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Projet Amaryllis de Kazumari



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Informations

» Auteur : Kazumari - Voir le profil
» Créé le 31/07/2019 à 01:36
» Dernière mise à jour le 09/08/2019 à 21:26

» Mots-clés :   Action   Policier   Région inventée   Science fiction   Suspense

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Chapitre 5 : Le manoir von Mainstein
- C’est grand… nota Aléria, peu habituée à se retrouver face à face avec des demeures aussi luxueuses.

Le binôme féminin avait décidé de suivre leur seule piste et tenter de déterminer la nature de tous les signaux détectés par Alphonse Kaminsky. Si d’autres papiers Amaryllis existaient dans cette reproduction numérique d’Ebravia, ce serait peut-être l’occasion de restaurer complètement la mémoire de Hildegarde et faire la lumière sur cette situation. Ces histoires d’amnésie ne pouvaient pas être liées à une simple erreur du système, quelque chose ne tournait pas rond.

Ce n’était pas la première fois que Hildegarde Linday se rendait au manoir de la famille von Mainstein. Si ses souvenirs concernant les vingt premières années de sa vie environ étaient encore perdus dans la nature, elle se souvenait parfaitement avoir posé les pieds dans la luxueuse demeure dans le cadre d’une soirée de gala organisée par la famille aristocratique. Le statut de Hildegarde en tant que Linday lui donnait accès aux lieux les plus convoités.

- Si vous connaissez déjà les lieux, ce sera certainement plus pratique pour se repérer une fois à l’intérieur, ajouta la jeune fille au manteau noir alors qu’elles approchaient de l’entrée. C’est tellement imposant par rapport à l’aquarium de tout à l’heure que j’ai l’impression qu’on peut errer des jours sans parvenir à trouver le papier Amaryllis qui pourrait se trouver là.

- Je ne suis pas certaine que nous allons avoir affaire à une reproduction exacte du manoir des von Mainstein, avoua Hildegarde.

Maintenant qu’elle connaissait la vérité sur ce monde qui l’entourait, la femme semi-amnésique voyait les choses sous un angle nouveau. Aléria et elle évoluaient en ce moment dans un espace numérique modélisant Ebravia. Hildegarde ne s’était pas rendue aux frontières pour s’en assurer mais elle demeurait persuadée que le jeu-vidéo projet de Kaminsky Corporation devait se contenter du secteur neuf de la mégapole, ce qui expliquait pourquoi tous les papiers Amaryllis se trouvaient dans les parages.

La femme d’affaires doutait fortement que l’équipe technique de l’entreprise de jeux-vidéos puisse recréer à l’identique l’intégralité de toutes les demeures, surtout pas une appartenant aux von Mainstein, où tout le monde ne pouvait pas entrer à sa guise. Hildegarde songea avec amusement que Harris avait certainement laissé les techniciens visiter son appartement en échange d’une somme d’argent pouvant servir à supprimer une partie, même légère, de sa dette envers elle.

Cette théorie fortement probable aurait pu se vérifier facilement. Si le binôme avait tenté d’entrer à l’intérieur d’un appartement autre que celui du professeur détective, il y aurait fort à parier que le résultat se serait montré différent par rapport au monde réel. Lors de leur visite dans les locaux de monsieur Elton, elles disposaient de toutes les cartes en main pour découvrir la vérité sur l’environnement qui les entouraient mais n’avaient pas su tirer partie de cette chance.

- J’espère que le manoir n’a pas été envahi par des Pokémon sauvages comme l’aquarium, murmura Aléria, peu rassurée alors qu’elles traversaient le jardin de l’habitation. Surtout si ce sont des Pokémon Spectre…

- Aléria chérie, essaie de faire la part des choses. Tous les Pokémon que nous avons rencontré depuis mon réveil à bord de ce train ne sont pas des véritables Pokémon, juste des algorithmes qui se rapprochent assez fidèlement de la réalité. Tu n’as aucune raison d’avoir peur.

Comme elle en avait l’habitude dès qu’elle n’était pas rassurée, Aléria rabattit la capuche de son manteau noir sur sa tête afin de cacher au maximum son visage. Cela lui donnait l’impression de disparaître et la confortait quelque peu mais elle savait pertinemment que ce ne serait d’aucune utilité si un ennemi venait à leur rencontre dès maintenant. Elle ne pourrait compter que sur le Fragilady accroché à sa ceinture pour lui porter secours en cas de danger.

Hildegarde songeait à ce maudit Alphonse Kaminsky qui n’avait plus donné le moindre signe de vie après leur conversation dans le parc. Cela venait peut-être de sa position dans le monde des affaires mais la jeune femme avait tendance à ne pas faire confiance facilement. Est-ce que l’équipe technique de Kaminsky Corporation travaillait bel et bien de façon à les sortir de là le plus rapidement possible ? Harris Elton n’avait-il pas rallié le monde réel après sa mort au sein du monde numérique ?

La demoiselle se ravisa rapidement. Alphonse Kaminsky n’avait absolument rien à gagner dans cette affaire en l’enfermant dans cet espace virtuel, surtout que les trois élèves de Harris avaient apparemment effectué leur connexion après elle pour la secourir. Pourquoi mettre en péril toute son entreprise de la sorte ? Hildegarde décida donc de lui faire confiance et de se préoccuper de dénicher la nature des deux autres signaux, afin de possiblement rétablir l’intégralité de sa mémoire. Ce serait déjà un bon début.

- Tu es prête ? demanda-t-elle à Aléria qui ne lâchait pas la manche de la veste appartenant à son interlocutrice. Si tu ne veux pas entrer, tu peux me confier ton Fragilady et attendre ici. Les recherches seront retardées mais au moins, tu auras la conscience tranquille…

- Je ne vais pas vous laisser toute seule à l’intérieur, madame Linday ! s’exclama l’apprentie détective sur un ton de reproche. Je ne suis pas la plus courageuse mais nous sommes ensemble dans la même galère depuis le début alors restons groupées jusqu’à la fin.

Hildegarde lâcha un sourire. Maintenant qu’elle avait recouvré une partie de ses souvenirs, elle parvenait à visualiser plus aisément quel genre de personne elle était dans la vie de tous les jours. Une femme hautaine, méprisable, qui aimait tourmenter amicalement Harris et lui imposer les pires demandes à cause de sa dette. Bref, une personne que l’on remarquait bien plus pour ses défauts que pour ses qualités. Mais cela ne l’empêchait pas d’éprouver de l’affection pour le détective et ses élèves.

Pour le moment, elle préférait mettre en suspens son côté aristocratique, le temps de s’assurer qu’Aléria et elle puissent rallier le monde réel en toute sécurité. Elle ne manquerait pas de faire des remarques déplacés à Alphonse Kaminsky lorsqu’il se retrouverait devant elle. La demoiselle avait facilement les moyens de racheter son entreprise et de la faire fermer, entraînant au chômage tous les salariés. Elle doutait d’en arriver là mais l’idée de menacer le directeur lui plaisait beaucoup.



***


Aléria ne manqua pas de lâcher un petit cri en apercevant un Mygavolt sauvage qui semblait se délecter grâce à la lumière émise par le lustre accrochée dans l’imposante sale d’entrée. Le type Sol du Tritosor appartenant à Hildegarde se montra bien utile pour vaincre et mettre en déroute le Pokémon Araclectrik qui ne tarda pas à s’enfuir par la porte d’entrée laissée grande ouverte. Le visage de la fille au manteau noir reprit rapidement ses couleurs.

Si sa plus grande crainte restait les Pokémon Spectre, elle gardait une certaine appréhension pour tout ce qui avait trait aux insectes. S’il s’agissait de Pokémon appartenant à des dresseurs, cela ne lui posait aucun problème. Mais dans le cas présent, même en sachant pertinemment qu’elle faisait face à des simples lignes de code, elle ne pouvait pas empêcher son corps de trembler et son cœur de battre à toute allure contre sa poitrine.

- On dirait bien que j’avais vu juste, cela ne ressemble pas du tout au souvenir que je me faisais de la pièce principale du manoir, remarqua calmement Hildegarde en jetant des coups d’œil autour d’elle.

La demoiselle ne comptait de toute façon pas sur ses propres connaissances pour localiser le papier Amaryllis, ou tout autre objet mystérieux qui avait généré le signal capté par l’équipe de Kaminsky Corporation. Lorsque la femme d’affaires s’était rendue dans la demeure dans le cadre de la soirée de gala, elle s’était contentée de l’immense salle d’entrée, qui avait été revue à la baisse dans la modélisation numérique où le binôme était enfermé.

De forme circulaire, l’entrée était divisée en deux étages, dont le second était accessible par les escaliers situées aux deux extrémités. L’un comme l’autre présentaient une bonne dizaine de portes menant toutes à des pièces différentes. Si un objet important se trouvait entre les quatre murs du manoir, le retrouver n’allait pas être une mince affaire. Se rappelant avec amertume de leurs fouilles ennuyeuses dans la bibliothèque secrète de l’aquarium, Hildegarde espérait que cela ne dure pas aussi longtemps ici.

- Je sais que tu as dit que nous devrions rester ensemble mais je te propose une petite entorse à cette règle, annonça-t-elle en croisant les bras. Si tu t’occupes du rez-de-chaussée, je peux aller à l’étage. Si jamais il t’arrive quelque chose, tu peux crier comme tu le fais si bien et je te rejoindrai aussitôt.

- Ce n’est pas… dangereux ? demanda Aléria, peu rassurée à l’idée de croiser le chemin d’un autre Mygavolt ou quelque chose d’encore pire sans Hildegarde à ses côtés.

- Aléria chérie, tu as très bien pu combattre ces Malamandre tout à l’heure sans mon aide, rappela Hildegarde avec un sourire malicieux. Tu es donc parfaitement capable de t’en sortir par tes propres moyens. Si tu veux qu’on se retrouve plus rapidement alors montre-toi efficace dans la recherche de l’objet qui a généré le signal.

La jeune fille s’apprêtait à rétorquer que les Malamandre n’étaient ni des Pokémon Spectre ni des insectes, ce qui lui avait évité la crise de panique. D’autres Mygavolt pouvaient parfaitement avoir élu domicile dans le manoir von Mainstein et l’attaque Flash de Fragilady ne suffirait peut-être pas à les faire fuir. Malheureusement pour elle, Hildegarde ne lui laissa pas le temps de se plaindre et se dirigea aussitôt vers l’escalier le plus proche pour rallier l’étage.

Aléria hésita à lui désobéir et à immédiatement la rejoindre avant qu’elle ne sorte de son champ de vision mais se ravisa au dernier moment. Dans le fond, son compagne d’infortune avait raison. Tous les Pokémon sauvages qui se trouvaient dans les environs n’étaient que des algorithmes, elle n’avait aucune raison de paniquer. Elle devait simplement effectuer un petit travail mental pour se persuader que tout irait bien. Son Fragilady ferait tout pour la protéger si le pire arrivait.

Ne supportant pas la solitude dans un environnement aussi pesant, Aléria s’empressa de libérer le Pokémon Chef-Fleur de sa Pokéball afin qu’il puisse lui tenir compagnie. Résignée, elle commença donc l’exploration des différentes salles du rez-de-chaussée dans l’espoir de trouver ce que renfermait le manoir. Aléria n’aurait su dire combien de temps s’était écoulé depuis qu’elle fouillait chaque tiroir, chaque étagère, chaque meuble sans dénicher quoi que ce soit.

- Au moins, il n’y a pas de Pokémon sauvages qui se baladent dans les parages, songea-t-elle en essayant de voir le bon côté des choses. Vu que madame Linday se trouve toujours à l’étage, je suppose qu’elle n’a pas réussi non plus à trouver ce que nous cherchons…

Son Fragilady faisait preuve d’un immense soutien à l’égard de sa dresseur dans ces moments difficiles. Malgré le temps qui passait, Alphonse Kaminsky ne semblait visiblement pas capable de rétablir la connexion avec elle pour leur parler à nouveau. Elles ne risquaient pas de rallier le monde réel de sitôt si les choses ne s’amélioraient pas. Si le directeur d’entreprise avait émis l’hypothèse que les papiers Amaryllis soient la cause du problème, Aléria doutait que les réunir suffise à rectifier la situation.

Malheureusement, il s’agissait de leur seule piste. Abandonner la recherche des papiers Amaryllis serait synonyme de retour à la case départ. Ni elle ni Hildegarde ne pouvaient se permettre de patienter en attendant que Kaminsky Corporation leur annonce une bonne nouvelle. Si Harris Elton était bel et bien mort sans être revenu à la réalité alors rester à l’intérieur de cette simulation virtuelle deviendrait vraiment dangereux sur le long terme.

- Tu penses vraiment que monsieur Elton est parti pour de bon ? demanda-t-elle à son partenaire de type Plante tout en fermant le tiroir qu’elle observait. Depuis que nous avons appris la vérité sur cet endroit, j’ai le sentiment que tout n’est pas perdu pour lui… mais peut-être que je me trompe ? A vrai dire, je n’ose même pas imaginer ce qui m’arriverait si on sortait d’ici et qu’il était réellement… mort.

Aléria avait toujours vécu dans la pauvreté. Lorsque Harris Elton lui avait tendu la main, acceptant de l’héberger et d’en faire une élève de son école de dresseurs, elle s’était sentie renaître. Elle devait beaucoup à son professeur détective et ne se voyait pas continuer sans lui. A peine âgée de quinze ans et sans la moindre formation, elle ne parviendrait pas à trouver un travail ni une habitation de sitôt. Elle se doutait bien que Hildegarde lui viendrait en aide mais la jeune fille ne parvenait néanmoins pas à se projeter.

Fragilady acquiesça d’un signe de tête pour indiquer que lui non plus ne croyait pas à la disparition définitive du bienfaiteur de sa dresseuse. Aléria lâcha malgré elle un petit sourire soulagé avant de se diriger vers l’étagère suivante. Elle sentit cependant un frisson parcourir son corps en entendant un bruit de porte qui s’ouvrait en grinçant. Jusqu’à preuve du contraire, un Pokémon sauvage n’avait pas vraiment besoin d’utiliser une porte de manière conventionnelle.

- Madame Linday ? C’est vous ? Vous avez découvert où se trouve le papier Amaryllis ?

Aucune réponse. Aléria avait beau regarder partout autour d’elle, personne ne se situait dans les environs. Si elle pensa alors être simplement soumise à une hallucination, l’expression inquiète de son Fragilady lui confirma que le grincement était bel et bien réel. Ne se préoccupant même plus du tiroir de l’étagère en bois qu’elle s’apprêtait à ouvrir, la jeune fille au manteau noir avança prudemment jusqu’au centre de la pièce en se montrant attentive vis-à-vis de son environnement.

Si personne ne décidait de venir à sa rencontre dans la prochaine minute, elle retournerait à sa fouille minutieuse de la pièce. Mais pour le moment, elle préférait avoir une vision d’ensemble afin de ne pas être prise par surprise si quelqu’un d’autre qu’Hildegarde et elle-même errait dans le manoir des von Mainstein. Le cœur d’Aléria manqua un battement lorsqu’elle sentit une main se poser discrètement sur son épaule depuis l’angle mort de son champ de vision.

- Aléria, ça boume ?



***


- C’est encore pire que de chercher une aiguille dans une botte de foin à ce stade… marmonna Hildegarde.

La femme d’affaires à la mémoire trouble venait de terminer l’inspection de sa quatrième pièce du premier étage sans avoir réussi à mettre la main sur un papier Amaryllis ou tout objet susceptible d’être la source du signal. La demoiselle savait qu’Aléria se serait précipitée pour la retrouver si jamais elle avait déniché ce qu’elles recherchaient. Sa camarade au manteau noir était donc toujours en train de chercher ou avait abandonné et l’attendait peut-être à l’entrée du manoir.

Son Tritosor lui fit remarquer qu’elle avait oublié le tiroir le plus bas de l’étagère située au fond de la chambre. Même si à ce stade, elle doutait fortement qu’un simple tiroir puisse renfermer le fruit de leur convoitise, elle s’en voudrait de laisser la fouille incomplète et partir dans la pièce suivante. Alors qu’elle s’approchait, elle entendit le cri strident d’Aléria provenant de l’étage du dessous. Songeant qu’elle avait sûrement fait la rencontre d’un Pokémon sauvage, elle jugea qu’il valait mieux descendre pour s’en assurer.

- Juste le temps de vérifier rapidement que cette étagère est complètement vide, histoire de ne pas avoir à revenir ici, songea-t-elle en faisant de grandes enjambées pour atteindre le tiroir.

- Enfin je vous retrouve, bandes de criminels ! s’exclama alors une voix dans son dos qui n’appartenait certainement pas à Aléria.

Hildegarde tourna son regard vers l’entrée de la chambre tout en ouvrant le tiroir. Effectivement, le Tritosor et sa dresseuse avaient de la compagnie. Une femme se tenait sur le seuil, un fusil pointé en direction de la femme d’affaires. Notant la présence de l’arme à feu, la blonde lâcha le tiroir et leva les mains. C’était une sacrée surprise pour elle, qui pensait que seuls Aléria, elle-même, Harris Elton et ses deux autres élèves se trouvaient en ce moment dans cette reproduction numérique.

La nouvelle arrivante portait des vêtements blancs d’hiver. Elle arborait également un béret de la même couleur qui recouvrait l’intégralité de sa tête, contrairement à celui de Hildegarde qui se contentait que d’une petite partie. Ses yeux azurs emplis de colère ne quittaient pas la demoiselle semi-amnésique une seule seconde. Hildegarde pouvait être certaine d’une chose, cette femme ne figurait pas dans les souvenirs qu’elle possédait, s’étalant sur les quatre dernières années environ de sa vie.

- Je n’aime pas trop l’idée d’avoir une arme pointée vers moi sans même savoir à qui je m’adresse. avoua Hildegarde en gardant son calme.

- Ne faites pas la maligne. Je vous reconnais, vous êtes la femme Linday qui était invitée à venir tester l’environnement virtuel aujourd’hui ! C’est à cause de vous que la situation est aussi désastreuse, dépêchez-vous d’annuler vos bêtises, je n’hésiterai pas à tirer.

- Mes bêtises ? répéta la demoiselle blonde sans comprendre.

Cette nouvelle venue ne s’était pas présentée mais Hildegarde en arriva rapidement à la conclusion qu’elle était liée d’une manière ou d’une autre à Kaminsky Corporation. L’inconnue semblait apparemment consciente de se trouver dans un univers virtuel, contrairement à Aléria ou elle-même avant de mettre la main sur le papier Amaryllis de l’aquarium. Avait-elle déniché celui qui se trouvait à l’intérieur du manoir von Mainstein, rétablissant ainsi ce léger trou dans sa mémoire ?

Selon Alphonse Kaminsky, seuls elle et Harris devaient tester le jeu. Les trois élèves de ce dernier étaient venus ensuite, ne laissant aucun casque de réalité virtuelle. En reliant tous les éléments entre eux, Hildegarde put déduire que cette femme avait quitté le monde réel avant tous les autres. Si elle avait pu rallier le monde numérique sans accroc avant que les problèmes n’apparaissent, peut-être que sa mémoire n’en avait pas été affectée et que le papier Amaryllis se terrait toujours quelque part dans les environs.

- Depuis que vous et monsieur Elton vous êtes connectés, toutes les communications avec le monde extérieur sont coupées et il est impossible de se déconnecter, expliqua l’inconnue. Cela fait un bon moment que je vous surveille, vous et la fille qui vous accompagne. Je ne sais pas quel est votre objectif mais vous feriez mieux d’abandonner dès maintenant !

- Monsieur Kaminsky est entré en contact avec moi il y a encore peu de temps, dévoila Hildegarde en gardant ses mains levées. Il m’a expliqué qu’un bug étrange a provoqué des complications à notre arrivée, à moi et Harris. Je ne suis pas plus au courant que vous de ce qui se trame mais nous essayons de rétablir la situation. Kaminsky travaille lui aussi de son côté.

- Vous mentez ! s’exclama son interlocutrice avec colère, en rabattant sa longue chevelure blanche vers l’arrière. Les communications sont absolument rompues, le directeur Kaminsky n’aurait jamais pu converser avec vous. Je trouve ça sidérant que vous puissiez encore déblatérer de tels mensonges alors que vous êtes prise sur le fait, Linday !

Hildegarde lâcha un soupir, comprenant qu’elle ne parviendrait à rien dans cette discussion. Cette femme était bornée et le stress de rester enfermée dans cet environnement virtuel avait dû lui faire perdre la raison. Certes, son amnésie maintenant partielle l’amenait à être parfois distraite mais de là à halluciner un échange entier avec Alphonse Kaminsky sans se rendre compte que personne ne lui répondait... Surtout qu’Aléria était présente lors de la scène. Le problème venait donc de cette nouvelle venue.

Cette intervention impromptue lui avait fait sortir le cri d’Aléria de la tête. Est-ce que sa camarade allait bien ? Il n’était pas impossible que cette femme dérangée soit accompagnée et ait demandé à quelqu’un de s’occuper de sa protégée en manteau noir en parallèle. Hildegarde allait toutefois avoir du mal à se sortir de ce pétrin avec un fusil pointé sur elle. Son regard se dirigea l’espace d’une fraction de seconde en direction du tiroir qu’elle avait ouvert sans en vérifier le contenu. Un morceau de papier était glissé à l’intérieur.