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Le Royaume de Kirazann : Les Sources de Vie de Lief97



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Informations

» Auteur : Lief97 - Voir le profil
» Créé le 03/12/2018 à 10:24
» Dernière mise à jour le 03/12/2018 à 14:28

» Mots-clés :   Aventure   Cross over   Fantastique   Médiéval   Mythologie

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Chapitre 14
« Les milles et une flammes des chimères eurent raison du ciel comme de la terre ; tout devînt obscur, sec et irrespirable. Rien ne put lutter contre de telles malédictions. La terre s’ouvrit, et l’Enfer en jaillit. »

Almanach des Anciens, Livre IV, La Porte Noire, 7.



***


Élio ouvre ses paupières trop lourdes.

La première chose qu’il voit, c’est un plafond de toile. Pâle et immobile. Puis il entend un bruit. Un son sourd, diffus, qui siffle d’abord, qui se transforme, qui descend vers les graves, se module…

Il reconnaît le bruit d’une foule en délire. Et dans un flash, se souvient.

Il a gagné. Il a encore gagné.

Il revoit le sang, et frémit en se souvenant de cette sensation dégoûtante, celle de l’acier qui traverse les chairs sans effort. Il entend ce bruit de déchirure abominable, et se voit de nouveau projeté en arrière par une force invisible.

Même si ça n’a pas été agréable, il a tout donné pour l’emporter. Et il a réussi. Au prix d’une fatigue extrême et d’un effort intense, qui lui a beaucoup coûté.

Comprenant enfin qu’il est de retour dans la tente de soins, il tourne la tête sur sa droite, et aperçoit le profil de son ancien adversaire endormi. Un infirmier est penché sur lui pour l’ausculter ou lui prodiguer des soins.

Tournant la tête de l’autre côté, Élio aperçoit d’autres blessés des précédents combats, en train de dormir à poings fermés. Il remarque Arya, près de laquelle d’autres s’affairent encore.

— Tu es réveillé, parfait.

La voix le fait sursauter.

— Oh, pardon de t’avoir fait peur. Tu as mal quelque part ? Maux de tête, sensation de brûlure ?

Il avale sa salive et articule difficilement :

— Non, ça va.

Il a juste l’impression d’avoir beaucoup trop dormi. Il se redresse sur les coudes, aidé par l’infirmier qui l’a aidé à transporter Arya dans un brancard un peu plus tôt.

— Je suis resté là longtemps ? demande-t-il.
— Une quinzaine de minutes, je dirais.
— J’ai raté des combats, alors…
— Tu te réveilles pile au bon moment. C’est le dernier avant les finales de chaque arbre.

Il l’aide à se mettre debout, et fait quelques vérifications rapides en lui touchant certaines articulations et en observant ses yeux de près. Élio, bien qu’un peu vaseux, se sent déjà mieux, en position debout. La fatigue a disparu, et il sent l’énergie revenir. Et avec ça, le sentiment qu’il peut réellement vaincre son prochain adversaire.

— Dites-moi, c’est Natael d’Orthalos que je vais devoir affronter ?

L’infirmier lève les yeux vers lui et hausse les épaules. Il ne semble pas se sentir bien concerné par tout ça.

— Je l’ignore. J’ai beaucoup à faire ici, tu sais. Tu es libre de sortir. Tu n’auras qu’à te renseigner dehors.
— Merci.

L’homme s’éloigne déjà pour vaquer à ses occupations auprès d’autres blessés ; Élio se rend compte qu’il a même oublié de demander des nouvelles d’Arya. Tant pis. Elle a l’air entre de bonnes mains, de toute façon.

Il jaillit à l’extérieur, et est un moment aveuglé par la lumière du soleil qui tombe sur l’amphithéâtre et inonde les gradins, tout comme l’arène.

Élio aperçoit vaguement le combat en cours mais y prête peu d’attention. Il veut savoir qui il va combattre, et puisque Natael n’est pas parmi ces deux duellistes, ça signifie qu’il s’agit là d’un combat du deuxième arbre. Sans doute le dernier, vu le temps passé inconscient.

Il entre dans le salon et soupire de bonheur quand le brouhaha du tournoi s’étouffe dans son dos. Il s’approche du panneau d’affichage et constate que oui, il est en haut de son arbre. Mais impossible pour lui de dire quel est l’autre nom qui trône près du sien.

Au même moment, un soldat passe dans son dos. Il l’arrête et lui demande poliment de le lui lire.

— Natael d’Orthalos, répond le soldat d’un air pressé.
— Et juste ici ? s’intrigue Élio.
— Hm ? L’autre arbre… Ambre Karalune.

L’autre case est vide, pour l’instant. Élio remercie le soldat, qui s’éclipse en maugréant.

Les résultats ne sont donc pas très étonnants, si on exclut sa position à lui.

Il va donc lui falloir affronter le favori du tournoi. Le blondinet détestable aux attaques à grande portée, capable d’affecter l’esprit. Et dans l’hypothèse où il l’emporterait, Élio aurait alors une chance sur deux de tomber contre cette fille mystérieuse aux pouvoirs draconiques.

Ça paraît difficilement réalisable.

Mais ne l’est-ce pas tout autant, d’être arrivé jusqu’ici ?

Déterminé à faire taire les détracteurs et les prévisions des nobles, il compte bien aller le plus loin possible. Il n’est pas le seul à le vouloir, et il le sait. Le peuple compte sur lui. Arya et Altès aussi. Steban, qui doit être quelque part dans la foule, aussi.

Et s’il se contente d’une troisième place, il aura tout de même droit à quelque chose, après tout ; sa mère ne pourra que s’en porter mieux.

Toute récompense vaut une fortune, et qui dit fortune dit meilleure vie. Tout ce qu’Élio souhaite, c’est soigner sa mère.

Il a beau pouvoir se contenter d’une troisième place dans les faits, il a pourtant très envie d’écraser l’abominable Natael, rien que pour le voir perdre ses moyens et sa façade insupportable.


***



— Les demi-finales vont enfin pouvoir commencer ! annonce le Roi depuis sa tribune, bras écartés.

Élio lève les yeux vers lui ; il n’aperçoit de lui que sa tenue ample, rouge et or, et sa silhouette. Croiser son regard à une pareille distance est impossible, mais il ne peut s’empêcher de craindre que quelqu’un le surprenne à chercher les yeux du souverain.

Le public est toujours aussi enthousiaste ; l’Armée vient tout juste de faire revenir dans les gradins la bonne moitié des gens du peuple qui avaient accueillis une pause d’une heure avec satisfaction.

Élio en a profité pour récupérer, et pour prendre des nouvelles d’Arya. Elle ne s’est pas encore réveillée, mais son état est soi-disant stable. C’est visiblement l’épuisement qui a eu raison de la jeune femme ; et il connaît un peu son sommeil de plomb. Ça ne l’étonne pas que le vacarme ambiant ne l’atteigne pas…

Il a encore bien du mal à croire qu’il est là, à attendre son match contre Natael. En finale de son arbre, et à deux victoires de la première place.

C’est dur à croire, stressant, et en même temps, c’est incroyablement rassurant.

Il n’est pas un bon à rien. De ça, maintenant, il en est presque sûr. Il a réussi à faire quelque chose de sa vie, et même s’il ignore où il peut encore aller, il est déjà content d’être arrivé ici. D’avoir vaincu des personnes mieux entraînées que lui, des personnes formées au combat depuis longtemps.

S’il veut gagner, il doit garder confiance en lui et en sa vitesse. C’est la seule chose qui peut compter désormais.

— S’il vous plaît ?

Un soldat l’invite à se placer à l’entrée de l’arène. Natael s’y trouve déjà. Le noble au regard azur ne le regarde même pas, mais on distingue facilement chez lui des tics de nervosité. Ou plutôt des tics d’agacement. Il tape du pied, l’air mécontent. C’est la première fois qu’Élio le voit ainsi, lui qui a fait des faux sourires à longueur de temps.

— Allez-y.

Les deux adversaires s’avancent, s’arrêtent, se positionnent. Leurs regards se croisent.

Le temps semble presque s’arrêter.

Les sons s’étouffent, et tout s’obscurcit au-delà du dôme de protection ; Élio se concentre, faisant fi du superflu, entièrement accaparé par son adversaire dont il sait les attaques redoutables.

Quand la trompette sonne, il est le premier à se lancer.

Dans une explosion électrique, il se propulse de biais, pour se rapprocher de Natael en évitant un affront de face. Le vent lui fouette le visage alors qu’il pivote violemment pour changer de trajectoire, toujours aussi vif ; il compte sur sa vitesse et ses changements d’angles pour devenir imprévisible.

Par-dessus le crépitement des étincelles, Élio perçoit un ricanement.

Une onde de noirceur explose de nulle part, tout près d’Élio. En se projetant en hauteur, il parvient à éviter cette vague de brume de justesse.

Mais pas les suivantes.

Une tempête obscure se déchaîne soudain autour de lui. Il sent une onde lui couper le souffle au niveau du thorax, une autre faire craquer son bras droit, et une autre encore, qui lui happe les chevilles et lui fait faire un salto avant dans les airs.

À l’aide d’une onde de choc bleutée, il prend de la distance en retenant son bras cassé de l’autre.
Il reprend son souffle en tournoyant loin de Natael, qui ricane de nouveau.

Il s’est attendu à des attaques, mais pas à autant à la suite, et encore moins à des ondes aussi puissantes. Il a senti le coup comme s’il avait été causé par un impact contre un mur de briques.

Soudain, des ball’ombres surgissent des mains de Natael. Plutôt rapides, grosses comme sa tête, elles sont six à se déplacer simultanément vers Élio. Les traînées en volutes qu’elles laissent derrière elle font retomber un voile noir sur le terrain.

— Faciles à éviter, constate Élio en se propulsant pour contourner les deux premières sphères.

Son bras le fait intensément souffrir, mais qu’importe ; une troisième sphère passe au-dessous de lui, la quatrième explose contre le dôme de protection avec grand bruit.

Une vibrobscur explose tout près d’Élio. Touché légèrement dans le dos, il perd deux mètres d’altitude et s’affole en voyant le sol devenir si proche. Il atterrit un peu en catastrophe dans l’arène, et ses semelles fumantes produisent un grincement en dérapant sur le sol.

Les dernières ball’ombre explosent à trois mètres au-dessus de lui, sans avoir tenté ne serait-ce que de le viser. Étrange.

Élio cherche des yeux son ennemi. Et comprend son erreur.

Les sphères ne l’ont pas visé. Chacune d’elle, en explosant, a dégagé cette espèce de brume presque liquide, d’un noir violacé… qui a obscurci le fond du terrain, et empêche de discerner quoi que ce soit.

C’est presque la nuit noire, en contrebas. Élio comprend qu’il lui faut reprendre de la hauteur. À peine a-t-il songé à décoller que des ondes de noirceur explosent au-dessus de sa tête, le forçant à se baisser ; une tranche-nuit, sous la forme d’une lame ébène, jaillit de la brume et glisse vers lui sans support apparent.

D’un bond et aidé par ses pouvoirs électriques, il évite l’attaque, et entend celle-ci se fracasser contre le muret dans son dos.

— Pas mal, pas mal, je dois bien l’avouer ! lance Natael.

Avec le bruit de la foule, difficile de parfaitement saisir ses propos, ou de discerner son origine exacte. Élio se projette en hauteur sans attendre, craignant le pire.

L’onde de choc qui a semblé attendre ce moment explose en plein sur lui. Mais elle est différente. Élio sent la douleur, oui, mais c’est moins puissant que tout à l’heure. La portée de la capacité semble plus grande, plus large…

L’arène disparaît.

— Qu’est-ce que… s’étrangle Élio.

Il comprend aussitôt qu’il a perdu la vue.

Il reprend de la hauteur. Entend le sifflement d’une tranche-nuit. Sent la lame lacérer sa cuisse. À l’aveuglette, il s’éloigne.

Il heurte violemment le dôme de protection et chute de plusieurs mètres avant d’atterrir brutalement dans la poussière.

Le bruit caractéristique des ball’ombres se rapproche. Élio n’a pas le temps de se relever. Des ondes explosent, le poussent et l’écrasent contre le muret de pierre. Il a l’impression d’être criblé de coups de poings. Il ne retient plus ses cris de douleur, quand les ball’ombres lui foncent dessus. Les sensations de brûlure lui montent à la gorge et il sent ses yeux en pleurer.

Sa détermination vacille. Il a peur. Une peur irrationnelle, qui ne lui ressemble pas. Sont-ce là les effets secondaires des vibrobscur ? Ou d’une des nombreuses autres capacités de Natael ?

« C’est contre eux qu’tu vas t’battre pendant c’tournoi, Élio. D’vraies machines de guerre, crois-moi. »

Steban a sans doute eu raison de s’inquiéter, finalement. Peut-être qu’Élio aurait dû l’écouter, se contenter de sa vie médiocre et de sa routine misérable.

Ce tournoi, il n’a aucune chance de le remporter. Ce combat en est la preuve.

« Il ne m’a pas laissé le temps de faire quoi que ce soit. Il m’a dominé du début à la fin. »

La voix d’Arya, venue d’ailleurs, résonne en lui avec force. Oui, il comprend mieux ce qu’elle a enduré. Natael est à un autre niveau… bien au-delà du leur.

« Qu’est-ce que je raconte ? s’étonne mentalement le garçon. C’est sa vibrobscur qui me fait penser à tout ça ! Je dois résister, vite ! »

Il se remet debout d’un bond. Se sent vaciller. La vue lui revient, mais il est épuisé, roué de coups. Une brume sombre l’entoure. Natael n’est nulle part.

Quand il entend la tranche-nuit venir de sa droite, il ne réagit pas assez vite.

Et sombre aussitôt dans les bras de Cresselia.



***


Sœlis respire à nouveau, se rendant bêtement compte qu’elle a retenu son souffle pendant le duel. Natael, victorieux, lève les bras au ciel ; c’est la première fois qu’il fait preuve d’un peu de joie apparente. Ce garçon électrique aura beau avoir été dominé, il aura fait preuve de plus d’entêtement que les autres. Sœlis ne peut que louer son courage ; il est allé loin, plus loin que les prévisions, mais il est évident qu’il n’aurait jamais pu gagner contre Natael.

Elle tourne la tête vers Kashim, installé à côté d’elle sur le banc de pierre. Bien qu’il n’ait pas montré son inconfort, il lui a demandé la permission de la rejoindre sous l’auvent de toile que les serviteurs ont installés pour se prévenir des brûlants rayons de soleil.

— Vous pensez qu’il va gagner le tournoi ?

L’homme de main, avec son accent grumeleux de Kerchakh, pèse ses mots avant de répondre poliment.

— Il en est tout à fait capable, ma Dame. Il ne reste qu’à savoir qui sera son adversaire.
— J’espère que ce sera la sergente Karalune.

La princesse a entre les mains la liste des participants. La jeune femme est inscrite presque tout en haut du vélin, juste sous Natael.

— J’aime bien ses capacités, et sa façon de… de bouger…
— Vous voulez sans doute parler de son style de combat, la corrige Kashim avec un tic qui pourrait presque s’apparenter au début de l’esquisse d’un faible sourire.
— Oui, voilà. Et il faut dire qu’une type dragon… ce serait rassurant d’en avoir une à mes côtés. Et puis je préfère qu’il y ait une fille dans les gagnants, je dois bien l’avouer. Des gardes du corps, c’est très bien, mais encore mieux quand on peut avoir des discussions avec.
— Dois-je prendre cela pour moi, ma Dame ?

Sœlis éclate de rire face à la remarque faussement sérieuse de Kashim.

— Non, bien sûr. Vous restez ouverts à la discussion, après tout. Dites-moi, Kashim, je me demande parfois…
— Oui ?
— Vous avez grandi à Kohork ?
— Bien sûr, ma Dame.
— Mais… ça ne vous manque pas ? Vous n’avez pas envie de rentrer, parfois ?

Kashim hésite. Comme elle l’a redouté, il n’aime pas trop parler de lui, de ses pensées et de ses désirs. Sœlis aimerait mettre ça sur le compte de son professionnalisme, mais elle a l’impression que c’est surtout son caractère qui fait aussi pencher la balance.

Il répond tout de même, après un bref silence.

— J’ai parfois l’envie d’y retourner, oui. C’est l’endroit où j’ai grandi et la terre à laquelle appartiennent tous les Kerchakh depuis l’aube de Kirazann, et bien avant. Mais si je suis devenu garde du corps du Roi, c’est aussi et surtout parce que j’aime ce Royaume. J’ai beaucoup voyagé. Je veux protéger ce pays, même à mon échelle de simple garde.
— Je vois, sourit Sœlis, agréablement surprise par sa réponse. Je pense que je peux facilement comprendre ça.

Elle reporte son attention sur l’arène en contrebas. Les organisateurs n’ont pas attendus bien longtemps, à peine cinq minutes, car Ambre Karalune et son adversaire, un soldat nommé Keel, sont déjà entrés sur le terrain.

Elle se tait, plus guillerette que d’habitude, et observe la suite avec attention.

Elle sait qu’elle devrait être objective ; mais elle veut que la sergente Karalune l’emporte. Elle se doute que c’est un genre de caprice, mais pour une fois qu’elle en fait un !



***


Élio a une affreuse sensation de déjà-vu quand, en ouvrant les yeux, il reconnaît le plafond de toile. L’infirmier en chef est penché sur lui, et referme un flacon qu’il tient à la main. Sans préambule, il le redresse rapidement, le forçant à s’asseoir sur la banquette.

— Bon, on a utilisé un produit puissant pour te réveiller. Si tu as quelques courbatures, c’est normal. N’hésite pas à t’étirer avant ton prochain combat.
— Mon prochain combat ?

Il se remet sur ses pieds, et constate qu’il va bien, en effet. Il n’est ni vaseux ni vacillant, et son corps lui semble en forme. Son esprit aussi. Ces potions sont fascinantes.

— Tu vas devoir te battre pour la troisième place, non ? lui rappelle l’infirmier. On m’a dit que ce sera le dernier combat, après la grande finale qui déterminera du vainqueur.
— Ah, oui, c’est vrai…

Il a encore une chance de gagner quelque chose ; il a failli l’oublier.

Il serre les poings en pensant à Natael. Il s’en veut de n’avoir rien pu faire, une fois bloqué par ses attaques beaucoup trop nombreuses. Sa portée est incroyable, et c’est certainement ce qui fait sa force.

— Au fait, les soldats qui se chargent de la sécurité ont retenu un vieil homme… il a tenté de descendre ici et il dit te connaître…

Élio redresse la tête soudainement. Ses yeux brillent.

— Je… je crois savoir qui c’est. Où est-il ?
— Sûrement à l’étage du dessus. Tu sais comment y accéder ?
— Oui, merci !

Il fait demi-tour brusquement, mais juste avant de sortir de la tente, il aperçoit Arya, allongée sur un lit de camp.

Il se serait bien vu s’approcher d’elle silencieusement et lui murmurer qu’il allait être le troisième de ce tournoi, mais ça n’aurait servi à rien. Elle ne l’aurait pas entendu.

Car elle ronflait si fort que son matelas en vibrait.

Sans attendre plus longtemps, et ayant hâte de tomber nez à nez avec un Steban certainement très inquiet, il jaillit à l’extérieur.