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Écriture : Adapter en fanfic les institutions du canon Pokémon



Dans la continuité de l'article du mois dernier sur la géographie dans le monde Pokémon, on va une nouvelle fois essayer d'apporter des éléments de réalisme dans cet univers qui en manque bien souvent, ceci dans le but de polir vos fics futures ou même présentes. Dans l'univers Pokémon, il y a pas mal de choses qui ne sont pas expliquées et laissées à notre bonne vieille imagination. L'une d'entre elles est le pouvoir politique et institutionnel : qui dirige les régions que l'on connaît par cœur ? Y a-t-il un Président ou un Premier Ministre ? Quel est le rôle concret du Conseil 4 ? Comment devient-on un Champion d'arène ? Quelle est la juridiction de la Police Internationale ? C'est à ces questions, entre autres, que l'on va tenter d'apporter des éléments de réponse. Attention lecteurs, vous entrez dans le domaine administratif de Pokémon !

Déjà, un constat : jamais, que ce soit dans les jeux, dans l'animé ou dans le manga, le canon n'a fait état d'un quelconque dirigeant pour une région ou une autre. On a pour ainsi dire aucune idée de qui dirige Kanto, Hoenn, etc... Aucune idée de comment marchent leurs élections, si toutefois il y en a, et aucune idée même de s'ils sont en démocratie ou non. Les seuls "dirigeants" qu'on ait pu voir, plus particulièrement dans l'animé, ce sont les simples maires, ou chefs de village. Eux, au moins, ils existent, c'est déjà ça, et si d'aventure il n'y avait rien au-dessus d'eux, on peut imaginer que chaque maire s'occupe à diriger sa ville comme il l'entend, sans aucune directive d'un pouvoir central. Car après tout, jamais il n’a été question de pays ou de nations dans Pokémon, seulement de "régions".

Cela reste toutefois contrasté par les quelques éléments disséminés çà et là concernant le passé de l’univers Pokémon : en effet, autrefois, des rois dirigeaient certains territoires. Cela est notamment affirmé dans Pokémon X/Y concernant la région de Kalos, dont le dénommé A.Z. par exemple, est un ancien roi, par exemple. Et qui dit "roi" dit donc "pays". La monarchie existe-t-elle toujours en certains lieux ? Ou bien des régions ont-elles connu leurs propres révolutions ? Nul ne le sait. Et parce que le canon ne dit rien, ça vous rend vous, auteurs, totalement libres d'imaginer ce que vous voulez à ce sujet. Mais arrêtons-nous sur ce que l'on sait, et ce que l'on peut théoriser, mettre en place à partir de ça.

D’après ces quelques premiers éléments, on peut supposer que le monde Pokémon dispose d’un pouvoir politique plutôt faible, voire quasiment inexistant, ce qui peut expliquer de façon crédible l’émergence régulière de groupuscules criminels et la mainmise de grands groupes industriels sur l’économie. Les auteurs qui tiennent à placer leur univers fictionnel dans un cadre plus sombre et réaliste que celui très coloré de Pokémon peuvent s’appuyer sur ce néant politique.

À ne pas confondre avec les agents Jenny (ou K-You pour les plus vieux d'entre vous), les Forces de Police Internationale (FPI en abrégé) sont une véritable institution mondiale, pouvant agir dans n'importe quelle région. Même si on en entend parler dans la toute première génération (un agent déguisé en gentleman dans l'Océane pour traquer la Team Rocket), la véritable apparition des FPI dans la saga se fait avec la 4G, pour la version Platine, et notre bon vieux Beladonis qui apparaîtra régulièrement par la suite dans les jeux suivants.

On ne sait pas grand-chose du fonctionnement ou de la composition des FPI, mais nul doute qu'elles ne doivent pas se contenter de deux-trois agents secrets en blouson de cuir par-ci par-là. Ils doivent avoir un quartier général quelque part, des milliers d'hommes en armes, une direction importante, etc...

La saga Soleil et Lune nous en apprend un peu plus sur eux, avec le fameux Pôle Lié aux Opérations Ultra-Chimères (P.L.O.U.C. pour les intimes), que dirige Cathy avec l'aide de Beladonis. On voit bien que les FPI ne se contentent pas d'enquêter sur les Teams criminelles, mais également sur les Pokémon et les problèmes qu'ils pourraient causer. Leur juridiction et leurs domaines de compétences doivent donc être assez étendus.

Dans le cas d’un pouvoir politique faible, tel que le suggèrent les jeux et l’animé, les FPI peuvent être interprétés comme un garde-fou à l’échelle mondiale et un auteur de fic peut les imaginer œuvrer à la limite de l’illégalité, usant de méthodes discutables pour traquer les criminels ou contrer des Pokémon trop dangereux. Globalement, dès lors que l’on choisit un cadre politique et social bien défini, il faut que les institutions et les personnages soient en adéquation avec celui-ci pour que la fic garde un semblant de crédibilité.

Si l’idée d’un pouvoir politique défaillant ne vous séduit pas, deux options sont viables pour les auteurs de fics : soit imaginer des formes de gouvernements proches de celles du monde réel, soit attribuer à la Ligue Pokémon et aux Champions d'arène la gestion de chaque région. Dans le premier cas, un minimum de travail de recherche est exigé si le monde politique est mis en avant. Dans le second, si l’un des protagonistes principaux est champion d'arène, il convient de détailler le fonctionnement de la politique régionale.

La Ligue, c’est d’abord le Conseil 4 et le Maître. Présents dans la plupart des régions de l'univers Pokémon, ces cinq braves messieurs et dames représentent la crème de la crème des dresseurs régionaux, et la plus haute institution des dresseurs Pokémon. On peut donc facilement leur imaginer d'autres rôles que celui de défier les gamins qui auront réuni huit badges. Protecteurs de la région, garants de la paix, voire décideurs politiques ? Ou bien simples sbires du Maître ? C’est à vous de le décider, selon ce qui vous semble le plus cohérent avec la vision du Pokémonde donnée par votre fanfic.

En effet, on peut se poser la question de savoir qui, entre le Conseil 4 et le Maître, possède le plus de pouvoir. Car le Maître change au gré des victoires et des défaites, mais le Conseil 4 demeure, et ne modifie sa composition que lorsqu'un de ses membres décide de le quitter. Le Conseil 4 est le protecteur du Maître, mais peut-être bien que celui-ci n'a qu'un rôle d'apparat, et que le réel pouvoir décisionnaire en terme de dressage Pokémon de la région, voir même plus, revient au Conseil 4. On sait toutefois qu'en diverses occasions, le maître se bouge un peu pour résoudre les problèmes de sa région (Peter dans la 2G, Cynthia dans la 4G, etc...).

Enfin, dans le manga, il faut noter que le Conseil 4 n'a rien d'officiel au début. Ce sont juste quatre dresseurs surpuissants qui se sont auto-proclamés ainsi, et chose amusante, ce sont carrément des terroristes (oui, Peter est un taré égocentrique aux rêves de génocides dans l'arc Jaune du manga...). D’ailleurs, si vous écrivez une fic basée sur le manga, n’oubliez pas de préciser ces détails aux lecteurs pour éviter les malentendus.

Hiérarchiquement en-dessous de la Ligue et de sa supposée juridiction régionale dans l’esprit collectif des joueurs, les Champions d'arènes sont, eux, cantonnés à la ville dans laquelle ils sont établis. Leur premier rôle est d'accepter les défis de tout challenger en mettant en jeu leur badge, nécessaire pour l’accession aux duels contre le Conseil 4.

Dans le manga, on apprend que ces Champions sont fédérés par une organisation du nom d'Alliance Pokémon : c'est elle qui leur remet leur badge, et c'est elle qui fait passer les tests à ceux qui veulent endosser le rôle lorsqu’une place se libère. Comme on retrouve nulle trace de cette Alliance Pokémon dans les jeux et l’animé, on peut supposer que c'est le rôle de la Ligue Pokémon.

Un Champion a totale liberté pour délivrer ou non son badge. La règle en l’occurrence n'est pas de le donner lorsque le challenger a remporté le match, mais de le donner aux "dresseurs qui en sont dignes", ce qui est à la liberté de jugement du Champion (dans l’animé, Sacha a par exemple gagné des badges alors qu'il n'avait pas triomphé du combat en question). La Ligue Pokémon/Alliance Pokémon prête un nombre limité de badges au Champion : on imagine que si celui-ci en perd trop souvent, il se fera rapidement mettre à la porte. On sait aussi que le Champion peut faire l'objet d'un contrôle par la Ligue (c'était le cas de l'arène d'Argenta dans un épisode spécial).

En dehors des combats, le Champion d'arène a un rôle officieux de protecteur de la ville, et est une importante personnalité locale qui est souvent consultée pour les affaires de la cité. Ils disposent donc d'un certain pouvoir politique et décisionnel. Il est important de réfléchir à la place et à l’influence du champion dans sa ville quand ce type de protagoniste est au centre de votre fic. Compte tenu du nombre important de champions sur la totalité des personnages du canon, il est préférable d’insister sur ce point.

Dans les jeux, la Ligue et les champions semblent avoir des responsabilités différentes en fonction des régions. Par exemple, les champions d'Unys luttent activement contre la Team Plasma, quand seul Pierre Rochard s'occupe de la Team Magma/Aqua à Hoenn et personne ne bouge à Kalos pour défier la Team Flare. Ces différences locales peuvent être intéressantes à exploiter et à expliquer dans une fic. Il est même possible d'imaginer le Pokémonde comme un vaste état fédéral composé d’une multitude de régions dirigées par un Conseil 4. Dans ce cas de figure, les Ligues doivent rendre des comptes à un organisme supérieur que l’on vous laisse le soin d’imaginer, agissant avec les FPI et les G-Men.

On en sait très peu sur les G-Man, mais cette organisation, si c'en est une, existe bel et bien dans le canon Pokémon. En effet, dans la cinquième saison de l’animé, dans le premier épisode où nos héros rencontrent Peter, ce dernier affirme être un G-Man ; ceux-ci seraient des sortes de détectives enquêtant partout dans le monde et combattant ceux qui font du mal aux Pokémon. Rien d'original, diriez-vous, après la Police Internationale, ou encore les Pokémon Rangers. Sauf que ces deux organisations n'existaient pas encore à l'époque. On aurait pu donc penser qu'après leur création, ces fameux "G-Man" tomberaient dans l'oubli. Mais non : les créateurs de l'animé, en remettant en scène Peter lors du double épisode sur Groudon et Kyogre dans la saison 8, ont une nouvelle fois cités les G-Man. Le souci, c'est qu'on ne sait rien de plus, si ce n'est que Peter en est un.

Il faut savoir qu'aux États-Unis, G-Men est une abréviation de Government Men, des agents spéciaux travaillant généralement en secret pour les hautes institutions. Est-ce à dire que les G-Man de Pokémon travaillent donc pour un gouvernement ? Mais si oui lequel, car Peter enquêtait à la fois à Johto pour le Lac Colère, puis à Hoenn sur les teams Magma et Aqua. Les G-Man pourraient-ils être une section des FPI ? Nul ne le sait, et c'est une nouvelle fois là que votre imagination fera la différence dans vos fics, en vous servant de ces éléments épars pour en faire une véritable histoire originale mais également, donc, cohérente avec le canon.

On peut supposer que certaines régions, comme Alola, ne possèdent pas, ou pas encore, de Ligue. Il est plus ardu d’imaginer un système politique ici. À Alola, la cohésion sociale se fait donc autour du Doyen de chaque île, choisi par le Pokémon gardien. Pour un auteur qui voudrait explorer les institutions d’Alola, il faudrait décrire une organisation plus communautaire, basée sur la proximité des personnes et des Pokémon pour donner une saveur locale réaliste.

Quoiqu'il en soit, si on veut intégrer une structure politique crédible au monde Pokémon dans une fic, basée sur des institutions réelles ou non, il faut garder en tête que n'importe quel citoyen entouré d'une équipe de Pokémon surpuissants peut mettre à mal la sécurité d'une ville, voire de la région. L’organisation du gouvernement, de la justice et de la police doivent exclure tout possibilité de putsch pour permettre au système de subsister, et donc compter sur la Ligue Pokémon.

Si on a peu d'élément voir pas du tout concernant le pouvoir politique dans Pokémon, on nous met en revanche souvent sous le nez de grandes entreprises qui ont l'air d'être un peu les patronnes des régions dans lesquelles elles sont implantées. On pense bien sûr en premier à la Sylphe SARL de Kanto, qui semble détenir le monopole des Pokéballs et d'autres objets de dressage. Mais il y a aussi la Devon SARL à Hoenn, spécialisé dans les objets de hautes technologies et des Pokéballs spéciales, Loyau S.A. à Almia, ou encore les Labos Lysandre de Kalos. Toutes ces entreprises sont numéro un dans leur secteur et les objets qu'elles produisent sont mondialement achetés par les dresseurs de tous horizons.

Nombre de PNJs dans les jeux parlent d'elles : on imagine sans mal qu'elles possèdent donc un véritable pouvoir, pas seulement économique, mais aussi décisionnel, dans leur région (en plus d'avoir de sacrés comptes en banque). Peu nombreuses, elles emploient les meilleurs scientifiques et créent des objets technologiquement avancés qui pourraient remettre en cause tout un système (la Master Ball, pour ne citer qu'elle). Et comme on le sait tous, quand une entreprise a trop de pouvoir, c'est le début des magouilles qui commence…

Plusieurs solutions s'offrent aux auteurs de fics. Une des plus simples reste de baser le paysage économique du Pokémonde sur le nôtre en inventant d'autres compagnies, marques, filiales... tout en laissant les entreprises déjà citées comme moteur de leurs régions respectives. Cela rejoint l’article précédent sur le réalisme géographique, on donne de la vie aux villes en y intégrant des infrastructures et des services qu’elles ne possèdent normalement pas. Cela convient parfaitement aux fanfics qui cherchent à coller au plus près du quotidien des lecteurs, tout en y ajoutant des Pokémon qui gambadent dans les hautes herbes.

À ce titre, rien n’empêche les auteurs de fics d’intégrer des entreprises et marques réelles dans leurs histoires. On voit apparaître de plus en plus souvent ce genre de choses dans les romans, il n’y a rien d’indécent à ce que les auteurs de fanfictions suivent la même voie. Ceci dit, on peut comprendre une certaine réticence à intégrer des noms comme Coca-Cola, Amazon ou Ikea dans le monde Pokémon, encore qu’il puisse être amusant de les parodier.

Il est aussi possible de faire de ces quelques entreprises les vraies dirigeantes du monde, profitant de la faiblesse du pouvoir politique. On revient à notre première hypothèse. Dans ce cas de figure, en plus de contrôler le marché des biens et des services, ainsi que le développement des technologies, ces énormes conglomérats gèrent également l’embauche sur des régions entières. Voilà qui permettrait de justifier dans une fanfic pourquoi il existe autant de personnes qui ne vivent que des combats Pokémon. L’accès à un emploi leur étant bloqué par la Sylphe SARL ou autres, ces individus sont obligés de se tourner vers d’autres alternatives.

Toujours dans cette hypothèse, la Ligue Pokémon devient alors une organisation versée dans le divertissement, chargée de promouvoir les combats Pokémon et d’assurer un spectacle permanent en dénichant continuellement de nouveaux dresseurs talentueux. Quoi de mieux pour apporter de la crédibilité aux voyages initiatiques que de s’en servir pour dénoncer les dérives du show business ?

Dans la mesure où toutes les boutiques du Pokémonde vendent les mêmes produits aux mêmes prix (les évolutions des prix sont surtout une question de génération), on peut également voir le Pokémonde comme régenté par une sorte de pseudo-communisme mondial. Les très rares entreprises déjà citées deviennent alors des possessions de l’État et les régions ne sont rien de plus que des découpages administratifs. Dès lors que vous trouvez un point sur lequel baser votre interprétation du monde Pokémon, vous pouvez développer n’importe quelle vision politique et économique dans votre fanfic.

Par ailleurs, il ne faut pas oublier qu'une part importante de l'économie mondiale tourne autour des Pokémon, leur capture, leur dressage, les combats, mais également les concours. À ce titre, il est difficile de placer la Ligue Pokémon hors de tout intérêt économique. On voit également qu’il existe une utilisation "industrielle" des Pokémon, incarnée plus ou moins par la classe de dresseurs des Ouvriers. En plus des grandes entreprises telle la Devon SARL ou les Laboratoires Lysandre, il existe d’autres lieux en lien avec l’activité économique qui ne sont que peu utilisés dans les fanfics, comme la Centrale de Kanto ou la Forge Fuego, mais cela rejoint plutôt la partie sur le réalisme géographique.

À côté des formes de pouvoir décrites plus haut (la Ligue, les entreprises), il existe aussi des contre-pouvoirs qui font partie intégrante de l’univers Pokémon.

Éternelles antagonistes des jeux Pokémon, les Teams sont des organisations mafieuses, voire terroristes, qui œuvrent à des but variés, et disposent pour cela le plus souvent d'argent, de relations et d’un pouvoir certain. La Team Rocket en est bien sûr la meilleure illustration : véritable mafia implantée principalement à Kanto, elle est connue pour pratiquer allègrement le trafic de Pokémon dans le but de s’enrichir. On sait qu'elle ne rechigne pas non plus à aller un peu plus loin dans les méfaits, mettant facilement en œuvre la prise d’otage comme carrément le meurtre.

Mais loin d'opérer dans l'ombre, la Team Rocket semble être une véritable institution, avec des contacts et des affaires partout. Ils tiennent un casino à Céladopole sans que cela ait l'air de déranger personne, ils ont une arène personnelle, et versent des pots-de-vin à droite à gauche. La mainmise de Giovanni s'étend même jusqu'à la science : c'est lui qui finance le projet Mewtwo dans l'animé, sans que les scientifiques qui l'ont créé ne travaillent directement pour la Team Rocket.

On ignore quel est le rôle officiel de Giovanni à Kanto en dehors de ses fonctions de Champion d’arène, mais il semblerait assez riche et puissant pour qu’on puisse miser sur un grand industriel ou un homme politique. D'ailleurs, chose intéressante, il semble connaître le PDG de la Sylphe SARL, détail sous-entendu dans Pokémon Let’s Go… difficile de le situer dans tout cela, ce qui laisserait une sacrée marge d’interprétation à une fanfic.

Dans le cas de boss de Team qui se servent de leur argent et renommée à des fins criminelles, on a aussi le chef des Sombres Héros d'Almia dans Ranger 2, PDG de Loyau S.A., et bien sûr Lysandre, fondateur des Labos du même nom et scientifique de génie à Kalos. Tout cela pour dire, que dans Pokémon, le monde économique et le monde criminel sont souvent liés : et il n’est pas rare de voir des auteurs se servir de ces éléments pour instaurer des univers un peu plus sombres qu’à l’origine, impliquant magouilles politiques et secrets, corruption, violence… Tout est permis !

La présence et le développement de ces Teams laisse présumer un pouvoir politique faible ou corrompu, ainsi qu’une police qui peine à lutter contre ces criminels. Dans ce cas, si votre fic se concentre sur une des Teams antagonistes, vous pouvez la décrire de deux façons. Soit la Team profite du système corrompu pour s’enrichir, croître en puissance et éventuellement asseoir sa domination sur la région, les Rocket et Plasma entrent bien dans ce cas de figure. Soit la Team lutte contre les dérives de ce système corrompu et incarne une sorte de résistance, d’espoir d’un monde meilleur, ce qui se rapproche plutôt des Aqua, Magma et Flare. Il est possible de renverser la tendance des jeux dans une fic si le cadre politique dépeint le permet.

La taille des Teams et leurs moyens doivent être en adéquation avec le monde dans lequel elles évoluent. Très simplement, il est difficile de rendre crédible une Team avec des milliers de sbires concentrée sur une seule minuscule région. De même, si votre fic se déroule dans un monde avec une police et un gouvernement puissants, les Teams auront plutôt tendance à être de taille réduite, cloîtrée dans la clandestinité la plus totale, plutôt que d’agir à la vue de tous.

Le plus intéressant à développer chez les Teams dans le cadre d'une fanfic reste les motivations des sbires, car elles définissent les problématiques sociales du Pokémonde et apportent du réalisme. En effet, il y a fort à parier qu’il n’existe pas qu’un seul profil-type parmi les sbires et que s’engager dans un groupe comme la Team Galaxie ou la Team Flare n’est pas qu’une question de charisme de son leader. Apporter de la crédibilité à un fic, c’est aussi mettre de la nuance là où les jeux se limitent à de l’uniformité.

Ainsi, les questions à se poser en tant qu’auteur, dès lors qu’une Team est mise en avant dans sa fanfic, sont les suivantes : pourquoi rejoindre l’illégalité ? Est-ce lié à un problème d’argent ? De reconnaissance ? D’un besoin de sociabilisation ? Ici, l’exemple de la Team Skull est le plus frappant. Au fond, les Skulls n’ont pas d’autre ambition que celle de se faire remarquer. Il y a donc un malaise social derrière à creuser. Et c’est là qu’un auteur efficace peut dépasser le fandom pour offrir dans ses écrits ce réalisme qui manque à la licence.

Plus pernicieux, chacun peut devenir un contre-pouvoir en battant le Conseil 4 et le Maître, dans le cas de figure où chaque région est gouvernée par la Ligue. C'est la loi du plus fort qui s'instaure, une idée également intéressante à creuser. Reste à savoir si le Maître dirige ou s’il se limite à un rôle de fantoche ; on aura plutôt tendance à favoriser la seconde option pour ne pas fragiliser les régions avec des changements de dirigeants trop fréquents. Dans les deux cas, il faudra travailler les mentalités d’un Pokémonde où un enfant de douze ans peut soudain devenir le chef politique (voire économique) d’une région entière pour peu qu’il possède une équipe de Pokémon puissants.

Toujours dans cette optique, il est possible d’imaginer pourquoi certains Pokémon légendaires acceptent de se faire capturer par un gamin, si cela leur permet de choisir un chef qui leur conviennent pour les humains. Au fond, et s’il était possible de régler toutes les bizarreries du monde Pokémon simplement en réfléchissant sur les aspects politiques et économiques de celui-ci ?

On terminera avec quelques autres institutions présentes dans le Pokémonde. Aussi à vocation internationale, les Pokémon Rangers ne sont certes pas policiers, mais amenés eux aussi à résoudre les problèmes, combattre le crime et préserver la paix. Quelle est donc la différence entre eux et les FPI, demanderiez-vous ? Eh bien, les Pokémon Rangers sont compétents pour tout problème qui relève des Pokémon ou de l’écologie, ou qui les concernent de près ou de loin. Ils ne sont pas dresseurs, mais se servent de Pokémon grâce à leurs fameux "Capsticks".

La Fédération Ranger, située à Almia, a été créée par le trio Pressand/Marthe/Dumont : le premier a inventé le Capstick, la seconde dirige la Fédération, et le troisième est le directeur de l’École Ranger. Bien que le siège de la Fédération se trouve à Almia, et qu'il y ait plusieurs bases à Fiore et dans les îles d'Oblivia, les Pokémon Rangers œuvrent partout dans le monde (dans l'animé, on voit Solana, héroïne de Ranger 1, à Hoenn, puis Primo, le héros du 2, à Sinnoh).

Au niveau hiérarchique, les Rangers sont répartis en Rangers normaux, qui bossent à la Fédération et vont où on leur dit d'aller en fonction des besoins, et en Rangers Secteur, qui eux sont assignés à une base dans un secteur/une région précise. Le commandant de la base est un Chef Ranger. Mais il y a encore un rang au-dessus de lui : les Top Rangers, qui sont au nombre de douze, et qui eux n'ont pas besoin d'ordres pour aller où ils veulent, en dehors de missions prioritaires. On en connaît quatre dans les jeux, et un dans l'animé, en l’occurrence le film 9. La hiérarchie dans ce domaine est donc plus claire que dans bien d’autres du canon, mais cela resterait un élément à creuser pour la licence Pokémon si d'aventure un nouveau jeu Ranger devait sortir un jour.

Dans une fanfiction, pouvoir situer les Rangers par rapport aux Ligues ou aux FPI et définir précisément les domaines de compétence de chacun apportera bien sûr de la profondeur et du réalisme à votre univers.

Les éléments canons étant très peu nombreux en ce qui concerne la catégorie suivante, on va plus se situer dans le secteur de la théorie pour ce qui est des Aura Gardiens. Cités pour la première fois dans le film 8, les Aura Gardiens sont des humains capables de ressentir et d'utiliser l'Aura, cette énergie spirituelle décrite comme l'essence même de chaque créature vivante. De ce qu'on a pu apprendre dans ce film,par le biais du Seigneur Aaron, les Aura Gardiens sont des espèces de héros qui œuvrent pour la paix dans le monde en se servant de l'Aura — les Jedi du monde Pokémon, si on veut.

On ignore s'il existe ou existait une organisation d'Aura Gardiens, mais ces derniers existent encore de nos jours. On a par exemple Armand, dans Diamant et Perle, et également notre Sacha international, qui en a les capacités (il se sert de l'Aura dans le film 8, et dans un épisode de DP, une vieille lui dit qu'il lui fait penser à un ancien Aura Gardien).

Après, on ne sait pas trop ce que sont réellement les pouvoirs des Aura Gardiens. Pourrait-on affirmer par exemple que tous les personnages du canon Pokémon qui possèdent des pouvoirs paranormaux (Morgane, Cathy, et quelques autres) sont en réalité des Aura Gardiens ? Et de fait, Sacha aurait lui aussi des pouvoirs, comme peut-être celui de vieillir très lentement, ce qui pourrait justifier le fameux délire de son apparence inchangée en vingt ans d'animé ? Bien sûr, tout cela n'est que suppositions voire fantasmes de fans, mais ce sont autant d'éléments qui pourraient être intéressants à traiter dans des fics, justement.

Dans la série Donjon Mystère, ce sont les guildes qui font office d'institutions. Elles permettent notamment aux Pokémon de se sociabiliser, mais elles leur offrent aussi un travail, une certaine discipline, des aspirations morales, tout en gardant le but de venir à bout des problèmes de l’univers, secourir des créatures en danger et appréhender les criminels. On est ici plus proche d’un fonctionnement communautaire qu’il convient de développer intelligemment pour donner de la consistance à un univers peuplé uniquement de Pokémon.

Les informations sur le fonctionnement institutionnel dans la série Donjon Mystère sont quasi-inexistantes, ce qui laisse à l’auteur l’opportunité de tout inventer à sa guise, à condition que l’existence des guildes s’insère sans difficulté dans le système, et que cela entre en adéquation avec une population composée de plus de quatre cents espèces différentes. C’est peut-être dans ce pan de la franchise Pokémon que le réalisme politique et économique aura le plus d’impact, sans doute parce c’est ici qu’on l’y attend le moins.

Notons malgré tout qu’il n’est pas forcément nécessaire d’apporter des précisions à ces sujets dans une fic ; l’auteur est libre de garder le flou comme le fait le canon si ce n’est pas au centre de l’histoire. Mais en tous cas, à savoir que l’on peut, si on veut, installer quelque chose autour de ces aspects de l’univers, ou les développer. Cela sera parfois utile pour justifier un scénario, ou carrément construire un récit autour de l’un de ces éléments en en exploitant justement les zones d’ombre.

En conclusion, l'univers Pokémon offre tellement peu d'éléments concrets sur ses structures que dans une fic, on peut imaginer des systèmes politiques et économiques très différents sans pourtant entrer en opposition avec le canon. C'est également un bon moyen d'apporter une dose non négligeable de réalisme dans une fic ; mais pas forcément le plus simple à utiliser, car cela demande un minimum de réflexion et de connaissances, sans oublier de prendre en compte la spécificité des Pokémon et leurs mystères (le secret de leurs pouvoirs).


Par Flageolaid, LunElf et Malak

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