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La voix de l'aura, Tome 5 : Survie de MARC2750



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Informations

» Auteur : MARC2750 - Voir le profil
» Créé le 27/01/2026 à 00:51
» Dernière mise à jour le 27/01/2026 à 00:51

» Mots-clés :   Action   Aventure   Région inventée

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Chapitre 3 : Les plaines de Garac



Nous prîmes que deux jours de pause avant de repartir en voyage. Je lui expliquai ce que je voulais faire. Partir de l’ancienne ville d’Élycha et aller vers le nord, à Géri, et remonter vers Komard si elle se sentait assez forte pour le faire. J’aurais voulu lui montrer les grottes du mont Cray, mais depuis que les humains étaient partis, les grottes étaient devenues beaucoup plus dangereuses et l'on pouvait facilement s'y perdre. C’était dommage, j’étais certain qu’elle aurait aimé les voir.

Je vérifiai son matériel avant de partir. Elle portait un chapeau brun pâle en cuir mou qui lui allait bien. Posipi était impatiente de repartir, elle allait enfin découvrir un autre continent, un autre lieu que celui d’où elle venait et avait grandi. Je demandai au Gardevoir de nous téléporter à la ville d’Élycha.

- Je ne suis pas certain de savoir où elle se trouve. Dit-il un peu honteux, j’avais oublié qu’il était jeune par rapport à moi. Il avait grandi à Célesta, mais il était né après la guerre ; cette ville avait été détruite.

- Je vais te montrer. Je lui tendis la main et il accepta ma main et tendit l’autre à Stéphanie. Je me concentrai pour partager mes souvenirs avec lui, puis il me tira légèrement vers lui en nous téléportant.

Stéphanie et Gardevoir regardèrent autour d’eux, nous étions au centre de l’ancienne ville. Il avait des arbres et des arbustes autour de nous, mais surtout des tas de pierre et de métal à certains endroits. Posipi sortit de sa pokéball pour regarder, émerveillée, ce qui nous entourait, mais tous les trois perdirent rapidement leur enthousiasme devant mes émotions. J’étais triste, revoir ces ruines me déchirait le cœur, c’était par ma faute que tout cela était arrivé.

- Qu’est-ce que c’est ? Demanda Posipi en s’approchant d’un tas de pierres, il y avait une énorme poutre d’acier qui dépassait en partie mangée par des pokémons.

- Les restes d’un immeuble. Je tournai sur moi. Nous sommes au cœur d’une des villes que les humains avaient bâties, il reste uniquement des ruines de leur monde. Je dis tristement.

Gardevoir marcha entre les arbres pour regarder les différents tas de pierres et les deux filles firent de même. Je m’éloignai d’eux pour marcher sur les restes d’une route en béton et je m’arrêtai devant l’immeuble du centre pokémon. Il s’était écroulé sur lui, mais il avait encore un bout d’un mur de deux mètres de haut encore debout. J’observai les débris puis un objet en métal tomber au sol qui semblait être le restant de l’emblème du centre pokémon.

Je serrai les poings de colère, j’avais été impuissant pour arrêter cette guerre, nous l’avions tous été. Quelqu’un me toucha la main, me faisant sursauter, c’était Stéphanie.

- Tu connais cet endroit. Dit-elle en désignant le bâtiment en ruine que je regardai.

- Oui, c’était un centre pokémon. Un hôpital où les gens se faisaient soigner. J’ai passé un peu de temps dans cette ville avec mon dresseur. Je levai la main devant moi pour faire apparaître Lame-feuille.

- C’est ici que j’ai appris l’art du maniement du sabre avec mon dresseur. Je ris doucement. Les maîtres des lames disaient que j’étais doué, voire un génie pour manier les lames. J’apprenais vite et j’aimais m’entraîner avec Ben.

- Ben ? C’était ton dresseur ? Demanda Posipi. Gardevoir l’accompagnait, je me tournai vers elle avant de regarder de nouveau le bâtiment. Je plantai ma lame dans le sol.

- Il était bien plus que ça. Je dis le cœur déchiré, je laissai ma lame dans le sol et marchai vers le nord. Allons-y. Je déclarai avec autorité.

- Bonne route. Lança le Gardevoir quand Stéphanie et son pokémon me rejoignirent. Il regarda ma lame dans le sol avant de disparaître.

Je marchai en silence tout le long que nous étions dans les ruines de la ville. Stéphanie s’arrêta plusieurs fois pour observer un tas de pierres et même en fouiller quelques-uns. On passa par le parc de la ville, c’était l’endroit le moins touché par la guerre. Il y avait encore des bancs de parc en état, très endommagés par le temps ou couverts de plantes. Posipi monta sur le banc près d’une fontaine en ruine. L'eau ne coulait plus, mais les statues des trois pokémons étaient encore intactes, un Carapuce, un Carabaffe et un Tortank grandeur nature.

Elle les observa avec intérêt, puis Stéphanie fit le tour de la fontaine pour la regarder, toujours impressionnée par les constructions des humains. Elle toucha la surface des statues une à une.

- Elles sont magnifiques. Dit-elle doucement, Posipi approuva d’un petit cri. J’émis un grognement puis continuai de marcher vers le nord. Tout ceci me rappelait seulement ce que le monde avait perdu par ma faute et celles des autres utilisateurs de la voix de l’aura. Nous continuâmes de marcher vers le nord quand elle s'arrêta, me tirant de mes réflexions.

- Qu’est-ce qui ne va pas ? Me dit-elle inquiète, Pourquoi elle était inquiète ?

- Pourquoi ? Rien de spécial. Elle me regarda de haut en bas en secouant la tête.

- Non c’est pas vrai, depuis que nous sommes dans la région, tu es de mauvaise humeur, et depuis tout à l'heure, ton aura est sombre. Je la regardai, elle ne semblait pas mentir.

- Je suis désolé.

- Pourquoi es-tu de mauvaise humeur ? Je pris quelques profondes respirations pour me calmer.

- J’ai vu les humains et les pokémons s’entretuer, j’ai essayé d’en sauver le plus possible des deux côtés, mais je n’étais pas assez puissant pour arrêter cette stupide guerre. Je serrai les poings puis essayai de me détendre.

- Revoir les ruines de ce que je n’ai pas réussi à protéger est difficile. Vous ne pouvez pas comprendre, être incapable de sauver quelqu’un et de le voir mourir juste devant soi. de se faire repousser par ceux que l'on veut sauver. Se faire détester par ceux que tu as sauvés.

Je secouai la tête pour chasser les images de la guerre qui venaient me hanter.

- Venez continuons, on devrait bientôt arriver dans une petite plaine. Je repris ma marche sans leur laisser le temps de me répondre.

- Allez Gabrielle. Lança Stéphanie au Posipi.

- Gabrielle ? Je répétai en la regardant.

- C’est le nom de Posipi. Le pokémon électrique émit un cri affirmatif. Lucas m’a parlé de l’importance d’un nom pour les pokémons et que c’était souvent les dresseurs qui leur en donnaient.

- C’est vrai. Alors, Gabrielle, prête pour cette nouvelle vie ?

- Oui ! Cria-t-elle avec force, puis me dépassa pour continuer vers le nord.

Stéphanie s’arrêta net quand nous atteignîmes la première plaine. Elle s’étendait si loin qu’on voyait à peine la forêt au loin. C’était dans cette forêt que j’avais rencontré Solène. Je poussai doucement Stéphanie dans le dos pour qu’elle avance, l’herbe de la plaine m’arrivait au genou et on apercevait parfois un buisson ou un arbre dans la plaine. Nous croisions des troupeaux de pokémons qui traversaient la plaine à toute vitesse. Il y eut même un groupe de Corboss et de Cornèbre qui nous survolèrent avant de partir vers Est.

Nous arrivâmes à la forêt tard dans la soirée, Stéphanie était épuisée et Gabrielle aussi. Elle installa son sac de couchage sur une couverture et Gabrielle se colla contre elle pour dormir. Je m’assis devant eux en réfléchissant au prochain voyage et également qu’est-ce que je pourrais lui enseigner de plus. Au matin, avant même que le soleil se lève, le vent changea de direction vers le sud et je me dépêchai de réveiller les deux filles.

- Vite debout !

- Qu’est-ce qu’il y a ? demanda Stéphanie encore endormie.

- Je veux vous montrer quelque chose, vite.

- Le soleil n’est même pas levé.

- Debout ! Je lui dis avec plus d'autorité, puis elle obéit. Je la tirai de l’autre côté des arbres sur les plaines qu’on venait de traverser. Ils arrivent. Je dis excité de leur montrer ce phénomène rare.

- Qu’est-ce qui arrive ? demanda Gabrielle en s’étirant. Je m’avançai plus loin dans la plaine et me tournai vers la forêt pour regarder au-dessus des arbres.

- Eux ! Je leur criai en pointant le ciel. Elles s’approchèrent de moi puis des dizaines de Grodrive et une vingtaine de Baudrive apparurent au-dessus des arbres emportés par le vent. Gabrielle poussa un grand cri pour les saluer et plusieurs Baudrive descendirent près de nous.

- Woa ! C’est quoi ces pokémons. Demanda Stéphanie.

- Des Baudrives et des Grodrives. Elle tendit la main vers l’un d’entre eux puis il enroula ces longs membres autour de son bras. Je fis apparaître ma Lame d’air et les repoussai d’un coup qui arracha un cri à Stéphanie.

- Ils sont très amicaux, je dis en les surveillant. Même trop, car ils ont tendance à… enlever les pokémons qu’ils croisent.

- Pourquoi ils font ça ? Demada-t-elle paniquée.

- Ils aimaient transporter les gens, tout simplement. Ils ne pensent pas à faire du mal, ils veulent juste faire plaisir aux pokémon de voler avec eux, mais qui sait où ils vont te déposer. C’est une expérience incroyable, mais ils peuvent bien te déposer quelques centaines de mètres plus loin ou plusieurs kilomètres.

- Regarde, il y en a un qui tient un pokémon. Cria Gabrielle paniquée. Je levai la tête pour regarder.

- C’est un Spoink, il en a dans cette forêt.

- Tu vas l’aider ? Me demanda prestement Stéphanie.

- Pourquoi ? Il s’amuse regarde.

Le Gaudrive qui le tenait se mit à tourner sur lui-même rapidement puis on entendit les rires du petit pokémon. Il s’arrêta de tourner et le lança à un autre Gaudrive ce qui amusa encore plus le pokémon.

- Mais ils vont l’amener loin d’ici. Dit-elle tristement.

- Et alors ? Je répondis. Elle me regarda confuse. Les pokémons quittent leur famille très jeune, à un ou deux ans. À cet âge, ils sont considérés comme des adolescents et peuvent fonder une famille. Je pointai les pokémons au-dessus de nous.

- Ce n’est qu’un moyen comme un autre de partir en voyage. Elle ne semblait pas très satisfaite de ma réponse.

- J’espère que rien ne va lui arriver.

- Ces pokémons ont toujours été très amicaux avec les autres, ils ne lui feront pas de mal. De plus, le soleil va bientôt se lever, ils préfèrent voyager de nuit c’est pour ça qu’il est rare de les voir. Ils vont sûrement s’arrêter dans la forêt au sud d’ici ou plus loin si le vent souffle plus fort.

Ils s’éloignèrent rapidement de nous, portés par le vent, et on retourna au campement. Stéphanie fut incapable de se rendormir, elle m’aida à trouver des fruits et des baies pour manger, puis nous reprîmes notre route. Il y avait beaucoup de pokémons dans cette forêt, bien plus que dans mes souvenirs quand je m’étais arrêté avec Ben ou quand je l’avais traversée il y avait quelques années. Non, ils avaient quelque chose qui se passait, mais rien d’inquiétant.

Je reniflai l’air, il y avait des odeurs attirantes. Je regardais autour de moi les pokémons qui circulaient dans la forêt. Il y avait beaucoup d’espèces, mais une en particulière. Je compris finalement ce qui se passait, c’était la saison de la famille des Évoli!

C’était une des rares espèces qui affectait tous les types de pokémons, les chercheurs n’étaient pas unanimes sur ce point, mais c’était sans doute à cause de leur particularité d’évolution variée que leur saison affectait les autres. Les odeurs étaient attirantes, aucun doute, c’était bien et bien leur saison. Les couples courant dans tous les sens dans la forêt parfois passaient devant nous, ce qui amusait Stéphanie. Je n’avais jamais vu autant de femelles de leur espèce dans le même endroit.

Normalement, notre saison ne m’affectait pas beaucoup, mais il y avait tant de femelles Évoli dans la forêt que j’avais la tête qui tournait un peu. Stéphanie remarqua que je ne me sentais pas bien. Elle s’arrêta pour me regarder.

- Tu vas bien Isaac ?

- Oui, oui. Je dis un peu dérouté.

- Non, tu n’as pas l’air d’aller. Je devais me contrôler, je lui fis signe d’avancer, mais elle secoua la tête. Qu’est-ce qui ne va pas ? insista-t-elle. Elle ne bougera pas tant que je ne lui expliquerai pas ce qui se passait.

- D’accord, ce n’est rien de grave. C’est que c’est… la saison… la saison des Évoli.

- La saison ?

- Oui, hee… disons que les femelles ont le même cycle que vous, elles peuvent tomber enceinte et tout. Elle hocha la tête, un peu gênée du sujet. Mais pour les pokémons une fois par année, il y a la saison. Pendant cette période les femelles dégagent des phéromones pour attirer les mâles. Et aussi, elles sont plus propices à avoir des enfants pendant cette période. Gabrielle hocha la tête pour appuyer mes dires.

- Et les Anvolie ?

- Évoli. Je précisai. Sont une espèce rare qui affecte les autres mâles des autres espèces. Je désignai un couple de Noctali avec un Lainergie devant nous qui se poussèrent en poussant de petits cris amusés. Il y a beaucoup d’Évoli femelles dans la forêt et…

- et ?

- Ça m’affecte. Je répondis, elle me regarda puis détourna le regard, gêné. Je replaçai rapidement ma cape pour cacher mon érection. Je n’y croyais pas, depuis que j’avais réalisé que c’était leur saison, je pensais, qu’à ça ! J’avais du mal à contrôler mon corps, ce n’était pas seulement par les phéromones, mais l’excitation de tous ces couples qui me rendait ainsi.

- Si ça ne vous dérange pas, j’aimerais sortir d’ici rapidement. Je dis en reprenant le chemin d’un pas rapide.

Je n’avais jamais repensé à le refaire avec un autre pokémon depuis qu'Alice était morte, mais ma tête était complètement embrumée par ce qui se passait autour de moi. Je ne devais pas céder, si le pokémon tombait enceint ? Et s’il avait la voix de l'aura ! Je devais sortir d’ici avant que…


Une évoli sortit d’un buisson et me regarda. Ces yeux verts étaient magnifiques et l’aura qu’elle dégageait était attirante.

- Salut. Dit-elle d’une voix enjouée en s’approchant de moi. C’est quoi ça? Elle donna un coup contre ma cape.

- Une cape de voyage. Je réussis à dire les idées mélangées.

- Tu es un voyageur? dit-elle avec enthousiasme, je hochai la tête. Tu dois être super fort pour voyager sur le continent.

- Je viens d’un autre continent. Je lui dis doucement. Elle recula d’un pas pour me regarder de haut en bas.

- Vraiment ! Wow ! Tu as traversé l’océan ? Je hochai la tête incapable de réfléchir correctement. Stéphanie et Gabrielle arrivèrent derrière moi.

- Tu es là ! Cria Stéphanie contre moi. Tu pourrais nous attendre. Tu marchais tellement vite que tu nous as distancés. Elle regarda l’Évoli à mes pieds. Tu la connais ?

- Évoli, ce sont ceux avec qui je voyage. Je dis un peu troublé, elle s’inclina doucement puis se leva pour se frotter contre ma jambe, ce qui me donna un frisson dans tout le corps.

- Et si on allait se trouver un coin plus intime ? Dit-elle doucement, Gabrielle réagit.

- Isaac !

J’en pouvais plus, ma tête tournait comme jamais, sans parler de mon érection qui me faisait mal tellement que j’étais excité.

- Partez devant, je vous rattrape.

- Tu es certain de toi Isaac ? Me lança Stéphanie hésitante.

- Attendez-moi à la lisière de la forêt. Évoli émit un ronronnement que je répliquai rapidement d’un petit son amusé. J’attendis Gabrielle m’appeler, mais j’étais déjà partie avec l’Évoli.

Je la suivis doucement, mais j’avais tellement la tête qui tournait par ces phéromones et l'excitation pour elle que je ne tenais plus en place. Elle s’arrêta près d’un grand arbre, je laissai tomber ma cape et mon sac au sol et m’approchai d’elle. Elle me sauta au cou pour me faire tomber au sol et m’embrassa avec une passion que je lui redonnai avec enthousiasme. Je n'en pouvais plus, je voulais juste le faire, elle était tellement plus petite que moi, j’allais lui faire mal ? Elle sentit mon trouble et me rassura en me donnant un coup de langue au visage avant de descendre vers mon bassin.

J’ignore combien de temps ça avait duré, mais je ne m’étais pas senti si bien depuis longtemps. Quand mon esprit revint plus clair, je réalisai ce que je venais de faire. L’Évoli se colla contre mon torse sous mon bras gauche.

- C’était incroyable. Dit-elle doucement avec amusement. Je plaçai ma main gauche contre mes yeux, mais je fus incapable de m’empêcher de pleurer.

- Qu’est-ce que j’ai fait. Je dis en sanglot. l’Évoli leva la tête vers moi.

- Ça va? Demanda-t-elle inquiète, elle posa sa patte contre mon torse.

- Je n’aurais jamais dû faire ça. Je dis désespéré.

- Ne dis pas ça, c’était un moment incroyable. Dit-elle joyeusement.

- Tu ne comprends pas. Je dis désespéré.

- Explique-moi. Dit-elle doucement.

- Alice…

- Alice?

- C’était ma partenaire. Je dis en sanglotant. Je l’aimais tellement… je ne l’avais pas fait depuis qu’elle est morte. Elle retira sa patte de mon corps sentant ma tristesse.


- Je l’aimais tant, elle portait mon enfant, mon fils quand elle est morte. Je dis en pleurant. Elle me regardait tristement, elle ne savait pas comment réagir devant ma peine. Je sentais qu’elle s’en voulait quand elle appuya sa tête contre mon ventre.

- Parle-moi d’elle. Je la regardai surprit. Parle-moi d’Alice, comment elle était ? Je pris un moment avant de répondre.

- Quand je l’ai rencontrée, elle était un Rondoudou. Elle a évolué le même jour que moi pendant un concours pokémon. Elle était incroyable, elle était gentille avec tout le monde, son aura m’apaisait immédiatement.

Je lui parlais de ce que j’aimais d’elle, ses grandes oreilles, son caractère parfois autoritaire, mais toujours gentil. Je lui parlais qu’elle aimait me souffler dans les oreilles pour me chatouiller, que nos nuits étaient plus incroyables que ce que je venais de vivre avec elle. Que nos esprits comme nos corps ne faisaient qu’un. Elle ne m’interrompit pas une seule fois et m’écoutait avec attention. je lui parlais de Benjamin, de nos voyages. Quand je terminai, elle se redressa.

- Je suis désolée. Dit-elle sincèrement. Je ne pensais pas que ça te ferait si mal… Je ne répondis pas, elle regarda son ventre.

- Je m’en voudrais de tomber enceinte… maintenant que tu m'as raconté tout ça. Elle toucha le bas de son ventre. Je n’avais pas le droit de te forcer. Dit-elle honteuse, je préférais ne pas avoir d’enfant. Je lui touchai le ventre et elle me regarda surprise.

- Ne dis pas ça, la vie est trop précieuse. Si un enfant naît de ce que nous avons fait… je me chargerai de lui.

- Mais… je t’ai forcé à me suivre. Dit-elle paniquée, je me redressai doucement et lui touchai le bout d’une oreille.

- J’en avais besoin. Je lui dis doucement. Je regardai l’heure sur mon bracelet. Il était minuit passé. Je me recouchai.

- Il est tard, vaudrait mieux dormir.

- D’accord. Dit-elle doucement avant de se blottir contre mon corps. Bonne nuit.

- Bonne nuit.

Je fermai les yeux, malgré la situation, c’était la première fois que je me sentais si bien depuis longtemps. Parler d’Alice m’avait fait mal, mais en même temps cela m’avait fait beaucoup de bien d’un coup. Mes rêves furent envahis de souvenir d’Alice, mais aucun n’était douloureux. Je me souvenais de tous les moments passés ensemble depuis notre rencontre. J’ouvris les yeux, l’Évoli remua contre moi, je la laissai dormir encore un peu puis je me levai.

Elle me regarda remettre ma cape et mon sac à dos, je lui fis signe de me suivre. Je ne pouvais pas courir le risque d’avoir un enfant avec la voix de l’aura et de le laisser seul ici avec un tel pouvoir. Le soleil commençait à se lever et j’avais déjà la tête qui recommençait à tourner. Il fallait vraiment que je sorte de cette forêt avant de commettre une autre erreur.

- Tu peux m’expliquer pourquoi il y a autant de femelles de ton espèce et si peu de mâles ? Elle tourna la tête vers moi, elle ne semblait pas comprendre. Je veux dire que normalement il y a beaucoup plus de mâles Évoli que de femelles, mais je sens que vous êtes beaucoup plus nombreuses. Elle baissait la tête tristement.

- Ma mère m’a dit qu’il y a trois ans les mâles sont tous tombés malades. Ma mère m'a dit qu’ils sont presque tous morts et que l’année suivant les femelles mirent au monde en majorité d’autres femelles.

Pour sauver l’espèce, je me dis, je crois que Jasper pourrait me le confirmer, mais je sentais que c’était pour cela qu’il avait beaucoup plus de femelles. Cependant, cela m’inquiétait qu’est-ce qui était arrivé au mâle ? Quelle sorte d’épidémie aurait touché que les mâles de leur espèce ? C’était vraiment inquiétant.

Plus je m’éloignais du centre de la forêt, plus je me sentais mieux. J'avais la tête qui n’était plus embrumée par les hormones et je sentais la présence de Stéphanie et Gabrielle inquiètes pour moi.

Qu’est-c’est que je pouvais bien leur dire ? Que j’avais complètement perdu la tête et je m’étais laissé emporter par mes pulsions de la saison ! Je me sentais mal d'avoir perdu le contrôle ainsi. Je regardai l’Évoli près de moi, elle était jeune et j’avais encore cette attirance pour elle. Je secouai la tête, c'étaient encore ces phéromones qui m’attiraient.

J’arrivais enfin au campement, Stéphanie et Gabrielle dormaient encore. Elles étaient installées sous les derniers arbres de la forêt. J’essayai de voir les champs de sauge et de patates devant nous, nous étions plus sur le côté du champs de sauges, mais en regardant bien, je voyais les plants de patates.

Je fis signe à Évoli de s’installer un peu plus loin des deux qui dormaient. Elle s’assit puis fit sa toilette en attendant que mes compagnons se réveillent. Je ne dus pas attendre longtemps pour qu’elles se réveillent.

- Tu es revenu. Lança Stéphanie contente de me voir.

- Pourquoi je ne serais pas revenu ? Je lui dis amusé. Je suis ton guide, je manquerais à toutes mes responsabilités.

- Tu nous as quand même laissées seules. Critiqua Gabrielle. Qui c’est ? dit-elle en montrant l’Évoli. Je touchai mon bracelet, je ne savais pas comment le dire.

- Isaac et moi, on c’est accouplé pour ma saison… dit-elle doucement honteuse. Je suis désolée de vous avoir fait vous inquiéter.


J’étais sans voix, Gabrielle grommela quelque chose, mais ne répliqua pas, elle savait bien ce que la saison faisait.

- Tu vas faire quoi ? Me dit-elle mécontente. Je savais exactement de quoi elle parlait.

- Évoli va venir avec moi, si elle est enceinte, je… je ne sais pas, je ferai… je verrai en temps et lieu. Je dis, énervé de la situation qui m’échappait.

- Et maintenant ? demanda Stéphanie doucement, voyant que nous étions dans une discussion importante. Je lui expliquai rapidement qu’Évoli allait voyager un moment avec nous.

- Très bien, tu veux m’aider à préparer quelque chose à manger.

- Je vais chercher de quoi manger. Je regardai la forêt derrière moi, ce n’était peut-être pas une bonne idée. Gabrielle, tu peux aller chercher des baies ? Je vais récupérer quelques patates. Je lui dis en désignant les champs près de nous.

- D’accord. Dit-elle doucement. Viens, Évoli, tu vas m’aider. Elle poussa un cri amusé et s’élança dans la forêt avec Gabrielle. Je laissai Stéphanie préparer le nécessaire de cuisine et me dépêchai d’aller chercher quelques patates et montrai à Stéphanie comment les faire cuire.

Évoli fut impressionnée par le goût des patates cuites, elle poussait de grands cris pour exprimer son enthousiasme de manger quelque chose d’aussi bon.

- C’est vraiment bon ! Qu’est-ce que c’est ?

- Des patates. Je répondis amusé en lui montrant une patate qui me restait.

- Les légumes qui sont sous terre dans les plaines ? Dit-elle en désignant les plaines de l’autre côté des arbres.

- Oui, mais Stéphanie les a fait cuire et a ajouté des épices. Quand elle termina son repas, elle s’approcha de Stéphanie et se frotta contre sa jambe. Stéphanie se pencha près d’elle et lui caressa la tête.

- Merci, c’était vraiment bon.

- Je suis contente que tu aies aimé. Lui dit-elle doucement. J'étais surpris qu’elle commence à comprendre ce que les pokémons lui disaient. Je l’aidai à faire le ménage et à ranger ses objets et nous repartîmes vers le nord.

Je fis un crochet vers la séparation entre les deux immenses champs, la route entre les deux était toujours présente et beaucoup de pokémons l’utilisaient. On en rencontra plusieurs qui ne fuirent pas en nous voyant, mais c’était tous des mâles. J’imagine que c’était grâce à Évoli que nous pouvions les voir de si près.

Une nuit, je fis un rêve des plus étranges. Je rêvais que je poursuivais quelqu’un dans une plaine d’herbe haute qui arrivait à ma taille. Je riais en criant son nom sans comprendre ce que je disais. Un pokémon tournait autour de moi en riant, il était jeune, mais ses rires m'amusaient. Il sauta sur moi quand je me tournai vers lui, c’était un évoli. Il cria mon nom, non ! C’était autre chose qu’il criait, c’était papa ! Je tombai sur le dos emporté par lui, puis je le soulevai dans les airs d’une main. Il se débattait farouchement en poussant des cris amusés. Je le laissai retomber au sol, il me caressa le cou avec sa tête avant de s’enfuir. Il se mit de nouveau à courir dans les hautes herbes autour de moi quand je me relevai. Il m’appela une autre fois, puis plus rien, je ne l’entendais plus rire, je ne l’entendais plus courir. Tout devint sombre, puis je me réveillai en sursaut.

Je regardai mes mains tremblantes, puis je sentis quelque chose sur mon visage. Je touchai ma joue, j’avais pleuré. Je regardai Évoli dormir près de moi, je ne l’avais pas réveillé. Ça faisait déjà quatre jours qu’elle voyageait avec nous, elle ne montrait aucun signe de grossesse. Je m’endossai de nouveau sur l'arbre où je m’étais endormie. Il en avait peu dans cette plaine, mais on avait décidé de s’arrêter en dessous de lui. Je m’étais surpris à penser plusieurs fois dans les derniers jours à espérer qu’elle ait un enfant de moi. Même à rêver d’un espoir que cet enfant aurait la voix de l’aura.

Au fond de moi, j’aurais voulu avoir un enfant avec elle. Avoir quelqu’un avec qui partager ma vie, même s’il avait été conçu pendant la saison de sa mère, je l’aurais aimé. Je touchai ma blessure qui me faisait souffrir, Alice me manquait tellement. Je grattai doucement le dos de l’Évoli, elle se mit à ronronner joyeusement en dormant. Depuis hier, je sentais plus les effets de sa saison et n'avais plus d’attirance envers elle. Du moins, elle était belle et amusante, mais je ne ressentais rien qui s’approchait de l’amour et de la passion que j’avais eues avec Alice.

- Prenez de l’avance. Je leur lançai sur le chemin vers le nord. Je dois appeler Célesta pour leur parler de quelque chose d’important.

- De quoi s’agit-il ? demanda Stéphanie.

- Rien qui te concerne directement, c’est pour leur donner des nouvelles sur l’état de la région.

- D’accord, reste pas trop loin. Je ris doucement.

- Je peux vous rattraper en un instant et je vous vois à des kilomètres, vous n'avez qu’à rester sur la route et tout ira bien.

J’attendis qu’elles soient plus loin, puis contactai Jasper à l’aide de mon bracelet.

- Salut Isaac ! Cria-t-il en répondant.

- Salut Jasper.

- Que me vaut cet appel ? Dit-il amusé.

- Nous venons de traverser une forêt au nord d’Élycha, c’était pendant la saison des Évoli.

- Oui possible, c’est en ce temps-ci de l’année. Il y a quelques Évoli à Célesta qui l’ont ressenti.

- Ce qui est étonnant, c’est qu’il avait beaucoup de femelles.

- Beaucoup ? Que veux-tu dire.

- Je veux dire beaucoup, pratiquement que des femelles, je n’ai senti que quelques mâles de leur espèce dans la forêt. Il émit un son pensif. Une Évoli m’a expliqué qu’il y a trois ans tous les mâles sont tombés malades et très peu ont survécu.

- Vraiment ? demanda-t-il inquiet.

- Oui, puis elle m’a dit comme elle, la majorité des enfants qui sont nés après étaient des femelles, c’est pour cette raison qu’elles étaient si nombreuses.

- Je vois. Je comprends pourquoi tu es inquiet. Dit-il pensif.

- Se n’est pas tout. J'ignore si c’est le cas de beaucoup d’entre elles, mais celle avec qui j’ai discuté n’est pas tombée enceinte. Il émit un petit son surpris.

- Elle est toujours avec toi ? demanda-t-il un peu amusé.

- Hee.. oui pourquoi ? Il émit un rire.

- Attends deux secondes. Lança-t-il amusé.

- Jasper ? Il ne répondit pas puis il apparut devant moi, me faisant pousser un léger cri de surprise. Qu’est-ce que tu fais? Il tourna autour de moi amusé en m’examinant.

- Tu l’as fait avec elle ! S’écria-t-il joyeusement, je tournai la tête gêné de son commentaire. Tu n’as pas besoin de te gêner pour ça, c’est tout à fait naturel. Se moqua-t-il de moi.

- J’ai perdu le contrôle, j’avais la tête complètement embrumée par les phéromones des Évoli. Cette fois, il ne ria plus. Je m’inquiète un peu de leur espèce, j’aimerais que tu vérifies si leur population n’est pas en danger. Il m’observa sans bouger, son regard était sérieux.

- Tu voulais qu’elle tombe enceinte ? Je détournai le regard.

- Pas au début… après que nous l’avons fait… j’ai espéré qu’elle le soit. Je lui dis tristement. Il me toucha le bras doucement.

- Tu connaîtras l’amour de nouveau, Isaac, il y a un pokémon dans ce monde qui partagera un jour les mêmes sentiments que toi pour elle. Je serrai avec force ma blessure au ventre et il le sentit. Il recula doucement puis se tourna vers Stéphanie au loin.

- Je vais examiner cette Évoli en premier, puis aller voir les autres dans la forêt.

- Merci. Je lui dis, pas pour les Évoli mais pour m’écouter. Je retournai rapidement avec lui vers Stéphanie qui fut surprise de voir Jasper avec moi.

- Jasper ! dit-elle avec enthousiasme.

- Salut. Répondit-il amusé de sa réaction.

- Que fais-tu ici ?

- Isaac m’a demandé de surveiller la population d’Évoli de la région. Il regarda Évoli. Il paraît qu’il y a quelques années votre espèce a eu beaucoup de difficulté. Elle hocha la tête.

- Oui, tous les mâles sont tombés malades. Stéphanie fut surprise.

- Ça te dérange si je t’examine, juste pour voir si tu es en parfaite santé? Demanda-t-il un peu plus sérieusement, il s’inquiétait vraiment de ce phénomène.

- Ça fait mal ? Jasper rit.

- Bien sûr que non, ça va prendre quelques secondes. Elle lui répondit d’un rire puis le laissa faire. Il lui plaça la main sur la tête et se concentra. Il retira sa main et lui sourit.

- Tu es en parfaite santé. Il se tourna vers moi. Pas un seul problème.

- Super ! Cria-t-elle contente.

- Je vais examiner les autres. Dit-il amusé en tournant autour de nous. Bonne route, restez prudent. Il s’éloigna de nous par le sud puis disparut.

Nous reprîmes la route vers le nord, j’expliquai à Stéphanie à quoi servaient les champs de sauge à côté de nous et lui expliquai le système d’agriculture. Que normalement on alternait entre différentes sortes de culture, mais que quand les pokémons ont commencé à attaquer les humains ces champs n’avaient pas changé. C’était plutôt amusant que c'étaient les mêmes que quand j’étais venue avec Benjamin 250 ans auparavant.

Ce soir-là, je ne trouvais pas le sommeil, Évoli s’était couchée une fois de plus contre ma jambe et s’endormit pendant que je lui grattai doucement le dos. Jasper avait dit qu’elle n’avait aucun problème, ce qui veut dire qu’elle aurait pu avoir un enfant. Je ne sais pas pourquoi je m’inquiétais, je savais bien que, même si c’était la saison, les femelles ne tombaient pas automatiquement enceintes.

Qu’est-ce qui m’arrivait, pourquoi d’un coup je me préoccupais d’avoir une descendance ? Comme si mon aventure avec elle avait réveillé mes instincts de continuer ma lignée. Je n’avais pas repensé à avoir des enfants depuis que je vivais avec Alice. Je fus surpris de ne pas sentir la lame me traverser, je levai ma main devant moi. Je ne tremblais pas et je me sentais bien, je souris doucement. Peut-être que Jasper a raison et que je trouverai une partenaire parfaite pour moi comme Alice l’avait été.

Au matin, Stéphanie se préparait à repartir quand je lui fis signe d’attendre. Je me tournai vers Évoli qui attendait avec enthousiasme de repartir.

- Évoli. Elle se tourna vers moi. Je crois qu’il est temps pour toi de retourner chez toi. Elle me regarda surprise. Je peux t’aider à retourner dans la forêt en un rien de temps ou, si tu le souhaites, je peux m’arranger pour t’aider à aller où tu veux. Ces oreilles tombèrent sur sa tête.

- Mais… je voulais continuer à voyager avec vous. Dit-elle déçue.

- Tu n’as qu’à demander à Stéphanie. Commenta Gabrielle. Si tu veux voyager avec nous, tu pourrais devenir l’un de ces pokémons. Cette idée lui plut beaucoup, sa queue s’agita dans tous les sens et elle partit en sautillant autour de Stéphanie.

- Stéphanie ! Stéphanie ! Je veux voyager avec vous. Cria-t-elle surexcitée.

- Du calme, du calme Évoli, je ne comprends pas. Qu’est-ce que tu veux ?

- Je veux voyager avec vous ! répéta-t-elle enjouée.

- Elle ne te comprend pas, je te l’ai déjà expliqué que les humains ne comprennent pas les pokémons. Je lui répliquai, amusé.

- Comment je fais ? Elle marqua une pause. Demande-lui Isaac ! dit-elle, je secouai la tête.

- Désolée, si tu veux venir avec nous tu dois lui faire comprendre par toi même. Elle se colla contre ma jambe.

- Allez Isaac demande lui. Dit-elle en me suppliant d’une petite voix, je la repoussai doucement du pied. Elle rit doucement.

- Fais un effort, tu dois l’aider à te comprendre. Elle grommela de mon refus, mais s’approcha de Stéphanie.

- Qu’est-ce que tu veux me dire ? Demanda Séphanie comprenant que je refusais de lui parler pour elle. Elle s’assit devant elle pour réfléchir.

L’Évoli se pointa et pointa Stéphanie ensuite, puis pointa le chemin que nous suivons. Stéphanie regarda le chemin en réfléchissant.

- Tu veux voyager avec moi? Demanda-t-elle du premier coup qui me surprit et me rendit heureux qu’elle commence à mieux nous comprendre. Évoli poussa des petits cris en sautillant sur place pour la féliciter d’avoir trouvé. Stéphanie sortit une pokéball pour la lui présenter. Sans hésiter, Évoli frappa avec sa tête la pokéball. Quand elle sortit, elle semblait désorientée par le phénomène.

- Bienvenue dans l’équipe. Lança Gabrielle. Évoli la remercia puis nous reprîmes notre route vers le nord. Après un moment, Stéphanie se tourna vers moi quand je marchai près d’elle.

- J’ai une question, Isaac.

- Oui ?

- Combien de pokémons je peux attraper ?

- Autant que tu veux, mais plus tu auras de partenaires plus tu devras transporter de chose.

- Je ne comprends pas.

- La nourriture. Je répondis. Plus de pokémons donc plus de nourriture à transporter pour les nourrir.

- Je vois.

- Pourquoi cette question ?

- Lucas m’a donné six pokéballs, je me demandais pourquoi.

- Six ? Vois-tu à l'époque, dans toutes les sortes de compétitions, surtout la ligue pokémon, les dresseurs n'avaient le droit qu’à un maximum de six pokémons pour les combats. D’autres compétitions en demandaient moins, mais le nombre maximum était six pour la plupart.

- C’est quoi la Ligue pokémon ? demanda Évoli.

- Une très grande compétition de combat pokémon. Il y avait des milliers de dresseurs qui s’affrontaient avec leurs pokémons pour montrer que leur équipe était la plus forte.

- Il suffit d’avoir que des pokémons forts pour gagner. commenta Gabrielle.

- En fait non, des pokémons moins puissants peuvent gagner ces combats. Oui, tout dépend de leur force, mais surtout de la stratégie du dresseur.

- Que veux-tu dire, Isaac.

- Même si le pokémon est très puissant, disons comme moi, mais que l’humain qui m’accompagne ne soit pas très doué pour donner des ordres ou des stratégies, je peux avoir de la difficulté à battre des adversaires moins puissants. Mais, ça vaut dans l’autre sens, même si le pokémon n’est pas aussi puissant, avec de bonnes stratégies il peut gagner le combat.

- Tu n’as que te battre par toi-même si l’humain n'est pas très bon. Demanda Évoli.

- Dans un combat, on n’a pas toujours le temps de réfléchir, alors que le dresseur, lui, a tout le temps et voit tout le terrain contrairement à nous quand on se bat. S’il dit de sauter à gauche, tu le fais, car tu sais qu’il a vu quelque chose et tu dois l'éviter en sautant sur la gauche. Parfois, il nous propose certaines attaques, mais la manière de les utiliser, c’est nous qui décidons. Les humaines nous aident à perfectionner nos attaques. À imaginer de nouvelles manières de les utiliser.

Évoli pencha la tête sur le côté, ne comprenant pas ce que j’expliquai.

- Regarde mon Vibraqua. J’invoquai une sphère d’eau en marchant. Je pourrais la propulser comme une Aurasphère ou produire une grande vague pour repousser mon adversaire. Je peux la déformer pour me protéger. Je formai un anneau d’eau autour de moi. Ou bien l’utiliser comme une lame. Je le lui montrai ma lame d'eau, ce qui l’amusa.

- Wow !

- Même encore, il y a des centaines de possibilités. Je la fis prendre différentes formes à ma lame, une sorte de crochet, une longue lame fine et un petit, mais large. Je peux aussi faire exploser une sphère d’eau pour désorienter l'ennemi. Chaque possibilité est une manière de combattre. Les humains ont un don pour imaginer, les pokémons le sont aussi, mais bien souvent, c’est qu’ils l’ont vu par un autre pokémon qui l’a appris par un humain à l’utiliser. C’est pour cela que l’on considère les pokémons qui ont un dresseur bien plus forts que les pokémons sauvages. Mais, ce n’est pas une absolue vérité, j’ai rencontré des pokémons sauvages extrêmement puissants, mais ils se sont entraînés pendant des années.

- Être avec un dresseur rend les pokémons plus fort. Conclus l'Évoli. Je ris doucement.

- Oui et non, il faut s’entraîner, mais les humains nous aident beaucoup. Et il y a plus.

- Plus ? Demanda Évoli.

- C’est difficile à expliquer, mais vous comprendrez un jour.

Je continuai de leur parler des dresseurs et des compétitions pokémon, même Stéphanie était intéressée. Puis nous installâmes notre campement sur le bord de la route. Au loin, on commençait à apercevoir la forêt. Stéphanie était épuisée de marcher au gros soleil, elle s’installa sous la tente pour se rafraîchir.

- Hey Évoli ! Elle s’approchait de moi joyeusement.

- Oui Isaac !

- Maintenant que tu fais partie de l’équipe de Stéphanie, il faudrait que tu apprennes à te battre.

- Pourquoi ?

- En acceptant de voyager avec Stéphanie, tu acceptes de la protéger. Dans certaines régions du monde, les pokémons sont agressifs et essayeront de nous attaquer.

- Pourquoi ?

-Beaucoup de raisons, protéger leur famille, leur territoire, ou par peur. Elle émit un son pensif. Tu te sens capable de protéger tes compagnons, sinon tu peux retourner vivre dans ta forêt. Je lui dis plus sérieusement.

- Je veux voyager avec vous ! Apprends-moi à me battre ! dit-elle avec entrain.

Je lui fis signe de me suivre après avoir enlevé ma cape et mon sac. Gabrielle nous suivit pour nous regarder. Je fis signe à Évoli de rester à un endroit pendant que je me plaçais devant elle plus loin.

- Montre-moi les techniques que tu connais.

- Contre toi ? dit-elle surprise.

- Ne t’inquiète pas, tu ne me blesserais pas. Elle regarda Gabrielle qui hocha la tête.

- D’accord. Dit-elle amusé et se plaça en position pour m’attaquer.

- Quand tu veux. Je lui dis en me mettant en position.

Ces pattes s'illuminèrent, puis elle détala à toute vitesse pour me contourner par la gauche. Vive-attaque, je me dis. Elle sauta en visant le haut de mon corps, je pivotai sur moi et frappai de mon poing droit. Elle reçut mon coup directement sur le front et décolla en arrière avant de s’écraser au sol. Elle était sonnée par ma contre-attaque.

- Allez, tu peux faire mieux. Je lui dis plus sévèrement. Ce n’est pas avec ce genre d’attaque que tu pourras la protéger. Elle se releva en tanguant sur ses jambes avant de secouer la tête pour se réveiller.

- Courage Évoli. L’encouragea Gabrielle.

Elle se replaça devant moi, elle se concentra, ses yeux brillèrent un instant puis son aura changea d’un coup. Cette aura ! Je l’avais déjà senti, mais où ? Évoli fonça sur moi. Qu'est-ce que cette sensation ? C’était comme si mon corps refusait d’attaquer. Évoli me frappa en plein ventre, j’eus le souffle coupé, mais son attaque n’était pas très puissante. Je l’attrapai par la peau du cou puis la lança sur le côté. J’essayai de reprendre mon souffle en réfléchissant à ce qui venait de se passer.

Où j’avais senti cette aura ? Kévin ? Kévin ! C’était Séduction ! Elle se releva toujours aussi motivée de me combattre et me chargea. Cette fois mon corps bouge, je la repoussai avec un puissant jet d’eau quand elle sauta pour me frapper avec Vive-Attaque. Elle se releva et s’ébouriffa pour enlever l’eau sur son corps.

- Tu connais d’autres attaques ? Je lui demandai doucement. Elle secoua la tête.

- Je n’ai jamais vraiment appris à me battre. Dit-elle honteuse.

- Ce n’est pas bien grave, tu vas apprendre. Je regardai Évoli, j’avais la tête qui tournait en la regardant, sa technique de séduction était impressionnante. Entraîne-toi avec Gabrielle, apprends à éviter ses attaques électriques, cela améliorera tes réflexes.

- Pourquoi tu ne veux pas le faire ? demanda-t-elle déçue.

- Je suis un peu trop puissant pour toi, si vous vous entraînez ensemble, vous progresserez plus rapidement. Elle grommela quelque chose.

- Justement, si je me bats avec toi, je vais…

Je propulsai une onde de choc avec Lame d’Air juste à côté d’elle, si rapidement qu’elle ne l’avait pas vue. Elle tourna la tête vers la rognure dans le sol qu’elle avait faite à quelques centimètres d’elle et fut paralysée de peur.

- Je n’ai pas dit que je ne voulais pas m’entraîner avec toi. C’est que, dans un combat comme dans les entraînements, les accidents peuvent arriver. Je suis capable de contrôler mes attaques, mais avec la différence de force entre nous, je risque de te blesser gravement si je ne la contrôle pas correctement.

- Commence à t’entraîner avec Gabrielle. Je lui répétai avant de retourner près de la tente.


Stéphanie s’était endormie sur son sac de couchage. Je regardai Évoli et Gabrielle qui avaient commencé à s’entraîner. Je m’étendis dans l’entrée de la tente avec les pieds en dehors en attendant que Stéphanie se réveille. Je surveillais par l’aura Gabrielle et Évoli. Évoli était vraiment rapide, tout comme Gabrielle. Elle évitait ses attaques habilement et essayait même de riposter de temps à autre avec Vive-Attaque.

Stéphanie se réveilla un peu plus tard et me regarda, amusée de me voir couché dans l’entrée. Elle s’assit près de moi quand je me redressai, elle regarda ses deux pokémons qui avaient recommencé à s’entraîner après une petite pause.

- Sort ton pokédex. Je lui dis doucement. Elle s'exécuta. Commence par regarder la fiche d’Évoli.

- Tu veux voir quelque chose ? Elle me présenta le pokédex entre nous deux.

- Regarde ici, talent inné.

- C’est quoi. Je souris légèrement je me souvenais de lui en avoir déjà parlé, il y a plusieurs jours.

- Chaque pokémon a un talent inné, le mien est Attention. Cela me permet de rester attentif en combat et ne pas être affecté par certaines techniques. Je lui montrai celui d’Évoli.

- Adaptabilité ? Qu’est-ce que c’est ?

- Touche l’icône à côté, il va te donner une description.

- Les attaques de son type sont plus puissantes ? Demanda-t-elle.

- En somme si un pokémon feu utilise une attaque feu elle serait plus puissante, pour Évoli se sont… Je lui laissai finir ma phrase.

- Les attaques normales. Dit-elle après avoir regardé la fiche d’Évoli.

- Regarde celui de Gabrielle. Je lui proposai, elle le fit rapidement, intéressée d’en apprendre plus.

- Plus ? Demanda-t-elle surprise, je lui fis signe de lire. Augmente les capacités spéciales jumelées avec un pokémon qui a le talent Minus.

- C’est deux talents qui ne fonctionnent qu’avec l’autre.

- Quel genre de pokémon a le talent Minus?

- Celui le plus facile à se rappeler, c’est un Posipi pour Plus et les Négapi pour le talent Minus.

- Un Négapi.

- Oui, Félix est un Négapi. Cependant, Félix est un peu spécial de ce côté-là. À cause de la voix de l’aura qu’il possède, il a deux talents innés.

- C’est possible ?

- Pas vraiment, mais les pokémons qui ont la voix de l’aura ont tous des particularités. Il ne faut pas nous voir comme les autres pokémons. Elle navigua un moment dans le pokédex.

- Pourquoi tu voulais me montrer cela ? Je lui montrai son pokédex.

- Dans le pokédex, il y a la liste de toutes les attaques existantes, sans oublier qu’il peut t’expliquer quelle attaque chaque pokémon peut apprendre. Apprends à l’utiliser, tu peux apprendre beaucoup de choses sans mon aide.

- J’ai compris. Dit-elle en naviguant avec amusement dans le pokédex.

- Une dernière chose. Elle se tourna vers moi. je désignai ses deux pokémons.

- Tu devrais réfléchir à leur apprendre une nouvelle attaque.

- Pourquoi ?

- Apprendre de nouvelles attaques nous aide à développer nos capacités, notre force et notre confiance. En plus, cela motive le pokémon à s’entraîner dur pour apprendre et à perfectionner cette nouvelle technique. Elle regarda le pokédex découragée.

- Comment, je fais pour choisir quelle technique leur apprendre.

- Ce n’est pas toi qui vas choisir, mais tes pokémons. Elle me regarda surprise. Écoute, c’est vrai que tes pokémons peuvent apprendre les techniques que tu veux, mais tu dois le faire selon leur désir.

- Je vais t’expliquer, je continua. Tu dois comprendre ce que désirent tes pokémons, un pokémon qui n’aime pas les combats corps à corps ne voudra pas apprendre une technique l’obligeant à se rapprocher de son ennemie. Elle hocha la tête.

- Tu dois observer tes pokémons et comprendre comment ils aiment se battre. Elle regarda ses pokémons, inquiète du défi. Je vais t’aider un peu. Elle me remercia.

- Commence par regarder les attaques que connaît Gabrielle. Éclair et Onde de choc, deux attaques électriques, et deux attaques à distance. Elle n’est pas trop habile à se battre avec ses poings ou le reste de son corps.

- Elle préfère rester à distance. Termina Stéphanie.

- Oui, regarde Évoli, elle ne connaît que Vive-Attaque et Attraction, elle fait un effort pour se battre au corps à corps, mais serait aussi bonne à se battre à distance. Pour l’instant, je ne sais pas trop comment elle veut se battre. Elle commence à peine à s’entraîner au combat.

- D’accord.

- Je te conseille d’attendre de voir ce qui plairait à Évoli et à Gabrielle d’apprendre comme nouvelle attaque. Je la laissai réfléchir et partis chercher quelques patates pour le repas. Quand je revins, j’avertis les deux autres pokémons de venir manger. Quand le repas fut terminé, Stéphanie s’approcha de ses pokémons.

- Vous avez une mine affreuse. Dit-elle doucement, les deux pokémons étaient couverts de poussière et Évoli avait tout son pelage de travers par mon attaque eau. Elle sortit sa brosse et s’installa à l’entrée de sa tente.

- Vient par là Gabrielle. Le pokémon électrique s’approcha rapidement d’elle contente de ce faire brosser. Évoli l’observa avec intérêt, ce n’était pas la première fois qu’elle voyait Stéphanie brosser un pokémon, mais c’était la première fois qu’elle allait se faire brosser.

Gabrielle poussa de grands cris pour la remercier quand elle termina puis elle invita Évoli. Elle sautilla d’impatience en s’approchant d’elle. Ça prit un moment, mais Stéphanie réussit à démêler la fourrure d’Évoli.

- Tu te sens comment ? Je lui demandai amusé, quand elle termina. Elle tourna sur elle-même pour se regarder.

- Je me sens bien. Cria-t-elle joyeusement.

- Au suivant, Isaac. Continua Stéphanie.

- Pardon ?

- Viens toi aussi.

- Tu n’as pas besoin de le faire pour moi. Je lui répliquai, elle parut choquée.

- Tu t’es regardé ? Depuis combien de temps ne t'es-tu pas fait la toilette ? Surprit de son commentaire, je me regardai. Je portais ma cape depuis le début du voyage. Même lors de notre arrêt à Célesta, je n’avais pas pris la peine de me toiletter. La seule fois que je l’avais enlevé, c’était quand j’avais passé la nuit avec Évoli.



Ma fourrure était par endroits écrasée ou emmêlée. Sans parler de mes jambes et de mon dos couverts de poussière. Je n’avais pas de miroir, mais j’étais certain que j’avais quelques ‘mèches rebelles’ sur le côté droit de mon visage que je sentais depuis ce matin. Sans eau pour se laver, c’était un peu compliqué de se nettoyer correctement.

- Viens ici. Dit-elle avec plus d'autorité, voyant que j’hésitais. Je m’approchai d’elle et elle me fit signe de m’asseoir devant elle. Je m’assis dos à elle pour qu’elle commence par là.

Elle commença dans le bas de ma tête en descendant dans le bas du dos. Aucun pokémon ne résistait à cette sensation, c’était comme se faire masser en même temps que se laver. Je sentais ma queue s’agiter dans tous les sens et Stéphanie amusée. Toutefois, quand elle brossa ma queue, elle dut tirer fort pour démêler des nœuds, ce qui lui valut plusieurs grognements de ma part.

- C’est à toi de te brosser plus souvent. Répliqua-t-elle après plusieurs grognements de ma part.

Quand elle eut terminé mon dos, elle me demanda de me tourner. Je me tournai d’un quart de tour en lui présentant mon bras. Elle n’était pas habituée à un pokémon de ma taille. Quand elle termina avec mon bras, je tournai pour qu’elle fasse l’autre avant de me mettre en face d’elle. Elle me sourit, puis elle prit doucement ma tête pour brosser mes joues et mon cou. Elle nettoya mon torse et mes épaules, ce qui me fit un bien fou, puis fit mes jambes une à une.


Elle me demanda de me mettre de dos pour terminer ma tête, mais j’hésitai, je ne voulais pas la choquer ni qu’elle touche mes oreilles sensibles. Je me tournai doucement. Quand elle commença par le sommet de ma tête, je la sentis s’approcher de mes oreilles. Je paniquai et tassai ma tête avant de me relever.

- C’est bon je vais terminer. Je lui dis doucement en tendant la main pour avoir la brosse. Elle me la donna, toujours surprise et je me brossai rapidement les oreilles avant de lui redonner en la remerciant.

Je sentais toujours quelques touffes de fourrure rebelle, mais tant que je n’avais pas pris un bain, je n’arriverais pas à les replacer. Je récupérai mon matériel et le plaçai dans la tente avant d’allumer une petite lumière que j’accrochai au plafond. Gabrielle et Évoli rentrèrent dans la tente avec moi et commencèrent à discuter de tout et de rien.

- Discute avec eux. Je lançai par télépathie à Stéphanie, qui restait silencieuse dans son coin. Elle me regarda sans savoir quoi dire. Parle-leur d’où tu vivais, parle-leur de tes projets futurs. De ce que tu as appris, ce n’est pas grave si tu ne les comprends pas, l'important, c’est de discuter. Elle prit un moment, puis appela ses deux pokémons.

Elle discuta de ce qu’elle avait vu, comment les humains étaient et comment ils vivaient. Elle leur parla des talents innés que je venais de lui faire découvrir. De nouveau, Gabrielle semblait comprendre, mais Évoli ne connaissait pas. Elle leur parlait de peut-être leur apprendre de nouvelles attaques, qui leur plurent beaucoup à la surprise de Stéphanie.

Stéphanie arrêta de parler un moment puis décida de donner un nom à Évoli, comme elle démarrait une nouvelle vie, elle méritait un nouveau nom. L’idée plut beaucoup à Évoli, le petit pokémon me demanda de le choisir, ce qui me dérouta beaucoup. Je lui expliquai que c’était normalement leur dresseur qui en donnait, mais elle insista.

- Tu es le mieux placé pour me trouver un nom… tu me connais beaucoup plus. Dit-elle un peu gênée, car elle parlait du moment intime qu’on avait partagé.

- D’accord. Je dis finalement après avoir regardé Stéphanie qui hocha la tête en approbation. Elle sautilla sur place en poussant des petits surexcités. Je réfléchis, elle était gentille et très énergique. Elle était toujours de bonne humeur et riait facilement.

- Que penses-tu de Amélia ? Elle s’arrêta net devant moi. Quoi ce n’est pas beau ? Je demandai inquiet.

- C’est magnifique ! Cria-t-elle puis elle cria son nom à plusieurs reprises, ce qui me fit rire et Stéphanie aussi.

Tous les soirs, à partir de cette soirée, Stéphanie voulait nous brosser surtout après que l'on se soit entraîné durement. Ça ne nous déplaisait absolument pas, mais nous n’étions juste pas encore habitués à cette routine. Après trois fois, elle comprit que je n’aimais pas qu’elle me brosse la tête.

- Demain on va pouvoir se laver et se reposer dans l’eau, il y a une rivière qui traverse la forêt d’est en ouest. Je lui dis en montrant la forêt de droite à gauche, mais mon regard fut attiré par quelque chose loin à droite, ou plutôt l’absence de sauge près de la forêt. Stéphanie s’approcha de moi quand les deux petits pokémons poussèrent des cris de joie à l'idée de se laver.

- Qu’est-ce que tu regardes ?

- Là-bas. Je lui dis en désignant une grande forme vide de sauge près de la forêt. Les arbres sur le bord de cette zone étaient soit morts, soit noircis par un feu.

- Tu veux aller voir ?

- Je ne crois pas que ça soit une bonne idée. Je dis, mais je ne sentais aucune tension ni pokémon agressif. Stéphanie fouilla dans les poches latérales de son sac à dos et sortit des jumelles.

- Il y a des fleurs ! Cria-t-elle en me tendant les jumelles, je regardais dans cette direction. Elle avait raison, de ce que je pouvais voir la zone découverte était remplie de fleurs de différentes couleurs.

- Des fleurs ! Cria Amélia. Je veux aller les voir ! Elle détala dans la direction qu’on regardait. J’eus juste le temps de l’attraper au passage par la peau du cou.

- Pas si vite ! Je lui criai dessus. Ce n’est pas à toi de décider , mais à ta dresseuse. Elle se débâtit en criant qu’elle voulait les voir. Compris ! Je lui dis plus sévèrement.

- Lâche-moi. Dit-elle mécontente.

- Ton devoir est de protéger ton dresseur, si tu cours dans tous les sens comme ça et que tu la laisses toute seule, elle pourrait se faire attaquer. Je lui dis en la déposant au sol près de Stéphanie.

- Je veux aller voir les fleurs. Cria-t-elle joyeusement en tournant autour de Stéphanie. Je soupirai qu’elle ne m’écoutait pas.

- Du calme Amélia. Dis doucement Stéphanie. Je veux aussi aller les voir. Elle leva la tête vers moi pendant que l’Évoli poussa des cris de joie. Tu crois que c’est sécuritaire?

- Je ne sens pas de présence agressive, c’est trop loin pour dire s’il y a des pokémons ou non. Je me tournai vers elle. C’est toi qui décides, je suis que ton guide. Elle hocha la tête.

- On y va.

On se rapprocha de la forêt et on marcha près du champ de sauge pour nous rendre dans ce petit champ de fleurs. Je sentais la présence de plusieurs pokémons, mais aucun ne semblait agressif envers les autres. On dépassa la dernière rangée de grandes tiges de sauge, et j'eus le souffle coupé.

Il y avait des milliers de fleurs, toutes ressemblant par espèce et couleur. Il y avait des plus petites aux plus grandes tournesols. Amélia nous dépassa en sautillant dans les rangs faits par des pokémons qui entretenaient ce jardin. Gabrielle s’avança à son tour pour admirer de grandes fleurs orangées.

- C’est incroyable. Lança Stéphanie. Je n’ai jamais vu autant de fleurs, même à Célesta il n'y en avait pas autant. Elle avait raison, la zone dégagée était tellement grande que c’était impressionnant que toutes ces fleurs la remplissent.


Je marchai près de Stéphanie, elle se pencha pour toucher une fleur bleue, quand d’un coup l’air changea. Des milliers de pétales de fleur tournoyèrent autour de nous, Danse fleur !

- Attention ! Je criai, j’invoquai ma lame d’air et repoussai l’attaque contre Stéphanie. Amélia évita de justesse une rafale de ces pétales coupants, mais pas Gabrielle qui était de dos. Elle poussa un cri et s’écrasa au sol, le dos rempli de petites coupures.

- Gabrielle ! Stéphanie courut près d’elle.

- Protège-la ! J’ordonnai à Amélia. Je scrutai la zone avec mon aura, je sentais la présence du pokémon qui nous avait attaqués parmi les grands tournesols.

- Laissez mes fleurs ! hurla-t-elle en colère. Partez !

- Nous sommes juste venus les voir. Je dis doucement.

- Partez ! cria-t-elle, mais elle avait peur. Peur de moi, c’était pas Stéphanie qu’elle avait visée, mais moi. Ne touchez pas à mes fleurs. Gémit-elle. Je fis disparaître la lame.

- Vos fleurs sont magiques. Je dis pour la calmer. Nous ne sommes pas venus pour vous attaquer ou toucher à vos fleurs.

- Elles sentent bon ! Cria Amélia joyeusement, mais Stéphanie était terrorisée.

- Vraiment !?

- Sortez s’il vous plaît, je sens votre aura. Ça ne sert à rien de rester caché. Je la sentis avoir peur. Je veux juste vous voir, je ne vous attaquerai pas.

- Ça va Gabrielle ? demanda Stéphanie derrière nous. Elle se releva avec peine.

- Oui. Dit-elle souffrant un peu des coupures dans son dos.

- Stéphanie, le pokémon pense que nous sommes venus détruire ses fleurs. Essaye de lui dire quelque chose. Je lui dis par télépathie, je la sentis avoir peur. Courage, tu dois apprendre à te faire comprendre par les pokémons. Elle s’avança de quelques pas près de moi.

- Je suis désolée de vous avoir fait peur, je voulais faire plaisir à mes pokémons en montrant votre magnifique jardin. Je ne connais pas grand-chose de ce monde, je suis une humaine et je n’ai jamais connu le monde des pokémons.

- Un humain ? Cria plusieurs pokémons autour de nous.

- Votre jardin est incroyable. Dit-elle en admiration. Vous me permettez de rester un moment ? Le pokémon bougea entre les tournesols, c’était une Héliatronc. Elle nous regarda un à un, mais elle avait toujours peur de moi. Amélia tourna autour de moi.

- Isaac ! Isaac regarde toutes ces fleurs. Cria-t-elle en sautillant, elle s’arrêta près de plusieurs fleurs pour les sentir. Woa ! Elles sentent si bon. Je me penchai pour sentir leur odeur aussi.

L’Héliatronc fut plus en confiance, elle poussa un léger cri puis une odeur agréable traversa le champ de fleurs. Je me tournai vers le pokémon plante, elle utilisait Doux parfum. Tous les pokémons cachés autour de nous sortirent en poussant de petits cris. Ils se regroupèrent tous autour de Stéphanie. Je m’approchai de Gabrielle. J'aurais préféré que Stéphanie la soigne elle-même, mais tous les pokémons l’accaparaient.

Je sortis une pommade de mon sac en lui demandant de s’asseoir devant moi. Elle se laissa faire en surveillant les pokémons qui s’amusaient autour d’elle. Il y avait toute sorte de pokémons, beaucoup de pokémons plante, Mystherbe, Bulbizarre, Rozboutons, Roselia, Granivol, de nombreux Tournegrin. Il y avait encore plus de pokémons insectes qui volaient de fleurs en fleurs. Il y avait même quelques Apitrini. Il y avait d’autres pokémons aussi, d’autres types, il y avait même un couple de Sabelette qui aidait à entretenir le jardin.

- Tu te sens mieux ? Je demdandai à Gabrielle quand je terminais de mettre de la pommade sur ses coupures. Elle hocha la tête. Tien regarde, il y a deux jeunes Lixy là-bas, tu devrais aller leur dire bonjour, ils aiment toujours rencontrer d'autres pokémon électriques.

Elle se tourna vers les pokémons que je désignais, ils s’amusaient à se pousser sur un petit chemin de terre. Elle se leva doucement.

- Essaye de ne pas toucher ton dos pendant un moment. Je lui dis en toucha sa tête, elle chassa ma main amusée. Je préférais la voir contente que triste.

Elle s’approcha des deux Lixy. Dès qu’ils l'aperçurent, ils s’approchèrent d’elle contents de rencontrer un autre pokémon électrique. Ils échangèrent leur électricité, mais remarquèrent les blessures de Gabrielle quand elle leur montra sa queue pour les saluer et semblaient attristés de ce qui s’était passé.

Je discutai avec différents pokémons, puis avec l’Héliatronc. Elle était désolée de nous avoir attaqués... de m’avoir attaqué. Elle m’expliqua que ce n’était pas la première fois qu’un pokémon l’attaquait, la dernière avait brûlé une partie de la forêt derrière son jardin.

- Comment tu fais pour avoir autant de variétés de fleurs ? Certaines ne poussent normalement pas sur ce continent.

Elle me fit signe de la suivre et on approcha de la forêt, il y avait plusieurs petites sections de fleurs entourées par des pierres. Chacune était différente et il y avait plusieurs espèces dans chaque section. Je les regardai un moment, Héliatronc semblait nerveuse que je m’approche d’aussi près. Aucune de ces fleurs ne poussait dans son grand jardin.

- Noarfang m’apporte des graines de différentes fleurs. Elle s’approcha d’un tas de pierres empiler non loin de ses petits jardins. Elle bougea quelques pierres et sortit quelque chose du tas de pierres. Elle s’approcha de moi et me présenta l’objet, c’était des graines. Toutes petites, mais qui semblaient très précieuses pour elle, elle s’approcha d’un petit carré de terre entouré de pierres.

Elle planta la graine puis leva la tête vers le champ de fleurs. Immédiatement, un pokémon eau accourut vers elle, un Tarpaud. Il arrosa doucement la graine qu’elle venait de planter, puis il se déplaça pour laisser la place au pokémon plante. Elle se pencha en tendant son bras au-dessus, une lueur verte se dégagea de sa feuille, puis la terre remua. Une tige s’allongea rapidement puis forma une magnifique fleur ronde rouge avec le cœur noir.

- Je peux faire pousser les fleurs, mais je dois attendre d’avoir des graines. Elles peuvent être produites que naturellement. Je touchai doucement la fleur avec les doigts, c’était impressionnant le talent qu’elle avait.

- Tu as parlé d’un Noarfang ?

- Il voyage autour du monde pour me trouver des fleurs. Dit-elle heureuse, parler de ce pokémon la rendait heureuse.

- C’est ton partenaire ? Je lui demandai en me relevant, elle se gêna.

- Non.

- Je suis un Lucario, je sens ce que vous ressentez quand vous parlez de lui. Le Tarpaud regarda Héliatronc.

- C’est un pokémon Vol, je suis de type plante. Dit-elle pour se défendre.

- Et alors ?

- Nous ne pouvons pas vivre ensemble. Elle me regarda puis détourna le regard en me voyant contrarié de sa réponse.

- Ma sœur partage sa vie avec des pokémons feu, mon oncle est un pokémon eau et a eu un enfant avec un pokémon électrique. La nature de l’espèce n’importe pas quand c’est l’amour. Elle ne savait pas quoi répondre, je décidai de changer de sujet.

- Mon père est un grand amateur de fleurs et de plantes. Elle me regarda avec surprise. Je pourrais lui demander de venir voir votre jardin, il sera vraiment impressionné. Elle reprit son enthousiasme en disant qu’un autre pokémon aimerait son jardin.

- De plus, il pourrait ajouter de nombreuses fleurs et plantes à votre jardin et vous aider à l’agrandir.

- Vraiment ! dit-elle avec enthousiasme de voir son œuvre s’agrandir de nouveau.

- C’est vrai, il entretient tous les jardins de Célesta depuis des années. Il connaît toutes des plantes et des baies.

Je lui parlais de Célesta, de ces magnifiques jardins que mon père avait faits avec l’aide des habitants de Célesta. On passa une bonne partie de la journée à discuter avec les pokémons de la région. J'appris plusieurs choses utiles, mais que je connaissais déjà. Rien n’avait vraiment changé depuis la dernière fois que j’étais venu ici.

Un peu avant le coucher du soleil nous reprîmes notre voyage vers le nord en passant par la forêt. Le lendemain, je contactai mon père pour lui parler de ce jardin, il était vraiment content à l’idée d’aller le voir. J’étais content pour lui, mais je m’inquiétais un peu du prochain voyage, pour le moment trouver la rivière pour se nettoyer !