ?

Comprenant ce qu’Auguste voulait dire par là, Ren baissa la tête.

- De nouveaux tags maître. Et, euh… je crois que quelqu’un a enduit le mur ouest de… euh… d’excréments, maître.

Auguste resta silencieux, trop habitué maintenant pour être furieux. Il y avait de nouvelles dégradations contre son arène quasiment toutes les nuits. Sans nul doute des partisans de l’Orateur, voir carrément des membres de ses milices punitives. Sur le terme purement légal, les arènes Pokémon n’étaient pas encore interdites. Auguste était donc parfaitement en accord avec la loi en laissant son arène ouverte. Mais personne n’ignorait - et surtout pas Auguste - que l’Orateur était très défavorable à leurs existences, et qu’il n’allait sans doute pas tarder à les déclarer illégales pour de bon.

La plupart des confrères champions d’Auguste du continent n’avaient pas attendu pour fermer leurs arènes ; ça ne servait à rien de risquer des représailles en gardant ouverte une arène où plus personne ne venait, tant les combats Pokémon étaient désormais mal vu et tellement réglementés qu’ils avaient perdu toute âme. Mais Auguste avait toujours été un teigneux, et l’âge n’avait rien arrangé. Il maintiendrait son arène ouverte tant qu’il le pourrait, par seul défi envers l’Orateur. Il ne cèderait pas aux intimidations. Si le tyran voulait vraiment que les arènes disparaissent, il devra faire passer une énième loi inique pour ordonner leurs fermetures. Mais c’est lui qui allait craquer en premier, pas Auguste.

Du moins, c’était ce que s’était dit Auguste au début. Mais plus le temps passait, plus il hésitait. S’il n’y avait eu que lui, il n’aurait eu aucun problème à continuer à résister aux intimidations de l’Orateur. Il connaissait les risques bien sûr. Il n’était pas rare que les opposants à l’Orateur qui faisaient un peu trop de bruit disparaissent mystérieusement. Auguste était vieux, il avait bien vécu. Il ne voulait pas renoncer à sa fierté de dresseur contre quelques misérables années de plus. Mais voilà, il n’était pas seul. Ren, fidèle et loyal jusqu’au bout, ne renoncerait pas non plus à l’arène. Et Auguste ne voulait pas mettre sa vie à lui en danger. Il était jeune, et pouvait encore espérer voir la situation s’arranger un jour. Après tout, les tyrans n’étaient jamais éternels.

Donc Auguste ne savait plus trop quoi faire. Renoncer à l’arène et vivre les jours qui lui restaient dans une quelconque maison de retraite ? Guère enviable, mais au moins Ren serait sauf. Forcer Ren à quitter l’arène alors que lui resterait ? Très peu probable. Ren refuserait à coup sûr, et puis de toute façon, Auguste était devenu incapable de se débrouiller tout seul, à présent, lui qui n’arrivait plus à se lever de son fauteuil sans aide. Il avait toujours ses fidèles Pokémon Feu bien sûr, mais ils avaient été dressés pour combattre, pas pour être de vulgaires assistants de vie d’un vieil homme grabataire.

Même à son âge, Auguste avait bien besoin que quelqu’un lui dise quoi faire. Qu'on lui montre la voie à prendre. Comme ce jour d’il y a quatre-vingt ans. Auguste sourit malgré lui en y repensant. Malgré tout le temps qui était passé, il s’en souvenait parfaitement, jusqu’aux moindres sensations. Il se souvenait de la neige, du froid, de la fatigue, de la mort qui venait peu à peu le guetter. Puis cette lueur dans le ciel, qui avait réchauffé son cœur et surtout qui avait éclairé son chemin…



Quatre-vingt ans plus tôt…


Le jeune Auguste commençait à regretter d’avoir désobéi à ses parents. Ils lui avaient toujours dit de ne jamais s’aventurer au-delà du Pic Sombre. Mais l’enfant, à dix ans, avait soif d’aventures et de découvertes. Il allait bientôt débuter son voyage initiatique de dresseur, et comme tous les jeunes à ce moment de leur vie, il se pensait invincible. Une enfance passée dans les terres rudes du Mont Argenté l’avait endurci bien plus que les autres enfants de son âge.

Il vivait dans une modeste maison en bois, dans les hauteurs de la montagne. Son père était bûcheron. Il descendait une fois par mois à pied, à Jadielle, pour y vendre son bois. Auguste l’accompagnait parfois, en dépit des dangers sur la route et des Pokémon sauvages très puissants qui la peuplaient. Le garçon en savait donc beaucoup sur les Pokémon, et alors qu’il connaissait le Mont Argenté presque comme sa poche, on lui avait pourtant toujours interdit d’aller derrière le Pic Sombre, là où, disait-on, on trouvait les plus puissants et les plus rares Pokémon de la montagne.

Le jeune garçon n’avait pas encore de Pokéball - qui était une invention récente que sa famille n’aurait jamais pu lui payer de toute façon - mais avait dans l’idée de convaincre l’un de ces féroces Pokémon de devenir le sien. Quand il rentrerait, plein de gloire et accompagné d’un puissant Pokémon, ses parents seraient alors obligés de constater ce qu’Auguste leur avait toujours dit : qu’il était destiné à devenir un dresseur d’élite, un aventurier qui défierait les éléments en collectionnant les plus rares spécimens.

Mais pour le moment, c’était plutôt les éléments qui avaient raison de lui. Une tempête de neige avait commencé à se lever, et la température chutait fortement. Auguste était jeune, mais pas inconscient pour autant. Il connaissait les dangers de la montagne, et était parti équipé, avec un manteau à double couche ainsi qu’une lampe à huile. Mais il n’avait pas prévu les conditions météorologiques intenses de derrière le Pic Sombre, aux endroits les plus inhospitaliers du Mont Argenté.

Comprenant qu’il serait dangereux de continuer, il se résolu à faire demi-tour. Valait mieux affronter la colère de ses parents qu’errer sans fin dans la montagne sous la tempête. Mais à sa grande consternation, il ne trouva plus ses traces de pas dans la neige qui lui auraient indiqué le chemin du retour, pour la simple et bonne raison que la tempête les avait bouchées. Et le paysage se fit de plus en plus sombre. Auguste ne savait pas si c’était parce que la nuit était en train de tomber, ou à cause de la tempête qui cachait les rayons du soleil. Le fait est qu’il ne voyait pas plus loin que cinq mètres devant lui malgré sa lampe, et qu’il n’avait aucune idée du trajet pour revenir chez lui. Sous cette neige qui recouvrait tout, tous les chemins se ressemblaient…

Comme rester immobile sur place ne l’aiderait pas, et le transformerait en quelques secondes en bonhomme de neige, Auguste entreprit quand même de bouger. Il essayait d’évaluer si le chemin qu’il empruntait descendait, car il le savait, son salut serait vers le bas. S’il pouvait descendre et éviter le gros de la tempête, même sans discerner où était le Pic Sombre, il pourrait patienter un peu plus en sécurité le temps que les éléments s’apaisent, et qu’il puisse y voir assez pour retrouver son chemin.

Mais après une heure de marche à l’aveugle, Auguste était encore plus perdu qu’avant, et ne notait aucune amélioration météorologique. Il était épuisé, et surtout, il avait froid. L’air glacial qu’il respirait semblait le geler de l’intérieur, et le jeune garçon peinait de plus en plus à bouger ses membres. Il se traita de tous les noms pour avoir voulu jouer aux héros, en faisant fi de la sagesse de ses parents. Il promit à Arceus que s’il survivait, il écouterait toujours ses parents désormais. Mais il semblait qu’Arceus le Créateur n’avait que faire des prières de l’enfant, car aucun salut ne vint. Des larmes de désespoir coulèrent sur les joues d’Auguste, et ne mirent pas longtemps à geler.

Finalement, le garçon ne put que s’écrouler, épuisé, et mort de fatigue. Il avait si sommeil, et ne sentait presque plus le froid désormais. Il pouvait bien dormir une heure ou deux. Il reprendrait son chemin ensuite. Oui, c’était la meilleure solution. La meilleure…

Alors qu’il fermait lentement les yeux qu’il n’aurait jamais pu rouvrir si jamais il s’était endormi, une lueur qui se refléta sur la neige le força à se relever. Il leva la tête, et le vit. Une espèce de boule de feu qui traversait le ciel et la tempête, illuminant tout sur son passage. Auguste cligna des yeux pour vérifier qu’il ne rêvait pas. Qu’est-ce que c’était que ça ? Une météorite ? Mais non… Les météorites n’avaient pas d’ailes, or Auguste pouvait bien voir que la chose dans le ciel en était dotées. Des ailes énormes, majestueuses, qui laissaient derrières elles des gerbes de flammes à chacun de leurs battements.

La créature poussa un cri, et comme si ses flammes étaient transmises par ce son à l’enfant, Auguste sentit son corps se réchauffer instantanément, sa vigueur retrouvée. Même sans savoir où il allait, il suivit l’oiseau géant de feu, seule source de vie et de chaleur qu’il voyait. Et sans qu’il ne s’en rende compte, il arriva sur un sentier de la montagne qu’il connaissait, et qui donnait rapidement vers chez lui.

Auguste ne l’apprit que bien plus tard : le Pokémon qu’il avait vu dans le ciel ce jour-là, qui lui avait sauvé la vie, était le légendaire Sulfura. Ce fut à partir de cet instant qu’Auguste donna tout son amour et sa passion aux Pokémon de type Feu, une passion qui ne le quitta jamais, comme si l’oiseau légendaire avait allumé une flamme inextinguible dans son cœur.