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La voix de l'aura, Tome 5 : Survie de MARC2750



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Informations

» Auteur : MARC2750 - Voir le profil
» Créé le 15/02/2026 à 19:14
» Dernière mise à jour le 15/02/2026 à 19:14

» Mots-clés :   Action   Aventure   Région inventée

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Chapitre 5 : La folie de la faim



- On va devoir rationner notre nourriture et l’eau pour le reste du voyage. Je lui dis une fois sortie de la forêt.

- Pourquoi ? demanda Stéphanie.

- C’est quoi, rationner ? ajouta Amélia.

- Quand on fait attention à ne pas trop manger et à boire de l’eau pour garder nos réserves plus longtemps. Je lui répondis doucement avant de regarder Stéphanie. Je l’ai déjà expliqué, il y a beaucoup de forêts, mais pas autant de nourriture que les pokémons voudraient.

- Pourquoi ils ne partent pas pour aller quelque part où il y a plus de nourriture ? demanda Stéphanie.

- Quand tu as quitté le territoire des humains, tu savais ce que tu allais trouver de l’autre côté des piliers de pierre ? Elle secoua la tête. C’est pareil pour les pokémons, ils n’ont jamais quitté la forêt où ils sont nés.

- Ils ont peur de partir et de ne rien trouver, mieux vaut vivre avec peu de vivre que de se risquer dans un endroit où il n’y a pas d’eau ou de nourriture. Je lui dis sérieusement, elle ne répondit pas. Seuls ceux courageux ou désespérés décident de partir pour trouver un meilleur endroit, mais bien souvent, cela finit mal.

Nous marchâmes en silence un moment jusqu’à ce que nous croisions un troupeau de Nidoran, de Nidorino et de Nidorina. Je lui refis un cours sur les types des pokémons, sur leurs faiblesses et leurs forces.

Les jours se succédèrent rapidement, Gabrielle et Amélia s’améliorèrent avec leur technique, mais toutes deux avaient encore du mal à les utiliser. Gabrielle n’avait pas assez d’énergie pour propulser une attaque et Amélia n’avait pas assez de force pour utiliser Queue de fer. Tous les soirs, elles s’entraînaient, je voyais leurs progrès, lents, mais elles progressaient. Stéphanie les encourageait et commençait à prendre plus de part à leur entraînement, leur donnant des conseils ou leur demandant de faire certains mouvements.

Stéphanie me pointa un petit bosquet de quelques arbres et d’arbustes dans la plaine, elle voulait aller voir s'il y avait de la nourriture. Je lui tirai doucement par le bras.

- C’est dangereux. Je dis doucement, voyant qu’elle voulait une explication. Je continua. Il y a plusieurs pokémons, sûrement une famille, qui vit là-bas. Depuis qu’ils nous ont vues, ils sont paniqués, j’imagine qu’ils ont peur qu’on vienne pour voler leur nourriture. Elle garda le silence en regardant les arbres, avant de reprendre la route vers le nord.

- C’est quelle espèce de pokémon ? demanda-t-elle curieuse.

- Je ne sais pas, ils sont trop loin pour les voir correctement.

- Tu ne sens pas leur aura ? dit-elle surprise.

- Oui, mais c’est leur émotion que je sens surtout à cette distance. Je sais qu’il y a un pokémon, mais je ne vois pas clairement qui il est. Elle émit un son pensif.

- Tu peux sentir les pokémons jusqu’à quelle distance ?

- Ça dépend de beaucoup de chose.

- Comme quoi ?

- Les émotions, s’il a de fortes émotions je vais le sentir de plus loin. Ça dépend aussi de sa force, un pokémon puissant va se faire remarquer de plus loin. C’est pour cela que beaucoup viennent me voir.

- Tous les pokémons récents l’Aura?

- Non, disons… que c’est plus comme…

En fait, je ne sais pas trop comment l’expliquer pour moi depuis que je suis née je ressens l‘aura des gens. Je me tournai vers Gabrielle.

- C’est une présence. Dit-elle que je répétai à Stéphanie. Quand un pokémon puissant est près, on sent une présence.

- Les humains peuvent apprendre à sentir l’Aura ?

- Pas à ma connaissance, mon frère pourrait peut-être mieux te répondre. Je sais que les humains peuvent, comme les pokémons sentir la présence des autres avec de l’entraînement, mais sentir l’aura…

Je ne voulais pas lui dire que Ben en était capable à travers le lien que j’avais avec lui. Nous continuâmes notre chemin vers le nord. On s’arrêta au bord d’une forêt pour trouver de la nourriture et s’entraîner un peu. J’observai Amélia avec Queue de fer, elle arrivait à mieux l’invoquer et était capable de donner quelques coups avant de perdre complètement sa concentration. Cependant, elle avait beaucoup de difficulté à donner des coups avec le poids de sa queue, j’avais vu beaucoup de pokémons utiliser cette technique et ils n’avaient pas autant de difficulté qu’elle pour l’utiliser.

- Amélia, viens ici. Elle sautilla jusqu’à moi, contente de lui prêter de l’attention. Je m’assis au sol et elle se plaça devant moi. Je lui présentai la paume de ma main.


- Pousse ma main avec toute ta force. Elle hésita puis j’insistai pour qu’elle le fasse.

Elle appuya sa tête sur ma main que je plaçai à la hauteur de sa tête, puis poussa de toutes ses forces. Ses griffes grattèrent le sol et elle émettait quelques sons comme si elle forçait, mais je sentais à peine de force contre ma main.

- C’est bon. Je lui dis pour qu’elle arrête, je détachai mon sac à dos et le déposai au sol. Déplace-le jusqu’à Stéphanie.

Elle hocha la tête avant d’attraper la ganse de mon sac pour le tirer. Elle força énormément pour le faire bouger, puis eut beaucoup de difficulté à le traîner. Quand elle arriva près de sa dresseuse, elle était épuisée.

- Qu’est-ce que vous faites ? demanda Stéphanie.

- Je crois que je viens de comprendre pourquoi Amélia a de la difficulté avec ça technique. Je marquai une pause pour être sûr d’avoir leur attention. Tu n’as aucune force dans les pattes, Queue de fer demande d’avoir une certaine force physique pour l’utiliser.

Amélia se dressa sur ses pattes arrière en étant assise pour regarder ses pattes de devant. Maintenant que je la regardais plus attentivement, je remarquais qu’elle avait peu de muscle, mais je n’avais pas imaginé si peu. J’étais aussi surpris de ne pas l'avoir remarqué cette nuit-là aussi. Elle ne s'était sans doute jamais entraînée avant notre rencontre, même si elle aimait marcher et sautiller, cela n’entraînait pas vraiment les muscles de ses pattes.

- Qu’est-ce qu’elle doit faire pour devenir plus forte ? Je fus surpris que Stéphanie me pose immédiatement ce genre de question. Quel exercice doit-elle faire ?

- Hee.. Laisse-moi deux secondes. Normalement pour m’entraîner les jambes, je prends quelque chose de lourd et le transporte ou fais des exercices avec. Mais pour un pokémon quadrupède… je ne sais pas trop.

- Je crois qu’on peut commencer avec de la course à pied, ça va améliorer ta vitesse, ton endurance et les muscles de tes jambes. Quand on reviendra à Célesta on demandera conseil à Rolan. C’est un Arcanin, il devrait connaître quelques trucs pour s’entraîner. Leurs espèces sont souvent très fortes physiquement.

- D’accord, mais… comment tu veux faire ?

- Je te propose de me laisser partir avec Amélia chaque matin et début d’après-midi. On parcourra une bonne distance puis on fera demi-tour pour vous rejoindre, Gabrielle restera avec toi pour te surveiller.

- Tu en penses quoi Amélia ? demanda Stéphanie à son pokémon. Elle répondit d’un cri enjoué et amusé de faire ce genre d’exercice avec moi.

Cependant son enthousiasme ne dura pas très longtemps quand je l’emmenai pour sa première course. Elle suivait mon rythme pour que je teste son endurance. Elle pouvait courir assez vite, je l’avais déjà vue faire, mais elle manquait d’endurance pour tenir la cadence. Elle ralentissait souvent et je l’appelais pour qu’elle reste près de moi. Quand je sentis qu’elle n’était plus capable. Je m’arrêtai pour la laisser se reposer et lui donnai quelque chose à boire quand elle pouvait de nouveau bouger.

- Je ne sens plus mes pattes. Dit-elle épuisée. Comment fais-tu pour courir aussi longtemps et vite ?

- Je peux courir bien plus longtemps et bien plus rapidement. À la basse, mon espèce sont de grands coureurs. On parcourt des montagnes et des plaines sans se fatiguer et avec la voix de l’Aura, je peux aller bien plus loin. Elle resta couchée sur le côté pour récupérer.

- Ton espèce aussi est très réputée pour son endurance et sa vitesse. Tu manques juste un peu d’entraînement. Je dis un peu amusé de la voir pour une fois vider de son énergie.

- On va garder la même vitesse et plus ou moins la même distance, en quelques jours tu vas voir une différence. Elle émit un son découragé puis s’endormit, je l’avais peut-être poussée un peu trop à ses limites. Je la laissai dormir un moment, puis nous repartîmes vers Stéphanie que l'on voyait au loin. Stéphanie nous accueillit avec amusement, surtout quand Amélia s’écroula près d’elle épuisée.

- Je sens plus mes pattes. Dit-elle en lamentation, ce qui fit rire Gabrielle.

- Tu veux te reposer dans ta pokéball ? demanda Stéphanie en voyant son pokémon complètement épuisé. Elle eut juste la force de hocher la tête et retourna dans sa pokéball.

- Au repas tu lui donneras un fortifiant, elle risque d’avoir mal à presque tous ses muscles. Elle hocha la tête puis nous repartîmes. Elle me posa beaucoup de questions sur l’aspect des pokémons, comment ils faisaient pour vivre et même comment ils s’occupaient et transportaient leur œuf pokémon. Je lui répondis du mieux que je pouvais et lui expliquait que Jasper était beaucoup plus adroit dans ce domaine que moi.

Je laissai Amélia se reposer le reste de la journée, elle arrivait à peine à marcher sans avoir mal. Je refis quelques sorties avec elle les jours qui suivirent avant d’arriver à une autre forêt. Je ne voulais pas courir parmi les arbres, encore moins laisser Stéphanie seule. Je la rattrapai avant qu’elle arrive dans la forêt, mais je sentais la tension dans l’air. Il y avait des pokémons qui n’aimaient pas notre présence.

Sentant mon inquiétude, Stéphanie resta prudente. Une heure après être rentrée dans la forêt cette sensation n’était toujours pas partie. C’était tous les pokémons de la forêt qui s’inquiétaient ou étaient apeurés par notre présence.

- Regarde Isaac. Lança Stéphanie en me montrant un petit espace dégagé à notre droite. Il y a des arbres à fruits et des baies juste là.

- Allons en récupérer quelqu’une pour continuer. Je lui dis doucement.

On rentra dans la zone dégagée, il n'y avait pas beaucoup d’arbres à baies et à fruits. Deux grands arbres à baies Oran et quelques petits buissons qui offraient aussi des baies. Il y avait un autre arbre plus petit, un pommier, qui était en fleur et qui donnerait une bonne quantité de pommes cet automne. Stéphanie regarda autour de nous puis s’avança vers l’arbre avec des baies Oran pour en cueillir.

- Elles sont à moi ! Hurla un pokémon à notre gauche avant de propulser d'énormes éclairs vers Stéphanie. J’eus tout juste le temps de propulser un jet d’eau pour pousser l’humaine au sol et éviter la décharge électrique. Immédiatement, Gabrielle et Amélia se placèrent entre le Dynavolt et leur dresseuse.

- Elles sont à moi ! Ce sont mes baies ! Hurla de nouveau le pokémon en colère avant de nous attaquer avec des éclairs. Gabrielle propulsa ses propres éclairs pour bloquer l’attaque pendant que je propulsais un jet d’eau sur le pokémon pour qu’il arrête. Amélia fonça droit sur lui pour le plaquer au sol, surpris de mon attaque.

Elle lui rentra dedans, mais il était beaucoup plus massif que la petite Évoli. Il se retourna et agrippa Amélia entre ses crocs par le torse avant de la lancer sur le côté, ce qui arracha un cri de douleur au petit pokémon.

- Amélia ! Cria Gabirelle avant d’attaquer le pokémon. Elle frappa le pokémon de plein fouet, mais il ne bougea pas d’un pouce. Paratonnerre ! Je me dis. Gabrielle était impuissante devant lui, elle ne maîtrisait pas assez bien Rayon signal pour s’en servir comme une attaque.

Il se prépara à attaquer de nouveau Amélia avec ses éclairs, je lui propulsai un jet d’eau pour le déstabiliser et l’empêcher d’utiliser ses attaques foudre un moment avec l’eau. Son électricité se déchargea au sol, puis il chargea tête première contre Amélia qui se relevait. Gabrielle était paniquée, incapable d’aider son amie. Je n'eus pas plus le temps d’attaquer de nouveau qu’il percuta l’Évoli qui tomba violemment au sol.

Il poussa un cri désespéré en chargeant de nouveau ses éclairs dans sa fourrure. Je propulsai une Aurasphère sous son corps, l’explosion le propulsa dans les airs, puis je lui en lançai une rapidement pour le repousser d’Amélia.

Il s’écrasa violemment contre un arbre avant de tomber à un mètre de lui. Je m’approchai rapidement d’Amélia, elle était sonnée par le coup et la morsure n’était pas très profonde. Je regardai Stéphanie, elle s’était redressée avec Gabrielle à ses côtés, elle était toujours sous le choc de s’être fait attaquer.

Le pokémon remua et gémit. Il essaya de se relever, mais je lui avais brisé quelques côtes et il était incapable de se relever. Il gémit paniqué et se traîna vers l’arbre près de lui. Il murmurait quelque chose que je ne comprenais pas. Je m’approchai doucement de lui, il était complètement paniqué et désemparé.

- C’est… mes baies… c’est à moi… gémit-il en pleurant. Il s’appuya contre l'arbre, toujours en répétant les mêmes mots et phrases. Je reculai doucement pour récupérer Amélia et la ramener près de sa dresseuse.

- Partons. Je dis doucement en l’aidant à se relever. Elle regarda le pokémon électrique qui murmurait toujours désemparé. Je lui tirai doucement le bras pour la faire avancer, mais elle ne bougeait pas.

- Qu’est-ce qu’il dit ? Demanda-t-elle doucement, je marquai une pause avant de lui répondre.

- Il répète sans arrêt que ce sont ses baies. Je regardai le pokémon, il murmurait toujours ces phrases presque incompréhensibles en se frottant la tête contre les racines de l’arbre. Elle tira doucement son bras pour se défaire de ma prise pour s’approcher du pokémon.

- Stéphanie, il est dangereux. Je lui lançai inquiet de la voir s’approcher du pokémon. Amélia et Gabrielle la suivirent de près pour la protéger. Dès que le pokémon remarqua les trois s’approcher de lui, il devint terrorisé.

- C’est mes baies ! Lança-t-il plus fort contre Stéphanie et ses pokémons, puis il se mit à pleurer. Il avait tellement peur de nous. Il gémit, terrorisé, en fermant les yeux quand Stéphanie s’arrêta à environ un mètre de lui. Elle se pencha au niveau du sol en enlevant son sac de voyage et en le posant à côté d’elle. Elle ouvrit l’une de ses poches, le pokémon crispa tous ses muscles, apeuré par ce qu’il pensait qu’elle allait lui faire.

Elle sortit un petit contenant, il contenait de la nourriture de Célesta qu’elle gardait depuis que l'on était parties. Elle l’ouvrit doucement et tendit le bras vers le pokémon en attendant une réaction de sa part. Après un moment, il se risqua à ouvrir les yeux. Il regarda Stéphanie puis ce qu’elle lui tendait, il étira doucement la tête en reniflant. Je le sentis surpris par l’odeur puis Stéphanie s’avança doucement vers lui.

- C’est pour toi. Dit-elle doucement en le voyant paniquer, qu’elle s’approche de lui. Elle déposa la nourriture un peu plus loin devant lui et se recula pour attendre qu’il la mange.

Il hésita longtemps, mais l’odeur de la nourriture l’envoûtait. Il la regardait avec insistance et se léchait même les lèvres. Il regarda Stéphanie qui lui fit signe d’aller manger, il essaya de se lever une fois de plus, mais ses blessures l’empêchèrent. Gabrielle s’approcha de lui et lui donna le contenant de nourriture juste devant son museau et recula rapidement pour ne pas l'apeurer plus.

Il observa les trois devant lui avant de me regarder. Quand il croisa mon regard, il devint nerveux, il avait peur de moi. Stéphanie me regarda aussi avant de reporter son attention sur le pokémon électrique. Il se pencha finalement, toujours attiré par l’odeur, il la renifla un coup puis sourit en dévorant son contenu. En quelques secondes, il avait complètement vidé et s'acharnait à licher le fond et les rebords pour ne laisser aucune trace de nourriture. Je me dis qu’il avait sûrement dû passer près de mourir de faim dans le passé pour réagir aussi extrêmement avec de la nourriture, que ce soit pour la protéger ou la manger.

Stéphanie l'observa, amusée de le voir se battre pour manger les dernières miettes de nourriture avec le museau complètement dans le petit contenant. Il continua de lécher le contenant encore une minute quand Stéphanie décida de lui enlever, il émit un son plaintif comme s’il n’avait pas fini de manger.

- C’était bon ?

- Je n’ai jamais mangé quelque chose d’aussi bon ! Lança-t-il heureux. Tu en as d’autres ? Demanda-t-il excité par l’idée.

- C’était pour m’excuser de t’avoir fait peur, je ne voulais pas te voler tes baies. Elle le regarda un moment avant de tourner la tête vers moi. Peux-tu le soigner ? Je soupirai, les humains étaient tous pareils, inconscients !

- Il vient de t’attaquer et tu veux que je le soigne ? Je dis mécontent.

- Il est blessé par notre faute. Si on le laisse comme ça, il ne s’en sortira sûrement pas. Je grognai, elle avait raison. Il n’arrivait même pas à se lever, si on partait il allait sans aucun doute mourir soit de faim, soit par un autre pokémon qui voudrait avoir sa nourriture.

- D’accord. Je dis doucement. quand je m’approchai du pokémon, il avait toujours aussi peur de moi.


- Il a beaucoup de blessures internes et des os brisés, je ne peux pas faire grand-chose. Je dis par télépathie.

- Tu peux l’aider ? demanda Gabrielle inquiète.

- Je vais lui faire un bandage pour qu’il ait moins mal, mais on va devoir s’occuper de lui le temps qu’il récupère. Je tendis la main vers lui quand je me penchai, il grogna contre moi apeuré. Je lui donnai un petit coup sec sur le museau.

- Reste calme ! Elle m’a demandé de te soigner alors sois content que je le fasse. Il détourna la tête, mais se laissa faire. Je lui caressai doucement la tête et le cou pour qu’il se détende. Avec l’aide de Stéphanie et beaucoup de grognements de sa part, je réussis finalement à terminer un bandage autour de son torse.

Il était maintenant capable de rester debout, mais incapable de marcher. Gabrielle l’aida à se coucher puis Stéphanie lui donna un fortifiant pour l’aider à guérir. Il fut moins enthousiasmé de le prendre par son goût atroce. Ce qui me surprit le plus, c’était qu’il se laissa manipuler sans trop de résistance. Comme dès le moment où Stéphanie lui avait donné de la nourriture, il était redevenu complètement docile.

Dans la soirée, il n’arrivait pas à dormir, il était très nerveux. Il regardait de tous les côtés et reniflait sans arrêt l’air, il avait vraiment peur qu’un pokémon vienne lui voler de la nourriture. Il finit par s’endormir, mais son sommeil était tellement léger que dès que quelqu’un bougeait, il se réveillait, surtout par moi qui ne dormais pas. D’un coup, je sentis la présence d’un pokémon qui s’approchait discrètement, le Dynavolt s’agita et essaya de se lever.

- Ce sont mes baies. Dit-il à travers la douleur qui le parcourait quand il s’écroula au sol. Je me levai et il me regarda.

- Repose-toi, je m’en occupe. Personne ne volera tes baies.

Je m’approchai du pokémon en question, c’était un Rattata qui se faufilait entre les racines pour s’approcher d’un petit buisson. Il remarqua ma présence et ne bougea plus, espérant que je ne le remarquais pas. Je formai une sphère d’eau et la lançai droit dans sa cachette et il fut éjecté en poussant un cri de surprise.

- Je te conseille de partir avant que je te blesse pour de vrai. Je lui dis à travers la voix de l’aura. Sans perdre un instant, il détala à toute vitesse. Je n’aimais pas cette idée de protéger sa nourriture de la sorte, mais dans ce monde… par ma faute… ce monde était devenu rude pour les pokémons. Il y avait parfois même pas assez de nourriture pour tous…

Je retournai au campement, le pokémon électrique était couché, mais me regarda revenir puis ferma les yeux. Il était beaucoup moins nerveux et s’endormit rapidement. Le reste du temps que nous passâmes à nous occuper de lui, j’utilisai mes pouvoirs pour garder les pokémons à distance. Nous restâmes deux jours avec le pokémon. Dès la première journée, il était capable de se déplacer doucement.

Il nous observa nous entraîner et surtout fut extrêmement curieux de voir Stéphanie préparer à manger. Je lui donnai quelques baies de ses arbres, mais quand il les mangeait, il ne semblait pas aimer. Chaque boucher, il avait de la difficulté à les manger, pourtant Stéphanie lui avait donné le même genre de baie et il avait vraiment aimé. Quand il mangeait ces baies, ses émotions étaient troublantes : la tristesse, le remords, la joie, la peur et même la colère et le dégoût de lui-même. Qu’est-ce qui s’était passé pour qu’il soit si tourmenté ?

Lorsqu’on lui parlait de ces baies et de cet endroit, son regard était terrifié et se refermait pour ne plus parler à personne, alors tout le monde évitait le sujet. À la fin du deuxième jour, je lui enlevais ses bandages, il avait encore mal, mais pouvait librement bouger.

- Tu ne peux toujours pas te battre, mais on restera la nuit ici et demain on repartira. Je lui dis en rangeant les bandages dans mon sac. Il semblait heureux d’être débarrassé des bandages.

- Dynavolt, viens par là. Je vais te brosser. Lui dit doucement Stéphanie en lui montrant la brosse. Il savait ce que c’était, elle avait brossé ses pokémons, et moi aussi, pendant notre séjour ici. Le pokémon s’approcha d’elle et s’assit en face d’elle, quand elle s’assit au sol.

- Tourne-toi. Dit-elle amusée, il se retourna nerveusement pour lui présenter son dos. Je crois que c’était la première fois qu’il faisait confiance à une autre personne, surtout après qu'on l' avait blessé gravement.

Il était très tendu et nerveux, il ne savait pas à quoi s’attendre de cette brosse, mais il nous avait vus apprécier l’opération. Elle commença doucement dans son cou en descendant le long de son dos, il fut agréablement surpris par la sensation puis émit quelques sons d’appréciation qui fit sourire Stéphanie. Quand elle termina avec lui, le pokémon regarda toutes les parties de son corps qu’il pouvait et était content d’être bien propre.

- Il y a une source d’eau pas très loin d’ici ? je lui demandai quand il termina de tourner en rond pour essayer de regarder son dos. Il s’arrêta net et me pointa une direction avec sa tête.

- Par là, pas très loin, il y a un petit étang d’eau. Beaucoup de pokémons y vont. Il me pointait le Nord-Est.

- On passera par là pour remplir nos bouteilles d’eau, sinon on risque d’en manquer avant d’arriver à la côte nord.

- Vous partez ?

- Nous sommes en voyage. Commenta Amélia amusée. On va vers le nord jusqu’à l’océan. Il me regarda surpris et je lui fis signe qu’elle avait raison.

- Stéphanie veut explorer le monde, alors on l’accompagne. J’ajoutai à son explication.

Gabrielle discuta avec le pokémon électrique pendant que je retournai m’entraîner avec Amélia. Elle ne faisait pas vraiment de progrès avec Queue de Fer. Je voyais qu’elle arrivait à l’activer plus facilement, mais était incapable de contrôler le poids de sa queue.

Après un moment, Gabrielle s’entraîna avec Rayon signal. Contrairement à Amélia, Gabrielle s’était améliorée, elle arrivait à propulser une fois sur trois un rayon d’énergie. Très peu puissant, mais c’était déjà un début. Du côté de Stéphanie, elle les encourageait comme elle le pouvait et passait maintenant des heures à étudier sur le pokédex. Je remarquai même qu’elle lisait de vieux articles de journal, de revue, et même je crois l’avoir déjà vu lire un livre. J’ignorais jusqu’où les fonctions et la mémoire du pokédex pouvaient aller, mais je savais qu’il avait une énorme quantité de données enregistrées dedans.

Ce fut finalement le moment de quitter notre petit ami électrique. Je sentais qu’il avait encore un peu mal aux côtes, mais tant qu’il se reposait et qu’il ne se battait pas, il ne risquait pas d’aggraver ses blessures.

- Ce fut un plaisir de rester un peu chez toi. Dit Stéphanie gentiment juste pour ne pas mentionner qu’on l’avait attaquée. Fais attention à toi.


Elle le salua puis nous reprîmes la route vers le nord, mais je sentais que le pokémon était mal à l’aise de nous laisser partir. Je me tournai vers lui, il était assis, mais il agitait les pattes de devant nerveusement puis il poussa un grand cri pour attirer notre attention.

Stéphanie se retourna surprise, puis le pokémon s’approcha d’elle. Il la regarda droit dans les yeux un moment puis se mit à pleurer.

- Je ne veux plus rester ici. Gémit-il. Je veux plus de ces baies ! Cria-t-il en détresse, Stéphanie se pencha vers lui et lui caressa la tête pour le réconforter. Elle avait compris ce qu’il lui demandait ?

- Je ne veux plus de tous ça ! Ajouta-t-il en pleurant contre la main de Stéphanie. Gabrielle et Amélia ne savaient pas trop comment réagir.

- Tu veux voyager avec nous ? demanda doucement Stéphanie. Une lueur d’espoir réveilla le pokémon électrique, il voulut répondre. Il était tellement content qu’elle lui demande qu’il pût simplement hocher la tête en gémissant. Elle sortit de son sac une nouvelle pokéball et la lui présenta.

- Ceci est une pokéball, ça va être la tienne, tu as qu’à la toucher si tu veux venir. Il la regarda incertain puis Gabrielle et Amélia l’encouragèrent et il décida de la toucher avec le bout de son nez. Il poussa un petit cri de surprise avant de disparaître dans la pokéball puis Stéphanie le fit réapparaître. Il était un peu dérouté par l’expérience.

- Bienvenu dans l’équipe ! Cria joyeusement Amélia en sautillant près de lui.

- Bienvenu. Répondit aussi Gabrielle avant de lui toucher doucement l’épaule. C’est spécial comme sensation, mais tu vas t’habituer. Dit-elle en désignant la pokéball.

- Et si on reprenait notre route. Je lançai avec amusement de la venue de notre nouveau compagnon, mais je savais qu’il aurait beaucoup de difficultés à s’adapter à cette nouvelle vie. Il se retourna une dernière fois pour observer sa maison, mais il n’avait aucun regret de la quitter. Même qu’il en était heureux et allégé d’un poids.

Stéphanie prit la tête de la marche avec Dynavolt, mais après quelques minutes de marche rapide je sentais qu’il se fatiguait à cause de ses côtes douloureuses. J’avertis discrètement Stéphanie de ralentir le pas puis nous marchâmes environ une heure jusqu’au point d’eau plus loin. Il était d’environ une vingtaine de mètres de diamètre, mais il semblait très profond. Je sentais la présence de pokémon Eau dans le fond de l’eau, même qu'ils circulaient en dessous de nous. sans doute dans une sorte de canal pour l’eau. L’eau était potable, mais il y avait beaucoup d’algues et de plantes qui flottaient.

J’étais certain qu’elle était bonne à boire pour les pokémons, mais pas pour Stéphanie. Elle risquait de tomber malade à boire cette eau. Pendant que ses pokémons se désaltéraient dans le petit étang, je désignai le sac à dos de Stéphanie qu’elle venait de déposer au sol.

- Tu as une pompe avec un filtre dans ton sac, on va l'utiliser pour remplir tes bouteilles d’eau.

- Laisse-moi le temps de le trouver. Quand elle le trouva finalement, elle me le donna et je lui montrai comment l’utiliser.

- Qu’est-ce que c’est ? demanda Gabrielle en nous observant.

- C’est un filtre pour purifier l’eau.

- Pourquoi ? demanda le Dynavolt. L’eau est très bonne, je viens tous les jours boire ici.

- Oui, oui. Je lui dis amusé. C’est que Stéphanie a commencé son voyage il y a peu de temps, son corps n'est pas encore habitué aux bactéries que cette eau peut contenir. Elle risque de tomber malade, rien de grave, mais ça ne sera pas drôle pour elle.

- C’est quoi une bactérie ? demanda le Dynavolt.

- C’est difficile à expliquer simplement, c’est une chose vivante tellement petite qu’on ne la voit pas, puis il en existe des milliards d’espèces, mais la majorité n’est pas dangereuse. Nos corps en ont besoin de certains… hmmm… disons que normalement ton système combat les mauvaises, mais le corps de Stéphanie n’est pas encore habitué à combattre ceux de cette eau et risque de tomber malade à cause de ça.

- C’est compliqué. Dit-il découragé de mon explication, Je ris doucement.

- Comment ça fonctionne ? continua Gabrielle curieuse, en désignant le filtre.

- L’eau entre par ce tuyau et remonte jusqu’au filtre ici. Je lui dis en désignant les différents objets. Il traverse le filtre pour être nettoyé puis ressort par ce tuyau pour remplir les bouteilles.

- C’est simple, mais pour le concevoir les humains ont dû travailler longtemps. Beaucoup de technologies qu’ils ont créées rendent la vie des gens bien plus facile.

- Je suis prête ! lança Stéphanie en désignant toutes les bouteilles d’eau prêtes à être remplies. Je plaçai l’extrémité dans l’eau puis tendis le filtre à Gabrielle.

- Tu veux essayer ?

- D’accord. Dit-elle contente de se rendre utile.

- Tu as juste à tirer sur cette poignée puis à la pousser de nouveau vers le bas. Ça lui prit quelques essais pour comprendre comment faire, puis elle actionna la pompe jusqu’à temps qu'elle ait rempli toutes les bouteilles d’eau et un grand bol pour que Stéphanie puisse immédiatement boire.

Pendant qu’elle rangea le matériel, j’explorai les alentours pour trouver de quoi manger. Avec la venue de notre nouveau compagnon, les réserves de nourriture allaient s’épuiser plus rapidement. Je ramassai plusieurs plantes et racines qui serviraient pour faire une soupe avant de retourner voir Stéphanie.

- Tu devrais te reposer dans ta pokéball. Je dis doucement au Dynavolt qui semblait déjà épuisé de marcher avec la douleur. Il hésita.

- Je veux bien aussi me reposer. Lança Amélia pour encourager son compagnon à se reposer, puis il accepta d’aller se reposer dans sa pokéball.

Nous marchâmes toujours vers le nord, Stéphanie me posait des centaines de questions sur toutes sortes de sujets. J’essayai de lui répondre du mieux que je pouvais, mais malgré tout mes connaissances, elles n’étaient pas infinies. Je finissais toujours par lui dire, tu devrais le demander à telle ou telle personne pour en savoir plus.

Pendant le repas Dynavolt ne tenait pas en place et se plaignait d’avoir faim. Dès qu’il eut son bol devant lui, il le dévora en quelques secondes puis passait le reste du temps à licher chaque recoin de son bol.

Stéphanie observa avec amusement son nouveau pokémon se battre avec son bol puis alla lui enlever avant qu’il ne le brise. Il émit un son plaintif pour signifier qu’il n’avait pas fini de manger alors que son bol était vide et nettoyé depuis un moment.

- J’ai réfléchi à quelque chose. Dit-elle à son pokémon.

- Tu as pensé à quoi ? Demanda-t-il intéressé. Ce qui m'amusa, c’est qu’il avait encore du mal avec le concept qu’elle ne le comprenait pas.

- J’ai pensé que tu aimerais avoir ton propre nom, comme Gabrielle et Amélia. Il poussa un cri d’excitation, on lui avait parlé de ce qu’un nom signifiait et il l’avait compris. Un nouveau nom, une nouvelle vie.

- Que penses-tu d’Éric ? demanda-t-elle amusée de sa réaction. Il la regarda et poussa un cri de joie en sautillant autour d'elle, tellement il était content. Ce qui fit rire tout le monde. Étrangement, je sentais que c’était bien plus pour lui, comme s’il pouvait enfin oublier son ancienne vie qui le tourmentait.

Il vint me voir pour présenter son nouveau nom, ce qui m’amusa, car je l’avais entendu. Je le félicitai puis il s’amusa avec Amélia à se poursuivre et faire des courses autour du campement. Éric montra ses techniques à Stéphanie; Tonnerre, Morsure et même Hurlement.

La journée suivante, je repris l’entraînement de course d’Amélia, mais cette fois accompagné par Éric qui aimait bien notre petit jeu… du moins pour lui. Amélia, elle ne trouvait pas ‘ce jeu’ si amusant vu qu’il était beaucoup plus rapide et fort qu’elle. Quand je m’arrêtais, il était à peine épuisé alors que l’Évoli s’écroulait au sol à bout de forces.

- Comment vous faites… pour courir aussi vite ? se lamenta Amélia.

- Tu t’es déjà amélioré depuis le début. Je lui dis amusé pour la motiver. Et toi, Éric, tu es vraiment impressionnant. Il aimait que je le félicite et le compliment sur ce qu’il faisait, mais n’appréciait pas vraiment les critiques.

- Tu veux faire un combat en attendant qu'Amélia se repose ? Je lui proposai, il aimait aussi les combats. Il se plaça en position de combat.

- C’est parti ! Dit-il avant de m’attaquer en essayant de me mordre une jambe. Je pivotai rapidement sur moi pour l’éviter et lui donner un coup de pied sur la jambe arrière en riant.

- Doucement, tu n’es pas complètement remis de tes blessures. Attaque-moi avec tes éclairs, essaie de me toucher. Je lui lançai en provocation en m’éloignant. Il m’attaqua avec ses éclairs comme je lui avais demandé. Elles étaient beaucoup plus puissantes et rapides que celle de Gabrielle. Je devais me concentrer pour ne pas me faire frapper par l’une d’elles.

Amélia nous observa, impressionnée par la puissance de leur nouveau compagnon. Je sentis la colère de son impuissance, mais aussi un fort désir de devenir bien plus puissante. Quand Amélia récupéra assez d’énergie, j’arrêtai mon combat avec Éric et nous repartîmes voir Stéphanie à la course.

Deux jours passèrent pour traverser une autre plaine. Éric s’amusait énormément quand il s’entraînait avec Amélia, mais elle, elle le voyait différemment. Elle voulait se surpasser, devenir plus forte que lui, un rival ! C’était une bonne chose pour elle. À peine deux jours, je voyais de grands progrès, surtout dans sa motivation et sa détermination à devenir plus forte.

Pendant qu’on traversait la forêt, Éric s’arrêta net en reniflant l’air, il n’était pas inquiet, mais content de l’odeur.

- Qu’est-ce qu’il a je lui demandai. Il ferma les yeux et renifla l’air encore une fois.

- Ça sens bon. Dit-il enjoué. Je levai la tête pour sentir l’air. L’odeur était agréable, sucrée et douce. Je connaissais cette odeur, il y avait bien longtemps que je ne l’avais pas sentie.

- Du miel d’Apritini ! Je criai presque, ce qui fit sursauter Stéphanie.

- Qu’est-ce qui se passe ? demanda l'humaine, paniquée par le cri.

- J’ai dit que ça sent le miel d’Apritini. Je dis content, il était tellement bon, mais devenu rare depuis que les humains ne vivaient plus avec les pokémons.

- Du miel d’Apritini ?

Je réfléchis rapidement comment lui expliquer.

- Les Apitrini sont des pokémons qui récupèrent le nectar des fleurs pour fabriquer du miel, c’est de la nourriture sucrée et vraiment bonne. Au mot nourriture, Éric s’agita excité, puis tourna autour de Stéphanie.

- Je veux en manger ! On peut en manger ? Stéphanie, je veux en manger! s'écria Éric.

- Du calme Éric ! dit-elle pour le calmer puis me regarda. Tu crois qu’on peut ?

- À l’époque, ils donnaient souvent leur miel en trop à tout le monde, mais dans cette région… et maintenant... je ne sais pas. La seule façon de le savoir, c’est d’aller les voir. Éric poussa un grand cri de joie à l’idée de manger ce miel, Gabrielle approuva avec enthousiasme l’idée. Stéphanie fit sortir Amélia de sa pokéball et lui expliqua la situation.

Nous marchâmes vers la source de l’odeur, le vent changea de direction, mais ce n’était pas grave. Je sentais la présence de beaucoup de pokémons un peu plus loin dans la direction vers laquelle on marchait. Entre les arbres, j’apercevais que la forêt coupait net pour laisser place à une grande zone déboisée.

Je forçai l’arrêt au petit groupe sous les derniers arbres, la plaine était complètement dégagée, sauf quelques arbres à fruits qui poussaient à quelques endroits. Près de nous, il y avait un arbre qui avait été coupé et tailladé en petits et très fins morceaux de bois. Au centre de cet énorme espace rempli de fleurs de toutes les couleurs, il y avait la ruche en question dont le centre était un arbre gigantesque qui surplombait tous les autres.

La ruche était impressionnante, elle touchait le sol de l’arbre avec une grande entrée pour les pokémons, puis remontait jusqu’aux deux tiers de l’arbre. Je savais que ce style de ruche était aussi grand à la surface que sous terre. En général, la nourriture et les œufs étaient conservés dans les sous-sols et l’Apirein et les Apitrini vivaient vers le sommet de la ruche. De nombreux pokémons insectes circulaient par les orifices dans toute la ruche, mais d’autres pokémons sortaient et rentraient par la porte principale.

Sur la lisière de la forêt en face de nous des pokémons apparaissaient les bras charger de baies. Les Apitrini leur barrèrent la route avant de les laisser passer vers l’entrée de leur ruche, mais certains se faisaient violemment repousser par leur attaque tornade.

- Qu’est-ce qui passe ? Demanda Stéphanie qui venait de voir un Keunotor de faire attaquer par les pokémons insectes.

- Je crois comprendre. Je dis doucement. Les Apitrini partagent leur miel en échange de nourriture. Je dis en montrant un Queulorior se faire laisser le passage près de nous par le groupe d’Apitrini. S’ils jugent que tu n’en apportes pas assez, ils te refusent le passage.

- Mais…

- Mais dans cette région la nourriture est plus rare. Je lui lançai en la coupant.

- Pourquoi ils font ça ? demanda Gabrielle.

- Disons c’est comme aller manger au restaurant. Ils me regardèrent tout confus. Pardon, j’avais oublié… enfin c’est un endroit où les gens te servent des plats de nourriture vraiment bonne contre de l’argent. Ici, c'est un repas de miel contre des baies.

- On peut en avoir ? Supplia Éric à Stéphanie. Elle me regarda.

- Ça vaut vraiment le coup de goûter ce miel. Je lui dis en souriant. C’est vraiment délicieux.

- Mais je ne crois pas avoir assez de baies pour payer pour nous tous. Dit-elle déçu, je soupirai en réfléchissant.

- Je crois que j’ai une idée, mais laissez-moi parler. Ils approuvèrent tous puis on s’avança dans la plaine. À peine quelques mètres de faits qu’une armée d’Apitrini nous barra la route en bourdonnant agressivement.

- STopzz … raisonzzz. Lançait un des Apitrini, il semblait pas très bien parler.

- J’aimerais voir votre reine. Je dis poliment et doucement. Ils s’agitèrent en faisant un puissant bourdonnement, Amélia et Gabrielle se cachèrent derrière Stéphanie alors qu’Éric se plaça derrière moi.

- Nonzz… Répondit sèchement le pokémon.

- Je viens de Célesta, la toute dernière ville construite avec les hommes, et elle, c’est une humaine.

- Huzzzmain ? S’écrit-il dans un bourdonnement. Immédiatement tous les autres émirent des bourdonnements que je ne comprenais pas.

- Elle aimerait rencontrer votre reine. Les bourdonnements se firent plus intenses comme s’ils se disputaient puis deux d’entre eux partirent à toute vitesse vers la ruche.

- Attendrezzz… Icizzz.. Je hochai la tête pour lui dire que j’attendrais, mais ça ne prit pas longtemps que les messagers revinrent à toute vitesse. Ils échangèrent rapidement des paroles en bourdonnant.

- Entrézzz… Reine Attendrezzz. Dit-il en nous laissant un chemin entre eux.

- Qu’est-ce que tu leur as dit ? demanda Stéphanie un peu inquiète.

- Je leur ai dit que tu voulais rencontrer leur reine. Je lui dis par télépathie discrètement.

- Quoi, je vais vraiment la rencontrer ?

- Soit très polie et ne fais pas trop de gestes brusques, ils sont très protecteurs avec leur reine. Je dis de vive voix.

- Pourquoi. Demanda Amélia.

- C’est la seule femelle de leur colonie, si elle meurt tous les Apitrini vont mourir. Stéphanie fut surprise et regarda les pokémons voler autour de nous pour nous escorter.

Nous rentrâmes par la porte principale, elle était bien plus grande que je le pensais, les plus grands pokémons pouvaient rentrer sans problème. Les murs et le plancher étaient faits d’une sorte de résine beige et orange aussi dure que du bois. On marcha dans un corridor avant de tomber sur une énorme salle où tous les pokémons était ressembler.

Près de l’entrée, il y avait l’énorme pile de baies, de racines et de plantes que les pokémons avaient données et tous étaient assis sur le sol en groupe ou seuls. L’ambiance me faisait penser aux salles communes pour manger à Célesta, tout le monde parlait, riait en mangeant.

Les Apitrini apportaient de grands bols remplis de fruits et de baies couverts de miel aux pokémon présents. C’était incroyable, il y avait toutes les sortes de pokémon, de toutes les grandeurs et de types réunis.

- Icizzz… lança notre guide pour aller vers un autre corridor à notre droite. Je dus pousser Éric pour le faire avancer.

À l’entrée de ce corridor, des dizaines d’Apitrini bloquaient le chemin, mais bougèrent pour nous laisser passer. Le chemin se mit à monter puis à tourner autour de l’arbre avant d’arriver tout en haut dans une immense pièce.

Il y avait une multitude de couloirs dans tous les sens, c'étaient sans doute les chambres et les sorties pour les Apitrini. De nombreux pokémons circulaient d’un couloir à un autre, sauf dans celui où notre guide nous conduisit. En regardant plus attentivement, il était plus grand que les autres. Nous marchèrent un moment puis arrivèrent de nouveau dans une salle fortement gardée. La Reine était devant nous, de l’autre côté, assise sur une sorte de trône.

Je devançai Stéphanie et ses pokémons puis je m’arrêtai devant elle à quelques mètres avant de m’incliner doucement.

- Ma reine, je suis content que vous ayez accepté de nous rencontrer. Immédiatement Stéphanie m’imita et ses pokémons aussi. Elle émit un son amical puis je me relevai. Elle émit plusieurs bourdonnements et sons que je ne compris pas du tout sauf les mots Lucario et humain.

- Hee… je suis désolé, je n’ai vraiment pas compris. Elle émit d’autres sons qui semblaient être une question.

- Je suis sincèrement désolé, je ne comprends pas ce que vous me dites. Je dis gêné de ne pas comprendre ce qu’elle me disait, j’espérais seulement de ne pas l’offenser. Elle me regarda un moment puis hocha la tête, elle leva la main et émit quelques sons puis deux Apitrini partirent rapidement dans un des couloirs derrière elle et revinrent rapidement l’air désolé. Elle émit un autre son autoritaire puis plusieurs Apitrini partirent vers l'entrée.

- Qu’est-ce qu’ils font ? Me demanda Stéphanie à voix basse.

- Je ne sais pas trop je ne comprends pas ce qu’elle dit, elle a demandé quelque chose aux Apitrini et ils sont partis.

- On fait quoi ?

- On attend. Je dis un peu inquiet. Moi non plus je ne savais pas comment réagir, mais personne ne semblait agressif, surtout que la reine semblait heureuse de nous voir malgré son air sévère.

J’en profitais pour observer les Apitrinis dans la pièce, il y avait beaucoup de gardes autour de la pièce et plusieurs près de la porte, mais ce qui me surprenait le plus c’était une deuxième Apireine qui flottait derrière celle qui commandait. C’était sans doute sa fille et elle allait sûrement bientôt partir former sa propre ruche. Il y avait aussi une autre Apitrini qui attirait mon attention près de la Apireine, une autre femelle.

Trois ! C’était déjà impressionnant d’en voir deux dans le même endroit alors trois ! J’observai la plus vieille. Elle était déjà dans un âge avancé, beaucoup plus que ce à quoi leur espèce était habituée. J’imagine que la plus jeune la remplacerait dans cette ruche et l’autre Apireine partirait pour fonder la sienne. Il y eut de l’agitation derrière nous dans l’entrée, un bourdonnement différent des Apitrini. Je me retournai pour regarder en même temps que les autres dans la pièce.

C’était un Cizayox, son aura était impressionnante. Il nous contourna pour s’approcher de l’Apireine, il la salua doucement et elle lui sourit. Je connaissais ce regard et cette sensation, ils étaient amoureux l'un de l’autre. Il se plaça près d’elle en nous regardant.

- Bonjours, je suis Cizayox, ma reine ne connaît pas la langue des autres pokémons seulement celle des pokémons insectes.

- Comment ça ? Je demandai confus. Les pokémons insectes ont toujours parlé la même langue que les autres pokémons. Il hocha la tête doucement.

- Oui et non, c’est une très vieille langue, bien avant que les humains vivent partout. Les Apitrini et Apireine vivaient plus isolés avant et communiquaient que par ce langage. Nous, pokémon insectes, on le connaît instinctivement, mais nous communiquons avec les autres pokémons.

- Depuis que les humains ont disparu, ma reine et beaucoup d’autres Apitrinis n’ont pas de contact avec l’extérieur et n’ont pas réellement appris à communiquer.

- Cela expliquait pourquoi les Apitrini que nous avons rencontrés ne parlaient pas beaucoup et avec difficulté, mais j’ai du mal à concevoir une langue que les autres ne puissent comprendre.

- C’est parce que vous n’attendez pas tous les sons, cette langue utilise des sons que seuls les pokémons insectes entendent.

- Les ultrasons… je dis doucement.

- Pardon ? Je secouai la tête.

- Non c’est rien, je voulais présenter Stéphanie à votre reine. Elle vient de commencer un voyage autour du monde pour connaître les pokémons.

- Vous pouvez lui parler, directement elle vous comprend, mais ne sait pas s'exprimer autrement que dans sa langue.

- Pardon. Je dis à la reine en m’inclinant doucement. Elle secoua la tête et désigna Stéphanie.

- Elle aimerait voir l’humaine de plus près. Dit-il et je répétai les paroles à Stéphanie. Elle s’avança à un mètre de la Apireine.

- Enchanté. Elle émit un bourdonnement amusé.

- Elle vous souhaite la bienvenue chez elle. Elle émit d’autres sons en regardant Stéphanie puis tourna la tête vers son mari. Elle dit que c’est la première fois qu’elle voit un humain et vous imaginait bien plus grand. Je ris doucement avant de répéter à Stéphanie.

- Je vous trouve magnifique, et votre maison est incroyable. Dit-elle en regardant autour d’elle. La reine émit une sorte de rire avec quelques bourdonnements.

- Elle vous remercie. Elle fit signe de la tête à Stéphanie pour qu’elle recule et me cède la place.

- Elle demande pour qu’elle autre raison un Lucario de Célesta est venu lui rendre visite.

- Vous connaissez Célesta ? La reine hocha la tête.

- Quand elle était petite, sa mère avait des relations avec Célesta, mais la guerre a éclaté et elle a perdu contact avec cette ville. Elle émit d’autres bourdonnements qui surprirent le Cizayox.

- Qu’elle aurait aimé visiter cette merveille, mais n’a jamais pu.

- Vous pouvez toujours. Dit doucement Stéphanie. Célesta existe toujours. La reine sourit à son commentaire, mais secoua doucement la tête en parlant doucement.

- Une fois reine d’une ruche, elle ne peut plus la quitter avant sa mort. Dit-il tristement. Mais, elle apprécie votre proposition. Elle porta son attention sur moi.

- Je pensais renouer votre demeure avec Célesta. Je déclarai avec détermination. Tout le monde dans la salle réagit avec surprise, sauf la reine. elle était bien plus intelligente qu'elle ne le laissait paraître.

- Que proposes-tu ? Dit-elle sérieusement.

- Célesta a une très grande source de plantes, de fleurs et de baies qu’on peut échanger contre du miel. Je vous propose aussi le soutien de la technologie des humains et de leur médecine pour votre peuple et les pokémons de la région.


Elle ne répondit pas, mais je la sentais réfléchir, mais une inquiétude autre que notre discussion la tourmentait depuis que je l’avais croisée, encore plus quand la jeune Apireine l’avait rejointe.

- Les connaissances de Célesta peuvent assurer de trouver un endroit pour votre fille. Cette fois elle fut surprise. Nous pouvons parcourir le monde en peu de temps et trouver un endroit pour qu’elle s’installe sans le moindre risque.

Le Cyzayox se tourna vers elle et murmura quelque chose que je ne compris pas. Je sentais qu’il voulait qu’elle accepte ma proposition, il était tout de même son père aussi. Elle émit plusieurs bourdonnements sévères et autoritaires.

- Elle demande si c’est vraiment vrai et non un mensonge pour avoir du miel.

- Célesta peut le faire. intervint Stéphanie. J’ai vu la technologie, j’ai moi-même une carte du monde, ils peuvent trouver un endroit pour votre fille. La reine émit un son mécontent de son intervention.

- J’apprécie ton aide, Stéphanie, mais cela concerne Célesta, j’aimerais que tu me laisses parler. Je lui dis par télépathie puis elle s’excusa.

- Je vous propose d’envoyer quelques représentants de votre ruche à Célesta. Avec leur aide, on trouvera un endroit parfait pour établir une nouvelle colonie. La reine regarda son mari qui hocha la tête puis appela sa fille qui se présenta près d’elle et échangea un moment des paroles et revint sur moi.

- J’accepte d’échanger du miel avec Célesta à partir du moment où ma fille établira sa ruche. D’ici là vous devrez attendre.

- Ça va de soi. Je dis en la remerciant. Puis-je appeler quelqu’un pour s’occuper de faire contact avec vous ? Comme vous pouvez le voir, j’accompagne Stéphanie dans son voyage, je ne pourrai pas traiter avec vous en même temps.

Elle hocha la tête puis je reculai de quelques pas pour appeler Gardevoir avec mon bracelet. Il apparut devant moi, content que je l’appelle.

- Salut ! Il regarda autour de lui. Mais, où est-ce que tu m’as appelé ? Il remarqua l’Apireine près de lui.

- Tu es dans une ruche d’Apitrini. Je dis doucement.

- Enchanté. Dit-il rapidement à la reine. C’est la première fois que je rencontre une Apireine. La reine répondit quelque chose d'amusé.

- Elle dit que c’est la première fois qu’elle voit un Gardevoir. Gardevoir rit doucement puis salua les pokémons de Stéphanie avant de se tourner vers moi.

- Pourquoi tu m’as appelé ?

- Apireine est d’accord pour nous donner du miel si on l’aide en retour.

- Quelle sorte d’aide ?

- Trouver un endroit pour établir une nouvelle ruche pour sa fille. Je dis en désignant l’Apireine près de la reine.

- Et moi ? demandait-il intrigué.

- J’aimerais que tu demandes à Jasper de venir et que tu avertisses mon père pour ce projet. Il hocha la tête en souriant.

- Du miel d'Apitrini ! Ça fait tellement longtemps que je n’en ai pas goutté. Dit-il amusé avant de disparaître.

- J’ai faim ! Lança Éric, depuis qu’on était rentré dans la ruche, l’odeur du miel était partout. Elle me donnait aussi faim que pour Éric.

- Éric surveille ce que tu dis. Commenta Gabrielle.

- Mais j’ai faim. Répliqua-t-il désespéré.

- Attend un peu Éric. Dit Stéphanie avant de regarder la reine amusée par Éric. Pardonnez-le, à la base nous étions venus goûter votre miel, j’ai entendu dire que c’était un vrai délice. Apireine émit plusieurs sons, son mari approuva d’un geste de la tête avant de nous traduire.

- Elle dit que tu ne te trompes pas, il n’a pas de miel meilleur que celui que nous fabriquons et elle…

- Salut ! Hurla Jasper en apparaissant devant moi. Tout le monde sursauta et il se mit à rire. Il n’avait pas mis beaucoup de temps à venir. Je fis rapidement signe de rester calme aux Apitrini paniqués par son apparition. Il regarda tout le monde amusé puis s’avança vers l’Apireine et s’inclina doucement en flottant dans les airs.

- Enchanté, je suis Jasper. Elle émit quelques sons sévères. Ne dites pas ça, c’était pour s’amuser. Dit-il en tournant sur lui-même en riant.

- Tu comprends ce qu’elle dit ? Je demandai surpris.

- Bien sûr ! Répondit-il comme une évidence. Il eut un moment de silence puis la reine reprit la parole.

- Hee. Oui pardon. Commença le Cizayox. Apireine aimerait partager le repas avec vous, vous aurez droit à autant de miel que vous voulez, c’est pour fêter notre accord, mais aussi qu’il est rare de voir un humain. Tout le monde poussa des cris de joie.

- Super ! J’ai hâte d’y goûter. S’exclama Stéphanie.

- Qu’est-ce qui ne va pas, Isaac ? Demanda Jasper en tournant autour de moi.

- Ne le prenez pas mal, mais j’aurais préféré manger avec les pokémons en bas. Pour apprendre plus sur les pokémons, j’aurais préféré qu’elle prenne contact avec le plus d’espèces différentes possible.


La reine m’observa, je ne savais pas si je l’avais offensée ou si elle ne faisait que réfléchir, elle finit par tourner la tête vers le Cizayox pour lui parler.

- Tu es certaine ? Elle fit oui de la tête puis il hésita à nous parler.

- Elle comprend l’importance de son voyage pokémon. Commença-t-il, mais je me demandais comment elle savait pour les voyages pokémon. Elle a ajouté que c’est un honneur de recevoir une humaine chez elle et qu’elle est contente de pouvoir lui offrir une opportunité de rencontrer d’autres pokémons. Elle émit un bourdonnement amusé qui fit sourire son mari.

- Puis ajoute qu’elle n’avait de toute façon pas très faim.

- Merci, de nous accueillir. Je lui dis en m’inclinant.

- Merci. Dit Stéphanie en s’inclinant doucement devant l’Apireine, qu'elle salua d’un hochement de tête. Quand nous nous retournâmes pour partir, Jasper passa devant.

- Je vais rester avec Apireine pour discuter de la marche à suivre pour trouver un endroit pour sa fille.

- D’accord tu vas venir manger avec nous ? Après ? Il se mit à rire puis hocha la tête avant de rejoindre les deux Apireines pour discuter avec elles.

- Par ici. Lança le Cizayox en nous montrant le chemin. Je vais manger quelque chose avec vous. On le suivit en silence et quand on commença à redescendre, Stéphanie questionna le pokémon insecte.

- Il n’y a vraiment qu’une seule femelle ?

- Apitrini et Apireine sont de la même espèce, seules les femelles peuvent évoluer en Apireine. Mais oui, il n'y en a qu’une par ruche, les autres sont ses filles qui vont la remplacer ou quitter la ruche pour s’établir dans une autre région.

- Tu es son partenaire ? Je lui demandai, même si je connaissais la réponse.

- Oui, je l’ai connu avant qu’elle bâtisse cette ruche. Je l’ai suivi dans cette région pour l’aider.

- Un instant ! Lança Gabrielle. Tous les Apitrini sont tes enfants? Il sourit à Gabrielle et hocha la tête.

- Oui, il a deux à trois Apitrini qui naissent tous les jours du printemps et durant l’été puis quand l’automne arrive les naissances se font moindres, puis en hiver aucune. Stéphanie était gênée, mais semblait vouloir poser une question.

- Tu as une question ? Je lui demandai, le Cizayox se tourna vers elle.

- Je me demandais… vu qu’il a des naissances tous les jours… c’est que vous … vous savez tous les jours ? Il fut amusé de sa remarque.

- Oui et non. Dit-il.

- Les Apireine peuvent… comment dire. Je commençai. Gardé… conserver la semence de leur partenaire plusieurs jours, voire plusieurs semaines, pour féconder leur œuf.

- Ça ne nous empêche pas de le faire régulièrement. Dit-il amusé et fièrement.

- Vous vous aimez tant que ça ? demanda Amélia.

- Je la protégerai et l’aimerai jusqu’à la fin. Dit-il déterminé, je sentais bien qu’il était heureux de parler de celle qu’il aime.

Il nous emmena dans la grande salle et l'on s’installa dans le centre. Tous les pokémons nous regardaient, ce qui rendit nerveuse Stéphanie. Le Cizayox poussa un son strident et tous les Apitrini s’immobilisèrent pour le regarder et les pokémons arrêtèrent de parler.

- Je suis heureux de vous présenter une invitée spéciale. Dit-il avec force pour que tous le monde l'entende. C’est une humaine et elle souhaite connaître le plus de choses sur notre monde, les pokémons. Ils se mirent tous à chuchoter puis le pokémon insecte fit signe à Stéphanie de se lever. Elle ne savait pas quoi faire ni quoi dire. Elle me regarda pour avoir de l’aide, je lui fis juste un signe de la tête en désignant les pokémons autour de nous.

- Salut… je suis contente de vous rencontrer. Je ne connais pas grand-chose à ce monde, mais j’aimerais en connaître plus sur vous, les pokémons. Je… Merci de m’aider.


J’avais déjà entendu de bien meilleurs discours, surtout venant de mon père. Tous les pokémons se regardèrent, ne comprenant pas trop de quoi elle parlait. Je me levai en prenant un morceau de baie dans un bol qu’un Apitrini transportait et la montrait bien haut dans les airs.

- Pour l’harmonie entre les pokémons et les humains. Je déclarai avec force.

- Pour les humains et les pokémons ! Hurlèrent les pokémons de Stéphanie.

- Pour les humains et les pokémons ! Hurlèrent les pokémons dans la salle avec force tous ensemble. Je mangeai le morceau que je tenais dans ma main et les pokémons m’imitèrent avant de pousser des cris et de reprendre leur discussion encore plus animée maintenant.

Les Apitrini nous apportèrent des bols remplis de morceaux de baie couverts de miel, c’était très collant, mais le goût était incroyable. Éric dévora son bol avec un enthousiasme que je n’avais jamais vu. Il poussa une multitude de cris tellement il aimait le goût puis en demanda un autre bol. Le Cizayox lui en redonna autant qu'il en voulut vu que nous étions les invités de l’Apireine. toutefois rendu à son troisième bol, Stéphanie dut intervenir.

- Tu en as mangé assez. Lui dit-elle en lui enlevait son bol vide qu’il lichait avec acharnement.

- Mais j’ai encore faim. Dit-il déçu.

- C’est ton troisième. Le réprimanda Stéphanie sans que j'aie besoin de lui dire ce qu’il avait dit. Apprends à contrôler ce que tu manges, sinon tu vas te rendre malade.

Éric déprima le reste de notre repas, sauf quand je lui donnai discrètement un morceau de baie avec du miel. Il avait le visage complètement recouvert de miel et passa le reste du repas à essayer de se nettoyer. Stéphanie le nettoya de même que pour Amélia qui s'était aussi sali.

Cizayox me parla de la région et des pokémons qui se trouvaient dans le coin, plusieurs pokémons vinrent voir Stéphanie avant de quitter la salle. Elle était vraiment contente que les pokémons viennent la voir pour lui parler. Manger ce miel me rappelait quand Kévin en avait volé un pot et du pain dans une réserve à Célesta, il était monté en haut de la tour pour me le donner. Il voulait me remonter le moral, ça avait marché, mais il s’était fait punir par mon père et par le cuisinier qui l’avait acheté.

La douleur à mon ventre revint, je n’entendais presque plus ce que Cixayox me disait à cause de ma respiration et du sang battant dans mes oreilles. Je devais me calmer, pourquoi repenser à Kévin m’affectait tant à ce moment-là ? Je fus sorti de mes tourments par Éric qui poussa discrètement ma jambe. Il me regarda rapidement pour voir si je le regardais puis fixait le morceau de baie que je tenais dans ma main. Il voulait l’avoir, je le lui tendis doucement et il me l’arracha des doigts avec sa langue et le mangea presque d’un coup.

À chaque fois, que j’avais un moment de bonheur avec eux, la douleur revenait. Je n’avais vraiment plus le droit d’être heureux, par ma faute tous les pokémons avaient perdu leur raison de vivre. Par ma faute, les humains avaient presque tout périent. Stéphanie se mit à rire, un Simularbre, voulu faire une acrobatie pour l’amuser, mais il avait frappé un Apitrini. J’aimais son rire, chaque fois que j’avais mal, son rire me rappelait pourquoi je voyageais avec elle. Elle était l’espoir de revoir les humains vivre avec les pokémons, elle était mon espoir de rédemption pour ce que j’avais causé.

J’essayai de penser à autre chose, de me concentrer sur ce que disait le pokémon insecte à côté de moi. Je donnai le fond de mon bol vide à Éric, mais Stéphanie lui enleva rapidement en me lançant un regard mauvais auquel je lui répondis par un sourire. Je laissai Stéphanie avec les pokémons pour aller parler avec Jasper. Il virevoltait sur place en parlant avec les deux Apireine puis se tourna vers moi en me saluant.

- Je peux te parler quelque instant.

- Bien sûr, je reviens dans un instant. Dit-il aux deux pokémons avant de s’éloigner d’elles avec moi. De quoi veux-tu me parler.

- De ce que tu as appris sur les Évoli. Il hocha la tête en souriant.

- J’ai examiné tous les Évoli, les plus vieux présentent une anomalie. Je ne sais pas trop quoi, mais elle a disparu avec leur enfant ou avec leur petit-enfant. Je crois que c’est la cause de la maladie, mais je ne suis pas certain.

- Pourquoi ?

- Je crois aussi qu’ils ont senti que quelque chose n’allait pas et la nature a essayé de rétablir pour sauver leurs espèces.

- Tu plaisantes ? Je dis dérouté par sa dernière théorie farfelue.

- Qui sait. Dit-il amusé de ma réaction. Une chose est sûre, c’est que les jeunes mâles ne présentaient pas de problème et que la dernière génération avait beaucoup plus de mâles que de femelles.

- Donc tous sont revenus à la normale ?

- Normale… dit-il tristement. Rien n’est normal depuis que les humains ont disparu. Isaac, ce n’est pas la première fois que je vois ce problème dans des populations et c’est la deuxième en trois ans dont j’entends parler de ce genre de chose.

Je touchai ma blessure au ventre qui me faisait souffrir de nouveau, Jasper toucha son ventre, sentait ma douleur. Je le remerciai puis salua les Apireine avant de repartir rejoindre Stéphanie. Elle m’attendait avant de partir. Pendant que je m'approchais d'elle, un Rattata déposa des baies dans le tas près de l'entrée avant de partir joyeusement s’asseoir avec d’autres pokémons. Cizayox nous proposa de remplir notre bouteille d’eau vide qu’on avait utilisée pour se nettoyer du miel collé à notre fourrure.

Nous remerciâmes Cizayox pour le repas puis Éric retourna dans sa pokéball. Il ne voulait pas partir, mais c’est surtout qu’il commençait d'avoir mal au ventre d’avoir autant mangé. Devant l'entrée, Stéphanie regarda un autre pokémon, un Germinion, entrer avec plusieurs baies dans sa feuille et une dans sa bouche. Près de la forêt, un Papylord fut repoussé par les Apitrini qui essayaient de passer.

- Pourquoi des pokémons doivent apporter plus de baies que d’autres. demanda-t-elle, je lui souris.

- À ton avis ? Je lui demandai, pour l’obliger à réfléchir sur la question. Elle prit un moment en marchant vers le nord avant de répondre.

- Je ne sais pas.

- Qu'est-ce qui nous différencie l'un de l’autre?

- Votre type. Je lui fis signe de continuer. Hee.. votre force, la forme de votre corps, votre taille…

- Voilà. Je lui lança content. Notre taille. Un petit pokémon va manger beaucoup moins qu’un grand pokémon. Il est tout à fait normal qu’il donne plus ou moins selon sa taille. La forme du pokémon aussi est importante. Regarde un Arcanin, ils sont grands et très forts, mais pour transporter des baies, il ne peut seulement les prendre dans sa bouche.

- Alors que moi, qui marche sur deux jambes, je peux transporter beaucoup plus de baies.

- C’est injuste de vous différencier de la sorte. Je regardai Amélia et Gabrielle qui comprenaient parfaitement ce que j’expliquais, mais pas leur dresseuse.

- Imagine que tous les pokémons doivent donner que quatre baies. Je lui dis doucement. Pour moi ce n’est pas difficile d’en trouver et de les transporter. Mais, un pokémon comme Amélia ou Éric qui ne peuvent pas trouver des baies aussi facilement que moi.

- Pourquoi ?

- Ils n’ont pas de main. Je lui dis en montrant mes mains, elle regarda Amélia un instant puis je continuai. Je peux facilement grimper dans un arbre pour prendre des baies, mais un pokémon quadrupède ne peut pas, ou du moins la plupart ne peuvent pas.

- Pour eux, avoir des baies dans un arbre, ils doivent utiliser une attaque pour les faire tomber. s’ils la ratent, ils peuvent endommager l’arbre ou la baie. Enfin, c’est ce qui est pour la morphologie.

- Pour moi transporter quatre baies, ce n’est rien, mais pour un pokémon de petite taille comme Amélia ou le Rattata qui était dans la ruche. Il est difficile d’en transporter plusieurs, ou ils sont tout simplement incapables de transporter les quatre demandés.

Elle ne répondit pas, j’ignorais si elle comprenait ou y réfléchissait toujours. Elle devait comprendre que pour les pokémons chacun était différent et qu’elle devait penser autrement quand c’était pour les pokémons. Pensé à leur taille variable, leur type, leur besoin, leur peur, ce qu’ils aimaient et ce qu’ils détestaient. C’était difficile pour les humains de tous comprendre cela, mais ceux qui y arrivaient pouvaient accomplir de grandes choses avec leurs pokémons.

Nous marchâmes un bon moment vers le nord jusqu’au souper du soir, mais tout le long du chemin je sentais un pokémon nous suivre. Il n’était pas agressif, mais nous suivait tous de même. Il volait entre les arbres pour ne pas se faire voir. Je me demandais vraiment ce qu’il nous voulait.

Il s’approcha un peu plus, mais lorsqu’il se posa dans un arbre, plusieurs Nirondelle décollèrent, surprises. Il se cacha, terrorisé par les pokémons. Stéphanie me pointa les trois pokémons vol passer au-dessus de nous, amusée. Le pokémon ne bougea pas d’un pouce pendant presque une heure, complètement immobile et terrorisé.

Discrètement, je fis le tour de l’arbre pour le voir, c’était un Papylord, cela expliquait sa peur extrême pour les pokémons vol. Il était entre deux branches d’arbre solidement attaché à l’une d’entre elles et tremblait de peur. Je ne le dérangeai pas, je me dis qu’il finirait par sortir de sa cachette et venir nous voir.

Il bougea enfin quand Stéphanie nous servit nos repas, elle servit une très petite portion à Éric qui avait encore un peu mal au ventre. Même s’il ne le disait pas, on voyait bien qu’il traînait de la patte et avait une tête à faire peur par la douleur. Malgré tout. Il engloutit sa portion en peu de temps et poussa un petit cri mécontent.

- J’ai encore faim. Dit-il mécontent quand Stéphanie le regarda.

- Tu as mangé comme quatre tout à l’heure, vas plutôt te reposer. Qu’elle lui répondit un peu sévèrement. Il ne répondit rien et alla s’écrouler sur la couverture près du sac de couchage de sa dresseuse.

- Il va bien ? demanda Amélia inquiète.

- Il a trop mangé. Je lui répondis en prenant une bouchée dans mon bol. Demain matin, il va crier qu’il a faim. Je tournai la tête vers le Papilord, il venait de se poser sur un arbre la tête vers le bas pour nous regarder.

- C’est quoi comme pokémon ? demanda Stéphanie en cherchant son pokédex.

- C’est un Papilord. Je lui répondis par télépathie. Elle se leva en regardant les informations sur son pokédex et le pokémon insecte reprit son envol et plana pour s’arrêter à un mètre de Stéphanie en vol stationnaire.

- Bonjour. Commença Stéphanie amicalement, le pokémon insecte lui répondit d’un geste de ses petits bras timidement.

- Je peux avoir votre miel ? Demanda-t-il nerveusement.

- Hors de question ! Je lui lançai mécontent, il recula d’un battement d’ailes puis s’agita nerveusement en marmonnant.

- J’en ai besoin.

- Qu’est-ce qui se passe? demanda Stéphanie.

- Il veut le miel d’Apitrini.

- Pourquoi ? Il ne répondit pas.

- On ne te donnera pas le miel, il a été donné à Stéphanie. On le donnera sûrement pas au premier inconnu. Répliqua Gabrielle mécontente. Elle se plaça entre lui et Stéphanie en émettant par moments des décharges à travers son corps pour mettre en garde le pokémon.

Il recula encore une fois, puis se mit à faire les cent battements d’ailes de gauche à droite nerveusement. Je ne savais pas pourquoi il voulait ce miel à tout prix, mais cela semblait vraiment important.

- Tu n’a qu’à aller voir les Apitrini pour en avoir. Lança Amélia joyeusement, il émit un bourdonnement nerveux.

- Je ne peux pas.

- Tu n’as qu’à récolter des baies. Je lui dis intrigué. Il secoua la tête. Pourquoi ?


Il ne répondit rien, mais resta là à nous observer nerveusement. Stéphanie me regarda pour comprendre ce qui se passait au lieu d’essayer de lui faire comprendre par des gestes, je lui résumai rapidement par télépathie. Elle s’approcha doucement du Papilord avec Gabrielle à ses côtés prête à attaquer.

- Pourquoi les Apitrini ne veulent pas te donner du miel ? D’un seul coup, il se détendit et battit doucement des ailes pour se maintenir en l’air en regardant le sol à côté de Stéphanie.

- Je leur aie volé du miel… dit-il honteux.

- Pourquoi tu veux du miel ? Je lui redemandai, il me regarda puis Stéphanie bougea la tête. Il se tourna vers elle. Elle hocha la tête et me regarda.

- Cheniselle… laissa-t-il échapper.

- Cheniselle. Je répéta à Stéphanie.

- C’est un pokémon ? je hochai la tête.

- C’est les femelles de son espèce. Je le regardai et détournai la tête, gêné. Elle t’a demandé de lui apporter du miel ? Il leva la tête vers moi avec énergie.

- Elle veut bien me donner une chance si je lui apporte du miel d’Apitrini. Dit-il heureux. J’ai vraiment besoin de ce miel. insista-t-il content, mais perdit le sourire en voyant mon air sévère.

- Dis-moi Papilord, elle savait que tu n’avais plus le droit d’approcher la ruche ? Il fut surpris puis hocha la tête doucement. Je secouai la tête, découragée.

- Tu ferais bien de l’oublier, elle a fait exprès pour se débarrasser de toi. Elle t’a bien eu.

- Ce n’est pas vrai ! Cria-t-il en colère contre moi. Cheniselle ne ferait pas ça. Dit-il plus doucement comme s’il venait d’avoir un doute. Amélia ne répondit rien, mais Gabrielle hocha la tête pour approuver ce que je disais.

- Non ! Elle m’a promis…

- Je suis désolée. Commença Gabrielle doucement. Je crois vraiment qu’elle t’a demandé quelque chose que tu ne pouvais pas faire pour ne plus te voir. Il se laissa tomber au sol. Stéphanie ne comprenait plus rien, je lui expliquai rapidement puis elle fut triste pour le pokémon.

Elle récupéra mon bol, qui restai encore quelques morceaux de baie. Je ne dis rien, de toute façon je n’avais pas faim. Elle sortit la bouteille avec le miel et en versa légèrement sur les baies avant de s’approcher du Papilord.

- Je suis désolé pour toi, tien mange ça. Ça va te redonner le moral. Lui dit-elle avec un sourire.

Il arrêta de pleurer en silence pour se redresser sur ses pattes arrière, elle déposa le bol devant lui. Le pokémon regarda les baies couvertes de miel avec intérêt, mais il n’avait vraiment pas l’esprit à manger ces douceurs. Stéphanie prit un morceau et le plaça près de sa bouche. Elle insista jusqu’à ce qu’il décide de manger, il aimait vraiment ce miel au point d’en voler, il fallait vraiment raffoler de ce sucre. Il était de nouveau heureux, mais quand il termina le bol, la mélancolie l’envahit de nouveau.

Je dis discrètement à Stéphanie de le prendre et comment le faire sans le blesser et elle le déposa sur une souche d’arbre non loin de nous. Elle lui parla de tout et de rien pendant qu’il était allongé sur le ventre, démoralisé. Les deux filles m’affrontèrent pour leur entraînement jusqu’à l’heure du coucher.

- Tu peux dormir ici cette nuit. Dit Stéphanie au pokémon insecte toujours triste. Isaac surveille les environs, aucun pokémon ne va venir nous déranger. Il tourna légèrement la tête vers moi et je lui fis signe de la main.

Quand tout le monde sauf le Papilord dormait, je m’installai près de lui contre un arbre. Il était toujours tourmenté par ce qu’on lui avait dit, mais il savait au fond que l'on avait raison et c’est ce qui l’énervait le plus.

- Que penses-tu de l’humaine ? Je lui demandai doucement puis quand il tourna la tête vers moi je pointai Stéphanie en répétant ma question.

- Je pensais que les humains étaient tous morts.

- Non, bannis, enfermés sur un territoire où les pokémons n’ont pas le droit d’aller et où les humains n’ont pas le droit de sortir.

- Elle est sortie ? Je hochai la tête.

- Disons que j’étais présent quand elle s’est fait attaquer par les pokémons qui gardaient la frontière. Je l’ai sauvé en prétendant la tuer puis je l’ai ramenée à Célesta.

- La ville des humains. Je ris doucement.

- Non, c’est une ville bâtie par les humains ET les pokémons. La dernière encore debout. Ils n’ont pas osé attaquer mon père et les Gardiens de l’aura.

- Les Gardiens de l’aura ? demanda-t-il intrigué.

- Avant l’exil des humains, c’était une organisation de dresseurs et de pokémons qui secourait, aidait et maintenait l’ordre dans le monde. Maintenant… ils ne restent qu’une poignée d’entre nous.

- Tu en fais partie ? Je hochai la tête en me souvenant des années passées à vivre avec les Gardiens de l’aura.

- Qu’est-ce que vous faites ? Demanda-t-il soudainement.

- Chez les Gardiens ?

- Non avec elle. Dit-il en désignant Stéphanie. Elle m’a dit que vous voyagez autour du monde.

- C’est vrai, faire un voyage pokémon comme elle le fait, c’est voyager autour du monde, mais ce n’est pas tout. Je marquai une pause. Tu sais à l’époque les jeunes pokémons essayaient d’impressionner les dresseurs et futurs dresseurs pour partir en voyage avec eux.

- Pourquoi ?

- Un voyage pokémon est bien plus que de voir le monde, c’est d’apprendre sur celui-ci, mais surtout sur nous-mêmes. On apprend qui nous sommes, nos forces comme nos faiblesses, on devient plus fort et on partage nos aventures avec les partenaires de notre équipe. Réaliser nos rêves! Il garda le silence.

- Présentement, on ne fait que voyager pour qu’elle apprenne plus sur les pokémons et le monde, mais ça ne nous empêche pas d’organiser des tournois ou des combats. C’est sûr que ça ne sera pas comme avant, mais on peut s’amuser tout de même. Il ne répondit toujours pas puis après un moment, je continuai.

- Si tu veux, je peux lui demander de t’amener avec nous. Il prit un instant avant de répondre.

- Je ne sais pas…

- C’est toi qui vois, si tu ne veux pas venir tu n'es pas obligé, mais… qu’est-ce qui te retient ici ? Qu’est-ce que tu veux faire de ta vie ? Reste à vivre au jour le jour ? Chercher à survivre ? Voyager avec les humains nous permet de nous faire imaginer de grand-chose, de voir nos rêves se réaliser.

Je le laissai réfléchir à tout ça, parler du voyage pokémon et des rêves me faisait atrocement souffrir. Je lui dis bonne nuit et partis plus loin avant de perdre complètement le contrôle. Je me laissai tomber contre un arbre en essayant de respirer calmement. Je n’aurais vraiment pas dû accepter de voyager avec elle, ça me faisait trop mal.

J’avais les mains qui tremblaient comme jamais, je n’arrivais même pas à invoquer une sphère d’aura pour m’aider à me calmer. Mes rêves… ils avaient tous disparu quand j’ai tué Ben. Alice, les concours, le maniement de la lame... Puis Solène et Kévin étaient partis aussi.

Je secouai avec force la tête, qu’est-ce qui me prenait de me lamenter de la sorte sur mon passé. C’était loin derrière moi, je devais me concentrer sur Stéphanie et ses pokémons. Qu’est-ce qu’on ferait une fois arrivés au nord du continent ? Partir vers l’est ? Non, on va rentrer à Célesta. Elle avait beaucoup de questions sur les pokémons auxquelles je ne pouvais pas répondre. En même temps, ses pokémons pourraient s’entraîner beaucoup mieux avec un expert que tous seuls.

La douleur avait presque disparu, je m’essuyai le visage avant de retourner au campement. Le Papilord dormait sur la souche d’arbre où je l’avais laissé, Stéphanie et ses pokémons dormaient profondément. Je m’installais au sol pour méditer et réfléchir plus sérieusement à ce que nous pourrions faire et où aller plus tard. Il y avait tellement de choses à voir et à faire que c’était difficile de décider, peut-être qu’il était temps de laisser Stéphanie décider maintenant.

Elle avait voyagé dans des forêts riches de nourriture, et aussi d’autres pauvres avec moi. Elle commençait à comprendre un peu plus la difficulté de vivre des pokémons ou plutôt de survivre.

Le lendemain, Éric réveilla le pokémon insecte pour manger. Stéphanie lui avait dit qu’elle attendrait qu’il se réveille pour préparer le repas, alors il avait décidé de le réveiller. Ce qui lui valut d’être chicanée et de manger le dernier, Stéphanie commençait à être plus autoritaire avec ses pokémons. C’était une bonne chose, savoir se faire respecter et écouter. Ben avait de la difficulté avec cela, mais il n’avait pas réellement une équipe désobéissante.

Des souvenirs de Ben sur notre groupe me revinrent en mémoire. Solène qui taquinait Kévin, Chléo et Kévin qui se chicanaient. Même moi qui refusais constamment de combattre Alice. Je souris à ses souvenirs puis terminai mon repas.

Éric se lamenta d’avoir faim tout le long de son attente, ce qui amusa le Papilord. Nous discutâmes de tout et de rien, surtout de la région par notre ami insecte.

- Tu vas faire quoi maintenant ? Demanda Amélia, il me regarda toujours incertain.

- Je ne sais pas, peut-être rentrer chez moi… L’idée de venir avec nous l’avait déstabilisé, mais c’était difficile de quitter sa maison et sa forêt natales pour voyager.

- Tu as pensé à ce que je t’ai parlé cette nuit ? Il hocha la tête doucement. Gabrielle se plaça entre nous deux et me regarda.

- Tu lui as parlé de quoi ?

- Lucario m’a parlé de partir avec vous. Éric et Amélia furent surpris et contents, mais Gabrielle semblait pas partager mon enthousiasme à cette idée.

- Ne m’appelle pas Lucario, j’ai un nom, Isaac. Je lui dis doucement, il ne réagit pas tout de suite puis hocha la tête. Quelque chose ne te plaît pas, Gabrielle ?

- Non, je serais contente s’il venait, mais… ce n’est pas à toi de décider quel pokémon peut venir avec Stéphanie. Je souris, elle avait raison.

- C’est vrai, je suis désolé.

- J’aimerais bien qu’il vienne avec nous. Lança Amélia contente. Il pourrait t’apprendre à utiliser Rayon signal.

- Je sais comment l’utiliser. Répliqua la pokémon électrique mécontente. Tu devrais penser à ta technique avant de dire que je ne suis pas capable d’utiliser la mienne. Dit-elle moqueuse.

- Je sais l’utiliser ! Elle marqua une pause. Mais je ne suis pas encore habitué, c’est tout.

- C’est bon, c’est bon vous deux. Je dis en riant. Vous avez tous les deux des progrès à faire avec vos techniques, c’est tout à fait normal quand on apprend une nouvelle attaque.

- Il vient ou pas ? demanda Éric.

- C’est à votre dresseuse de décider, puis c’est à Papilord de lui demander s’il veut venir ou pas. Déclara Gabrielle. Tout le monde le regarda, il était nerveux.

- Je ne crois pas. Dit-il maladroitement.

- C’est toi qui décides. Je lui dis, déçu. Comme je te l’ai dit hier, à l’époque des dresseurs, les pokémons faisaient tout pour attirer l’attention des dresseurs pour partir avec eux.

- Je sais bien que c’est difficile de partir de chez soi. moi-même quand je suis partie pour la première fois, ça a été difficile au point que j’avais tellement peur que j’en ai pleuré. Je dis un peu honteux, Amélia et Éric furent amusés de m’entendre dire cela.

- Je veux juste te dire que si tu n’as pas de rêve ou que tu n’essayes pas de les réaliser, que tu travailles que pour vivre une journée de plus, ce n’est pas vivre, mais survivre. Avoir comme but que de voir la journée suivante, ce n’est pas une vie. Il faut désirer quelque chose, avoir un rêve.

Personne ne répondit, Stéphanie nous regardait avec intérêt, elle devait essayer de comprendre de quoi on discutait. Éric était celui qui comprenait le mieux ce dont je parlais. Pendant longtemps, il ne vivait que pour suivre une journée de plus. Le pokémon insecte murmura quelque chose.

- Quoi ? demanda Gabrielle.

- L’océan. Dit-il de nouveau dans un murmure. J’ai toujours voulu le traverser, mais j’avais trop peur de ne pas y arriver.

- C’est vrai que c’est assez dangereux de traverser l’océan si on ne sait pas où aller. Il existe d’autres continents et de nombreuses îles que l'on peut explorer, mais faire la traversée est un bon défi. Je dis amusée de cette idée.

- Il y a plein de pokémons eau aussi. Continua Amélia. Isaac m’a dit qu’il en avait autant dans l’océan que sur le continent. J’approuvai puis lui parlai des traversées en bateau que j’avais faites et des sauvetages sous l'eau.

Après un moment, il décida de demander à Stéphanie. Il voulait venir avec nous. Il s’envola et tourna autour de Stéphanie, ce qui la fit rire.

- Qu’est-ce qui se passe ? Demanda-t-elle amusée du pokémon insecte, il se posa sur son gros sac de voyage. Il pointa le sac avec sa main puis Stéphanie et termina avec lui. Il répéta une deuxième fois en insistant puis attendit une réaction de Stéphanie nerveusement.

- Tu veux voyager avec nous ? Demanda-t-elle du premier coup, Papilord émit un son enthousiaste et hocha vivement la tête. Elle se tourna vers ses pokémons qui lui poussèrent des cris pour signifier leur accord pour qu’il vienne avec eux.

- D’accord. Dit-elle avec détermination. Ça me fait plaisir, par contre… Dit-elle en s’approcha du pokémon. Elle lui fit signe de bouger, il s’envola pour se placer derrière elle, il me regarda inquiet, mais je lui souris.

- À voilà ! Elle lui montra une nouvelle pokéball. Ça sera ta pokéball.

- Pokéball ?

- Une sorte de maison où tu peux aller quand tu veux et ça me permet aussi de garder un œil sur ta santé. Elle sortit le pokédex et lui montra aussi. Si tu veux venir avec nous, tu n’as qu’à toucher la pokéball.

Il se tourna vers moi, je lui souris et lui fis signe de la tête de le faire. Il toucha la pokéball incertain et poussa un petit cri surpris quand il disparut. Stéphanie le fit réapparaître, il semblait désorienté.

- Wow… c’est bizarre. Dit-il confus. Tout le monde le félicita d’être dans leur équipe puis nous reprîmes la marche vers le nord. Il ne restait pas beaucoup de temps avant d’atteindre le nord, quelques jours tout au plus.

Papilord voyagea sur le chapeau de Stéphanie, au début j’aurais pensé qu’elle n’aurait pas aimé, mais elle fut heureuse de cette action. En plus de lui faire de l’ombre, elle appréciait qu’il veuille se rapprocher d’elle aussi rapidement. En plus, contrairement à Kévin, les pokémons insectes étaient très légers, elle ne risquait pas d’avoir mal au dos comme Ben.

Il était pas très bavard, mais aimait vraiment gros voyager avec nous. Le seul fait d’être ensemble, il l’appréciait. comme s’il avait toujours été seul avant. Il n’y avait que moi et Gabrielle alors que les deux autres étaient parties dans leur pokéball.

- Pourquoi aimerais-tu traverser l’océan ? Je lui demandai, il tourna la tête vers moi puis réfléchit avant de me le dire.

- Je veux voir ce qui se trouve de l’autre côté. Dit-il heureux de penser de le faire un jour.

- Oui tu me l’as dit, mais il doit avoir autre chose. Tu aurais pu aussi traverser le continent en volant que cette étendu d’eau, si tu souhaitais voyager. Il bougea la tête dans différents sens, il ne savait pas trop quoi me répondre. Il voulait simplement voyager au-dessus de l’océan.

- Ce n'est pas grave. Dit doucement Gabrielle. Un jour ou l’autre on va traverser l’océan, pas vrai Isaac ?

- Oui, peut-être pas tout de suite, mais c’est certain que vous allez le faire.

- Vous ? demanda le Papilord.

- Oui, Stéphanie et vous tous.

- Je ne comprends pas ? Tu ne veux pas venir ? Je le regardai un moment, il ne savait pas que je ne faisais pas partie de son équipe.

- Je suis juste un guide et un protecteur. Vous formez la vraie équipe de Stéphanie.

- Une équipe… répéta-t-il, Gabrielle était aussi pensive, une équipe pour eux c’était nouveau.

- Quand Stéphanie et vous serez plus forts, je ne serais plus nécessaire. Elle pourra voyager sans moi.

- Tu comptes faire quoi ? demanda Gabrielle.

- Quand elle aura plus besoin de moi ?

- Oui

- Je ne sais pas, il a beaucoup de choses à faire. Mais, ce ne sera pas pour tout de suite, Stéphanie et vous quatre avez encore beaucoup à apprendre.

- Dites. Commença Stéphanie quand je terminais de parler. Après d’être rendu au nord du continent, vous voulez faire quoi ? Je souris qu’elle décide enfin d’y penser, je l’appelai doucement pour qu’elle me regarde et pointai mon bracelet au poignet.

- Célesta ? Je hochai la tête. Après ? Tu as réfléchi où allez ? Je sortis mes deux bras de ma cape et lui montra mes muscles de mon bras avant de frapper dans le vide.

- Se battre ? Je secouai la tête et refis les gestes, elle réfléchit un moment. S’entraîner ? Demanda-t-elle incertaine, je lui fis signe de la tête en répondant que oui.

- Je pensais qu’on pourrait rester à Célesta quelques semaines pour s’entraîner et tu as beaucoup de questions que je ne peux pas répondre. Je lui dis par télépathie. Tu demanderas conseil aux autres pokémons à Célesta, puis quand tu voudras repartir en voyage tu me feras signe.

On marcha en silence un moment puis Papilord commença à me poser des questions sur mes connaissances. Par contre… il était incapable d’utiliser nos noms, il disait toujours Posipi ou Lucario pour nous parler. Stéphanie nous observait avec attention et quand Papilord quitta sa tête pour voler un peu elle lui parla.

- Dit Papilord. Il se plaça près de Stéphanie. Ce soir j’aimerais voir de quoi tu es capable, apprendre plus sur les techniques que tu connais. Il poussa un petit son affirmation en hochant la tête puis elle se tourna vers moi.

- Tu veux bien l’aider ? Me demanda-t-elle, je secouai la tête et elle fut surprise. Même si j’aurais aimé m’entraîner avec lui, elle devait penser plus à ses pokémons que de m’utiliser comme cible d’entraînement.

- Pourquoi ? dit-elle surprise. Je pointai Gabrielle et disant son nom puis pointa sa ceinture en disant le nom de ses pokémons. Je savais qu’elle reconnaissait quand je disais leur nom.

- Mes pokémons ? Je me pointai puis pointai mes yeux puis chacun de ses pokémons. Tu veux seulement nous regarder. Je hochai la tête content qu’elle comprenne.

- Tu as une grande équipe maintenant, je suis qu’un guide. Oui, j’aimerais pareil m’entraîner avec eux, mais tu dois penser d’abord que je suis un guide et non un entraîneur. Je ne serai pas toujours là.

Papilord tourna autour de Stéphanie impatient de montrer ses talents, il était plutôt puissant. Il connaissait Lame d’air, comme moi, Vent argenté, une puissante attaque insecte. Il maîtrisait aussi Piqûre, mais ne l'utilisait très peu, voir jamais d'après lui. Il donna beaucoup de difficultés à Gabrielle qui s’entraînait avec. Malgré sa faiblesse devant les attaques électriques, il les dominait, montrant vraiment à quel point ils manquaient d’entraînement.

Pendant qu’ils retournèrent chacun de leur côté pour s’entraîner, je montrai à Papilord ma Lame d’air. Il fut impressionné et amusé de me voir l’utiliser de la sorte, je lui montrai ensuite les différentes lames que je pouvais utiliser. Stéphanie nous appela pour manger avant que je lui montre certains mouvements. Elle lui servit son bol en ajoutant discrètement, pour pas qu’Éric la voit faire, une petite quantité de miel pour simplement donner du goût.

- Je me suis dit. Commença Stéphanie en parlant à Papilord. Maintenant que je suis ta dresseuse, tu aimerais avoir un nom comme les autres ? Il ne semblait pas très à l'aise avec cette idée. Stéphanie le remarqua et me regarda, je haussai les épaules puis regardai le pokémon insecte.

- Pourquoi tu hésites ? demanda Gabrielle. Il la regarda un moment.

- Je ne sais pas.

- À quoi tu penses ? demanda Éric en se léchant les pattes, qui avaient dû échapper de la nourriture dessus.

- Ce n’est pas normal, je suis un Papilord, je ne vois pas pourquoi on devrait m’appeler autrement.

- Justement. Je dis plus sérieusement. En ayant un nom, tu te différencies des autres Papilord, tu n’es pas comme les autres. Tu as tes propres désirs, tes propres peurs et tes propres rêves.

- Nous sommes tous différents. Appuya Amélia joyeusement, il semblait comprendre, mais hésitait toujours.

- Tu as une dresseuse maintenant. Argumenta Gabrielle. Tu n’as jamais voulu te différencier des autres, ne pas être un Papilord parmi les autres. Il secoua la tête, je comprenais ce sentiment, il avait vécu simplement pour vivre un jour de plus. Il n’avait jamais envisagé de faire autre chose avant notre rencontre.

- Ce n’est pas une obligation. Je dis plus fort, avant que d’autres arguments. Si tu ne souhaites pas avoir de nom, c’est ton choix.

- Mais… Lança Amélia, mais je lui plaçai ma main sur sa tête pour la faire taire.

- S’il ne veut pas, on ne peut pas l’obliger. Plus personne ne parla puis Stéphanie appela doucement Papilord.

- Ça te dit ? Il se redressa sur ses pattes arrière avant de nous regarder, tous.

- Lucario a raison… c’est à moi de décider… Je veux bien avoir un nom. Dit-il cette fois plus confiant en hochant la tête pour Stéphanie. Elle lui sourit en se levant et lui fit signe de monter sur son bras.

- J’ai pensé à Louis. Tu aimes ? Il émit un bourdonnement heureux, ce qui fit rire Stéphanie.

- Bienvenue Louis. Lança Gabrielle.

- Merci Posipi. Je soupirai, il va avoir beaucoup de travail à faire pour perdre son habitude de nous appeler par notre race.

Nous reprîmes les discussions sur tout et rien, mais surtout sur leur entraînement. Amélia était des plus motivés dans ses entraînements, elle voulait surpasser Éric, mais aussi Louis qui était le plus fort de la troupe. Éric devint plus sérieux, il voyait toujours ses entraînements avec Gabrielle et Amélia comme un jeu, mais depuis que Louis l’avait terrassé facilement, sa fierté de pokémon électrique avait pris un coup de se faire battre par un pokémon de type vol.

C’était amusant de les voir, je ne pouvais me retenir tellement j’étais excité de les voir s’entraîner aussi durement. Je m’entraînais dans mon coin avec mes sabres, répétant machinalement les mouvements de base puis en enchaînant avec des mouvements plus complexes.

Pendant mes exercices, je ne remarquai pas immédiatement que Louis et Stéphanie m’observaient avec admiration. Louis pour mes sabres de différentes couleurs et de propriété, alors Stéphanie par ma maîtrise des lames. Je sentais qui me manquait encore quelque chose. Avec les années, j’avais perdu un peu de mon habilité avec les sabres, mais je sentais aussi que ça revenait peu à peu.

Louis aida aussi Gabrielle avec Rayon signal, elle était maintenant capable de l’utiliser à volonté, mais cela lui demandait encore beaucoup d’énergie et il n’était pas très puissant comparativement à ses attaques électriques.

Stéphanie continua d’étudier sur le pokédex pendant qu’on s’amusait ou s’entraînait. J’aimais bien la voir s’intéresser aux études, elle devait se rendre compte à quel point il lui manquait des connaissances. Autant sur la vie des pokémons que sur les sciences.

Pendant notre route vers le Nord, Stéphanie fut surprise par le comportement de Louis. Soit qu’il restait paralysé de peur ou disparaissait immédiatement dans sa pokéball, lorsqu'on croisait un pokémon vol.

Plus on montait vers le Nord, plus la nourriture se faisait rare et nos réserves diminuaient rapidement. Éric se plaignit évidemment d’avoir de moins en moins de nourriture, ce qui lui valut à plusieurs reprises des critiques de Stéphanie. Je l’aidai du mieux que je pouvais pour trouver des racines et des plantes qu’on pourrait manger, mais ce n’était pas évident dans cette région.

Le sol devint rocheux et presque plus de végétation poussait. Je savais qu’on arrivait bientôt au bout du continent. Nous traversâmes deux jours sur de la roche avec si peu de végétation que l'on aurait pu dire qu’il n'y en avait pas du tout. Au loin, on voyait de plus en plus l’étendue d’eau de l’océan. Juste devant elle, le sol devint sableux avec des plaques de pierre de grandeur imaginable.

Éric n’aima pas trop marcher dans ce sable, surtout sur les galets de pierre mouillée par les vagues de l’océan. Contrairement à Amélia qui sautillait d’un côté à l’autre et poursuivait les vagues sur la côte. Elle riait comme une folle quand l’océan la repoussa d’une bonne vague avant de reprendre sa course sur la plage.

L’eau était froide, mais pas encore glaciale et avec le soleil chaud de la fin de l’été on pouvait encore se baigner sans attraper froid. Stéphanie savait nager, mais ses trois pokémons n’étaient pas très habiles, surtout Éric. Il ne savait absolument pas nager et était apeuré par le remous de l’océan.

- Aide-le. Je dis par télépathie à Stéphanie. Un pokémon doit faire confiance à son dresseur dans ce genre de moment. Montre-lui que tu veux l’aider et il te suivra dans l’eau. Elle me regarda un moment puis se dirigea vers Éric pendant que je m'éloignais dans l’eau.

Après plusieurs mètres à descendre doucement, l’océan devint profond rapidement, mais les vagues beaucoup moins fortes. Gabrielle nageait près de moi alors qu’Amélia, qui avait plus de difficulté, nageait près de sa dresseuse qui aidait Éric à avancer dans l’eau. Je me couchai sur le dos, Louis tournait autour de nous dans le ciel et Gabrielle m’imita.

Je sentais la présence de pokémon sous l’eau, pour la plupart des Korayon et des Kokiyas. Des pokémons pas très sociaux, ils préféraient rester dans le fond de l’océan que venir voir les pokémons à la surface. Il y avait aussi des Magicarpe, Poussirène et même un ou deux Hypotrempe dans les algues au fond. Il y en avait un de plus, un Mustébouée, il nageait à toute vitesse entre les roches et les algues.

Il semblait jeune, il devait habiter pas très loin d’ici ou venait juste de partir explorer les fonds marins. Je formai une sphère d’aura dans ma main et la laissai couler dans le fond de l’eau. Immédiatement les pokémons eau partirent rapidement se cacher, sauf le Mustébouée qui fit de grands cercles autour de ma sphère amusée et intriguée.

D’un mouvement de la main, je la fis changer de forme en Écayon. Le pokémon eau fut surpris puis amusé de voir ce petit pokémon lumineux. Je le fis nager en rond un moment avant de le faire remonter vers la surface près de nous.

Amusé par cette drôle de lumière, le Mustébouée la suivit puis remarqua notre présence. Je fis disparaître mon Aura juste avant qu’elle atteigne la surface et me redressai pour accueillir le Mustébouée qui fit surface près de nous en gonflant sa bouée. Gabrielle sursauta, ce qui amusa le pokémon eau.

- Salut. Je lui dis en souriant, il me sourit amusé de rencontrer de nouveaux pokémon. Comme je le pensais, c’était un très jeune mâle, il devait avoir à peine plus qu’un an.

- Salut. Ajouta Gabrielle doucement. Il nous regarda un instant puis poussa un léger cri enjoué en sortant sa patte de l’eau pour nous saluer. Gabrielle me regarda inquiète, il ne savait même pas parler. Je pris une profonde inspiration avant de lui sourire.

- On va nager ! Je lui lançai amusé, avant de partir à toute vitesse sur le côté. Il poussa un cri surpris puis plongea sous l’eau pour me poursuivre.

Il me rattrapa en un instant et se mit à tourner autour de moi sous l’eau ou à la surface en poussant des cris amusés et en riant. Il était beaucoup plus rapide que moi. Je m’arrêtai et il fit demi-tour pour me rejoindre sous l’eau.

J’utilisai Vibraqua pour l’éjecter de l’océan dans une énorme sphère d’eau. Il s’arrêta net, surpris par mon attaque. Il regarda autour de lui le paysage depuis la sphère d’eau. Il était impressionné, mais surtout amusé par le tour, il se mit à tourner en rond dans la sphère pour prendre de la vitesse. Il tourna vers le ciel et se propulsa le plus haut qu’il pouvait, en poussant un grand cri, avant de retomber dans la sphère d’eau.

Je formai une autre grande sphère d’eau et la plaçai à côté de l’autre. Immédiatement, quand il remarqua l’autre sphère, il se propulsa d’une à l’autre en poussant de grands cris de joie entre chaque saut.

- Tu veux y aller ? Je demandai à Gabrielle.

- Quoi! Hee… Je lui laissai pas le temps de répondre, je sentais qu’elle aimerait y aller aussi. Je la propulsai avec un jet de Vibraqua, elle poussa un grand cri de surprise avant de tomber directement dans l’une des deux sphères d’eau.

Elle se débattit un moment après le choc puis le Mustébouée vint tourner autour d'elle, amusé. Il se propulsa dans l’autre sphère, puis il se retourna pour regarder Gabrielle, mais elle était restée dans la première. Il tourna quelques tours avant de sauter de nouveau dans celle de Gabrielle qui avait de la difficulté à remonter vers la surface pour respirer.

Il nagea doucement autour d’elle en se plaçant à la verticale avant de s'approcher d’elle. Quand elle plongea de nouveau vers le centre de la sphère en reprenant son souffle. Il l’agrippa par la taille, ce qui l’a surpris, puis fonça à toute allure avant de se propulser avec le pokémon électrique dans ses bras. Elle poussait un grand cri apeuré puis, quand ils entraient dans la deuxième sphère, il fit deux grands tours avant de sauter de nouveau.

Cette fois, elle poussa un cri de joie. Il recommença plusieurs fois et Gabrielle s’amusait énormément comme le pokémon eau. Je grossis les sphères d’eau en les éloignant l’une de l’autre. Il remarqua le mouvement et prit de plus en plus de vitesse pour se propulser dans l’autre sphère. Il commença même à faire quelques acrobaties qui amusèrent encore plus Gabrielle. Amélia s’approcha de moi, excité de faire la même chose.

- Je ne crois pas que Mustébouée sera capable de faire la même chose avec toi. Je lui dis amusé.

- Pourquoi ! Je veux essayer aussi ! Dit-elle mécontente.

- Tu es trop grande pour qu’il te transporte. Elle émit un son agacé puis nagea sous les sphères d’eau.

Il continua de sauter entre les sphères de plus en plus difficilement au fur à mesure que je les éloignais, mais il semblait encore plus s’amuser. Puis vint le moment qu’il ne prit pas assez de vitesse et rata de près la sphère. Ils poussèrent un grand cri avant de tomber dans l’eau. Amélia alla rapidement voir son amie.

- Ça va ? Gabrielle riait fort et le Mustébouée aussi.

- Oui ! C’était incroyable. Le pokémon eau poussa un grand cri en levant les bras de l’eau, je laissai retomber les sphères d’eau qui secouèrent tout le monde avant qu'ils ne me crient dessus.

- Isaac ! Fais attention ! Cria Gabrielle et Amélia contre moi, mais amusa le pokémon eau.

Après une rapide bataille dans l’eau, nous retournâmes à la plage de roches avec le pokémon eau qui nous observa avec attention. Stéphanie essuya Éric et Amélia avec une serviette et je fis de même avec Gabrielle. Le pokémon eau me regarda faire puis tendit la main pour tirer sur la serviette que j'avais.

- Tu veux que je t’essuie aussi ? Il me regarda sans comprendre ce que je lui disais, il tira doucement sur la serviette et la frotta contre sa joue. J’enroulai rapidement la serviette autour de sa tête et le malmenai pour le sécher correctement. Il poussait des plaintes amusées puis je terminai de le sécher.

En l’observant mieux, je m’étais trompé sur son âge, il était bien plus jeune que je ne le pensais. Il n’avait, s’en doute, même pas un an. Son regard, les sons qu’il poussait et même son attitude montraient qu’il était vraiment jeune. Stéphanie termina avec Amélia puis sortit la brosse pour nous nettoyer.

Amélia s’installa devant elle et se laissa brosser, le pokémon eau observa de tous les côtés ce que Stéphanie faisait à l’autre pokémon. Il comprit que l’Évoli aimait se faire brosser. Ce fut le tour suivant, Gabrielle s’installa devant Stéphanie puis Éric toujours observé par le pokémon eau.

Pendant qu’Éric se faisait brosser, le pokémon eau s’installa à côté de lui, dos à Stéphanie comme les autres pokémons. Il bougea pour pousser Éric qui émit un grognement puis insista encore. Stéphanie le poussa doucement sur le côté pour qu’il s’éloigne d’Éric.

- Je vais te brosser après Éric, attends ton tour. Il émit un petit son puis elle recommença à brosser son pokémon. Le Mustébouée regarda Stéphanie puis poussa de nouveau Éric en émettant un petit cri insistant. Stéphanie le poussa de nouveau.

- J’ai dit que je te brosserais après, attends ton tour. Dit-elle mécontente de son comportement. Le Mustébouée regarda Stéphanie, il comprit qu’elle n’était pas contente, mais ne comprenait pas pourquoi. Il se tourna pour être face à elle puis pointa la brosse.

- Oui, je vais te brosser aussi. Il insista en pointant la brosse et tendit la main pour la prendre, mais Stéphanie l’éloigna de lui. C’est alors que Stéphanie comprit que quelque chose n’allait pas. Elle me regarda inquiète.

- Il ne comprend pas. Je dis, le Mustébouée se tourna vers moi puisque j’avais parlé. Il émit un son et pointa la brosse en essayant de la prendre. Il ne comprend pas ce que tu lui dis ni ce que je lui dis. Je répétai tristement.

- Il ne comprend pas ?

- Il ne sait pas parler. Je lui dis plus tristement. Le pokémon eau poussa un léger cri pour attirer l’attention de Stéphanie et insista en pointant la brosse. Il ne savait même pas s’exprimer correctement. Elle hésita un moment puis toucha doucement le dos d’Éric.

- Ça te dérange si je termine plus tard de te brosser ? Éric regarda le Mustébouée puis secoua la tête avant de laisser sa place au pokémon eau. Stéphanie fit signe au pokémon de se placer devant elle, mais il la regarda sans comprendre ce qu’elle lui demanda. Elle lui fit signe d’approcher et de se placer devant elle et il comprit cette fois.

Il se plaça devant elle de dos comme les autres pokémons, heureux d’avoir des soins comme ces pokémons. Il n’arrêta pas de se tortiller chatouiller par la brosse.

- Ne bouge pas. Lui lança plusieurs fois Stéphanie, mais il ne comprenait pas et continuait de rire et de se tortiller quand elle le chatouillait.

- Voilà, terminé. Lança Stéphanie fièrement quand elle réussit à brosser correctement le ventre du pokémon. Il se replaça bien droit puis observa Stéphanie et pointa la brosse en poussant un petit cri.

- Quoi ? Il pointa de nouveau la brosse et insista dessus, il voulait encore se faire brosser. J’ai terminé, tu es complètement brossé. Dit-elle doucement. Il faut que je brosse les autres. Stéphanie pointa Éric et moi que le Mustébouée nous regarda avant de repointer la brosse.

Il n’avait vraiment rien à faire, il ne comprenait rien. Je m’approchai de lui en poussant un petit cri pour attirer son attention. Il tourna la tête vers moi et je lui tendis la main, il la regarda et me regarda. J'insistai puis il prit finalement ma main. Je l’entraînai à l’écart pour que Stéphanie puisse brosser Éric.

Je vidai mon sac à dos et présentai une petite pierre bleue qui servait d’éclairage à Célesta. Il la regarda intrigué puis la prit dans sa main, elle était légèrement plus grande que sa main. Je m’assis en face de lui en couchant mon sac sur le sol. Je repris la pierre de ses mains et la plaçai dans le fond de mon sac.

Je penchai la tête pour voir si elle brillait, elle émettait une petite lueur bleue. Je me redressai et pointa l’ouverture du sac au pokémon eau. Intrigué, il se coucha au sol pour regarder dans le sac. Il poussa un cri amusé en me pointant l’intérieur de mon sac, ce qui m’amusa.

Il s’approcha de plus en plus au point qu’il avait la tête complètement dans le sac et poussait des cris amusés de voir cette petite pierre briller. Il la ressortit du sac, mais fut mécontent qu’elle n’éclaire plus. Je la repris et la plaçai dans le sac. Immédiatement, il se pencha pour regarder la pierre s’illuminer.

Je le laissai jouer avec mon sac et la pierre le temps qu’elle termine de brosser Éric une deuxième fois. Je le tirai de mon sac avec des cris amusés et récupérai la pierre dans le fond du sac pour replacer le reste dedans sous son regard intrigué. Je refermai mon sac en laissant la pierre sur le sol et je la récupérai en me levant.

- C’est pour toi. Je lui dis doucement en lui donnant la pierre bleue, il poussa un cri amusé quand il la récupéra.

- Je crois qu’il est temps de rentrer à Célesta. Je déclarai à tout le monde, Stéphanie approuva et récupéra son matériel. Éric et Amélia étaient complètement excités d’aller enfin à Célesta, ils en avaient tellement entendu parler qu’ils étaient impatients d’y aller.

J’appelai Gardevoir avec mon bracelet et apparut devant nous rapidement. Il salua tout le monde et quand le Mustébouée lui répondit, je vis son expression changer.

- Je sais. Je lui dis doucement.

- C’est triste… Il vient à Célesta?

- Non, si je devais envoyer tous les pokémons comme lui à Célesta, il en aurait beaucoup trop. Il approuva à contrecœur, Stéphanie rappela ses pokémons dans leur pokéball avant de s’avancer près de Gardevoir.

Le Mustébouée poussa un cri, je me tournai vers lui, il s’approcha de moi et me tendit la pierre bleue. Je me penchai à sa hauteur, il la plaça dans ma main et pointa mon dos. Il voulait de nouveau jouer avec mon sac. Je secouai la tête, il semblait désorienté. Je pris doucement sa main et replaçai la pierre dedans.

- Elle est pour toi. Je repoussai son bras contre son ventre avant de me lever. Nous devons partir. Bye.

Je lui fis signe de la main et Stéphanie aussi, il était triste, il ne comprenait pas ce qui se passait… non, c’était ma tristesse qui le rendait triste. Il y avait tellement de pokémons comme lui, qui ne savaient même pas parler ni s’exprimer. Je pouvais juste espérer qu’il rencontre d’autres pokémons qui lui apprendront à communiquer. Avant de partir, je le vis doucement lever le bras comme j’avais fait pour lui dire au revoir.