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Entre Destinée et Fatalité de Malak



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» Auteur : Malak - Voir le profil
» Créé le 19/01/2020 à 10:07
» Dernière mise à jour le 19/01/2020 à 10:07

» Mots-clés :   Aventure   Guerre   Médiéval   Mythologie   Présence de Pokémon inventés

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Chapitre 20 : Soif de sang
An 1679, 14 mai, 12h50, Mont Argenté, Château Royal de Johkania, salle à manger



Il fut un temps où les repas de la famille royale furent joyeux et plein de rires. Bon, ce n'était sans doute pas trop mon genre, mais je me forçais, par égard pour mon épouse. Elle avait toujours été mélancolique, depuis la... disparition de notre premier né. Comme j'en étais responsable, je m'étais juré de me rattraper en faisant en sorte qu'Elsora n'y pense plus et profite de la vie en compagnie de nos deux autres enfants. Ainsi donc, je m'efforçais de toujours prendre l'air joyeux durant nos repas, de répondre à ses blagues, d'écouter avec attention les récits souvent décousus et ennuyeux des gamins…

Mais désormais, nos repas dans la salle à manger, avec sa table immense, étaient aussi silencieux qu'une crypte, si ce n'était le bruit des couverts et de mastication. Car Elsora n'était plus, depuis quelques mois. C'était elle qui était le centre de gravité de notre famille, celle grâce à qui la communication et les rires pouvaient exister. Nous n'étions plus que trois à table, sans compter les domestiques qui nous servaient, et l'ambiance y était continuellement lourde et morose.

Ça aurait dû être à moi de faire en sorte de remonter le moral aux enfants, mais j'étais encore plus affecté qu'eux. J'aurai largement préféré manger seul, et que le personnel du palais s'occupe de Myrevia et Kieran. Seule la pensée des yeux orageux d'Elsora si jamais elle me voyait faire cela me forçait à continuer à manger tous les jours à la même heure avec ma progéniture, même si je n'avais rien à leur dire, et encore moins matière à les consoler. Je n'ai jamais été bien doué, avec les enfants.

- Votre Majesté, veuillez me pardonner l'intrusion…

Je reconnus la voix de mon ministre de la guerre derrière la porte. Comme de toute façon, il n'y avait rien à interrompre, je lui cria d'entrer. Il pénétra dans la salle à manger en s'inclinant devant moi, puis devant mes enfants. Je remarquai qu'il avait derrière lui une fillette aux cheveux rouges, qui essayait de se cacher.

- Sire, j'ai le regret de vous informer de la mort du général Malchevis.

J'arrêtais ma fourchette à quelques centimètres de ma bouche.

- Comment ça ? Que lui est-il arrivé ?

- Nous l’ignorons encore exactement, mon roi. Sa demeure à Jadielle est en ruine. Nos premières expertises semblent nous conduire vers un incendie d'origine criminelle, mais…

Je reposais mes couverts, furieux.

- Vous voulez dire, qu'on aurait assassiné Malchevis ?!

Je n'étais pas particulièrement proche de mes officiers, mais Malchevis était un homme compétant et loyal, un des rares qui avait ma pleine et entière confiance. Sa disparition était un coup dur.

- Nous... nous ne le savons pas encore, sire, fit le ministre d'une petite voix. Mais, s'il s'avère qu'il y a ce genre de rebelles à Jadielle…

- Je vais y aller en personne, et mettre cela au clair, le coupai-je. Et des têtes vont tomber. On ne saurai impunément s'en prendre à un général du royaume comme cela !

Puis je m'intéressais à la gamine derrière le ministre.

- Et ça, c'est qui ?

- La... la fille unique du général, sire. Valrika. Elle n'était pas dans la maison quand elle a brûlé, avec ses parents. Je... je ne savais qu'en faire, mon roi, et me disais que peut-être, vous voudriez en décider vous-même ?

La fillette semblait totalement perdue et perturbée. On aurait dit un petit animal encerclée par des prédateurs. Elle devait avoir plus ou moins l'âge de Kieran, et ses cheveux embrasés étaient assez rares dans le royaume. En l'étudiant en détail, je remarquai effectivement une ressemblance avec mon défunt général. Je vis du coin de l'oeil que Myrevia adressait un sourire rassurant à Valrika. Ce fut ce qui me décida.

- Tu as bien fait, ministre, déclairai-je. Je m'en occuperai. En tant que fille d'un fidèle serviteur du royaume, elle ne manquera de rien.

Le ministre s'inclina, soulagé, mais hésita à s'en aller et à ramener la fillette, ou bien à la laisser là. Ce fut la princesse, qui avec sa perspicacité légendaire, débloqua la situation.

- Père, permettez que je l'amène avec moi. Elle a l'air effrayé et malheureuse. J'aimerai lui faire faire le tour du palais et lui parler, pour l'apaiser.

Acceptant la proposition de ma fille d'un hochement de tête, je la laissai descendre de table et partir avec l'orpheline. C'était ça, la raison qui m'avait poussé à adopter cette fille : elle occuperait Myrevia, qui avait bien besoin de quelqu'un avec qui parler et s'amuser ; un rôle que je ne pouvais visiblement pas tenir. Elsora avait eu un étrange Pokemon sachant parler et capable de se transformer, avec qui Myrevia avait fini par devenir très proche. Mais plus personne n'a revu cette créature depuis qu'Elsora est morte, et Myrevia avait fini toute seule, occupant ses journées à prendre soin de son petit-frère, sans se plaindre ni pleurer, à onze ans seulement. J'avais beau être roi, l'homme le plus puissant de la région, mais je ne pouvais rien changer à cela moi-même. Triste impuissance que cela...


***





- Je ne savais pas... Je ne voulais pas... pardon... pardon !

La dénommée Spinellie gémissait toujours dans son coin, refermée sur elle-même et totalement déconnectée de la réalité. Son ridicule Rattata avait beau tout faire pour la tirer de sa transe, caresse, léchouille, morsure, rien n’y faisait. Faute de mieux, il se mit à grogner en direction des Pokemon sauvages qui s'approchaient un peu trop près de son amie humaine, comme s'il espérait qu'ils fuient la queue entre les jambes. S'ils n'étaient clairement pas impressionnés par le Rattata, ils avançaient avec prudence malgré leur surnombre évident. Sans doute qu'ils n'avaient jamais vu autant d'humains en même temps. Mais en chasseur qu'il était, Ametyos savait que ça ne durerait pas longtemps.

- Tu ne pourrais pas... je sais pas moi, les faire obéir ? Murmura Ametyos à Palyne tout en se collant dos à dos avec elle. Si on est bien dans la Grotte Sombre de Lavanville, ces bestioles doivent craindre et respecter les Agents non ?

Palyne était devenue blanche, mais elle parvint quand même à répondre de sa voix ironique et méprisante habituelle.

- Je t'ai dit que cette grotte est le lieu de l'épreuve pour l’accession au rang d'Adepte, ducon. Tu crois que le Prédicateur aurait choisi ce coin si c'était une balade de santé, et que tous les Pokemon locaux se prosternaient à tes pieds ?

- Comment t'as fait pour survivre la première fois alors ?

- Me suis planquée, répondit l'Adepte sans honte. Je n'avais pas d'Ascacomb à l'époque.

- T'en as une aujourd'hui. Débarrasse-nous de ceux qui craignent le Psy en premier.

Palyne ne répondit pas. Elle devait peser ses chances : soit elle combattait avec Ametyos, mais elle deviendrait la première cible des Pokemon si elle faisait étalage de ses pouvoirs. Soit elle tentait une nouvelle téléportation, seule, en abandonnant ces deux là ici, mais vu la noirceur environnante, sa blessure et cette situation de stress, il y avait peu de chance qu'elle arrive où elle voulait arriver. Ametyos comprit à quoi elle pensait en voyant ses yeux froids se plisser de réflexion, et paria sur le fait qu'elle les abandonne.

C'est à ce moment qu'un Rhinocorne chargea, visant Ametyos. Il devait le juger le plus menacent, avec sa dague, sans se douter que Palyne portait une pierre lui conférant des pouvoirs psychiques. Le prince bondit sur son dos, plantant sa dague dans le crâne de la créature rocheuse en passant par un œil. Le Rhinocorne ne mit que quelques secondes à mourir, et ce fut le déclenchement des hostilités générales.

En voyant tous ces Pokemon charger, Palyne réagit d'instinct en abandonnant ses idées de fuite et provoqua une onde psychique qui déblaya une bonne partie de leurs agresseurs. Après quoi elle se leva une attaque Protection autour d'elle, et suivi le conseil d'Ametyos en attaquant les Pokemon Poison et Combat.
Ametyos sauta lui du cadavre du Rhinocorne pour retenter la même attaque sur un Gravalanch. Mais cette fois, le Pokemon fut plus réactif que son défunt congénère, et repoussa l'humain avec son lourd bras granuleux. Il parvint à se réceptionner sur les jambes avant de se faire écraser le dos sur un mur rocheux et pointus, et jura dans sa barbe quand il vit un Machoc et un Racaillou s'avancer vers Spinellie, qui ne réagissait toujours pas.

Il ignorait qui était cette fille, et comme elle souhaitait le capturer, ce n'était clairement pas son amie. Toutefois, ça gênait son orgueil de Karkast que de laisser une femme sans défense à la merci de Pokemon sauvages alors qu'il était à côté. Il arriva derrière eux et projeta plus loin le Racaillou d'un coup de pied, et sans se soucier de ses orteils endoloris, il débuta une lutte de force avec le Machoc. Il parvint à le plaquer au sol et à lui trancher la gorge. Quand il se releva, plein de sang, il jeta un coup d'oeil à la jeune fille qui n'avait toujours pas bougé, marmonnant des excuses sans queue ni tête.

- Remue-toi ! Tu veux crever ou non ?!

- Laisse tomber cette simplette et vient m'aider, Karkast ! S'écria Palyne. Mon Ascacomb commence à déguster sévère !

Palyne était parvenue à mettre K.O plusieurs de ses assaillants qui craignaient les attaques Psy et à maintenir à distance les autres, mais la pierre sertie sur son diadème se fissurait de plus en plus au fur et à mesure que l’affrontement durait. Elle atteignait sa limite d’utilisation, et la jeune tailleuse de pierres n’en avait pas d’autres en réserve. Quand elle se briserait, Palyne n'aurait plus que son fouet pour se défendre, autrement dit, rien.

Comme Spinellie ne réagissait pas davantage aux cris d'Ametyos, ce dernier marmonna un juron et partit retrouver Palyne, mais fut avant cela intercepté par le biceps d'un Machopeur qui le fit tomber à la renverse, et lui fit voir plusieurs étoiles. Il ne l'avait pas vu celui-là, et Palyne non plus. Il venait sûrement d'arriver, alerté par le bruit de l'affrontement. Et si le prince en exil pouvait l'emporter sur un petit Machoc, ce serait une autre histoire contre son évolution.

Palyne usa de ses pouvoirs un instant pour aider Ametyos face au Machopeur, mais ce court instant inattention lui valut de se faire assommer par l'os d'un Osselait, qu'il avait lancé tel un boomerang. Elle s'écroula, sonnée, mais parvint à conserver conscience. Elle n'était en revanche momentanément plus en état de se servir d'un quelconque pouvoir psychique, et se fit encercler par les quelques Pokemon restants. Le Kangourex qui menait le groupe avait déjà empoigné Ametyos par la gorge, et fit reculer ses serviteurs pour être le premier à réclamer Palyne. La jeune femme vit le bébé Kangourex dans sa poche ventrale qui semblait frétiller d'avance.

- J'crois que nos meilleures parties vont revenir à Kangourex junior, fit-elle à l'adresse d'Ametyos.

Palyne était résignée, mais elle s'était toujours dit qu'au moment de mourir, elle tâcherai de le faire comme elle avait toujours vécu : en ironisant. Après tout, la base de la foi des Agents de la Fatalité était de toujours se préparer à la mort, la seule vérité universelle et inévitable à laquelle il est futile de résister. Certains des plus fanatiques des Agents étaient même ravis quand elle venait les emporter. Mais même si Palyne ne comptait pas rendre l'âme en gémissant et en suppliant, ça la faisait chier de mourir. Dans ses derniers instants, elle se dit même qu'elle emmerdait la mort. Elle n'était pas une adepte de la Fatalité bien pieuse…

Ametyos, lui, n'avait aucunement l'intention d'abandonner, même s'il n'y avait plus d'espoir. Malgré la pression que le Kangourex faisait subir à son cou, il n'avait pas lâché sa fameuse dague et continuait à marteler l'épaisse main du Kangourex, même si elle ne parvenait qu'à entamer superficiellement sa peau. Sans se soucier des piètres tentatives de sa proie, Kangourex ordonna quelque chose dans sa langue, et un Gravalanch s'avança vers Spinellie, toujours prostrée dans son coin.

Voyant la menace s’approcher de son amie, Krok, son ami Rattata, s’interposa en montrant les crocs et en feulant. Naturellement, le Gravalanch fut tout sauf impressionner. Il dut intimer au petit Rattata l'ordre de s'écarter, s'il ne voulait pas finir en boullie. Mais il n’en fit rien. Il se jeta avec courage en une attaque Croc de Mort. Le Gravalanch fit à peine un geste du bras pour écarter le petit assaillant, qui rebondit contre la parois rocheuse avec un bruit de craquements significatifs. Puis alors que le Rattata gémissait au sol, le Pokemon Roche l'acheva avec un son moqueur, en l'écrasant sous son pied de tout son poids. Même Palyne fit une grimace de dégoût en entendant le bruit.

Cette mise à mort écœurante eut au moins l'effet de faire revenir Spinellie à la réalité. Elle cessa ses marmonnements et ses sanglots, et cligna des yeux devant ce qui restait de son ami Pokemon. Elle ne résista pas quand le Gravalanch lui prit le bras pour l'amener à son chef, mais quand elle passa devant la tâche rouge au sol, elle s'arrêta d'un coup, et même malgré sa force, le Gravalanch n'arriva plus à tirer cette simple humaine femelle.

- K… Krok…?

Elle le regardait avec un regard perdu, comme si elle refusait de comprendre pourquoi son compagnon ne lui répondait plus, pourquoi il ne restait de son corps que quelques morceaux écrasés et du liquide organique. Le Gravalanch continua à essayer de tirer Spinellie par le bras, sans comprendre pourquoi il n'y parvenait plus. Le Kangourex perdit patience et tendit sa main de libre pour attraper la jeune fille. Mais Spinellie tendit alors son propre bras, arrêtant la main du Pokemon avec la sienne.

- Kangou ? Fit le Pokemon sans comprendre.

Spinellie redressa la tête, et le Kangourex fut surpris de sentir ses instincts de survie lui intimer de fuir très vite. Le regard noir et l'aura furieuse de l'humaine n'étaient pas normaux. Ce n'étaient pas ceux d'une proie terrifiée et impuissante, mais ceux d'une bête sauvage. Tous les autres Pokemon durent le sentir aussi, et se mirent immédiatement sur leur garde, leur yeux braqués sur Spinellie.

Le cri inarticulé de la jeune femme fut tel que la plupart des Pokemon se tassèrent sur eux-mêmes, terrifiés. Palyne se mit les mains aux oreilles, tellement ce cri inhumain lui fit frémir son corps et son âme. Le cri de Kangourex suivit, mais ce ne fut pas du même genre. Ce fut un cri de douleur et d'ébahissement, quand Spinellie lui arracha carrément la main d'une torsion inouïe.

Il tenta de reculer, et appela à l'aide ses sbires Pokemon. Pour le coup, aucun n'osa lui porter secours. Tous leurs sens leur criaient de rester à l'écart de Spinellie, malgré son apparence de frêle humaine. Spinellie ne s'arrêta pas là. Avec un autre cri bestial, elle sauta et plaqua violemment au sol le Pokemon qui faisait pourtant deux fois sa taille et trois fois son poids. Elle se mit alors à le cogner à la tête, sans s'arrêter, avec une force incroyable. Le Kangourex ne lutta pas très longtemps, et bien vite, sa tête fut réduite à un crâne déchiqueté, plein de sang et de matière cérébrale.

Ametyos, qui était tombé quand Spinellie avait plaqué le Kangourex au sol, se releva en se massant la gorge et en tentant de retrouver son souffle. Il regarda d'un air ahuri et horrifié ce spectacle sanglant et surnaturel. Palyne vint se mettre à ses côtés, elle aussi fixant Spinellie la bouche grande ouverte. Massacrer le Kangourex en lui explosant la tête ne suffit visiblement pas à calmer sa colère, car elle empoigna le bébé Kangourex dans la poche de sa mère, et se mit à serrer, son visage contorsionné par un air sauvage et des yeux sadiques. Même si Palyne ne devait rien à ce Kangourex qui avait voulu la donner en repas à son petit, elle ne tenait pas à voir un bébé Pokemon se faire réduire en agrumes. Elle s'avança pour arrêter Spinellie, mais avec prudence.

- Ça suffit, c'est bon maintenant. J'crois que les autres ont compris.

Et pour cause, tous les Pokemon restant s'étaient prostrés devant les humains en une attitude de soumission. Mais Spinellie ne semblait pas les voir. Elle semblait en transe, un rictus de haine sur les lèvres, ses yeux réduits à deux points noirs brûlant de haine. Comme elle continua de serrer le corps du bébé Kangourex impuissant qui gémissait sa détresse, Palyne lui mit la main sur l'épaule.

- J'ai dit ça suffit ! Faut que tu t'calmes ma vieille. Qu'est-ce que…

- ATTENTION !

Ametyos avait senti le danger avant que Spinellie ne fasse le geste. Elle avait ouvert la bouche et s'apprêtait à mordre dans la main de Palyne avant que le prince ne la fasse reculer de toute urgence. Vu sa force et sa sauvagerie, elle lui aurait sûrement manqué deux ou trois doigts. Après quoi elle referma d'un coup la main qui tenait le bébé Kangourex, lui comprimant le corps et lui faisant ressortir les boyaux par le bas et les yeux par la tête. Révulsée, Palyne frissonna en voyant le regard de Spinellie, qui avait tourné la tête vers les autres Pokemon. Elle n'y voyait rien dans ces yeux, jadis bruns et aimables. Juste un vide infini renfermant un brasier colérique ardant.

- Tuer... parvint-elle à prononcer. Je vais tous... vous tuer…

Elle joignit le geste à la parole en sautant à une vitesse extraordinaire et en atterrissant sur un Racaillou. Son corps en pierre se brisa sous l'impact, et Spinellie bondit à nouveau sur le Machopeur, le plaquant au sol et lui déchirant la gorge avec ses dents. Loin de vouloir aider leur camarade, les autres Pokemon se dispersèrent, cherchant à sauver leurs peaux.

Palyne, en tant que servante des Agents de la Fatalité, avait déjà vu nombres d'horreurs, mais jamais un truc pareil. Spinellie ne ressemblait plus du tout à un être humain. Ses veines ressortaient, ses yeux se révulsaient de plus en plus, et son visage et sa chevelure étaient maculés de sang, de bile et de morceaux de chair. L'Adepte de la Fatalité ne comprenait pas, comment cette fille naïve et un peu débile avait pu se transformer à ce point en un ersatz de bête sauvage. Elle avait visiblement un problème plus grave que son esprit simplet, à moins que ce ne soit une seule et même maladie du cerveau. Mais ça n'expliquait pas cette force et cette vitesse surhumaine.

Quand elle eut vidé le Machopeur de son sang en lui arrachant quasiment la tête avec ses dents, Spinellie se trouva une autre victime. Elle attrapa au vol un Nosferalto dont elle arracha les ailes d'un coup. Quelques Pokemon, plus courageux que leurs compères, ou bien désespérés, tentèrent d'utiliser leurs attaques sur l'humaine, mais aucune d'entre elle ne put ne serait-ce que la faire vaciller, tandis qu'elle poursuivait inlassablement son massacre avec des cris de plus en plus bestiaux.

- Tuer... Détruire... DÉTRUIRE !

N'ayant lui aussi jamais rien vu de tel, Ametyos, qui n'était pourtant pas bien croyant, fit de ses mains un symbole censé attirer la pitié du Créateur Arceus. Il remit ensuite sur pied de force une Palyne paralysée par la peur, qui venait d'ailleurs de souiller son pantalon.

- Viens avec moi si tu veux vivre.

Palyne, malgré son état, ne se le fit pas dire deux fois, et s'appuya sur l'épaule du prince tandis qu'ils tentaient de s'éloigner du carnage au plus vite. Ametyos aurait voulu aller plus vite, mais soulever à demi cette paysanne de la Fatalité qui boitait ne le lui permettait pas. Il maudit son cœur tendre qui lui avait empêché de la laisser sur place. Palyne pensait sans doute la même chose, et marmonna un vague « merci ».

- On est pas encore tiré d'affaire. Il faut se faire discret et profiter qu'elle s'occupe des Pokemon, ce qui ne va pas durer longtemps.

En effet, il n'en restait plus beaucoup en vie. Mais quand elle en attrapait un, Spinellie prenait heureusement son temps pour le réduire en bouillie. En marchant doucement, faisant le moins de bruit possible, ils commencèrent à s’éloigner de la scène de massacre se déroulant derrière eux, et, ils l’espéraient, à se diriger vers la sortie. Mais à peine eurent-ils fait quelques mètres qu’ils furent renversés par un Rhinocorne qui tentait de fuir. Palyne allait pousser un bruyant juron mais Ametyos plaqua sa main sur sa bouche, tandis que Spinellie passait à son tour en courant pour rattraper le fuyard avant de le saisir et de l’écraser à de multiples reprises contre les parois rocheuses, provoquant des secousses dans toute la grotte.

Toute à la joie de pulvériser son Rhinocorne, Palyne ne sembla pas remarquer les deux humains, ou tout du moins, y accorder la moindre importance. Mais ils n'étaient qu'à deux mètres de la folle, et étaient touchés par les éclats de roches et les jets de sang de sa victime. Il n'en fallu pas plus pour que Palyne, dans son état, ne cède à la panique, et n'utilise instinctivement le peu de pouvoirs qui restait dans son Ascacomb pour tenter d'immobiliser Spinellie avec ses pouvoirs psychiques.

- Non, ne fais pas ça ! S'écria Ametyos.

Mais c'était trop tard. Spinellie, bien que brièvement immobilisée, se défit très rapidement du contrôle psychique dans un mouvement puissant qui fit exploser l’Ascacomb sur le front de Palyne. Puis naturellement, elle se tourna vers eux, son esprit primitif et sauvage les identifiant comme des gêneurs, et donc comme ses futures victimes à détruire.


***


- Est-ce qu’on est bientôt arrivés ? J’ai vraiment l’impression que ce Cornèbre nous mène droit en enfer, geignit Spookiaou.

Garneth garda le silence. Perdus comme ils étaient, ils n'avaient d'autre choix que de suivre ce fameux Sire Cornèbre que l'autre dingue de Pokemon parlant et emplumé leur avait envoyé. Le hic, c'est qu'ils les guidaient de plus en plus profond dans la grotte, alors que la sortie devrait plutôt se trouver vers le haut. Mais ce sénile de Corbarex ne leur avait pas promis la sortie, juste de les mener à Spinellie. Ce qui devait signifier que l'amie de Garneth se trouvait elle aussi dans cette grotte, si toutefois le Cornèbre ne les faisait pas tourner en bourrique. Selon Spookiaou, ça avait du sens : ils avaient tous été téléportés en même temps, donc les autres, à savoir Spinellie, l'Adepte de la Fatalité et Ametyos Karkast n'avaient pas dû tomber trop loin d'eux.

Garneth espérait retrouver Spinellie sans tomber sur les deux autres. Il était prêt à laisser le prince fugitif s'enfuir, pour faire plaisir à Spookiaou (et aussi accessoirement car il n'avait à lui seul aucun moyen de le capturer), mais s'il croisait cette Palyne, sa foi et sa loyauté l'obligeraient à la combattre par tous les moyens... et sûrement à perdre, si Spinellie n'était pas avec lui.

- Dis-moi, qu'est-ce que tu fabriques avec le gars le plus recherché du royaume ? Demanda Garneth à son compagnon d'infortune. Tu m'as dis pourtant que tu ne servais dans aucun camps si ce n'était le tien.

- Et c'est tout à fait le cas. Vos histoires de politique et de religion sont pour moi le cadet de mes soucis. Mon unique but est de profiter de la vie. L'argent, le pouvoir, les femmes... tout ça quoi.

- Hum... Et Karkast t'a promis tout cela si tu l'aidait donc ?

- Peuf... Ce gosse est fauché comme les blés et a autant de chance de récupérer le pouvoir que toi de devenir le prochain Saint de Destinal.

- Alors, c'est quoi ta raison ? Il te tenait en otage ? Tu devais de l'argent à son grand-père ?

- Je ne pense pas avoir besoin de me justifier, surtout pas devant un péquenaud ignare qui se prend pour le fils d'Arceus.

Garneth haussa les épaules, indifférent.

- Je disais ça pour toi, la peluche. Rester avec ce prince déchu ne t'apportera rien de bon. Il se fera prendre un jour ou l'autre, c'est obligé, et tu seras probablement exécuté comme complice. Le droit des Pokemon est aussi inexistant que le droit des Karkast.

- Grand merci pour ta sollicitude, mais ne t'en fais pas, tu crèveras probablement avant moi.

Plus ils s'enfonçaient dans les profondeurs de la grotte, plus un drôle de climat commençait à les entourer. D’abord ils crurent être attaqués par des Pokemon mais ces derniers ne faisaient en fait que fuir, leurs yeux pleins de peur, venant de la direction où ils allaient. Spookiaou n’arrivant pas à comprendre un mot de ce qu’ils baragouinaient tant ils passaient vite. Puis, ensuite, tout s’était mis à trembler. Le mur, le sol, le plafond, par secousses successives. Des éboulis avaient commencé à tomber, et fidèle à sa chance légendaire, Garneth avait manqué par deux fois d’être enseveli.

- C'est quoi encore ce merdier ? Jura Spookiaou. La grotte s’effondre ?

- Y'a du grabuge plus loin. C'est de là que tous ces Pokemon fuyaient.

- Justement, s'ils fuyaient, c'est certainement pour quelque chose, et je ne tiens pas à le découvrir.

- Mais Sire Cornèbre indique toujours cette direction.

- Arrête un peu avec ton « Sire » Cornèbre, s'exclama Spookiaou, excédé. C'est juste un oiseau débile qui n'a aucune idée d'où il va !

- Cor ? Nèbrrrrrre ! Fit le Pokemon Vol d'un air outré.

- Oui, cervelle de piaf, parfaitement, insista Spookiaou.

- T'es pas obligé de me suivre, mais j'y vais, fit Garneth en n'écoutant que son courage, pourtant modéré dans cette situation. Je dois retrouver Spinellie. C'est moi qui l'ai entraînée là-dedans…

Aussi héroïque qu'il souhaitait paraître en temps normal, Garneth aurait favorisé la fuite dans une pareille situation. Mais plus maintenant. Il était l’écuyer de Sainte Alysia désormais, et plus que ça, son amie était en danger. Spinellie l’avait tiré d’affaire par le passé, et si maintenant elle était en danger, c’était à lui de l’aider en retour. Car même si c’était une originale, même si elle était parfois très bizarre voir franchement idiote, elle n’avait eu de cesse de l’encourager depuis leur rencontre. Et aux yeux de Garneth, ça méritait donc amplement de prendre des risques pour être préservé. Il doubla donc le Cornèbre qui lui montrait le chemin, pour se précipiter vers où son cœur sentait la présence de Spinellie. D'abord immobile, Spookiaou secoua la tête et lévita à sa suite en marmonnant :

- Je suis entouré d’idiots mais je les suis quand même, maudit moi…

En arrivant sur place, ils furent à la fois sidérés et écœurés. Un nombre conséquent de cadavres de Pokemon jonchaient le sol. Des cadavres qui avaient été sérieusement maltraités et démembrés, voir réduits en bouillie pour certains. Divers organes et autres morceaux de chair fraîche étaient répandus partout sur le sol. Une odeur de mort et de sang venait titiller leurs narines et Garneth eut un violent haut le cœur, refrénant comme il le pouvait son envie de vomir.

Il vit Palyne, l'Adepte de la Fatalité, avachie par terre, apeurée, et devant elle une humaine couverte de sang, le visage marqué par une sauvagerie sans nom. Du moins elle avait l'apparence d'une humaine, mais Ametyos n'avait jamais vu un tel regard. Il semblait abriter un millénaire d'années de haine. Il blêmit quand il reconnut les traits de son amie, sous l'amas de sang et de morceaux de chair qui les recouvraient. Spinellie était passée de son éternel sourire innocent et ses grands yeux toujours émerveillés à un visage effrayant et repoussant, défiguré par la colère et la folie.

Ce fut étrangement Spookiaou qui agit le premier, chargeant une attaque Ball'Ombre au dessus de Spinellie. Voyant arriver l'attaque, cette dernière leva négligemment la main comme pour l'attraper puis la broyer, mais Spookiaou disparut d'un coup, réapparaissant du sol juste derrière elle en une attaque Hantise incroyablement exécutée. Spinellie se prit la Ball'Ombre dans le dos suivit de l'impact d'Hantise. Si ça ne la blessa pas trop, ça l'enragea assez pour qu'elle jette Ametyos au sol comme un vulgaire fétu de paille et pour porter sa pleine et entière attention sur son nouvel agresseur.

Malgré ses dénégations constantes, Spookiaou était bel et bien un Pokemon, et donc soumis comme eux au même instinct. Et à cet instant, il avait l'impression d'être devenue la proie d'une bête sauvage immensément dangereuse, quand bien même il n'y avait qu'une humaine devant lui. Tous les poils de son petits corps lui criaient de se fondre dans les ombres et de disparaître le plus loin possible. Chose étrange, car tout ce que cette humaine cinglée pourrait lui faire serait associée à des attaques normales ou combats, choses contre lesquelles il était censé être invulnérable. Mais alors, pourquoi avait-il la peur de sa vie ?

- S-Spinellie ? Balbutia Garneth. C'est vraiment toi, dis ?

Le jeune homme s'était avancé craintivement mais avec détermination. Ça ne le dérangeait bien sûr aucunement que son amie mette l'Adepte et le prince déchu hors d'état de nuire, pour qu'il puisse les capturer tous deux et devenir un héros aux yeux de Sainte Alysia. Mais pas ça. Pas comme ça. Il ne supportait pas de voir la si gentille Spinellie réduite à cet état bestial, et il était hors de question qu'il ramène les restes sanguinolents des deux autres humains comme preuve de victoire.

Il ne gagna en guise de réponse qu'un grognement inintelligible et un regard meurtrier qui le fit presque flancher. Comment Spinellie avait-elle pu finir ainsi ? Ce n'était pas possible, c'était forcément un sort maléfique que lui avait lancée la fille de la Fatalité ! Spookiaou, qui s'apprêtait visiblement à se battre pour protéger son acolyte Karkast, regarda, interloqué, Garneth s'avancer vers la démente.

- S'il y a bien, à un moment de ta vie débile et inutile, un instant où tu devrais arrêter de jouer au héros, c'est bien celui-là, gamin !

- Mais... c'est Spinellie, c'est mon amie ! Elle ne me fera rien…

La jeune fille grogna à nouveau et bondit. Garneth put calculer, en une demi-seconde, qu'il ne pourrait pas bouger assez vite pour esquiver. Au lieu d'essayer en vain, il écarta les bras, comme pour serrer Spinellie, et sourit. Sans doute étonnée par cette marque de confiance totalement inappropriée, Spinellie ne lui écrasa pas le corps, ni ne lui arracha la tête. Elle le plaqua avec violence au sol, et si Garneth lâcha un râle de douleur sous l'impact, il ne fit pas disparaître son sourire, et passa ses mains derrière le dos de la jeune femme, qui commençait à l'étrangler en grognant des désirs de destruction sans queue ni tête.

- Détruire... Peur... Tous peur... Détruire... Tout le monde... Déteste... DETRUUUIIIIIRE !

Malgré la haine et la folie sur le visage de Spinellie, Garneth put constater qu'elle n'avait pas cessé de pleurer. Ses larmes laissaient une traînée sur ses joues maculées de sang. Garneth ignorait ce qui lui était arrivée pour qu'elle se transforme en ça, mais une chose était sûre : elle souffrait. Terriblement.

- Spinellie…

- Rejetée... Exilée... Méprisée... Personne... ne m'aime…

- C'est faux, lui assura Garneth malgré la pression sur sa gorge. Moi... Moi je t'aime. Tu es mon amie. Je veux que tu restes avec moi.

Ces simples mots durent pénétrer d'une façon ou d'une autre la couche brumeuse de haine dans l'esprit de Spinellie, car son ardeur sembla faiblir, et ses yeux retrouvèrent peu à peu leur éclat habituel.

- En fait... je ne sais rien de toi, ni de ton passé, avoua Garneth. Sans doute que l'on t'a fait beaucoup de mal avant, je ne sais pas... Tu as peut-être beaucoup de traumatismes. J'ignore à quel point tu as souffert, mais... mais tant que tu resteras avec moi, ce sera terminé, tout ça. Je ne t'abandonnerai pas. Tout héros... a besoin d'un partenaire.

Le regard de Spinellie croisa enfin celui de l'écuyer. Ses mains se desserrèrent autour de sa gorge, et elle murmura :

- Gar...neth ?

Puis, d’un coup d’un seul, elle perdit conscience et s’effondra sur Garneth, inerte, comme si son corps subissait le contrecoup de tout ce qu'elle lui avait fait subir lors de sa rage incontrôlable. Ce dernier, souffrant de toute part, demeurait sous son amie, ses bras autour d’elle, bien que son corps refusait de lui répondre. Seule une question demeurait : Provideum tout puissant... que lui était-il arrivée ?!

- C'est... c'est fini ! S'exclama Palyne. Elle s'est évanouie.

- Ce n'est pas suffisant, déclara froidement Ametyos.

Il se saisit de sa dague et s'avança. Comprenant ses intentions, Garneth ne put que la serrer davantage dans ses bras, et fusiller le prince du regard, lui faisant comprendre qu'il devrait le tuer d'abord pour toucher à Spinellie.

- Je ne sais pas qui est cette fille... ou ce qu'elle est, mais elle est trop dangereuse, se justifia Ametyos.

- Je le jure auprès de Provideum, d'Arceus le Créateur et de tous les autres dieux, bons ou maléfiques, qui existent : si tu veux la tuer, tu devras me tuer d'abord, et alors, je te hanterai tout le reste de ta vie, d'une façon ou d'une autre.

Garneth n'avait plus aucune force pour lutter physiquement contre Ametyos, mais il avait mis dans ses paroles une volonté telle que même Ametyos, qui pourtant n'était pas croyant, hésita.

- Ce doit être une sorte d'Aura Gardien super puissante, théorisa Spookiaou. Mais elle est trop jeune et inexpérimentée pour contrôler ses pouvoirs, et ils lui font perdre la boule. C'est déjà arrivé. Si tu veux la garder en vie garçon, tu devrais très vite l'amener voir votre Second Héros là, le Grand Poilu au Cœur d'Or, pour qu'il la teste et qu'il l'amène si besoin dans sa forteresse où ils forment ce genre de personnes.

Puis, à Ametyos qui le regardait d'un air indigné pour ne pas avoir pris son parti, il dit :

- Ce gamin est presque mort pour sauver son amie, et sans lui, on serait probablement tous en train de lui servir de repas. Qu'il se débrouille avec elle. On ne va pas rester pour savoir si elle est aussi grincheuse au réveil.

- Je... je suis d'accord, intervint Palyne.

Elle n'en dit pas plus, et quand bien même ce serait un blasphème envers Destinal, Garneth lui lança un regard de reconnaissance. Ce n'est pas comme s'il pourrait l'affronter pour tenter de la capturer, de toute façon. Palyne, elle, n'avait jamais vu une ferveur telle qui pousserait un homme sain d'esprit à faire face ainsi à la mort pour sauver quelqu'un qui pouvait vous tuer en une seconde. Elle sait qu'elle n'en aurait pas été capable, même si ça avait été son frère Rufio à la place de Spinellie. Ametyos rangea sa dague de mauvaise grâce, mais ne quitta plus Spinellie des yeux, se tenant prêt à intervenir si elle se réveillait.

- Bon, les jeunes crétins là... commença Spookiaou. Je sais que vous n'êtes pas des amis, mais vu qu'on a de peu échapper à la mort et que nous sommes tous en territoire hostile, je propose que vous évitiez de vous entre-tuer ou de vouloir vous capturer jusqu'à qu'on sorte d'ici. Je suis le seul capable de repérer la sortie, avec mon sondeur psychisme et mon passe-muraille. Le premier qui fait des histoires, il reste derrière. C'est clair ?

Le Pokemon avait pris un ton autoritaire, qui aurait pu donner quelque chose de sérieux s'il n'était pas si petit, si mignon et si sa voix avait été un peu plus grave. Mais de toute façon, aucun des trois humains, tout épuisés et blessés qu'ils étaient, n'avaient envie de déclencher des hostilités. Ils se reposèrent un moment jusqu'à que Garneth ait pu retrouver assez de force pour marcher tout en portant Spinellie, puis ils se mirent à marcher en suivant Spookiaou, en silence, chacun songeant ce qui venait de se passer, à aux implications.