Pikachu
Pokébip Pokédex Espace Membre Forum
Inscription

Pasticcio de Dr#Reshini



Retour à la liste des chapitres

Informations

» Auteur : Dr#Reshini - Voir le profil
» Créé le 26/09/2018 à 20:55
» Dernière mise à jour le 30/10/2018 à 18:05

» Mots-clés :   Drame   Fantastique   Slice of life   Suspense   Terreur

Si vous trouvez un contenu choquant cliquez ici :


Largeur      
Crève-cœur ~ De la condition du meilleur
Crève-cœur

Il était un Tarsal dont le talent était sans égal. Il chantait quand le soleil se levait, sur le rebord de la fenêtre de la chambre de son dresseur. Il chantait et le soleil l'écoutait, comme si la voix de ce petit choriste chassait en lui toute idée triste. Les Pokémon aux alentours se suspendaient à son chant. Ils ne pouvaient véritablement savoir qui entre l'astre des jours et le chant des aubes était le plus éclatant. Mais son dresseur dormait toujours quand Tarsal chantait, et il ne se réveillait que pour l'entraîner au combat. Il voulait devenir chanteur, il allait devenir combattant.

***
Tarsal redoublait d'efforts pour plaire à son maître, mais celui-ci ne voyait que ses maigres compétences. Le Pokémon luttait jour durant, pluie battante, nuit tombante afin de mériter ne serait-ce qu'une attention de son dresseur, mais celui-ci ne voyait que son état désastreux. Le Pokémon frappait à en décoller ses bras, se téléportait à en perdre les sens, et criait à en perdre sa voix. Les matins avaient perdu leur aria, et son dresseur n'en ferait jamais rien. Il voulait devenir chanteur, il était en train de devenir combattant.

***
Quand son premier combat arriva, il ne put tenir plus de quelques minutes face à un imposant Chartor. Livide, décalqué, il puisait ses dernières ressources face à un monstre de fournaise. Son esprit criait et une attaque engendra, à en faire frémir les arbres autour. Un tourbillon serpentait désormais au milieu du champ de bataille, entre les troncs et les branches, comme si un vent nouveau chassait le cri qui sonnait faux. Le Chartor vaincu, le dresseur accourait vers son Pokémon, d'une jupe de tulle vêtu. Il était un Tarsal dont le talent était sans égal, maintenant devenu un Kirlia dont le talent démultiplia.

***
Les matins silencieux et sans chant avaient rendu mornes le Soleil et les gens. Mais quand Kirlia dansait au levant jusqu'au zénith, tout pensée noire disparaissait promptement. Il fallait le voir, lui dont la grâce rendait jalouse la lune, dont la danse était digne d'une étoile. Il était même un Chacripan sachant chasser qui admirait ses entrechats. Mais voilà, son dresseur ne voyait pas plus loin que de pauvres arabesques qu'il considérait grotesques. Kirlia travaillait dur ses contretemps, ses pointes, ses menées et fouettés, tout en faisant des ronds de jambe à son dresseur, impatient de le mener à l'entraînement. Mais voilà, le maître devenait irascible, et le prenant pour cible, ses efforts de lutteur n'étaient pas assez pointus. Pour le mauvais homme, Kirlia devenait une perte de temps, et ce dernier allait comprendre sa colère quand il finit fouetté. Ses jambes lui faisaient mal désormais, quand il désirait faire des soubresauts et des jetés. Il voulait devenir danseur, il est devenu un combattant.

***
Depuis lors, des années ont passé, Kirlia était devenu un Gallame, le plus fort qu'on avait jamais vu. Les Pokémon le respectaient, lui qui dégageait cette aura de puissance due aux efforts qu'il fit durant tout ce temps. Les jeunes enfants comme jeunes Pokémon rêvaient de pouvoir l'approcher, tant la bonté d'âme irradiait et rassurait. Protecteur à la cape blanche, il était devenu. Les hommes l'enviaient, voulaient le posséder, lui dont la beauté pure était alliée à l'invincibilité, dont l'intellect était couplé à ses lames dures comme l'acier. Les matins et les journées étaient redevenus tristes, mais le soir on pouvait apercevoir le Gallame se dressant contre la nuit et la Lune. Une de ces fâcheuses nuits, le dresseur décéda dans son sommeil, et Gallame le ressentit, lui dont le cœur noble était finalement synchronisé avec celui de son tortionnaire. Le mauvais homme n'aura semble t-il jamais vu à quel point son Pokémon était beau. Gallame n'avait vécu que de combats. Il était pourtant rempli de talent. Il voulait devenir grand, il demeurait un combattant.


De la condition du meilleur

Je suis devenu celui dont aurait rêvé celui que je rêvais d'être, de la Ligue j'en suis le maître. Me voici seul au sommet, confortablement assis, personne n'est prêt pour me détrôner. Pourtant, je voudrais bien avoir du challenge, du rebondissement, pour asseoir plus profondément encore ma marque de supériorité encore naissante. Mes Pokémon sont la seule compagnie qui me reste, capable de ressentir et voir les mêmes choses que moi. Élevé au rang de dieu, suis-je encore mortel ? Je rêve d'un défi plus grand encore.

***
Des vaillants, des intrépides, mais des faibles tous aussi insipides, voilà ce qui arrive devant moi. J'aimerais bien faire durer plus longtemps ces combats, voir si je peux être défié comme il se doit. Mais je n'arrive pas à faire semblant, à me retenir. Etre au-dessus, c'est ma condition.

***
Le soir, avant de dormir, je me pose des questions. Est-ce une fin en soi d'être à la fin de son rêve ? Vivre sans rêver car on a accompli ce qu'on voulait, n'est-ce pas une mort ? Je regarde mes Pokémon, et je me gifle en me fixant dans le reflet de mes Pokéballs. Ce n'était pas la manière dont j'aurais du les élever. Ce n'est pas vivre quand on est au-dessus du reste du monde.

***
Je suis vieux maintenant, de toute ma vie, je n'ai jamais connu la défaite, et j'aimerais la connaitre enfin. Je regarde l'oeuvre que je laisse : un homme invaincu, un dieu solitaire ? Personne ne se souviendra de moi. Et le plus tragique est que, fatalement, quelqu'un se retrouvera à ma place, un jour où l'autre, quelqu'un qui de sa vie n'aura jamais connu autre palmarès que la victoire absolue, mais jamais d'autre sentiment que la profonde solitude et futilité de son existence. J'accueille la mort comme une amie, comme une égale, car elle seule parvient à me vaincre, et je marche à ses côtés en l'interrogeant sur des questions que je poserai jamais. Si mon esprit se réincarne, je prie pour une raisonnable existence. Ô Dieu ! Crée en moi un cœur pur, renouvelle en moi un esprit bien disposé.