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Team Rocket X-Squad de Malak



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Informations

» Auteur : Malak - Voir le profil
» Créé le 10/08/2014 à 07:54
» Dernière mise à jour le 04/03/2019 à 00:01

» Mots-clés :   Action   Fantastique   Organisation criminelle   Présence d'armes   Présence de Pokémon inventés

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Chapitre 240 : Ceux qui recherchent la guerre
L'immensité du ciel comptait également une immensité d'êtres qui le parcouraient. Des oiseaux, le plus souvent. Des Pokemon de toutes tailles et de toutes formes, du plus petit Roucool jusqu'aux merveilleux Pokemon Légendaires, tel Ho-Oh, le roi des cieux. Il y avait aussi parfois des choses qui n'étaient pas des Pokemon qui volaient dans les cieux. Des avions, des hélicoptères, des vaisseaux.

Et il y avait le Mégador.

Véritable monstre d'acier triangulaire, formant presque une ville à lui tout seul, ce vaisseau était le fleuron de la Team Rocket, le fruit d'intenses années de recherches et d'investissements. Le projet était au point mort quand la GSR l'avait repris pour son compte, et grâce à l'acquisition en masse d'une nouvelle source d'énergie, l'Eucandia, et aussi grâce à un brillant chercheur qui avait longtemps travaillé dessus, Crenden, le Mégador était né, presque dans le plus grand secret. Sans que le Boss ou l'armée Rocket ne puissent dire quelque chose, la chef emblématique de la GSR se l'était appropriée.

Difficile de décrire le Mégador sans épuiser tout le vocabulaire des synonymes de « grands ». Tout en lui n'était qu'immensité et aberration. De taille inégalée de toute l'histoire militaire du monde, ces 7500 mètres de long lui permettaient de transporter quatre Asmolés, ces vaisseaux citadelles de l'Empire de Lunaris, sans problème. Il avait un armement impressionnant de près de 450 canons, et 200 lasers à Eucandia. Sa pièce maîtresse était son super-laser à Eucandia concentrée, capable de rayer tout un pays de la carte en un coup. Sa coque était si renforcée qu'il faudrait une véritable armada pour la transpercer, et le Mégador pouvait, si l'envie lui en prenait, se détacher de la stratosphère pour se réfugier dans l'espace.

Le Mégador transportait en outre 58 escadrilles de chasseurs ; une véritable flotte aérienne à lui seul. À son bord, très exactement 102.500 membres du personnel, dont 75.000 membres d'équipages, 2000 artilleurs, 600 pilotes, 5000 combattants au sol, et un bon millier de Pokemon. Le reste était les membres administratifs et de manutentions, du secrétaire personnel de l'Agent 002 aux cuisiniers. Et chacun d'entre eux travaillaient pour la GSR. L'Agent 002 avait réussi son pari de dépasser en nombre la Team Rocket, si bien que le nom de Garde Suprême des Rockets avait perdu tout son sens si la garde était plus nombreuse que les Rockets eux-mêmes.

Tel était le résultat des politiques de souscriptions brutales de l'Agent 002. La dirigeante de la GSR, non contente d'avoir déjà recrutée près de la moitié des Rockets normaux, avait également ajouté à ses rangs un dixième de la population de Kanto, soit 50.000 hommes et femmes. La GSR n'était plus une simple organisation militaire dépendante d'une organisation plus vaste. Elle était devenue une institution. Et le Mégador était un peu son pays volant, veillant sur Kanto nuit et jour, et toujours prêt, selon les caprices de l'Agent 002, à aller titiller les postes frontières de Johto. Comme aujourd'hui.

Les couloirs du Mégador, pourtant très nombreux, étaient toujours très encombrés, mais il y en avait un où la plupart des gens évitaient de s'y rendre, ou alors très à contrecœur. C'était le couloir où au bout se trouvait les quartiers de l'Agent 002, maîtresse du vaisseau et dirigeante incontestée de la GSR. Une personne qui, depuis sa promotion comme Agent Spécial du Boss, attirait la peur de tout son équipage. Quand ils avaient un message urgent à lui transmettre, les officiers du Mégador tiraient à la courte paille pour désigner celui qui irait, comme si devant la porte il y avait des barbelés électriques et un panneau de danger criard indiquant : « Attention, territoire de l'officier supérieur, ne pas approcher ! ».

Mais il y en avait qui n'avait aucune crainte à entrer, et qui était même excités à chaque fois qu'ils se trouvaient avec l'Agent 002. Le lieutenant Fatra Rebuilt était de ceux-ci. Elle n'avait que dix-sept ans, mais elle avait servi directement l'Agent 002 avant même la fin de la guerre comme officier de liaison personnel. Fatra éprouvait pour l'Agent 002 une admiration et une loyauté sans borne, et elle était toujours ravie de pouvoir être ses yeux et ses oreilles dans le Mégador. Quand elle entra dans les quartiers de l'Agent, elle ne fut pas étonnée de les découvrir sombre et pas du tout éclairé. L'Agent 002 semblait passer sa vie dans les ombres et les ténèbres, là où son esprit surprenant et supérieur pouvait élaborer les plans et les projets les plus grandioses. Fatra ne chercha pas sa chef des yeux. Elle se posa juste devant l'entrée, les mains derrière le dos, et déclara :

- Madame, nous sommes en position, prêts à recevoir vos ordres.

Pas de réponse, mais Fatra ne s'en formalisa pas. L'Agent 002 paraissait souvent comme déconnectée du monde physique, sans doute se perdant dans les méandres obscurs du futur qu'elle pouvait lire et étudier comme personne. Mais au bout de dix secondes, Fatra se sentit obligée d'insister.

- Madame ?

Un petit éclat rouge brilla soudain dans l'obscurité de la pièce. Malgré elle, Fatra déglutit difficilement. Elle savait ce que c'était. Sans doute la principale raison qui faisait que personne n'osait entrer chez l'Agent 002 ni la voir de trop près. Car cette lumière rouge était l'œil gauche de l'Agent 002, qui brillait dans le noir comme un de ses lasers qu'on utilisait pour pointer quelque chose. Ce n'était assurément pas naturel. Autrefois, l'Agent 002 avait les yeux grix. Des yeux normaux. Fatra doutait qu'on puisse avoir les yeux vairons du jour au lendemain, surtout que les yeux rouges n'étaient pas vraiment communs, surtout un œil aussi luisant que celui-là. Mais Fatra n'avait posé aucune question, comme tous ceux qui servaient l'Agent 002. Tous à la GSR savaient que leur chef n'était pas comme les autres. Qu'elle était spéciale. Et c'était pour ça que beaucoup l'admirait.

Émergeant des ténèbres de la pièce, l'Agent 002, Lady Venamia, commandante de la GSR et sénatrice à l'Assemblée Constituante, fut éclairée par la lumière du couloir. Fatra pouvait souvent oublier que Lady Venamia n'était pas beaucoup plus âgée qu'elle. Elle avait quoi, vingt-deux ans, tout au plus ? Pourtant, depuis qu'elle avait abandonné son vrai nom de Siena Crust pour devenir Lady Venamia, ses traits avaient soudainement perdus de leur jeunesse et semblaient avoir vieilli avant l'âge.

Sa peau était pâle, tirée, et ses yeux enfoncés dans leurs orbites, entourés de vilaines cernes noires. On aurait dit qu'elle n'avait pas dormi depuis des mois, et c'était peut-être le cas. Personne sur le Mégador n'avait vu Lady Venamia dormir une seule fois. Elle était souvent en méditation, mais rarement dans un véritable sommeil. Peut-être ne pouvait-elle pas ? Peut-être son esprit était-il si supérieur à celui des simples mortels qu'il pouvait continuer à réfléchir en permanence sans repos ? Encore l'un des nombreux mystères de l'Agent 002.

Ses cheveux d'un bleu lavande, qui tombaient bien en dessous des épaules, avaient eux conservé toute leur clarté et leur luisance. Lady Venamia portait sa combinaison noire habituelle, avec le R noir frappé d'un éclair bleu de la GSR au centre, et portait une cape bleue foncée à bordures dorées. Accroché à sa taille et faisant presque toute la longueur de son corps, l'éclair d'Ecleus, son fabuleux Pokemon pouvant se changer à volonté en arme portative ou en oiseau d'acier électrique. Elle le tenait toujours de sa main droite, recouverte d'un gant spécial contrôlant le magnétisme, capable de diriger l'éclair à distance, ainsi que tout autre objet métallique, dont les balles. Elle possédait aussi un brassard d'Eucandia unique dans son genre, capable de générer un bouclier surpuissant et de tirer des rafales de rayons.

Oui, telle était Lady Venamia pour Fatra Rebuilt. La vision de la perfection. Une déesse sur tous les stades possibles. La jeune lieutenante était certaine d'être née pour avoir le privilège de la servir, elle et les idéaux qu'elle incarnait, ceux d'un monde nouveau et unifié. Jamais personne dans la Team Rocket n'avait accompli autant qu'elle. Lady Venamia méritait de régner, et Fatra allait tout faire pour qu'il en soit ainsi. Se réveiller chaque matin en songeant comment servir au mieux Lady Venamia aujourd'hui : voilà ce qu'était la vraie vie selon Fatra. Elle n'en imaginait plus d'autre. Pas de mari, pas d'enfants. Seule Lady Venamia comptait.

Fatra s'inclina tandis que la dirigeante suprême passait devant elle sans un mot, puis elle la suivi à trois mètres de distance derrière elle. Quel honneur que de pouvoir marcher sur les pas de Lady Venamia ! Quel honneur de pouvoir respirer le même air qu'elle ! Fatra ne comprenait pas tous ces gens qui évitaient l'Agent 002 comme la peste, alors que sa présence avait de quoi illuminer d'adoration n'importe qui !

En traversant les corridors du Mégador jusqu'à la passerelle de commandement, Venamia eut droit à un défilé de génuflexion de la part de chaque personne qu'elle croisait. Les gens écarquillaient les yeux à son passage, s'écartaient précipitamment du chemin, se collaient aux bords des murs, et s'inclinaient en murmurant des « Ma dame » respectueux. Venamia le croisa le regard d'aucun d'entre eux, ni ne daigna leur répondre. Autrefois, au commencement de la GSR, elle avait été un commandant qui prenait soin de ses hommes, qui s'intéressaient à eux, qui se battaient à leur côté, dans un franc esprit de camaraderie. Telle était la formule pour être un commandant apprécié qu'on suivait n'importe où.

Mais Venamia avait fini par se lasser de cette empathie apparente. Elle avait pris conscience de sa grandeur, de sa supériorité. Elle n'avait plus rien à voir avec tous ces insectes qui fourmillaient tout autour d'elle. Alors même qu'avant elle se délectait de leur obéissance et de leur respect envers elle, elle ne ressentait plus rien maintenant. Ils n'étaient là que pour lui obéir, c'est tout. Le destin de Venamia était à des lieux de ce que faibles vermines comme eux pouvaient concevoir.

Quand elle entra sur l'immense passerelle baignée de la lueur de la carte holographique en 3D géante, tout l'équipage se leva pour l'accueillir, en un garde à vous impeccable. Venamia s'assit sur le siège de commandement sans un mot, étudiant la carte et le déroulement de ses futurs probables. Fatra retourna à sa place, à ses côtés, au standard de communication général du Mégador. Elle fit son rapport sans que Venamia n'ai besoin de lui demander. Si Venamia ne ressentait plus qu'une large indifférence pour ses subordonnés, elle devait avouer que Fatra Rebuilt était un élément efficace, une bonne seconde. Venamia réfléchirait à peut-être la faire monter en grade bientôt.

- Nous sommes au-dessus du poste de frontière C-12 de Johto, madame. Nos détecteurs affichent une vingtaine de batteries de missiles anti-aérienne, une cinquantaine d'hommes et un petit groupe de Pokemon, psy pour la plupart.

- Leur réaction à notre arrivée ? Demanda Venamia.

- Ils ont l'air assez agité, et leurs batteries sont pointées sur nous, mais ils n'ont encore rien tenté.

Venamia aurait tant espéré qu'ils tentent quelque chose, au contraire. Le but de toutes ces escarmouches aux frontières de Johto qu'elle menait depuis quelque temps était justement de provoquer l'armée de Johto, pour qu'elle engage le combat, et ainsi, Venamia aurait un beau prétexte pour leur déclarer la guerre et envahir la région en moins d'un jour. Mais elle ne pouvait pas les envahir directement, sans acte de guerre de leur part. L'Assemblée Constituante de Kanto condamnerait son geste, et elle perdrait sa place. Venamia envisageait de devenir la prochaine Chef d'Etat, mais elle voulait le faire légalement. Un Coup d'Etat à Kanto ne serait pas possible politiquement. Donc, elle devait, pour le moment, suivre les règles de l'Assemblée et de ce grand crétin de Giovanni.

- Allons les titiller un peu, ordonna Venamia. Salve de tir juste devant eux, à la limite de la frontière, sans la dépasser.

Venamia savait que si elle ouvrait le feu sur le sol de Johto, ce serait considéré comme un acte de guerre de sa part, et elle voulait au contraire que ce soit Erend Igeus qui le commette le premier. Les canons du Mégador chantèrent, et les soldats de Johto se mirent à l'abri. Mais aucun ne riposta. Erend Igeus était quelqu'un d'intelligent. Il savait ce que Venamia voulait faire, et avait dû donner des ordres précis : interdiction d'engager le combat tant qu'aucun soldat ou qu'aucun tir Rocket ne dépasserai la frontière.

- Comme ils sont ennuyeux, soupira Venamia.

Rien dans son étude du futur ne lui indiquait un changement de situation. Elle allait devoir le provoquer. Non loin d'elle, avachis sur l'un des sièges de contrôle de façon grossière, Crenden, son scientifique en chef, prit la parole d'un ton nonchalant.

- Ces jeux sont stupides. Avec le Mégador, vous avez de quoi conquérir dix fois Johto. Je n'aurai jamais pensé que vous accordiez tant d'importance aux désirs du Boss.

Venamia le dévisagea sévèrement. Crenden était l'image même de l'insolence et de la désinvolture. Il servait Venamia pas par conviction, mais par avidité. En échange de sa collaboration, Venamia lui fournissait de quoi inventer à la chaîne, et ainsi satisfaire son âme de scientifique. Mais il n'aimait pas Venamia, et ne manquait jamais de le faire savoir. Ses remarques désobligeantes constantes menaçaient de faire perdre son sang-froid à Lady Venamia, mais elle prenait toujours sur elle pour se calmer. Crenden avait quasiment conçu le système Eucandia du Mégador à lui seul, et était l'un des rares à savoir utiliser le super-rayon, en plus de la maintenance de quantité de systèmes dans le vaisseau. Ça, et tout ce qu'il pourrait apporter comme nouvelles technologies à la GSR. Aussi, son habilité à pouvoir traverser n'importe quel solide faisait de lui un as de l'infiltration. Crenden était irremplaçable, et Venamia ne tenait pas à le tuer d'un coup de colère.

- Je me moque des désirs du Boss, en effet, répondit-elle, mais je dois respecter ceux du Chef d'Etat. Je ne pourrai pas gouverner si je n'ai pas l'Assemblée avec moi.

- À quoi ça sert, une Assemblée, quand on a le Mégador ?

- Ça sert à avoir le soutien du peuple, que l'Assemblée représente. Quel intérêt d'envahir Johto si ensuite Kanto me le reproche et se détourne de moi ? Oui, je pourrai mâter qui je veux avec le Mégador, mais je montrerai alors au reste du monde une image de moi telle que je ne pourrai jamais prétendre ensuite être leur sauveuse.

- La sauveuse du monde ? Ironisa Crenden. En effet, même moi, j'ai déjà du mal à l'envisager.

Venamia ignora Crenden et se tourna vers Fatra.

- Faites se poser dix de nos transports de troupes devant eux, et déployez les hommes. Nous allons leur faire croire que nous allons les envahir au sol. Voyons s'ils restent aussi impassibles. Althéï mènera les opérations.

Venamia n'avait pas choisi Althéï Dondariu par hasard. Elle avait une réputation qui dépassait les simples frontières. Capable d'aspirer à distance le sang de ses adversaires et de les dessécher sur place, et faisant montre d'une envie de tuer frisant la folie, elle était celle que les gens craignaient le plus dans la GSR après Venamia. D'ailleurs, même les propres soldats de la GSR avaient peur d'elle. Les capitaines de Venamia n'avaient jamais rien fait pour s'attirer la camaraderie de leurs hommes. Althéï et Sharon était des machines à tuer sans conscience. Ian Gallad était l'homme de main impassible de Venamia, qui dirigeait la GSR quand elle était occupée à ses fonctions d'Agent 002 ou de sénatrice.

Esliard, son chef de la propagande toujours occupé à magouiller des histoires - plus ou moins vraies - dans le but d'augmenter le capital popularité de la GSR, n'attirait pas vraiment la sympathie. Venamia avait aussi nommé un nouveau capitaine il y a un mois. Un dénommé Naulos. Brillant soldat et meneur de troupes, il avait attiré l'attention de Venamia par son zèle proche du fanatisme envers la GSR. C'était un homme qui savait utiliser n'importe quels moyens pour parvenir à ses fins, même les plus abjects. Venamia aimait ça, mais Naulos restait un officier craint pour son tempérament et sa brutalité.

Bref, à part le jeune Faduc, qui s'était bien intégré auprès des simples soldats, les officiers de la GSR n'avaient rien pour plaire. Mais Venamia se fichait qu'ils plaisent ou pas. Ils inspiraient la crainte, et ils étaient efficaces. Venamia n'avait besoin de rien d'autre les concernant. Le débarquement commença, et encore une fois, Venamia fut déçue. Les soldats de Johto se contentèrent de regarder les forces de la GSR, qui leur étaient immensément supérieures en nombre, avancer devant eux sans bouger, leurs armes levés, mais sans aucune intention de les utiliser les premiers. Althéï, dans sa robe rouge écarlate, ses longs cheveux roux voletant au vent, s'approcha de la ligne invisible qui formait la frontière entre les deux régions. Elle n'avait pas le droit de la traverser, car alors, les soldats de Johto seraient en droit d'ouvrir le feu sans être responsable du début des hostilités.

Venamia, qui observait tout cela depuis son grand écran holographique, était malgré elle impressionnée par le sang-froid des gardes-frontières. Ils avaient devant eux une armée dix fois plus grosses qu'eux, avec à leur tête une psychopathe reconnue, et malgré ça, ils ne faisaient rien. Maudit Erend... il n'avait pas placé n'importe qui pour protéger la frontière. Les deux groupes se regardèrent, et Althéï prit la parole de sa voix suave.

- Que voilà de beaux mâles bien virils, fit-elle aux soldats de Johto à moins de cinq mètres d'eux. Vous savez garder votre sang froid, c'est bien. Mais moi, je préfère toujours le sang quand il est un peu chaud.

Son sourire s'élargit, et Venamia vit ce qui allait se passer avant que ça ne se déroule, grâce à sa capacité Futuriste qu'elle tenait d'Horrorscor. Elle ne fit cependant rien pour l'en empêcher. Voyons jusqu'où irait la volonté des soldats d'Erend... Althéï fit un geste des mains, et quelques filets de sang en provenance du groupe de soldats commencèrent à se diriger vers elle. Althéï était en train d'aspirer le sang de tous soldats qui avaient ne serait-ce qu'une infime blessure. Et comme elle n'avait pas franchi la frontière, ni tiré, elle n'était toujours pas en tort, au vu du droit international.

La panique commença à gagner les soldats de Johto. Ceux qui n'étaient pas affectés par le pouvoir d'Althéï tentèrent de porter secours à leur camarade, en couvrant leur blessure d'où sortait le précieux fluide vital, ou en les amenant à l'abri dans les baraquements. Ils firent ensuite ce qu'ils purent pour riposter à cette attaque sans acte de guerre, comme Althéï. Ce fut en utilisant leurs Pokemon Psy. Des attaques Psycho à la chaîne balayèrent les rangs des soldats de la GSR, sans qu'aucun coup de feu ne soit tiré.

Venamia fronça les sourcils. Il y avait là danger. Ses hommes n'étaient sûrement pas aussi pacifiques que ceux d'Erend, et si jamais un seul GSR tirait, ce serait Venamia qui aurait provoqué la guerre. Elle se plongea vite dans sa vision Futuriste, étudiant l'avenir aussi loin qu'elle le put. Là. Elle le voyait. Dans exactement vingt-trois secondes, un soldat GSR victime d'une attaque Psycho, et prit de peur, allait tirer sur un des Pokemon adverses. Venamia se concentra pour apercevoir son numéro de matricule sur sa combinaison. L8-1342. Sans se presser, et avec un détachement effrayant, Lady Venamia rentra le numéro sur le petit ordinateur intégré à son brassard. Puis elle valida. Aussitôt, le soldat L8-1342 explosa, arrosant ses camarades de sang, de morceaux d'os et de matières cérébrales. Comme attirée par cette odeur de sang, Althéï abandonna un instant les soldats de Johto pour aspirer toute l'hémoglobine de L8-1342, une expression de pure extase sur son visage.

L'explosion de leur compagnon n'avait échappé à aucun membre de la GSR. Ils savaient ce qui venait de se passer. La bombe miniature implantée dans son corps, qu'avaient tous les membres de la GSR, s'était activée. Et il n'y avait que Lady Venamia qui pouvait activer les bombes en rentrant le matricule du soldat sur son brassard. D'une façon ou d'une autre, L8-1342 avait déçu Lady Venamia. Pas obligatoirement dans le présent, car tout le monde connaissait la capacité dérangeante de l'Agent 002 à voir l'avenir, mais il allait la décevoir.

C'était une autre raison qui faisait que tous les soldats de la GSR craignaient Lady Venamia. Elle avait un pouvoir absolu de vie ou de mort sur eux. À tout moment, ils savaient qu'ils pouvaient exploser, mourir sans s'en rendre compte, pour peut-être quelque chose qu'ils n'avaient pas encore commis. Cette peur terrible s'accompagnait d'une réaction : celle de tout faire pour ne jamais décevoir Lady Venamia. L'Agent 002 se servait de la plus insidieuse des peurs pour s'assurer que tout le monde la serve au mieux de leur capacité.

La guerre des nerfs entre les pouvoirs d'Althéï et les attaques psys des Pokemon de Johto continua longtemps. Plus personne du côté de la GSR n'aurait l'idée de tirer après avoir vu l'un des leurs exploser. Et personne non plus du côté de Johto ne semblait vouloir craquer. Venamia soupira. Encore un coup d'épée dans l'eau. Elle ordonna le repli de ses troupes sur le Mégador. Mais elle ne renonçait pas pour autant. Elle trouverait un moyen de conquérir Johto avec l'approbation du peuple. Elle n'était jamais à court d'idée, surtout avec Horrorscor qui lui soufflait constamment à l'oreille. Pour son futur empire, la région Johkan ne devrait pas être séparée.

- Préparez-vous à partir, ordonna Venamia en se levant. On rentre à Azuria.

Mais Fatra ne donna aucun ordre en ce sens. Elle continuait d'observer l'écran holographique.

- Eh bien ? S'impatienta Venamia.

- Euh... madame... le capitaine Dondariu n'est pas rentrée.

Elle désigna l'écran. En effet, Althéï était restée sur place, tandis que certain de ses hommes la regardaient, ne sachant trop quoi faire. La Bloodmod continuait d'aspirer le sang tout autour d'elle, dans de grands éclats de rire, tandis qu'elle se baignait dedans comme dans une fontaine. Venamia secoua la tête. Althéï devenait de plus en plus incontrôlable. Au début de leur collaboration, elle était déjà assez bizarre et glauque, mais maintenant, c'était à peine si elle conservait une bride de bon sens quand elle usait de ses pouvoirs. Peut-être que sa folie chronique augmentait en même temps que le volume de sang qu'elle aspirait ? Peut-être qu'elle avait toujours été un peu dingue, et que ça s'aggravait de jour en jour ? Venamia n'en savait rien, mais elle allait devoir la recadrer bientôt. Elle appréciait Althéï et ce qu'elle pouvait apporter à la GSR, mais Venamia était une adepte de l'ordre. Elle ne voulait pas que ses subordonnés n'en face qu'à leurs têtes.

- Faite-la rentrer de force avant qu'elle ne perde totalement les plombs et qu'elle ne déclenche la guerre à elle seule, ordonna 002.

- Ce serait plus efficace si on l'appâtait avec un bol de sang, proposa Crenden.

- Le vôtre ferait l'affaire, vous pensez ?

Pas le moins du monde effrayé, le scientifique sourit.

- On ne donne pas du foie gras à son chien. Mon sang est trop précieux pour être gâché comme ça.

Venamia observa Althéï être reconduite dans le transport de troupe qui restait par ses propres soldats. Elle continuait de glousser comme une folle en griffant les hommes avec ses ongles très longs et pointus, pour ensuite se regorger de leur sang. Venamia soupira. Oui, elle allait devoir avoir une discussion sérieuse avec Althéï. Elle avait changeait depuis un moment. Depuis que Silas l'avait prise avec lui pour une mission, en fait. Venamia ignorait ce qu'avait pu bien dire ou faire son malicieux collègue 004 à sa capitaine.

Silas Brenwark commençait lui aussi à montrer peu à peu son vrai visage de maniganceur notoire, comme un Krabby sortant de son trou. Venamia le comptait toujours comme son principal allié, mais ça ne l'empêchait pas de se méfier de lui. Elle s'en méfiait même plus que de Vilius. Elle savait ce que voulait 003, et comment il fonctionnait. En revanche, elle ignorait encore tout de Silas, même si elle le côtoyait depuis bientôt deux ans. C'était comme si cet homme portait en permanence un masque.