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La voix de l'aura, Tome 5 : Survie de MARC2750



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Informations

» Auteur : MARC2750 - Voir le profil
» Créé le 25/01/2026 à 18:21
» Dernière mise à jour le 25/01/2026 à 18:21

» Mots-clés :   Action   Aventure   Région inventée

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Chapitre 1 : Une lueur d’espoir

La pire chose au monde est arrivée par ma faute et celle de mon père, la guerre entre les humains et les pokémons. Jamais au monde il n’y avait connu un désastre aussi important. En moins de dix ans, les humains avaient été exterminés! Enfin presque tous.

Quand la guerre commença, les premières villes humaines qui furent frappées furent les villes côtières. En quelques heures, elles étaient complètement détruites sans que nous puissions faire quelque chose, sauf constater avec effroi l’œuvre de leur colère. Le massacre continua rapidement avec d’autres villes humaines. Ryla voulait aider les humains avec les Gardiens de l’Aura, mais mon père s’y opposait.

- Tu n’es plus le chef des Gardiens. Cria-t-elle avec force contre notre père.

- Je t’interdis d’y aller. Lança mon père en colère. On ne peut rien faire… ce n’est pas notre combat.

- Je n’ai pas d’ordre à recevoir de ta part! hurla Ryla avant de sortir de la pièce en colère. Je regardai mon père, il était désemparé et se sentait impuissant devant la guerre qui faisait rage. Je voulus parler, mais je ne savais pas quoi dire.

- Protège-la. Dis mon père dans un murmure, il se tourna vers moi en pleurant. Je t‘en supplie, protège-la. Me dit-il, je hochai simplement de la tête, incapable de supporter sa détresse.

La ville de Trimon sur le continent de Val était attaquée. Ma sœur voulait les aider à fuir la ville et à protéger les humains. Nous apparûmes sur une petite colline non loin de la rentrée Est de la ville. Il y avait des centaines d’humains qui fuyaient, des enfants, des adultes. Des centaines de pokémons sortirent de la ville en feu pour les poursuivre. J’étais incapable de bouger devant le spectacle qui se passait sous mes yeux, alors Ryan s’avança devant nous.

Il frappa avec force le sol devant lui en poussant un puissant hurlement. D’énormes piliers de pierres sortirent du sol et coupèrent la plaine en deux devant nous. Malheureusement, certains humains furent pris du côté de la ville par le mur de pierre, mais la majorité des pokémons qui attaquaient la ville l’étaient aussi.

- Foncer ! Hurla Ryan au Gardien de l’Aura. Tout le monde se précipita du côté Est du mur pour secourir les humains. Je m’approchai d’un homme, mais quand il me vit il se retourna et courut loin de moi. Il avait peur de moi… je regardai autour de moi, tous les Gardiens de l’Aura pokémon faisaient le même effet, seuls les dresseurs arrivaient à s’approcher des humains pour les aider.

- Téléportez-les près de la ville la plus proche ! Cria Ryla avec force en me dépassant. Les dresseurs qui avaient réussi à prendre contact les téléportèrent en ville. Les pokémons qui n’avaient pas été bloqués par le mur attaquaient sans hésitation les humains qui fuyaient, mais aussi les dresseurs.

Ryla s’approcha d’une femme avec sa fille dans ses bras qui courait. Elle se plaça devant eux en leur faisant signe de la suivre.

- Par Ici ! Cria Ryla pour les aider. Ryla tendit le bras pour l’aider, mais la femme fit un pas sur le côté pour éviter Ryla. Surprise, Ryla attrapa le bras libre de la femme. Suivez m..

Elle n’eut pas le temps de terminer sa phrase que la femme se retourna rapidement et gifla avec force Ryla.

- Ne nous touchez pas, sale monstre ! Hurla la femme contre la Lucario. Ryla se figea sur place, l’humaine était complètement terrorisée par nous. Elle serra sa fille dans ses bras et reparties en courant.

Ryla était incapable de bouger, je m’approchai d’elle. Elle ne réagit pas à ma présence, elle était complètement absente.

- Ryla ! Je lui criai, mais elle ne réagit toujours pas. Une puissante tension se fit sentir derrière moi. Un pokémon allait m’attaquer ! Je plaquai Ryla au sol avec force, un torrent de flammes passa juste au-dessus de nous. Sans me relever, je propulsai une Aurasphère droit vers l’origine du souffle de feu. Le Magmar s’écrasa au sol le torse transpercé par mon attaque.

Je me plaçai au-dessus de Ryla.

- Debout ! Je lui hurlai en la secouant, mais elle ne réagissait toujours pas.

Elle tourna la tête vers sa droite, je suivis rapidement son regard. Une puissante odeur de chair brûlée envahit mon museau. À peine quelques mètres de nous, il y avait le corps de la femme et de sa fille encore en train de brûler. C’était simplement affreux, brûlé vif !

Ryla gémit doucement, je me forçai à détourner le regard de cette vision cauchemardesque. Elle pleurait, terrorisée. Je ne l'avais vu qu’une fois dans cet état et même là, elle n’avait pas autant peur que maintenant. Je la secouai en criant son nom pendant qu’un autre pokémon m'attaquait. Je bloquai l’attaque avec Vibraqua avant de repousser le Colossinge qui m’attaquait.

- Debout ! Je hurlai contre Ryla, mais elle ne bougeait toujours pas, perdue dans sa terreur. Je la giflai avec force en cria son nom. Ressaisis-toi! Elle sursauta au coup puis me regarda, désorientée.

- On doit partir d’ici ! Je lui criai en me relevant. Je bloquai une autre attaque contre nous puis elle se releva doucement. Elle tourna la tête vers les corps en feu, je sentis une puissante peur monter en elle puis elle se mit à trembler.

Un Feunard nous attaqua avec un torrent de feu que je réussis à bloquer avec Vibraqua. Quand les flammes touchèrent mon eau, Ryla poussa un hurlement de peur avant de tomber à genoux, terrorisée par les flammes. Elle avait peur du feu !? Jamais depuis qu’elle portait son bracelet avec la pierre d’âme du feu elle avait eu peur du feu. Des plus grands brasiers aux plus petites attaques de feu. Elle n’avait jamais bronché devant des flammes.

Je repoussai le pokémon feu avant de me pencher devant elle.

- Ryla réveille toi ! Ce n’était vraiment pas le temps de se perdre, je devais la réveiller et partir de cet enfer. Ryla ! Je lui hurlai juste devant son visage puis elle me regarda, toujours autant désorientée.

- Ne reste pas planté là ! Tu es Ryla Haltir, Chef des Gardiens de l’Aura. Réveille-toi ! Je la sentis sortir de sa stupeur avant de se relevée.

Elle regarda autour d’elle, il y avait des combats de tout côté, des corps partout, des hurlements de douleur et de rage qui s’élevaient autour de nous. Les dresseurs se faisaient attaquer par les pokémons, les Gardiens de l’Aura étaient dépassés par leur nombre. Une puissante explosion s’éleva derrière nous puis le sol se mit à vibrer. Des centaines de pokémons se déversaient par l’énorme fissure dans le mur de pierre comme un torrent d’eau.

- Ryla ! Je lui hurlai pour qu’elle redevienne la grande Lucario qu’elle était, non celle que je voyais terroriser devant moi. Elle me regarda un instant, encore terrorisée, puis son regard devint sévère et autoritaire.

- On repart à Célesta ! Cria Ryla en se tournant sur elle en projetant sa voix à travers la voix de l’aura. Sauver le plus de personnes et disparaissez!

Elle se retourna vers la horde de pokémons qui déferlait sur la plaine. Elle prit une profonde inspiration pour chasser ses dernières traces de peur puis bombarda la plaine d’Aurasphère. De mon côté, je balayai le plus grand nombre de pokémons avec Vibraqua jusqu’à temps qu’un pokémon se téléportât près de nous.

- Il faut partir. Lança le Gallame rapidement. Ryla tourna la tête vers lui. Tout le monde est parti, il faut y aller. Pressa-t-il en nous tendant ses bras.

Nous retournâmes à Célesta. Dès que je mis pied à terre, je me tournai sur moi pour regarder les gens dans la cour. Il y avait plusieurs humains que nous avions sauvés, mais beaucoup de blessés, même que certains ne survivront pas à leur blessure. Ryla m’imita, mais ses émotions devinrent tristes.

- Ils sont si peu. Marmonna ma sœur à elle-même.

Ce fut un coup dur pour Ryla, elle avait sauvé 127 humains, mais au prix de neuf gardiens de l’Aura. Quatre pokémons et cinq dresseurs avaient perdu la vie… le tribut était trop lourd pour le peu de personnes sauvées. C’était terrible, ma sœur se referma sur elle-même pendant quelques jours après ce sauvetage, puis fit une déclaration qui surprit tout le monde.

- À partir de ce jour. Commença-t-elle doucement au centre du jardin intérieur devant tous les Gardiens de l’Aura. Je dissous les Gardiens de l’Aura! Cria-t-elle avec force comme si elle était elle-même terrorisée par ces paroles. Tous les Gardiens de l’Aura protestèrent, mais mon père et moi on savait que c’était … le meilleur choix à faire.

- Ça suffit. Lança Ryla avec autorité. Les Gardiens de l’Aura existent pour protéger l’équilibre entre les pokémons et les humains. L’humanité a repoussé les pokémons, les Gardiens de l’Aura n’ont plus aucune utilité. Dit-elle tristement.

Les Gardiens de l’Aura furent démantelés, mais mon père refusa d’effacer le titre de sa fille. Il croyait toujours que les humains et les pokémons pouvaient vivre ensemble. Pour ma part, je voulais y croire, mais les combats avaient à peine commencé que j’étais déjà épuisé de ces affrontements.

La guerre continua entre les pokémons et les humains. Les villes tombèrent rapidement puis les humains inventèrent des moyens pour se défendre. Ils construisirent d’énormes murs renforcés autour de leur dernière ville. Ils créèrent aussi des armes et des armures pour combattre les pokémons. Étrangement, j’étais impressionné, mais surtout terrifié devant leur ingéniosité et leur imagination.

Malgré leurs progrès, les humains continuaient de disparaître peu à peu, nous étions complètement impuissants devant ce qui passait. Le nombre de victimes des deux espèces était impressionnant, mais les pokémons étaient beaucoup plus nombreux et puissants que les humains, même avec leur technologie.

Les derniers humains étaient à Célesta ou à la ville fortifiée de Taris sur le continent de Quive. Le siège avait commencé et c’était une question de temps avant que la cité soit détruite comme les autres.

Mon père utilisa la voix de l’autre au cœur de cette bataille, tous les pokémons et les humains arrêtèrent pour l’écouter. Il réussit à établir un cessez-le feu, puis conclut un pacte pour sauver l’humanité… plutôt pour sauver les pokémons et les humains, car sans l'un l’autre n’est rien.

Les pokémons exilèrent les tout derniers humains du monde. Mon père et les autres utilisateurs de la voix de l’aura parcoururent la future terre des humains. Elle était située à une extrémité du continent Glory. Il y avait une grande chaîne de montagne qui l’entourait et la séparait du reste du continent. Les montagnes étaient extrêmement difficiles à traverser, il n'y avait qu’une seule entrée, enfin, une grande entrée qui s'étendait sur plusieurs centaines de kilomètres, mais les pokémons roche avaient dressé des piliers de pierre pour rappeler aux humains comme aux pokémons de ne pas les franchir.

Les humains ne pouvaient pas sortir de cette zone sans traverser les piliers ou franchir les grandes montagnes, la végétation au cœur de cette prison était suffisante pour nourrir ce qui restait des humains. Mon père cacha en secret des outils et du matériel pendant qu’il expulsait les pokémons de la région afin de donner une chance de plus aux humains de survivre au premier hiver.

Pour leur survie, tous les humains de Célesta devaient rejoindre ce refuge sans exception, sinon les pokémons termineraient ce qu’ils avaient commencé. Lorsque les derniers humains quittèrent la ville de Taris, sans la moindre excitation ni pitié, les pokémons détruisirent la ville.

Je détournai les yeux devant le spectacle. J'étais incapable de regarder la ville brûler et s’effondrer. Les pokémons poussèrent des cris de joie à la destruction de la ville. Comment pouvaient-ils fêter la disparition des humains ? Ils ne comprenaient pas ! Ils se disaient libres, mais ils ne faisaient que se condamner. Sans les humains, les pokémons n’auront plus de but, plus de rêve, plus de vie!

Je n’avais jamais senti Célesta avec si peu d’énergie, j’avais l’impression de marcher dans une cité vide… vide de sens. Comme si un silence permanent pesait sur Célesta. Pourtant, il y avait beaucoup de pokémons qui vivaient et jouaient. Il manquait quelque chose à la ville… il manquait les humains.

Je ne supportais plus ce silence, cette sensation de vide. Je quittais Célesta pour voyager, mais à chaque fois que je revenais je ne supportais pas de voir Célesta dans cet état. Mon père avait espoir que les humains allaient revenir, au fond de moi j’y croyais aussi. Dix ans, vingt ans, deux siècles, je savais, comme mon père, qu’ils allaient revenir, mais dans combien de temps ? et comment ?

Cinquante ans s'étaient écoulés depuis l'exil des humains, je voyageais toujours autant. Mon père n’aimait pas que je m’absente parfois longtemps. Je lui donnais des nouvelles du monde… rien de bon.

La nature reprenait ses droits sur les constructions et ruines des humains, les déserts s’étendant plus loin, détruisant les années d'efforts des humains et des pokémons pour les contenir. Les feux, les inondations, les tremblements de terre et les autres désastres naturels détruisaient la planète sans la moindre résistance. Des millions de plantes et d’arbres étaient détruits, des milliers de pokémons mouraient par ces désastres alors que les humains auraient pu sauver la nature ou limiter les dégâts.

Les pokémons perdaient de plus en plus leur humanité, devenant de plus en plus agressifs pour la nourriture et l’eau. Se battant à mort juste pour pouvoir survivre un jour de plus. La maladie commençait à faire rage dans certaines régions. Les pokémons ne voyageaient presque plus, ils n’avaient plus de désir, sauf celui de survivre. Certains avaient complètement perdu la parole, émettant des sons pour exprimer leurs émotions. Le monde sombrait lentement.

Aujourd’hui, je me retrouvais une fois de plus dans les ruines de la ville près des grands piliers de pierres. C’était la ville… comment elle s’appelait déjà… Jéry! La ville de Jéry était très proche des piliers de pierre. En regardant bien à travers les arbres, je pouvais voir de temps en temps l’un de ces immenses piliers.

Je fouillais une fois de plus les ruines de la ville, il ne restait presque plus rien. Chaque année, je revenais ici pour observer les limites du territoire des humains. Je rêvais de les voir franchir en toute liberté les limites des piliers de pierre.

Je déplaçai quelques graves au sol. Depuis plusieurs années, je ne retrouvais aucun objet dans les ruines des villes. Au début, je retrouvais souvent des objets de toutes sortes, des outils de cuisine, de construction ou des objets qui avaient résisté au feu et au tremblement de terre. Dans les villes côtières qui s’étaient fait balayer par d'énormes vagues, je retrouvais plus d’objets de toutes sortes. Des livres en partie détruits, des meubles, des vêtements, des jouets et même un ordinateur portable qui avait pris l’eau.

Je soupirai devant la terre humide et le gravier sous la pierre que je déplaçai. Je levai les yeux vers les piliers de pierre devant moi, j’apercevais l’un d’eux où mon regard fut attiré par quelque chose qui brilla un instant à ma gauche.

Il y avait un objet au sol, cela semblait être du métal. Je m'approchai, intrigué par cette lueur métallique, c’était une sorte de bouteille. Je la pris. Elle était lourde ! Je dévissai rapidement le bouchon pour sentir son contenu. C’était de l’eau et encore fraiche ! Je me relevai rapidement, ce n’était pas possible ! Il y avait un humain dans les parages !

Je devais le retrouver ! Je me criai dessus, chaque seconde comptait. J’entendis un pokémon hurler puis un cri. Un frisson traversa mon corps, je reconnaissais ce cri… celui d’une humaine qui hurlait de peur. Je laissai tomber la gourde d’eau et fonçai à toute allure vers la source du cri.

Je ressentais sa peur, elle se faisait attaquer par deux pokémons, un Pifeuil et une Chapignon. Je reconnaissais ces Auras. Je devais faire vite, ils avaient soif de sang, de tuer l’humain qu’ils traquaient!

J’entendis un bruit sourd puis l’humaine poussa un cri de douleur en même temps qu’une vive douleur du côté droit de mon corps. Elle s’écroula au sol, je sentais que je devais aller plus vite. Je devais la protéger !

Mon aura noire s'emporta, recouvrant mon corps, et je fonçai à toute vitesse avec Vitesse-Extrême. Entre les arbres, j’aperçus enfin les pokémons. Le Pifeuil levait le poing pour frapper la jeune fille au sol, je devais intervenir !

Je le repoussai d’un bon coup avant qu’il la frappe et me retournai vers l’autre pokémon surpris par mon apparition. Il m’attaqua sans la moindre hésitation en étirant son bras droit sur moi, je bloquai son coup de poing avec le plat de ma lame noire. Il retira son bras rapidement, apeuré par mon aura noire.

- Qui t’es toi ? demanda le pokémon Plante devant moi. Je ne savais plus quoi faire, je l’avais protégé, mais maintenant que devais-je faire ?

- C’est notre proie! lança le Pifeuil en se relevant. Je ne te laisserai pas nous la prendre. Me lança-t-il en colère.

Je me tournai vers lui, il avait peur de moi. Je devais trouver quelque chose rapidement, si j’aidais l’humaine le traité serait rompu et les pokémons massacreraient les humains. Si je la laissais ici, ils la tueraient. C’était hors de question! Je ne laisserais pas un autre humain mourir devant moi!

- C’est ma proie ! Je dis avec la voix la plus menaçante que je pouvais tout en utilisant la voix de l’aura pour leur faire peur. Ils reculèrent d’un pas devant moi. C’est ma proie ! Je hurlai contre eux en frappant l’air devant moi avec mon grand sabre noir.

Ils étaient terrorisés, ils reculèrent encore de quelques pas puis je poussai un puissant cri de rage contre eux. Je fus surpris par mon cri, mais elle provoqua le résultat voulu. Sans attendre une riposte de moi, ils détalèrent le plus vite possible. Ma voix de l’aura éloigna tous les pokémons autour de moi puis quand je fus certain qu’ils n’avaient plus personne, je désactivai mon armure de ténèbres.

Je me penchai pour examiner l’humaine, elle était allongée sur le ventre, je la retournai doucement. Elle remua de douleur sans se réveiller, elle avait les cheveux brun pâle assez longs. Elle avait le teint de peau foncé par le soleil, elle devait passer beaucoup de temps à l’extérieur, mais c’était plutôt normal vu comment les humains vivaient maintenant. Elle avait quelques taches de rousseur sur le visage sale.

Ces vêtements étaient vieux et très sales. Par endroit, on voyait qu’ils avaient été rapiécés et recousus. Elle était blessée sur le côté droit du corps comme je l’avais senti, elle perdait beaucoup de sang. Je devais faire vite pour qu'elle ne meure pas.

Je sortis rapidement un grand bandage de mon sac et mis de la pression sur sa blessure pour stopper le sang puis j’appelai Jasper avec mon bracelet. Il apparut quelques secondes plus tard, heureux que je l’appelle.

- Je suis content de te revoir ! Cris-t-il heureux puis son visage changea quand il remarqua au-dessus de quoi il volait. C’est une humaine ! cria-t-il paniqué.
- Elle est blessée, il faut rapidement l'amener à Célesta. Il hocha la tête avant de nous téléporter directement à l’infirmerie.

- Va chercher mon père. Je lui dis et il disparut immédiatement. Je dégageai mon sac de mon dos et examinai de nouveau sa blessure. Mon père serait mieux placé que moi pour la soigner, mais avant nous devions nettoyer le tous avant que ça s’infecte. Mon père apparut près de moi alors que je remplissais un bol d’eau.

- Qu'est-ce qu’il lui est arrivé ? demanda-t-il inquiet.

- Je l’ai trouvé à l’extérieur de la frontière. Elle était attaquée par deux pokémons.

Il ne dit pas un mot de plus sauf pour me demander certaines manipulations pour l’aider à nettoyer, recoudre et bander son ventre. À peine on avait terminé que tout le monde dévala dans l’infirmerie.

- C’est vraiment vrai ! cria Félix. Un humain ! Ils se mirent tous à crier d’excitation et de bonheur quand mon père imposa le silence par la présence de son aura.

- Vous êtes dans une infirmerie. Lança-t-il mécontent. Allons discuter dans une salle de réunion. Sans un mot de plus, tout le monde se dirigea vers la sortie. Jasper s’approcha de moi alors que mon père resta dans la pièce.

- Où l'as-tu rencontré exactement ? Jasper me demanda doucement.

- Pourquoi ?

- Les humains, surtout en ce moment, ne partiront pas dans un monde dangereux tout seuls. Il doit avoir d’autres personnes avec elle. Il tourna la tête vers mon père qui hocha la tête. Je lui expliquai du mieux que je pouvais où je l’avais trouvé puis il partit. Je m’apprêtai à partir à la réunion quand mon père me barra la route.

- Reste avec elle. Dit-il doucement. Si elle se réveille, appelle-moi. J’hésitai un moment et il le sentit. Tu l’as ramené ici, veille sur elle.

Il avait raison, mais bizarrement je n’étais pas très à l’aise de rester avec un humain. Je m’assis près d’elle pendant que mon père partit à la réunion. Pourquoi avais-je cette drôle de sensation? Parce que je n’avais pas vu un humain depuis plus de 50ans ? Ou je ne voulais plus me connecter avec eux depuis la disparition de Ben ? Ou encore c’était par ma faute que tout ceci était arrivé ?...

Mes pensées étaient sombres et tourmentées au point que je me rappellai même plus quand Jasper réapparut dans l’infirmerie. Il transportait un vieux sac à dos complètement recousu dans tous les sens, je reconnus la bouteille d’eau attachée à un des lacets qui pendait.

- Je n’ai trouvé aucune trace d’autres humains. Dit-il tristement, puis déposa le sac au pied du lit de la patiente. Seulement son sac à dos, elle semble avoir pris la décision de quitter la terre des humains pour toujours avec tout le matériel qu’elle a.

- Père est parti faire une réunion pour discuter d’elle, tu devrais y aller. Il hocha la tête avant de disparaître.

La réunion ne dura pas très longtemps après son apparition, tout le monde retourna aux quatre coins de Célesta sauf mon père qui vint voir l’état de la jeune fille. Elle devait avoir environ 15-16 ans peut-être 17 ans. Il prit sa température et regarda ses bandages sur le ventre avant de me laisser seul avec l’humain. J’étais surpris de ne pas voir plus de monde venir la voir. je me dis que mon père devait utiliser ses pouvoirs pour empêcher les curieux de venir la voir avant qu’elle soit réveillée.

Elle remua doucement en se réveillant. J’appelai mon père par télépathie et me répondit qu’il arriverait bientôt. Elle gémit doucement en se tenant la tête avec ses deux bras, elle devait avoir un sacré mal de crâne après avoir perdu autant de sang. Elle finit par ouvrir les yeux, désorientée.

- Tu es en sécurité ici. Je lui dis doucement par télépathie. Je la sentis surprise puis se releva doucement malgré la douleur à son ventre que je ressentais. Quand elle me vit, elle se mit à paniquer, terrorisée.

- Calme-toi !

- Pitié ! Non ! Ne me tuez pas ! Cria-t-elle complètement paniquée.

- Tu es en sécurité. Je lui répliquai en me levant doucement tout en utilisant mon pouvoir pour essayer de la calmer. Nous t’avons soigné et tu es en sécurité maintenant. Elle regarda autour d'elle, toujours aussi paniquée.

- L’homme en noir ?

- L’homme en noir ? Je répétai confus.

- Il avait un homme en noir… complètement noir qui m’a protégé. Où est-il ? J’étais surpris qu’elle m’ait vu avec mon armure de ténèbres, je reculai de quelques pas pour qu’elle se sente moins apeurée. J’invoquai mon armure autour de moi puis elle se détendit immédiatement.

- C’est moi qui suis venu t’aider. Je désactivai ma protection , elle me regardait de haut en bas.

- Tu es un pokémon ?

- Oui. Je lui répondis un peu amusé. Je suis un Lucario, mais appelle-moi Isaac. Je n'eus pas le temps de lui demander son nom que mon père rentra dans la pièce, faisant sursauter notre invité.

- Bonjours. Commença-t-il d’une voix enjouée. Je suis content de voir que tu te sens mieux. Je suis Lucas Haltir, c’est mon fils Isaac. Dit-il en me désignant. Comment tu t’appelles ? Elle fut un peu déroutée par les évènements, mais réussit à répondre.

- Stéphanie Brise.

- Enchanté, avant que j'entende ton histoire sur pourquoi tu as quitté les limites du territoire des humains, j’aimerais t’examiner. Il s’approcha d’elle, mais elle croisa ses bras sur son corps, apeurée par mon père.

- Il est le médecin de Célesta. Je lui dis pour la rassurer.

- Célesta ?

- La dernière ville que les humains et pokémons ont construite ensemble. Répliqua tristement mon père. Puis il insista pour l’examiner, mais cette fois elle se laissa faire. Il lui posa beaucoup de questions sur sa santé, puis si elle avait des douleurs autres que son ventre. Elle avait la tête qui lui faisait mal. Mon père lui donna un fortifiant.

- Ça ne te dérange pas que d’autres personnes écoutent ton histoire ? Elle hésita longtemps puis hocha la tête, nous attendîmes que les autres utilisateurs de la voix de l’Aura viennent dans la chambre et s’installent sur les lits autour de nous.

- Stéphanie. Commença mon père. Parle-nous de toi puis explique-nous qu’est-ce qui s’est passé pour que tu veuilles quitter la terre des humains.

Stéphanie était intimidée par le nombre de pokémons autour d’elle d’un coup, mais ce qui me surprenait le plus c’était la présence d’Argent, de la Airmure, et d’Anna une Roucarnage, elles venaient très rarement à Célesta. Elles voyageaient autour du monde, volant plus haut plus loin que tout les autres pokémons. J’ignorais leur but exact, mais elles aimaient cette vie.

Il y avait toute ma famille, même Warlyok était sorti de sa bibliothèque, Théa, la fille d’Ester une Farfuret. Sans oublier Rolan, un Arcanin, Félix, le fils de Phaly et Isabelle ma nièce. Il y avait de nombreux pokémons silencieux dans le corridor, curieux de rencontrer pour la première fois un humain et même plusieurs d’entre eux s’étaient faufilés entre nous. Je sentais aussi la présence de pokémons devant les fenêtres de l’infirmerie, mais je ne crois pas qu’ils entendront ce que l’humaine avait à dire.

- Je suis née à Polyre, l’une des douze villes. J’ai un frère et une sœur plus jeunes que moi. Commença-t-elle toujours intimidée par les pokémons qui l’observaient. Je viens d’avoir 16 ans cette année, ma mère travail dans les champs comme tout le monde, mais mon père fait partie du grand conseil.

- Le grand conseil ? demanda Jasper.

- Chaque village a un conseil de cinq anciens puis tous ensemble ils forment le grand conseil. Ils prennent les décisions pour nous tous, pour les douze villes. Elle marqua une pause comme si elle cherchait quoi dire.

- Qu’est-ce qui t'a poussée à partir? Demanda doucement mon père. Une puissante terreur envahit Stéphanie, elle regarda le bout de son lit en touchant ses bras. Tout le monde se regarda devant sa réaction.

- Tu ne crains plus rien. Je dis par télépathie à elle seule. Nous te protégerons, tu n’as plus besoin d’avoir peur. Elle leva la tête vers moi, je lui souris pour l’encourager à continuer, ce qui eu l’effet voulu.

- Il y a un mois, il a eu un grand orage. Il est rare d’en avoir d’aussi puissant. Des dizaines de maisons ont été détruites, des champs ont souffert de la tempête, mais rien de très grave. On a reconstruit ce qui avait été détruit et replanté ce qui avait disparu.

-Je n’aimais pas travailler à reconstruire les maisons, ni dans les champs. Dit-elle gênée. Je me cachais dans la forêt près de la ville avant de revenir avant la fin de la journée pour les aider. Ils étaient tellement occupés qu’il ne remarquait pas mon absence. Je ris à moi-même de son ingéniosité.

- Ce jour-là, j’ai attendu un pokémon pousser des cris de détresse, au début je ne savais pas que c’était un pokémon. Il ressemblait à vous. Dit-elle en désignant Anna. Mais il était beaucoup plus petit. Elle fit signe avec ses mains qu’il était plus petit.

- À moi ? Demanda surprise Anna. Il devait être un Roucoups, ma pré-évolution.

- Pré-évolution ?

- Oui, ma forme avant d’évoluer en Roucarnage. Stéphanie ne semblait pas comprendre, ils avaient vraiment tout oublié ce qui concernait les pokémons. Mon père se leva doucement pour ne pas effrayer Stéphanie qui avait toujours peur de nous. Il fit un signe de la main vers l'entrée de l'infirmerie, deux pokémons s’approchèrent. J’étais toujours impressionné par sa maîtrise de la voix de l’Aura.

- L’évolution est une transformation du pokémon à un stade plus puissant de son espèce. Le Pikachu et le Raichu que mon père avait appelés se placèrent devant le lit en saluant l’humain. Je te présente un Pikachu et un Raichu, ce sont des pokémons de la même espèce. Raichu est l’évolution de Pikachu.
L’humain regarda les deux pokémons avec intérêt. Puis elle regarda Anna avant de revenir sur les deux pokémons électriques.

- Vous êtes vraiment différents l'un de l’autre.

- Certaines espèces changent beaucoup quand elles évoluent. Commenta Jasper. Mais certains n’évoluent pas.

- Comment ça ?

- Leur espèce n’évolue tout simplement pas. Continua Jasper en flottant devant elle. Regard Félix, c’est un Négapi son espèce n’a pas d’évolution. Elle regarda Félix qui la salua avec enthousiasme, mon père se rassit.

- Si tu continuais, que s’est-il passé avec ce pokémon ? Elle prit quelques instants pour réfléchir avant de continuer.

- Ces cris étaient de cri de détresse, c’était la première fois que je les entendais, mais je sentais qu’il cherchait de l’aide. Quand il m’aperçut, il se cacha entre des racines d’arbres. Il était terrorisé de me voir, mais moi aussi… les anciens nous répétaient toujours que les pokémons étaient extrêmement dangereux, mais lui il avait l'aile brisée et avait aussi peur que moi.

- Je ne savais pas quoi faire, je devais l’aider ou non ? Il essaya de s’envoler, mais s’écrasa au sol durement. Son ail était en très mauvais état, il n’arrivait pas du tous à le bouger. Je m’approchai de lui, mais il essaya encore de s’envoler, paniqué. Il retomba sur des racines et s’assomma contre une roche.

- J’ai hésité longtemps avant de m’approcher de lui. J’avais peur qu’il se réveille et m’attaque. Je le couchai sur mon sac, j’étais curieuse. J’avais toujours cru que les pokémons étaient puissants et très dangereux, mais le voir dans cet état me faisait réfléchir. Ils étaient comme nous, ils pouvaient se blesser et avoir peur.

- Je retournai rapidement en ville en le laissant dormir sur mon sac, je ne savais pas comment le soigner. Éric, mon ami, étudiait pour devenir médecin, avec lui je savais qu’il pourrait le soigner. Il avait ma confiance pour garder le secret, personne ne devait savoir qu’il était là.

- Pourquoi ? Interrompit le Raichu, tout le monde se tourna vers lui et il se gêna, intimidé par nos regards d’avoir interrompu son histoire. Désolé. Dit-il doucement.

- Le pacte entre les humains et les pokémons était qu’aucun humain ne devait sortir, mais aussi aucun pokémon ne devait rentrer sur le territoire des humains. Sous peine de mort. Lâcha mon père d’un sérieux qui me glaça le sang.

Le regarde de Stéphanie devint triste, c’était sans doute ce qui c’était passé. Ils avaient appris d’une façon ou d’une autre qu’il avait un pokémon sur leur territoire.

- Ce n’était pas le dernier pokémon qui s’était aventuré sur nos terres. Continua tristement Stéphanie. Le dernier était quand j’étais très jeune, je ne me souviens pas de lui. Cependant, il a été exécuté en public pour rappeler à tout le monde que les pokémons sont dangereux. Elle soupira, elle était tourmentée par des pensées.

- Et toi que penses-tu des pokémons ? Demanda mon père, elle fut surprise de sa question et tourna la tête.

- Je ne sais pas… Mon grand-père me racontait souvent que les pokémons étaient importants pour le monde comme pour les humains. Que l'on devait vivre d’égal à égal avec eux, il m’a montré des livres d'images de pokémons. Normalement, tout ce qui concernait les pokémons avait été détruit et banni. Il connaissait tant de choses sur les pokémons, mais tout le monde méprisait son adoration pour les pokémons.

- Les anciens n’avaient rien contre lui, ils ne pouvaient pas le condamner, mais un jour ils ont découvert ces livres. Ils ont brûlé sa maison avec lui à l’intérieur. Dit-elle effrayée par ces souvenirs. Elle s'adossa doucement sur la tête du lit, elle semblait ne plus vouloir continuer de parler.

- Qu’a fait ton ami avec le Pokémon ? demanda mon père pour changer de sujet. Elle leva la tête vers lui, surprise, puis se rappela qu’on s’était éloigné du sujet principal.

- Éric l’a soigné. Au début, le pokémon refusait qu’on le touche. Puis il a eu l’idée de lui donner quelques fruits qu’il gardait toujours sur lui au cas où il avait faim. Après cela, il se laissa manipuler, une fois son aile immobilisée, on devait décider de quoi faire avec lui.

- Il ne pouvait pas se nourrir tout seul et on ne pouvait pas encore moins essayer de lui faire traverser les grands piliers. On décida de veiller sur lui jusqu’à ce qu’il puisse de nouveau voler. Elle sourit doucement malgré les tourments qu’elle avait.

- Il était incroyable, il poussait des cris comme des rires, parfois il s’amusait à sautiller entre les racines ou les branches quand on l’aidait à monter dans l’arbre. À plusieurs reprises, il s’était endormi contre moi ou Éric.

- Je le présentai à ma sœur, elle est plus jeune que moi de deux ans. Elle le trouvait adorable et merveilleux. Le pokémon aimait beaucoup plus Éric, quand il s’assoyait au sol il allait immédiatement coller son visage contre lui pour le caresser. Dit-elle amusé puis son regard devint sombre.

- Mais mon frère découvrit mon secret, je ne lui avais pas parlé de ce pokémon, car il était comme mon père. Très stricte avec les lois. Il voulait devenir un ancien comme lui. Je savais que s’il le savait, il le dirait au conseil. Il m’a suivi dans la forêt et vu le pokémon.

- Il est revenu avec mon père et plusieurs autres personnes. Elle se mit à pleurer, mais continua de raconter son histoire. Ils sont partis avec, il poussait des cris terrorisés. J’étais incapable de l’aider. Ils l’ont amené à la ville et moi aussi.

- Ils m’ont obligé à regarder son exécution, et pour me punir ils voulaient publiquement m'exécuter. Devant tout le monde, ils envoyèrent des messages aux autres villes pour qu’ils viennent. Mon propre père qui m’annonça ma sentence pour avoir aidé un pokémon. Mon propre père voulait me voir morte! cria-t-elle désespérée.

Ma mère se leva doucement pour s’asseoir près d’elle et la tire contre elle pour la consoler. Voilà ce qui la tourmentait, son propre père l’avait condamné à mort pour avoir aidé un pokémon. Elle ne savait plus qui croire ou plutôt en quoi croire. Elle avait découvert que les pokémons n’étaient pas si malsains qu’elle avait attendu, elle avait vu le pokémon qui était devenu ami avec elle se faire tuer puis elle devait attendre son tour.

Nous prîmes une pause pour manger quelque chose puis quand elle se sentit mieux elle continua son histoire.

- Mon frère pensait qu’ils allaient simplement me punir pour avoir soigné le pokémon. Il se sentait mal pour ce qui allait m’arriver. Il décida de m’aider à fuir, il prit la place du garde qui me surveillait. Ma sœur, Éric et ma meilleure amie Julie, à qui je lui avais montré le pokémon aussi, ont préparé mon évasion. Nous devions tous quitter la ville et franchir les piliers de pierre.

- Mon frère me fit sortir de ma cellule et s’enferma dedans pour ne pas être soupçonné alors que nous trois on quitta la ville discrètement. Les piliers qui séparaient notre territoire étaient à peu moins de deux jours de marche. Nous avons couru le plus loin possible avant de nous reposer. Plus nous approchions des limites, plus nous étions inquiets.

- Qu’est-ce que nous allions trouver de l’autre côté ? Comment était le monde avec les pokémons. Dangereux et impitoyable comme le conseil nous l'avait appris, mais… je voulais savoir si tous étaient vrais. Si mon grand-père avait raison ou le conseil.

- À la dernière journée, nous apercevions les piliers en pierre, mais des sentinelles patrouillaient les limites du territoire pour empêcher les humains de sortir. On avait été repérés, ils nous poursuivaient quand Éric décida de se séparer pour les semer. Il partit d’un côté avec ma sœur et moi avec Julie.

- Je n’ai jamais couru aussi vite de ma vie, mais ils nous poursuivaient toujours. Julie savait ce qui m’arriverait s’il me capturait, elle décida de se faire capturer en me demandant de me cacher. Dit-elle tristement.

- J’ai attendu longtemps avant de sortir de ma cachette. Je savais qu’une fois capturée, elle leur dirait qu’elle était seule puis qu’il la ramenait en ville. Ils ne savaient pas que j’étais en fuite avec Julie et les autres.

- J’ai hésité longtemps avant de traverser l’énorme pilier de pierre, mais je ne pouvais pas revenir en arrière. Quand j’ai traversé, je me suis senti libre, je n’avais plus toutes ces lois à respecter, plus de travail forcé à faire. Mais j’avais peur. Je ne connaissais rien à ce monde, mais tous étaient mieux que de rester là-bas.

- Je n’ai pas pensé que des pokémons surveillaient aussi l’autre côté des limites. Dit-elle honteuse. Je me suis installé pour camper, c’est là qu’ils m’ont trouvé. Ils ont poussé des cris agressifs puis m’ont attaqué. Le petit pokémon a essayé de me frapper, mais je l’ai frappé avec mon sac et je me suis enfui.

- Le plus grand qui ressemblait à un champignon, il a… étiré son bras pour me couper le ventre. Dit-elle en touchant sa blessure doucement. J’ai essayé de m’enfuir, mais ils m’ont rattrapé. Je sais plus trop ce qui s’est passé, mais je me suis écroulé au sol frappé par quelque chose à la tête.

- Je me rappelle juste un cri puissant puis un homme en noir, complètement noir, qui me protégeait. Ensuite… rien, je me suis réveillé ici.
Tout le monde se tourna vers moi, ils avaient tous déjà vu mon armure de ténèbres. Je leur expliquai rapidement ce qui s’était passé puis mon père se leva.

- Notre invité a besoin de repos. Dit-il avec autorité en pointant la porte, quand les pokémons commencèrent à sortir, il se tourna vers l’humain.

- Je suis conscient que de nous raconter tout cela est difficile. Repose-toi. Il me regarda un instant avant de revenir sur elle. Isaac répondra à toutes tes questions.

- Quoi ! Pourquoi moi ? Je lui répondis surpris.

- Tu l’as amené ici. Répondit-il simplement. Je grognai contre lui, puis il partit amusé.

Je replaçai l’infirmerie, certains avaient déplacé des chaises ou défait les lits en s'asseyant dessus. Stéphanie me regardait travailler sans un mot. J’étais surpris qu’elle ait parlé de son histoire douloureuse sans hésitation devant des inconnus… je reconnaissais encore une fois le pouvoir de mon père. Il avait dû la forcer à parler.

- Isaac… J’étais surpris qu’elle se rappelle de mon nom.

- Oui. Je lui répondis par télépathie.

- Où suis-je ? Je n’ai jamais vu de maison de la sorte. Je ris doucement.

- Ce qui t'entoure n’est qu’une pièce parmi la ville. Je m’approchai d’elle et lui tendis la main pour l’aider à se lever.

- Célesta est une ville, la dernière ville encore debout que les humains et pokémons ont bâtie main dans la main. Je la plaçai devant la fenêtre. Contrairement aux autres villes, Célesta n'est qu’un seul bâtiment où tout le monde vivait en harmonie. J’ouvris la fenêtre doucement pour la laisser regarder dehors.

Elle regarda avec émerveillement la cour intérieure, un Papilusion s’approcha d’elle. Stéphanie tendit la main vers lui et il lui toucha la main avec ses grandes antennes, ce qui fit rire l’humaine. Elle regarda en bas et me pointa de nombreux pokémons qui circulaient entre les arbres et dont certains montaient pour cueillir des baies et des fruits.

- Qu’est-ce qu’ils font ?

- Il récolte de quoi manger pour tout le monde.

- Tout le monde ?

- Tous ceux qui habitent Célesta. Ceux que tu as vus tout à l’heure n'étaient qu’une petite partie de ceux qui habitent ici. Chacun participe à la vie de Célesta.
Je la raccompagnai à son lit, en lui parlant de Célesta, des pokémons. Elle avait beaucoup de questions, surtout sur les pokémons. J’essayai de lui faire comprendre les différents types de pokémons, mais elle avait de la difficulté à tout comprendre. Mon père revint pour lui faire visiter la ville, j’en profitai pour aller me reposer dans ma chambre.

Quelques jours passèrent, Jasper lui donnait des cours sur les pokémons, mon père lui montrait comment soigner les pokémons et surtout quelle nourriture elle pouvait manger et quelle elle ne pouvait pas. Ester lui fabriqua de nouveaux vêtements à sa taille.

- Ils sont incroyables. Cria-t-elle en sortant de sa chambre pour nous les montrer. Elle portait un blouson bleu avec des reflets foncés, elle avait un capuchon et une fermeture éclair sur le devant. Elle portait des pantalons noirs et un peu grisés, et en dessous de son blouson bleu un chandail à manches courtes blanc, sans doute en laine de Lainergie.

- Ils te vont à la perfection. Commenta Ester, depuis qu’elle était arrivée à Célesta Ester avait appris à coudre et à fabriquer des vêtements. Elle avait un vrai talent.
- En quoi sont-ils faits ? Demanda-t-elle en touchant les tissus avec enthousiasme.

- Le chandail et les sous-vêtements sont en laine de Lainergie et de Wattouat. Stéphanie toucha son chandail et regarda ses bas au pied. Le pantalon est fait avec la fourrure du père de ma fille. Je fus surpris, elle avait gardé du fils de Yan depuis toutes ces années!? Elle aurait pu utiliser n’importe quel autre tissu, mais avait choisi celle-là…

- C’est vraiment confortable. Dit Stéphanie ignorant l’importance de cette fourrure pour Ester. Et le blouson, je l’adore, en quoi il est fait ?

- De la fourrure de Lucario. Mon père rit doucement, alors que moi je fus surpris.

- Vraiment ? Je demandai, Ester rit doucement en hochant la tête. Je plaçai mon bras près de son blouson, les couleurs étaient très similaires. J’avais du mal à croire que ce tissu provenait de mon pelage et de ceux de ma famille.

- Il ne se déchira pas facilement et te gardera au chaud comme au frais.

Mon père demanda ma présence dans sa chambre pour parler de l’avenir de Stéphanie. Il s’installa à une chaise près de son bureau puis Jasper apparut près de moi. Mon père attendit ma mère, ma sœur et Néron.

- Qu’est-ce qu’on fait ? demanda Néron. Si les pokémons apprennent que nous avons sauvé un humain, ils vont les exterminer pour de bon.

- On ne peut pas la renvoyer là-bas. Répliqua avec force Ryla. Ils vont la tuer.

Ils se mirent tous à se critiquer sur la question de la garder ou non. Seuls mon père et moi restâmes silencieux, puis mon père se leva. Tout le monde tomba silencieux.

- Les pokémons qui gardaient la frontière pensent qu’elle est morte, les humains le pensent aussi. L’armure de ténèbres d’Isaac a caché son identité. Il tourna la tête vers Jasper.

- C’est vrai, Phaly est partie parler avec les sentinelles près de la frontière, ils ne savent pas qui a tué l’humaine.

- On fait quoi alors ? Je demandai. On la garde ici ? Enfermé à Célesta ?

- Et si … elle partait en voyage pokémon. Dis doucement, mon père avec enthousiasme.

- Tu n’es pas sérieux. Je lui répliqua.

- Elle est la première qui a survécu.

- Grâce à moi. Je lui lançai mécontent de son idée. S’ils apprenaient qu’un humain voyageait dans le monde, ils essayeraient de la tuer, pires! Pensez que le pacte est brisé.

- C’est trop dangereux de la laisser partir toute seule. Continua ma mère qui ignora mon commentaire. Tout le monde approuva son commentaire, je grognai pour attirer leur attention.

- Vous pense qu’elle pourrait simplement voyager à travers le monde sans qu’il y ait des conséquences sur les autres humains ! Ils risquent tous de mourir !

- Isaac. Commença doucement mon père. Tu l’as écouté comme nous, elle se pose des questions sur les décisions que les anciens ont prises. Elle s'aperçoit que les pokémons ne sont pas si dangereux qu’ils le disent.

- Pas dangereux ! Je criai. Depuis quand tu n’es pas sorti de cette région ! Ils s’entretuent tous pour un morceau de nourriture. Ils sont devenus beaucoup plus agressifs qu’avant. Moi ! J’ai vu de quoi ils sont capables maintenant ! J’ai vu à quel point nous sommes devenus sauvages et dangereux.

Personne ne répliqua. À part Jasper, aucun d’entre eux n’avait vraiment mis les pieds en dehors de cette région depuis les 40 ans dernières années. Ils détournèrent le regard quand je les regardai, sauf mon père.

- Elle peut faire la différence. Laissa échapper mon père sans broncher puis c’est moi qui détournai le regard, incapable de le regarder en face.

- La différence ?

- Stéphanie est celle que l'on attendait. Cette simple phrase me fit un choc, il y avait tellement longtemps que je rêvais de l’entendre que je n’y croyais presque plus. Une grande excitation envahit la pièce, on attendait tous ce moment avec impatience.

- Tu penses qu’elle pourrait de nouveau faire cohabiter les pokémons et les humains ensemble ? Demanda avec enthousiasme ma sœur.

- Ça ne sera pas facile, mais je crois qu’elle peut le faire.

- Elle ne peut pas voyager seule. Je dis d’un coup, intéressé par cette lueur d’espoir.

- Je vais lui mettre un Gardien de l’Aura avec elle pour la protéger, de préférence un qui possède la voix de l’aura.

- Il ne reste que les possesseurs de la voix de l’aura chez les Gardiens. Lâcha Ryla mécontente.

- Je la protégerai, répondit Néron.

- Et laisser ta fille toute seule ? demanda Ryla, Néron perdit son entrain en pensant laisser sa fille sans surveillance. Ce qui nous amusa un instant. Je vais y aller.

- J’apprécie votre dévouement et votre enthousiasme pour partir en voyage avec Stéphanie, mais ce ne sera pas vous deux. Ryla et Néron s’opposèrent à sa décision puis il leva la main pour avoir le silence.

- Qui va l’accompagner ? demanda ma mère pour calmer tout le monde.

- Ryla et Néron, vous avez la force de la protéger, mais il ne suffit pas simplement de se battre. Il faut savoir survivre et soigner les pokémons qui la suivront.

- J’ai les compétences pour, répliqua Ryla.

- Il faut aussi savoir la guider dans ce monde… Isaac a raison. Dit-il à contrecœur. Nous nous sommes cachés trop longtemps ici, nous avons perdu la réalité de vue, le monde à changé.

- Isaac va l’accompagner, trancha-t-il.

- Non ! Non, non non ! Je criai contre lui. Je ne pouvais… je ne voulais pas voyager avec un autre humain après Ben. Ma blessure me fit mal, cette lame glacée me traversait de nouveau le corps. Tout le monde le sentit.

- Tu vas aller avec elle. Dit-il plus sérieusement.

- Je refuse, Ryla a les compétences pour l’aider.

- Tu vas le faire. Dit-il plus sévèrement.

- Non ! Je ne suis pas obligé de t’obéir. Je lui répliquai agressivement.

- Je vais y aller. Lança Ryla avant que je m’énerve trop.

- Non. Répliqua mon père avec autorité, puis il me regarda d’un air sévère. Tu l’as sauvé, tu l'as protégé et tu la ramènes ici. Tu vas la guider dans ce nouveau monde ou elle repart sur la terre des humains. Tout le monde se mit à crier contre lui. Silence !

Tout le monde se figea sur place, il ne pouvait pas m’imposer ça ! Soit que j’acceptais de l’aider ou je la condamnais à retourner à son monde où elle allait mourir. Je poussai un grognement de rage contre lui, il me manipulait comme toujours.

- Alors ? Que décides-tu ? Me pressa-t-il, que pouvais-je faire ? Je ne voulais pas être la cause de sa mort, non ! Pas un autre humain n’allait mourir par ma faute !

- Que pense Stéphanie de tout ça ! Je lui crachai. Si elle ne voulait pas ? Je ne serais pas obligé de partir.

- Je lui est déjà glissé quelques mots à ce sujet. Dit-il calmement comme pour ne pas me brusquer, mais j’étais déjà en colère contre lui. Elle semblait apprécier l’idée de partir en voyage.

- Je vais aller la chercher. Commença Jasper avant que je réplique quelque chose. C’est tout de même d’elle qu’on parle. Mon père approuva puis il disparut, personne ne parla le temps que Jasper revienne.

- Salut. Commença Stéphanie un peu gênée de se retrouver au milieu d’autant de pokémons dans une petite pièce.

- Nous discutions de toi justement. Commença doucement mon père.

- Oui, Jasper me l'a dit avant de me téléporter ici. Vous aviez une question à me demander ?

- Oui, tu te souviens que je t’es parlé des voyages pokémon ? Elle hocha la tête. Tu es toujours intéressé de partir en voyage?

- J’ai toujours voulu explorer le monde au-delà des limites du territoire des humains. Dit-elle avec entrain.

- Ça ne sera pas une partie de plaisir. Je lui lançai. Le monde a changé depuis que les humains ne vivent plus avec les pokémons, ils sont devenus plus agressifs et possessifs. Sans parler que tu devras trouver ta nourriture dans la nature et soigner tes propres pokémons.

Ma sœur voulut répliquer quelque chose, mais mon père leva la main pour la faire taire et observa avec intérêt la réaction de l’humaine. Elle semblait moins certaine d’elle, elle avait peur. Elle s’était déjà fait attaquer par le passé et était apeurée que ça lui arrive de nouveau.

- Je ne suis pas très doué pour soigner quelqu’un. Commença-t-elle doucement. Je crois que je serais capable d’apprendre… d'apprendre les premiers soins et à trouver de la nourriture. Je veux découvrir le monde, je veux voir tous les pokémons. J’aimerais voir comment c’était d’être dresseuse.

Je poussai un petit grognement mécontent, je n’avais plus le choix. Mon père accepta de l’aider pour devenir dresseuse puis me désigna.

- Isaac va t’accompagner.

- Vraiment ! dit-elle avec enthousiasme, pourquoi elle était si contente que ça soit moi ? Elle me sourit, mais il s’effaça rapidement en voyant mon expression mécontente.

- On partira dans sept jours, d’ici là demande l’aide d’Ester et d’Isabelle pour te préparer au voyage. Elle hocha la tête, intimidée par ma mauvaise humeur. Trouve aussi où tu aimerais voyager, je te conseille un autre continent que celui où les humains vivent.

- Hee.. D’accord.

Je sortis de la pièce puis ma sœur me rattrapa dans un couloir plus loin. Elle agrippa mon bras pour me forcer à me retourner vers elle. Elle était en colère.
- C’est quoi ton problème ? On te propose de partir voyager avec la seule humaine en dehors de leur territoire et sans doute, celle qui va nous aider à ramener les humains à vivre avec les pokémons et toi tu refuses. Tu fais ton bébé pour ne pas partir.

Je serrai avec force mon ventre avec une main, ma blessure me faisait extrêmement mal. J’avais déjà de la difficulté à respirer.

- Laisse-moi, je n’ai pas envie d’en parler. Je dégageai mon bras pour partir.

- Réponds ! Elle tira de nouveau sur mon bras droit pour que je la regarde. La douleur était intense, je ne l’avais pas ressentie aussi forte depuis longtemps.

- Lâche-mo i! J’étais en colère de m'être fait manipuler par mon père, mais surtout irrité par la douleur que j’avais depuis qu’il avait parlé de partir avec Stéphanie. J’eus le souffle coupé un instant quand je sentis la lame glacée traverser mon corps de bord en bord. Ryla me lâcha, surprise par la sensation, et appuya sa main contre son ventre.

- Ben ? demanda-t-elle doucement, je détournai la tête incapable de répondre. Pourquoi ne veux-tu pas voyager avec elle ? Je pris un moment avant de répondre.

- Qu’est-ce que ça change, j’ai accepté de voyager avec. Je m’éloignai d’elle.

- Justement, tu as accepté de le faire et non que tu le veuilles le faire.

Je retournai dans ma chambre, je m’assis sur la chaise devant mon foyer et je regardai les sabres en bois accrochés sur le mur. Qu’est-ce que je devais faire ? En fait, j’aimais l’idée de voyager avec Stéphanie, mais en même temps jerefusaiss revivre ce qui était arrivé à Ben. Je levai la main devant moi, je tremblais comme une feuille. Je fis apparaître une sphère devant moi. Elle éclaira les photos sur la cheminée, il y avait tant de pokémons et d’humains qui étaient venus vivre à Célesta depuis les deux cents dernières années. J’avais de nombreuses photos de mes escouades chez les gardiens de l’aura, au point que j’avais eu du mal pour placer les dernières sur le rebord.

Étrangement, de les voir m’apaisait. Comme si je me souvenais de chacun d’eux plein d’énergie et voulant secourir le plus de personnes possible. La mort de Ben et Alice me tourmentait toujours. Quand je dormais, je me réveillais en sursaut par les souvenirs de Ben à sa mort ou des miens sur la mort d’Alice. Parfois, il m’arrivait de rêver d’eux heureux et plein de vie. C’était les seules nuits où je dormais bien.

Je regardai une dernière fois chacune des photos avant d’aller me coucher, je devais me préparer aussi pour partir en voyage avec Stéphanie. Au matin, je commençai à vérifier et à rassembler mon matériel.

Je croisai Stéphanie dans les couloirs, elle voulait me parler. On rentra dans une pièce vide pour discuter.

- J’ai fait quelque chose de pas correct ? commença-t-elle inquiète.

- De quoi tu parles ?

- Tu étais en colère hier quand ils ont annoncé que tu partais avec moi. Je répondis simplement d’un son agacé. Lucas disait que tous les pokémons rêvaient de voyager avec des humains.

- C’est vrai. Pour un pokémon c’est l’occasion de se dépasser et de se découvrir.

- Tu ne veux pas voyager ? Je grognai de nouveau, agacé, c’était compliqué de lui expliquer.

- Si, mais non… écoute ce n’est pas que je ne veux pas voyager avec toi, c’est que je ne veux plus… je ne veux plus voyager avec un dresseur.

- Je ne comprends pas. Cette situation commençait à m'irriter. Il y a une différence ? Entre être un dresseur ou un humain?

- Oui, un dresseur et son pokémon ont un lien particulier… je ne…

- Je vais t’accompagner comme guide, je ne serai pas l’un de tes pokémons simplement ton protecteur et ton professeur. Elle hésita puis répondit d’un oui. C’est mon père qui me l’a imposé, mais je ne suis pas fâché contre toi, mais contre lui qui m’a obligé. Je dis en faisant semblant de rire pour détendre l’atmosphère.

- Il t’a obligé ? demanda-t-elle doucement.

- Il sait que je ne veux plus voyager avec un dresseur.

- Pourquoi ?

-Je ne veux pas en parler. Je lui dis sévèrement. As-tu d’autres questions ? Je lui demandai plus doucement. Elle ne répondit pas puis quand je voulus partir elle parla.

- C’est moi qui lui ai demandé que tu m’accompagnes. Dit-elle dans un murmure.

- Pardon ?

- Lucas m’a parlé de ce voyage et m’a dit que quelqu’un allait m’accompagner pour m’aider et me protéger. Il voulait que ça soit Ryla, mais je lui ai demandé si ça pouvait être toi. Tout le monde disait que tu étais super fort et que tu as beaucoup voyagé. Je ne savais plus quoi répondre ni si je devais être en colère contre elle ou mon père de ne pas me l’avoir dit.

- Il m’a dit que tu ne voudrais pas, je lui ai demandé pourquoi, il a simplement dit que ce n’était pas à lui de me le dire. C’était bien mon père tout cracher ! Elle me regarda avec insistance pour savoir pourquoi je ne voulais pas voyager avec elle.

- Je n’ai pas envie de parler de ça. Je lui dis doucement. Va continuer de te préparer, on part dans une semaine. Je ne comprenais pas pourquoi mon père ne m’avait tout simplement pas dit qu’elle voulait que ça soit moi. J’aurais accepté… enfin je crois… de toute façon j’avais accepté de l’aider.

Les jours qui suivent, elle s’efforça d’apprendre le plus possible avant notre voyage. Je vérifiai ma cape de voyage que je n’avais pas utilisée depuis plus de 50 ans, elle était encore en état malgré son âge.

Je perdis ma mauvaise humeur en voyant l’animation de la ville, c’était comme si elle venait de revivre. Les pokémons suivaient Stéphanie partout où elle allait, surtout les plus jeunes pokémons. Quand elle n’était pas occupée avec Jasper ou mon père, elle s’amusait à flatter ou à caresser les pokémons qui lui tournaient autour.

Le jour du départ arriva enfin. Tout le monde était rassemblé dans l'entrée de Célesta près de la statue de mon père. J’observai les statues en attendant Stéphanie, d’autres pokémons circulaient autour de moi, excités de voir l’humaine partir en voyage.

Stéphanie arriva avec mon père, elle avait un grand sac de voyage sur le dos et semblait avoir un peu de difficulté à le transporter par son poids. Elle me salua et je lui souris.

- Tu es certaine de pouvoir transporter ton sac ? Il semble trop lourd pour toi. Je fis signe à mon père et il l’aida à le déposer au sol. Je vais prendre un peu de ton matériel.

- Merci.

Je foulai de son sac, il avait un peu de tous, mais je sortis une petite boîte en bois. Elle était plutôt lourde pour sa taille, je l’ouvris il y avait une quantité impressionnante de fioles de verre de fortifiant. Je soupirai, mon père lui avait donné beaucoup trop de médicaments et de fortifiants. Je la déposai au sol et mon père émit un son mécontent, je continuai à fouiller son sac.

Je récupérai la moitié de ces provisions, beaucoup de conserves faites maison. Par chance, on avait toujours des utiles pour en fabriquer, le métal était plus difficile à se procurer. Ryan était celui qui extrayait la majorité du métal et des matériaux dont Célesta avait besoin.

Je testai le nouveau poids du sac, il était beaucoup plus léger maintenant. Je le rendis à Stéphanie et l’aidai à le remettre sur son dos. Elle semblait beaucoup plus apprécier le poids du sac.

- Tu as décidé où tu voulais aller ? Elle me fit oui de la tête et sortit un pokédex. Je tournai la tête vers mon père, il semblait content de lui avoir donné un pokédex fonctionnel.

- Avec Lucas on a décidé de partir sur le continent de Val. Elle me montra la carte de ce continent. Il m’a proposé de partir dans une région tempérée pour m’habituer à voyager avant d’aller dans d’autres régions.

- Conseil judicieux. Je lui pointai l’ouest. Il y a beaucoup de grandes forêts à l’ouest du continent maintenant. On pourrait commencer par là, tu découvriras de nombreux pokémons et à cette période de l’année il y a beaucoup de pluie sur ce continent. Traverser les forêts nous protégera. Elle approuva mon conseil puis regarda mon père.

- Maintenant que tout est réglé. Dit-il un peu mécontent que j’aille délester Stéphanie de ces médicaments et fortifiants. Il fit signe de se diriger vers l’entrée.

- En tant que chef de Célestia, je suis heureux de t’autoriser à commencer un voyage pokémons, il n’a qu’une condition. Dit-il en s'arrêtant près de grandes portes fermées. J’aimerais que les pokémons qui vont t’accompagner ne soient pas de la région de Célesta.

- Pourquoi ?

- Il y a beaucoup de pokémons qui aimeraient t’accompagner, mais j’aimerais que ça soit des pokémons qui n’ont jamais connu les humains ou élevés par des pokémons qui avaient connu les humains.

- Il veut que tu montres aux pokémons qu’ils peuvent apprendre à vivre avec les humains et eux avec les pokémons. Elle ne semblait pas très bien comprendre. Je lui parlerai plus longtemps pendant notre voyage, on aura beaucoup de temps pour parler.

- Bien. Continua mon père, il agrippa les deux grandes poignées des portes. Je vous souhaite bon voyage. Crit-il en ouvrant les portes de Célesta.

Tous les pokémons à l’extérieur poussèrent de grands cris de joie en nous voyant apparaître. C’était incroyable, il y avait tellement de monde qu’ils devaient se pousser les uns contre les autres pour nous laisser de l’espace pour avancer. Même les arbres et le ciel au-dessus de nous étaient remplis de pokémons.

- Il a toujours autant de monde pour un voyage Pokémon ? demanda Stéphanie amusée.

- Habituellement, il a seulement la famille et les amis. Mais, pour toi c’est spécial. Je lui dis par télépathie qui était plus facile avec le boucan que les pokémons faisaient.

- Pourquoi ?

Je ris à sa réplique.

- Tu es la première dresseuse depuis 50 ans.

De jeunes pokémons se mirent à pousser les autres pour se regrouper autour de Stéphanie et de moi. Ils poussèrent des cris pour qu’elles les choisissent pour partir en voyage. Stéphanie ne savait pas quoi répondre, elle avait promis à mon père de prendre des pokémons d’autres régions. Je poussai doucement Stéphanie dans le dos en repoussa doucement un Medhyèna du pied.

- Aller ouste ! Les pokémons qui l’accompagneront vont venir d’une autre région qu’ici et vous êtes bien trop jeune. Reculez !

Ils me poussèrent des cris mécontents, mais nous laissèrent passer. Je discutai rapidement avec un Gardevoir pour nous téléporter sur le continent de Val. Stéphanie salua une dernière fois les pokémons, il y avait même mon frère Warlyok dans la foule qui me saluait de la main. Je lui fis signe avant de prendre le bras de l’humaine pour nous téléporter.

Elle poussa un léger cri quand nous nous apparûmes sur les plages de sable du continent de Val.

Merci, Gardevoir. Je t'appellerai si j’ai besoin d’aide. Je lui dis en montrant mon bracelet, il s’inclina puis disparut.

Stéphanie regarda autour d’elle, la plage s’étendant à perte de vue de chaque côté de nous et il y avait presque un kilomètre de sable derrière nous avant d’atteindre un coin d’herbe. Le ciel était nuageux, il allait sûrement pleuvoir dans quelques heures, je me tournai vers la fille. Elle était penchée au niveau du sol et toucha le sable avec ses mains.

- Ce sable est plus doux que celui près des rivières.

- Normal, tous dépendent du sol de la région. Ici sur Val, c’est le sable le plus doux et fin au monde. À l’époque des humains, ces plages étaient remplies de monde pour profiter du soleil et de l’eau. Je lui dis en montrant l’océan devant nous.

- C’est magnifique. Dit-elle émerveillée par l’océan.

- Avec le soleil, l’océan serait bien plus beau, mais il risque de pleuvoir bientôt, on devrait se mettre en marche. Je me tournai vers le nord pour partir, mais elle ne bougea pas.

- Isaac, pourquoi Lucas voulait que je voyage seulement avec des pokémons d’autres régions ? Je me dis qu’elle avait le droit de savoir.

- Nous pensons que si tu montres aux pokémons qui vivent maintenant dans ce monde que la présence des humains est indispensable pour eux. Ils comprendront leur erreur et autoriseront les humains à vivre de nouveau avec eux.

- Mais c’est eux qui nous ont attaqués non ? C’est les pokémons qui ont exterminé les humains.

- Parce que les humains les avaient bannis et persécutés. Je lui répliquai sèchement, puis je soupirai. Écoute, les humains qui ont pris cette décision sont presque tous morts. Si ce n’est pas le cas, ils sont très vieux et les pokémons qui ont attaqué le sont aussi.

- Dans ce monde, il n'y a que les générations suivantes de vos deux espèces. Tu l'as vu toi-même que quelque chose n’allait pas dans un monde simplement d'humains, mais c’est le cas pour nous aussi. Rien ne va plus depuis que les humains sont partis.

- Qu’est-ce qui pourrait aller mal ? Ils n’ont plus les humains pour les martyriser comme tu l'as dit. Je m’approchai d’elle.

- La famine, l’agressivité, les désastres environnementaux, les épidémies, la maladie… la sauvagerie… c’était tous des problèmes où les humains aidaient les pokémons. Maintenant, ce monde est l’ombre de ce qu’il était et qu’un fragment de ce qu’il aurait dû être.

- Le monde est bien différent de ce que tu as vu à Célesta. Je ne te le cache pas, les pokémons sont devenus dangereux. Je la sentis terrorisée. Mais je te protégerai puis quand des pokémons viendront avec toi, ce sont eux qui te protégeront.

- Tu découvriras des merveilles dans ce monde malgré tout, des choses que même ton imagination n’avait pu concevoir. Crois-moi, il y a des choses qui vaillent la peine de se battre pour voir ou vivre.

- Se battre…

- Maintenant, une chose à la fois. Elle se tourna vers moi et lui pointa le nord. Le voyage commence toujours par le premier pas.

Je lui tendis ma main qu’elle prit en me souriant, je la tirai vers l’avant pour qu’elle fasse ses premiers pas dans ce Nouveau Monde. Elle avait peur, mais avait aussi ce courage que je n’avais pas ressenti depuis longtemps, celui de découvrir le monde.