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Écriture : écrire un combat Pokémon



Si les précédents articles-tutoriels ont pu donner des conseils assez généraux pour être utilisés pour écrire des fanfics d’un autre fandom que Pokémon — voire des textes originaux — celui-ci va se concentrer sur un aspect spécifique de la licence : les combats Pokémon. Il va sans dire que cet aspect est au cœur de l’univers, puisqu’il est l’élément-clé du gameplay des jeux et qu’il ne se passe pas un épisode de l’animé, ou presque, sans que deux dresseurs ne fassent combattre leurs monstres de poche.

De par leur richesse, les combats Pokémon offrent de nombreux aspects auxquels réfléchir lorsqu’on les transpose à l’écrit. En cela, ils peuvent se montrer problématiques pour l’auteur dès lors que sa connaissance du sujet est trop faible comparé à celle de ses lecteurs. Ces derniers ne manqueront pas de remarquer une incohérence dans un combat, là où ils pourront passer à côté d'un souci sur le fond de l'histoire.

Tout d’abord, un combat — peu importe sa portée ou son importance — doit avoir un certain contexte et une amorce plausible. Pour faire simple : rien ne doit arriver tout cuit. Vos personnages doivent être en rapport avec la situation et celle-ci doit leur être introduite en rapport avec le récit. Tout doit pouvoir se répondre, et introduire du bourre-pif pour introduire du bourre-pif ne doit pas être une fin en soi. D'ailleurs, pour pouvoir soigner ainsi chaque combat dans son contexte, il est recommandé de ne pas en écrire trop dans une fic : malgré toute la richesse qu'on peut leur apporter, les combats suivent sensiblement le même schéma, et en insérer trop, c'est prendre le risque de lasser le lecteur. À ce niveau, "trop", ce serait un combat tous les deux chapitres tout au long de la fic, disons ; mais rien n'est catégorique, cela dépend de la façon dont les combats sont traités et du contexte de l'histoire.

Perdus dans vos idées ? Dans l’incapacité de commencer ? Remettez les choses à plat.

Pensez d’abord au contexte de l’action : est-ce un combat d’arène ? Un entraînement entre dresseurs ? Une revanche, une embuscade, un bête défi, une démonstration ? Remarquez que tous ces combats ne s’introduisent pas de la même façon : un champion d’arène ou un antagoniste un peu vantard auront souvent le désir sans bornes de se présenter solennellement (« Moi Pierre, champion des Pokémon Roche, relève ton défi ! Tes Pokémon ploieront sous la toute-puissance de mon attaque Patience ! ») et donc promettre un affrontement à hauteur d’homme. De même qu’un ennemi un peu fourbe arrivera plus probablement sans crier gare, et accélérera de facto la narration.

De là découlent l’utilité du combat et sa portée sur le récit. Est-ce une simple formalité ? Un combat contre-la-montre ? Un entraînement afin de perfectionner une capacité ? Poser les difficultés (techniques comme tactiques), les particularités (géographiques, climatiques), l’ambiance (tendue, cordiale, quelle sorte de rivalité) sont autant de détails qui rendront plausible votre scène d’action et ajouteront à ses enjeux.

Votre cadre peut aussi bien être posé au tout début que développé dans la longueur, si la situation évolue ou se retourne. Il est évidemment préférable de ne pas « découvrir » le lieu de l’action au beau milieu de celle-ci : gardez en tête qu’aussi dense et recherchée soit votre scène, la présentation et la lisibilité de celle-ci reste tout aussi importantes. Travaillez vos descriptions, montrez ce qui sera utile au récit et ne vous ruez pas sur la baston : laissez au lecteur le temps de s’imprégner de l’ambiance que vous voulez donner et du lieu où se déroule la péripétie…

Vient donc, ensuite, un aspect central (et oui, encore un) : les enjeux du combat. Car oui, vous ne pensiez tout de même pas écrire éternellement des choses de la profondeur de Jessie et James s’envolant vers d’autres cieux ? Pour que votre combat ne soit pas un ramassis d’échange de coups bon qu’à tenir le lecteur à demi-éveillé, il est nécessaire que vous y traciez des enjeux : pour vos personnages comme pour votre scénario.

Votre introduction du combat doit aussi introduire ses acteurs ; leurs intentions, relations et personnalités. Votre combat n’est peut-être pas central, ni même important, mais il reste que la psyché de vos protagonistes comme de vos antagonistes doit transparaître dans leurs actes. Ne faites pas non plus une présentation sur plusieurs pages des objectifs de chacun des personnages avant de passer à l'action : votre rythme en prendrait un coup. Ceux-ci doivent être limpides, amener votre lecteur dans la manière de penser de chacun, de sorte de rester axé dans une chose : le combat. La lutte doit s'intégrer aux enjeux, et pas l'inverse.

Le combat n'est pas qu'une succession d’attaques bonne à faire triompher un gagnant et décliner un perdant : il peut revêtir de nombreuses facettes utiles à votre récit. Comprenez bien que ce n'est en aucun cas une parenthèse agitée au sein d'un continu plus calme, mais une incarnation presque vivante de vos enjeux. Tout comme vous devez anticiper votre récit dix chapitres plus loin, vous devez penser aux retombées de votre combat : qu'apporte-t-il à la trame ? Développe-t-il un personnage ? Introduit, bouleverse ou parachève-t-il une relation ? Fait-il évoluer un protagoniste ? Lui donne-t-il un apprentissage ? Une fois ces dénouements fixés, vous saurez davantage quel combat écrire : on n’écrit pas un duel acharné entre deux ennemis mortels comme un combat d'arène ou une lutte contre plusieurs adversaires…

Enfin pour votre cadre, il vous faudra toujours planifier tous les aspects de votre combat, même lorsque vous décrivez une baston chaotique ou une mêlée générale où vingt mille personnages se mettent sur la figure. Soyons clairs : jamais un plan précis et écrit, ni même un script parfait de la péripétie ne vous seront exigés, loin de là. Une idée suffisamment claire – même toute simple – de l’enchaînement des actions est toutefois essentielle.

Travailler avec un brouillon, en l’occurrence, est très utile : vous pouvez tout à fait faire une frise chronologique où vous inscrirez le début, ses personnages et ses enjeux, pour ensuite délimiter le final, avec ses conséquences, ses retombées pour les personnages et le scénario. Commencer par le début ou la fin, mettre de côté vos idées de scènes fortes pour les ajouter au fil de la trame et « tisser » le texte autour ; beaucoup de méthodes sont envisageables et donneront toutes un résultat différent.

Bien sûr et comme pour n’importe quoi, il est aussi important de laisser une part à l’imagination : un combat calibré comme du papier à musique est souvent plus rapidement prompt à l’anticipation, prévisible et donc lassant. Un combat doit pouvoir conjuguer une maîtrise de l’action pour être cohérent, une part d’improvisation pour sa fantaisie et son spectaculaire, et une exposition solide de ses enjeux : afin que tout ce que vous ayez écrit veuille dire quelque chose. À vous de trouver l’équilibre entre ces trois-là, et au fil de vos textes jouer avec les règles que vous maîtriserez.

Toutes préparations effectuées, on peut passer à l’action ! Voici à présent quelques trucs à garder en tête pendant que vous écrivez votre duel.

Tout d’abord quant à l’environnement. On a tendance à l’oublier pour se concentrer sur l’action, mais tout combat prend en compte le cadre, la météo, l’espace disponible... Ainsi, pour lui laisser son importance, ou préparer un futur coup d’éclat qui prendra parti de la disposition du terrain, ou "juste" pour permettre au lecteur de bien se représenter le lieu, il est intéressant de disséminer au cours du combat quelques éléments de ce décor, par exemple en représentant les Pokémon par rapport à un point de repère (un arbre, une habitation particulière si on se trouve en ville…).

Également, l’environnement ne va pas rester indifférent à un combat violent entre deux créatures potentiellement d’une certaine taille et maîtrisant des choses comme le feu ou la foudre. Il vous faudra voir chaque capacité lancée dans le cadre du décor : les attaques très puissantes laissent des traces, quoi qu’on en dise. Pour prendre un exemple clair, si votre combat se déroule dans une cabane en bois, une attaque Déflagration ne restera pas sans conséquences. Pensez à ce genre d’implications lorsque vous faites le choix de votre terrain et de vos attaques ; et même, lorsque vous décrivez, pensez à faire "interagir" les Pokémon avec le décor (untel est projeté contre un mur qui s’ébranle, les pattes d’un autre laissent de longues traînées dans le sable…) : ça permettra encore au lecteur de se faire une idée du lieu et des conditions, et donnera plus de vie et de réalisme à votre récit.

Une chose intéressante à faire peut même être d’utiliser la configuration du décor pour monter certaines stratégies. Ça se voit souvent dans l’animé : un Pokémon charge un rocher pour se propulser dans les airs, un autre de type Eau met à profit un cadre inondé pour disparaître sous la surface, un troisième tire son avantage du peu de visibilité accordée par un terrain parsemé d’obstacles… Essayez d’envisager, avec votre terrain et vos belligérants, toutes les solutions que vous pourrez exploiter dans un combat — et de la même façon, n’hésitez pas à choisir un certain Pokémon en fonction d’une stratégie que vous imaginez sur le terrain où combattent vos dresseurs. Profitez des possibilités offertes par le format de fanfic : vous pouvez tout faire, tout exploiter, contrairement aux jeux dans lesquels vous êtes restreints au changement de Pokémon et à quatre capacités !

Avec ça, vous êtes également en mesure de mettre en place vos protagonistes dans l’espace. D’ailleurs, la façon dont vous représenterez leurs différents mouvements les uns par rapport aux autres permettra au lecteur de se représenter plus précisément le combat. Pas la peine non plus de décrire exactement où se trouve chaque Pokémon à chaque moment d’un match, mais quelques évocations de déplacements (sans se cantonner à "esquive" et "recule" mais en donnant des indications sur la direction, par exemple) ne seront pas de trop. Vous pouvez également y impliquer les dresseurs : si le terrain est trop petit ou confiné, il se peut qu’ils soient contraints de se déplacer pour éviter les attaques des combattants.

Les dresseurs, justement, il ne faut pas les oublier : ils combattent au même titre que leurs Pokémon. On les cantonne trop souvent à de simples ordres adressés à leurs créatures respectives, mais il peut être sympathique, parfois, d’évoquer le ton de leurs ordres, leur attitude par rapport à leur adversaire et son évolution selon qui prend l’avantage. Les personnages sont aussi libres de s’adresser au dresseur d’en face (en criant fort, à priori, pour combler la distance). Et, ce qui se fait souvent, on peut évidemment suivre les pensées d’un personnage tout au long du match, sa réflexion et son sentiment par rapport à son avantage ou non. En tous cas, le dresseur n’est pas qu’une machine à lancer des ordres.

Par contre, ne tombons pas dans l’excès inverse : les combats uniquement décrits par le biais des paroles que s’adressent les personnages. C’est à éviter, on y préfèrera une bonne description de l’action. En restant sur du "— Lance-Flammes ! — Haha non, tu ne m’auras pas comme ça, utilise Vol !", on aura l’impression que les attaques se lancent et trouvent leur cible en un éclair et le combat n’en aura que très peu d’impact et d’intérêt. Et finalement, ça ne donne pas beaucoup d’informations sur la manière de combattre et le niveau d’épuisement des Pokémon, enfin, tous ces détails qui font la richesse d’un récit.

Par rapport aux personnages, on peut aussi faire ressortir leur personnalité d’une certaine façon : à travers leur manière de combattre. Des variations à ce niveau-là ne leur donneront que plus de richesse : on peut avoir par exemple un personnage misant sur la vitesse du Pokémon, sur la météo, exploitant l’attribut particulier de Pokémon d’un certain type, porté sur un certain enchaînement d’attaques, sur un objet… la façon dont cette (ou ces) particularité(s) ressortira(ont) dans les choix des dresseurs permettra de les reconnaître, de leur donner plus d’identité, tout en reflétant potentiellement leur personnalité (franchise, sournoiserie) et leur expérience, leur maîtrise du combat.

À présent, parlons des Pokémon, le véritable centre du duel, malgré toute l’importance que peut avoir le reste. On va commencer par les décrire : à ce niveau, il vaut mieux imaginer que le lecteur ne connaît pas la créature et en parler un minimum. Dans cette description, il sera possible de prendre un parti sur l’impression que le lecteur aura de ce Pokémon : s’il est à priori dangereux, on mettra l’accent sur une grande taille, par exemple, ou des griffes, crocs, lames ; et l’inverse pour un pokémon faible. Pour signifier un combat déséquilibré — ou seulement un combat où les deux belligérants sont comme jour et nuit —, on peut décrire les deux Pokémon d’un coup en les mettant en opposition ("Machin était aussi imposant que Bidule était petit et craintif").

Par ce même biais de la description, on peut faire ressortir l’attitude d’un Pokémon vis-à-vis de son adversaire (est-il craintif, sûr de lui, déterminé à faire de son mieux ? Est-il stressé ou non par le face-à-face ?) ou de son dresseur (a-t-il confiance en lui ? Cela peut refléter le lien qui les unit, entre un dresseur et un Pokémon qui ont beaucoup combattu ensemble ou une créature qui vient d’être capturée).

Sinon, au cours du match, vous pouvez vous détacher comme vous les voulez des statistiques des Pokémon qui structurent les combats du jeu vidéo. Dans la "vraie vie", il serait étrange de parler de "Points de Vie" pour une créature, ou de "Défense baissant d’un niveau" : concrètement, ça ne veut pas dire grand-chose. En tous cas en tant que noms propres pour ce qui est Attaque, Défense, etc. Vous pouvez donc vous approprier ces notions pour les adapter dans un contexte plus réaliste : les baisses de PVs signifieraient qu'un Pokémon se fatigue ; la Défense, selon l’attaque à cause de laquelle elle aura baissé, pourrait correspondre à une baisse d’attention, un handicap empêchant le Pokémon de se défendre avec ses armes habituelles, ou une faille faite par une autre attaque dans la carapace qui le protège, par exemple ; les EVs seraient par exemple le résultat d’un entraînement spécifique. Là encore, nous sommes dans un contexte plus réaliste que dans les jeux : pourquoi ne pas en profiter pour se détacher des mécanismes classiques ?

Concernant les attaques à présent, elles non plus ne seront pas qu’un amas de pixels peu représentatif. En plus des conséquences sur l’environnement, déjà abordées, on peut s’interroger sur plusieurs points. Les attaques "physiques" ou "spéciales" des jeux seront retranscrites sous forme des capacités avec ou sans contact à la cible, à distance ou au corps-à-corps, et utilisées en conséquence selon la distance à laquelle l’ennemi se trouve ; la puissance des attaques se verra dans la description qui en sera faite et l’impact sur le Pokémon touché ; les affinités de type également se ressentiront sur celui-ci.

Il vous faudra décrire au plus juste en fonction de tout cela, et ne pas hésiter à re-vérifier les effets précis d’une attaque sur de sites dédiés (Pokébip, Poképédia...) : ceux-ci ne sont pas toujours très clairs dans les jeux. Ensuite, c’est à votre choix de romancer complètement ces effets ou rester au plus proche de la description qui en est donnée officiellement, selon votre style et l’ambiance que vous voulez donner au match.

Car le style également, la façon d’écrire, jouera pour beaucoup dans votre narration d’un combat. Par exemple, choisir des phrases courtes et incisives, ou hachées par des virgules, permettra d’appuyer sur le côté instantané d’un échange de coups ou d’actions rapides enchaînées, là où des plus longues pourront jouer sur le suspense et la tension. L’écriture est le média par lequel se transmettront l’atmosphère et l’action du combat, faites en sorte qu’elle colle au mieux à ce que vous avez en tête !

Pour servir cela, il y a certaines choses à garder à l’esprit au niveau de l’expression. Votre description de l’action doit être fluide, pas trop compliquée pour ne pas perdre le lecteur ou l’ennuyer : au contraire, il s’agit de l’attraper et de lui faire vivre le combat intensément. Ainsi, comme évoqué plus haut, trop décrire tous les mouvements de tous les Pokémon peut s’avérer trop lourd à suivre, tout comme enchaîner trop vite les attaques ou noyer les actions dans trop de qualificatifs (adverbes, adjectifs…).

Si vous sentez que le combat devient trop difficile à suivre d’un point de vue extérieur, il est aussi possible de couper bonnement et simplement l’action, par exemple au moyen de la réflexion d’un personnage sur ce qu’il va faire ensuite, par exemple les implications d’une défaite… on peut même en profiter pour introduire sur la suite de l’histoire. Toute pause de l’action n’est pas forcément mauvaise à prendre, elle peut ménager un certain suspense, mais il faudra bien gérer cela de façon à ce que le lecteur ne soit pas désorienté par une rupture brutale.

Passée une certaine longueur, les combats sont aussi souvent propices aux répétitions, notamment pour ce qui est de qualifier les Pokémon. N’utilisez pas que leurs noms, mais aussi leur nom d’espèce, leur type, leur taille, forme, couleur, attributs notables… de la même façon, pour décrire les mouvements et attaques trop basiques ("foncer sur l’ennemi", "esquiver"), armez-vous d’un solide dictionnaire de synonymes et essayez de varier les formulations.

Maintenant que vous savez qui sont vos acteurs et comment les mettre en scène et les décrire, il faut penser à ce qu'ils vont faire exactement. Fort heureusement, l'univers Pokémon est riche de nombreux ressorts que vous pouvez exploiter pour rendre votre combat plus impressionnant ou plus crédible.

Pour commencer, il est bon de savoir que chaque Pokémon a un rôle qui est le plus souvent bien défini en combat. Vous pouvez aisément vous douter que le premier Togepi venu ne va pas être un as du catch, ou du combat physique. Ou qu'un Dimoret aura certainement du mal à encaisser beaucoup de coups. Ou encore qu'un Roigada ne sera sans doute pas un champion de course. Cependant, il est clair qu'un Carchacrok sera un très bon Pokémon pour frapper fort. Ceci dit, le rôle d'un Pokémon dépend surtout de ce que son dresseur veut en faire : tous vos personnages ne sont pas forcément des maîtres stratèges, leur faire faire des erreurs et jouer sur leur ignorance les rend plus crédibles à ce moment-là. À l’inverse, vos personnages peuvent développer certaines stratégies, ou même avoir des équipes basées autour d'une spécifique.

Parmi les plus faciles à mettre en place thématiquement, on trouve celles basées sur la Météo. Trouvez un Pokémon avec un Talent déclenchant un certain climat, basez le combat autour des attaques les mettant en place, ou profitez carrément du temps qu’il fait au moment du combat (que vous aurez introduit au préalable, bien sûr). Le climat a le bon ton de modifier sensiblement l'environnement du combat. La pluie peut faire glisser les Pokémon terrestres, la tempête de sable handicaper la vision, par exemple. Mais cela a aussi un effet sur les attaques et les capacités même du Pokémon : outre les Talents comme Force Soleil, vous pouvez baser vos stratégies autour d’attaques comme Vent Violent ou sur votre table des types. Le grand soleil est en effet connu pour affaiblir la puissance des attaques Eau, un Pokémon comme Volcaropod sera donc ravi de l'avoir de son côté.

Parlons justement d'une attaque qui adore le soleil : Lance-Soleil. Sous Zénith, elle se charge beaucoup plus vite, ce que vous pouvez souligner dans vos écrits. Mais beaucoup d'autres attaques sont susceptibles d'être améliorées au moyen d'un élément extérieur ou en en combinant deux. Par exemple, vous pouvez tout à faire dire que la plupart des Pokémon Psy peuvent contrôler leurs projectiles grâce à l'attaque Psycho, permettant ainsi de toucher leur cible. Il existe beaucoup de combinaisons à mettre ainsi au point, votre seule limite étant votre imagination.

Les dernières générations ont d'ailleurs amené des nouveautés que vous pouvez utiliser dans vos combats, comme les Méga-Évolutions et les attaques Z. Suivant votre univers, il convient d'utiliser ces concepts avec parcimonie et de révéler leur première utilisation par un personnage en faisant attention au timing. Certes, montrer le combat d'un Méga-Lucario contre le premier Chenipan du coin peut être comique, mais il serait certainement plus intéressant de le mettre en scène à un moment plus fort de votre récit.

Votre univers est aussi une source de détails stratégiques potentiels : avez-vous des attaques particulières ? Avez-vous nommé des combinaisons d'attaques ? Votre personnage a t-il eu des expériences faisant qu'il a développé son propre mode de communication avec ses Pokémon, par exemple ? Le Pokémon combattant a-t-il des particularités qui font qu'il va agir différemment des autres membres de son espèce ? Là encore la limite est votre imagination... et la crédibilité que vous arrivez à apporter à ces concepts.

Enfin, il ne faut pas hésiter à plier un peu la logique dure des jeux. Comme dans le manga, vous pouvez dire que Lippoutou peut créer de la glace maudite. Comme dans l'anime vous pouvez avoir un Pikachu qui bat un Latios "à la loyale". Tout dépend de ce que vous présentez comme base de comparaison à votre lecteur. Le plus important étant de rester cohérent avec vos personnages et votre univers.

Tout ce qui a été dit jusqu'à présent se concentrait sur le combat simple, or il existe plusieurs variantes dans les jeux et l'animé, dont notamment les combats Duo, Trio, Rotatif et Multi qui font intervenir plus de Pokémon et parfois plus de dresseurs. La meilleure règle que l'on puisse donner est la suivante : plus c'est complexe, plus il faut planifier.

Un combat faisant intervenir six Pokémon en même temps peut très vite devenir brouillon si on ne prend pas la peine de découper l'action au préalable, d'autant que certaines attaques peuvent être lancées simultanément. Plus que jamais, la position de chaque créature est importante, en particulier dans les combats Trio où le Pokémon le plus à droite ne peut souvent pas toucher son adversaire le plus à gauche. Un combat dans une fiction sera sans doute plus dynamique, avec des Pokémon virevoltant dans tous les sens, mais le risque de lancer une attaque à travers un allié pour toucher son opposant demeure. Bien sûr, ces combats peuvent être asymétriques comme cela arrive parfois dans les jeux et l'animé (1 vs 3, hordes...).

Les combats à plusieurs offrent l'opportunité scénaristique de montrer l'entraide, ou la rivalité, entre les Pokémon d'un même dresseur. Dans le premier cas, cela permet à l'auteur de décrire les effets de capacités combinées impossibles à obtenir avec une seule créature. Et dans les deux cas, la coopération, ou non, souligne la maturité du dresseur et de ses compagnons. Même constat avec les combats Multi qui voient s'affronter deux équipes de dresseurs. Ici, ce sont les relations entre les personnages humains qui pourront être mise en valeur, encore plus que dans un combat simple.

Bien entendu, la présence de dresseurs n'est pas obligatoire. Un duel peut être provoqué entre deux Pokémon sauvages luttant pour de la nourriture, un territoire... De même, des Pokémon civilisés, comme dans la série des Donjon Mystère, peuvent être amenés à combattre. Dans ces cas-là, il faut bien faire ressortir la douleur, le contact, l'effort des Pokémon, en particulier si la narration se fait à la première personne. Le nom des attaques n'a pas forcément besoin d'être donné, d'ailleurs. C'est sans doute plus naturel qu'un Pokémon sauvage raconte qu'il a craché du feu sur son ennemi plutôt que de dire qu'il a utilisé Déflagration.

Notez enfin que vous êtes libres de créer vos propres formes de combat (battle royale, ajout de bonus, de règles supplémentaires, de handicaps...) et que les lecteurs apprécient ce genre d'affrontements originaux qui accentuent la tension du récit.

En bref, décrire un combat Pokémon ne se limite pas à une suite d'ordres, il y a tout un travail de planification en amont pour rendre l'affrontement palpitant et limpide dans son déroulement, tout en se laissant une marge de manœuvre créative. Il y a de nombreux éléments à avoir en tête pour traiter au mieux l'écriture ce genre de scène, mais à présent, vous savez comment vous y prendre !


Par Flageolaid, Keeibuy, LunElf et Rodstar

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