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Destins liés ~Crépuscule~ de fan-à-tics



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Informations

» Auteur : fan-à-tics - Voir le profil
» Créé le 16/12/2011 à 19:34
» Dernière mise à jour le 16/12/2011 à 19:34

» Mots-clés :   Présence de personnages de l'animé   Présence de poké-humains   Présence de shippings

Si vous trouvez un contenu choquant cliquez ici :


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Trailer 1 - Il y a ceux qui croient, et les autres...
Salut, alors, voici un extrait de ce qui sera le premier chapitre de Destins liés Saison 2. Il y en aura beaucoup d'autres publiés ici, entrecoupés par les bonus. J'espère que tout cela vous plaira et vous aidera à patienter.

Je m'excuse au passage auprès de tous mes proches qui doivent supporter mon humeur de chien du fait que je suis très lunatiques ces derniers temps.

Sur ce bonne lecture !







Trailer 1 - Extrait de l'Episode Pilote - Destins Liés, Vers une nouvelle Aube.

"Il existe en ce monde de nombreuses choses que l'on ne peut expliquer. L'univers n'est finalement compris, défini que grâce à des croyances, théories et légendes de tout âge. Mais le plus grand mystère, la plus fabuleuse légende, qu'aucune théorie ne peut expliquer, et, en laquelle on ne choisit que de croire, c'est celle du monde féerique des Pokémon !"

Voilà ce qu'on pouvait lire au dos de la couverture du livre dans la vitrine bien garnie de la librairie de Carmin-sur-Mer. La jeune femme aux longs cheveux châtains contempla d'un œil critique ces quelques phrases alignées, perplexe. Elle retourna d'un mouvement sec du poignet l'ouvrage, pour contempler l'illustration qui l'avait d'abord attirée. Deux enfants se tenaient dans un couloir sombre, et leurs ombres s'entremêlant l'une à l'autre formaient dans leur dos un Darkrai menaçant.

Un sourire taquin lui étira les lèvres et ses deux prunelles d'un bleu électrisant brillèrent d'amusement une seconde. Elle sembla se faire une réflexion dans l'intimité de son esprit, puis reposa le recueil sur l'étalage colorée.

-Je déteste quand les résumés ne révèlent rien à l'histoire, sérieux à quoi que ça sert ?

Personne dans ce sanctuaire dédié à la langue ne releva la faute dans le discours de la jeune inconnue, les rares clients se contentèrent de darder un œil sévère sur elle, bien plus gênés par le fait qu'elle se parlait haut et fort à elle-même plutôt que par l'agression envers leur dialecte natal.

Le bruit d'un bateau résonna dans la baie, et l'étrangère tourna brusquement la tête en direction du port. Ses gestes se précipitèrent, d'une main elle piocha dans un sac de papier recyclé un beignet, qu'elle fourra à moitié dans sa bouche, avant de reposer la pile de manga (principalement des yaoi), de BD et autres lectures faciles un peu n'importe comment sur les présentoirs. Elle se ficha éperdument que ses doigts collants laissent des traces, ou même qu'elle ne respectât par l'ordre préétablis par les libraires. De toute façon ces choses ne l'intéressaient que pour l'accessibilité qu'ils lui offraient, permettant de lire gratos. En revanche, d'un pas rapide et d'une main experte elle dénicha ce qui avait poussé ses pas jusque dans la boutique en premier lieu. Rapide comme l'éclair elle tira le sixième tome d'une série de roman parlant de loup garous et de coyotes. Un œil avisé n'aurait même pas eu le temps de lire « Mercy Thompson » qu'elle l'avait déjà glissé dans son sac.

Ni une ni deux, elle sortit, l'air innocent comme un ange. Le vol n'est interdit que si on se fait prendre, après tout.

-Dites donc mademoiselle, vous vous croyez où ?

La voix du vendeur retentit dans son dos et elle sentit une poigne lui serrer l'épaule. Du genre musclé en plus. Elle arqua un sourcil, alors qu'on la tirait à nouveau à l'intérieur du local. L'image fugace de son être se refléta une seconde dans la vitrine et elle grimaça.

Evidemment, à quoi pensait-elle ? Vêtue de ses habituels habits de cuir noir, son blouson aussi usé que son pantalon, son débardeur moulant et flashy, impossible de passer inaperçu. A rhodes, encore, elle se serait fondue dans la masse, mais ici, ils semblaient tout droit sortis du cul du seigneur.

D'ailleurs drôle d'expression car généralement, ce qui sort de cette partie anatomique n'est jamais vraiment propre.

« Mais là n'est pas le problème ! » se corrigea-t-elle intérieurement.

Le vendeur, baraqué comme un surveillant d'aéroport, la toisa avec mépris, son regard semblait lui dire qu'elle avait bien besoin d'un peu d'éducation, et de lecture, pour corriger ses manière et son langage, mais pas dans son établissement. Généralement elle croisait souvent ce genre d'attention spécifique à son égard. Elle se demandait bien pourquoi.

-Mademoiselle, pouvez vous me montrer ce qu'il y a dans votre sac ?

L'intéressée leva les yeux au ciel, et fouilla, au milieu de la nourriture graisseuse, le fruit de son larcin, se baissant bien exagérément, non pas pour montrer à son opposant la chaine autour de son cou d'où pendait quelques reluisantes pokéball, mais bien entendu son décolleté. L'effet fut habituel lui aussi.

A tel point que le regard du vendeur mit très longtemps à passer de sa « gorge » jusqu'au livre volé. L'effet de la surprise de voir la couverture dérobée devant ses prunelles écarquillées, le fit vaciller et relâcher sa poigne une seconde. Une seconde qu'une personne comme elle ne pouvait laisser passer. Elle envoya un sourire ravissant à sa future victime.

-Merci pour le livre.

Elle fit volte-face et dans une accélération acquise par des années d'entraînement elle s'enfuit à toute vitesse. Bien entendu elle perçut le bruit d'une course, mais elle le sema bien vite. Elle ne connaissait peut-être pas encore bien la ville, mais elle avait repéré à l'aller quelques cachettes utiles.

« A droite ! »

Elle contrôla difficilement son dérapage et d'un bond roula jusque sous le tas de marchandises que les marins empilaient les uns sur les autres en attendant leurs clients, sur les quais. Elle resta tapie là plusieurs minutes, le souffle court, ses articulations fragiles l'élançant légèrement.

-C'est pas vrai ? Où elle est cette sale…cette fois ça suffit je me convertis aux plaques d'Arcéus ! Rugit sa victime avant de s'éloigner.

Elle patienta le temps que son pas disparaisse, puis étant sûre qu'elle était hors d'atteinte, sortit de son abri.

Personne.

Ils n'étaient pas très attachés à leurs marchandises dans ce pays.

« Ca change. »

L'envie lui prit d'observer ce ciel, bleu azuré, où les nuages s'écoulaient librement gorgés par les embruns de la mer. Elle ne voyait guère de différence entre cette voûte là, et celle qu'elle pouvait admirer dans sa petite chambre à Rhodes.

« Cette aventure dans la librairie t'aurait-elle rendue poétiquement philosophe ? »

Nan. Juste, elle s'étonnait de si peu de différences alors qu'elle avait si longtemps rêvés de ces contrées. Mais même si elle cela la peinait un peu et brisait ses illusions, chaque récit et songes qui en découlaient dépendaient du conteur. Elle était tombée sur le plus merveilleux des conteurs, voilà tout.

« Bon, c'est pas tout ça, mais je dois retrouver Betsy, si je veux voir du pays. »

Détendue, elle récupéra ses affaires, enfourna dans sa bouche un nouveau beignet et s'élança dans le dédale malodorant propre à tous les ports. Pour son œil inculte, tous les bateaux se ressemblaient, et elle ne se repérait qu'à leurs noms peints en grosses lettres rouges sur la coque plus ou moins en bonne état.

Elle trouva rapidement ce qu'elle cherchait, entre le fier et valeureux « Arcéus Crépusculaire » et le tout aussi bien entretenu « Jugement». L' « Errhodes », beaucoup moins brillant, avait vécu nombre de traversées, et on ne comprenait toujours pas comment il pouvait encore naviguer. Mais il fonctionnait bien, malgré toutes les mauvaises langues qui prétendaient à chacun de ses trajets que ce serait bien le dernier.

Comme elle s'en doutait le son strident qui était parvenu de la baie jusqu'à la petite librairie où elle patientait provenait bien de lui. Ce son atypique qui lui avait brisé les…oreilles pendant toute la traversée, elle le reconnaissait. Et comme elle s'en doutait il signifiait que le chargement était entièrement déposé sur les quais, les marins s'occupaient déjà de remonter les passerelles menant aux cales, trop occupés par leur labeur pour prêter une véritable attention à la petite femme insignifiante qu'elle était. Les chargements étaient là, à attendre les clients, sans surveillance ni même sécurité, à la vu et à la su de tous, et plus particulièrement la sienne.

Existait-il vraiment un pays si naïf ? Elle s'était attendue à bien plus de défi.

« Mais on ne va pas cracher sur la facilité, c'est bien de temps en temps. »

Elle jeta un coup d'œil aux différentes caisses et jeta son dévolu sur une des plus grosses, marquée d'un X gravé discrètement sur l'une des planches principales. Elle s'appuya discrètement sur lui, et siffla :

-Motisma, à toi de jouer.

Elle s'éloigna de quelques pas, à raison, car un crissement timide stria l'air. L'atmosphère sembla s'oppresser, se tordre, se concentrant en un point précis. Ses cheveux, déjà fourchus se soulevèrent sous l'effet de l'électricité statique qui s'accumulait, lui arrivant généralement aux reins, elle les vit presque léviter, ce qui aurait surement fait jubiler l'auteur de dragon ball Z.

Un son, douloureux, comme une craie qui hurle contre le tableau noir, résonna tout autour d'elle et d'un coup toutes les visses de la boîte en bois sortirent de leurs gongs, propulsés, aussi dangereuses que des balles de révolver.

Les quatre panneaux de bois tombèrent un à un, celui faisant office de plafond aurait pu écraser le chargement qu'il avait protégé autrefois mais l'électricité statique l'envoya balader plus loin. L'inconnue sourit, aucune trace du motisma, elle avait devant les yeux, une bécane, une belle moto noire, qui elle aussi avait vécue, si l'on en jugeait par sa carrosserie cabossée. Mais elle était belle tout de même à ses yeux. Après tout, elle l'avait durement gagnée sa Betsy.

« On a bien failli finir en taule ce jour là, et froissée, la taule. »

Ah-ah, quel magnifique jeu de mot. Elle leva les yeux au ciel et enfourcha son véhicule. Les poignées un peu usées s'imbriquèrent parfaitement aux cales de ses mains sèches. Sans casque, sans protection outre ses vêtements de cuirs, elle fit vrombir le moteur.

Le bruit attira les marins, et l'agitation se fit autour d'elle, sans pour autant qu'un héros du dimanche n'ose s'interposer. De toute façon pour faire quoi ? Cette moto était à elle, même si elles avaient toutes les deux voyagés clandestinement jusqu'ici, ça ne changeait pas ce fait. D'un geste, elle rangea son sac rempli de nourriture et son livre dans un petit coffre attaché à cet effet dans son dos, qui tenait là-dessus par l'opération du saint esprit, mais qui tenait quand même, c'était là l'important !
Voyant un matelot à la mine bourrue qu'ont tous les imbéciles voulant être des justiciers elle attacha ses cheveux en une queue de cheval, et lança en se remettant en position :

-Motisma, Betsy…

Le moteur ronronna de plaisir, le matelot lui, grogna d'indignation alors qu'il se dirigeait vers la voleuse.

-Toi ! Eut-il à peine le temps de hurler en la pointant du doigt.

Trop tard, elle démarra sur les chapeaux de roues.

Usant des planches qui avaient autrefois constituée la prison de sa Betsy comme tremplin, elle sauta par-dessus la foule, et se rétablit encore une fois sur le bitume par on ne sait quel miracle, avant de s'enfuir à nouveau. La route avait beau être pavée et les rues encombrées de gens, elle avait appris en autodidacte sur les sables vicieux de rhodes. Aussi anarchique que pouvait être à voir sa conduite, elle maitrisait son engin.

Elle vit rapidement une sorte de barrage humain se former devant elle dans le but de l'arrêter, quelques uns qui ressemblaient à des policiers. Elle arqua un sourcil, et sans même hésiter, saisit une des pokéball accrochées à sa chaine qui voletaient, malmenées par le vent.

-A toi de jouer Moche ! j'attends à Safrania !

Et sans véritable considération elle fit un tournant en épingle pour n'écraser personne et en profita pour balancer sa sphère sur son passage. Le temps que les gens réalisent qu'un Drattak puissant se trouvait dans leur rang et ne s'éparpille elle avait de nouveau effectué un virage en épingle et fendu la foule pour continuer sa route.

Carmin-sur-mer n'avait plus été secouée ainsi depuis quelques années.

« Vraiment Fang, qu'est-ce que j'ai raté avec toi ? » Grommela une voix au fond de son crâne, désespérée.

Occupée, concentrée plus ou moins sur la route, la jeune femme ne prêta pas attention à cette remarque intérieure. Au lieu de ça, elle envoya :

-Motisma, radio.

Un petit éclair bleuté parcourut la carrosserie et un poste de radio accroché entre le frein et le rétroviseur grésilla un bon moment, avant de se régler tout seul sur une fréquence. Un chant, une sorte de présentation de la chaine dont le nom lui échappa, couvrit le bruit du vent et l'arrivée tonitruante de son fidèle Drattak à ses côtés. Elle se contenta de le rappeler dans sa pokéball après l'avoir rapidement remercié pour son intervention.

Maintenant elle n'avait plus besoin de lui, elle se doutait qu'on ne la poursuivrait plus sur les petites routes de campagnes, et ma foi, elle saurait éviter les petits jeunots et délinquants qui parcouraient les routes au hasard.

La musique s'arrêta, et à nouveau une voix d'hôtesse chantonna le nom de la radio.

« Elle me saoule celle-là avec sa voix de cruche. » grommela Fang entre ses dents.

-Bonjour, ici Lula, voici l'heure des Lula Chroniques, en direct de Doublonville, comme toujours. Voici les informations de ce matin. On m'informe qu'il y a quelques minutes à peine à Carmin sur mer une voleuse aurait dérobée une Moto sur les quais. La fugitive aurait les yeux bleus très clairs et les cheveux châtains foncés, longs. Si jamais vous la croisez, veuillez appeler la ligne d'Urgence de Twilight propre à votre région.

Fang ignorait ce qu'était Twilight, mais elle se fit la réflexion qu'elle ferait mieux de changer de territoire. D'après le guide qu'elle avait survolé dans la librairie, Safrania avait un train qui partait toute les heures pour Doublonville, à Jotho. On n'irait pas la chercher jusque là. En plus, elle faisait d'une pierre deux coups et pouvait s'occuper de la voix de la cruche.

-Pour le moment nous recherchons actuellement, Arthur Anthonin, Gaëlle Morris, Nathan wilder, Guy et Natalia Cresent. Quiconque apercevra ces personnes sont priés d'avertir Twilight aux numéros propres à leurs régions. Nous avons également la liste non-exhaustive des recherchés pour Dérogations aux Plaques D'Arcéus, disponible en direct sur le site de notre chaîne, n'hésitez pas à le visiter Vous y trouverez également toutes les décisions prises à l'encontre de Rosalia ; en direct. Continua la concernée sans se douter des hypothétiques préparations de plan visant à la faire taire. – Notre Actualité scientifique à présent. Bonjour professeurs chen.

-Bonjour Lula. Rétorquèrent deux timbres distincts mais similaires en un sens, l'un ayant simplement l'air beaucoup plus jeune que l'autre.

-Alors, professeur, dites-moi comment avance vos recherches ?

-Et bien ma chère Lula, -Commença le plus vieux- nos recherches sont les mêmes depuis 5 ans déjà, nous recherchons toujours ce qui permet au monde de tourner depuis la léthargie des Légendaires, afin que nous puissions agir si jamais un cataclysme des îles oranges ne nous frappe à nouveau.

-Ce cataclysme avait été causé par l'enlèvement des oiseaux légendaires de kanto, si je me souviens bien ?

-En effet, les oiseaux légendaires ont un rôle très important dans la régulation de notre climat, aussi il est étonnant que depuis 5 ans, nous n'ayons subi aucun déluge, alors que ces mêmes oiseaux sont bien à l'abri au Qg de Twilight.

-Professeur Régis Chen, vous êtes un représentant de Twilight, pouvez-vous nous en dire plus ?

-Et bien, pour ma part j'ai accès aux légendaires que l'organisation a récupéré et mis en lieu sur, et je peux vous affirmer que s'ils dorment, leurs fonctions sont toujours optimales mais pas du tout capables d'endosser leurs rôles respectifs. Ainsi notre hypothèse reste qu'Arcéus régule le climat depuis lors à leur place.

-Il est amusant de noter que pendant longtemps avant le jugement d'Arcéus nous subissions de graves troubles météorologiques, alors que depuis le jour du jugement, plus rien.

-Cela peut s'expliquer par le fait que…

-Motisma, radio.

La discussion s'interrompit en son milieu, dans un grésillement et laissa place à un divertissement purement musical. Tout ce sérieux exaspérait la conductrice, d'autant plus qu'elle n'y comprenait goutte. Twilight ? Jugement ? Du charabia. Elle devrait s'arrêter pour glaner quelques renseignements sur sa nouvelle terre. Histoire de savoir au moins quelles lois elle transgresserait à l'avenir.

Le trajet ne lui prit pas très longtemps, elle s'arrêta pour déjeuner et commencer son bouquin vers midi, puis le lâcha à contre-cœur pour reprendre la route. Elle n'avait pas besoin de faire le plein, fonctionnant à l'électricité. Bientôt les hauts buildings de Safrania fut en vue. Bien moins glamour que ses citées voisines, elle incarnait bien l'expansion de l'industrie, centre névralgique et artère principale du continent, elle était bien laide, même si elle restait assez propre. Cela tranchait radicalement avec les paysages que Fang connaissait à Rhodes, et elle ne comprenait pas cette volonté d'ajouter de la couleur aux bâtisses. Cela aurait put être beau, tous les toits avaient des tuiles cirées, d'un bleus nuit ravissant, mais quelqu'un avait eut l'horrible idée de peindre les murs et les boiseries décoratives en rose. Elle n'y connaissait pas grand-chose à l'architecture, mais elle voyait bien le contraste entre les vieux bâtiments aux balcons de fer forgés, aux façades stylisées et les immeubles à but purement utilitaire. Ce mélange de vieux et de jeune, de rose et de bleu, de propre et de sale, d'utile et d'agréable donnait une identité bizarre aux rues. Entre conservation et innovation. On ne s'y sentait pas à sa place, comme si tout poussait chaque habitant à choisir un camp.

Fang ne s'attarda pas bien longtemps ici. On la recherchait déjà sur ce territoire, elle ne connaissait aucun gang, aucun quartier mal famé où s'abriter, elle ne ferait donc que passer avant de trouver son petit nid. Elle se mit en quête de la gare.

Les oreilles grandes ouvertes, elle capta plusieurs conversations inutiles et quotidienne, allant de la femme au foyer qui cherchait les légumes dont elle avait besoin pour le diner de ce soir, jusqu'au petit dealer du coin qui se croyait discret en revendant sa poudre de rafflésia.

Une discussion capta tout de même son attention et elle ralentit l'allure de sa moto, faisant croire à des difficultés motrices à la foule.

-Tu te rends compte au moins ? Avec ce qui s'est passé à Rosalia on n'a plus de nouvelle de la famille Sarl. Ils y étaient tous au moment du jugement, le grand père, le chef, sa femme, et même leur gosse. S'ils ont été pris entre la résistance, Scarlet et Twilight…
-Merde ça fait longtemps que y-a pas eu de clash comme ça. Depuis Bonville c'est ça ? Twilight a rendu sa décision ou pas ?
-Aucune idée, la ville a été totalement coupée, on sait pas ce qui s'y passe. Je suppose qu'il y a un tri pour le moment pas de nouvelle de jugement.
-Mais ça risque de tomber ?
-Peut-être qu'est-ce que j'en sais ? Mais en tout cas on est dans la merde si les Sarl sont touchés, qui va gérer nos emplois ? Ces couillons du comité ? Je préfère encore qu'on soit rachetés par la Devon, leur chef Pierre Steven Rochard est un peu mou, mais au moins il nous virera pas.
-Ouais mais non, on risque de se délocaliser à Hoenn, ça fait chier quoi.

Fang ne put rester plus longtemps sous peine de faire du surplace et d'attirer l'attention, aussi passa-t-elle son chemin de toute façon la conversation stagnait et finissait par s'embourber dans une suite de complaintes de plus en plus grossières, donc sans intérêt. Elle connaissait assez d'injures comme ça.

Finalement, elle déboucha sur l'avenue principale, et près des arènes se trouvait la gare, bondée. Passer avec sa bécane ne serait pas simple, mais elle venait juste en repérage, histoire de voir si elle pouvait passer par un autre côté et monter à l'arrière du train ni vu ni connu. Malheureusement, quand elle s'approcha, elle constata que les modèles de trains étaient bien plus modernes que dans son pays natal. Pas de petite estrade sur lesquelles pouvaient s'agripper les parasites et les retardataires.

Inutile de chercher plus longtemps, elle était bonne pour longer les voies à la vue, sur Betsy.

-Il va falloir que je fasse des pauses régulières pour économiser Betsy et Motisma.

Elle avait tellement l'habitude de se parler à elle-même qu'elle avait prononcé ces mots à haute voix, et plusieurs têtes obliquèrent dans sa direction, ce qui leur permit à tous de rater les actions qui suivirent.

Fang avait parcourut vite fait la foule des yeux, sans prêter grandes attentions aux visages, exceptés un seul. Pour la simple et bonne raison qu'un tout jeune type semblait en uniforme, tout vêtu de noir, il arborait une veste simple mais chaude avec un sygle au dos ressemblant à une pokéball mais avec un V en guise de coque du dessous. Mais le plus remarquable chez ce type ténébreux jusqu'à la racine des cheveux, c'était qu'il arborait un masque immaculé. Et personne ne semblait trouver cela incongru.

Quoiqu'il en soit, fang avait repéré cet étranger rapidement, pour l'oublier tout aussi vite, mais alors qu'elle attirait toute l'attention des passants, elle remarqua que le type, immobile, les bras croisés en position contemplatives jusqu'alors venait de se lever. En quelques pas il s'approcha d'un jeune homme, celui-ci ne sembla pas voir son assaillant lui tournant le dos.

Fang avait toujours vécu dans le danger constant, elle savait reconnaitre une menace, une aura meurtrière et encore plus le profil d'un homme s'apprêtant à commettre l'irréparable. Ce garçon masqué était de ceux-là. Aussi, quand elle vit la pauvre victime basculer sur les rails, même si elle n'avait pas vu le geste assassin, elle sut. Immédiatement.

Le crissement des freins s'éleva sur la voie, et il y eut comme un hurlement avant qu'un bruit épouvantable de viande écrasé ne jette une chape de plomb sur la gare. Quelques regards effrayés obliquèrent, réalisant péniblement ce à quoi ils venaient s'assister plus ou moins. Il y eu quelques cris apeurés, beaucoup de regards blafards peinant à réaliser, des rires nerveux même, et des femmes enlaçant leurs enfants pour les protéger du drame. Mais personne n'accusa le garçon au masque.

« Voilà un endroit bien logique, on me poursuit parce que je récupère ma moto, mais à lui on dit rien ? »Constata fang simplement.

Celui-ci, loin de fuir, fit face à la foule et déclara, d'une voix bizarre, saisissante de jeunesse :

-Cet Homme se prénomme Nathan Wilder. Il avait consciemment choisi de suivre la voie D'Arcéus et a refusé son jugement. Les plaques lui avaient dicté son destin et il s'y est refusé, préférant s'y soustraire il a bouleversé le destin tissé par Arcéus. A cause de lui, et de son refus de mourir dans un accident de circulation, un pédophile ne sera pas arrêté, et nous ignorons combien de victime il fera encore avant qu'à nouveau son destin ne croise celui préétabli par les plaques.

Fang resta confuse, mais elle vit une jeune mère étreindre son enfant, ses yeux remplis d'effrois, comme si le tenir ainsi protégerait sa progéniture d'être le prochain sur la liste du pédophile dont parlait ce type. Quelques mots furent prononcés, aux alentours, des indignés, mais surtout, des têtes approbatrices.

-Tant mieux, il avait lui-même choisi sa voie, Arcéus ne peut pas donner un destin heureux à tous, quand on signe il faut être prêt à être un martyr.
-Ouais, quel idiot, maintenant on a un criminel dans la nature.

Fang aurait put être choquée de tel propos, mais elle ne le fut pas, elle avait entendu pire. Seulement elle ne suivait pas la logique. Enfin, ce type avait été imprudent, s'il avait prêté attention à ce qui l'entourait il aurait évité une telle fin, tant pis pour lui. Elle, elle ne se serait pas fait avoir.
Le garçon masqué s'inclina légèrement, dans une révérence inappropriée.

-Twilight s'excuse pour la gêne occasionnée et le retard que son jugement entraînera sur les voies. Vous serez tous dédommagés pour vos billets.

Et il disparut, comme ça d'un coup, une sorte d'ombre une coque ténébreuse le recouvrit avant de s'évaporer purement et simplement. Sûrement l'œuvre d'un Pokémon, même si Fang n'avait jamais vu une pareille utilisation de ces créatures. Mais encore une fois, personne ne sembla surpris.

-Dit maman, c'était qui le monsieur ? Demanda une petite fille à côté de Fang.
-C'est Thanatos, un des membres de la Légion de Twilight. Répondit cette dernière, avec une drôle d'expression.
-Pourquoi il a poussé l'autre monsieur ? Il va bien ? Le train lui est passé dessus, il a mal tu crois ?
-Ma chérie, le monsieur il est mort.

La petite écarquilla des yeux, et Fang s'attarda une seconde, se disant que si une mère devait expliquer cela à son enfant, elle comprendrait bien assez l'explication elle aussi. En attendant des agents de la gare s'affairaient pour dégager les voies. Sans enquêtes. On évacuait les passagers pour éviter qu'ils profitent du spectacle.

-Pourquoi L'agent de Twilight il a tué le monsieur ? Demanda la petite.
La mère s'accroupit devant son enfant et chercha quelques secondes ses mots, après une intense réflexion elle prit enfin la parole, son visage dénué de toute crainte, comme profondément convaincu de ce qu'elle disait.

-Tu vois ma chérie, quand tu es née, nous t'avons baptisée. Nous t'avons donc soumis au jugement d'Arcéus. Arcéus est le dieu des Pokémon, Dieu du monde. Il peut voir le futur. Dans une certaine mesure, il peut même le façonner. Donc quand quelqu'un se baptise, Arcéus façonne un futur pour lui.

La petite de cinq ans, tripatouilla une de ses bouclettes blondes, à moitié concentrée sur les paroles de sa mère, à moitié ailleurs déjà. Mais Fang ne perdit pas une goutte du discours.

-Arcéus a promis de façonner un futur qui amène au bonheur pour tout le monde. Mais tout le monde n'est pas baptisé tu comprends ? Donc Arcéus est obligé, pour que tout le monde soit heureux, d'utiliser certains baptisés pour arrêter les méchants, et parfois, le seul moyen pour qu'on arrête le méchant, c'est qu'il tue un baptisé. On appelle les baptisés qui servent à ça, les martyrs.

Cette fois l'attention de la fillette revint sur sa génitrice.

-Mais pourquoi Arcéus il arrête pas les méchants sans tuer des gens ?
-Parce que les méchants ne sont pas baptisés, donc Arcéus ne contrôle pas leur futur. Tu vois ? Il ne sait pas où ils vont frapper, ni comment, il ne le sait que si un de ses baptisés croise le chemin d'un méchant.

La petite fronça les sourcils, saisissant mal le concept. Au bout d'un long moment, elle finit par articuler, peu sûre de sa question :

-Alors pourquoi on baptise pas tout le monde, comme ça plus personne ne meurt ?
-Parce que tu comprends ma chérie, les gens qui se baptisent ont choisi cette voie. Ils savaient ce qu'ils encouraient. Donc Twilight a le droit de les sanctionner quand ils ne suivent pas le destin que leur dicte Arcéus et mette le bazar dans ses plans. Mais on ne peut pas forcer tous les gens à faire pareil. Si on forçait les gens à se baptiser et que l'un d'eux refuse d'être un martyr, Twilight serait obligé de commettre un vrai meurtre cette fois. Twilight préfère éviter de tuer les gens.

La petite n'eut aucun mal à saisir la nuance entre meurtre « bien » et meurtre « pas bien » bizarrement.

-Et pourquoi là, ça a pas marché ? Pourquoi on a pas arrêté un méchant ? Pourquoi Twilight a du tuer le monsieur si elle veut pas ?
-Parce que, tu vois, les baptisés ont le droit à leurs anniversaires d'aller voir l'interprète d'Arcéus, qui leur lit leur plaque, là où est marqué le futur façonné par Arcéus pour chacun.
-Donc j'ai une plaque moi aussi ?
-Oui ma chérie, tu as une plaque, et maman aussi. Et donc, tu vois, quand un baptisé va voir Arcéus, on lui dit son avenir pour l'année à venir, donc, le baptisé sait s'il va mourir. Et certains refusent de mourir, comme le monsieur là-bas. Donc ils se cachent.
-Mais c'est pas bien ! Comment on va arrêter le méchant s'il se cache ?

La vitesse avec laquelle la fillette avait ingéré l'information, accepté, déduit et conclut à la mort d'un homme étonna Fang.

« Une gamine a une capacité d'adaptation incroyable, tu le sais pourtant. » Murmura amèrement la voix dans son crâne.

-Exactement ma chérie, et c'est pour ça que Twilight a trois membres qui s'occupent de chasser les martyrs qui refusent leurs avenirs. Là tu viens de voir Thanatos, mais il y a aussi Atropos une fille aux cheveux rouges, et Hypnos qui ressemble à Thanatos mais est beaucoup plus grand. Ces trois-là forment les Anges de la mort.

La petite ne tressaillit même pas devant ce surnom. Fang quant à elle, s'éloigna, ayant assez entendu d'âneries pour aujourd'hui, avisant la voie ferrée encombrée, elle décida de faire un détour pour éviter le spectacle et enfourcha de nouveau sa moto.

Au moins une chose était sûre, elle n'intègrerait pas la religion du coin. Trop glauque à son goût.