Pikachu
Pokébip Pokédex Espace Membre Forum
Inscription

Projet Amaryllis de Kazumari



Retour à la liste des chapitres

Informations

» Auteur : Kazumari - Voir le profil
» Créé le 03/08/2019 à 19:12
» Dernière mise à jour le 09/08/2019 à 21:29

» Mots-clés :   Action   Policier   Région inventée   Science fiction   Suspense

Si vous trouvez un contenu choquant cliquez ici :


Largeur      
Chapitre 7 : Phoenix System
- Vous êtes vraiment certains que cette distance est nécessaire ? demanda Shingo d’un air dépité, commençant à se sentir seul.

- Trois mètres, c’est la règle ! rappela Noctis. La prochaine fois, tu t’abstiendras de renifler Aléria comme un chien sous prétexte qu’elle sent bon.

- Mais elle sentait vraiment bon !

La troupe des connaissances de Harris Elton avait finalement quitté l’hôtel où ils avaient fait escale. Leur destination, les locaux de l’entreprise de robotique Phoenix System où se trouvait normalement le dernier fragment Amaryllis. Hildegarde tâchait de ne pas le montrer mais elle ressentait une certaine anxiété à l’idée de restaurer complètement ses souvenirs. Et si elle avait vécu quelque chose de très embarrassant par le passé qu’elle aurait préféré oublier définitivement ?

Le groupe traversait l’avenue qui avait changé d’apparence sans raison peu avant. La femme d’affaires nota alors que l’aquarium mystère avait disparu. Vu qu’ils se situaient en ce moment dans un univers numérique, il n’était pas impossible que les morceaux de papiers soient en réalité des algorithmes et que celui récupéré dans l’aquarium ait créé le bâtiment. Cela expliquerait pourquoi il ait disparu une fois la feuille récupérée par Hildegarde et Aléria.

Shingo continuait de marcher en retrait par rapport aux autres, un peu ennuyé de ne pas pouvoir prendre part aux conversations. Sa divinité Arceus mettait décidément ses nerfs à rude épreuve en forçant son destin à l’enfermer dans un jeu-vidéo sans pouvoir en sortir. Si c’était Noctis qui avait été le membre isolé du trio lors de leur arrivée plutôt qu’Aléria, il aurait eu tout le temps de passer du temps avec elle et supprimer cette barrière de gêne que le garçon avait créé sans s’en rendre compte.

- Quelque chose ne va pas, Aléria ? demanda Hildegarde, remarquant l’expression pensive de la concernée.

- Je pensais à cette femme que nous avons rencontré dans le manoir des von Mainstein. Minerva Hamilton. Elle est toujours dans les parages, non ? Si ça se trouve, nous allons la rencontrer à nouveau…

Shingo avait enfermé la femme aux longs cheveux blancs dans un des placards après qu’elle ait succombé à la Berceuse de son Rondoudou. Depuis le temps, elle s’en était certainement échappée et devait les rechercher avec intensité. Si on se fiait à sa rencontre avec la demoiselle semi-amnésique, elle semblait persuadée que Hildegarde était entièrement responsable de la situation. C’était peut-être le cas, sans que cela soit intentionnel. Cette femme devait avoir des informations supplémentaires par rapport à eux.

Elle paraissait connaître ce qu’était Amaryllis, un sujet sur lequel même Alphonse Kaminsky n’avait pas pu les renseigner. Certes, Minerva Hamilton pouvait aussi être une comédienne de talent qui avait tenté le coup du bluff pour tenter de faire avouer à Hildegarde ses méfaits. Avec tout ce qui leur tombait dessus en ce moment, il était difficile de démêler le vrai du faux. Raison de plus pour rapidement récupérer l’ultime morceau Amaryllis et faire la lumière sur cette histoire.

- Vous ne pensez pas que… cette Hamilton ait pu assassiner monsieur Elton ? suggéra Noctis, encore mal à l’aise concernant la mort prématurée de son professeur. Après tout, elle avait une arme à feu quand madame Linday l’a rencontré et il semblerait bien que nous soyons les seules personnes présentes dans ce jeu-vidéo…

- Elle n’a à aucun moment mentionné Harris dans notre conversation, avoua Hildegarde. Mais en effet, ce ne serait pas incohérent. Vu comment elle avait l’air sur les nerfs, je ne serais pas surprise qu’elle ait pu le rencontrer et le tuer par accident…

- La lettre A du message de monsieur Elton, intervint Aléria avec timidité. Cela ne pourrait pas avoir un rapport avec Amilton ? Pour nous prévenir du danger qu’elle représente.

- Aléria chérie, je crois bien que Hamilton s’écrit avec un H. C’est un nom relativement commun.

Comprenant son erreur, la jeune fille aux cheveux gris rougit immédiatement et rabattit la capuche de son manteau sur sa tête pour cacher son visage. Des trois élèves de Harris Elton, Noctis restait le plus talentueux pour élucider les mystères en dehors du professeur lui-même. Si Aléria n’était pas mauvaise, il lui arrivait de faire des erreurs simples qui pouvaient facilement être évitées. Au moins, elle ne tombait pas au niveau déplorable de Shingo pour résoudre des enquêtes.

Maintenant que le sujet de la conversation avait dévié sur Minerva Hamilton, la petite femme blonde sentit un frisson parcourir son échine. Si elle ne se trompait pas, leur adversaire avait affirmé les avoir suivies, elle et Aléria lorsqu’elles avaient pénétré dans le manoir von Mainstein. Pour être franche, Hildegarde ne l’avait même pas remarquée. Si jamais elle parvenait à les localiser de nouveau, elle allait potentiellement les prendre à nouveau en filature pour les prendre par surprise.

- Rocabot, profite de ta distance de sécurité avec Aléria pour t’assurer que nous ne sommes pas observés, déclara-t-elle à l’intention du garçon délaissé qui marchait seul à l’arrière.

- Je ne suis pas un Rocabot, j’ai pourtant dit qu’elle sentait vraiment très bon ce jour-là ! protesta le concerné avant de s’atteler à la tâche.

Aléria et Noctis ne manquèrent pas d’exploser de rire suite à cette interaction. Si Hildegarde s’était montrée très évasive à son réveil à bord du train et durant ses premières heures au sein de l’univers numérique, sa véritable personnalité avait définitivement ressurgi avec l’arrivée de certains de ses souvenirs perdus. Et encore, ses moqueries vis-à-vis du blondinet prétendu envoyé d’Arceus lui-même ne représenteraient rien face à celles qu’elle réservait habituellement pour Harris Elton.



***


- L’extérieur de Phoenix System a l’air fidèle à l’original, commenta Hildegarde alors que le groupe venait d’arriver devant le parking où les employés de l’entreprise se garaient pour venir travailler. J’émets des réserves par rapport à l’intérieur en revanche. Tout comme le manoir des von Mainstein, ce n’est pas un lieu public qu’on peut visiter à sa guise.

La demoiselle ne faisait pas encore pleinement confiance à sa mémoire mais elle ne s’était pas rendue souvent entre les murs de la société. Elle n’y connaissait absolument rien en robotique et à part insister auprès de Mister Phoenix, le directeur, pour obtenir un robot ménager gratuit, elle n’avait pas vraiment besoin de s’y rendre. Ce qui lui importait était davantage l’argent que Phoenix System pouvait lui rapporter grâce aux parts qu’elle possédait dans l’entreprise.

Si Shingo et Aléria ne paraissaient pas impressionnés par Phoenix System, leur camarade avait des étoiles plein les yeux. Pour un génie comme lui qui s’intéressait un peu à la mécanique durant son temps libre, visiter une entreprise qui construisait des robots ménagers était un rêve. Dommage que ce ne soit pas vraiment la société mais simplement une reproduction virtuelle. Noctis aurait donné beaucoup pour rencontrer Mister Phoenix en personne.

- Madame Linday… est-que vous m’entendez ?

Prise par surprise, la femme d’affaires sursauta en entendant la voix d’Alphonse Kaminsky, criblée de grésillements alors qu’il ne se trouvait pas à proximité. Dans le parc naturel, ce ne fut déjà pas une expérience agréable, ce n’était pas le cas ici non plus. Hildegarde lui confirma très rapidement qu’ils étaient tous en mesure de l’entendre, regardant en parallèle dans les environs si la maudite Minerva Hamilton n’avait pas fini par les rattraper.

Alors que le directeur de Kaminsky Corporation commençait à leur faire un compte-rendu de la situation, Hildegarde fit signe à ses camarades de rejoindre rapidement l’entrée de Phoenix System. Une fois à l’intérieur, il n’y aurait aucun moyen pour leur ennemie de les localiser. Après avoir passé la porte d’entrée, ils s’assirent tous dans un coin de la salle d’entrée en écoutant la fin du discours de l’homme situé à l’extérieur de la simulation. Visiblement, il ne venait pas accompagné par des bonnes nouvelles.

- Donc tu ne peux toujours rien faire, Kaminsky ? conclut la femme blonde avec amertume.

- Malheureusement, nous sommes dos au mur. Quelque chose semble bloquer le système et nous profitons des bugs pour tenter d’entrer en contact avec vous mais cela ne fonctionne qu’une fois sur dix. A mon avis, cela ne va pas tarder à couper de nouveau.

Hildegarde se rappelait parfaitement de ce que Minerva Hamilton avait dit lors de leur altercation dans le manoir von Mainstein. Il n’y avait absolument aucun moyen pour Alphonse Kaminsky d’entrer en contact avec eux. Pourtant, c’était la deuxième fois que le directeur y parvenait, même si cela ne durait guère longtemps. Beaucoup de mystères gravitaient encore autour de la femme aux longs cheveux blancs et Hildegarde comptait bien les éclaircir maintenant.

Si Hamilton ne l’avait pas affirmé clairement, on pouvait déduire de ses propos qu’elle connaissait personnellement Kaminsky. L’inverse devait donc également être vrai. Avant qu’il ne soit contraint de cesser le contact avec eux de nouveau, elle décida de lui demander qui était cette femme et si elle pouvait être responsable de tous les problèmes autour du jeu-vidéo. Le silence qui suivit la question de Hildegarde se révéla plutôt inquiétant.

- Minerva Hamilton…

- Vous la connaissez ? interrogea Shingo, qui fut contraint de s’asseoir de l’autre côté de la porte d’entrée pour respecter la distance de sécurité avec Aléria.

- Minerva Hamilton est dangereuse ! affirma Alphonse Kaminsky d’un ton sans réplique. Je ne peux pas confirmer pleinement ses intentions mais elle n’est définitivement pas votre alliée. Vous feriez mieux de vous dépêcher de réunir tous les papiers Amaryllis avant elle, qui sait ce qu’elle a derrière la tête !

- Amaryllis… elle semblait savoir ce qu’était Amaryllis justement. Alors que tu n’es pas capable de nous renseigner. Tu es vraiment certain que tu ne nous caches rien, Kaminsky ? Si Amaryllis est une arme de destruction massive que vous développez en douce, je promets de ne pas te dénoncer quand nous serons sortis d’ici.

Si Hildegarde avait affirmé ça sur un ton de plaisanterie, elle y croyait néanmoins à moitié. Amaryllis pouvait parfaitement être le nom d’une technologie capable de détruire les souvenirs d’une personne et de la disperser sous la forme de papiers. Ce qui permettrait d’expliquer pourquoi la femme d’affaires semblait reliés à tous ceux qu’ils récupéraient. Et aussi pourquoi elle était la seule à être victime d’une amnésie complète depuis leur arrivée ici.

La troupe pouvait entendre Alphonse Kaminsky soupirer, même sans le voir. Il savait donc quelque chose au sujet de cet Amaryllis mais avait préféré cacher la vérité jusqu’ici pour des raisons obscures. Hildegarde n’était pas née de la dernière pluie. Comprenant qu’il était dos au mur, il envisagea donc de leur expliquer la nature de ce nom si particulier qu’ils entendaient en permanence dans cet environnement virtuel depuis quelques heures.

- Ce n’est pas simple de résumer ça. Disons qu’Amaryllis est…

Mais le directeur d’entreprise ne termina jamais sa phrase car la communication se coupa subitement. Déçue mais pas surprise, Hildegarde était persuadée que la coupure était volontaire pour leur cacher la vérité. Et à en voir le visage de ses camarades, ils semblaient tous penser la même chose. Mais à ce stade, ce n’était plus bien grave. Le dernier des papiers Amaryllis se situait dans le bâtiment où ils venaient de mettre les pieds. Ils allaient découvrir la vérité par eux-mêmes.

Comme lors du périple dans le manoir von Mainstein, la demoiselle aux problèmes de mémoire suggéra une division du groupe pour couvrir un maximum de terrain. Comme ils étaient quatre cette fois-ci, cela permettrait de ne pas laisser Aléria seule à son sort, surtout qu’ils ne pouvaient pas garantir l’absence de Pokémon Spectre ou Insecte dans les locaux de l’entreprise de robotique. Si Shingo leva immédiatement la main pour annoncer qu’il accompagnerait Aléria, c’était vers Noctis que le regard de Hildegarde se tourna.

- Je peux te confier Aléria chérie, monsieur je sais tout ? demanda-t-elle, ignorant le regard de pitié que lui lançait le jeune homme blond. Je ne dis pas que ça m’enchante de me coltiner le Couafarel mais comme il est avec toi depuis un bon moment, je pense que tu as bien mérité un peu de repos.

- Je ne suis pas un…

- J’ai mon Aflamanoir sur moi si jamais des Pokémon sauvages se mettent en travers de notre route, assura Noctis avec le sourire. Aléria n’aura rien à craindre avec moi, madame Linday.

La jeune fille au manteau noir ne savait pas comment elle devait prendre cette surprotection dont elle bénéficiait mais préféra se taire. Elle serait bien contente d’avoir un Pokémon de type Feu à ses côtés dans le cas où des insectes grouillaient ici. Malgré sa perte de mémoire, Hildegarde avait été un grand soutien moral pour elle depuis qu’ils étaient coincés là, Aléria souhaitait lui rendre la pareille en lui présentant le dernier des papiers Amaryllis.



***


- Dis, Noctis…

- Je t’écoute.

- Peut-être que toi tu le sais vu que tu passes plus de temps avec lui que moi. Shingo a en permanence son regard tourné vers moi quand nous sommes tous les deux dans la même pièce et il me fixe bizarrement. Tu crois qu’il me déteste ?

Cela faisait une bonne vingtaine de minutes que les deux binômes fraîchement formés étaient partis à l’exploration de Phoenix System. Jusqu’ici, celui de Noctis et Aléria n’avaient pas déniché l’objet de leur convoitise mais ils continuaient de persévérer. La fille au manteau noir se sentait à l’aise en compagnie de son camarade de classe aux lunettes carrées mais avait rarement l’occasion de pouvoir lui parler seul à seul. Généralement, les trois élèves de Harris Elton étaient toujours réunis ou alors Aléria se retrouvait isolée.

Marchant à l’avant, Noctis tourna la tête vers son interlocutrice avec surprise. Jusqu’ici, il avait toujours pensé qu’Aléria était simplement trop gênée par le comportement de Shingo à son égard pour oser lui répondre vis-à-vis de ses avances. Jamais il n’aurait pu deviner qu’elle puisse être à ce point à l’ouest sur le sujet. Avant même de pouvoir répondre, il éclata de rire sous le regard de la pauvre Aléria qui ne comprenait pas sa réaction.

- C’est quelque chose que tu vas devoir comprendre par toi-même, j’en ai bien peur… avoua-t-il avec amusement. Mais pour quand même répondre à ta question, non Shingo ne te déteste pas du tout. Il a juste une façon… un peu spéciale de te témoigner son affection.

Les deux camarades traversaient un couloir au premier étage et ouvraient les portes une à une pour fouiller chacune des pièces jusqu’à en atteindre le fond et passer à l’étage suivant. L’autre binôme faisait la même chose en partant du sommet, ce qui leur permettrait de se rejoindre à un moment donné. Comme le papier Amaryllis du manoir von Mainstein avait été dissimulé dans le tiroir d’une étagère quelconque, cela signifiait qu’ici aussi, il pouvait se situer n’importe où.

Mais alors que Noctis délivrait l’accès à la salle suivante, il referma aussitôt la porte d’un coup sec après avoir entrevu son contenu. Quelqu’un se trouvait déjà là, une personne familière. Son cœur commença à accélérer dans sa poitrine alors qu’il ouvrait de nouveau à vitesse lente pour s’assurer que ce n’était pas une hallucination. Derrière lui, Aléria affichait un air de totale incompréhension, n’ayant pas eu le temps d’apercevoir ce qui perturbait son collègue.

- Ce n’est pas bien de me faire attendre, les enfants ! s’exclama la voix de Minerva Hamilton qui venait de rejoindre l’autre côté de la porte. Ah tiens, Linday n’est pas avec vous. Je suppose qu’elle se terre ailleurs dans l’immeuble, c’est ça ? Je ne sais pas ce que vous fabriquez mais on ne va pas tourner autour du pot plus longtemps.

Si le garçon brun à lunettes s’apprêtait à refermer de nouveau la porte, le pied de Hamilton se mit en travers de sa route. Résigné, il décida d’agréer à ses demandes. En ce moment, c’était madame Linday qui possédait l’arme à feu dans l’une des poches de sa veste. Si Shingo n’avait pas bâclé son travail, il était censé avoir fouillé cette femme après qu’elle se soit évanouie à cause de l’attaque Berceuse. Elle ne devrait pas en posséder une autre sur elle et n’avait donc aucun moyen de pression.

Peu rassurée, Aléria resta toute proche de Noctis comme si cela suffirait à la protéger en cas de danger. Elle n’avait pas eu l’occasion de rencontrer une Minerva Hamilton réveillée jusqu’ici mais elle ne semblait pas commode. Si son visage semblait doux, ses yeux lançaient des éclairs. Une disparité qui mettait la jeune fille mal à l’aise. La pièce où elle les avait attendu n’était qu’un simple bureau d’employé sans grande importance constitué d’une table, d’un ordinateur et de quelques chaises.

- Comment avez-vous fait pour nous retrouver ? interrogea aussitôt Noctis en essayant de garder son sang-froid. Nous avons constamment surveillé autour de nous pour s’assurer que vous n’étiez pas à nos trousses. Vous n’aviez donc aucun moyen de savoir que nous allions venir à Phoenix System.

- Mon Guériaigle survole la ville, répondit Hamilton, s’asseyant sur l’une des chaises en lâchant un soupir. C’est grâce à lui que j’ai retrouvé la trace de Linday et de cette jeune fille quand ils se rendaient au manoir von Mainstein. Et il a pu vous localiser également alors que vous veniez ici.

Avec prudence, les deux élèves de Harris Elton attrapèrent des sièges proches et les disposèrent en face de la femme aux longs cheveux, tout en prenant le soin de maintenir une distance. Le génie brun eut une pensée amère pour Shingo, qui s’était contenté de fouiller Hamilton uniquement pour lui dérober son arme à feu et n’avait pas fait attention à la présence d’une quelconque Pokéball. Avec l’aide d’un Pokémon Vol, le fait qu’elle puisse les suivre prenait tout son sens.

Minerva Hamilton leur expliqua qu’elle était entrée à Phoenix System par un autre accès afin qu’ils ne puissent pas la remarquer. Apparemment ignorante de l’existence des papiers Amaryllis, elle ajouta qu’elle s’était positionnée dans cette pièce parce qu’elle avait noté que Linday et Aléria semblaient à la recherche de quelque chose au manoir von Mainstein et que ce serait certainement la même chose ici. Si elle ne se retrouvait pas en présence de la femme d’affaires, son plan avait malgré tout fonctionné.

L’agressivité dont elle avait fait preuve à l’égard de Hildegarde paraissait dissipée pour le moment. Elle s’adressait aux deux enfants sur un ton cordial, parfaitement bienveillant. Noctis nota en effet que son comportement ne correspondait pas à celui décrit par la femme d’affaires. Jouait-elle la comédie pour tenter de gagner leur confiance ? Ou alors l’absence d’une arme pour les menacer avait affecté son caractère dans le bon sens ?

- Écoutez-moi les enfants, vous êtes sûrement venus en compagnie de Linday à Kaminsky Corporation. Je ne sais pas pourquoi vous avez décidé de vous connecter après que tout soit parti en cacahuète ici mais nous sommes tous dans la même galère. Linday a provoqué une erreur système qui nous bloque tous aussi, elle a sûrement un objectif caché.

- J’en doute fortement, intervint Aléria en rassemblant son courage. Madame Linday a complètement perdu la mémoire et elle ne la récupère qu’en touchant les papiers Amaryllis dispersés à travers la zone. Il y en avait un au manoir von Mainstein et il y en a un ici, c’est après ça que nous en avons.

- Des papiers… Amaryllis ? répéta Hamilton sans comprendre.

Changeant aussitôt le sujet, Noctis l’interrogea sur un fait dont il voulait des éclaircissements. Il lui demanda donc si elle était responsable du meurtre de Harris Elton, dont le cadavre a été retrouvé dans la reproduction numérique de son appartement. A en croire son expression surprise, Hamilton n’était pas au courant de cette affaire. Elle leur avoua que son arme à feu avait été trouvé au sein du jeu et qu’elle n’aurait jamais osé tué quelqu’un avec. Elle souhaitait juste mettre la pression sur Hildegarde au manoir.

Cela faisait déjà bon nombre d’heures qu’ils erraient à travers le monde virtuel. A ce stade, il était évident que personne d’autre ne se trouvait là. Si aucun d’entre eux était responsable du meurtre de Harris Elton, cela allait poser problème. Le professeur détective se serait-il suicidé en comprenant la nature de son environnement, pensant que cela suffirait pour rejoindre la réalité ? Mais dans ce cas, quel était l’intérêt de laisser un message crypté avec la lettre A ?

- Je pense que nous avons encore beaucoup de choses à nous dire, les enfants. Mais commençons par le commencement, si vous le voulez bien. Je ne me suis même présentée, j’en perd les bonnes manières. Je m’appelle Minerva Hamilton et je fais partie de l’équipe technique de Kaminsky Corporation. On peut même dire que j’occupe un poste important dans la création de ce jeu-vidéo.