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La Paix Véritable de Aurazen



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Informations

» Auteur : Aurazen - Voir le profil
» Créé le 04/12/2019 à 22:14
» Dernière mise à jour le 04/12/2019 à 22:14

» Mots-clés :   Absence d'humains   Action   Aventure   Drame   Suspense

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Chapitre 1 : Naissance



- "Aura…? Réveille-toi ! C’est Maman ! Je t’en supplie, réveille-toi…"

Lorsqu’il entendit la voix étouffée et paniquée de sa mère, le jeune Riolu ouvrit lentement les yeux. Une certaine lumière s’aveuglait, l’empêchant de voir correctement ce qu’il se passait autour de lui. Il fut toutefois perturbé par un détail : cette lumière n’était pas celle du soleil levant, celle qu’il avait l’habitude de voir tous les matins en se réveillant… elle provenait bien de dehors, mais il faisait nuit noire à ce moment-là ; il pouvait le voir malgré les fenêtres fermées. De plus, il n’avait pas froid… les nuits de la Campagne sont pourtant fraîches en cette saison. Il sentait que son corps se réchauffait chaque seconde. Il n’en était pas mécontent, au contraire, mais il avait l’impression que quelque chose clochait.

- "Aura !"

Perdu dans ses pensées, le Riolu en avait oublié les appels affolés de sa mère. Il tourna la tête vers elle, les yeux encore à moitié clos. Sa mère, une Lucario, le regardait d’un air inquiet, mais elle sourit le temps de quelques secondes lorsqu’il se réveilla.

- "Vite, mon chéri, dépêche-toi de te lever ! On doit partir tout de suite !" lui dit-elle sur un ton précipité.

- "Hein…? Où ça ?" demanda le Riolu de sa petite voix encore faible.

- "Pas le temps de t’expliquer." répondit t-elle. "Le village est attaqué… on doit s’en aller le plus vite possible ! Viens !"

La mère de Riolu le prit par la main et le traîna de force hors de son petit lit douillet, mais heureusement, il ne fallut pas beaucoup de temps à celui-ci pour comprendre la gravité de la situation. Il avait, depuis sa naissance, cette faculté de pressentir les choses, tout comme le reste de sa lignée. Le jeune Pokémon tint alors fermement la main de sa mère tandis que celle-ci l’emmenait jusqu’à la porte de la maison. Un autre Lucario se tenait à la porte, regardant les alentours par l’entrouverture et guettant le bon moment pour sortir. Il se retourna vers sa femme et son fils.

"Ah, il est réveillé ! Parfait, j’ai l’impression que c’est moins violent que tout à l’heure, dehors… on devrait pouvoir sortir sans problème dans quelques minutes."

Riolu se frotta un œil et bâilla.

"Tant mieux…" répondit sa mère dans un soupir de soulagement.

De longues minutes passèrent, elles furent probablement parmi les plus longues de sa vie. Un air chaud soufflait par la porte de la maison, ce qui faisait flotter les mèches encore décoiffées du jeune Riolu somnolent. Sa mère lui tenait toujours la main, et elle se resserrait au fur et à mesure que le temps passait. Le jeune Pokémon finit par regarder sa mère ; des gouttes de sueur perlaient sur son front, et elle tremblait. Il sentait qu’elle avait peur, il posa alors son autre patte sur la sienne en guise de rassurement. Elle se mit alors à genoux pour prendre son fils tendrement dans ses bras, et lui murmura les mots réconfortants d’une mère :
- "Ça va aller… tout va bien se passer, ne t’en fais pas… on va s’en sortir…"

Soudain, le père fit signe à sa famille de se rapprocher. La mère se releva péniblement, se préparant mentalement à ce qui l’attendait dehors. Riolu, ignorant presque tout de la situation actuelle, se contenta de rester en retrait pour surveiller ce qu’il allait se passer. C’est alors que la père cria :

- "Maintenant ! On y va !"

Il ouvrit en grand la porte et sortit, suivi de sa femme et de son fils. Lorsqu’il mit un pied dehors, un spectacle de désolation se présenta devant lui : L’entièreté de son village baignait dans des flammes ardentes, seules quelques maisons dont la sienne avaient été épargnées. Il y avait une désagréable odeur de grillé, l’air ambiant était à peine respirable, et un nuage de cendres de couleur noirâtre surplombait toute la surface du village. Il n’y avait plus la moindre trace de végétation, du moins aux alentours ; l’herbe avait séché, les arbres brûlé, et les fleurs fané. Le père pointa de sa patte une direction, qui semblait être celle de la clairière de la forêt. Il prit la main à son épouse et ils se mirent à courir tous les trois, aussi vite qu’ils le purent. Durant leur course, ils se forcèrent pour ne pas regarder les dépouilles des habitations de leurs amis, ils n’avaient plus qu’à prier pour qu’il ne leur arrive rien. Ils n’arrivaient pas à réfléchir, leurs esprits étaient sans cesse tourmentés par les cris d’effroi ou de douleur provenant des divers endroits du village. Les sons de crépitement des flammes et d’explosions ici et là résonnaient dans leurs têtes sans qu’ils ne puissent y faire quoi que ce soit. Ils continuaient leur course effrénée sans se retourner, hormis Riolu qui regardait sa maison disparaître à son tour dans les flammes de l’Enfer.

Cependant, malgré leurs nombreux efforts pour rester discrets, leur petite escapade ne passa pas inaperçue : un Camérupt, un Typhlosion et un Rhinocorne, se trouvant quelques maisons plus loin, les aperçurent et foncèrent droit sur eux frénétiquement. Les deux Lucario, les ayant vus, accélérèrent le pas pour tenter de les semer. Ils se dirent que lorsqu’ils seraient dans la forêt, il serait plus simple pour eux de les perdre dans toute la broussaille. Une fois qu’ils eurent atteint la dite forêt, ils se faufilèrent habilement entre les arbres, qu’ils soient déchirés, calcinés ou intacts. Le seul danger potentiel qui les guettait était la possible chute de branches durant leur montée de la colline menant à la clairière. Soudain, un gigantesque arbre enflammé s’effondra devant eux. Le feu se répandit sur les herbes alentour, leur barrant complètement le chemin. Ils durent alors reculer et faire un détour pour contourner cet obstacle de taille. Mais le temps de faire le tour du tronc enflammé, les trois poursuivants s’étaient dangereusement rapprochés. Le père, se trouvant alors dans une situation désespérée, posa ses pattes sur les épaules de sa femme et lui dit d’une voix calme mais tremblante :

- "Mon amour… pars avec Aura, je vais aller les retenir pour gagner du temps."

- "Quoi ?! N-Non...! N’y va pas, tu pourrais y rester ! Tu sais combien je tiens à toi, mon cœur… Je ne veux pas te perdre… ne fais pas ça, je t’en conjure…" le supplia t-elle d’une voix fébrile, des larmes apparaissant aux coins de ses yeux. Le Lucario prit une grande inspiration, la regarda droit dans les yeux et lui dit :

- "Écoute… le plus important pour moi est que vous soyez tous les deux sains et saufs… c’est la seule chose qui compte à mes yeux. Le monde entier pourrait disparaître, je serais quand même heureux de vous savoir toujours là. Vous comptez plus que tout pour moi, alors si je peux vous permettre de vous enfuir… ce sera avec joie." Il esquissa un sourire pendant qu’une larme coulait sur sa joue. Il l’essuya avant d’essuyer celles de sa bien-aimée. Les Pokémon ennemis se rapprochaient dangereusement d’eux, il s’empressa donc d’ajouter : "Je vous aime tous les deux, autant l’un que l’autre. Prends bien soin de notre fils, d’accord…?" avant de poser sa patte sur la joue de sa femme en signe de tendresse et de partir au combat.

La mère resta un petit moment ainsi, sans bouger, les yeux humides et les jambes tremblantes, en le regardant s’éloigner de plus en plus. Elle finit par lui hurler, alors qu’il était déjà au loin :

- "Espèce d’idiot !! Têtu ! Crétin fini ! Reviens en vie, sinon je te tue !"

Riolu ne semblait pas avoir tout compris de cette dernière phrase, mais il avait néanmoins compris que son père risquait sa vie pour les sauver. La mère finit de sécher ses larmes, prit la main de son fils et courut, encore et encore, vers la clairière de la forêt, laissant derrière eux le père, condamné à une mort triste et certaine face à des Pokémon avantagés par leur type. On ne put entendre de cette scène que quelques explosions, une violente décharge de flammes et un hurlement de douleur.

Ils continuèrent de courir, sans laisser leurs émotions prendre le dessus. Courir sans jamais s’arrêter, ne surtout pas regarder en arrière. Lorsqu’ils atteignirent la clairière de la forêt, ils prirent tout de même le temps de souffler un peu pour reprendre des forces. Alors que la mère sanglotait seule dans son coin, pleurant son défunt mari, Riolu murmurait :

- "… Papa…"

Il alla au chevet de sa pauvre mère et lui demanda, innocemment:

- "Maman ? Est-ce que… Papa va revenir…?"

Lorsque celle-ci releva la tête, elle avait les yeux rouges et emplis de larmes.

- "Papa… Papa ne reviendra pas, mon chéri…" parvint-elle à articuler de sa voix faible et cassée.

- "Mais… pourquoi…?" demanda t-il, surpris par sa réponse négative.

Sa mère n’osa plus décrocher un mot. Elle se contenta de s’agenouiller pour pleurer dans les bras de son fils, inconscient de la situation. Il serra cependant sa mère dans ses bras dans l’espoir de la consoler un peu. Après quelques minutes, elle cessa de pleurer et se releva.

- "Le… Le Refuge ne doit plus être très loin… allons-y, Aura." lui dit-elle dans un dernier espoir.

Au moment où elle disait cela, elle entendit une voix calme derrière elle :

- "Parce que vous allez quelque part ?"

À peine eut-elle entendu ces mots qu’elle sentit une chaleur ainsi qu’une forte douleur au niveau de la poitrine. Par réflexe, elle baissa les yeux et aperçut la pointe d’une lame aiguisée lui ressortant du corps. Riolu prit peur et tomba à terre. Une grande quantité de sang s’écoulait de la plaie, et le Pokémon à qui appartenait la lame la retira d’un coup sec, entraînant la chute au sol de la mère. Riolu faisait face à son cadavre ; il la regardait, elle le regardait, jusqu’à ce que la lueur de vie dans ses yeux ne s’éteigne définitivement et ne laisse place au néant. Riolu n’osait plus bouger. Il était comme paralysé par la scène à laquelle il assistait. Il ordonnait à son corps de se mouvoir, mais celui-ci ne réagissait point. Il se contentait de garder un œil fixe sur la dépouille de sa défunte mère traînant sur le sol, dont le sang qui s’en écoulait rendait l’herbe alentour d’une couleur écarlate. L’agresseur sortit un torchon de sa poche et essuya le sang sur la lame de son bras.

- "Navré. Il est lâche de prendre les gens par surprise."

Une autre voix, féminine cette fois, se fit entendre:

- "Ohhh, regardez-moi ce bout de chou !" s’exclama t-elle en se rapprochant lentement de Riolu. "Dis-moi, tu es perdu ? Tu cherches tes parents ? Ça tombe bien, je m’en vais t’envoyer les retrouver sur-le-champ !"

Elle brandit sa grande patte et en sortit sa paire de griffes acérées, puis exécuta le mouvement. Un bras la retint cependant de commettre l’acte. Une troisième voix, celle à qui devait appartenir le bras, fit alors son apparition :

- "Ça suffit, Béa. Ne crois-tu pas que tu as assez joué ?"

- "Mais de quoi je me mêle, Greg ?! Je fais ce que je veux, non ? Ce n’est pas tous les jours que l’on a l’occasion de déchiqueter un enfant aussi adorable !" rétorqua violemment la prénommée Béa.

- "Greg a raison, il est inutile de s’acharner. Concentre-toi plutôt sur la mission qui nous a été confiée." lui rappela calmement la première voix.

- "Oh non, tu ne vas pas t’y mettre aussi, Hal ! Tu viens de tuer cette femme dans son dos et tu prétends avoir encore de l’honneur ?" répondit Béa d’un ton provocateur. Le prénommé Greg reprit :

- "Tu dis cela, mais il n’y a aucun honneur à réduire en bouillie un gamin sans défense. Regarde-le. Tu veux vraiment tuer ce pauvre gosse ? Tu crois vraiment qu’il représente une menace pour nous ? Fais comme tu veux, mais moi, je m’en tiens aux instructions. J’ai plus important à faire que de penser à mes petits plaisirs égoïstes."

- "Grrr… Vous ne changerez jamais, vous deux. Toujours aussi rabat-joies !" soupira Béa.

Il y eut un grand silence. Le jeune Riolu entendait tout de cette conversation, mais n’osait pas relever la tête, par peur d’avoir un contact direct avec les trois assaillants. Il entendait tout mais ne voyait rien. Ou plutôt, il voyait tout mais ne voulait rien entendre : il avait sous les yeux toute sa vie, toutes les personnes qui lui étaient chères, en lambeaux. Il entendait non seulement la conversation des assassins de sa mère, mais aussi des cris de désolation au loin, venant de son village. Il avait compris que plus rien ne serait comme avant, désormais. Ce pesant silence perdura ainsi pendant de longues secondes, jusqu’à ce que le susnommé Hal ne prenne la parole :

- "Quelqu’un vient. Nous ferions mieux de quitter les lieux."

- "Ouais." répondirent Greg et Béa simultanément.

À peine eurent-ils prononcé ces mots qu’ils disparurent instantanément dans les ombres, laissant derrière eux le petit Riolu, seul, faisant face au cadavre de sa mère.

C’est alors qu’il entendit de lourds bruits de pas venant dans sa direction et se rapprochant progressivement. Riolu ne put pas le voir tout de suite, mais il s’agissait de Bétochef, le doyen du village. Il était blessé à la tempe et était poursuivi par un Typhlosion, probablement le même que tout à l’heure. Bétochef accourut pour voir Riolu :

- "Hé, gamin ! Qu’est-ce que tu fous là ?! T’es pas blessé au moins ?"

C’est alors qu’il remarqua la corps qui se trouvait aux pieds du jeune Pokémon. Étant un bon ami de ses parents, il la reconnut immédiatement. Il resta un moment sans voix, à regarder à la fois le jeune Pokémon, mais aussi le Typhlosion qui montait dangereusement la colline sur laquelle ils se trouvaient. Il prit alors la décision la plus difficile de sa vie : Il prit un de ses deux piliers de béton et le projeta de toutes ses forces sur le Typhlosion. Celui-ci se le prit en pleine tête et dégringola la colline à toute vitesse avant de retomber sur le sol, inconscient. Cela revenait à abandonner un de ses piliers, mais cette nouvelle main libre lui permit de prendre le jeune Riolu sous son épaule, avant de déguerpir à toute vitesse en direction du Refuge. Riolu ne put que voir sa pauvre mère s’éloigner de plus en plus de lui, les voix des assassins résonnant douloureusement dans sa tête. Bétochef, quant à lui, continuait tant bien que mal sa course effrénée pour espérer rester en vie.