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Sartori in Bourg-Trésor
Blog de Kibouille

Informations sur l'auteur : Kibouille
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Dernière visite le 28/03/2026 à 00:21
Informations sur le blog
Bourg-Trésor est un point de passage. Elle est la bourgade des revenants des profondeurs et le point de départ de ceux que de plus hautes cités appellent.

Bourg-Trésor peut sembler insignifiante, elle et sa poignée d'échoppes. Loin d'être hideuse, elle est à la mode de toutes les autres villes de son accabit : une face sur laquelle alternent quelques sursauts de beauté quelque peu inaboutis et sursauts de laideur à l'arrogance affadie.

Bourg-Trésor se sait n'être qu'une étape. À la différence des métropoles verticales à la fois tuteur et étau, elle est dictée par les êtres à défaut d'être en mesure de les dicter. Même au temps où le temps lui-même était plus lent, elle ne semble pas avoir eu comme autre ambition que de voir passer, que de se tenir au bord de centaines de milliers de routes. La rumeur disant le contraire a beau courir au marché Keckleon, Bourg-Trésor semble tirer fierté d'être, selon le prisme employé, le soubassement de la pyramide ou le vallon du plateau.

Bourg-Trésor offre le nécessaire. La patine des temps modernes ne s'est au moins pas trop acharnée sur son aisance à prodiguer : résidu de noblesse paysanne qui veut que tout ce que l'on ait à offrir soit offert. Sa terre est bonne pour praliner les racines trop longtemps à nu. Elle rempote les êtres et leur donne une assise.

Bourg-Trésor est une ville qui dort la nuit. À l'heure où l'agitation incessante est révérée, elle regarde cette dernière avec la même stupeur que les campagnards de jadis regardaient le travail nocturne. Tout y rappelle que le sommeil est d'or, que le bon repos prédispose à la bonne santé, que le vivant ne triomphera jamais du ciel.

À Bourg-Trésor, certains font leur trou et certains s'y enterrent. La terre n'est jamais loin sous le bitume, et sur une autre mélodie que celle des va-et-viens, sans pour autant qu'elle soit jamais dissonante, résonnent toujours des chants de pétrichor.
À Bourg-Trésor vivent ceux qui tuent le temps et ceux qui le comptent. On y pense aux horreurs des donjons-mystères passés et aux prochaines aventures que l'on y écrira, à nos catabases et nos ascensions. On y est vacciné de toute illusion, mais on y inocule nos meilleures espérances.

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Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de Mewtwo, l'ami des petits et des grands.



Pour la peine, j'ai fait un gâteau. Il est aux baies Myrte.


Je n'ai que des bougies pour la Twingo par contre.
Mais je n'ai déjà plus le temps d'écrire un article de la Saint-Sylvestre et j'ai déjà énoncé bien des choses dans mon article de retour, alors on va faire court.

2023, année en cocon pour moi. J'ai littéralement passé 11 mois en montagnes russes sur un coin de mezzanine chez mon pauvre père, à guetter comme un puceau le moment où mes forces, où DES forces me viendraient pour réaliser l'œuvre de ma vie.

J'enterre sans regret cette année passée à tuer le temps entre Football Manager, balader le chien et des idées de fangames condamnées à rester au fond d'un dossier Google Sheets. Je l'enterre comme ces pauvres lapins malades dont j'ai attendu l'agonie par peur d'abréger leurs souffrances. Dans ma famille, j'ai toujours été le fossoyeur des centaines de bêtes que l'on a pu avoir. Tout le monde pensait que c'était une tare, mais c'était peut être ma toute première responsabilité, la première chose dont je me suis saisi avec orgueil et fierté en me jurant de la mener à bien. Pour ce soir, j'ai hésité à ritualiser une sorte d'inhumation de mon ancien moi, mais fort heureusement, cette vague idée est restée tel quel dans ma tête, trop occupée d'ailleurs à préparer mon repas de réveillon. Je ne suis pas mort. À peine plus sage d'ailleurs, et à en juger par le désordre de mon appartement, je suis toujours le même, avec simplement davantage d'outils à la ceinture de mon largeot.

Je suis résolu à faire plusieurs choses cette année, mais ce sont des résolutions bien différentes des rêveries lâches et sublunaires des nouveaux ans précédents. Cette nouvelle année devra confirmer les changements qui ont opéré en moi. J'espère que j'aurai fini d'être coffré vers le printemps, que j'aurai trouvé méthode et plan de route, et que ma surface nouvelle avec le monde se sera durcie d'expériences. La perspective de ma 25ème année m'inquiétait beaucoup, mais bien qu'elle soit arrivée trop vite à l'horizon, je suis aujourd'hui très content d'avoir mon âge : guéri des nuisances de l'enfance qui ont fait pourrir mon début de vingtaine, et le regard tourné plus froidement vers mes trente ans.

Ce soir, j'ai réveillonné tout seul en costume, comme si l'organisateur d'une soirée m'avait fait faux bond. Une première qui, malgré des invitations extérieures bien vite tombées à l'eau, me tendait les bras. J'en avais très envie et aucune honte. Je m'imaginais dîner comme un roi-vampire, puis me prostrer sur ma chaise ou m'étendre sur mon lit pour effectuer un bilan et m'établir de grands serments. Or, et j'ai cessé de me voir comme mon propre objet d'étude ou de disciplinement, d'être mon propre père, mon propre sous-officier. Le Je et le Moi muni de sa trique n'ont jamais garanti quoi que ce soit. J'ai grandi et je me connais. J'ai cessé de tantôt m'idéaliser et tantôt me flageller. Je suis devenu flèche et béton romain. Je n'ai plus à me tendre de pièges ni à m'appâter, et, si ce que j'écris atteint au moins quelqu'un, vous n'avez pas à le faire non plus.

Un merveilleux, un épanouissant 2024 à tous.
La vie étant retrouvée, petite collection d'anecdotes vécues dans cette petite bourgade :

À la boucherie rebeu, qui comme toutes les vraies boucheries DONNENT les os à moelle et ont dans leur arrière-boutiques des CARCASSES et non des barquettes pré-remplies, le frérot m'a dit qu'avec mon raglan et mon ptit pull-chemise, je ressemblais au personnage d'un film de Woody Allen.
Je bénis ce jeune homme pour m'avoir comparé à ce classique et non à un quelconque shonen. Tout n'est donc pas perdu.


J'ai rencontré un poète dans la rue. Un écorché vif au style constellé et touffu, où la profondeur est éparse et la sincérité en écho lointain : un style des étangs des Dombes, en soi.
J'avais vu juste car des Dombes, il l'est justement. Et pas uniquement sur l'adresse de naissance de ses papiers. Le brave monsieur peut me vendre des brochets entiers sous la parka, mais ne le répétez pas...


À l'instar des collègues compagnons collectionnant les panneaux de chantier volés en rentrant de beuverie, une découverte similaire a illuminé un peu une soirée insipide passée dans un établissement insipide. Je ne sais pas trop si c'est un voussoir ou un remplage, mais la pierre taillée gisait là, sous un arbre, depuis relativement peu de temps j'imagine vu à quel point la crasse l'a épargnée. Le caillou n'est pas vieux : taillé à la pogne mais présentant des traces de disque sur les joints. Le monastère n'étant pas loin, je suppose qu'elle devait en faire partie, mais qu'elle n'a dû être qu'une erreur de taille d'apprenti... Ou juste tombée du camion.
Elle est aujourd'hui devant chez moi. Je trouverai bien dix minutes pour lui donner un coup d'acide citrique, mais j'attendrai un appartement plus grand pour lui trouver une place.


Ça n'allait pas trop ces temps. Mais je profite d'un regain de vigueur et de cette petite tendance sympathique qui a conquis la section blogs pour vous présenter mes pokémon préférés.

Vous y verrez beaucoup de formes évoluées trobadass : mon amour de la stratégie pokémon transparaît à certains moments. À noter qu'Hoenn est volontairement absent de mes préférés des préférés pour des raisons purement polémiques de hiérarchie des races.

Et Lucario. J'aime Lucario. Particulièrement sa méga qui a le talent Adaptabilité.

Dans l'espoir de vous revenir bientôt avec l'épopée des lapins. Ça faisait longtemps.

Kibouille, ami des bêtes de poche.
Me revoilà déjà pour un hors-série pascal. Dois-je m'excuser d'envahir la section blog avec de la bouffe ?

Pâques arrive. Et que vous le fêtiez ou non, je vais quand même user de ce prétexte pour vous faire faire un peu de boucherie en vous donnant la recette du traditionnel navarin d'agneau. On travaillera avec le morceau le moins cher de l'agneau : le collier, qui comme tous les morceaux les moins chers est soit plein d'os, soit à cuisson lente... et il se trouve que le collier rentre dans ces deux catégories !

Comme d'habitude, pas de panique : c'est une recette délicieuse, pas chère et pas trop exigeante ! À faire si vous recevez du monde par contre, car il y aura pas mal à manger dans l'assiette (vous pouvez toujours congeler dans le pire des cas). On commence ?

Débutons par la pièce maîtresse : le collier d'agneau. C'est tout simplement le cou de l'animal. Entier, il se présente comme une pièce de viande allongée avec plusieurs os centraux (la colonne vertébrale). Si vous allez chez le boucher – et je vous conseille de le faire, ce n'est pas plus cher ! – demandez-lui de couper la viande en gros morceaux voire de vous garder les os de côté pour, je sais pas... un petit bouillon d'os que nous verrons prochainement ?

En légumes, vous aurez besoin d'oignons, de carottes, de flageolets, de pommes de terre... et de navets : c'est quand même eux qui donnent leur nom à la recette ! Promis, ils ne seront pas trop amers... Enfin, vous aurez également besoin d'un peu de farine et de concentré de tomate.

Commencez, comme on doit toujours le faire en cuisine, par préparer ce qui prend le plus de temps : en l'occurrence par faire tremper vos flageolets en suivant, je dis ça comme ça... la recette que l'on a vue sur le blog ?

Prenez votre plus grosse casserole voire une cocotte et faites-la chauffer à feu vif avec de l'huile de cuisson. Mettez ensuite vos morceaux d'agneau à dorer. Vous vous souvenez de la réaction de Maillard ? Il ne s'agit pas de faire cuire tout de suite les morceaux d'agneau mais de leur faire développer des saveurs en les faisant rissoler. Retournez-les de temps en temps jusqu'à ce qu'ils soient bien bruns.
Ajoutez le concentré de tomate et mélangez pour bien l'incorporer : il donnera un petit goût sucré et acidulé et donnera de la couleur à la sauce. Puis, saupoudrez quelques cuillères à soupe de farine sur votre préparation. On appelle cela "singer" : la farine aidera à lier la sauce. Salez et poivrez. Si vous êtes un pro, ajoutez un petit bouquet garni !

Quand tout est bien incorporé, mouillez votre ragoût à hauteur avec du bouillon de légumes ou tout simplement de l'eau froide. Si vous êtes un assoiffé, vous pouvez même mouiller à la bière ! Baissez ensuite le feu sur feu doux et laissez mijoter 1h30 environ.

Pendant ce temps, vous pouvez faire cuire vos flageolets et vos légumes. Pour ces derniers, découpez-les en gros morceaux : les oignons coupés en quatre, les carottes épluchées et coupées en gros segments, les pommes de terre et les navets aussi épluchés détaillés en gros dés. Veillez à avoir des morceaux plus ou moins de la même taille : ils cuiront uniformément. Vous pouvez cuire le tout dans une eau salée ou dans un bouillon environ une demi-heure. Les légumes sont cuits si vous pouvez y planter la pointe d'un couteau et la ressortir sans effort.

Mais si vous voulez un peu de fantaisie, je vais plutôt vous dire comment glacer vos légumes...

Pour ce faire, prenez vos légumes bien coupés et mettez-les dans une casserole ou une poêle à fond épais. Ajoutez une bonne noix de beurre, une pincée de sel et deux cuillères à soupe de sucre en poudre. Couvrez ensuite d'eau et laissez cuire à couvert à feu doux pendant une vingtaine de minutes environ ; la cuisson doit se faire à petite ébullition. Vérifiez si vos légumes sont cuits avec la technique du couteau puis ôtez le couvercle et laissez cuire une dizaine de minutes : l'eau va s'évaporer, laissant sur vos légumes un enrobage brillant et légèrement sucré.

Votre navarin est prêt ! Récupérez bien le bouillon en filtrant votre viande et servez bien chaud avec vos flageolets et vos légumes. Et voilà : un autre classique de notre belle France que vous aurez appris à faire !

En vous souhaitant bon appétit et bonne chasse aux œufs, je m'éclipse en vous promettant pour la prochaine fois une recette sucrée.

Kibouille, amené par les cloches.
Me revoilà. Je vous emmerde, pas vrai ? Mais pour ceux qui sont le moins emmerdés par ma pollution bloguesque ou ceux qui retiennent le mieux leur colère et leur épée, voilà une nouvelle recette de mon cru avec un ingrédient dont on ne sait jamais trop quoi faire et qui reste des années dans le placard : les haricots secs.

Parlons-en un moment. Les haricots secs, c'est dur, ça ne se cuit pas facilement et une fois ingéré, bonjour le... le météorisme, on va dire. C'est pourquoi on va s'atteler à les rendre plus digestes en suivant une recette : celle de galettes toutes simples à la poêle. Cette recette englobe tous les haricots secs auxquelles vous pourrez penser : les haricots rouges, blancs, les pois chiches, les flageolets...
À noter que si vous les choisissez en conserve, vous vous épargnerez la première étape de cette recette. Comme on est motivés, on va les choisir secs : en vrac ou en sachets. Ça ne coûte pas bien cher et vous verrez, ils deviendront une belle alternative aux féculents traditionnels... voire à la viande à certains repas !

Vous verrez : cette recette innocente va nous faire brasser plein de petites bases.

Débutons par la première étape du trempage. Prenez la quantité que vous désirez de haricots secs (prenez bien en compte qu'ils gonfleront !) et immergez-les dans un bon volume d'eau pendant... une nuit. Faites-le avant d'aller vous coucher par exemple. Petite astuce – et pas des moindres : ajoutez une cuillère à soupe de bicarbonate de soude à votre eau de trempage. Le bicarbonate, ça se trouve partout à pas cher et ça va devenir votre meilleur ami en cuisine, que ce soit pour accélérer des cuissons, aérer des préparations, laver des légumes ou attendrir des viandes.

Une fois nos haricots bien trempés, on va bien les égoutter et les rincer, afin d'être sûr d'enlever toute la substance indigeste qu'ils auront expulsé dans l'eau de trempage. Si vous avez choisi des haricots en boîte, égouttez et rincez également.

Vient ensuite la cuisson. Faites bouillir un autre bon volume d'eau (ajoutez-y une ou deux cuillères à soupe de bicarbonate : les haricots cuiront plus vite) et plongez-y vos haricots entre 30 et 40 minutes (un peu plus longtemps si vous n'avez pas mis de bicarbonate). Vos haricots devraient être tendres et s'écraser facilement à la fin de la cuisson. À noter que pour notre recette, il n'est pas grave de les faire cuire plus longtemps.

Vous savez maintenant faire cuire des haricots secs. Vous pouvez les servir en accompagnement d'une viande, seuls avec une bonne sauce tomate, réduits en purée ou en velouté... ou bien en galettes comme on va le voir !

Vous aurez besoin d'un peu d'eau, de farine (idéalement de Maïzena ou de fécule de pomme de terre) et de l'assaisonnement que vous aurez sous la main : épices, herbes, condiments... réduisez les haricots en purée avec une fourchette, un presse-purée, un moulin à légumes ou votre poing si vous êtes un bonhomme sauvage. Pour environ 300 grammes de haricots secs, ajoutez-y 30 millilitres d'eau mélangée à 3 cuillères à soupe de farine/fécule ou bien 3 œufs. Si vous avez du pain rassis, râpez-le pour en faire de la chapelure et ajoutez-en quelques cuillères à soupe.
Pour l'assaisonnement, laissez parler votre imagination ou suivez ces quelques exemples : du paprika, de la moutarde, du curry, du persil, des herbes de provence, un peu de concentré de tomate, de la sauce soja ou worcestershire... mélangez bien le tout jusqu'à obtenir une mixture compacte (rajoutez au besoin un peu de farine/fécule).

Faites bien chauffer une poêle avec de la matière grasse et mettez-y une grosse cuillère à soupe de votre purée de haricots que vous viendrez étaler. Laissez cuire d'un côté pendant une trentaine de secondes à une petite minute puis retournez pour faire cuire de l'autre côté. Et voilà.

Vous pouvez déguster ces galettes comme des steaks hachés ; avec vos traditionnelles pâtes au beurre ou à la sauce tomate, des pommes de terre, une poêlée de légumes... Ça n'imite pas la viande à cent pour cent, mais c'est riche en bons glucides, en protéines et en micronutriments.

Avec la satisfaction d'avoir tenu mes promesses, je vous laisse tranquille... pour cette fois ! La prochaine fois – qui arrivera très rapidement, une recette typique du mois d'avril.

Kibouille, modeste défenseur du bon.
Avant toute chose : pardon pour le spam... mais surtout : braves gens n'ayez pas peur !

Petit hors-série d'avril pour vous parler d'un poisson... d'avril assez méconnu et pourtant peu cher et agréable en bouche : le tacaud ! Au début je voulais vous faire une recette DE lapin mais n'aimant pas sa viande (je suis pas un sauvage cannibale, eh oh), je ne suis pas le plus avisé pour ce qui est de sa préparation. Qui plus est, le poisson convient mieux à un 1er avril.

Dans ce hors-série donc, on va apprendre à faire un poisson entier, raison pour laquelle je vous ai dit de ne pas paniquer. La recette est très simple, vous verrez. Et si vous habitez sur la côte, c'est un sacrilège de ne manger que du poisson pané ou en conserve, sachez-le. Pensez un peu aux continentaux qui doivent batailler pour trouver un bon poissonnier...

Le poisson est intimidant pour plusieurs raisons : il est plus compliqué à préparer, contient souvent des arêtes, sent vite mauvais, sa cuisson est parfois délicate et son prix variable. On lui préfère souvent la viande ou du poisson déjà préparé (pané, en boîte ou en barquette), alors qu'un poisson entier au four est très simple, comme nous allons le voir.

Tout d'abord, il vous faudra trouver un poissonnier qui connaît son métier. Si vous êtes du littoral, vous pouvez même acheter directement au pêcheur : soyez courtois et sympathique, ce sera souvent encore moins cher.
Une fois le professionnel et le tacaud trouvés, demandez-lui (au professionnel, pas au poisson) de vider, d'ébarber et d'écailler la bête : je vous aurais volontiers dit comment faire, mais j'ai peur qu'à l'écrit la compréhension soit plus difficile, et internet est rempli de tutoriels en images... Si vous avez un chat, vous pouvez récupérer les entrailles pour lui ; il vous verra un peu moins comme un esclave. Profitez aussi d'avoir votre poissonnier sous la main pour le débarrasser de quelques têtes et arêtes de poisson : vous en aurez besoin si vous faites un fumet.

Vous êtes maintenant en possession d'un beau bébé d'un kilo environ... l'occasion parfaite pour inviter du monde ! Place à la recette ; préchauffez votre four à 200°C et rincez bien votre poisson. Disposez ce dernier sur un plat allant au four (et assez grand pour lui) et... c'est tout ? Oui, vraiment, c'est tout. Si vous voulez, vous pouvez lui donner un peu de compagnie en ajoutant dans le plat des pommes de terre ou des oignons en fines tranches, des gousses d'ail encore dans leur peau, des rondelles de citron... mais un poisson entier, une fois préparé, ce n'est pas plus compliqué que ça. Enfournez pour 25 minutes. Pour savoir si votre poisson est cuit, enfoncez un pic en bois ou un cure-dent dans la chair pendant une trentaine de secondes, puis ressortez l'objet et pincez-le entre vos lèvres. S'il est chaud, c'est que le poisson est cuit. Sinon, remettez-le pour 5 minutes. Un poisson peut rapidement être trop cuit, donc restez vigilants.

Et voilà un tacaud de prêt ! Accompagnez-le de pommes de terres rissolées, de riz ou d'une poêlée de légumes. Mais le travail ne s'arrête pas là : pendant que vous mangez, gardez bien les arêtes et la tête de côté. On va en faire du fumet : un bouillon de poisson que vous pourrez utiliser... comme un bouillon.

Rincez bien vos chutes de poisson et détaillez-les en morceaux assez petits... ne vous acharnez pas à couper les arêtes ou les têtes ; seulement à séparer les os de manière à ce que le tout prenne le moins de place possible dans votre récipient. Faites-le ensuite revenir dans de l'huile quelques minutes : réaction de Maillard, vous vous souvenez ? Ajoutez des herbes aromatiques, quelques légumes de fond de bac : des carottes, du poireau, du céleri, des oignons ou tout simplement des épluchures : bref, tout ce qui peut donner du goût au bouillon. Versez ensuite un peu de vin blanc pour déglacer (déglacer, c'est verser un liquide dans une préparation bien chaude pour décoller les sucs de cuisson), puis de la bonne eau à hauteur. Il est assez important que l'eau soit bonne au goût car comme pour un thé, il va être question de faire infuser nos restes de poisson dedans. Laissez donc infuser votre fumet pendant une quarantaine de minutes à feu doux : seules quelques bulles doivent remonter à la surface.

Votre fumet doit avoir changé de couleur et dégager une bonne odeur. C'est parfait. Filtrez le tout avec votre passoire la plus fine de manière à ne vraiment récupérer que le liquide (si vous n'avez rien de fin comme un chinois ou un tamis, filtrez à travers un torchon propre), puis jetez les chutes de poisson et les légumes au compost. Si vous êtes vraiment chaud, vous pouvez même faire réduire un peu le fumet ainsi obtenu afin de concentrer les saveurs.

Vous pourrez faire pas mal de choses de ce fumet : du risotto, du poisson poché, des sauces, une blanquette de la mer, de la soupe... C'est mieux que de jeter immédiatement votre poisson et à peine exigeant, on est d'accord ?

La prochaine fois c'est promis, on verra un nouveau substitut à la viande. Bonne rigolade en ce 1er avril et bon appétit, bien sûr...

Kibouille, lapin d'eau douce.
L'un des piliers culinaires pour quiconque aimant la France comme je l'aime est la pâte à choux. Emblématique, versatile et toujours bonne, elle rassemble les différences, fait chavirer le cœur de l'être aimé (croyez-moi sur parole) et est peut-être notre premier pas dans le grand monde merveilleux de la vraie cuisine, celle que l'on ne fait pas que pour se nourrir... En l'occurrence, ça a été mon cas.

Aujourd'hui, on se remonte les manches car l'on va faire non pas une, mais deux recettes différentes avec cette même base. Cet article des recettes du lapin aura avant tout pour but de vous inculquer le b-a-ba et vous apprendre une recette sucrée en la personne des chouquettes et une recette salée qui n'est autre que les gougères ; vous pouvez donc piocher librement entre l'une et l'autre et n'êtes évidemment pas obligé de faire les deux à la fois. La pâte à choux est peut-être très bonne, mais on ne fait pas un repas entier avec (ou pas !).

Commençons par le commencement et prenons une casserole. Faisons fondre 50 grammes de beurre avec 25 centilitres d'eau ou de lait (c'est meilleur) et une pincée de sel. Faisons aussi préchauffer le four à 200°C. Dès que le liquide bout, enlevons-le du feu et ajoutons d'un coup 150 grammes de farine en mélangeant bien jusqu'à former une pâte. Si vous faites les chouquettes, c'est le moment d'ajouter 50 grammes de sucre et de quoi les aromatiser si vous le voulez (vanille, cannelle, fleur d'oranger...). Notez que dans le cas des gougères, vous pouvez ajouter de la muscade, du cumin, un peu d'herbes séchées...
Ensuite, remettons notre casserole à feu doux tout en continuant de mélanger : la pâte va se dessécher pour former une boule, et il est important qu'elle ne dore pas. Quand la boule se détache du bord de la casserole et qu'elle ne laisse qu'une espèce de pellicule blanche dans la casserole, c'est le moment de la sortir du feu et de la laisser refroidir un peu.

Commence l'étape coton : l'incorporation des œufs. Prenez-en quatre et ajoutez-les un par un en mélangeant énergiquement (l'intérêt d'avoir fait refroidir la pâte est qu'elle ne fera pas cuire les œufs). Vous constaterez avec effroi que la pâte et les œufs ne s'agglomèrent pas, mais alors pas facilement du tout : c'est normal. La pâte à choux demande de la persévérance. Touillez et touillez encore, ajoutez vos œufs quand le précédent est bien amalgamé et vous vous retrouverez au final avec une belle pâte brillante qui se détache de la cuillère. Si la pâte reste épaisse, rajoutez un œuf supplémentaire. Si vous faites les gougères, l'heure est venue d'ajouter la dose que vous voudrez de fromage râpé ou en petits morceaux. La recette de base utilise du gruyère, mais vous pouvez faire avec n'importe quel fromage qui traîne dans votre frigo.

Comment — dis-je théâtralement ? Vous n'aimez pas le fromage ? Mais pas de problème ! Bien que ce soit un sacrilège, vous pouvez le remplacer par des petits lardons, des olives émincées, des épices (essayez donc au curry ou à la muscade !), des herbes de Provence, ou encore pour les plus fous d'entre vous : par du fromage d'amande !

Vient le moment de la cuisson ! Pas besoin de poche à douille (à part si vous savez vous en servir) : l'on va utiliser des cuillères à soupe pour portionner les choux. Déposez tout simplement des boules de pâte sur une plaque ou un moule plat huilés/garnis de papier cuisson. On ne cherche pas encore à faire des choux craquelins ou des perfections. Dans le cas des chouquettes, parsemez-les de petites billes de sucre. Enfournez pendant 30 à 40 minutes. Les choux doivent être bien dorés et légers. S'ils se sont effondrés tragiquement à la sortie du four, c'est qu'ils n'étaient hélas pas assez cuits, désolé.


Voilà des gougères au cumin et au Comté.

Vous voilà normalement avec de belles chouquettes ou de splendides gougères ! Vous pouvez déguster froid ou chaud.
Mais la pâte à choux ne saurait se limiter à cela ! On peut à un niveau plus avancé faire des choux à la crème en les garnissant de crème pâtissière (ou de crème au fromage pour une version salée !), ou encore faire religieuses, choux craquelins, Paris-Brest, Saint-Honoré... mais pour l'instant, assurez-vous de réussir cette première étape !

La prochaine fois, voyons... pourquoi pas un autre substitut à la viande ? À tantôt !

Kibouille, et sa tambouille.
Une seconde, lapin. « Seitan » ? Mais qu'est-ce que c'est que ce truc ?
Et bien c'est littéralement de la viande de blé. Une connerie végane ? Pas vraiment ; ce que l'on nomme seitan est en réalité un plat traditionnel dans les pays d'Asie de l'Est ; en Inde, au Japon et en Chine notamment. Je ne plaisante pas, cherchez sur Wikipédia.

« Mais alors, ça doit être un procédé compliqué pour faire de la viande à partir de blé (ou d'épeautre) ! » Même pas ! C'est confondant de simplicité. Assurez-vous juste d'avoir de la farine, l'eau courante, un peu de patience comme il en faut toujours en cuisine et le tour est joué.

Je tiens simplement à signaler que s'il y a des intolérants au gluten parmi vous, cette recette n'est hélas pas pour eux. Promis, je me rattraperai avec une autre alternative à la viande.

« De la viande à partir de la farine ? Tu te fous de notre gueule Kib- » Bon d'accord, j'arrête de vous faire parler. Passons à la recette.

Tout d'abord, et je suis navré pour cela, mais il ne vous faudra pas n'importe quelle farine. Enfin si, ça marche avec n'importe quelle farine, simplement que c'est beaucoup moins digeste avec de la farine banale du commerce (une banale histoire de chromosomes du blé). Assurez-vous donc d'avoir de la farine de blé bio ou de la farine d'épeautre. C'est un peu plus cher, mais songez qu'avec cette farine, vous allez pouvoir faire un substitut à la viande riche en protéines (jusqu'à une trentaine de grammes pour 100 grammes de seitan !) et micro-nutriments et pauvre en graisse !

Cette farine, versez-en la quantité que vous voudrez dans un saladier (on va partir sur 500 grammes, soit la moitié du paquet). Ajoutez-y un peu de sel et de l'eau petit à petit de sorte à pouvoir former une boule de pâte. Ce n'est pas grave si elle est collante, vous verrez après.

Amenez cette pâte et laissez couler de l'eau dessus. Oui, vraiment. Une fois votre saladier rempli d'eau, malaxez votre boule de pâte dans celle-ci. Votre eau devrait blanchir : c'est l'amidon du blé/épeautre qui sort. Une fois celle-ci totalement blanche, jetez-la et remplissez de nouveau votre saladier pour répéter l'opération (veillez à bien réunir votre pâte). Oui je sais, ça paraît gourmand en eau comme ça.

Le but du seitan est de retirer tout l'amidon de la pâte afin de n'en garder que le gluten, d'où mon avertissement pour les intolérants. La démarche est un peu répétitive et longue, mais ça vaut le coup. Vous pouvez vous équiper d'une passoire.

Immergez, pétrissez et videz l'eau jusqu'à ce que celle-ci ne soit plus blanche et trouble. Cela prend un certain nombre de fois, armez-vous de patience. Vous devrez normalement vous retrouver avec une boule de pâte un peu élastique et non collante. La première étape est finie.

Place... à la cuisson.

Faire cuire le seitan requiert d'avoir du bouillon : n'ayant de base pas trop de goût, il appréciera ce petit complément gustatif. Et ça tombe très très bien, j'ai justement fait une recette de bouillon pas cher sur ce blog. Mais vous pouvez tout aussi bien utiliser n'importe quel bouillon. Étant donné que le compostage devient progressivement obligatoire, je vous ferai prochainement la recette d'un bouillon d'os.

Portez donc à petite ébullition le bouillon que vous avez et plongez-y le seitan que vous aurez roulé en boudin et coupé en rondelles. Il y en aura pour une bonne demi-heure de cuisson à feu doux. Le seitan doit être spongieux, presque caoutchouteux. Égouttez-le et là, le champ des possibles s'ouvre à vous : vous pouvez faire dorer ces rondelles à la poêle, les hacher et les faire revenir dans une sauce (pour donner un exemple : une bonne lichette de sauce soja mélangée avec une mixture d'eau et de maïzena ou avec de l'eau gorgée d'amidon issue de la préparation du seitan), en faire de petits steaks hachés, le couper en cubes pour les mettre dans une salade, du riz, des pâtes... les possibilités ne sont pas loin d'être infinies.

En espérant vous avoir donné envie d'essayer cette recette toute simple et pas trop chronophage, il est temps pour moi de m'éclipser. À une prochaine fois pour une recette sucrée... et salée !

Kibouille, homme à marier.
Le peuple du Bip la réclamait ; la voilà. L'épopée lapine. Nos garennes de WaterBip Down à nous. On commence tout de suite.

Nous reprenons en l'an 2010. Noisette Ier règne sur sa bonne petite colonie prospère, les HLM sont pleins à craquer et les voisins nous prennent déjà pour des drôles de gourous du lapin. En effet, la colonie devient un sujet de conversation, une sorte de phénomène malgré nous qui poussent moi et ma famille à en parler autour de nous (c'était et ce sera par la suite l'un de mes premiers sujets de conversation : bonjour, je m'appelle Kibouille, j'ai tel âge et j'ai plein de lapins). Beaucoup s'en étonnent : « Quoi, mais vous ne les mangez pas ? » quand d'autres se feraient une joie d'aller voir nos boules de poils, d'autant que les petits lapereaux sont nombreux et tous plus adorables les uns que les autres. Nos amis à grandes oreilles sont devenus nécessaires pour ma famille, notamment pour ma mère, qui bien qu'elle doive déjà faire avec quatre enfants, trouve toujours une heure ou deux par jour pour ses lapins chéris.

La colonie, hélas, devra affronter un premier fléau des populations nombreuses : la maladie. Un mal déjà coriace pour ces petites bêtes fragiles, mais qui se transforme en catastrophe pour les grands élevages de lapins. Une épidémie d'un mal inconnu se propage et emportera Vanille II ainsi que ses cinq petits. Les pauvres lapereaux mourront les uns après les autres, chacun de manière foudroyante sans aucun symptôme. Heureusement si l'on peut dire, le mal sera contenu dans ce seul clapier, mais il va nous pousser à revoir l'hygiène des clapiers.. et les frais de vétérinaire.

J'ai parlé de comment mes chers pinpins étaient logés et blanchis, mais pas de comment ils étaient nourris ! Vous vous doutez bien que rassasier une bonne trentaine de lapins n'est pas chose aisée. C'est ma mère qui s'en charge la majeure partie du temps, même si nous l'aidons parfois. La tâche consiste à repérer ce que l'on appelle « les coins à crépettes » ou en bon français véhiculaire : les coins à pissenlits. Plante symbole de la dynastie de Noisette Ier, le pissenlit constitue l'essentiel de la nourriture lapine avec les carottes et la pomme (toujours distribués le matin en guise de petit déjeuner : nous avons depuis longtemps pris le réflexe de les acheter par paquets de 10 à 20kg) en plus d'autres plantes que nous apprendrons à connaître par la suite, comme l'achillée et le plantain par exemple. Une fois par semaine, ma mère, en allant courir, faire du vélo ou tout simplement en y allant en voiture, va cueillir la précieuse herbe dans les champs et les sous-bois, remplissant de nombreux sacs que nous mettons ensuite à sécher (l'herbe trop humide peut être vectrice de troubles digestifs et de maladies). Alors, c'est quel degré d'investissement ?

Nos voisins ont un chat. Ce chat se baladait librement chez nous, mais depuis quelques temps, voilà qu'il se mettait à envier nos petits lapereaux, leur tourner autour, vouloir se rendre dans leur parc... pour les croquer évidemment. C'est avec regret que dès lors, nous nous mettrons à le bouter hors de notre territoire, toujours gentiment, mais assez significativement pour nous attirer les foudres des voisins (qui ne nous aimaient déjà pas beaucoup de base). Le mot se propagera dans le quartier, nous isolant un peu plus. Je me rappelle que pendant un temps, les enfants d'à côté n'avaient plus le droit de jouer avec moi : le sauvage vivant dans la paille. Salaud de chat.

Que de malheurs, mais aussi que de bonheur avec ces copains à quatre pattes ! Je me rappelle des exposés que je préparais sur eux à l'école (et que je ne présentais jamais car trop timide), des constructions que je leur fabriquais, des jeux que je faisais avec Noisette, qui je le remarquais était un peu plus fatigué, traînait de la patte, allant jusqu'à rester à la maison certains jours pour se reposer. Il allait bientôt avoir huit ans tout de même.

Mais même Noisette Ier, tout fier et beau qu'il était, n'échappait pas au temps. C'est ainsi qu'un matin d'Octobre 2010, à sept ans et demi, notre cher souverain, le vrai maître de la maison, rendit son dernier souffle au pied de la cheminée. Le trouver là aura été un déchirement à nul autre pareil, lui, le lapin de mon enfance, mon meilleur copain. J'avais grandi avec lui, et au moment où j'allais rentrer au collège et dans le monde des grands, son chemin s'arrêtait là. J'avais été le seul avec mon père à ne pas pleurer ; j'en étais tout bonnement incapable.
Le nom de Noisette sera retiré de nos choix de prénoms afin de lui rendre hommage. Mon père lui fera un petit cercueil en bois et nous l'enterrerons à l'arrière du jardin, afin qu'il veille toujours sur la colonie. Repose en paix Noisette Ier : notre roi cramoisi, fier fondateur de la colonie au poitrail blanc.

Le roi est mort. Mais comme on dit : vive le Roi ! Et petit Kibouille, déjà bien monarchiste à l'époque, voulait bien que ses lapins retrouvent un souverain. Et puis quoi encore ? Une démocratie lapine ? Un gouvernement du peuple des HLM ? Laissez-moi rire !

C'est ainsi que nous chercherons parmi nos lapins un digne successeur à Noisette Ier afin de remplir la maison. Plusieurs individus passeront ainsi à l'essai : nous songeront à Berlingot, mais son caractère farouche faisait craindre pour nos installations électriques et nos menuiseries. Nous essaierons Kiwi, le favori de ma petite sœur, mais celui-ci avait la sale manie de tout ronger, puis Touffi, un gros lapin très angora aussi appelé « Touffi le magicien » du fait de ses yeux bleus pénétrants, qui s'avèrera craintif et sauvage ; un grand timide. Nous introduirons des jeunes lapins, que nous serons finalement obligés de vendre faute de place. Une lapine se détachera néanmoins du lot : Cookie, dite Cookie la pirate car elle habitait dans une cage en bois qui ressemblait à un bateau. Oui, nous aimions les surnoms...

Lapine angora marron vivant en bonne compagnie avec ses peluches (un éléphant et un chat bleu), affectueuse, marrante (elle avait l'habitude de plonger dans le sac de ma mère pour y grignoter la pomme qu'elle s'emmenait au travail), souvent pot de colle, nous viendrons à considérer ce choix d'une reine plutôt qu'un roi. Malheureusement, Cookie restait comme toutes les femelles (désolé mesdames) moins facile à vivre que les mâles. Elle aimait un peu trop la liberté dans le jardin, risquant plusieurs fois de se faire manger par le chien de chasse du voisin, se battra avec les autres femelles et fera du charme aux mâles (une vraie pirate). Ses épisodes de chaleurs – phénomène inexistant chez ces messieurs – seront assez pénibles à gérer, en plus d'être salissants... De plus, elle aussi rongeait murs, meubles et fils électriques. Au final, Cookie restera dans son bateau.

Les mâles sont plus faciles à vivre car dans la nature, les alphas viennent exclusivement de Mars plutôt que de Vénus ; ainsi, les autres mâles sont plus tentés de reconnaître sa supériorité – les dissuadant d'aller se frotter à lui, sauf pour les jeunes têtes brûlées qui comprennent bien vite la leçon – et les femelles se regroupant naturellement en harem autour du big boss régulent leurs tempéraments... et celui des garçons. Les femelles sont également de caractère plus craintif et donc moins doux que les mâles dans leur généralité.
En gros : prenez un mec viril à la maison et les lapins seront bien gardés. Que voulez-vous, c'est la nature...

Pas un seul candidat ne fera donc l'affaire, et la maison restera donc vide un moment... et d'autant plus vide que nous humains manquions aussi de place ! Un déménagement se préparait, et ça, ce sera toute une histoire, vous verrez...

La prochaine fois, nous narrerons la grande odyssée des lapins !

Kibouille, bête à manger du foin.