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Epic Fail sur la capture de Celebi de Flageolaid



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Informations

» Auteur : Flageolaid - Voir le profil
» Créé le 12/12/2016 à 16:24
» Dernière mise à jour le 11/10/2017 à 21:11

» Mots-clés :   Présence de personnages du jeu vidéo   Science fiction

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Ch 5 : Le symbole bizarre se prononce ksi
« Spinarak, Spinarak,
Acts just like a bug type acts
Spins a web, any size,
Catches thieves as cutieflies
Look Out!
Here comes the Spinarak. »

J’ai fait la bêtise de montrer ma tache en forme de toile de Migalos à mes nouveaux amis. Depuis, GDE fredonne ce générique de dessin-animé en boucle. Le pire, c’est qu’il chante bien !

A peine sortis de l’avion, on nous a mis en voiture, direction le QG des Forces de Police Internationales à Volucité. Les cinquante étages, dont quatre en sous-sol, d’un immeuble du centre-ville sont dédiés à la lutte contre les organisations criminelles de renommée mondiale.
Par mesure de précaution, notre véhicule aux vitres teintées pénètre sous le QG via un parking souterrain désaffecté situé un peu plus loin. Ainsi, personne ne sait que GDE rend visite à Beladonis. Cet excès de prudence m’étonne un peu.
Je me demande si les bureaux des FPI sont différents dans cette timeline ? J’ai eu plusieurs fois l’occasion de les visiter dans ma réalité.
Il y a presque dix ans, j’ai été recruté comme analyste par les FPI. Mon boulot consistait à recueillir et étudier une quantité impressionnante de données venant des quatre coins du monde afin de détecter toutes menaces potentielles. J’avais vingt-quatre ans, mais la tête sur les épaules. Je faisais mon travail consciencieusement, sans chercher des complots à tout va.
Ce n’était pas le cas de mon supérieur. Forcément, il a fini par faire une bourde, une bien sale. Abusant de son autorité, ce connard s’est arrangé pour que la responsabilité de ses actes me retombe dessus. Huit mois, jour pour jour, après mon entrée aux FPI, on me foutait à la porte sans un merci.
Ce jour-là, j’ai compris que je n’étais pas fait pour travailler avec une hiérarchie.
Amer, j’ai emporté avec moi le dossier sur lequel je travaillais. Son contenu ? Les liens entre un casino, un champion d’arène et l’augmentation des vols de Pokémon dans la région de Kanto.
Quelques années plus tard, j’ai eu l’occasion de remettre les pieds dans les bureaux de Volucité. En tant que suspect, cette fois. Fait cocasse, Beladonis n’avait pas changé d’un poil, à croire qu’il a toujours eu la quarantaine et un imperméable sur le dos !

Même si les lieux ne sont pas agencés de la même façon que dans mes souvenirs, l’ambiance générale reste la même. Humains et Pokémon s’affairent de toutes parts dans l’open space, jamais statiques et sources d’une clameur permanente, bien que supportable.
Ne pensez pas pour autant que tout le monde travaille dur ici, il y a une part de mise en scène dans le comportement des agents de la Police Internationale. Puisque la mission générale des FPI est importante, toutes les tâches pour y parvenir, mêmes les plus insignifiantes, sont forcément importantes.
Vider sa poubelle le soir devient une question de vie ou de mort et oublier de remettre du papier dans les toilettes peut avoir des conséquences fâcheuses au niveau mondial.

Pour le moment, je suis Jazz qui porte GDE. Je ne la quitte pas d’une semelle de peur de la perdre de vue en ces lieux si densément peuplés. Entre les Caninos qui se faufilent entre les jambes, les stagiaires qui vous bousculent les bras chargés de classeurs, les Magnéti qui lévite à un mètre soixante du sol et les flics vétérans qui pavanent avec un énorme mug rempli de café bouillant, difficile de rester en vie !
Nous atteignons quand même le bureau privé de Beladonis. A l’image de son propriétaire, la pièce demeure, sans être sale, franchement négligée. Il y a de la paperasse partout, une des ampoules ne fonctionne pas, le papier peint est moche. Et puis ça sent le café froid !
Au milieu de ce bazar, Beladonis, son imperméable sur le dos, nous jette un regard myope. Il discute avec trois agents à l’air grave. Nous l’avons interrompu au milieu d’une phrase et il ne parvient plus à retrouver le fil de sa pensée. Du moins, c’est l’impression qu’il donne à bégayer la même syllabe en fixant GDE sans cligner des yeux.
L’Emolga braille joyeusement :

« Alors pour me rappeler que je te dois une faveur, tu es capable de me joindre n’importe où sur le globe, par contre quand il s’agit de me rendre mon CD de Phil Hallyday, il n’y a plus personne !
- GDE, nous attendions justement ta venue, déclara Beladonis d’un ton neutre.
- Je mets en suspens une des enquêtes les plus bizarres de ma carrière juste pour toi, j’espère que ça en vaut le coup !
- Ghetis vient de reformer la Team Plasma, encore une fois, révèle un des trois autres types.
- Cette fois-ci, il a décidé de s’en prendre à nous, poursuit Beladonis. Il y a deux jours, la Team Plasma a ouvertement attaqué les Forces de Police Internationales !
- En pleine rue ?! s’exclame Jazz.
- Non, sur Internet ! répond Beladonis en y mettant toute l’intensité théâtrale dont il est capable. Ghetis s’est procuré un PorygonΞ et a lancé un assaut d’envergure sur nos bases de données. Nos deux PorygonΞ l’ont affronté, ce qui a laissé le champ libre aux hackers de la Team Plasma pour nous pirater !
- C’est quoi un PorygonΞ ? »

Tout le monde se retourne vers moi et me dévisage comme si j’étais le dernier des débiles. Je décèle un sourire amusé sur les lèvres de Jazz. Brisant le silence, GDE rajuste ses lunettes et se lance dans de brèves explications :

« La Devon SARL a mis au point un programme permettant de fusionner une centaine de Porygon2. Le résultat obtenu est PorygonΞ, un Pokémon aux pouvoirs immenses qui ne vit que sur Internet.
- Vous le sortez d’où votre lascar ? siffle un des agents à l’adresse de GDE.
- Si vous saviez ! Revenons à nos Wattouatt, quelles données vous ont été dérobées durant l’attaque des serveurs ?
- La liste de tous nos agents et consultants. »

Cela jette un froid dans la pièce. Heureusement, nous sommes à sept dans ce bureau, la chaleur humaine ne devrait plus tarder à réveiller quelques odeurs de transpiration.
Blague à part, Ghetis possède à présent un avantage significatif sur la Police Internationale. Non seulement Beladonis ne peut plus envoyer d’agent infiltrer la Team Plasma, mais en plus, tous ses hommes sous couverture sont grillés. Cerise sur le gâteau, Ghetis peut menacer à sa guise la famille de n’importe quel flic.
Et personne ne sait ce que mijote le gredin cette fois-ci. Ceci dit, connaissant Ghetis, il doit s’agir d’un plan extravagant de conquête du monde, basé sur la capture d’un Pokémon légendaire de type Dragon.
Beladonis a donc fait appel à GDE en espérant que celui-ci puisse lui proposer une idée lumineuse pour sortir les FPI du pétrin. GDE n’a pas encore ouvert la bouche, mais je sais exactement ce qu’il va dire :

« Il faudrait infiltrer quelqu’un qui ne se trouve pas dans vos bases de données. N’est-ce pas Lividex ?
- Fais chier…
- C’est lui Lividex ? interroge Beladonis en me regardant pour la première fois. Possède-t-il les qualités nécessaires pour mener à bien cette mission ?
- Bien entendu, cher ami ! s’exclame GDE. Bien qu’il ne paie pas de mine, Lividex a réussi à s’infiltrer dans les sous-sols sécurisés du Paradis Aether (je lève les yeux au ciel). Et il a l’avantage de n’exister dans aucune base de données. En outre, il n’a rien à perdre et peut se montrer téméraire si nécessaire. Je suis certain qu’il poursuivrait un Pokémon légendaire à travers le temps si vous le lui demandiez ! »

Sans prévenir, j’arrache GDE des bras de Jazz en l’attrapant par les oreilles. Puis je me saisis de l’agrafeuse sur le bureau de Beladonis, plaque l’Emolga contre un des murs et lui plante une douzaine d’agrafes dans chaque aile ! Bien fait pour toi, enflure !!!
Toute cette scène se déroule dans ma tête, ce qui ne change rien au plaisir que j’éprouve à malmener le meilleur détective au monde.
Si les trois collègues de Beladonis ne me semblent pas spécialement chauds à l’idée de m’envoyer espionner la Team Plasma – je partage leur avis – en revanche, l’éternel quadra accorde toute sa confiance au jugement de GDE.
Puisque je joue avec des profiteurs de ma trempe, j’accepte la mission en posant deux conditions :
- Premièrement, une fois l’infiltration terminée, j’aurai le droit de consulter toutes les informations de la Police Internationale pendant quatre heures, sous la surveillance d’un PorygonΞ qui m’aidera dans mes recherches ;
- Deuxièmement, durant toute la durée de ma mission, Trollface sera formé à la conduite d’un véhicule motorisé à quatre roues, via le simulateur 3-RU-710-V que possède les FPI.
J’ai toujours rêvé d’avoir un Pokémon qui sache conduire une voiture !

Il est à présent seize heures et demie. La fin de matinée et le début de l’après-midi ont été consacrés à divers briefings et formations en vue de la mission d’infiltration.
Ses jours sont comptés, pour quelle raison ce crétin d’Arsen a-t-il accepté d’aider Beladonis ? êtes-vous en train de vous dire.
Pour rester en vie, j’aurai besoin de l’aide d’un Pokémon légendaire, qu’il s’agisse de Celebi ou d’un autre. Or pour capturer ce genre de créatures aux pouvoirs formidables, il me faut impérativement une Masterball. A défaut de mieux, j’irai fouiller dans les affaires de Ghetis dès que l’occasion se présentera et avec un peu de bol…

GDE s’est arrangé pour qu’on me laisse tranquille deux heures avant de m’envoyer dans la gueule du Lougaroc. J’en profite pour apprendre une nouvelle technique à Chewy, mais il éprouve quelques difficultés.
Pour la mission, je ne serai accompagné ni de lui, ni de Trollface. La Team Plasma me confiera une bestiole volée, faible et antipathique, dès lors que je serai accepté. Si je le suis.
Beladonis ne dirigera pas les opérations, il laisse le commandement à son jeune protégé, un grand brun ténébreux répondant au nom de code Vifulysse. Mais je crois que sa maman l’appelle plutôt Tcheren. Ce champion d’arène a vu son destin changer à cause d’une Hyperball oubliée par un idiot dans le passé.
Pour sa part, l’insipide Beladonis s’est déjà lancé sur les traces d’une autre organisation malfaisante, la Team Glamour. S’il s’agit d’un groupe de filles habillées en magical girl et se battant avec des Rondoudou, je peux comprendre son empressement à quitter Unys.

Alors que j’accorde une petite pause à Chewy, Jazz s’approche, les mains dans les poches. Elle paraît contrariée, je sens que notre conversation ne sera pas agréable :

« Lividex, ou qu’importe votre nom, expliquez à GDE que vous n’avez pas voyagé dans le temps ! Il en est persuadé et se base sur cette histoire abracadabrante pour vous confier un rôle capital dans une opération des Forces de Police Internationales parce que Beladonis est trop bête pour avoir un avis !
- Je crois que c’est la première fois que vous alignez autant de mots en ma présence.
- Est-ce que j’ai l’air de plaisanter ?
- Juste pour mettre les choses au clair, je n’ai rien dit à GDE, c’est le directeur Saubohne, un membre imminent de la Fondation Aether, qui lui a cafté toute mon histoire. A choisir, je préfère que personne ne sache que j’ai accidentellement réécrit une partie des évènements de ces quatre-vingt dernières années.
- Donc vous y croyez ? Vous délirez !
- Ouais j’y crois, parce que je vais bientôt mourir à cause ça, Jasmine ! Et si je connais votre nom, c’est parce que dans ma réalité, vous êtes la championne profondément coincée d’Oliville !
- Réveillez-vous, Lividex, la championne d’Oliville s’appelle Ondine !
- Ondine ? Elle ne vit pas à Azuria, celle-là ?
- Non, elle a réussi à fuir pendant l’Assaut sur Kanto. Je ne sais même pas pourquoi je prends la peine de vous parler, de toute façon ! »

Elle se casse, plus vite qu’elle n’est venue. C’est la deuxième fois que j’entends parler de cet Assaut. Il faudrait que je me renseigne là-dessus, cela semble sérieux.
Bien vite, l’agent Vifulysse vient m’annoncer que les derniers préparatifs pour la mission sont terminés. Il reste encore une dernière réunion à me coltiner avant le début de l’opération.

Le soir tombe sur Volucité. Sur la route longeant le port, je ressens comme une ambiance de films de gangster. Il ne manque que les bandes noires en haut et en bas.
Je descends les marches légèrement glissantes en direction des quais, frissonnant dans ma veste en jeans, scrutant les visages de la racaille que je croise à la recherche du contact de la Team Plasma.
Le gars se fait appeler Fang, mais d’après Tcheren son vrai nom est Anthelme. Je finis par le repérer, debout au bout de la jetée, les mains sur les poches, le regard posé sur l’océan imperturbable. C’est un grand gaillard aux oreilles trouées de piercings. Je me place à sa hauteur, fait mine d’observer l’horizon et entame la conversation :

« C’est toi Fang ? J’ai entendu dire que tu étais chargé du recrutement de la Team Plasma. Je n’ai pas de CV sur moi, mais on peut s’arranger.
- Bon sang, je suis en train de pisser, là !!! gueule Fang. Arrête de mater !!! »

Ah, oui ! Un pénis.