Dans ce quartier pauvre de la banlieue de Volucité, cette petite maison délabrée renfermait une famille brisée. Le père était parti et la mère avait plus ou moins démissionné avec son fils et ses trois filles. Le fils de cette famille, cependant, était plus spécial que les autres.
Dans le jardin, le jeune L*****, un garçonnet brun à lunettes, observait son Nanméouïe de compagnie.
- Je suis content de t’avoir trouvé dans ces herbes remuantes !
- Merci, maître ! Vous êtes bien bon avec moi !
L***** parlait à son Nanméouïe, mais il n’en avait pas trop fait de cas autour de lui, et sa mère s’en fichait royalement. Comme la vie sociale de la famille était peu élaborée, ça semblait normal à L***** de parler à son Pokémon : il n’avait pas vraiment d’autres exemples autour de lui.
- J’dois être encore bourrée, je t’entends parler avec ton Pokémon… j’te préviens, j’le nourris pas.
L***** avait peu d’amis, hormis la petite Jenny avec qui il faisait le chemin pour aller à l’école et parfois aussi le chemin du retour, une des rares personnes à être aussi pauvres que lui. Une fille bien, qu’il a perdu de vue en grandissant.
L***** faisait de la plonge dans un restaurant de Volucité après l’école, pour gagner un petit salaire, et il en profitait pour nourrir Nanméouïe avec des restes.
- Désolé, je peux pas faire mieux…
- Ce n’est pas grave, maître ! Vous faites ce que vous pouvez !
Dans cette vie décourageante, L***** avait bien de la chance d’avoir ce don qui lui permettait de parler avec les Pokémon. Enfin, juste avec le Nanméouïe qu’il possédait.
- Je ne parle pas, maître, enfin, je ne parlais pas avant. C’est vous qui me permettez de vous parler.
- Ah bon ? Mais qu’est-ce que j’ai de spécial ?
- Vous êtes mon maître, donc vous êtes forcément spécial !
L***** sourit. Il aimait jouer avec Nanméouïe, notamment à faire des spectacles.
- Cette attaque Vibra-Soin est tellement jolie !
- Merci, Maître !
- Mais tu pourrais l’utiliser mieux encore !
- Ah oui ?
- Oui. Et je sais comment.
En grandissant, L***** devenait de plus en plus doué avec Nanméouïe. En faisant des spectacles de rue avec elle, il avait gagné de quoi s’acheter d’autres Pokéballs. Il avait capturé Feunnec, puis Débugant, Ceribou.
- Maître, laissez-moi vous entourer de jolis cercles de flammes ! sourit Feunnec.
- Vous n’avez pas à gérer votre budget, maître, je le gèrerai à votre place ! s’empressa Débugant.
- Et si vous voulez vous détendre, je relâcherais mes fumerolles apaisantes ! s’enjoua Ceribou.
- Vous êtes tous tellement mignons ! On va faire un super spectacle, et un jour on se produira à Méanville !
L***** rêvait de spectacles et de gloire. Mais il ne se voyait pas le faire en tant que L*****. Quand sa mère était endormie, il lui volait ses quelques robes et il les essayait. Ses sœurs l’aidaient à se maquiller.
- Un jour, je serais une star ! sourit L*****.
- Bouge pas !
- C’est dingue que les robes de maman t’aillent aussi bien !
- Et pareil pour les chaussures, t’es tellement naturel avec les talons !
C’était vrai. L***** se sentait mieux dans des habits de femme. Il ne se sentait pas à l’aise avec la masculinité et jouait principalement avec les jouets de ses sœurs. En grandissant, il sentait que quelque chose n’allait pas en lui, que quelque chose n’avait jamais été.
À l’âge de quatorze ans, la vérité lui éclata en pleine face quand il se livra à son premier concours dans un Café de Volucité. Complètement travesti.
- Roussil, Danse-Flammes !!
Roussil créa un ruban de feu au bout de son bâton. Le Pokémon créa de multiples formes et arabesques.
- Nanméouïe, Vibra-Soin !!
L’attaque traversa la pièce entière, y compris le public, qui ne voyait qu’une sorte de laser circulaire. S’accordant à la Danse-Flamme, le Vibra-Soin forma des anneaux autour de Nanméouïe qui gravitèrent comme un gyroscope. Le public applaudit, impressionné.
- Comment peut-elle faire ça ?
- Quelle coordinatrice incroyable !
- Elle est d’un niveau bien au-dessus d’un simple concours de café !
L***** sourit. Il était devenu Mademoiselle Sherry. Et c’était ainsi qu’elle voulait réussir. Et qui sait, peut-être vivre ?... ***
- Je peux redemander une explication ?
Arianne, assise sur une chaise, secoua la tête. Sherry inspira alors que ses Pokémon faisaient du classement.
- Tout le monde est en réunion sauf nous deux, ça vous parait pas bizarre ?
Arianne secoua la tête. Sherry haussa les épaules. Elle regarda Débugant.
- T’es au courant de quelque chose, toi ?
- Absolument pas, Mademoiselle Sherry. C’est comme si la communication en interne avait été complètement verrouillée par des puissances qui me dépassent !
Arianne resta impassible. Sherry la regarda.
- On prépare une surprise pour mon anniversaire ?
Nouveau secouage de tête imperturbable.
- Pas possible, c’est dans trop longtemps… Alors on prépare une surprise party pour moi pour me récompenser d’être une si merveilleuse employée !
Arianne secoua à nouveau la tête, toujours inexpressive.
- On parle sur moi ? C’est pour mon licenciement ?! Mais j’a-DORE être payée à rien foutre, je ne peux pas être virée !
Arianne inspira sans regarder Sherry.
- C’est ça, hein ? J’en étais sûre !
Sherry se leva de sa chaise et se déplaça jusqu’à la salle de réunion. Arianne se leva pour la stopper mais Sherry était allée trop vite.
- LA MAIN DANS LE SAC BANDE DE CRABAR… aques… Mais…
La salle de réunion était vide. Arianne inspira.
- Retournez à votre poste.
- Mais qu’est-ce que ça veut dire ? J’ai droit à une explication ! Et pourquoi vous ne me menacez pas de mort comme d’habitude ?
Arianne leva les yeux au ciel « Lui et ses maudits ordres impossibles... »
***
- Il n’y a aucune inquiétude à avoir, j’ai demandé à Arianne de la retenir sans la menacer ou lui faire de mal. Sherry ne viendra pas dire que c’est son Débugant qui fait tout le boulot. Il est hors de question que l’agence se fasse allumer pour quelque chose d’aussi futile !
Jasper inspira en regardant Léo.
- Et moi, je dois aussi dire que mes Pokémon ne m’aident pas ?
- Exactement. La boîte d’audit pourrait prendre ça comme du travail dissimulé !
- Mais… pourquoi ne pas avoir donné la même consigne à Sherry ?
- Elle est trop exubérante, elle ne pourrait pas tenir sa langue !
Billy plissa les yeux.
- Façon sympa de dire que tu lui fais pas confiance…
- Vous savez comment elle est ! Elle n’a aucun filtre, elle ferait des gaffes qui nous mettraient dans l’embarras !
- Ce qui revient à dire que tu lui fais pas confiance… marmonna Deandra.
- Mais bien sûr que si enfin ! Elle tient l’accueil et elle gère la petite administration… enfin, son Débugant le fait…
- Sherry n’est pas digne de confiance, nous si, voilà tout. Ecoutez le patron, marmonna Hobbes.
- Le patron, oui, vous, non… soupira Monday.
- T’as donné son congé à Farouk, t’aurais pu le donner à Sherry aussi… souffla Billy.
- La connaissant, elle aurait cru que c’était open bar et en poser à tire-larigot, elle prendra ses congés en été ! grommela Léo.
- Et on est bien d’accord qu’Arianne n’est pas là également parce que… marmonna Deandra.
- … si on apprend qu’elle tue des gens, j’aurais tout un tas d’emmerdes ! geignit Léo.
- Super, vive le mensonge et la dissimulation… marmonna Billy.
- Si on était une agence d’espionnage, ce serait de bon ton… admit Monday.
L’auditrice entra dans la salle de réunion avec deux de ses employés.
- Bonjour ! Je suis Jennifer Stevens, de la boîte d’Audit « Audit’Donc » ! Haha ! Jeu de mots ! Haha ! Dé-ten-dez-vous !
Billy, Deandra, Jasper, Léo, Hobbes et Monday sourirent avec plus ou moins d’embarras. Tout le monde s’assit autour de la table.
- Bien. Nous allons donc auditer le GKA, la Generation Kids Agency. Nous allons l’auditer selon vos postes respectifs. La direction sera auditée par le biais de monsieur Léo, l’administration par le biais de monsieur Hobbes, le monitoring par le biais de monsieur Jasper, quant à Billy, Deandra et Monday, ils seront audités sur leur travail sur le terrain et sur leurs rapports de mission ! Nous allons, en parallèle, effectuer un audit de vos premiers rapports de mission en prenant en compte les spécificités de votre agence nouvellement créée ! Et du fait qu’elle soit nouvellement créée bien-sûr, hihihi !
Léo sourit.
- Parfait !
- Je ne vois que des agents ou des administrateurs, vous n’avez pas de réceptionniste… ?
- C’est… moi qui effectue le travail à la réception ! sourit Léo.
Tout le monde regarda Léo, éberlué.
- Enfin, je… n’ai pas de bureau, je suis à l’accueil, quoi !
- Oh, très bien ! C’est vrai que ça se fait !
« ELLE A GOBE CA ??? » s’étonnèrent les cinq autres.
- J’espère au moins que vous avez de quoi conserver les documents confidentiels !
- Euh… oui, la pièce qui était censée me servir de bureau sert d’entrepôt !
Billy regarda Léo comme s’il avait mis une boîte de conserve fermée dans une casserole pleine d’eau bouillante. Evoli lui-même semblait pas rassuré.
- Oh, d’accord ! Au moins ça fait des économies d’espace !
- Tout à fait ! sourit Léo.
« Elle est teubée ou quoi ?! » s’étonna Billy.
« Il a pas pris le cabinet d’audit le plus cher… » songea Hobbes.
« Elle fait exprès c’est pas possible ?! » songea Deandra.
« Encore un moment de ta vie où tu vas devoir regarder l’évidence en face et te taire, mon petit Jasper… bon, ça va t’as l’habitude… » soupira intérieurement Jasper.
« Même moi je ferais une meilleure auditrice et j’ai fait zéro études pour ça ! Même Mewtwo ferait mieux !! » songea Monday.
- On va donc pouvoir commencer !
***
- Mais Arianne, dites-moi où ils sooont !! Et pourquoi je ne peux pas sortiiiir ?
- C’est comme ça.
Sherry croisa les bras. Débugant, Roussil et Nanméouïe se regardèrent. Une des oreilles de Nanméouïe sursauta. Le Pokémon se tourna vers une fenêtre.
***
La camionnette s’était arrêtée devant le GKA.
- C’est le jour J. Le GKA est audité, une grande partie du personnel n’est pas là. On sait que Léo n’a pas pu emmener la Generation Kid Arianne à la boîte d’audit parce qu’elle tue des gens sur demande et que si ça se sait, ils se feront taper sur les doigts, une agence anticriminelle n’a pas le droit, officiellement, d’avoir des prérogatives d’assassinat…
L’homme présenta à ses collègues une télécommande.
- Avec cet appareil, nous pouvons empêcher un dresseur d’utiliser ses Pokémon. Elle est programmée sur la fréquence des Pokéballs identifiées au numéro de dresseur d’Arianne, qui est public, comme celui de tous les Generation Kids. Si nous entrons dans un certain rayon, nous l’empêcherons d’utiliser ses Pokéballs.
L’homme sourit.
- Et ainsi, moi, Solomon Steinbeck, je vais voler les données recueillies par le GKA ainsi que son matériel ultraperfectionné et les utiliser à mon profit ! Leurs fichiers clients, leurs rapports de mission, leurs différentes exactions plus ou moins illégales, mais également leur matos d’espionnage ultraconfidentiel… J’aurais tout ! Et vous allez m’y aider !
Une équipe d’une dizaine d’hommes en noir acquiesça.
- En espérant qu’il n’y ait pas d’imprévu…
***
Nanméouïe se tourna vers Sherry.
- Mademoiselle Sherry…
- Deux secondes, Nanméouïe, je veux qu’Arianne me dise où sont nos collègues !! Avouez, Arianne, sinon je vous torture avec ma routine d’aérobic !
Arianne inspira lourdement en fixant silencieusement Sherry qui trépigna.
- CA M’ENERVEUH !!! MAIIIIIIIS !!!
Nanméouïe regarda ses confrères Pokémon, dépitée.
***
Chapitre 9 – Drôle de Drame***
- Bien, bien, bien, nous allons commencer par vous, Monday !
- Euh, oui, d’accord.
- Vous avez le statut d’Agent Détaché…
- En effet.
- Pouvez-vous me rappeler en quoi cela consiste ?
- J’ai la possibilité de proposer mes propres dossiers de mission, je ne suis pas tenue d’assurer un temps plein à l’agence et je suis rémunérée à la mission. Mon contrat est également renégociable selon les spécificités des missions.
Léo sembla soulagé alors que Monday le regarda, intriguée qu’elle l’ait fixé avec appréhension pendant tout son discours.
- Parfait ! Vous avez participé à quelques missions qui ont consisté à s’attaquer aux organisations criminelles suivantes : Team Galaxy et Fondation Aether !
- Oui…
- Et vous avez aussi monté des dossiers de mission pour vos collègues…
- Oui, aussi…
- Je dois avouer que votre travail est très clair, très limpide, explicatif, même, tout est consigné… félicitations !
- Merci…
Léo souffla, rassuré.
- Qui est ce « Débugant » par qui passent vos plis confidentiels ?
Léo inspira lourdement et regarda Monday qui leva les yeux au ciel et répondit :
- C’est le surnom que je donne au patron quand il est à la réception. C’est parce qu’il est tout petit, qu’il a de grosses cuisses, le teint terne et la tête dure.
Billy et Deandra se retinrent de ricaner. Hobbes et Jasper toussotèrent violemment. Léo resta bouche bée, outré. Monday se tourna vers lui et chuchota.
- Désolée, moi, je ne sais pas être malhonnête.
- Hihihi ! J’adore votre humour ! répondit Jennifer.
- Merci.
Léo se promit de fesser la morveuse après cet audit. « Ou au moins de lui sucrer la chaise rembourrée de son bureau, la remplacer par une chaise en bois dur et ensuite lui donner une bonne fessée… » gronda Léo.
- T’es en train de penser à la fesser, là ?! chuchota Billy.
- N… Non, enfin !
- Je connais cette tête… marmonna Billy, suspicieux.
Deandra et Hobbes tournèrent la tête vers Billy, offusqués.
- L’agent Arianne est absente ?
- Elle est en congés, souffla Monday.
- D’accord… C’est secret-défense mais elle est chargée des missions d’assassinat, est-ce que son permis de tuer est en règle ?
- Evidemment ! sourit Léo.
- Est-ce qu’on peut le voir ?
Billy, Deandra et Jasper plissèrent les yeux.
- Mais euh… Elle n’est pas là, enfin… marmonna Léo.
- Vous êtes supposé en avoir une copie sur vous… chuchota Hobbes.
- Putain même moi je le sais ! souffla Billy.
- Vous êtes venu avec votre mallette diplomatique rassurez-moi… geignit Monday en chuchotant.
- Ma quoi ?
Monday marqua un temps d’arrêt que saisit Jasper.
- Le dossier solide permanent que vous gardez sous clé voire sous coffre et qui contient nos contrats, nos accréditations, les avenants à notre contrat et, dans le cas d’Arianne, le permis de tuer… souffla Jasper.
- Et qu’on appelle mallette diplomatique parce que son contenu, notarié, est couvert par l’immunité diplomatique… gronda Deandra entre ses dents.
Léo s’agita d’un coup.
- Bien sûr ! Ouiouiouiouioui ! Bien sûr ! J’avais oublié ce truc ! Héhéhé ! Euh… Evoli, où est…
- Mais enfin, Léo, je ne peux pas le savoir, je ne travaille pas avec toi !
Le Pokémon serra les dents et secoua la tête. Léo plissa les yeux. « Ah oui, je dois dire que les Pokémon ne travaillent pas pour nous sinon… argh… »
- Oh misère… euh, je l’ai oubliée ! Héhé…
Soupir généralisé. Jennifer grimaça.
- Comme c’est embêtant… euh, eh bien il faudra envisager une visite des locaux après la…
- J’en ai une copie dans mon dossier administratif relevant des ressources humaines ! se souvint Hobbes.
Un des assistants de Jennifer vérifia et hocha la tête en sortant le document.
- Super ! Les tampons des huit consulats continentaux, le certificat du Comité Olympe, la signature de monsieur Léo, de mademoiselle Arianne et de monsieur Hobbes… Et nous avons donc un permis de tuer en bonne et due forme ! Merci !
Billy regarda ses collègues en chuchotant.
- Heureusement que Sherry est pas venue, hein on aurait eu des soucis ! ironisa-t-il.
Léo lui balança un regard noir tandis que les autres avaient hoché la tête en signe d’acquiescement.
- On poursuit sur l’agent Monday, votre première mission s’est soldée sur une réussite mais les dégâts matériels ont été très lourds et lors du constat d’assurance, vous avez fait savoir que les scientifiques, je cite, « Avaient eu de la chance de ne pas être inculpés également pour leur complicité avec la Team Galaxy »…
- Je…
- Mon employée est très jeune, elle ne sait pas comment se passe un constat d’assurance…
- Je SAIS comment se passe un constat d’assurance, si monsieur « J’ai oublié ma mallette diplomatique pour l’audit super important de mercredi matin » pouvait éviter de PARLER A MA PLACE…
Léo serra les dents et recula dans sa chaise. Evoli se couvrit les yeux avec ses oreilles. Billy tapota l’épaule de son patron et chuchota :
- T’en fais pas, Sherry est pas là, vieux !
- Il était hors de question que le blâme retombe sur moi, mes coéquipiers ou l’agence, j’ai donc fait valoir que les scientifiques avaient autorisé la Team Galaxy à venir et donc causé notre intervention et donc les dégâts à dédommager ! asséna Monday.
- De fait, l’agence spatiale n’a pas pu être dédommagée et le programme est au point mort…
Monday haussa les épaules.
- Pas mon problème. La mission est accomplie, la Team Galaxy ne tient plus la capitale d’Aglatia en otage et elle n’accomplira pas ses projets fumeux et funestes de conquête de l’espace.
- C’est… un peu rude, non ?
- Je dirais plutôt « Juste ». Et je sais pertinemment que nous ne sommes pas un organe judiciaire mais j’estime que laisser perdurer un programme spatial aussi facilement corruptible est néfaste pour le bien du continent Hoenn et du monde, car la conquête de l’espace implique des possibilités multiples d’espionner et d’attaquer le reste du monde qui, à mon sens, ne sont pas à négliger.
- Si je peux ajouter, si tu me permets Monday…
- Oui, allez-y, Deandra… marmonna Monday.
- Je voulais juste signaler que des scientifiques plus éthiques avaient pour projet de refonder le programme spatial sur des bases plus saines et qu’ils sont en train de négocier pour obtenir le dédommagement en question en guise de frais d’aide gouvernementale, il me semble…
- Ah oui ? s’étonna Jennifer.
- Oui, je suis un peu l’affaire de loin…
- Il me semble effectivement que oui… admit Billy.
- Ce sera à vérifier mais si c’est le cas, tant mieux. Pour la seconde mission, nous n’avons rien à redire, la Fondation Aether a été stoppée avec brio… Tout est en règle ! On va faire une petite pause !
- Oui ! souffla Léo.
***
- L’ascenseur doit avoir une vidéo surveillance, on va passer par les escaliers de service. Dispersez-vous. On se retrouve à l’étage de l’agence, comme prévu.
- Bien !
***
- Et pourquoi vous ne sortez pas un Pokémon pour me menacer et me pousser à me calmer ? C’est ce que vous faites habituellement, non ?
Arianne inspira.
- J’ai des ordres.
- Ah-HA ! Complot contre moi, j’en étais sûre.
- C’est peut-être pour votre bien. Peut-être que je ne vous dis rien pour votre bien également.
Sherry grommela.
- Mademoiselle Sherry… geignit Nanméouïe en tremblotant.
- Attends, Nanméouïe, je suis occupée !! Arianne, ça suffit, je vais passer aux choses sérieuses et vous raconter la fin d’Administration Passion !
- Je suis immunisée contre les séries télévisées, je n’en regarde pas.
- ARGH ! Bon ! Dernier recours…
Sherry se leva et alla vers la porte. Arianne se déplaça habilement en quelques rondades pour lui bloquer l’entrée. Sherry s’arrêta net.
- … premièrement : Waouh, sexy !
- …
- Deuxièmement : Comment ça, je ne peux pas sortir ?
Pendant qu’elles parlaient, Mewtwo s’était téléporté dans le bureau de Léo pour récupérer la valise diplomatique de monsieur. Cela ne dura que quelques fractions de secondes, mais cela agita encore plus Nanméouïe qui sentit, l’espace d’un instant, quelque chose apparaître et disparaître.
- M-Mademoiselle Sherry !! geignit Nanméouïe.
- DEUX MINUTES ! Arianne, ça va mal finir, je vais devoir vous gifler !
- Je vous déconseille d’essayer, on m’a juste demandé de ne pas utiliser de Pokémon contre vous, j’ai tout à fait le droit de vous casser les doigts ou de vous décoller les ongles à mains nues.
- Rrrrr ! J’adore ce petit jeu mais…
Nanméouïe s’était interposée.
- Mademoiselle Sherry !
- Nanméouïe, laisse-moi tranquille, c’est pas l’heure de manger !
- Vous devriez peut-être l’écou…
- De quoi je me mêle ? C’est mon Pokémon, je l’écoute si je veux ! Je parle à vos Pokémon, moi ??
- …
- Bon, tu vas te pousser que je sorte d’ici, si y’a personne y’a aucune raison que je reste !
- MADEMOISELLE SHERRYYY !!!
Nanméouïe avait utilisé Mégaphone. Arianne s’était bouché les oreilles à temps mais Sherry était tombée à la renverse.
- Aoooow ! Nanméouïe, c’est quoi ces manières ?
- Mademoiselle Sherry, il y a des intrus dans l’immeuble !
- QUOI ?
- Quoi ?! s’étonna Arianne. Mais le système d’alarme…
- C’est MOI le système d’alarme !
Sherry retourna à son poste en rampant à moitié.
- Tu m’as déglingué les oreilles, Nanméouïe !
- J’étais obligée, Mademoiselle Sherry, pardon mais vous étiez obsédée par Dame Arianne ! geignit le Pokémon.
- En même temps tu as vu ses jambes ?!
- Je comprends tout à fait, Mademoiselle Sherry, pardon !
Arianne leva les yeux au ciel avec lourdeur. Sherry arriva à son poste et tapota sur l’ordinateur.
- Hhhh… Ah oui, en effet. Ils grimpent par les escaliers de service centraux.
- Il faut que j’aille les arrêter… grommela Arianne.
- Oh, non, non, ne vous donnez pas cette peine, c’est mon rôle ici.
Arianne regarda Sherry, interloquée.
- Bah quoi ?
- J’ai un peu de mal à vous croire…
- Léo m’a chargé d’éviter les intrusions. Bon, là, on passe en code 2 vu qu’ils sont déjà entrés, mais normalement je suis censée empêcher les intrusions avant qu’elles ne se produisent. Nanméouïe est censée les entendre avant et me prévenir. Mais bon, là, à cause de vos gamineries…
- Ex…cusez-moi ?! grommela Arianne.
- Oui-oui-oui, ne faites pas l’innocente, vous m’avez distraite et à cause de vous j’ai mal rempli mon rôle ! Je le dirais à Léo, ce sera consigné dans votre dossier.
- Je… Ce n’est pas ce que j’ai fait !
- Ah si, totalement.
- Et si vous pensez que Léo va retenir ça contre moi…
- Quoi, vous pensez être la chouchoute ici ? Teu-teu-teu ma grande, c’est moi la préférée !
- Mais pas du t… mais je… mais… n’imp… Hmph… inutile de discuter avec vous…
- C’est l’hôpital qui se fout de la charité, madame « Je vais vous torturer sale pétasse » ! soupira Sherry.
- Je ne vous ai pas insult…
- Si, si, si, vous m’avez traitée de pétasse mais je ne vous en tiens pas rigueur, vous êtes aussi sexy que violente – et violette, haha ! - mais je vous accepte telle que vous êtes !
- … hhhhhhh…
Pendant que les oreilles d’Arianne fumaient à force d’écouter et de répondre à Sherry, la coordinatrice sortit son Staross.
- Tu me dis où ils sont précisément, s’il te plait ?
- Les désirs de Mademoiselle Sherry sont… les ordres d’une *STAR*…
Le rubis de Staross brilla de mille feux et le Pokémon tournoya en l’air. Sherry observait les intrus sur ses caméras. Arianne arriva derrière elle.
- Laissez-moi voir, je vais aller les choper.
- Oh, mais ! Je suis interdite de sortie, vous vous rappelez ? Vous êtes ma baby-sitter !
- Je n’ai pas le temps de plaisanter avec vous, c’est grave ce qui se passe…
Arianne se dirigea vers la porte mais elle ne parvint pas à l’ouvrir.
- Hmph… Sherry !
- C’est « Mademoiselle Sherry » pour toi, Cocotte, et il est prévu qu’en cas de tentative d’intrusion, je déclare le confinement interne de l’agence. Il est impossible d’entrer par la porte !
- Hmph ! Mais enfin…
- Haha ! Qui est coincée maintenant, ma belle ?
Arianne inspira. Elle se dirigea vers le bureau de Léo mais il était fermé aussi.
- SHERRY !
- Je sais pour le passage secret dans le bureau du patron. Vous me prenez vraiment pour une grosse Déflaisan, hein ?
Arianne leva les yeux au ciel.
***
- T’es vraiment un gros Déflaisan, hein ?
Léo regarda Deandra et Billy, stupéfait. Ils l’avaient pris à partie à la pause.
- Non mais… dites donc !
Mewtwo tendit la valise à Léo qui s’en saisit.
- De rien… gronda le Pokémon avant d’être rappelé.
Monday inspira.
- Vous êtes tellement infantilisant qu’au final vous en devenez un boulet ! grommela la jeune fille
- Mais pas du tout, c’est juste que je sais mieux que vous ce qu’on peut dire et ce qu’on ne peut pas dire !
- Tu stresses trop ! Tu stresses toujours trop ! grommela Deandra.
- Y’a pas qu’à Sherry que tu fais pas confiance en fait… admit Billy.
- Ça m’arrache la langue de le dire mais Billy a raison.
Léo, offusqué, regarda Hobbes.
- Quitte à vouloir éviter certains sujets, vous auriez mieux fait de faire une réunion préparatoire afin de… nous préparer.
- Ça m’arrache la langue de le dire aussi, mais je suis d’accord ! gronda Billy.
- Merci.
- De même.
- Vous n’auriez pas pu me dire ça avant ?! grommela Léo.
- Je vous l’ai dit et vous m’avez envoyé paître en me disant que si on faisait ça, Sherry allait se douter de quelque chose ! souffla Hobbes.
Léo leva les yeux au ciel.
- D’accord, d’accord on va y aller et vous pourrez être aussi honnêtes que possible, je ne vous materne plus !
- On va reprendre !
Le groupe se redirigea vers la salle d’audit. Jennifer sourit et reprit l’audit.
- Nous allons passer à monsieur Hobbes. Vous êtes le directeur administratif et financier, nous avons observé votre livre comptable, tout est parfait !
- Merci…
- Par contre votre écriture a tendance à changer d’une ligne de compte à l’autre…
- Ah… euh…
Léo s’étonna et regarda Hobbes qui essaya de trouver une excuse.
- C’est parce que je suis ambidextre ! Parfois je m’amuse à changer de main d’une ligne à l’autre, pour ne pas rouiller ! Haha !
Billy regarda Deandra qui haussa les épaules. Monday et Jasper penchèrent la tête. Jennifer haussa les sourcils.
- Euh… ce n’est pas très correct…
- Ah ? Je suis en cours de formation… je suis historien à la base !
- Votre écriture doit être uniforme d’un bout à l’autre du bilan comptable, sinon on pourrait vous accuser de malversations…
- Ah, pardon, je ne le ferais plus…
- Mon collègue est en train de vérifier plus attentivement…
- Et je ne constate rien de grossier. Les notes de frais sont correctes et toutes évaluées avec soin, pas de dépassement de budget… à part la double écriture, il n’y a pas de souci.
- Bon !
- Personne ne corrige derrière vous ? s’étonna l’assistant.
- Euh je… je ne répondrais qu’à madame, c’est elle, l’auditrice et elle est plus jolie que vous ! geignit Hobbes.
Deandra regarda Hobbes, gavée. Jennifer haussa un sourcil et regarda Hobbes.
- On vous corrige ? Ce serait compréhensible si vous êtes encore en formation…
- Pas du tout, je vous ai dit que je changeais de main, enfin !
Léo regarda de nouveau Hobbes qui semblait ne pas savoir d’où ça venait.
***
Débugant rectifiait la feuille de comptes mensuelle de Hobbes tandis que Sherry observait les intrus.
- Ils sont passés par plusieurs escaliers… J’ai fermé tous les accès sauf celui à l’agence.
- Pour… ?
- Les attirer ici et les stopper bien sûr. Vous me prenez pour une idiote, en vrai !
- Disons que je n’ai pas l’habitude de vous voir aussi sérieuse…
- Je le suis tout le temps !
- Vous passez vos journées à boire du café, raconter des potins et jouer au sudoku !
- Que-vous-cro-yez ! En réalité mon esprit est mobilisé tout entier à la surveillance de l’immeuble !
- Vous voulez dire vos Pokémon…
- Ils m’aident, mais là, c’est moi qui piège nos intrus dans l’immeuble pour qu’on puisse les avoir ici-même.
- Et si leur objectif était justement de venir ici et de nous déborder pour voler quelque chose ? Nos banques de données par exemple.
Sherry leva les yeux au ciel.
- J’vais géreeeeer, j’suis pas neuneu quand même. C’était déjà moi qui faisais la surveillance dans ma boîte et on n’a jamais eu de souci…
***
- Ce système de sécurité est vraiment stupide…
Solomon Steinbeck était collé à son talkie-walkie.
- Leur système de confinement essaie de nous attirer vers l’agence. On va le blouser. Au commando tout entier, je demande de se placer en encerclement autour de l’agence. On va le prendre à son propre piège.
« Reçu. »
« Reçu. »
« Reçu. On se place en position d’attaque ? »
- Non, mais on s’y prépare…
Solomon observa la porte de l’agence.
- Je sais pas à qui j’ai affaire mais quelque chose me dit qu’on va bien s’amuser…
***
- Les rapports de l’agent Deandra sont parfaits…
- Merci…
- Par contre certains ne sont pas paraphés par la direction…
Deandra regarda Léo qui haussa un sourcil.
- Ils sont paraphés !
- Par monsieur Hobbes ou par monsieur Jasper mais pas par vous…
- C’est si important que ça ?!
Jennifer Stevens pencha la tête. Jasper, Hobbes, Deandra, Billy et Monday en avaient un peu marre que leur patron se justifie sans cesse.
- Vous lisez leurs rapports au moins ?
- Si Hobbes et Jasper les lisent, c’est bon pour moi !
- Monsieur Léo, ce n’est pas pour vous embêter…
- Je sais bien, mais ça me semble être superflu, j’ai déjà deux lectures par deux personnalités différentes, Hobbes ou Jasper me diraient s’il y avait quelque chose d’anormal, je ne vois pas l’intérêt de relire derrière…
- Excusez-moi…
Billy avait levé la main.
- Je peux voir mon patron en privé quelques minutes ?
- Euh…
- Billy, ce n’est pas le moment… marmonna Léo.
- Vous passez à Jasper, si ça lui convient, et je discute avec Léo un moment, deal ?
- Ca me convient, répondit Jasper du tac-au-tac.
- Eh bien, je suppose que ça peut se faire… mais on reviendra sur monsieur Léo juste après !
- Bien entendu.
Billy enjoignit Léo à sortir dans le couloir. Léo regarda Billy, interloqué.
- Euh… ça va ?!
- J’ai fait ça pour te sortir d’une situation embarrassante et te laisser du temps pour formuler une réponse.
- Merci…
- Et pour te poser une toute petite question. De rien du tout.
- Vas-y…
Billy inspira lourdement et empoigna Léo par le col.
- C’est QUOI cette attitude négligente vis-à-vis de ton travail ?!
- B… Bill…
- Je t’ai connu mégoteur, persifleur, tatillon, pinailleur comme c’est pas permis et là tu prends ça à la légère ?!!
- B… Billy lâche-m…
- On t’a tous suivi dans ton rêve idiot et voilà que de nous tous – et pourtant y’a moi, Hobbes et Sherry dans le lot – de NOUS TOUS, c’est TOI qui merdes ?!
- Billy bon sang tu me fais mal !
- Explique-moi ! Je pourrais être dehors à observer le mode de vie des Guériaigle et des Vaututrice sur une falaise, explique-toi immédiatement sinon j’y retourne, ok ? Je retourne mettre les genoux dans la merde et retourner des œufs de Furaiglon et de Vostourno !
Léo reprit son souffle une fois que Billy l’avait lâché.
- Mon col de chemise, Billy !
- J’emmerde ton col de chemise. Réponds-moi.
Léo grommela.
- Je ne suis pas doué pour gérer une agence, ok ? J’ai cru que ça se ferait tout seul, je me suis formé à la va-vite mais le fait est que… une fois la journée finie, je n’ai plus envie de lire des rapports, de revoir les dossiers, de relire les contrats…
- Toute la paperasse qu’on a archivée…
- Je voulais juste que ça disparaisse, on m’oblige à produire tous ces documents pour des obligations légales idiotes ! Je suis sous pression, j’ai des tas de choses à gérer, vos missions représentent une charge de travail importante même pour moi et je n’arrive pas à tout gérer tout seul !
Billy cligna des paupières, stupéfait.
- M… mais t’as toujours l’air tellement…
- L’air, seulement ! Billy, tu as vu mon minibar ! C’est une tannée de gérer tout ça ! Sans compter sur les préceptes religieux que je dois respecter pour garder le contrôle d’Arceus !
Billy agita la tête.
- Tu pouvais nous demander de l’aide, tu sais. À moi ou à Deandra…
- Impossible. Je ne peux pas passer pour un faible. Et encore moins pour un médiocre !
- … ou même à Sherry ! Elle a géré une boîte !
- Comme si elle…
- Bah elle pourra pas faire pire que toi en tout cas, même aujourd’hui !
- …
- Mouais. En attendant, tu te retrouves dans cette situation.
Léo inspira.
- Je dois réussir cet audit, c’est les premiers comptes que je rends officiellement au Comité, je n’ai pas le droit à l’erreur.
- C’est toi le chef. C’est toi qui décides.
Léo regarda Billy.
- Tu m’aides parce que tu…
- Veux rentrer le plus vite possible parce que mon feuilleton commence à 15 heures. J’ai besoin d’être dans mon bureau avec des chips pour le regarder de façon optimale.
Léo plissa les yeux. Billy haussa les épaules et rentra dans la salle d’audit. Léo inspira et y retourna à son tour.
- Tout va bien ? demanda Jennifer.
- Oui, oui, tout va bien. J’ai un aveu à vous faire…
- Ah ?
Jasper, Hobbes, Monday et Deandra regardèrent Léo, intrigués.
- Disons que je dois revenir sur certaines de mes déclarations précédentes…
- Ah, d’accord…
***
Solomon et son équipe étaient autour de la porte de l’agence, des pains de C4 avaient été posés.
- On fait sauter la porte et on ne devrait avoir aucun mal à entrer…
Dans l’agence, Sherry inspira.
- Des explosifs, hein ?
- Je pense que vous devriez réagir… marmonna Arianne en se tenant éloignée de la porte mais prête.
- Bah moi je pense qu’ils bluffent et que ce ne sont pas de vrais explosifs !
Arianne leva les yeux au ciel et prit une Pokéball.
- Je vais devoir m’en occuper moi-même dans ce cas. Ectoplasma, traverse le mur et avale les bombes !
Arianne lança la Pokéball qui ne s’activa pas. Elle regarda Sherry qui haussa les sourcils.
- Pas du bluff… Ceribou !
La Pokéball de Sherry fonctionna. Arianne plissa les yeux.
- Ils savent que je suis là et ils ont bloqué mes Pokéballs… mais pas les vôtres !
- Ça veut juste dire que vous avez de mauvaises fréquentations et moi pas ! Ceribou, Aromathérapie !
Le Pokémon s’assit devant la porte et… sembla péter en dessous. Arianne grimaça. Sherry s’expliqua.
- Selon par où ça passe, l’effet est différent. Ok, c’est un peu dégoûtant mais dans notre situation…
« Gaz ! Gaz !! »
« Je croyais qu’on avait neutralisé Arianne ! »
« Apparemment elle a du gaz ! »
« Le C4 !! »
Sherry fit signe à Arianne de venir. Elle vit sur l’écran que le C4 se dissolvait.
- Super acide neutralisant. Très efficace sur les armes. En l’occurrence ici sur le C4.
- Vous êtes coordinatrice, POURQUOI vous avez une attaque pareille ?!
- Je suis également trans, chérie. Il faut que je puisse me défendre ! Et dissoudre des explosifs, ça aide !
Sherry s’empara du micro.
- Coucou les mignons, ici Mademoiselle Sherry. Foutez le camp ou je vous botte le cuuul !
« Sherry ?! C’est la coordinatrice au rabais qui est dans le bâtiment ?! »
« On va quand même pas se faire repousser par cette godiche ! »
Sherry sembla flattée.
- Ils me connaissent !!!
« Sherry, on entrera de gré ou de force ! »
- Et ils m’appellent par mon nom !!!
- Ils vous ont aussi traitée de coordinatrice au rabais et de godiche…
- AU-CUNE importance et vous n’ARRIVEREZ PAS à gâcher cet instant !
Sherry reprit le micro.
- Essaye un peu pour voir, grand galopin !
- Fabuleux talent de négociation… marmonna Arianne.
- Je serais vous, je ferais pas la maligne. Vous pouvez plus utiliser vos Pokéballs !
- Je peux me défendre sans Pokéballs.
- Nanméouïe, combien sont-ils là dehors ?
Nanméouïe tendit les oreilles.
- Seize humains.
- Armés ?
- Non… enfin pas tous…
- Combien de Pokémon au total ?
- Soixante-quatre…
Sherry regarda Arianne qui plissa les yeux alors que clairement, on tapait à la porte en essayant de la forcer.
- Je rêve ou vous vous souciez de moi ?! s’étonna Arianne.
- Vous êtes le mauvais flic et moi le bon, non ?
- Hein ?
- Le duo nana glaciale – nana marrante, on fait ça, non ?
- Absolument pas ! Je ne suis pas glaciale, je suis professionnelle !
- Parce que moi je flâne, peut-être ?!
- Oui ! rétorqua Arianne sans hésitation.
« OUVRE, SHERRY OU ON PETE TA PORTE, ESPECE DE SALOPE ! »
- Aaaaah mais bordel !
Elle reprit le micro.
- Je sais pas avec quoi vous essayez de défoncer la porte mais j’espère que vous êtes plus doué avec votre engin !
Temps d’arrêt. Arianne inspira.
- Provoquer ses assaillants est généralement – et je parle d’expérience – une très, très mauvaise idée.
- Je sais.
- Alors pourquoi…
- Parce que je vous fais confiance !
Sherry ouvrit la porte sans plus de procès. Les intrus semblèrent surpris, au moins autant qu’Arianne.
- Generation Kids Agency, bonjouuur ! salua Sherry.
Les intrus foncèrent vers Arianne qui se mit en garde, mais le Ceribou de Sherry, à côté de la porte, diffusa une autre drogue qui fit que les hommes de Solomon se sautèrent les uns sur les autres.
- Je l’ai, chef !
- Tiens, prends ça, sale rhodienne !
- C’est trop facile patron, elle riposte même pas !
- AOUCH !
- MAIS LACHE-MOI GROS CON !
- PUTAIN !
Arianne regarda Sherry qui inspira.
- Bon, il se peut aussi que vous n’ayez rien à faire, désolée, je suis trop efficace !
- J’en serais pas si sûre…
L’un des intrus arriva jusqu’à Arianne qui inspira, prit le mec par le bras et le lui cassa d’une traite.
- AAAAAAAAAAAAAH !
Elle lui creva ensuite les yeux avec l’index et le majeur, d’un coup sec avec ses gants – visiblement renforcés aux extrêmités.
- WAAAAARGH !
Puis elle abrégea ses souffrances en lui brisant la nuque. Sherry siffla.
- Ah oui quand même ! Faut pas vous faire chier vous !
- Sherry, attention !!
Un des intrus arrivait vers elle, lui sautant dessus avec un couteau.
- Ah bah merde alors !!
Débugant sauta devant sa maîtresse et claqua dans ses pattes alors que Sherry se bouchait les oreilles. Arianne réagit également à temps. Le Bluff de Débugant sonna l’assaillant qui s’écroula sur le coup.
- Oups ! Tihihi !
- Restez sur vos gardes !
- METTEZ LES MASQUES A GAZ BANDE D’ABRUTIS, ON EST EQUIPES FACE A CE GENRE DE SITUATION !! cria Solomon.
Arianne grommela, frustrée.
- Si seulement j’avais mes Pokémon…
- En attendant, vous ne les avez pas, alors faites gaffe…
Les hommes entrèrent, masqués et armés. Ceribou se retira. Sherry croisa les bras.
- Des hommes armés, wouh ! J’en suis toute chose ! Tout ça pour moi !
- FEU ! TUEZ-LES, PAS LE CHOIX !
Les hommes firent feu, mais Regice s’interposa, dressant des parties de son corps en protection devant les deux femmes. Roussil prit les hommes par le côté et leur retira leurs armes d’assaut avec le ruban de feu qui émanait de sa branche. Arianne s’étonna.
- Vous êtes super forte !
- Bah oui, nunuche ! Je suis comme vous, moi. Enfin, j’ai pas vos jambes ni votre port de tête, mais je suis une Generation Kid aussi !
- Mais pourquoi vous avez tout le temps l’air à l’ouest ?!
- Oh, ça c’est parce que je voulais être agent de terrain.
Arianne haussa un sourcil alors que des hommes tentaient une intrusion en contournant Regice. Elle leur brisa la nuque tout en continuant à parler à Sherry.
- Vous en avez parlé à Léo ?!
- Dès mon entretien d’entrée, mais il a décrété que j’étais plus faite pour l’administration. Apparemment mon équipe n’est pas taillée pour l’action…
- C’est pas ce que je vois…
- Merci de le reconnaître ! Oh non !
Solomon avait réussi à entrer dans le bureau de Léo avec un passe.
- Catastrophe !! Tout ça n’était qu’une diversion !!
- C’est fini pour vous, les pouffiasses !
Il entra dans le bureau et s’y enferma.
- Oh non, oh non, oh non !
Elle rappela ses Pokémon et se dirigea vers son bureau de réceptionniste. Le reste des soldats fut repoussé et assommé par Nanméouïe et son Mégaphone. Sherry referma le bureau.
- Ah non j’ai été trop conne de leur ouvrir !!
- Avec le recul, c’était une bonne idée en fait, mais on aurait dû surveiller le bureau de Léo, on aurait dû se douter que c’était leur objectif… grommela Arianne.
- Vous ne pouvez toujours pas sortir vos Pokémon ?!
- Non, aucune idée de ce qu’ils m’ont fait…
- C’est un dispositif spécial !
Arianne et Sherry regardèrent Nanméouïe.
- C’est le monsieur qui est entré dans le bureau de Léo qui le possède !
- Nanméouïe, vous n’auriez pas pu le dire avant ? grommela Arianne.
- Je ne savais pas de quoi ils parlaient avant de vous voir ne pas pouvoir ouvrir vos Pokéballs !
Arianne inspira comme si elle venait de réaliser quelque chose.
- Suis-je bête, vous autres Pokémon ne comprenez pas les principes régissant les Pokéballs, cela vous est inconnu vu que vous ne pouvez même pas vous en servir ! C’est pour ça que le Cadoizo d’Ethan ne peut pas utiliser les Pokéballs de ses compagnons !
- Ah crotte de crotte, ça nous met dans une sacrée panade ! jura Sherry qui alluma la caméra et l’interphone du bureau de Léo.
Solomon était en train de fouiller, mais…
- … Y’a que de l’alcool dans ce bureau !! Où est la paperasse ?!
« On a tout archivé la semaine dernière et le reste est dans le bureau du chef administrateur, tête de nœud !! » cria Sherry dans l’interphone.
Arianne regarda Sherry, blasée.
- P-pourquoi vous lui dites… ?
- Pour qu’il essaie de sortir.
- Ahon.
- Sauf que je suis déjà dans le bureau. Hé, le vieux beauf !
Solomon se tourna avers le bureau et vit… Débugant.
- C’est un jeu d’enfant pour moi d’infiltrer ce bureau ! sourit le petit Pokémon en réhaussant ses lunettes.
Solomon sourit et pressa un bouton pour s’entourer d’un champ de force.
- Ça reproduit l’effet d’un Abri ! Bonne chance pour me toucher !
- Je peux toujours essayer !
Débugant chargea vers Solomon et frappa le champ de force. Il donna plusieurs coups de poings, tourna sur lui-même, enchaîna même avec des coups de pied, le voleur ne sourcilla pas.
- Jolis mouvements, mais tu peux être aussi puissant que tu veux, tu ne peux pas bypasser un Abri !
- Question de point de vue !
Débugant passa à travers le champ de force.
- Si on utilise l’attaque Ruse !
Débugant crapahuta sur Solomon et chercha l’appareil qui retenait les Pokémon d’Arianne. Hors du bureau, la dresseuse noire continuait à casser des têtes à mains nues tandis que Sherry supervisait Débugant, protégée par Roussil et Nanméouïe.
- Vas-y, Débugant, récupère ce foutu appareil !
« Je l’ai ! »
« MERDE ! »
Débugant s’échappa rapidement du bureau, y laissant Solomon. Sherry récupéra la télécommande et la donna à Roussil qui la carbonisa. Arianne tenta de sortir ses Pokémon… et impossible.
- Quoi ?!
- Débugant !
- C’est bien la bonne télécommande pourtant ! s’étonna Débugant.
On entendit l’ouverture d’un passage secret dans le bureau de Léo. Solomon se dirigea vers le bureau de Hobbes.
- Il y en a deux, idiotes !!
- Fumier… grommela Arianne en fonçant vers le bureau.
Sherry inspira.
- Arianne, stop !
- Quoi ?! Pourquoi ?!
Sherry observait les caméras. Solomon semblait hésiter à rentrer dans le bureau de Hobbes dont la porte était ouverte. Il se dirigea plutôt vers le bureau de Jasper.
- Pfiou !
« Qu’est-ce que… AH ! »
Arianne vit le couloir se remplir d’une explosion glaciale. Débugant hocha la tête.
- La canalisation au-dessus du bureau de monsieur Léo suit le couloir qui longe les bureaux ! sourit le Pokémon en réhaussant ses lunettes.
- S’il était allé dans le bureau de Hobbes, ça aurait été plus compliqué de l’avoir, mais j’ai ouvert la porte exprès pour qu’il flaire un piège et aille ailleurs. Sauf que Regice était déjà posté devant la salle de logistique.
- D’accord, mais on a encore un problème… marmonna Arianne.
Elle montra que ses Pokéballs étaient toujours inactives. Débugant leva un doigt.
- Je vais aller fouiller ce rustre et libérer vos Pokémon, miss Arianne !
- Je veux bien, mer…
Une nouvelle alerte retentit. Sherry se plaça à son poste et se claqua les joues.
- Nom d’Arceus de bordel de Tadmorv !
Arianne grimaça alors que Sherry refermait toutes les portes. Débugant fonça vers le couloir gelé.
- C’étaient juste les éclaireurs ! Nous n’avons eu là que le menu fretin !!
- … et merde !
- Nanméouïe !
Sherry se saisit de son rouge à lèvres. Le Pokémon Méga-Evolua. Il se plaça en situation de méditation.
- Les soldats s’étaient éparpillés dans les couloirs et restés en silence total. Je ne pouvais pas entendre leurs battements de cœur sous ma forme initiale, mais maintenant, oui. Je compte vingt-cinq hommes. Condition physique exemplaire…
Sherry grimaça.
- … et l’un d’eux a la télécommande nécessaire à Miss Arianne !
- En effet ! soupira Débugant en revenant. Elle n’est pas sur le corps gelé de monsieur dans le couloir.
- Ça commence à bien faire, je veux récupérer mes Pokémon, moi !
Sherry inspira.
- Les appâter ne fonctionnera pas, y aller serait excessivement dangereux… mais d’un côté ça les appâterait vraiment…
Arianne regarda Sherry qui réfléchissait.
- … Non, j’ai une meilleure idée pour les attirer ici ! C’est idiot mais ça peut marcher !
Sherry appuya sur le bouton de l’alarme incendie. Les douchettes s’activèrent dans les couloirs. Méga-Nanméouïe regarda sa maîtresse.
- Ca marche, Mademoiselle Sherry, ils bougent !
- Ah, super !
- … avec leurs Pokémon et sous les douches, du coup c’est un peu confus !
- Ah, moins super !
- Ils… sortent de l’immeuble…
- Hein ?
- Tu as dit qu’ils étaient dans les couloirs ! s’étonna Arianne.
Sherry et Arianne eurent alors la surprise de voir des silhouettes sur les vitres, les hommes s’accrochant avec des ventouses.
- Ils ne peuvent pas rentrer, c’est impossible, tout est blindé ! gronda Arianne.
Un des soldats appuya sur un bouton. On entendit un bruit de Pokéball depuis le couloir. Débugant s’étonna.
- J’aurais dû lui chiper ses Pokéballs ! grommela le Pokémon.
- J’ai été négligente… grommela Sherry.
- Vous plaisantez, vous avez été excellente. C’est eux qui sont retors !
Un Monsieur Mime se pointa dans le couloir à l’étonnement des deux femmes et des Pokémon de Sherry. Le Pokémon Bloqueur effectua un mouvement de bras avant de se rappeler tout seul. Les fenêtres se retournèrent sur elles-mêmes. Arianne haussa un sourcil étonné.
Les soldats étaient maintenant dedans.
- Sherry !! cria Arianne.
- Je sais exactement où ils sont, ne vous inquiétez pas ! Nanméouïe, tu tiens le compte !
- Bien reçu !
- C’est parti mon kiki !!
***
- Et donc euh… voilà.
Jennifer regarda ses associés. Billy, Hobbes, Monday, Deandra et Jasper étaient stupéfaits. Léo avait absolument tout déballé.
- D’accord, euh… Eh bien je ne… m’attendais pas à ça… euh… Je ne sais pas par où commencer, pourquoi une telle défiance ?
- Je suis un anxieux de nature, j’ai imaginé le pire dès le départ et je vous prie de m’en excuser…
Jennifer agita la tête.
- Bon au moins, vous nous avez pris au sérieux, c’est cool !
« T’es pas censée le prendre aussi bien ! » songea Billy.
« Ils ont choisi le cabinet avec la directrice la plus con-con ou quoi ?! » gronda intérieurement Deandra.
« Faut qu’il joue au loto, ce mec, il a le cul bordé de baies Mepo… » songea Hobbes.
« Oh non mais je rêve… » soupira intérieurement Monday.
« Ah oui c’est VRAIMENT le cabinet d’audit le moins cher… » songea Jasper.
- Cela dit même en prenant en compte le fait que vous avez déformé la vérité… Le fait qu’un Pokémon retouche la compta n’est pas problématique vu qu’elle est parfaite…
- Ah ?
- Oui, bon, c’est un peu déprimant de se dire qu’un Pokémon est meilleur qu’un humain en comptabilité mais tant que la dite compta est nickel, ça ne pose aucun souci.
- Ouf ! sourit Léo.
- Bon, cependant je pense que vous n’échapperez pas à une visite de contrôle dans vos locaux !
Les autres membres regardèrent Léo, amusés. Léo grimaça en se recroquevillant. Billy inspira et regarda Jennifer.
- C’est une super idée, faisons ça !
- Mais oui, après tout Léo n’a rien à cacher, tout est nickel ! sourit Deandra.
- Même la moquette est ultra propre ! sourit Monday.
- Oh mon Dieu, je dois texter Farouk !! geignit Léo.
- Tant qu’à faire, oui, venez… soupira Hobbes.
- N’hésitez pas à fouiller le bureau de Léo, je suis sûr que vous ne trouverez que des bouteilles d’eau minérale… marmonna Jasper.
Léo regarda, outré, le gros bonhomme qui haussa les épaules.
- Vous vous moquez du monde, au bout d’un moment ma patience s’émousse !
- Allons-y gaiement ! s’enjoua Jennifer.
***
Débugant s’était baladé avec Ceribou sur la tête pour droguer tous les hommes introduits par effraction. Avec ses pouvoirs, Méga-Nanméouïe guidait les autres grâce à sa vision sensorielle d’ensemble et sa capacité à émettre et à recevoir des ondes perceptives. Staross avait flashé tout le couloir. Arianne n’avait plus qu’à observer, ayant réduit tous les intrus de la porte en masse pleine de souffrance ou morte. La moquette était évidemment dégueulasse. Roussil arriva à remettre la main sur la télécommande et la ramena à Arianne.
- Merci…
- Vous allez appeler vos Pokémon ? marmonna Sherry.
Arianne inspira lourdement.
- Non.
- Oh.
- Vous vous débrouillez suffisamment bien. J’ai pas à intervenir.
- Oh, je suis flattée !
- Et moi franchement surprise que vous gériez ça aussi bien. Je m’attendais à ce que ce soit le foutoir mais malgré les astuces de nos adversaires, vous avez fait preuve d’une efficacité et d’un sang-froid qui forcent mon respect.
Sherry sembla presque émue. Elle ne trouva rien de drôle à répondre.
- Je suis très flattée que ce soit vous qui me fassiez ces compliments, je sens que votre respect est quelque chose de difficile à obtenir. Vous avez le mien aussi, dans votre situation, je me serais fait pipi dessus.
- Je pense honnêtement que tout le monde à ma place se serait fait dessus. Sauf peut-être la grande blonde, mais je doute qu’elle connaisse quelque art martial.
Farouk arriva, étonné, enjambant les corps. Il regarda Arianne et Sherry.
- Léo ne vous as pas prévenues ?
- Non…
- Hm ? AH OUI ! Pourquoi les autres sont absents ! Dites-le moi, Arianne !!
- Vous perdez mon respect, là…
- Mais allez, après tout ça !!!
- Hhhh. Ils ont un audit. J’étais gênante, vous aussi, on a été tenues à l’écart.
- HAAAAAAN ! LES BATAAAAARDS !!
- C’est l’idée exclusive de Léo.
- Tout ça parce que vous tuez des gens, je suppose !
- Entre autres, mais… C’est vous qui devriez être offensée, Léo était persuadé que vous diriez une connerie, par rapport à vos Pokémon qui font votre boulot…
- Oui bah il est bien gentil mais qui c’est qui les a dressés à le faire, le boulot ? C’est moi, non mais ! Et puis Jasper aussi bosse avec ses Pokémon !
- Jasper l’a dit à Léo mais il s’est dit que Jasper saurait mieux mentir…
- Cette montagne de pudding ?! Il va fondre en deux secondes à la minute où on va l’interroger !
- On est bien d’accord…
- Ahem-hem-hem…
- Farouk ? marmonna Arianne.
Farouk inspira, pas très amusé d’être ignoré par les deux.
- Léo arrive avec la fameuse boîte d’audit. Visite surprise.
- Oh merde… souffla Arianne.
- Nymphali en string, il faut nettoyer ça !!!
- On arrivera pas à ravoir la moquette…
- Je m’en chaaaarge ! sourit Chinchidou en agitant la queue.
Sherry s’étonna.
- Il parle ?! Vous…
- On verra ça plus tard, Sherry. Je m’occupe des cadavres, Sherry, effacez toute trace des attaques de Regice et…
On entendit les gens arriver.
- Oh bordel… souffla Arianne.
- Ooooh misère… euh… Oh ! Le Coup d’Main de Méga-Nanméouïe !!
Arianne plissa les yeux.
- Sortez votre Avaltout !
Arianne s’exécuta. Nanméouïe tapa dans ses mains, ce qui émit une onde galvanisante.
Avaltout se déplaça très rapidement et avala plus qu’il ne pouvait manger. Arianne souffla, rassurée. Le Chinchidou de Farouk fit des miracles avec sa Plumo-Queue sur la moquette. Lorsque Léo et sa clique arrivèrent, tout était nickel.
- Eh bien… voilà, voilà le GKA, euh… Ahem, voici donc notre homme de ménage, Farouk…
Il leva la main pour saluer l’auditrice qui salua en retour.
- Voici donc la fameuse Arianne…
Elle se tenait debout au milieu de la réception, feignant d’ignorer que son Avaltout faisait le tour des couloirs pour bouffer du macchabée.
- Et notre agent d’accueil, Sherry !
Sherry qui était tétanisée. La responsable d’audit la regarda, interloquée.
- … Lionel ?!
- … J… Jenny…
- Lionel ! C’est toi !! Oh bah ça alors !
Elle approcha pour la serrer dans ses bras, mais Sherry était rigide.
- Oh Lionel, mon Lionel ! On ne s’était pas revus depuis… Euh… ton changement !
Tout le monde se regarda. Hobbes hocha la tête.
- Alors c’est ça son vrai nom… AOUCH !!!
Deandra lui avait écrasé le pied.
- Alors maintenant tu vis comme ça… avec une jupe, dis donc… Ca change de quand on était petits ! Et tu as même des seins !
- J… Jenny, je…
- Lionel, ce que je suis contente de te revoir, ma mère va être folle de joie quand je vais lui dire que j’ai revu mon copain d’enfance ici !
Sherry était au comble de l’embarras, rouge et au bord de l’attaque de panique. Ses Pokémon n’osaient pas intervenir, pris entre la protection de leur maîtresse et le fait qu’ils connaissaient Jennifer et ne la percevaient pas comme une ennemie. Billy regarda Léo, le sommant de dire quelque chose. Monday allait le faire quand Arianne s’approcha, sous les yeux médusés des autres.
- Excusez-moi, madame, mais vous vous adressez à Mademoiselle Sherry. Je ne sais pas de qui vous parlez, mais de toute évidence, cette personne n’existe plus.
Sherry regarda Arianne, semblant la remercier du regard. Jennifer vit le regard froid et implacable d’Arianne, s’éloigna et regarda Sherry.
- Oh ! Euh, oui, pardon, désolé, c’est juste que… je l’ai connue avant, on est amis d’enfance, je pense qu’on me pardonnera si…
- Non.
Jennifer se retournera vers Monday.
- C’est Sherry.
- Hm. C’est notre collègue Sherry, assura Billy.
- Oui, c’est Mademoiselle Sherry, ajouta Deandra.
- Tout à fait, admit Jasper.
- Madame Stevens, avec tout le respect que je vous dois, merci de ne pas mégenrer notre chère collègue, Mademoiselle Sherry, déclara fermement Léo.
Jennifer se racla la gorge.
- Pardon, Sherry, je ne voulais pas…
- C’est rien, c’est rien… j’espère que tu vas bien…
- Oh, oui ! Je dirige une boîte d’audit pour le ministère de la défense de Céladopole, quelle surprise de te retrouver ici !
- Et moi donc…
- Bon, je vais faire un petit tour du propriétaire, désolée Sherry, le travail…
- Oui, oui…
- Bon, alors faites-moi visiter, monsieur Léo !
- Par ici !
Léo partit avec Jennifer. Sherry regarda les autres et surtout Arianne. Elle la remercia silencieusement, ce à quoi Arianne répondit d’un signe de la main que ce n’était pas nécessaire.
- Je… euh, je devrais… aller me…
- Rester à votre poste, oui, et faire votre travail comme d’habitude, assura Arianne.
Sherry hocha la tête. Les autres acquiescèrent, sauf Hobbes qui n’avait pas « read the room ».
- Du coup, est-ce qu’on peut vous appeler par votre ancien nom ou…
Tout le monde allait l’engueuler mais Avaltout revint de son tour.
- Avaltout, tu peux apprendre les bonnes manières au grisonnant en te vidant du surplus sur lui ?
- Pardon ?! Comment ça les bonnes…
Avaltout recracha des ossements et des habits sur Hobbes qui hurla.
- UAAAAAH MAIS C’EST DEGUEU !!!
- Comment vous allez appeler Sherry maintenant ?
- Sherry ! Sherry ! Pardon !!! Berk, les os, la bave, berk !!
Arianne agita la main et Avaltout reprit ses os avec les moustaches.
- Hmmm ! De la moëlle !! s’enjoua le Pokémon.
- Mange-lui aussi sa perruque.
- Il n’en porte pas, Dame Arianne !
- Dommage…
Sherry s’assit sur sa chaise, rassurée. Les autres lui firent des pouces levés en retournant à leurs postes. Monday arriva vers elle.
- Si vous avez besoin de parler, je suis là…
- En temps normal, je t’aurais envoyé chier, petite bêcheuse woke, mais là, je suis émue, donc je te dirais juste merci, et… du balai ! S’il te plait.
- Oui, je comprends…
Monday s’éloigna. Sherry semblait toutefois vraiment reconnaissante.
***
- Donc voilà, je… vous présente officiellement mes excuses.
Sherry s’étonna.
- Ca va, c’est oublié.
- Non, non, j’y tiens. J’aurais dû vous faire confiance, d’autant qu’avant que je ne dise toute la vérité, cet audit était déjà une catastrophe…
Sherry agita la tête.
- Par ailleurs, j’ai eu vent que vous aviez arrêté une intrusion pendant notre absence…
Sherry haussa les sourcils.
- Oh… euh… eh bien…
- Mes félicitations. Arianne m’a tout raconté, je suis très fier de vous !
- Sans elle je serais morte, c’est elle qu’il faut féliciter…
- C’est déjà fait, mais vous avez parfaitement accompli la mission que je vous ai confiée, ce qui me conforte dans le fait que je doive d’autant plus m’excuser auprès de vous…
Sherry allait dire quelque chose mais elle ne voulait pas gâcher un des rares moments où elle recevait des compliments.
- Par ailleurs… Sherry, j’avais une proposition à vous faire…
Sherry se redressa et écarta les jambes qu’elle avait jusque-là croisées.
- ……. Une proposition de travaiiiiiiil…
- Oh.
Elle recroisa les jambes.
- … que j’espère ne pas regretter… J’ai besoin d’une assistante.
- … ce n’est pas déjà un peu ce que je suis ?
- Vous êtes réceptionniste et vos Pokémon assurent le petit administratif. Je n’y arrive pas tout seul, je ne peux pas tout gérer, j’ai besoin de quelqu’un qui s’y connaît.
- Oh… eh bien… j’accepte, bien sûr…
- Cela inclut l’aide apportée par vos Pokémon…
- Je peux dire à Débugant d’arrêter de faire ma part de boulot pour vous aider dans votre travail…
- Ce serait fabuleux… mais encore plus fabuleux si vous le faisiez de vous-même en laissant Débugant faire ce qu’il fait déjà.
Sherry acquiesça.
- Très bien, je vous assisterai.
- Merci. Je vous en sais gré.
- Hein ?
- … je vous fais confiance sur cette mission.
- Oh, merci !
- Et Sherry… désolé pour la responsable d’audit, je n’en savais…
- Ce n’est absolument pas votre faute, et… merci d’avoir réagi comme vous avez réagi.
- Je veux que vous sachiez que vous êtes pour nous tous une membre à part entière de l’équipe, ni une sous-membre, ni une ennemie.
- Bien sûr. Moi par contre, je continuerai à vous regarder tous de haut !
- J’espère bien. Vous pouvez disposer.
Sherry se releva et sortit du bureau. Elle souffla et vit que Nanméouïe et Roussil avaient terminé.
- Super ! Merci beaucoup les amis !
Elle prit le plateau et se dirigea vers le bureau d’Arianne qui tapait son rapport sur l’intrusion.
- Hm ? Oh…
Sherry posa le plateau de cupcakes.
- Il y a des poffins pour les Pokémon, mais aussi pour les humains… C’est pour vous remercier…
Arianne s’étonna.
- Je… n’attendais pas de remerciements, mais… merci.
- Voilà, je vous laisse…
- Attendez, Sherry…
Sherry se retourna vers Arianne. Elle agita la main.
- Vous en avez trop faits, restez, on partage.
Sherry haussa les sourcils.
- Oh, euh, j’en ai prévu pour vos Pokémon…
- Vous êtes sûre ?
- Oui, oui, en plus ce serait gênant, ça ferait jaser dans les couloirs…
- En fait, j’avais aussi besoin d’aide pour mon rapport. Asseyez-vous.
Sherry n’eut pas le cœur de refuser. Elle ferma la porte et s’assit en face d’Arianne. Les deux femmes prirent des cupcakes et Arianne continua à taper à l’ordinateur.
Générique de fin :
White Town – Your Woman« Well I guess what you say is true
I could never be the right kind of girl for you
I could never be your woman… »