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Écriture : gérer une fic sur la longueur



Dans le précédent numéro, nous vous parlions des O-S, ces fics à un seul chapitre. Ce mois-ci, virage à 180° : on va traiter des fics à chapitres, et plus particulièrement des longues fics, voire des très longues. Elles ont tendance à effrayer, que ce soient les auteurs ou les lecteurs (et parfois même les évaluateurs), et pourtant, elles sont celles qui apportent le plus, à la fois en écriture et en lecture. Si vous vous lancez là-dedans, c’est l’assurance de progresser vous-même tout en faisant progresser une histoire et des personnages auxquels vous tenez. Vous évoluez en même temps que la fic, vous élargissez votre vision d’écrivain tout en élargissant votre scénario originel, et vous faites un travail sur vous-même en même temps que sur vos personnages.

Nombreux sont les auteurs de ce site, après avoir écrit quelques O-S, qui ont voulu se lancer dans une fic à chapitres. Mais il y a toujours un point en particulier qui bloque avec le format long, quelque chose qui laisse nombre d’histoires en état « suspendues » et qui décourage à l’avance ceux qui voudraient s’y lancer. Et c’est ni plus ni moins que la motivation sur le long terme.

En effet, quand on commence une longue fic, on n’est jamais sûr de pouvoir la finir, au contraire de la plupart des O-S. Et ce pour de nombreuses raisons, mais les deux principales sont généralement les mêmes : manque d’imagination et manque de motivation. Et en réalité, bien souvent, ça veut dire la même chose : un manque d’imagination sur une histoire en cours signifie souvent une perte momentanée de motivation. À l’inverse, quand l’imagination perdure, la motivation n’est jamais bien loin.

C’est donc le sujet de cet article : comment envisager l’écriture d’une fic à chapitres conséquente sur le long terme ? Comment conserver intacte sa motivation du début ? Comment entretenir son imagination ?

Il faut bien sûr être conscient d’une chose : il n’y a rien de scientifique dans ce qui va être évoqué ici. Tout dépend de la personnalité de l’auteur, de la taille et du genre de la fic, et de pas mal d’autres critères. Mais on va partir du postulat suivant, qui est sans aucun doute l’un des plus importants quand on se lance dans une fic à chapitres qui se veut postée régulièrement : vous avez le temps d’écrire. Car oui, si vous commencez vos journées à sept heures et que vous rentrez chez vous à dix-neuf, d’ordinaire vous n’avez pas spécialement envie d’écrire le soir (encore que, ça peut vous faire évader l’esprit).

Partant de là : qui dit fic longue dit histoire longue. Et votre histoire, vous devez l'avoir en tête. Vous devez savoir où vous allez, et par quels sommets, descentes et tournants vous allez passer. Il ne s’agit pas bien sûr d’avoir en tête par cœur tous vos futurs chapitres de A à Z, mais de maîtriser les grandes lignes de votre scénario, et surtout la fin. Il faut qu’il y ait une part d’improvisation dans votre écriture, car un scénario trop rigide peut poser des problèmes. Mais y aller full improvisation, c’est aller au casse-tête. Car tous les auteurs de fics ont, un jour ou l’autre, un petit passage à vide niveau imagination. Et alors, si votre fic n’est faite que d’improvisation, le jour où vous aurez une panne d’inspiration, ça ne pardonnera pas. Ce sera la page blanche pure et simple. A contrario, si vous avez votre ligne directrice en tête, le seul risque qui vous guette, c’est la perte de motivation.

Et donc, quels seraient les remèdes à une perte spontanée de motivation ? En réalité, il n’y en a pas vraiment quand elle est déjà présente, mais il y a des façons pour la prévenir. La première attitude à avoir pour éviter les pertes de motivation dans l’écriture d’une longue fic est particulièrement importante. Votre but premier n’est pas que la fic plaise à vos lecteurs. Ça, c’est du bonus, et surtout ça dépend de leurs goûts. Votre objectif, c’est que la fic vous plaise à vous !

Il faut que vous soyez le premier fan de ce que vous écrivez, de vos personnages, de votre histoire. Non pas en une adoration béate de vos propres qualités d’écriture (ce qui serait légèrement arrogant), mais tout simplement un intérêt sur le fond. Vous aimez vos personnages. Vous avez hâte d’écrire la suite de l’histoire. Il y a un passage futur que vous voulez à tout prix écrire. La base d’une écriture d’une fic longue, c’est cela. Si vous écrivez quelque chose qui ne vous plaît pas, voire juste moyennement, que vous vous forcez, votre fic a toutes les chances de ne pas durer bien longtemps. Si en revanche votre propre histoire et vos propres personnages ont su vous toucher, que vous les écrivez selon vos souhaits, le risque de perte de motivation, même à long terme, en sera fortement réduit.

Second moyen de prévenir ce souci : voir loin. Il ne faut pas que vous restiez statique dans votre vision de la fic. Il faut que, dans votre tête, vous en exploriez constamment le futur et ses différents contours. Quand vous écrivez un chapitre, vous devez être en train d’imaginer ce qu'il va se passer dix chapitres plus tard. Attention bien sûr, il ne s’agit pas d’être bloqué dans un futur hypothétique en dénigrant le présent. Vous vous devez entièrement au chapitre actuel quand vous l’écrivez. Mais durant votre temps libre, le soir avant de dormir, sous votre douche, sur votre cuvette des toilettes, etc… il faut que votre esprit voyage constamment dans le futur de votre fic. Il vous faut voir loin, toujours. C’est ce qui apporte un dynamisme à votre imagination, qui va la maintenir en état de marche, et qui va donc se faisant tenir à distance la perte d’intérêt.

Troisième chose, ne vous contentez pas d’écrire votre fic : vivez-la ! Les façons sont multiples et dépendent de chacun au quotidien. Vous pouvez, par exemple, vous imaginer des scènes et passages importants comme ils seraient en film, en animé, en jeu, en ce que vous voulez. Et vous pouvez le faire en écoutant de la musique de films, d’animés, de jeux, par exemple. La musique a tendance à beaucoup aider à s’intégrer dans les scènes en question. Le soir, tout en recherchant le sommeil, vous pouvez imaginer que vous êtes l’un des protagonistes de votre fic et que vous vivez ce que vous avez prévu pour lui. Vous pouvez même lui faire vivre des choses totalement hors-sujet avec votre fic ; ce sera toujours utile pour l’immersion. Bref, ça revient sur ce qu’on disait plus haut sur le fait d’aimer son histoire. Plus vous la vivrez au quotidien, plus vous y serez plongé mentalement, et plus la perte de motivation sera éloignée.

Dernière piste, qui vient prendre un peu le contrepied de tout ce qu’on a dit jusque-là : ne restez pas enfermé dans votre fic. Au bout d’un moment, et malgré tout l’amour que vous pourrez lui porter, vous serez un peu lassé de votre œuvre. Et c’est normal, surtout si vous passez plusieurs moments de vos journées à y penser et à vous y plonger. Il vous faudra alors, non pas l’abandonner, mais essayer de commencer une autre fic en parallèle. Pas forcément l’écrire - vous n’aurez peut-être pas le temps de gérer deux fics à la fois, à moins de mettre en pause la première - mais au moins d’y penser, d’établir un scénario, de rédiger des brouillons… Quelque chose qui tranche avec la première fic, un autre genre, un autre style d’écriture…

Bref, quelque chose qui vous dépayse un peu. Car rester bloqué sur une seule histoire, surtout si elle dure très longtemps, ça peut nuire à votre imagination en la laissant cantonnée à une seule et même chose. Et si finalement vous voulez vous y lancer, quitte à réduire le rythme de la première fanfic, vous pouvez tout à fait, si vous vous en sentez capable. Écrire d’autres fics en parallèle ne fera que du bien à votre fic principale, et l’enrichira en même temps que s’enrichira votre expérience.

Tout cela vaut pour le cas des fics longues, mais peut aussi s’appliquer dans une moindre mesure sur les formats plus courts, bien sûr. De même, les conseils habituels sur la motivation, qui valent pour toutes les histoires en général, s’appliquent ici aussi : la lecture régulière, l’échange avec d’autres auteurs, le rythme d’écriture adapté à chacun, etc… Idéalement, des retours de lecteurs concernant votre fic peuvent aussi jouer dans votre motivation, mais comme ça a été dit au tout début, du moment que vous, vous aimez votre fic, vous n’avez besoin de rien d’autre pour l’écrire.

Voici donc les quelques pistes - certaines très logiques, d’autres personnelles - que nous pouvons vous donner pour conserver le plus longtemps possible votre motivation originelle pour l’écriture d’une longue histoire. Et rassurez-vous : si en effet la motivation peut baisser par moment, elle peut aussi largement augmenter au fil du temps. C’est même le cas le plus fréquent quand l’auteur est investi dans sa fic et qu’il l’aime. Une longue fic, c’est une aventure, et tel le voyage initiatique de nos héros de Pokémon, elle est l’assurance de s’en retrouver grandi en de nombreux points.


Par Malak

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