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La Faucheuse. de T-Tylon



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Informations

» Auteur : T-Tylon - Voir le profil
» Créé le 06/07/2010 à 04:11
» Dernière mise à jour le 11/06/2011 à 05:26

» Mots-clés :   Présence d'armes   Sinnoh   Suspense   Terreur

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Reflet.
Sinnoh. Sur l'embarcadère 3 de Rivamar.

29 mars 2010. 9 heures.



Les rayons du soleil éblouissaient la vue des passagers en approche du bâtiment de la gare navale de Rivamar ; la butte de l'embarcadère couvrant plus de cent mètres avant que les passagers ne retrouvent le vrai sol ferme de Sinnoh.

L'ex passagère de la chambre 208 se faufilait au milieu de la foule, de façon fluide et experte pour éviter l'embouteillage, mais en tapant tout de même des coudes (avec délicatesse cela dit) pour que personne ne puisse soupçonner ses talents. Elle finit toutefois par tomber sur un petit groupe d'hommes (qui se connaissaient visiblement bien) dont ni la lumière ni le froid ambiant ne semblaient perturber leur discussion joviale, mais qui ralentissait et bloquait le passage.

Une fois de plus, elle se rendit compte qu'il fallait faire jouer son rôle.

Prenant son ton le plus doux et timide possible, ainsi qu'une légère posture de gêne, elle aborda celui qui semblait être le plus grand d'entre eux, et qui par la même, selon les critères de sélection instinctif primaires de l'homme, en imposait le plus.


«Excusez-moi…Monsieur ?»

«…Et alors là tu vois Jean – Qui y'a-t-il… Oh.»


Légèrement surpris dans sa conversation avec ses potes, l'homme à la carrure imposante se retourna d'un air contrarié d'avoir été dérangé. Mais se ravisa instantanément en voyant la petite perle qui lui fit face d'un petit sourire gêné.


«Oui mademoiselle ? Que puis-je faire pour vous ?»


Elle analysait l'homme qui lui faisait face : Grand, cheveux noir, idem pour les yeux, teint de la peau légèrement bronzé, épaules carrées et de constitution plutôt musclée. Un brin antipathique dans sa façon de parler envers des connaissances, mais somme tout assez poli en face du sexe opposé. En gros : un malabar au grand cœur.


«Non, rien du tout ! Je ne voulais pas vous déranger…Excusez-moi.»


Elle complétait sa prestation par des signes de mains décrivant en premier lieu «l'annulation» (mettre les mains au niveau de sa poitrine, ouverte de façon à laisser la palme entièrement visible pour l'interlocuteur) puis en baissant légèrement le regard et la tête, en deuxième lieu, pour le signe de soumission.


«Patrick, tu n'as vraiment aucun tact avec les femmes !»

La petite boutade le fît former un léger sourire à son attention, puis il se retourna vers la demoiselle en s'inclinant légèrement afin d'amener sa tête au niveau de son visage.

«Je vous prie de pardonner mon manque de délicatesse, mademoiselle. Cela fait bien longtemps que nous n'étions venu à Sinnoh, et la nostalgie du moment m'emporta au point que je ne faisais plus vraiment attention à ce qui m'entourait. Cela n'est cependant pas une excuse pour en oublier les règles fondamentales que tout gentleman se doit de suivre à l'égard de la gente féminine… Ainsi, que puis-je faire pour vous ?»


Alors que ces camarades concluait son discours par de petits sifflements très éloquents, elle analysait en détail sa petite pirouette, aussi bien oralement que physiquement. Son ton était certes respectueux, mais des notes mielleuses résonnaient lorsqu'il prononçait les mots servant à la décrire. Cela ajouté à son regard, les pupilles étant légèrement dilatées lorsqu'il la regardait, elle n'eu plus aucun doute en finissant mon analyse sur sa posture, qui était : la tête légèrement inclinée comme le reste du corps, la main droite sur le cœur et le pied droit en avant. La posture typique du prince charmant se voulant être galant envers sa belle.

La conclusion était sans appel : elle l'emballait.


«Et bien…» Continuait-elle sur le même ton gêné qui devait correspondre à son type de femme, vulnérable et toute petite en comparaison de sa carrure.

«Je vous suis tout ouïe.» Dans lequel il tombait dans le panneau à la perfection.

«Je…J'ai rendez-vous avec quelques personnes qui m'attendent à la gare, et je ne voudrais pas trop les faire patienter…Voyez-vous, je viens de Floraville. Et ces même personnes doivent m'avoir attendus depuis quelques heures…»

«Floraville ? Mais c'est à plusieurs lieues de Rivamar ! Et nous qui vous bloquons le chemin avec nos discussions, je suis vraiment navré mademoiselle. Je vous laisse passer !»


Aussi tôt dit aussi tôt fait. Le petit groupe se séparait de manière à laisser passer plus de monde, au grand soulagement de nombreux passagers qui, comme elle, ne voyaient pas comment traverser ce mur. Toutefois, afin d'éviter de se retrouver «noyée» sous la masse, le dénommé Patrick et deux autres de ses compères lui laissèrent un mince petit passage ouvert. Gentleman en effet.


«Le chemin vous est ouvert. Pardonnez encore une fois nôtre manque de civisme.»

«Ce n'est pas la peine de vous excuser, vous avez été très gentil de m'accorder un peu de vôtre temps. J'espère que vôtre retour à Sinnoh sera excellent !»

Elle achevait sa prestation en se dirigeant dans ce chemin, et en s'arrêtant pour faire face à ses «bons seigneurs»…

«…Merci beaucoup. Patrick»


Elle termina avec un clin d'œil à l'intention de ce dernier, qui n'y fut pas laissé indifférent ; et ses deux compères le congratulaient de murmures et de petits coups de coude. Avant de continuer sur ce même tapis rouge sans plus se retourner ; au même moment où l'homme réalisa qu'il avait oublié un détail important.


«Attendez mademoiselle ! Vôtre nom ?»


A peine l'homme eu-t-il finit sa phrase, que deux silhouettes de passagers traversèrent le chemin par lequel était passé la petite sirène, et que celle-ci disparut comme si elle n'avait jamais existée. Alors qu'encore une seconde auparavant sa longue chevelure de noir mate flottait devant lui…

------------

«Encore une bonne occasion de continuellement mettre à l'épreuve ma capacité à me fondre dans la masse en un minimum de temps.» Conclut-elle.


Elle était maintenant dans la gare, et s'était rapprochée de la sortie. Grâce à son «prince charmant» qui ne la rattraperai pas de suite ; car elle avait calculée le fait qu'il devait se regrouper avec les autres avant de continuer. Et comme il avait «ouvert» la voie aux autres passagers, ils se retrouvaient dans la même situation que deux portes tentant de contenir un puissant flot d'eau.

Elle n'avait pas répondue à sa dernière question, car qu'est-ce qu'était son nom pour elle si ce n'est un pseudonyme ? Au pire il le découvrirait lui-même en passant par Floraville, le nom de ce qui était son identité Sinniehnne aux yeux du monde, ainsi que sa couverture.


«-Calmez-vous les enfants ! Vous m'aviez promis d'être sages si je vous emmenais avec moi pour l'accueillir !»


Elle reconnaissait cette voix, forte mais douce à la fois, réclamant le respect dû à son âge, son rang et son expérience, qu'elle ne recevait malheureusement que rarement. Depuis le temps qu'elle connaissait la propriétaire de cette voix, elle ne put s'empêcher de sourire avant d'aller l'aborder, toujours dans ce même rôle qu'elle n'avait plus quittée depuis ces années.

«Je ne sais vraiment pas comment vous pouvez être aussi énergique avec ce froid de canard, Vistelle !» Phrase qu'elle achevait délibérément d'un sourire franc à l'attention de cette dernière, et plus précisément aux petits monstres qui l'avait accompagnés.

«Cynthia !»

«C'est Cynthia !!! Ouaiiiiiiis !!!»


= Les enfants que Vistelle, la matriarche de Floraville, avait emmenés avec elle, se mirent à courir vers moi avec une joie renouvelée par l'attente et l'impatience de ma venue. Je mimais avec difficulté celle qui allait tomber sous le choc des enfants qui se jetèrent littéralement à mes jambes ; leurs sourires pleins de malice à cette idée. Et surtout à la récompense à laquelle ils étaient habitués depuis le temps.=


«Raconte ! Comment c'était Johto ?»

«T'es passé par chez Fargas ? Il t'a fait des pokéballs spéciales ?»

«Et t'as vu des champions d'arène ?»

«Alors ? Alors ? T'en a ramené dit ?»

«Alors/Alors/Alors/Alors !»


=Je me mis à dévisager ces petites têtes blondes qui me harcelaient de questions : Emilie, pour la première question, toujours curieuse sur le monde qu'il l'entoure. Benjamin pour la seconde, dont il n'en démordrait pas qu'un jour il devienne maitre pokémon. Cécile, fan des champions d'arène ; dont elle admirait le charisme et avait au moins un poster de chaque champion dans sa chambre… Et Enfin Matthew, qui avait le mérite d'être toujours direct de part nature. Ce qu'il devait tenir de famille.=


«Mais enfin les enfants, laissez-là souffler ! Après un tel voyage, voilà que vous lui tombez littéralement dessus !»


=Les enfants me lâchèrent de leurs étreintes avec une petite mine honteuse, se rendant compte de leur comportement en se disant qu'il leur coûterait la petite récompense que je leur donnais à chaque fois. Mais je réagis.=


«Non ce n'est rien Vistelle, ils sont juste content de me voir et ils m'avaient aussi manqués durant ce petit séjour. Alors faites-moi un beau sourire, ça fait une semaine que je ne les ai pas vus. »


Réagissant au quart de tour à cette annonce, la ribambelle de têtes blondes sortirent immédiatement leurs plus beaux sourires à l'encontre de la jeune demoiselle pour laquelle ils firent ce long voyage, en achevant par un unanime :


«Bon retour Cynthia !»

«Et bien voilà. Et pour vous avoir tout ce chemin pour moi, vous méritez une récompense !»


=A la vue de mon bras qui descendait pour ouvrir la poche avant de ma valise, je voyais, en imitant un regard amusé, ces petites boules d'énergie vibrer sur place d'impatience. Mais ce n'est que lorsque j'en sortis une petite mallette rouge avec un symbole de fruit dessus, que je vis littéralement leurs yeux s'éclairer.=


«Cette fois-ci, ce sera un brin différent des autres fois. Car il n'y en aura qu'une pour vous quatre.»


=Paraissant surpris au premier abord, virant presque aussi instantanément à la déception, leur joie fut pourtant ravivée encore plus rapidement quand ils virent que je sortis de ma mallette une baie Sitrus de couleur mauve aux points rouges=


«OUAAAAAH ! Une baie Sitrus Shiny !»

«En effet.» Achevait-elle d'un sourire, même si elle voyait que toute leur attention était désormais figée sur la baie.

«Cynthia tu les gâtes trop.»

=Voyant la matriarche légèrement embarrassée à l'idée que ces petits monstre lui ai fait vivre des heures difficiles et s'en sortaient vainqueurs, je continuais…=

«Il n'y en a qu'une seule, comme je vous l'ai dit. Vous savez ce que ça signifie ?»

A leur mine interrogatrice, elle devinait qu'il fallait leur expliquer ce qu'elle avait prévu en tête.

«Cela veut dire que c'est vous qui allez vous en occuper, tous ensemble.»

Là ce fut la surprise totale dans le groupe, jusqu'à la grand-mère.

«Vous m'avez bien comprise. Vous marchez sur vos dix années, et le voyage initiatique vous sera ouvert d'ici deux ans. Je veux qu'en ce laps de temps vous vous occupiez de cette baie, de la faire pousser et la transformer en un magnifique plant de baie Sitrus Shiny, que vous pourrez ensuite donner à vos futurs pokémons. Car c'est aussi une responsabilité que de s'occuper des plantes comme des pokémon, et qu'à la fin la plante soit si ravie qu'elle vous le rendra sous la forme d'autre baies Shiny savoureuses, et dont vos pokémons raffoleront en vous le rendant bien.»

=Devant le visage de la matriarche, qui désormais affichait un sourire approbateur, je continuais.=

«Pouvez-vous me promettre d'en prendre soin tous les quatre ? De la traiter comme s'il s'agissait d'une amie ?»

Ce à quoi elle eut comme réponse un «OUI» tonitruant qui résonna dans la gare et attira l'attention d'un bon nombre de gens.

«Très bien. Dans ce cas : elle est à vous !»


=Je l'offris à Matthew. Ce qui lui valu des petits regards de jalousie de la part des autres. Mais je corrigeais le coche en arguant que la maison de Matthew, qui était aussi celle de la matriarche, avait une petite bute étant toujours couverte par le soleil, et qu'elle était idéale pour la croissance du plant. Mais je demandais à Matthew de laisser venir aussi souvent que possible ses amis afin qu'ils prennent soin tous ensemble de la plante. Et les tensions cessèrent pour être remplacées par la curiosité et l'excitation d'observer en détail la baie ; qu'ils se passèrent à tour de rôle. Non sans une certaines réticence de la part de celui qui la tenait.=


«Je ne démords en rien du fait que jet trouve que tu les gâtes trop, Cynthia.»

«Vraiment ? Mais ne crois pas que je t'ai oubliée pour autant.»

Derrière cette petite phrase aux sous-entendus évidents, la matriarche fit un pas en arrière en voyant ce que la jeune femme tenait dans ces mains à son attention.

«Mais c'est…»

«Oui. Une Noigrûme noire. Tu vois que je ne t'ai pas oubliée.»


Avec la même fébrilité que son petit-fils, la vielle dame pris entre ses mains la Noigrûme dont elle se mit immédiatement à en humer l'arôme fort. Caractéristique unique de la version noire dont elle raffolait…


«Cynthia, ma petite, tu sais comment faire vaciller mon pauvre vieux cœur.»

«Oh allons, vous n'avez qu'à peine 76 ans. Vous avez encore la vie devant vous.»

«Pas de flatteries avec moi, jeune fille, ça ne marche pas.»

=Je notais pourtant une micro-expression de joie passée sur son visage à l'élocution du sous-entendu de ma phrase ; Elle était bel et bien heureuse que son âge ne lui fasse pas défaut.=

«Bien, Inutile de nous attarder d'avantage. Tom nous attend dans le Mini-Van, et je crois que les enfants ont hâte de voir pousser leur nouveau cadeau.»

«Je crois aussi.» alors que nos regards se tournèrent en même temps vers les joyeux drilles tout excités par leur petit cadeau.

«Les enfants, rassemblez-vous. Nous repartons vers Floraville !»

--------

Un nouveau «OUAIS» tonitrua encore plus fort que le dernier, ce qui valu l'intervention d'un agent de la compagnie marine qui vint les informer du problème de son dont ils étaient les responsables. Mais la jeune fille le rassura en lui expliquant qu'ils partaient dans la minute ; à la grande surprise de l'agent en question quand il reconnut son interlocutrice.


«Mme Baie ? La mademoiselle Baie de Floraville ? C'est bien vous ?»

«Oui, en effet.»

«Oh nom d'un Ronflex anorexique, je ne vous avais pas reconnu !»

«J'ai un visage très banal, c'est normal.»


= En fait je savais que c'était faux, mais ma longue chevelure d'un noir mate me fournissait la meilleure couverture possible. Donc en somme, c'était tout comme. Pourtant je commençais à noter différents regards se pointer dans ma direction, et des murmures tels que «…La spécialiste en Baie de Sinnoh ?» et autres «Celle dont la notoriété égale celle de Sorbier dans le domaine des baies ?» et un plus gênant mais néanmoins vrai «La spécialiste dont l'expertise en baie est telle que même le maitre pokémon de l'île fait appel à elle ?» Ce qui commençait à tourner l'atmosphère d'anonymat dans laquelle j'étais habituée, à celle de véritable star qu'on met sur le devant de la scène. Un autre rôle dans lequel je dus m'habituer, mais avec plus de difficultés.=


«Je vous prie de sincèrement m'excuser de ne pas vous avoir reconnu.»

«Ce n'est rien, vraiment…Vous remplissez vôtre fonction à la perfection, et je ne veux pas que mon nom soit une entrave dans le bon déroulement de vôtre travail.»

«Toujours aussi modeste, jeune fille. Ne trainons pas, nous avons un long trajet à parcourir. Monsieur l'agent, si vous voulez bien nous excuser.»


Terminant sur une petite révérence à l'attention de la spécialiste en baie, qui fit la même chose de son côté pour parfaire l'image de la «gentille mademoiselle Baie», la spécialiste au double pseudonyme finit par monter dans la navette verte ornée du symbole de Floraville, une gracidé ; dont l'histoire racontait qu'elle fut portée par la personne qui transforma la plaine aride qu'était Floraville en ce qu'elle est aujourd'hui. Un symbole d'espoir et de profond respect en somme. Ce qui était plus que parfait pour renforcer encore l'anonymat de la célébrité. Elle en profita pour saluer Tommy Stanley, le père d'Emilie la voyageuse. Ce qui expliquait la nature curieuse de la petite fille ; Tom s'étant lui-même porté volontaire pour être le chauffeur spécial de Floraville, de par son amour des voyages.

Se posant sur la banquette complètement au fond du van, elle souffla un coup avant que la petite bande ne lui ressaute dessus, la remerciant encore du superbe cadeau, et de la confiance qu'elle leur portait par ce dernier. Pour eux, elle était la grande sœur gentille et attentionnée qu'ils n'auraient jamais rêvée d'avoir. Mais pour elle, ils étaient surtout la nouvelle génération dont elle pouvait modeler la pensée de façon à la protéger en cas de coup dur d'ici quelques années. Elle se prit alors à soupirer de façon audible pour se faire comprendre des passagers du van.

«On dirait bien que le voyage ne fait que commencer.
»

Tommy acquiesça en tournant la clé de contact et faisant ainsi démarrer le van, tandis que les enfants recommencèrent déjà à harceler la demoiselle de question sur son voyage, et que la matriarche jetait un dernier regard de soutien à sa petite protégée, avant de repartir dans la contemplation olfactive de sa Noigrûme.

Prenant la tête du petit groupe de sauvage dans leur délire d'excitation du retour ; Mademoiselle Cynthia Luna, alias Mme Baie, déclara d'un ton fort et déterminé devant ses protégés :


«En avant vers Floraville !»

Et les rires s'ensuivirent…