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Projet Amaryllis de Kazumari



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Informations

» Auteur : Kazumari - Voir le profil
» Créé le 31/07/2019 à 01:36
» Dernière mise à jour le 09/08/2019 à 21:27

» Mots-clés :   Action   Policier   Région inventée   Science fiction   Suspense

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Chapitre 6 : Les élèves de Harris Elton
- On dirait bien que je touche au but… songea Hildegarde.

Elle ne put regarder vers le tiroir qu’un très bref instant, bien trop peu pour s’assurer que le bout de papier qui se trouvait à l’intérieur correspondait bel et bien à ce qu’elle recherchait. Mais la femme blonde doutait qu’il s’agisse d’une simple coïncidence étant donné que toutes les étagères fouillées jusqu’ici ne contenaient pas le moindre objet. Maintenant, le plus gros obstacle serait de quitter le manoir von Mainstein avec le butin.

L’inconnue aux longs cheveux blancs pointait toujours son arme à feu dans sa direction et n’hésiterait sûrement pas à tirer au moindre geste brusque de Hildegarde. Cette dernière, qui gardait toujours la tête sur les épaules, ne voyait pas vraiment comment se sortir de cette situation. Certes, son Tritosor était hors de sa Pokéball mais ne pourrait rien faire non plus. Comme il se trouvait à proximité de sa dresseuse, la femme parvenait à les surveiller tous les deux en même temps sans le moindre problème.

- Vous êtes vraiment certaine qu’Alphonse Kaminsky n’aurait pas pu rétablir la connexion entre ici et le monde réel l’espace de quelques minutes afin de délivrer un message ? demanda Hildegarde, essayant de faire diversion le mieux qu’elle le pouvait, espérant qu’Aléria se présente pour la secourir.

- Il n’y a absolument aucune raison qui pousserait monsieur Kaminsky à entrer en contact avec vous plutôt que moi, rétorqua la nouvelle venue, toujours lucide. Je n’ai aucune confiance en vous, Linday. Vous mijotez certainement quelque chose et je compte bien découvrir ce que c’est.

- Je vois… dans ce cas, vous ne savez pas ce que serait Amaryllis des fois ?

Une lueur traversa le regard azurée de l’inconnue. Visiblement, le nom d’Amaryllis lui semblait familier, au-delà de la simple fleur. Si Hildegarde s’apprêtait à tenter une approche pour attraper le papier dans le tiroir sans se faire remarquer, elle se stoppa net en notant que la femme venait de faire un pas en avant, l’arme à feu toujours prête à tirer au moindre instant. Un sourire s'afficha sur les lèvres de la demoiselle à la chevelure blanche, qui tentait de connecter les éléments entre eux.

Toujours sans quitter son interlocutrice des yeux, elle demanda à Hildegarde de rappeler immédiatement son Tritosor à l’intérieur de sa Pokéball, ajoutant qu’elle la descendrait si elle tentait de faire quelque chose d’autre que sortir la sphère rouge et blanche et activer le rayon lumineux pour y faire entrer le Pokémon Aqualimace. A l’heure actuelle, la semi-amnésique jugeait préférable de suivre les demandes de cette femme pour assurer sa propre sécurité.

- Tiens tiens, on dirait bien que vous connaissez l’existence d’Amaryllis, Linday ? C’est donc après ça que vous en aviez depuis le début, j’avais bien raison de me méfier de vous. Vous ne mettrez pas la main dessus, ça je peux vous le garantir.

Hildegarde ne s’était pas attendue à telle réponse. Lorsqu’Alphonse Kaminsky était entré en contact avec elle et Aléria dans le parc, il ne semblait pas savoir ce que pouvait bien être Amaryllis. Or, cette femme agissait comme si elle connaissait le directeur d’entreprise personnellement. Cela ne concordait pas. La demoiselle Linday ne voyait pas pourquoi Kaminsky aurait besoin de leur mentir au sujet d’Amaryllis et même sans pouvoir le voir en tête à tête, elle lui accordait davantage sa confiance qu’à cette inconnue.

Elles n’eurent cependant pas l’occasion de s’attarder davantage sur Amaryllis car un son extérieur vint perturber leur conversation. Une voix, différente de la voix timide et fluette de la jeune fille en manteau noir. Comme cette voix s’amplifiait à chaque seconde, les deux femmes comprirent immédiatement qu’elle appartenait à quelqu’un qui venait dans leur direction. Au vu de l’expression de l’inconnue, elle avait compris également qu’il ne s’agissait pas d’Aléria et ne semblait plus vraiment rassurée.

- Elle n’est pas accompagnée… songea Hildegarde, retenant un de ses habituels sourires malicieux. Dans ce cas si Aléria n’a pas hurlé à cause d’un Pokémon sauvage tout à l’heure, je crois comprendre ce qui est en train de se passer.

Le son de la voix était maintenant identifiable. Une berceuse. Du moins, l’attaque Berceuse et elle était utilisée par un Rondoudou. Hildegarde ne comptait pas laisser s’échapper cette chance de se tirer de son mauvais pas et profita de l’effet de surprise pour donner un coup de pied dans la jambe de l’inconnue pour lui faire perdre l’équilibre. A toute vitesse, la blonde passa la main dans le tiroir afin d’attraper le morceau de papier et s’apprêtait à quitter la pièce avant que son ennemie ne se relève.

Dès l’instant où la main de la femme d’affaires entra en contact avec la feuille, elle ressentit une douleur soudaine au crâne, similaire à celle survenue lors des événements au sein de l’aquarium. Les effets de la Berceuse du Rondoudou, qui se situait à présent juste devant le seuil de la chambre, commençait à affecter Hildegarde comme son adversaire. Alors que cette dernière rattrapait son arme à feu tombée juste devant ses pieds, elle sentit son corps devenir de plus en plus lourd.

- Je ne vais pas avoir le temps… de stopper ce maudit… Rondou… souffla-t-elle avec l’incapacité de retenir ses bâillements, finissant par s’écrouler sur le sol .

- Bien joué, l’élu pistonné... déclara Hildegarde, elle-même sur le point de s’écrouler, tenant fermement dans sa main le bout de papier où était bel et bien écrit le mot « Amaryllis ». Ton Rondoudou m’aura sauvé la mise, ici.

Perdant à son tour l’équilibre, Hildegarde parvient à tomber sur le lit qui occupait le fond de la chambre. Avant de sombrer pleinement dans la torpeur, il put apercevoir un garçon blond qui pénétrait dans la pièce en compagnie du Rondoudou. Sa vision se troublait jusqu’à la fermeture de ses yeux azurs mais la demoiselle avait reconnu un autre des élèves de Harris Elton. Au moins, cela leur épargnerait la tâche désagréable de devoir le localiser.



***


- Et qu’est-ce que tu as l’intention de faire en t’appropriant l’héritage des Linday ?

- Assurer mes arrières. Je vais devenir une personnalité politique importante dans l’Elysium qui gère Ebravia. La fortune de notre famille sera davantage utile entre mes mains qu’avec vous autres. Marie-Anne et Charles-Henry n’ont en pas besoin.

Hildegarde lâcha un soupir. Bien entendu qu’il était motivé par des raisons égoïstes, elle n’en attendais pas moins de la part de… de qui en réalité ? La demoiselle tenta de regarder son interlocuteur dans les yeux mais ne pouvait pas visualiser son visage ni même se souvenir de son nom. De qui cette personne parlait à l’instant ? Marie-Anne ? Charles-Henry ? Elle sentit sa tête qui commençait à bouillonner sous le poids des questions. Rien n’avait de sens.


Hildegarde se réveilla brusquement et manqua de tomber à la renverse. Elle eut besoin de quelques secondes afin de se remettre les idées en place. Jusqu’ici, elle se trouvait au sein du manoir des von Mainstein en compagnie d’Aléria pour tenter de dénicher le papier Amaryllis qui s’y trouvait. Lorsque ses pensées se tournèrent vers le fruit de leurs convoitises, elle fixa machinalement sa main pour se rendre compte que le fragment de feuille n’y était plus.

Sortant pleinement de sa torpeur, Hildegarde commença enfin à prêter attention à l’environnement qui l’entourait. Elle était couchée dans un lit, différent de celui où elle s’était évanouie suite à la Berceuse du Rondoudou. A y regarder de plus près, la pièce où elle était en ce moment ne ressemblait pas du tout à la chambre du manoir von Mainstein. Quelqu’un l’avait donc transportée après qu’elle ait perdu connaissance ? Sûrement l’élève de Harris Elton qu’elle avait entrevu avant de s’endormir.

- Vous êtes enfin réveillée madame Linday ! Je commençais à m’inquiéter pour vous, déclara Aléria, assise sur une chaise à proximité de la demoiselle.

La jeune fille à la chevelure argentée avait délaissé son manteau noir à capuche iconique pour la toute première fois depuis leur arrivée dans l’univers virtuel de Kaminsky Corporation. Généralement, elle ne le retirait que si elle était dans un lieu où elle se sentait à l’aise. Maintenant que Hildegarde était parfaitement réveillée, elle s’empressa de poser des questions, souhaitant comprendre tout ce qui s’était passé après sa perte de connaissances.

Aléria lui expliqua qu’après qu’elles se soient séparées au sein du manoir von Mainstein, elle avait fini par faire la rencontre de Noctis Icelonne, un de ses camarades dans la classe de monsieur Elton. Comme il l’avait pris par surprise, il fut malgré lui la raison pour laquelle Aléria avait poussé un cri inquiétant. Mais finalement, ce fut plus de peur que de mal. L’autre élève, Shingo Soralia, s’était rendu à l’étage et avait sauvé Hildegarde de sa situation.

- Shingo et Noctis étaient dans la même situation que moi. Si leurs souvenirs demeuraient intacts, ils n’avaient pas conscience de se trouver dans une plateforme numérique, expliqua-t-elle calmement. Je leur ai fait toucher un des papiers Amaryllis et ils ont pu recoller immédiatement les morceaux.

- Le papier Amaryllis ! Où est-il ? Vous ne l’avez pas laissé au manoir, j’espère ? Il me semble avoir réussi à le prendre dans ma main avant de m’évanouir mais je ne peux pas en être sûre…

- Oui, ne vous inquiétez pas pour ça, assura Aléria. Notre mission au manoir von Mainstein est donc une réussite. Il ne nous reste plus qu’à nous rendre sur le lieu du dernier signal capté par monsieur Kaminsky. Ce sont les locaux de Phoenix System, si je ne me trompe pas.

Aléria lui expliqua qu’après l’intervention du Rondoudou, les trois élèves avaient quitté le manoir en la transportant. Ils se situaient en ce moment même dans l’hôtel principal du secteur neuf. Concernant la femme qui avait menacé Hildegarde avec une arme à feu, ils avaient préféré la laisser sur place tout en prenant le soin de récupérer son fusil. Même si elle parvenait à retrouver la troupe, elle n’aurait pas accès à son moyen de pression. Hildegarde n’avait pas noté la présence d’une Pokéball à sa ceinture.

En la fouillant avant de partir de la luxurieuse demeure, Aléria avait déniché des papiers d’identité qu’elle tendit à la femme d’affaires pour qu’elle puisse y jeter un œil. Visiblement, cette demoiselle peu commode portait le nom de Minerva Hamilton. Un nom qui ne lui parlait pas du tout. La prochaine fois qu’Alphonse Kaminsky parviendrait à établir la communication avec eux, Hildegarde ne manquerait pas de l’interroger à son sujet.

- Vous aviez touché le papier Amaryllis du manoir. Est-ce qu’une partie de vos souvenirs est revenue après ça, comme à l’aquarium ?

- Effectivement… j’arrive à me rappeler de mon enfance en partie. Je faisais un rêve étrange d’ailleurs. Aléria, est-ce que les prénoms de Marie-Anne et Charles-Henry te parlent ? J’ai l’impression qu’ils sont familiers mais je ne ressens rien.

- Je crois bien que c’est le nom de vos frères et sœurs mais vous ne parlez presque jamais de votre famille, madame Linday.

Des frères et sœurs ? Si elle parvenait à recoller peu à peu les morceaux de son existence à chaque nouvel morceau de feuille Amaryllis obtenu, elle ne pouvait même pas mettre un nom, ou une voix sur ces noms. Lorsqu’elles avaient quitté le train plus tôt dans la journée, Aléria avait mentionné un frère appelé Archibald qui travaillait au siège de l’Elysium. Au moins cela avait de la cohérence avec ce rêve étrange, elle devait justement parler avec cet Archibald.

Lorsque Hildegarde demanda à son interlocutrice si quelque chose clochait avec l’héritage de la famille Linday, cette dernière lui fit une sacrée révélation. Quatre ans auparavant, lorsque le chancelier Linday avait perdu la vie suite à une maladie, Archibald Linday avait récupéré l’intégralité de l’héritage et de la fortune familiale. Si Hidegarde était déjà majeure à ce moment-là et avait créé son propre réseau, cela avait grandement endommagé le futur des deux autres.

- Vous n’avez plus aucune liaison avec aucun d’entre eux si j’ai bien compris, expliqua Aléria. Après comme je viens de le dire, vous ne parlez presque jamais d’eux donc je ne peux pas vous renseigner davantage…

- Je vois… donc tu ne sais pas vraiment si je le vivais bien du coup, souffla Hildegarde qui avait toujours du mal à se sentir concernée par toutes ces informations alors qu’elles faisaient partie de sa vie. J’y verrai sûrement plus clair lorsque ma mémoire sera complètement restaurée. Espérons que le papier Amaryllis de Phoenix System soit le dernier…



***


- Et pourquoi c’est Aléria que tu as envoyé surveiller madame Linday ? Elle aurait pu rester ici avec moi pendant que tu te coltines le sale boulot, soupira Shingo, le poing posé contre sa joue. Aléria est partie dans la chambre depuis seulement une dizaine de minutes mais elle me manque déjà…

- Tu as déjà oublié ton interdiction formelle de t’approcher d’Aléria dans un rayon inférieur à trois mètres, rappela Noctis d’un air ennuyé. Ce n’est pas parce que monsieur Elton n’est pas avec nous en ce moment que les règles ne sont plus en vigueur.

Les deux camarades de classe en avaient vu des vertes et des pas mûres depuis leur arrivée dans cette reproduction virtuelle de la mégapole d’Ebravia. Il y a encore peu de temps, l’un comme l’autre croyaient encore que l’univers les entourant était véritable et que toute la population avait subitement disparu sans laisser de traces. Mais avec l’aide d’Aléria, ils avaient pu se remémorer leur visite des locaux de Kaminsky Corporation.

Ils avaient beau s’être connectés en compagnie de leur amie au manteau noir, les deux compères s’étaient retrouvés séparés d’elle à leur arrivée. Cela les avait amené à la conclusion qu’Aléria fut victime de la disparition de masse, cette dernière leur ayant avoué qu’elle avait pensé exactement la même chose avant de découvrir la vérité sur l’environnement numérique. Mais savoir où ils se situaient ne changeait hélas rien au fait qu’ils ne pouvaient pas se déconnecter et retrouver le monde réel.

Si les trois élèves de Harris Elton s’entendaient bien entre eux, ils étaient néanmoins tous très différents les uns des autres. Aléria était la fille timide sans le moindre soupçon de confiance en elle, Noctis était le génie calme et sûr de lui qui aidait souvent son professeur détective dans ses enquêtes. Quant à Shingo, il s’agissait du garçon sans réel talent autre que celui de se rendre ridicule. Éprouvant des sentiments pour la fille au manteau noir, ses tentatives de sortir avec elle n’avaient pas bien fonctionné.

- Madame Linday est clairement la clé dans cette affaire. Le jeu de Kaminsky a commencé à subir des dysfonctionnements lorsqu’elle s’est connectée en compagnie de monsieur Elton. Et d’après ce que nous a dit Aléria sur le trajet jusqu’à l’hôtel, elle est à la seule à avoir complètement perdu la mémoire plutôt que de simplement oublier la visite à Kaminsky Corporation.

- Comment aurait-elle pu provoquer de tels problèmes sans même s’en rendre compte ? demanda Shingo en commençant à se balancer sur sa chaise. Oh j’ai compris… tu penses à son truc bizarre avec ses yeux, là ?

- Je doute que ses yeux aient quelque chose à voir dans cette histoire, admit Noctis en redressant ses lunettes carrées qui tombaient sur son nez. Mais bon, il vaut mieux n’exclure aucune possibilité, c’est peut-être le cas.

- Et je peux savoir ce que mes yeux ont à voir avec cette histoire ?

Noctis et Shingo tournèrent alors le regard en direction de la porte menant au couloir. Hildegarde et Aléria venaient d’apparaître sur le seuil. Les deux garçons stoppèrent immédiatement leur conversation alors que les nouvelles arrivantes prenaient place autour de la table à leur tour. Si la femme d’affaires était la plus âgée dans la salle, presque dix années de plus vis-à-vis des trois autres, elle demeurait la plus petite et son visage ne donnait clairement pas l’impression d’une différence d’âge.

Les deux garçons avaient tous deux des cheveux relativement courts. Là où Noctis disposait d’une chevelure brune ordinaire et bien coiffée, ceux de Shingo se révélaient blonds et bouclés. Tout comme Hildegarde, ils possédaient tous deux des yeux azurs bien que ceux du génie à lunettes devenaient parfois verts émeraude selon l’éclairage de la pièce. Contrairement à Aléria qui transportait son manteau noir absolument partout, leurs tenues vestimentaires se montraient plus simples et accessibles.

- Alors monsieur je sais tout, il y a un problème avec mes yeux ? demanda Hildegarde en croisant les bras. Je suis censée porter des lunettes dans le monde réel, c’est ça ?

- Non pas du tout, répondit aussitôt Noctis, gênée qu’elle l’appelle par ce surnom peu appréciable que Shingo lui avait donné un jour. Vous avez un pouvoir étrange avec vos yeux, ils deviennent parfois rouges sans la moindre explication et peuvent vous faire souffrir. Mais apparemment, vous n’avez jamais compris vous même d’où ça provenait.

- Intéressant ça, tiens… nota la femme blonde qui doutait elle aussi que cela puisse avoir un rapport avec la situation actuelle.

- Dites, vous ne pensez pas qu’on devrait retrouver monsieur Elton ? intervint alors Shingo, qui aimerait bien pouvoir quitter l’environnement virtuel le plus vite possible. Il s’est connecté en même temps que madame Linday, il doit bien être quelque part, non ? Si ça se trouve, il a déjà trouvé le pourquoi du comment vu son talent pour résoudre les enquêtes…

Hildegarde lança un regard de reproche en direction d’Aléria, qui évita le contact visuel avec elle. Visiblement, elle avait omis de révéler à ses deux camarades de classe une partie de leur aventure dans le jeu de Kaminsky Corporation. Si la femme d’affaires pouvait comprendre que la nouvelle était encore difficile à encaisser pour Aléria, cela ne servirait à rien de laisser ses collègues dans l’ignorance et leur donner de faux espoirs.

La demoiselle aux problèmes de mémoire entreprit donc de leur raconter leur passage à l’appartement de Harris Elton et la découverte du cadavre de ce dernier. Le visage de Shingo vira au blanc en apprenant la nouvelle, envahi par l’effroi. Si son camarade à lunettes semblait lui aussi affecté, il avait toutefois émis l’hypothèse que son professeur, Aléria et madame Linday puissent avoir subi des complications après leur arrivée ici.

- Nous ne savons pas qui l’a tué, déclara Hildegarde. Ni même pourquoi d’ailleurs. Tout ce que nous avons trouvé sur lui est un message comportant la lettre A écrit avec du sang. Vu tout ce qui nous est arrivé par la suite, je pense que nous pouvons en conclure que le « A » correspondait bien à Amaryllis.

- Tout n’est peut-être pas perdu, balbutia Aléria, le visage rougissant. Nous sommes dans une espèce de réalité virtuelle séparée du vrai monde. Monsieur Kaminsky a dit qu’il ne s’était pas réveillé mais si nous réparons les erreurs, il est possible qu’il se réveille pour de bon. Je… je refuse de croire qu’il soit mort tant que nous n’en aurons pas la confirmation !

Noctis trouvait étrange que son professeur n’ait pas pu rejoindre le monde réel s’il avait perdu la vie ici. Kaminsky Corporation ne pouvait pas délivrer un produit dans le grand public si cela mettait en danger ses consommateurs. Peut-être que tout serait clair lorsqu’ils auraient une connaissance complète des événements. Le dernier papier Amaryllis localisé au siège de Phoenix System détenait possiblement la clé du mystère.

Shingo marmonna quelque chose entre les lignes de « Arceus nous guidera sur le bon chemin ». Si le garçon avait pris l’habitude de donner des surnoms peu enviable à tout son entourage, au point où Hildegarde les réutilisait souvent mais dans le but de se moquer, c’était elle qui s’était occupé de son cas. Le jeune homme pensait réellement être un élu choisi par le Pokémon Légendaire en personne pour rétablir la paix dans la monde.

- Ma foi, si l’élu pistonné peut appeler Arceus ici pour nous tirer d’affaire, ça nous faciliterait la tâche, avoua Hildegarde de son habituel sourire moqueur.

- Sa majesté Arceus ne se montre pas devant le commun des mortels, seulement aux êtres qu’il a choisi pour accomplir la voix divine ! rappela Shingo sur un ton tout ce qu’il avait de plus sérieux. C’est triste que vous ne puissiez pas comprendre ça, madame star bourrée aux as de petite taille.

- La prochaine fois que tu m’appelles comme ça, j’engage un tueur à gages dès notre retour dans le monde réel pour te zigouiller.

Aléria se retint tant bien que mal d’éclater de rire. Ce genre de scènes lui rappelait quand madame Linday leur rendait visite, à l’école des dresseurs tenus par monsieur Elton. Retrouver Shingo et Noctis dans cet univers pesant et stressant lui faisait du bien. Mais elle espérait toujours que tout ne soit pas perdu pour son mentor et qu’ils pourraient bientôt tous être réunis avec lui. Elle avait le sentiment que la visite à Phoenix System ferait la lumière sur ce fait.