Faces - arrêtes + sommets = -1
Blog de Ramius
Je suis : a) un type qui comprend les maths (la lie de l'Humanité), b) un type qui considère que les hurlement sont l'invention la plus jolie de l'Humanité (également la lie de l'Humanité), c) un type dévoyé dans l'art douteux de la fanfiction (vous me rejoindriez dans cette lie-là ? on s'ennuie), d) un disciple de Baudelaire concernant la boue (surtout celle qui sert de lie à l'Humanité) et l'or (alors que je préfère l'argent et le chrome), et e) un curieux invétéré renseigné sur une palette excessivement large de sujets allant du parfaitement inutile au purement et simplement crétin en passant par tout ce qui est gênant et aurait mieux fait de rester oublié. En un mot, un nerd (et toujours la lie de l'Humanité).
Vous êtes : a) en visite par ici parce que vous avez perdu votre chemin, b) sur le point soit de fuir, soit de lire beaucoup de conneries incluant points-virgules et parenthèses, mes partenaires dans le crime, et je l'espère, c) pas du tout allergiques à la poussière.
Cet endroit est : a) un trou (comme son nom l'indique), b) hautement bordélique, c) susceptible de solliciter votre pensée latérale et de vous plonger dans une fatigue potentiellement dangereuse (ne prenez pas la route après consultation trop extensive), et d) soigneusement purgé de toute référence mathématique, pour votre sécurité. En revanche e) susceptible de contenir de larges traces de violence pouvant causer des dommages graves aux enfants, aux personnes agées, aux personnes sensibles, à votre estime pour Lovecraft, et à vos divers périphériques audio.
Cette présentation était purement subjective, recommandée par le Ministère de la Malfaçon et en train de devenir beaucoup trop longue.
Vous êtes : a) en visite par ici parce que vous avez perdu votre chemin, b) sur le point soit de fuir, soit de lire beaucoup de conneries incluant points-virgules et parenthèses, mes partenaires dans le crime, et je l'espère, c) pas du tout allergiques à la poussière.
Cet endroit est : a) un trou (comme son nom l'indique), b) hautement bordélique, c) susceptible de solliciter votre pensée latérale et de vous plonger dans une fatigue potentiellement dangereuse (ne prenez pas la route après consultation trop extensive), et d) soigneusement purgé de toute référence mathématique, pour votre sécurité. En revanche e) susceptible de contenir de larges traces de violence pouvant causer des dommages graves aux enfants, aux personnes agées, aux personnes sensibles, à votre estime pour Lovecraft, et à vos divers périphériques audio.
Cette présentation était purement subjective, recommandée par le Ministère de la Malfaçon et en train de devenir beaucoup trop longue.
Mülldeponie
- Mais qu'est-ce que c'est encore que ce truc-là, direz-vous...Vous avez déjà remarqué à quel point c'est difficile de décrire le chaos ? Ou le foutoir, le bordel, le souk, le bazar, ma chambre, comme vous voulez. Eh bien, c'est l'heure de l'exercice de style !
Soit dit en passant, pour le titre. Mülldeponie signifie déchetterie en Allemand. C'est un mot que je connais en suffisamment de langues différentes pour alimenter ce blog d'articles-foutoirs pedant un certain temps !
Sur ce, je vous laisse voir ce que j'entends par article-foutoir...
Ah et oui, j'ai truqué la présentation parce que les paragraphes étaient trop proches, ça rendait mal.
Crissement de pneus ; feux rouges à l’arrière ; volant qui tourne ; et la fourgonnette négocie son virage. À l’arrière, une clé à molette jaillit d’une trousse à outils, rebondit contre la portière et tombe sur le carton contenant les plaques de tôle. Celui-ci est coincé entre le siège du conducteur et une banquette arrière qui a tôt fait de recevoir la visite de la clé.
Mais il n’y a pas assez de place pour qu’elle tienne tranquille. Alors au virage suivant, elle glisse sur la droite, et dérape le long du petit morceau de canalisation. Finalement, elle se coince dans la ceinture de sécurité centrale, qui retient les trois quarts du matériel qu’emporte le véhicule.
Ralentisseur, accélérateur, et les amortisseurs couinent avec douleur. Les boîtes de ferraille et d’acier tressautent, quelques papiers prennent leur envol, et le monumental appareil à raclette sanglé sur le siège arrière droit refuse obstinément de bouger.
Comme lui, la clé à molette est toujours prisonnière de sa ceinture. Mais le choc l’a secouée ; elle glisse. Puis la fourgonnette entre dans une ligne droite, et accélère ; la clé glisse et sa pince accroche la sangle. Elle n’ira plus nulle part.
Le véhicule tremble comme un possédé sur la route en mauvais état. Il est vrai que le style de conduite du plombier n’arrange rien ; lui qui a l’habitude de courir partout se sent à l’étroit dans son habitacle encombré.
À l’arrière, les objets font un bruit rassurant en battant. Certains parlerait de cacophonie, mais cet homme-là est content de savoir que son matériel est toujours là. Les petits bruits s’enchaînent et se répondent harmonieusement.
Soudain, le rond-point qui se profilait tranquillement fonce tout droit sur la fourgonnette. Elle tourne aussi rudement qu’elle le peut pour l’éviter ; une boîte glisse et s’ouvre, une sangle s’emmêle. Il y aurait presque un ordre dans les mouvements de ces objets.
La sortie de l’aménagement démoniaque est un nouveau dos-d’âne : le choc ébranle le conducteur jusqu’au squelette, et envoie valdinguer le foutoir. Si l’appareil à raclette refuse toujours de tirer sur ses liens, un marteau s’envole, et retombe gracieusement sur une boîte. Il y dérape à grand bruit, et finit sa course sur la clé à molette enchevêtrée dans sa ceinture.
Une véritable symphonie, un enchaînement ordonné caché dans le désordre, qui amène maintenant la pression exercée sur cette ceinture à augmenter encore et encore. Soudain, une première fibre se délite. Bientôt, la morsure de la clé entaille toute la sangle, jusqu’à la rompre.
La ceinture s’affale, alors que la fourgonnette négocie un nouveau virage. Une pile de boîte n’a plus rien désormais pour la retenir ; celle du haut chute avec fracas sur la droite.
Difficile d’abîmer le colosse d’acier qui sert à préparer des raclettes. Mais la boîte l’évite, préférant cibler le mécanisme plus fragile de la ceinture de sécurité. Celle-ci libère son prisonnier dans un craquement sec.
Le véhicule se redresse ; le virage est vaincu, et déjà un nouveau se profile. À droite.
La force centrifuge est implacable : le colosse d’acier se met à dériver sur la gauche. Et quand le conducteur tente de redresser, il s’aperçoit que la répartition de sa charge a été lourdement modifiée.
La fourgonnette surcompense, se déporte sur la gauche. Mord sur la bande continue. S’encastre dans vingt-six tonnes de semi-remorque.