Case 19 : Écorce
Par GoldenHeart
Les jours passent ; la pluie succède aux beaux jours ; le soleil chasse les tempêtes. L’écorce endure l’humidité et la chaleur, le froid et la sécheresse, jour après jour. Les intempéries comme le temps qui passe la rongent, minutieusement. Jour après jour, elle endure ; jour après jour, elle s’étiole.
Puis un soir arrive où, enfin, l’écorce tombe. Le bruit feutré de sa chute évoque un soupir de soulagement – elle est devenue trop racornie, trop pourrie de l’intérieur pour lutter plus longtemps.
Pomdepik soupire. Il lui faudra bientôt se mettre en quête de nouveaux morceaux d’écorce dont se parer…
Par FireHana
Ses yeux scrutent son reflet. Ce sera la dernière fois qu'il se verra dans cet uniforme. Plus qu'un simple vêtement, il avait été une extension de lui et de sa vision du monde. Tout au moins, l'a-t-il cru.
Quand il se décide enfin à l'enlever, il rencontre de la résistance : il peine à passer sa tête, le justaucorps succionne ses bras et il doit tirer, tirer dessus pour s'en défaire. Essouflé, l'amerturme gonfle son cœur quand son pantalon glisse à ses pieds.
Presque nu, "Saturne" cherche l'homme qu'il pourrait devenir.
Par Arcégis
La vieille femme souffla pour refroidir sa tasse bouillante. Son conjoint lui avait offert une boîte colorée, indiquant "Thé d'Ecorces Variées". La boîte provenait d'Alola. Le mélange ressemblait à de la sciure de bois, mais dégageait une odeur douce de fruits mêlés d'épices. Lorsqu'elle avait versé l'eau frémissante, la vapeur aromatique lui avait tout de suite plu.
Elle sirota la première gorgée.
La tasse retomba lourdement sur la table et se renversa. Elle était restée figée dans sa dernière position. Sur le boîtier était imprimé un pictogramme que son conjoint n'avait pas lu. "Interdit aux personnes souffrant de problèmes cardiaques."
Par Cyrlight
Je recule d’un pas et contemple mon œuvre avec fierté : mon initiale, finement gravée dans l’écorce d’un arbre. Ce n’est pas de l’orgueil, c’est une empreinte. L’empreinte de mon passage ici, de mon appartenance à cette forêt.
Elle m’a d’abord effrayée, elle m’a ensuite blessée, mais je lui ai pardonné, car elle m’a aussi guérie. Elle nous a tous guéris.
— Vous avez terminé ?
Trois voix me répondent par l’affirmative. Trois autres initiales. Trois autres âmes jadis tourmentées. Et une seule histoire pour les lier à jamais.