Accéder au contenu de la page

Sartori in Bourg-Trésor
Blog de Kibouille

Informations sur l'auteur : Kibouille
Membre depuis le 13/10/2017 à 08:19
Dernière visite le 28/03/2026 à 00:21
Bourg-Trésor est un point de passage. Elle est la bourgade des revenants des profondeurs et le point de départ de ceux que de plus hautes cités appellent.

Bourg-Trésor peut sembler insignifiante, elle et sa poignée d'échoppes. Loin d'être hideuse, elle est à la mode de toutes les autres villes de son accabit : une face sur laquelle alternent quelques sursauts de beauté quelque peu inaboutis et sursauts de laideur à l'arrogance affadie.

Bourg-Trésor se sait n'être qu'une étape. À la différence des métropoles verticales à la fois tuteur et étau, elle est dictée par les êtres à défaut d'être en mesure de les dicter. Même au temps où le temps lui-même était plus lent, elle ne semble pas avoir eu comme autre ambition que de voir passer, que de se tenir au bord de centaines de milliers de routes. La rumeur disant le contraire a beau courir au marché Keckleon, Bourg-Trésor semble tirer fierté d'être, selon le prisme employé, le soubassement de la pyramide ou le vallon du plateau.

Bourg-Trésor offre le nécessaire. La patine des temps modernes ne s'est au moins pas trop acharnée sur son aisance à prodiguer : résidu de noblesse paysanne qui veut que tout ce que l'on ait à offrir soit offert. Sa terre est bonne pour praliner les racines trop longtemps à nu. Elle rempote les êtres et leur donne une assise.

Bourg-Trésor est une ville qui dort la nuit. À l'heure où l'agitation incessante est révérée, elle regarde cette dernière avec la même stupeur que les campagnards de jadis regardaient le travail nocturne. Tout y rappelle que le sommeil est d'or, que le bon repos prédispose à la bonne santé, que le vivant ne triomphera jamais du ciel.

À Bourg-Trésor, certains font leur trou et certains s'y enterrent. La terre n'est jamais loin sous le bitume, et sur une autre mélodie que celle des va-et-viens, sans pour autant qu'elle soit jamais dissonante, résonnent toujours des chants de pétrichor.
À Bourg-Trésor vivent ceux qui tuent le temps et ceux qui le comptent. On y pense aux horreurs des donjons-mystères passés et aux prochaines aventures que l'on y écrira, à nos catabases et nos ascensions. On y est vacciné de toute illusion, mais on y inocule nos meilleures espérances.

[youtube=https://youtu.be/jllhCYvrYgI?si=9KJaYYJquiHeYjOV]
Les recettes du lapin : seitan
Une seconde, lapin. « Seitan » ? Mais qu'est-ce que c'est que ce truc ?
Et bien c'est littéralement de la viande de blé. Une connerie végane ? Pas vraiment ; ce que l'on nomme seitan est en réalité un plat traditionnel dans les pays d'Asie de l'Est ; en Inde, au Japon et en Chine notamment. Je ne plaisante pas, cherchez sur Wikipédia.

« Mais alors, ça doit être un procédé compliqué pour faire de la viande à partir de blé (ou d'épeautre) ! » Même pas ! C'est confondant de simplicité. Assurez-vous juste d'avoir de la farine, l'eau courante, un peu de patience comme il en faut toujours en cuisine et le tour est joué.

Je tiens simplement à signaler que s'il y a des intolérants au gluten parmi vous, cette recette n'est hélas pas pour eux. Promis, je me rattraperai avec une autre alternative à la viande.

« De la viande à partir de la farine ? Tu te fous de notre gueule Kib- » Bon d'accord, j'arrête de vous faire parler. Passons à la recette.

Tout d'abord, et je suis navré pour cela, mais il ne vous faudra pas n'importe quelle farine. Enfin si, ça marche avec n'importe quelle farine, simplement que c'est beaucoup moins digeste avec de la farine banale du commerce (une banale histoire de chromosomes du blé). Assurez-vous donc d'avoir de la farine de blé bio ou de la farine d'épeautre. C'est un peu plus cher, mais songez qu'avec cette farine, vous allez pouvoir faire un substitut à la viande riche en protéines (jusqu'à une trentaine de grammes pour 100 grammes de seitan !) et micro-nutriments et pauvre en graisse !

Cette farine, versez-en la quantité que vous voudrez dans un saladier (on va partir sur 500 grammes, soit la moitié du paquet). Ajoutez-y un peu de sel et de l'eau petit à petit de sorte à pouvoir former une boule de pâte. Ce n'est pas grave si elle est collante, vous verrez après.

Amenez cette pâte et laissez couler de l'eau dessus. Oui, vraiment. Une fois votre saladier rempli d'eau, malaxez votre boule de pâte dans celle-ci. Votre eau devrait blanchir : c'est l'amidon du blé/épeautre qui sort. Une fois celle-ci totalement blanche, jetez-la et remplissez de nouveau votre saladier pour répéter l'opération (veillez à bien réunir votre pâte). Oui je sais, ça paraît gourmand en eau comme ça.

Le but du seitan est de retirer tout l'amidon de la pâte afin de n'en garder que le gluten, d'où mon avertissement pour les intolérants. La démarche est un peu répétitive et longue, mais ça vaut le coup. Vous pouvez vous équiper d'une passoire.

Immergez, pétrissez et videz l'eau jusqu'à ce que celle-ci ne soit plus blanche et trouble. Cela prend un certain nombre de fois, armez-vous de patience. Vous devrez normalement vous retrouver avec une boule de pâte un peu élastique et non collante. La première étape est finie.

Place... à la cuisson.

Faire cuire le seitan requiert d'avoir du bouillon : n'ayant de base pas trop de goût, il appréciera ce petit complément gustatif. Et ça tombe très très bien, j'ai justement fait une recette de bouillon pas cher sur ce blog. Mais vous pouvez tout aussi bien utiliser n'importe quel bouillon. Étant donné que le compostage devient progressivement obligatoire, je vous ferai prochainement la recette d'un bouillon d'os.

Portez donc à petite ébullition le bouillon que vous avez et plongez-y le seitan que vous aurez roulé en boudin et coupé en rondelles. Il y en aura pour une bonne demi-heure de cuisson à feu doux. Le seitan doit être spongieux, presque caoutchouteux. Égouttez-le et là, le champ des possibles s'ouvre à vous : vous pouvez faire dorer ces rondelles à la poêle, les hacher et les faire revenir dans une sauce (pour donner un exemple : une bonne lichette de sauce soja mélangée avec une mixture d'eau et de maïzena ou avec de l'eau gorgée d'amidon issue de la préparation du seitan), en faire de petits steaks hachés, le couper en cubes pour les mettre dans une salade, du riz, des pâtes... les possibilités ne sont pas loin d'être infinies.

En espérant vous avoir donné envie d'essayer cette recette toute simple et pas trop chronophage, il est temps pour moi de m'éclipser. À une prochaine fois pour une recette sucrée... et salée !

Kibouille, homme à marier.
Chargement...