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Analyse d'auteur : Kazumari



Kazumari, membre du Comité de Lecture entre avril et octobre 2016, est un auteur inscrit sur le site en 2011, qui s’est lancé dans l’écriture la même année ; après quelques fics qu’il reconnaît moyennes supprimées vers 2012-2013, la publication de sa “vraie” première fic ne s’est faite qu'en 2016. Il a "quitté" Pokébip fin mai, se perdant dans les nombreuses extensions de son univers et souhaitant prendre une pause pour y réfléchir, et est revenu plus serein en août en mettant de l'ordre dans ses écrits. Toutes ses fics publiées avant août 2018 ont donc été effacées, mais on les mentionnera néanmoins dans cette analyse pour souligner les évolutions de l'auteur, sans pouvoir étayer nos déclarations. En espérant que cette démarche ne vous paraîtra pas malhonnête !

À ce titre, il convient de présenter brièvement l’univers de ses fics effacées. Construit autour d’Aphélia Store, la première fic de poids publiée par Kazumari, cet univers débutait à Illumis, dans une ambiance slice of life pour s’étendre à l’action-aventure saupoudré de SF, dans des univers parallèles (trois “Zones” en plus de celle où se déroulent les événements de la licence Pokémon) et s’étaler sur plusieurs siècles. Plusieurs fanfictions auraient dû s’ajouter aux quatre déjà commencées, avec leurs personnages transversaux liant tous ces récits en un ensemble cohérent. Pour vous donner une idée plus précise de ce premier univers, que vous ayez lu ou non les fics de Kazumari, cet article détaille la seconde moitié d’Aphélia Store, quasiment à cent chapitres au moment de sa suppression.

Actuellement, l’univers développé par l’auteur est moins ambitieux, concentré autour de Codélia Network, sa fic la plus populaire qui avait obtenu le Panthéon en septembre 2017. L'action s’installe à Ebravia, une mégalopole futuriste organisée autour d'un jeu en réalité virtuelle, le Codélia. Kazumari dépeint ici un univers cyberpunk, avec toute une palette de hackers, IA, androïdes et cyber-terroristes. Pour l'instant, toutes les fics de Kazumari prennent place dans cet univers, mais il en a déjà promis d'autres, non estampillées Codélia Network.

Si ce n'est pas forcément le propos principal de Codélia Network, le récit brasse plusieurs thématiques intéressantes. Les problèmes d'éthique et de confidentialité propres aux technologies numériques sont régulièrement évoqués, et l'existence de toute une économie générant des profits monstrueux autour de ce média de masse fait réfléchir quant à ses équivalences dans notre monde. Mais c'est surtout la façon dont ce divertissement accapare toute l'attention de la société d'Ebravia qui est effrayant, à cet égard.

Si cette nouvelle mouture du “Kazuverse” apporte son lot de changements, pas uniquement scénaristiques, on va d’abord s’attarder sur ce qui n’a pas changé dans l’écriture de cet auteur. On reconnaît tout d'abord Kazumari à sa régularité. Il travaille de façon à avoir toujours des chapitres d'avance afin d'assurer une publication hebdomadaire ou bimensuelle pour ses fics en cours. Très peu d'auteurs sur Pokébip peuvent se targuer de pouvoir poster avec la même ponctualité. Une grande part de son activité sur le site est consacrée à ses fanfictions. C'est notamment par son blog que Kazumari communique au sujet de ses écrits, informe ses lecteurs de changements de rythme ou de nouveaux projets. Et même s'il prétend le contraire, il reste un auteur impliqué dans la section Fanfics.

Important à aborder, la japanimation est la principale source d’inspiration de Kazumari. Cela se voyait très clairement dans Aphélia Store, sa toute première fanfic, qui, dans son traitement des personnages, de l'action et des dialogues, ressemblait parfois à une adaptation écrite d'une série animée. Cette ambiance s’est un peu amoindrie dans ses dernières productions, mais reste bien présente : elle est le témoignage de la structure même du travail du monsieur. Ses scénarios et personnages en sont pour la plupart fortement inspirés, et en reprennent des schémas classiques, bien que suffisamment retravaillés pour s’en détacher et gagner une identité qui leur est propre.

Le point fort de l’auteur reste de loin ses personnages, auxquels il accorde beaucoup d’importance dans son processus créatif. Car dans cet univers original déambulent forcément de nombreux personnages originaux, sortis directement de l’imagination de l’auteur. Plus que ça, même, ces pléiades de personnages, tous utiles à l’intrigue, tous liés les uns aux autres, sont indéniablement la clé de voûte d’un univers en expansion.

Le moins qu’on puisse dire sur ces personnages, c’est qu’ils sont tous attachants, chacun à sa manière, dans leur personnalité, leur traitement et leur évolution. On a affaire à ce type de fics où le lecteur va vite avoir ses personnages préférés parmi d’autres. Cela vient peut-être de personnalités assez peu complexes : souvent, les personnages sont définis par un concept clair (une fille à la mémoire absolue, un conspirateur cachant son jeu, une gentille prof procrastinatrice...) autour duquel est construite une personnalité relativement simple, à laquelle on peut rapidement s’identifier. Ces personnages, mêmes secondaires, offrent une fraîcheur très agréable à la lecture.

Sans compter qu’ils restent cohérents et intéressants dans leur concept de base, et bénéficient d’une évolution tout aussi cohérente et intéressante au fil de chapitres — d’où l’utilisation du format long par Kazumari. En effet, selon l’auteur, les fanfics longues permettent vraiment de développer les personnages. Dans ses premières fics (notamment Aphélia Store), ceux-ci, tous autant qu’ils étaient, avaient eu droit à de nombreux chapitres d’introduction, de slice of life, pour les poser, poser leurs objectifs et les relations entre eux. À présent, l’auteur les insère davantage dans un contexte dès le départ, mais il prend quand même le temps de les introduire comme il se doit, de façon à ce que les lecteurs puissent bien saisir la personnalité et le rôle de chacun pour pouvoir appréhender l’évolution qui va suivre. Et celle-ci se fera progressivement, au fil des chapitres, toujours en lien avec l’histoire évidemment ; d’abord pour les personnages principaux, mais il ne faut pas s’y tromper, beaucoup y ont droit.

C’est ce qui est d’autant plus impressionnant dans les fictions de Kazumari : malgré un grand voire très grand nombre de personnages, il saura mettre en valeur chacun d’eux, avec ses objectifs et problèmes à surmonter, tout en leur laissant leur rôle dans l’intrigue. Aucune évolution ne sera négligée, au contraire, l’auteur sait accorder leur temps à tous, en ayant travaillé comme il se doit derrière.

Et la principale raison à tout ce développement, et surtout à tous ces personnages, c’est de pouvoir créer de nombreux liens entre eux, de natures différentes, et autour desquelles gravite l’intrigue elle-même. Les relations sont au centre du travail de Kazumari, qu’elles soient familiales, amicales ou rivales ; les personnages sont tous reliés entre eux, agissent les uns grâce aux autres, s’aident mutuellement et font ensemble avancer l’intrigue.

Car ce qui est au cœur de l’histoire, ce sont les interactions entre les différents protagonistes. Kazumari voit les combats Pokémon comme un excellent moyen de développer ces interactions, mais use d’autres procédés, comme le quiproquo, pour pimenter les rapports entre ses différents personnages. L’asymétrie d’informations fait espérer aux lecteurs de nouvelles rencontres ou affrontements, tandis que Kazumari multiplie les points de vue. On se rappelle encore du pauvre Shinya de la première version de Codélia Network qui avait toutes les cartes en main, mais ne parvenait à communiquer avec aucun de ses proches impliqués dans une affaire qui le dépassait.

On retrouve dans l’ensemble des fics de l’auteur un type de relation prédominant : l’amitié, sous toutes ses formes. Dans Codélia Network par exemple, on va des amis d’école (Tsubasa et Dennis) à la rivalité amicale (Alfred et Charlotte), et l’idée était encore plus représentée et importante dans d’anciennes fics plus slice of life, notamment Stragélia High (supprimée) et le début d’Aphélia Store. On peut expliquer ça techniquement par des personnages jeunes dans un contexte souvent scolaire, et l’influence des animés sur Kazumari. Ces amitiés, bien ancrées, savent apporter de la lumière dans les situations les plus sombres, agréables et réconfortantes pour le lecteur.

Des liens familiaux sont également assez présents, ils sont principalement représentés dans ses histoires par des relations entre frères et sœurs. Souvent de soutien mutuel, parfois de rivalité, mais rarement anecdotiques : comme les liens amicaux, ceux-ci joueront forcément, à un moment ou un autre, un rôle dans l’intrigue. À l’inverse, les rapports parents-enfants sont quasiment absents. Alfred de Codélia Network est le premier protagoniste “important” à être père.

Tout cela sert donc beaucoup dans des intrigues extrêmement travaillées et fournies, souvent formées de fils parallèles tissés les uns aux autres, menés par ces différents personnages et leurs objectifs respectifs. Ces guides hauts en couleurs aident à ne pas se perdre dans tous ces événements imbriqués les uns dans les autres, néanmoins suffisamment développés et bien enchaînés pour qu’on s’y retrouve sans mal. Entre ces intrigues et le développement de personnages, on a en effet de quoi justifier des fics d’une centaine de chapitres ! Le plus impressionnant là-dedans, c’est que Kazumari ne prend quasiment aucune note sur ses histoires, tout est dans sa tête, dans les moindres détails.

De ses écrits, seule l’expression, finalement, sera moins travaillée que le reste ; ce n’est pour l’auteur qu’un moyen de mettre en forme histoire, univers et personnages, donc un moyen qui se doit d’être efficace. Ainsi, pas de vocabulaire ultra-sophistiqué ou de tournures de phrases impossibles, mais on est tout de même très loin de tomber dans la négligence. Le style est par conséquent simple et fluide, facile et agréable à suivre, prenant bien le temps d’installer chaque situation et adapté tant aux scènes calmes qu’aux descriptions de combats Pokémon ou d’action en général. Il aide d’autant plus à suivre la progression de l’histoire et les personnages, ne demandant aucun effort de lecture tout en soutenant avec brio les changements de rythme de la narration.

Assez étrangement, cette coupure de Pokébip durant laquelle Kazumari a pu repenser posément son rapport à l’écriture de fanfics, lui a permis d’évoluer rapidement en tant qu’auteur, comme si un palier attendait d’être franchi. Bien sûr, en trois ans à poster sur Pokébip, on a eu tout le loisir de le voir s’améliorer en de multiples points, mais les changements les plus notables ont eu lieu durant l’été. De plus en plus, il s’aventure hors de sa zone de confort pour rechercher de nouvelles choses, tant dans le fond que sur la forme.

Déjà, on a pu constater au fil des fics une amélioration dans ses descriptions de personnages, sa bête noire à l’origine. Il recevait souvent la remarque que ceux-ci n’étaient déterminés physiquement que par leur couleur d’yeux et de cheveux, et fait à présent des efforts (qui portent leurs fruits) pour s’étendre sur plus de détails. Parallèlement, il a supprimé toutes les Méga-Évolutions fictives non décrites.

De même, et c’est assez étonnant pour être souligné, Kazumari s’essaie à de nouveaux formats après avoir longtemps proclamé la suprématie sans discussion de la fic à nombreux chapitres. Récemment, un O-S (enfin, de quarante pages) et une fic courte reliés à son univers principal ont montré qu’il se débrouillait très bien avec les histoires plus succinctes, aussi bien ficelées que les longues et parfaites pour mettre en avant un certain personnage ou événement un peu en dehors de la trame de la fic principale. Également peu porté sur les projets collaboratifs en général, il a pourtant fini par participer de son plein gré à la fic Intégration volcanique, menée en septembre, et s’en est très bien sorti pour perpétuer une histoire commencée par d’autres — alors que cela va à l’encontre de ses motivations d’écriture.

Déjà peu attaché au canon Pokémon dans sa production, Kazumari s’en éloigne encore davantage avec ses nouvelles fics. Dans Aphélia Store, l’histoire prenait d’abord place à Illumis (inclus, comme toute la région de Kalos, dans le monde plus étendu que concevait l’auteur avec des univers parallèles), et les Pokémon étaient mis en avant par les séquences d’entraînement des personnages. Pour Codélia, à présent, l’univers est de toutes pièces original, sans autre rapport à Pokémon que les créatures éponymes. Car même les combats possèdent une identité propre, différente de celle des jeux, caractérisée par des bonus que les dresseurs récupèrent en surfant dans les airs sur des planches virtuelles.

Cependant, les Pokémon sont un peu plus présents dans cette fic que durant les derniers moments de la version 1, où ils n’apparaissaient plus que pour les combats. Dans cette nouvelle mouture de Codélia, les monstres de poche accompagnent davantage leurs dresseurs (Venalgue de Charlotte), partagent leurs peines et leurs secrets (Roussil de Tsubasa) ou montrent leur utilité par d’autres talents (Cryptéro de Victoria).

Par ailleurs, les combats sont moins centraux que dans la première version : l’auteur dit lui-même les garder pour les occasions les plus importantes. Donc, moins d’entraînements et de combats amicaux, qui servaient notamment au développement de relations entre les combattants dans Codélia Network, premier du nom (et plus, bien plus encore dans Aphélia Store). Les liens se tissent autrement, et les combats subsistants — pas trop rares tout de même — n’en sont que plus travaillés (malgré l’absence revendiquée de connaissances de l’auteur en stratégie Pokémon), plus intenses et marquants, collant parfaitement à la fonction qui leur est assignée de refléter clairement un tournant de l’intrigue.

En conclusion, Kazumari est un auteur au travail très riche, notamment par son important développement sur son univers, ses personnages et ses intrigues, extrêmement fouillés et travaillés grâce à des fics de format long. Malgré une large préférence pour celles-ci dans lesquelles il peut exprimer l’étendue de son travail, il sait également sortir de sa zone de confort de temps à autres. Un style agréable permet de s’immerger facilement dans ses histoires, qui plairont aux amateurs d’animés — et aux autres ! À découvrir si ce n’est pas déjà fait !


Citations :

Aphélia Store
Codélia Network (v1)
Codélia Network (v2)
Stragélia High


Par Flageolaid et LunElf

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