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Le Royaume de Kirazann : Les Sources de Vie de Lief97



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Informations

» Auteur : Lief97 - Voir le profil
» Créé le 25/02/2019 à 11:54
» Dernière mise à jour le 04/03/2019 à 10:17

» Mots-clés :   Aventure   Cross over   Fantastique   Médiéval   Mythologie

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Chapitre 24
« Certains étudiaient les pouvoirs naissants de l’humanité, d’autres créaient des vaccins d’un genre nouveau ; c’était une période florissante pour la science, qui semblait alors n’avoir plus aucune limite. Conquête du ciel, fusions moléculaires, étude des rêves profonds et créations d’univers fictifs, voyage dans le temps, boucliers magnétiques : tout était exploité, étudié. Pokémons et humains travaillaient de concert pour améliorer l’état de ce monde chamboulé. Comme pour oublier que le reste de la planète avait été ravagé par la guerre et la faim. »

Almanach des Anciens, Livre III, L’Aube du Nouveau Monde, 19.

***



La princesse et ses trois Gardiens sont accueillis par une bouffée d’air frais bienvenue ; et par la faible clarté des étoiles dans la vaste cour qui les sépare encore du château. Sœlis pousse un faible soupire soulagé. Elle est satisfaite par cette soirée mémorable, et n’a jamais pris autant de plaisir dans ce genre de gala mondain.

Jusqu’alors cantonnée à son rôle d’héritière de la lignée royale, elle n’a jamais eu l’occasion de se séparer autant de son père, et encore moins de se lier d’amitié avec des nobles de son âge. En plus d’être mal vu par ces derniers, c’est un jeu dangereux de relations diplomatiques qui a toujours empêché quiconque de trop amplement faire connaissance avec elle.

Mais elle se sent bien, maintenant qu’elle a ses trois protecteurs auprès d’elle. Ambre accepte volontiers de se défaire de son rôle et de l’étiquette pour s’ouvrir à elle et la laisser se confier un peu ; Élio, issu du peuple, préfère aussi visiblement la sincérité aux politesses forcées. Seul Natael est un peu détaché, distant, et encore assez méfiant. Sœlis peut le comprendre, bien qu’elle soit déçue qu’il ne se montre pas plus agréable avec eux et surtout Élio. Elle a surpris plusieurs fois ses regards de dégoût.

Ce manque de respect flagrant, elle ne le comprend pas. On lui a toujours appris le respect, mais ça ne semble pas être un précepte de la famille d’Orthalos. Cet aspect du jeune blond l’a un peu refroidie, il faut bien l’avouer.

— Kashim ne nous raccompagne pas ? demande Ambre en se retournant vers les portes vitrées du bâtiment. Il est encore à l’intérieur.
— Rentrons sans lui, répond Sœlis. Le connaissant, il va vouloir escorter mon père, maintenant.
— La Nébuleuse…

Élio, dans un souffle, parvient à capter l’attention de la princesse. La jeune fille, surprise, se tourne vers lui, et suit son regard vers le ciel. Elle est aussitôt attirée par cet amas d’étoiles et de poussières, la Nébuleuse du Lumivole, qui brille comme jamais, de mille feux.

Ambre et Natael les imitent ; le dôme de verre ne leur avait pas permis jusque-là d’observer la Nébuleuse, et elle semble particulièrement colorée ce soir-là. Presque autant que la robe traditionnelle qu’Ambre semble affectionner.

— Il me semble que la Nébuleuse est évoquée dans un poème de l’Almanach des Anciens, dit Ambre à voix haute, subjuguée.
— C’est probable, rétorque Natael en quittant le ciel des yeux, l’air pressé. Sûrement dans le Livre V.
— Non, pas le Livre V, déclare Ambre. Je le connais par cœur.
— Par cœur ? s’étonne Sœlis.
— Oui. J’aime beaucoup le chapitre qui parle des Trois Dragons.

Une conversation se lance de nouveau entre les filles. Celles-ci passent devant, se dirigeant droit vers le château. Élio les suit, et Natael, avec une sorte de soupir contrarié, se résigne à leur emboîter le pas. Il semble avoir hâte de se coucher et de passer devant, mais les règles de politesse sont encore en vigueur, même hors de la salle du banquet. Il n’ose sans doute pas dépasser la princesse et paraître impoli.

Élio, sentant la présence de Natael près de lui, se bute à regarder devant, et à ne pas ouvrir la bouche. Quoi qu’il fasse et dise, le noble en aurait profité pour le rabaisser et lui rappeler qu’il est seulement un « gueux ». Même si devant Sœlis, il s’est montré plutôt indulgent à son égard, Élio doute encore de sa capacité à le considérer comme autre chose qu’un pauvre.

Autant dire qu’Élio est surpris quand le garçon tente de lancer une ébauche de discussion.

— Ça se voit, que tu as travaillé tes manières avec monsieur Anhlir, dit le blond avec un air un peu pincé. Tu m’as surpris, je l’avoue.

Élio lui jette un coup d’œil à la dérobée, prudent. Mais ces paroles semblent être plutôt sincères.

— Merci, répond-il simplement.

Si leur échange s’arrête là, il n’en reste pas moins une certaine avancée pour Élio. Peut-être qu’avec le temps, Natael cessera de se comporter en être supérieur avec lui…


***



— Merci pour cette soirée, vous avez été parfaits tous les trois. Reposez-vous bien. Demain, ce sera notre dernière journée ici !

Sœlis Libellion, les prenant tous les trois au dépourvu, leur fait la bise à tour de rôle, comme une amie le ferait, avant de s’enfermer dans sa chambre. Natael, sans plus de cérémonie, souhaite bonne nuit aux deux autres et va dans sa chambre sans un regard en arrière.

Ambre se tourne vers Élio et esquisse un sourire amusé.

— C’était bien plus sympa que je le pensais, un banquet ! Pas toi ?
— Si. J’ai… je n’avais jamais rien mangé d’aussi bon.

Elle éclate de rire.

— C’est vrai, moi non plus !

Il sent le regard de la jeune femme sur lui, et rougit un peu. Il a beau apprécier la compagnie d’Ambre Karalune, il ne peut s’empêcher, par moments, de se sentir observé et analysé sous toutes les coutures, en sa présence. Comme si elle cherchait à percer ses secrets dès lors qu’elle se taisait ou cessait de sourire ; ce qui arrivait rarement.

— Ton nœud est encore de travers.
— Ah, oui…

Avec quelques gestes maladroits, il le remet en place, agacé par ce vêtement dans lequel il ne se sent pas à sa place.

— Dis, Élio. J’ai pas envie de dormir. Ça te dérange si on discute un peu avant d’aller se coucher ?
— Non, si tu veux...

Alors que la jeune femme propose d’aller dans sa chambre à lui — avec une meilleure vue depuis le balcon — il ne peut s’empêcher de se mordre les lèvres. Pourquoi donc n’arrive-t-il pas à refuser quoi que ce soit à cette fille ? Il a toujours l’impression que c’est elle qui mène la danse, en sa compagnie, et qu’il est contraint de la suivre dans la moindre de ses idées. Ce n’est pas désagréable, mais c’est l’impression qu’il soit incapable de faire autrement qui le frustre.

Ils finissent par se retrouver accoudés au-dessus du vide, au balcon d’Élio. En contrebas, les lumières de la citadelle tentent timidement d’imiter les constellations et la palette de couleurs qui baigne l’obscurité du ciel. Au loin, malgré l’obscurité, il est possible d’apercevoir la masse sombre de la forêt entourant l’Autel d’Arceus, et, vers l’est, les cheminées des premières maisons d’Hymnus.

Élio, bizarrement, ne se sent pas gêné par le silence qui les entoure. Le bras d’Ambre, dans sa manche trop large, touche le sien, et ils assistent en silence à l’apparition d’une petite étoile filante, aussi brève qu’un rêve.

— C’est magnifique, tu ne trouves pas ? finit par chuchoter Ambre.
— Oui.
— Dis-moi, Élio… est-ce que tu regrettes d’avoir gagné le tournoi ?

Surpris, le garçon tourne la tête vers elle. Elle garde ses yeux clairs rivés vers le ciel, l’air songeuse. Détournant son regard vers l’horizon baigné dans la pénombre, il hésite un moment avant de répondre.

— Je ne crois pas. Je regrette seulement de ne pas pouvoir rester auprès de… mes proches.
— Hm. Pareil pour moi.

Elle commence à dire quelque chose, se retient de justesse. Du coin de l’œil, il la voit hésiter. C’est rare de la voir fébrile comme ça. Il a déjà été étonné de la voir se mettre presque au garde-à-vous devant le Commandant, plus tôt dans la soirée…

— Je suis désolée si c’est quelque chose dont tu veux éviter de parler, Élio, mais… Sœlis a eu vent par le biais du Roi de ta situation familiale, et elle m’en a un tout petit peu parlé… c’est vrai que tu n’as plus que ta mère ? Elle est malade ?

Voyant qu’elle le prend au dépourvu, elle posa une main rassurante sur son bras, l’air inquiète.

— Désolée, tu n’es pas obligé de répondre. Je suis simplement curieuse.
— Non, ce n’est rien. Ce n’est pas parce que j’évite d’en parler que c’est un secret, je suis juste…
— … pas très bavard, oui, j’avais remarqué, dit-elle en souriant faiblement.

Il baisse le regard vers les toits des palais des grandes familles, d’où proviennent quelques lointains éclats de voix par-dessus le souffle du vent. Le mélokrik violoncelliste diffuse encore sa musique dans la salle des fêtes, apportant des notes jusqu’à eux, par intermittence.

— Ma mère est malade depuis longtemps, lâche-t-il. Depuis presque aussi loin que je me souvienne, en fait. Je n’ai jamais connu mon père, mais je sais que c’était un habitant d’une région périphérique. Peut-être originaire de Nucléos ou Sýnoro, je ne sais pas trop. Ma mère n’était qu’une femme comme une autre pour lui.
— Je vois…
— Oui, et pourtant, ma mère l’a revu de temps en temps, après ma naissance. Je m’en souviens à peine… mais je sais qu’il n’avait pas l’intention de vivre avec nous, encore moins de s’occuper de moi. Un jour, il a dit vouloir tout quitter pour tenter sa chance ailleurs. Il est parti, et on ne l’a plus jamais revu. Ma mère s’est écroulée… et la maladie s’est dévoilée.

Il marque un silence. Ce sont des souvenirs douloureux, encore vivaces pour certains. Il se rend compte d’à quel point il a été jeune quand il commencé à prendre lui-même sa mère en main. Cette vision lui donne vaguement le vertige. Attentive et veillant à respecter ses silences, Ambre ne dit plus rien, le fixant simplement.

— Elle n’arrivait plus à garder le contrôle sur ses pouvoirs de type glace. Elle arrivait parfois à se congeler elle-même dans son sommeil. Ou à m’attaquer, aussi. C’était effrayant. J’en ai fait des cauchemars, plus jeune. Mais je réussissais à voler, ou à me faire aider par les voisins du bidonville, pour la nourrir.

Il remarque avec surprise qu’il s’étend bien plus qu’il ne l’a jamais fait. Décidément, la présence d’Ambre exerce sur lui quelque chose qu’il doute encore d’apprécier vraiment. Il croise son regard à la dérobée et conclut :

— J’ai eu des nouvelles hier, apparemment elle va beaucoup mieux, grâce aux médecins. Savoir ça m’aidera à me sentir rassuré à l’idée de partir si loin…
— Et ta noyade, c’était quand ?

Il frémit. Il s’étonne que cette fille se souvienne de ce détail lâché au cours d’un de leurs entraînements.

— Quand j’avais dix ans, à peu près. C’est Steban, un pêcheur, qui m’a sauvé. Je suis resté ami avec lui depuis. Il s’est installé dans la maison offerte par le Roi, avec ma mère, justement. Et avec Arya, la…
— Oh, la fille qui était avec toi au tournoi ?
— Oui.
— C’est gentil de lui avoir laissé un toit.

Il ne répond pas. Il n’a pas l’impression d’être spécialement « gentil ». Mais il n’a que peu de connaissances de confiance dans la cité des goélises. Ça lui a paru la moindre des choses de laisser une chance à Arya, qui a quand même été assez loin dans le tournoi, de posséder une véritable chambre où dormir ! Il ignore si elle a une meilleure vie que lui ou non, mais il sait qu’elle vit dans des bidonvilles semblables au sien. Cette nouvelle maison doit bien lui changer, à elle aussi.

— À mon tour de parler, alors ? propose Ambre. J’ai presque l’impression de t’avoir extorqué des informations, désolée… n’hésite pas à m’arrêter quand je suis comme ça.
— C’est noté, accepte-t-il en souriant.
— Bon, par où commencer…

Voyant qu’Ambre semble avoir du mal à se décider, Élio la devance en posant une question qu’il sait dangereuse ; mais tant pis, il tente tout de même.

— Ta famille ? Tu as grandi où ?
— Ah, oui, tiens… je suis née dans la cité des goélises, mais dans la partie nord. Là où on trouve encore quelques bourgeois, tu sais.
— Oui, je vois où.
— Ma maison était presque en face de la caserne. Je crois que c’est ce qui m’a donné envie très jeune de m’enrôler dans l’Armée ! Sinon… j’ai grandi avec ma mère, moi aussi, jusqu’à ce qu’elle soit tuée. À cause du Gang des Ténèbres.

Élio frissonne, et, anxieux, regarde la jeune femme. Son ton franc et enjoué a un peu changé. L’expression de son visage également ; elle paraît plus sérieuse, plus sombre. Presque en colère. Elle semble se contenir. Il remarque ses doigts se crisper sur la balustrade.

— Mon père était un noble d’Hymnus, issu d’une petite famille peu connue. Il ne m’a jamais reconnue comme sa fille, officiellement. Sa relation avec une bourgeoise de bas étage aurait fait chuter ses affaires… mais quand ma mère est morte, il est revenu me voir. Moi et mes deux petits frères jumeaux.
— Oh, tu as des frères ? Jumeaux, en plus ?
— Oui… ils étaient encore des enfants, d’à peine cinq ans… alors que je les faisais vivre avec mon salaire de soldate, il est venu et les a enlevés. C’était il y a… six ans maintenant. Il a sûrement fait croire qu’ils étaient ses vrais enfants, ceux-là, issu de son faux mariage arrangé entre nobles. Il ne voulait pas de moi parce que j’étais trop indépendante et trop rebelle à ses yeux… tu parles !

Ambre paraît avoir retrouvé sa mine habituelle. Passant distraitement une main dans sa natte de cheveux, elle commence à enrouler ses doigts dans le ruban doré qui les maintient. Élio, tout ouïe, la laisse continuer sans oser intervenir.

— J’aimerais bien revoir mes frères un jour. Mais je me dis qu’ils m’ont peut-être oubliée, depuis le temps… bref. Je me suis contentée de gravir les échelons dans l’Armée, après ça. C’était mon exutoire. Je donnais tout ce que j’avais malgré mes crises.
— Tes crises, comment ça ?
— Mes problèmes de respiration. J’en avais plus, avant. Mais ça ne m’a pas empêchée, l’année dernière, d’être nommée chef de garnison. La plus jeune de l’Armée, quand même ! Je suis assez fière de ça. La suite de mon histoire, tu la connais !

Il hoche la tête. Sa vie ne semble pas avoir été facile non plus, comme beaucoup des gens de la cité des goélises. C’est assez étrange qu’Ambre se montre si guillerette, si joyeuse, tout le temps. Lui n’arrive pas à se montrer aussi expressif, aussi content. Il pense toujours à plein de choses qui l’empêchent de se sentir libéré comme elle…

— Au fait, au tournoi, dit-il en s’illuminant brièvement. Je me souviens avoir vu une sorte de tatouage, en haut de ton front… deux disques rouges.
— Ah, ça ? Ce n’est pas un tatouage, comme tu vois, je ne l’ai plus. J’ai juste utilisé de la poudre de baie ceriz pour les dessiner. C’est le symbole du Dragon de la Lune, dans le poème de l’Almanach des Anciens ! Je me suis fait ça pour m’encourager à tout donner.
— Tu en parles souvent, des Trois Dragons.
— Ça me fascine ! J’adore ces poèmes. Je te les ferai écrire pendant le voyage, si tu veux continuer à t’entraîner avec une plume. J’ai hâte que tu me donnes ton avis sur eux.
— Avec plaisir.

Ambre finit par s’étirer souplement, ankylosée et commençant probablement à avoir froid. Le vent se fait plus fort depuis quelques minutes ; Élio commence même à frissonner à cause de la température.

— Bon. C’était très sympa de discuter avec toi, Élio. Comme l’a dit Sœlis, repose-toi bien. Je pense que tu peux te permettre une grasse matinée, c’est que je que je prévois de faire, juste avant d’aller visiter la Caserne Joyalis. On a prévu de partir au soir pour voyager de nuit, donc il ne faudra pas être trop décalé.
— Je sais, je vais sûrement faire pareil.
— Merci d’être solidaire avec moi. Kashim risquera moins de nous faire des remarques sur l’importance de notre rôle si on est deux à se lever à dix heures !
— Oui, sûrement.

Ils retournent à l’intérieur. Ambre manque presque de s’emmêler les pieds dans sa robe trop longue et lâche une remarque sur le manque de praticité de cette tenue traditionnelle ; puis elle quitte finalement la chambre, laissant un Élio épuisé éteindre les quelques lanternes qui éclairent sa chambre.

Le garçon se laisse retomber mollement sur les couvertures, éreinté par cette rude journée.

Ou plutôt, par cette rude semaine. Il n’a pas arrêté de travailler, de marcher, d’écouter et d’apprendre. Jamais il n’a eu l’impression d’apprendre autant de choses en si peu de temps.

Mais il trouve ça mieux que ses longues journées d’errance entrecoupées de pauses près de la Sereine, avec Steban. Le vieux pêcheur lui manque, et lui manquera autant que sa mère pendant son voyage, il le sait déjà. Il se promet de ne pas dormir trop tard ; et d’emprunter une monture pour aller lui rendre visite avant le grand départ. Il ne peut pas partir sans passer voir à quoi ressemble cette fameuse nouvelle maison.

Les nouvelles rassurantes et positives sur l’état de sa mère lui donnent aussi très envie de la retrouver, même si ce n’est que l’espace d’un après-midi. Sans parler d’Arya : la dernière fois qu’il lui a parlé, elle venait d’affronter Natael et de s’écrouler sur lui. Il espère qu’elle n’a conservé aucune séquelle du combat, et qu’elle va bien.

Mais ça, il ne le saura qu’en laissant le sommeil venir. Il essaie de mettre de côté toutes ces pensées parasites, pressé d’être au lendemain, et d’entamer un voyage qu’il s’imagine déjà digne d’une des épopées relatées par Phidius.