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Projet Amaryllis de Kazumari



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» Auteur : Kazumari - Voir le profil
» Créé le 27/05/2019 à 20:08
» Dernière mise à jour le 09/08/2019 à 21:16

» Mots-clés :   Action   Policier   Région inventée   Science fiction   Suspense

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Chapitre 2 : La lettre A
Aléria s’était réfugiée dans la salle de bain, régurgitant des liquides gastriques dans l’évier afin de ne pas tacher son environnement. En entrant à l’intérieur de l’appartement, elle avait envisagé que son bienfaiteur ait tout simplement disparu comme tous les passants de la cité. Jamais elle n’aurait pensé découvrir son cadavre dans sa chambre. Elle qui se sentait en temps normal mal à l’aise uniquement avec des choses liées aux Pokémon Spectre ne pouvait plus se retenir.

Harris Elton était détective privé dans son temps libre, sa profession l’avait sûrement amené à se créer des ennemis. Est-ce que l’un deux pouvait être le responsable de ce crime ? La disparition de tout le monde en dehors d’elle-même et de madame Linday était-elle liée au sujet ? Comme à son habitude, Aléria se posait toujours bien trop de questions impossibles à étudier sans la présence de preuves concrètes. Son âme d’apprentie détective prenait le dessus.

- Je ne… peux pas laisser madame Linday toute seule, murmura-t-elle en relevant la tête.

Faisant face au miroir, Aléria put se rendre compte que son visage était bien plus pâle qu’à l’ordinaire. La découverte du corps gisant ne lui avait décidément pas fait du bien. Mais maintenant que son estomac cessait de remuer violemment, elle comptait rejoindre la femme amnésique, cette dernière n’ayant toujours pas quitté le lieu du crime. Malgré son apparence en retard par rapport à son âge, Hildegarde savait garder la tête sur les épaules.

En entrant à nouveau dans la pièce, la fille au manteau noir releva volontairement sa capuche contre sa tête, afin de réduire légèrement son champ de vision. Elle tâcha de ne pas croiser le regard de son bienfaiteur décédé et ignorait du mieux possible les odeurs désagréables émanant de la chambre. Penché vers le malheureux, Hildegarde semblait étudier de fond en comble la situation. Cherchait-elle une piste qui permettrait de lancer une enquête ?

- Désolée, je me doute que cet homme doit faire partie de mes connaissances mais je n’arrive pas à me souvenir de lui, souffla la blonde en se redressant pour rejoindre Aléria. Et à cause de ça, je n’arrive pas à me sentir triste…

- J’ai grandi dans une famille pauvre et monsieur Elton m’avait justement pris sous son aile, je lui dois beaucoup, expliqua son interlocutrice, encore sous le choc. Je… je ne sais pas ce que je vais faire sans lui. Surtout si les deux autres de ses élèves qui résidaient à l’internat de l’école ont disparu eux aussi.

Hildegarde avait noté peu avant que l’une des poches de poitrine de sa veste contenait un paquet de mouchoirs. Elle en sortit donc un pour le tendre à Aléria, qui commençait à fondre en larmes. Cette maudite amnésie l’empêchait de faire preuve d’empathie et cela la peinait. Si elle avait au moins pu interagir un peu avec cet Elton avant l’incident, ou alors conserver des souvenirs le concernant, alors la situation aurait sûrement été différente.

Attendant qu’Aléria ait fini d’extérioriser sa peine, Hildegarde regardait partout autour d’elle. La demoiselle s’était contentée de s’attarder sur le corps jusqu’ici et ne voulait pas laisser passer sa chance de déceler un indice. Cependant, rien ne semblait sortir de l’ordinaire à part quelques traces de sang. La chambre ne comportait pas de meubles en dehors du lit, la victime vivait simplement sans artifices. Elle allait donc devoir se contenter de l’élément trouvé lors de sa fouille.

- Monsieur Elton tenait ceci dans sa main. Personnellement, cela ne me dit rien du tout mais peut-être que toi ça te parlera, révéla Hildegarde en lui tendant un bout de papier chiffonné.

Les yeux encore irrités par les larmes, Aléria tâcha de se reprendre émotionnellement et attrapa l’objet que lui tendait la femme amnésique. Hélas, elle non plus ne pourrait pas tirer grand-chose de ce document improvisé. La lettre A en majuscule était écrite, certainement à partir du sang de monsieur Elton lui-même. Qu’est-ce que cela pouvait bien signifier ? La première pensée qui vint à la fille au manteau noir fut son propre prénom, qui débutait par cette lettre.

Un peu perdue, Hildegarde avoua qu’Aléria était également sa première hypothèse. Sa seconde, un peu plus technique, ne pouvait pas être exclue pour autant. Il n’était pas impossible que la victime ait eu le temps d’apercevoir son meurtrier avant l’acte. Et dans la situation où il connaissait le responsable et que son nom commençait aussi par la lettre A, il avait tenté de l’écrire sans réussir à terminer avant de décéder. Mais rien ne permettait de le confirmer.

- Vu que tu m’as dit sur le trajet que je suis une grande amie de ce type, j’ai regardé dans le répertoire de mon téléphone tous les contacts dont le prénom ou nom de famille commence par A, poursuivit Hildegarde. Il n’y en a pas beaucoup et bien entendu, aucun d’entre eux ne m’a répondu.

- Vous travaillez dans le milieu des finances et collaborez avec énormément de compagnies, madame Linday. Votre réseau de connaissances n’est pas du tout le même que celui de monsieur Elton, j’en ai bien peur. Pour le moment, c’est notre seule piste. Qu’allons-nous faire ?

- Je suppose que nous allons mener…

Hildegarde ne put pas finir sa phrase, interrompue par un bruit provenant d’une autre pièce. Un son assimilable à du verre brisé. Aléria sursauta et se retourna machinalement pour fixer la porte de la chambre mais personne ne les avait encore rejoint. L’appartement se situait au troisième étage, cela ne pouvait pas être un gamin environnant qui venait de jeter un caillou contre la fenêtre. Surtout avec Ebravia qui paraissait s’être transformée en ville fantôme.

Ne sachant plus où donner de la tête, Aléria sentait son cœur battre la chamade. Un Pokémon volant ayant mal calculé sa trajectoire peut-être ? Après tout, le binôme s’était fait attaquer par des Malamandre féroces devant l’entrée de l’immeuble. Si les êtres humains n’existaient plus au sein de la mégapole, ce n’était donc pas le cas des Pokémon. Par réflexe, elle garda la main posée sur la Pokéball de son Fragilady alors qu’elles quittaient la chambre et avançaient prudemment vers le salon.

- Mais c’est… balbutia Hildegarde qui fut la première à rallier la zone.

De multiples Spectrum et Fantominus déambulaient dans le salon, tournant tous leur regard vers la femme blonde amnésique en constatant sa présence. Comprenant que des Pokémon Spectre se trouvaient à proximité, Aléria s’accrocha fermement à la veste de la demoiselle. Le visage bleu, elle devait se contenir pour ne pas lâcher un hurlement affolé. Entre les Malamandre, la découverte du corps de son bienfaiteur et maintenant ça, elle allait bientôt craquer.

Hostile, le Spectrum le plus proche lança une attaque Ball’Ombre dans leur direction. D’un simple geste, Hildegarde referma la porte et força Aléria à s’accroupir. La puissante attaque Spectre provoquera un impact et forma un trou à travers l’accès, manquant de peu les deux compères. La fille au manteau noir posa ses deux mains contre son visage. Elle ne parvenait plus à réfléchir et en venait même à oublier qu’un Pokémon situé à sa ceinture avait la capacité de les protéger contre ces envahisseurs.

- Nous ne pouvons pas rester dans cet appartement plus longtemps, souffla Hildegarde alors que la porte se détachait de ses gonds pour tomber de l’autre côté. Comment tu t’y es prise pour lutter contre les Malamandre tout à l’heure ? Ce serait bien si tu pouvais réitérer l’exploit.

- Lutter contre les… chuchota Aléria en reprenant conscience de son entourage. Avec un Pokémon… madame Linday. Est-ce que vous pouvez lancer la Pokéball que vous possédez par la fenêtre ?

Alors que le groupe de Pokémon Spectre s’approchait lentement d’elles, Hildegarde ne remarquait que maintenant qu’elle même semblait posséder un exemplaire de sphère rouge et blanche. En revanche, elle n’avait aucune idée de l’espèce qui se trouvait à l’intérieur. Et par ailleurs, cette demande d’Aléria lui semblait parfaitement stupide. Quel intérêt à lancer la Pokéball dans le trou de la fenêtre créé par les intrus en brisant la vitre ? S’agissait-il d’un Pokémon trop gros pour tenir dans la pièce ? Comme un Wailord ?

Le même Spectrum ayant lancé la Ball’Ombre préparant cette fois-ci une Griffe Ombre, Aléria répéta l’ordre en élevant la voix, paniquant comme jamais. Toujours perplexe, Hildegarde décida de lui faire confiance et effectua le geste. Cependant, elle n’eut pas le temps de vérifier quel Pokémon allait sortir de la Pokéball car sa compagne l’attrapa au niveau de la taille et la poussa frénétiquement jusqu’à cette même fenêtre, esquivant par ailleurs l’offensive de l’ennemi.

- Qu’est-ce que tu fabriques, Aléria ? demanda l’amnésique, résistant en approchant du trou.

- On saute, madame. Vous pourrez m’insulter autant que vous le souhaitez si nous survivons à la chute !

- Mais nous sommes au troisième étage… rappela Hildegarde qui fut cette fois-ci celle qui s’inquiétait. Il n’y a aucune chance que nous puissions en réchapper. En tout cas pas indemnes, ce qui nous ne avancerait absolument à rien.

Mais la fille au manteau noir ne fit pas attention à sa remarque. Comme la force physique de la femme blonde restait inférieure par rapport à la sienne, elle ne fut pas capable de se défendre quand Aléria appuya au niveau de ses épaules. Privée de ses souvenirs, Hildegarde n’aurait même pas l’occasion de voir sa vie défiler devant ses yeux avant de s’écraser lamentablement sur le sol. Une bien triste fin pour elle, qui ne pourrait jamais en savoir plus sur sa propre personne ou sur le meurtre de Harris Elton.



***


- Je n’en reviens pas…

Par le plus grand des miracles, le binôme se trouvait non loin du point où les Malamandre avaient surgi précédemment. Aléria comme Hildegarde s’en sortaient sans la moindre blessure, mis à part la montée d’adrénaline dû à la chute qui mettrait un certain temps à se stabiliser. Encore plus pour la demoiselle à la chevelure grise qui avait dû lutter en plus contre sa phobie des Pokémon Spectre. Les événements terrifiants se suivaient sans se ressembler.

Sous leurs pieds se trouvaient un Pokémon, précisément celui qui s’était échappé de la Pokéball lancée par Hildegarde. Comme la concernée pouvait toujours étrangement se souvenir des différentes espèces, elle ne tarda pas à l’identifier alors que les deux filles descendaient de son dos. Un Tritosor. Avec son corps gélatineux, une chute de trois étages ne représentait pas grand-chose pour lui. Et cela lui avait également permis d’amortir la chute de sa dresseuse et de son compagnon.

- J’avais un Pokémon comme ça à portée de main, constata Hildegarde, qui assimilait encore la révélation. Moi qui croyait que tu avais définitivement perdu la tête.

- Cela restait dangereux, admit Aléria. Encore une chance que votre Tritosor se soit montré réactif en se plaçant sur la trajectoire de notre chute. Dans le cas contraire, nous aurions eu de sérieux problèmes. Pour le moment, nous ferions mieux de nous éloigner un peu avant que ces Spectrum et Fantominus n’aient l’envie de nous poursuivre.

Hildegarde rappela le Pokémon Aqualimace à l’intérieur de sa Pokéball après l’avoir remercié chaleureusement. Sans quitter la ruelle, elles se dirigèrent ensuite vers un petit embranchement désert où personne ne pourrait remarquer la présence. Aussitôt, Aléria s’écroula à genoux sur le sol. La pauvre ne s’était pas encore remise de ses émotions et encore moins de la mort du professeur détective. Si les larmes ne coulaient plus, elle ressentait toujours une certaine détresse.

La blonde amnésique s’assit sur un carton errant et attrapa le bout de papier chiffonné qu’elle avait rangé à côté de ses mouchoirs. La lettre A. Cela pouvait avoir tellement de significations que chercher une aiguille dans une botte de foin se révélerait sans doute plus aisé. La première tâche serait de trouver si cela référait à une personne, un objet, un lieu ou bien autre chose. Hildegarde n’avait aucun talent particulier pour résoudre les enquêtes, surtout sans le moindre souvenir, mais elle comptait bien se prêter au jeu.

- Alors ? Que faisons-nous maintenant ? questionna-t-elle alors qu’Aléria fixait toujours le sol sans faire le moindre geste. Tu as une idée ?

- Monsieur Elton est mort… Shingo et Noctis ont certainement disparu avec tous les autres et il y a des Pokémon sauvages partout. Il n’y a plus rien à faire…

- Aléria chérie, s’il te plaît, soupira Hildegarde en se baissant, plaquant ses deux mains contre les joues de son interlocutrice. Je comprends tout à fait ce que tu ressens mais pense un peu à moi. Je suis censée le connaître cet Elton, non ? Et pourtant, je ne suis même pas triste à l’idée de le savoir mort, comme si c’était un étranger. Ma situation n’est pas à envier à la tienne.

Plus que les propos de la demoiselle, ce fut la manière de s’adresser à elle qui l’interpella. « Aléria chérie ». Hildegarde l’appelait assez souvent comme ça alors qu’en temps normal, elle aimait bien se moquer de son entourage gentiment et donner de temps à autre des surnoms déplorables à ses proches. Commençait-elle enfin à retrouver la mémoire ? Après tout, elle s’était contentée de l’appeler « Aléria » depuis son réveil à bord du train.

Lui posant timidement la question, le visage de l’amnésique se tordit pour exprimer la surprise. Non, cela n’avait aucun rapport avec un souvenir qui aurait fait surface. C’était sorti de sa bouche sans qu’elle ne s’en rendre compte. Comprenant où Aléria souhaitait en venir, elle fut ravie de constater que son ancienne personnalité n’avait pas complètement disparu. Même si Hildegarde demeurait toujours une parfaite inconnue pour elle-même, cela représentait une certaine avancée.

- On a la lettre A comme indice, Aléria chérie. Je sais que la situation n’est pas très belle mais tu n’as plus grand-chose à perdre maintenant. Elton était détective, non ? Tu ne penses pas que cela permettrait d’honorer sa mémoire si son apprentie élucidait le mystère entourant son meurtre. Je ne me souviens peut-être plus de lui mais je pense que ça lui ferait très plaisir.

- C’est vrai… murmura-t-elle en rabattant sa capuche. Je n’y avais pas pensé. Il faut aussi comprendre cerner la raison autour de la disparition de tout le monde. Sans parler de pourquoi les Pokémon sauvages que nous rencontrons s’en prenne à nous. Et plus le temps passe, plus je me dis que votre amnésie n’est pas naturelle. Si ça se trouve, tous les événements sont liés entre eux.

- Je vois que tu as cessé de te morfondre, nota Hildegarde avec le sourire.

Aléria releva la tête et prit appui sur le carton environnant pour se remettre debout. Par la suite et d’un simple geste de sa main, elle essuya ses yeux redevenus humides. Décidément, elle s’était retrouvée à peu de choses de tout abandonner et attendre que le prochain Pokémon sauvage en finisse avec elle. Une chance que malgré son état, la femme d’affaires soit présente pour lui remonter le moral. Ce qui n’était pas spécialement son genre par ailleurs.

Pour tenter d’exploiter leur unique indice, Hildegarde suggéra qu’elles rallient la bibliothèque la plus proche, croisant les doigts pour qu’Aléria sache où elle se situe.

Par chance, un bâtiment de ce type se trouvait non loin de l’appartement de Harris Elton, cela ne leur prendrait qu’une poignée de minutes à pied pour s’y rendre. Hildegarde lâcha donc un soupir de soulagement. Elle n’aurait pas pu dénicher une méthode alternative pour utiliser cette lettre A écrite avec le sang du détective. Et même avec une bibliothèque, leurs chances d’avancer dans cette enquête demeuraient bien minces.

- Rejoignons l’avenue principale pour commencer, proposa Hildegarde. Je ne sais pas si les Pokémon Spectre sont toujours dans l’appartement ou non mais il vaudrait mieux éviter de rester trop longtemps dans une impasse comme celle-ci.



***


- Qu’est-ce que c’est que ça… balbutia Hildegarde qui tombait des nues.

Après tout ce qui était survenu depuis son réveil dans le train, la femme blonde de petite taille pensait sérieusement que plus rien ne pouvait la surprendre. La disparition d’êtres humains, des Pokémon sauvages agressifs, un meurtre. Tout cela avait encore du sens comparé à ce qui attendait le binôme en ralliant l’avenue qu’il avait quitté précédemment pour rallier l’appartement du regretté détective privé. Maintenant, c’était l’environnement tout entier qui décidait de se mêler de l’affaire.

Le secteur neuf d’Ebravia était reconnu comme la zone industrielle et là où se trouvaient de nombreux entreprises telles que le Codélia Network Industries, Phoenix System ou encore Kamiski Corporation. Trois sociétés où Hildegarde possédait certaines parts, même si elle ne s’en souvenait pas. Mais là, difficile de reconnaître le côté industriel de la zone. Même Aléria gardait la bouche ouverte, incapable de comprendre le phénomène.

- Madame Linday, vous pouvez vraiment m’assurer que nous ne sommes pas mortes depuis le début ? Jusqu’ici on aurait pu envisager à la limite une caméra cachée mais là, cela relève du surnaturel…

- Je ne sais pas quoi te répondre…

Les deux filles faisaient à présent tache avec le paysage, qui paraissait tout droit sorti d’un dessin animé. Les couleurs très vives ressortaient beaucoup. De même que les bâtiments, lampadaires, trottoirs et autres routes qui donnaient l’impression d’avoir été dessinées. Pourtant, Hildegarde et Aléria n’avaient pas changé d’apparence en arrivant là, ce qui générait une certaine dissonance. Elle avait beau être amnésique, la femme d’affaire restée persuadée que cet endroit n'était pas cartoonesque à l’aller.

Aléria en perdait ses repères et ne se montrait plus du tout certaine de pouvoir mener sa camarade jusqu’à la bibliothèque. Elle ne reconnaissait même plus l’immeuble de monsieur Elton derrière elle. Non seulement Ebravia était une ville fantôme sans raison connue mais maintenant, il fallait faire face à ce genre de phénomènes. Le duo marchait dans l’avenue digne d’une œuvre de fiction animée en prenant garde de n’entrer en contact avec aucun objet.

- Si nous ne sommes pas mortes alors c’est un rêve, comprit Aléria en commençant à se pincer le bras sans résultat apparent.

- Autant il y a toujours une explication logique pour tout ce que nous avons vu jusqu’ici mais là, je ne sais pas. Je doute que les Pokémon Spectre, même parmi les plus puissants, soient capables de générer une illusion aussi grande.

- Regardez là-bas, madame Linday. C’est difficile de s’y retrouver mais cet édifice n’était pas présent lors de notre premier passage !

Effectivement, là où se trouvait habituellement un petit parc entre deux bâtiments avait émergé quelque chose qui n’existait pas dans la version réaliste de l’avenue. Perplexes, elles s’approchèrent de l’entrée afin de pouvoir en lire le panneau en bois non loin de la porte. « Aquarium » était écrit en noir dessus. Mais alors que Hildegarde s’apprêtait à faire demi-tour, ne jugeant pas cela digne d’intérêt, quelque chose lui traversa aussitôt l’esprit.

Le mot « Aquarium » tout simplement. Sa première lettre était le A, qui correspondait à leur piste pour retrouver le meurtrier de Harris Elton. Si en temps normal, Hildegarde ne s’en serait pas soucié et aurait continué son chemin jusqu’à la bibliothèque, le fait que cet endroit soit soudainement apparu avec la transformation de l’environnement se révélait bien louche. Croisant le regard d’Aléria, elle comprit qu’elles étaient sur la même longueur d’onde.

- Aléria chérie, il se peut qu’une nouvelle piste ou même le responsable de la mort de ton cher bienfaiteur soit à l’intérieur, est-ce que tu veux qu’on aille y jeter un œil ? Je ne t’en voudrais pas si tu préfères qu’on rejoigne la bibliothèque comme nous l’avions convenu à la base.

- Nous n’avons pas vraiment le choix, avoua la concernée en déglutissant. Je n’aurais jamais pu retrouver la bibliothèque si tout Ebravia s’est transformé en paysage de dessin animé de toute façon. Nous ne perdons rien à essayer. J’espère juste que cet aquarium n’est pas envahi par des Pokémon Spectre, mon coeur ne va pas continuer à supporter bien longtemps tout ce qui nous arrive.