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Battle : Go! de Serian Norua



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Informations

» Auteur : Serian Norua - Voir le profil
» Créé le 02/03/2018 à 20:40
» Dernière mise à jour le 02/03/2018 à 20:40

» Mots-clés :   Alola   Aventure   Humour   Présence de personnages du jeu vidéo

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Ch.5 : Bob le bricoleur

Autour de moi, je sentais que des choses bougeaient. Cette rencontre avec la Team Rocket n'était certainement que la première, et loin d'être la dernière. Je ne savais quelles surprises ils me réservaient encore, mais sérieusement... Je m'en foutais pas mal. Oui en fait, ce qui m'intéressait réellement, c'était de gagner de l'argent ! ET VITE !

Nous nous trouvions donc toujours sur le terrain vague, quand un homme s'approcha de nous.

« Hé, vous ! Vous êtes sur une propriété privée, ici !

Il était accompagné d'un Machoc, était vieux, avait une longue barbe grise, et semblait pas content. Bon ça, pas besoin de l'observer pour m'en douter, remarque.

— Bonjour, répondis-je poliment.

— Dégage de là, saloperie de délinquant ! Et vire tes Pokémon, aussi !

OK, il en avait rien à foutre que je sois poli. Et attends... Il venait de me traiter de délinquant, là ?! C'est bon, je passe en mode enfoiré.

— Franchement, y'a pas de quoi être fier d'être proprio d'un terrain comme ça, soupirai-je. Vous devriez vous estimer heureux qu'on vienne le visiter.

— CASSEZ-VOUS ! Machoc, attaque Dynamopoing !

Je commençai à flipper grave, sachant que j'avais en face de moi un vrai malade.

— Keunotor, utilise Hypnose ! ordonnai-je rapidement.

Le castor se retourna vers eux, et les fixant, des cercles transparents filèrent les atteindre. Ou plutôt... putain. L'homme tomba dans le sommeil, sous le regard étonné de son Pokémon. C'est pas vrai. Je venais d'attaquer un humain. Je crois qu'on peut aller en taule, pour ça. Bon, malgré son étonnement partiel, le Machoc poursuivit tout de même sa course sur nous. Enfin sur moi. Avant que je ne puisse dire quoi que ce soit, il m'éclata la tronche à coup de Dynamopoing, et je m'écrasai au sol, sonné, quelques mètres plus loin. J'éternuai. Saloperie de poussière. Je HAIS la poussière. Mais visiblement ça on ne l'a pas bien compris, parce que j'étais PLEIN de poussière.

Une fois sa connerie faite, il revint auprès de son maître, et le secoua jusqu'à ce qu'il se réveille. Me relevant, je commençai à m'éloigner.

— On court, dis-je à mes compagnons. J'ai pas envie de me reprendre une patate.

— On pourrait le défoncer ? suggéra Flamiaou.

— NON.

Nous nous mîmes donc à fuir, tant que le vieillard pionçait toujours.

— Tu pourrais pas utiliser Vol ? demandai-je à l'adresse de Keunotor.

Il me regarda avec un air stupéfait. Ouais je m'en doutais, je voulais juste essayer. Avec une canette de Red Tauros (Tauros est bien le nom anglais de Tauros, j'ai regardé) ça aurait marché, mais pas la thune. Soudain, j'eus une idée !

— Suivez-moi ! On se rend à l'arène Pokémon.

Alors par contre, j'avais aucune idée d'où elle pouvait être... Si ! Ça m'est revenu bien vite, je trouve... Bref, il me semblait l'avoir aperçue, depuis le quai.

— Pour quoi faire ?! s'exclama Flamiaou.

— On a peut-être un moyen de retrouver de l'argent, souris-je. Je dis bien peut-être.

— J'aime pas trop beaucoup ce sourire. Ça pue l'idée pourrie à trois kilomètres... Et mon flair ne me trompe jamais.

— Oh que non, ton flair ne te trompe pas !

Nous avions suffisamment couru pour que le vieil homme ne nous rattrape pas, et maintenant nous étions sur la rue principale, menant droit aux quais, et par extension à l'arène. Nous nous arrêtâmes, et reprîmes notre souffle.

— Comme tu dis, poursuivis-je, c'est une idée de merde. Mais bon, au point où nous en sommes et avec ce que nous avons traversé en un jour et demi, je commence à croire que c'est ce qu'il faut.

— Et bah... souffla le chat. Tu m'impressionnes, bonhomme. Perso, si on se retape encore des embrouilles comme hier, je décampe.

Je le regardai, souriant toujours.

— On va se les taper, ces embrouilles. Après tout, on est déjà dans la mouise intersidérale, alors y'a pas de raison que ça s'arrête.

Il soupira. Quant à moi, je faisais le fier, mais j'avais clairement les pétoches vis à vis de mon plan. Vous vous imaginez de quoi il s'agit ? Défier le Major Bob. Oui, je sais, c'est irréfléchi et stupide. Mais écoutez, je n’ai pas prévu de finir le restant de mes jours dans cette région, à je ne sais combien de bornes de chez moi, sans un sou ! Surtout quand je dois me rendre au Grand Festa dans trois putain de semaines ! Là, je le vis pas trop mal, mais dès qu'on va être à court de nourriture ou que l'on sera deux semaines plus tard, je vais clairement stresser comme un taré.

Bref, nous arrivons devant l'imposant bâtiment. Par « imposant », je n'entends pas qu'il soit particulièrement grand, gros, mais plutôt qu'il est... spécial, on va dire. J'entends par là que nous avons face à nous une bâtisse décorée de faux éclairs (ah bon ils sont faux?!) en... acier, et de très mauvais goût. Qu'importe, nous n'avons pas le temps de palabrer, et nous entrons dans l'arène – moche.

Ah oui au fait, j'ai oublié de le dire : je m'en cogne totalement, du badge Foudre, hein. Si je vais risquer de me faire rétamer sévère, c'est UNIQUEMENT pour le blé. Et oui, désolé de briser vos espoirs, mais je m'appelle pas Red. Euh... merde si en fait je m'appelle Red. PUTAIN.

— T'es bien sûr de toi, Read ? me demande Flamiaou. Déjà, c'est le champion qui fixe ses règles, donc s'il veut nous affronter à cinq contre deux par exemple, on n'aura pas le choix. Aussi, ses Pokémon risquent d'être plutôt coriaces. C'est un champion d'arène hein, l'oublie pas.

Ah bah ça mon gros, je l'oubliais pas. En fait je ne pensais qu'à ça. Et je flippais. Je tremblais, donc. Et ça se voyait. Et l'e****ré de chat m'accompagnant se mit à rire, voyant à quel point j'étais pâle.

— Houhou, ça va le fantôme ? pouffa-t-il.

Je me retournai brusquement vers lui, à son étonnement, avec un regard signifiant « Wesh ?! ». En gros :

— T'es sérieux, là ? dis-je. Quitte à te payer ma tête, essaie un minimum d'être drôle. Tu m'aurais appelé Casper, on aurait pu apprécier.

Il ne répondit pas. Le phénomène de la concentration avant le combat de sa vie. Bref, nous entrâmes. Et dedans, c'était... électrisant ? bruyant ? ultra relou ? Oui, on va dire ça. Nous étions au niveau des gradins (donc avec un terrain en sous-sol), avec une vue imprenable sur la zone de combat. Que je vous rassure, il n'y avait en cet instant aucun combat qui eut pu nous permettre de nous renseigner sur la nature des Pokémon du champion.

— Putain on aurait dû se renseigner, fit Flamiaou.

Lui aussi se mettait à flipper. Et oui, on aurait dû se renseigner. Je tournai les talons.

— Sortons, murmurai-je. Le gros bourrin ne nous a pas encore vus.

— Hé, vous là-bas ! (nous, donc) Vous êtes des challengers ? Descendez donc par ici !

— Euh non non... On vient poser le courrier... bredouillai-je.

Mais quelle excuse à la con... J'aurais dû investir mes points dans la case mensonge, plutôt que malchance.

— A... Ah bon ? s'étonna le Major Bob. Ah c'est bizarre je pensais que le facteur était passé ce matin...

Première révélation : le champion d'arène de Carmin sur mer est un teubé.

— O...Oui, mais que voulez-vous... Avec tous ces fans...

Et merde. J'aurais pas dû. Une étincelle s'alluma dans le regard du champion.

— DES FANS ?? hurla-t-il. VENEZ DONC ME PORTER CE SPLENDIDE COURIER EN MAIN PROPRE !

Il était clairement heureux, et moi j'étais mal. Le chat le remarqua mais ne se permit pas de rire, comprenant lui aussi que nous étions dans une position très fâcheuse.

— Ah oui mais non, ahah ! je galérai. Parce que en fait, ils ont indiqué qu'ils voulaient que je vous les envoie tels des frisbees depuis l'entrée sans m'approcher du terrain ! Eh oui, ils sont de plus en plus exigeants, les clients...

Sans déconner... C'était tellement ridicule... Il ne pouvait pas me croire.

— A...Ah bon ? fit-il de sa lourde voix. Bon et bah très bien, on va donc jouer au frisbee.

YAY ! VICTOIRE ! Je me saisis donc d'une lettre et...

… 0_0'

MERDE ! LES LETTRES ! ON N'EN A PAS UNE SEULE ! UNE SOLUTION, VITE ! REFLECHIS, RED ! QUELQUE CHOSE POUR EVITER DE TE FAIRE MASSACRER PAR CET EX-MARINE !! Je me tournai vers mes Pokémon, l'un après l'autre. Keunotor était calme. Flamiaou allait se pisser dessus, j'en étais certain. Mais de peur cette fois, je vous rassure.

— Alors, vous venez ? s'impatienta le major.

J'avais envie de pleurer. Vraiment, je voulais tomber par terre, m'y rouler, et chouiner comme un gamin. Bon... Je tentai le tout pour le tout.

— Oh, quel imbécile je fais ! hésitai-je. J'étais tellement excité à l'idée de vous les amener ainsi que de vous voir que je les ai oubliées. Après tout, ne suis-je pas moi-même l'un de vos plus grands fans ?

Pétillements dans les yeux de l'homme blond. Ça y est, ma remarque l'avait transformé en champagne.

— DESCENDEZ DONC, CHER FAN !

Flamiaou me maudissait, moi je résistais. D'un certain côté, ça avait un avantage : je pourrais le questionner sur ses Pokémon. Je descendis donc les escaliers menant au terrain, et m'approchai doucement de la bête. Il me tendit sa main, que je serrai. Ah non, pardon. On va la refaire : nous nous tendîmes mutuellement la main, il me la broya. Vous connaissez le bruit des os qui se brisent ? A compter de ce jour, il restera gravé dans ma mémoire pour toujours.

— D...Dites-moi, major ! Votre équipe Pokémon a-t-elle changé ?

— Non, me sourit-il, c'est toujours la même.

— Et... Plus exactement ?

— Eh bien c'est la même que celle d'avant.

Fuck. Sans déconner, c'est sa sèche qui lui a pompé le gras du cerveau, à celui-là ?! Et encore un pas fini qu'on va se taper... Si on se fait pas taper avant...

— Oui mais... J'ai des trous de mémoire, vous savez.

Maaaaais oui, bien sûr ! Il a beau être con comme ses pieds, il va clairement capter que tu te fous de sa gueule, Red !

— Des trous de mémoire ? C'est bien fâcheux. Donc vous voudriez savoir, cher fan, quels sont mes Pokémon ?

— Oh oui, avec plaisir !

Enfin, nous touchions au but.

— Eh bien... Affrontons-nous, comme ça vous verrez bien !

Euh... Bordel, j'ai dis toucher au BUT, pas le FOND. Et quant à sa remarque... En fait, mon expression était plus du style : « Merde », tandis que mon esprit, c'était : « AAAAAAAAAAAAAHHHHHH ». Véridique. J'invoquai maintenant la dernière carte de mon deck Mensonge, à savoir...

— Euh.. Keuf keuf keuf... (oui alors c'est l'onomatopée de la toux, hein, je ne mentionne en aucun cas la police) Oh... Je suis assez malade en ce moment... Keuf keuf... Ce n'est peut-être pas une bonne chose...

Tu joues avec le feu, Red ! Enfin pour le coup, tu joues surtout avec un gros bonhomme plein d'électricité. Oui, je sais ! Tu joues avec un taser. Et la décharge, elle arriiiiive.

— Ah... Quel malheur... Vous cumulez, dites-donc.

— Hé franchement si tu savais... Tous les malheurs qu'il m'arrive depuis hier...

Flamiaou me regarda avec des yeux ronds. Je mis un instant avant de comprendre. Merde. Ma toux. Elle venait de disparaître comme elle était arrivée. Surtout, je crois que le pire c'est qu'avec cette seule phrase, je venais de me griller.

— Oh, mais vous semblez aller beaucoup mieux ! s'exclama le major. Ce doit être l'atmosphère de cette arène, qui provoque des miracles.

Et il est vraiment obligé de pas être con au moment le plus critique, lui ? Bon qu'importe, j'ai pu repiocher une nouvelle carte.

— Ahhh... Ouille....

Je me pliai en deux et simulai une crampe de ventre. Dans deux cartes je m'évanouis.



Je ne sais pas par quel miracle, mais il comprit que je me moquais de lui.

— Tu sais jeune homme, je sais reconnaître une vraie douleur d'estomac, et je peux te dire que tu n'as pas vraiment mal.

Qu'est-ce que je disais...

— Ah... Euh... Ah oui en effet, ça va mieux.

C'était mon avant-dernière carte. La carte Fausse Honnêteté.

— C'est merveilleux ! Bon mais je veux toujours mes lettres de fans, alors va me les chercher, bonhomme ! Je te laisse une petite heure.

Gloups. Je me tournai vers Flamiaou, et remarquai qu'il était à deux doigts de devenir zinzin. (ça aurait été Deoxys, on aurait parlé de zinzin de l'espace ! :D … Désolé.) Quant à moi, j'avais toujours envie de pleurer.

— Euh... Oui oui, mais une heure, c'est pas beaucoup... Il faut que je traverse la ville et tout...

— Ah ! s'exclama-t-il. Tu ne vas pas te plaindre, mon gaillard ! Ça te fera faire du sport, c'est bien ! Allez, maintenant cours !

Ok, ok. Réfléchissons à ma situation. Enfin, d'abord courrons. Je gravis les escaliers douze par douze, me jetai sur la porte d'entrée, et m'écrasai dehors. Oui, la porte est automatique, j'ai oublié. Bon maintenant, réfléchissons : je ne suis pas facteur, j'ai aucune lettre, et j'ai une heure. Je suis donc dans la mouise la plus profonde qu'il puisse exister. En tout cas je crois.

— On est sortis, si on s'enfuyait ? proposa Flamiaou.

Je me retournai brusquement vers lui.

— Oh que non ! Si on s'enfuit et qu'on le laisse en plan, il va s'énerver, et on pourra plus le défier ! Or, moi je veux mon fric !

— C'est pas grave, on ira dans une autre arène ! On a qu'à aller à la première de la région, ce sera peut-être plus simple !

— Oui mais nan, répondis-je. J'ai pas prévu de passer ma vie dans cette région de bouseux, hein ! J'ai mon soleil d'Alola et le Grand Festa qui m'attendent, alors si t'as cru que j'allais rester à Kanto...

— ON FAIT QUOI ALORS ?!

Je pris une instant pour un réfléchir. On fait quoi ? Putain mais j'en sais rien... Attends... Mais si, bien sûr !

— Tu sais écrire ? lui adressai-je.

— Q...Quoi ?

— On va lui faire, ses lettres.

Il me regarda. Je le regardai. Il me regarda. Je le regardai. Nous nous regardâmes. Et il me dit :

— T'es con ou quoi ?

— Oui bah excuse-moi, saloperie de chat, de vouloir trouver des solutions !

— MOI LA SALOPERIE DE CHAT ?! FAIS GAFFE A TON LANGAGE, BONHOMME !

Je soupirai.

— J'ai plus peur de toi. C'est fini ça. Parce qu’au pire, j'ai Keunotor pour me défendre.



Vous connaissez l'expression « se défendre d'un tir de lance-roquettes avec une fiche bristol » ? Non ? Bon c'est normal je viens de l'inventer. Mais c'est un peu ce que j'ai dit. En gros, ce fut une belle connerie bien juteuse de stupidité.

— Ouais ouais... Dans tous les cas, on n'est pas plus avancés qu'avant. Sans déconner... Et pourquoi t'es entré là-dedans, toi aussi ?!

— Allez, maintenant c'est ma faute ! Tu sais que si t'étais plus fort, on aurait pu le marave, ce ricain de mes deux ! Mais non, môsieur est niveau cinq, môsieur se prélasse, môsieur ne sert à RIEN !

— Moi je sers à rien ?! Ramène-toi fillette, on va voir qui de nous deux est le plus fort !

— Et pourquoi je devrais être fort d'abord ?! C'est pas moi qui combat, que je sache ! Putain on aurait pas perdu cette thune je te jure que je t'aurais piqué aux super bonbons ! … Oh la vache attends, j'ai une super idée !

Le chat parut perplexe, mais moi j'étais convaincu. Je m'approchai donc de Keunotor, et me baissai à sa hauteur.

— Dis-moi Keunotor, est ce que tu peux apprendre toutes les capacités ?

Il hocha la tête.

— Y compris la capacité Larcin ?

Flamiaou s'étrangla.

— Attends t'es pas sérieux, là ?!

— Bah quoi ? On n’a plus un sou, pas de job, une équipe de merde, comment tu veux qu'on fasse autrement ?

— Ouais... Mais ça marche comment ?

— Je crois qu’en fait, il faut que Keunotor tienne un objet, et il vise quelqu'un d'autre qui tient lui-même un objet, et ça les intervertit. En gros il prend un caillou, il vise quelqu'un qui tient un beau billet, et hop, c'est dans la poche !

Il me fixa, visiblement encore perplexe. J'arrivais pas à déchiffrer son regard, mais ça voulait certainement pas dire « Oui t'as raison Red, t'es le meilleur je t'aime ! ». Non en fait ça devait être un truc du style « T'es vraiment con mon pauvre garçon. »

— C'est du vol.

Ah, presque.

— Le vol c'est mal.

— Oui, nan mais atte...

— Le vol c'est vraiment mal, me coupa-t-il. Tu vas mal finir toi, tu vas aller ne prison ! C'est pas bien, tu devrais pas penser à des trucs comme ça c'est vraiment pas b...

— STOP ! criai-je, à la limite de la crise de nerfs. ON VA ALLER VOIR BOB LE BRICOLEUR, ET ON VA LE FAIRE CE PUTAIN DE COMBAT. ET SI ON PERD, ALORS ON VOLERA.

— Ah bah voilà, tu réfléchis ! Bon très bien, je te suis.

Aussi simplement ?! Il fallait juste que je change mes priorités, et il me foutait la paix. Je me tournai vers le troisième mousquetaire.

— Keunotor, ça te va aussi ?

— Keu!Keunotor !

P'tin qu'il est stupide ce truc.

— Keunotor ne répète pas ton nom comme un demeuré, soupirai-je. Bon finalement parle pas, ça ira aussi bien.

C'est ainsi que nous pénétrâmes de nouveau dans l'arène, armés de courage (fuckin ironie), et descendîmes les escaliers. C'est à ce moment que je me rendis compte que j'avais les jambes qui tremblaient. Flamiaou claquait des dents, et Keunotor s'emmêla les pattes, pour finir les dernières marches en roulant. Ah bah il ressent un peu la peur, lui aussi ! Comme quoi, malgré la baie Oran qu'il a à la place du cerveau, il parvient à réfléchir. Quoi que... Bref !

Il ne nous avait pas encore vus. Franchement, j'aurais préféré mille fois qu'il nous tape à peine le pied posé dans son arène plutôt que ça. Tout mais pas cette situation méga-gênante. Musique à fond et enceintes qui grésillent, moi accompagné de mes deux bestioles, et le Major Bob qui chante du Fantal Goyah.



Putain y'a un moment va falloir qu'on lui dise de se retourner, à cet abruti de première... Je donnais un petit coup de pied à Flamiaou, signifiant « Vas-y fais-le. » et il me fusilla du regard, pour s'éloigner un peu, tout en indiquant à Keunotor de le suivre. Je vous HAIS, Pokémon. Ah au fait, j'ai oublié de le dire, mais l'atroce musique que les enceintes disposées PARTOUT dans la salle vomissent, c'est également du Fantal Goyah. Enfin quand je dis musique, je veux plutôt parler du bruit que vous faîtes, vous savez, quand vous vom... [Signal interrompu]

Tout ça pour dire que je ne sais pas ce que je fais. Harakiri ? J'y ai songé, mais je ne possède malheureusement pas de katana. Dommage, car ça m'aurait bien aidé, dans cette situation ignoble. Oui parce que pendant que j'attends, le bruit d'égorgement enregistré, lui, me déchire les tympans, fait exploser neurone par neurone mon cerveau, et stimule mes nerfs. Vais-je craquer ? Vais-je lui sauter au cou et le défoncer pour qu'il arrête cette torture auditive (quoique je pense que c'est plutôt lui qui me défoncerait..) ? Vais-je demander à Keunotor d'utiliser Abîme sur moi ? Vais-je devenir une femme ? Vais-je me mettre en tenue de Pom-Pom Girl, et danser le madison, sachant que ces deux éléments n'ont aucun rapport ? Vais-je... OH PUTAIN JE CRAQUE !!

— STOOOOOOOP ! hurlai-je à m'en péter les cordes vocales. STOP THE MUSIC, POR FAVOR !! (google trad, et cherchez pas, c'est du finlandais)

Il se retourna vers moi, mit du temps à me reconnaître, me sourit, et ne coupa surtout pas la musique, cet en****é.

— ET TOI, FANTAL GOYAH, VIENS TE BATTRE ! JE VAIS T'ENVOYER MES SUPER DEMI-DIEUX A LA GUEULE, CROIS-MOI CA VA TE PASSER L'ENVIE DE ME FAIRE CHIER !!

Oula, je crois que j'ai pété un plomb. Je m'en rends compte mais je ne peux rien faire, là. Heureusement que y'a personne d'autre, dans la salle.

— ALLEZ, QU'ATTENDS-TU ?!

Je me mis à donner de coups de pieds et coups de poings dans le vide, jusqu'à finalement me faire un croche-patte, et m'étaler sur le sol, pour m'y rouler dans tous les sens. Que quelqu'un me pourfende, vite.

— Raichu, Onde de choc !

Ouais, voilà ! … Euh... Quoi ? Non, NON, NON PAS ÇA ATTENDS !!



Je me pris les je-sais-pas-combien-de-milliers-de-volts dans la gueule et j'eus assez mal. Davantage que pour un Lance-flamme, en tout cas. Et je parle en connaisseur. Je me relevai donc, préservant au maximum les résidus d'honneur que je conservais encore quelque part...

— Oh ! Euh, bonjour... Enfin re-bonjour !

— Ah, te revoilà, jeune homme ! sourit le major, comme si rien ne s'était passé (il a coupé la musique, au fait). Alors, as-tu mes lettres ?

Merde, les lettres. C'était quoi déjà, mon excuse préparée à l'avance, hum ? … Ah beh j’suis con, Y'EN A PAS. Je crois que je viens d'omettre un détail important. J'en prends note : toujours trouver un truc à dire quand on ment.

— Eh bien... Je suis désolé... (je prend une mine triste) Je me suis fait licencier, mon employeur a refusé de me les donner...

— A...Ah bon ? fit-il de sa lourde voix d'homme pseudo-viril. Bon bah... J'irai les chercher moi-même.

Voilà. Et quand ce sera le cas, je serai déjà à cinq cents bornes de là, à Albarosa, mais tu ne le sais pas. Je me retourne vers Flamiaou et entre en télépathie avec lui : « Je lui propose le combat ? » demandai-je. Il me fixe de son regard blasé. Je crois qu'il n’a pas reçu le message. AAAH JE HAIS LA TELEPATHIE, ÇA MARCHE JAMAIS ! Y'a que cette idiote de la zone de combat à Hoenn, là, qui sait le faire. Je sais même plus comment elle s'appelle.

Qu'importe, je tente le tout pour le tout :

— Major, j'aimerais vous combattre !

Alors. Je vous explique le délire : je lui ai demandé un combat donc, mais emporté dans mon élan de zèle, je me suis pris pour un putain de soldat de l'armée. Je me suis donc mis au garde à vous, sauf que je ne m'attendais pas à ce qui allait se passer maintenant. Bon déjà, je tiens à vous le dire tout de suite : je pensais que le Major Bob était quelqu'un de fier et intimidant, qui prenait toujours les dresseurs de haut. Mais, jusque-là il m'est apparu comme carrément benêt. Bon bref, concernant la suite, voyez par vous-même...

— Jeune homme... Tu me fais un salut militaire, là ?!

— Euh... Oui... Vous aimez ?

Il prit une mine déconfite, et se mit à trembler, pour se recroqueviller.

— Non... fit-il d'une tout petite voix. Non... Pas l'armée... Quand on me faisait faire pipi au lit au dortoir... Et dans les douches... C'était toujours moi qui subissait... Avec le gros Heinrich...

0__0

Je fais quoi, maintenant ?



Il se mit à pleurer, toujours en position fœtale. Je me tourne vers Flamiaou, qui comme moi ne sait ni quoi faire, ni quoi dire, ni quoi penser. A vrai dire, en cet instant, je n’ai même pas envie d'exister. Je préférerais partir me cacher dans un lieu où personne ne vit, et oublier les terribles images qui commencent peu à peu à fleurir dans mon esprit... Le gros Heinrich... Ça partira jamais, ça.

Sans déconner, je pouvais VRAIMENT me retrouver dans une situation pire que celle-là ? Seul dans une arène avec un champion qui me resort ses traumatismes de l'enfance. Pitié, que quelqu'un m'aide. Soudain, j'entendis la porte d'entrée s'ouvrir. OH ! Je suis sauvé ! Je me tourne, un grand sourire pour observer le visage de mon sauveur et... Merde. Tout mais pas ça. Flamiaou remarque que je perds mon sourire durement acquis.

— Hé, ça va Read ? me demande-t-il.

Non, ça va pas. Et ça ne pourra pas aller mieux tant que i...

— Red ! s'écria l'inconnu, s'approchant. Quel plaisir, et surtout quelle surprise de te voir ici.

Moi aussi, c****rd. Il descend les escaliers, et arrive finalement sur le terrain. A sa vue, le Major retrouve toute sa fougue.

— Un nouveau dresseur ! s'écria-t-il.

— Silence, lui adresse calmement l'autre.

Le champion lui obéit.

— Craig... murmurai-je.

— Ça fait longtemps, n'est-ce pas ? me fit-il de son air supérieur et moqueur.

— Ouais. Deux ans. Toujours la même face.

Il hausse le sourcil, et tourne la tête pour regarder mes Pokémon, puis se met à rire.

— Oh, je vois que tu as capturé une autre bestiole, en plus de ton abruti de Keunotor. Cependant... Toujours la même équipe de merde, hein ?

J'avais envie de l'encastrer. Vous vous demandez qui c'est ? C'est mon meilleur ami. … Oui, nan en fait c'était mon meilleur ami. Puis nous nous sommes embrouillés, je ne sais plus trop pour quelle raison – ça va me revenir un jour –, et nous ne nous sommes plus autant appréciés, depuis. Deux ans plus tôt, il est parti en voyage, et depuis, je n'ai plus eu de nouvelles. Mais maintenant donc, il joue le rôle du gros rival méchant bien relou que tout le monde déteste mais qui a quand même un caractère intéressant malgré le fait que ce soit une tête à claque. Ah au fait, il a les cheveux roses. Je déconne pas. Rose pétant, hein. Tant qu'à faire, j'ai envie de dire... Vous l'aimez toujours autant ? … Tant que vous me préférez, c'est l'essentiel. Bref. Je m'efforçai de sourire.

— Oh oui, je te présente ma team de demi-dieux, Keunotor et Flamiaou.

— Des demi-dieux ? s'esclaffa-t-il. Ta stupidité m'amusera toujours, Red.

— La tienne aussi, Pinky.

— PINKY ?!

Il déteste que je l'appelle comme ça. Mais je m'en fous, parce que ses cheveux sont roses et qu'il craint de ouf. Ah, merde. J'ai parlé trop vite, et j'ai oublié de mentionner un détail qui a son importance. En fait, son VRAI nom, c'est Pinky. Craig, c'est un pseudo parce que Pinky, ça craint de ouf. Mais ça je l'ai déjà dit. Quand je me plains de mon prénom, des fois, je pense à cet idiot, et je me rassure en me disant qu'il y a des choses bieeeen pires, dans la vie.

— Bon, tu viens faire quoi ici, la fraise tagada ?

Et hop, j'ai l'avantage.

— Alors primo, la fraise tagada ELLE T'EMMERDE. Et secundo, je viens remporter mon troisième badge de dresseur de la région de Kanto.

— Ah ouais... Deux badges en deux ans putain, tu carbures toi.

Il se retint de prononcer une insanité toute droit sortie du plus profond de son esprit pervers et immature. Enfin... Je dis ça mais il est quand même beaucoup plus mature que moi, le bougre.

— Vous voulez donc tous deux un combat, messieurs ? demanda le Major Bob.

— Ouais ! m'exclamai-je. Mais je passe premier hein, je veux pas me faire avoir !

Pinky ricana.

— Comme tu veux, sale nul. Ça me permettra d'en apprendre plus sur ses Pokémon.

Crotte. Flamiaou me torpilla du regard.

— Tu n'as que deux Pokémon, jeune homme ? m'adressa le milit... le champion.

Je hochai la tête, et rajoutai :

— Serait-il possible de faire un deux contre deux, s'il-vous-plaît ? Je souhaite renforcer la cohésion de mon équipe.

Il partit dans un bruyant rire.

— Comme tu veux ! Ça ne m'empêchera pas de te coller une raclée monumentale !

Je le sais, merci. Je posai toutefois une dernière question :

— Si je gagne... Combien d'argent puis-je empocher ?

— Six mille trois cent soixante Pokédollars, me répondit-il.

Six mille ? Sérieusement ?! Je me tournai vers le camionneur, qui afficha des yeux aussi ronds que moi. Avec ça, on pouvait acheter plusieurs billets de ferry, au cas-où on se trompe une nouvelle fois. J'hésitai à lui demander combien le badge Foudre pouvait se vendre, mais je me ravisai. Inutile de lui demander, j'irai sur iBay.

Nous nous mîmes donc en place, chacun d'un côté du terrain, et le Major fit appel à ses Pokémon.

— Tu es prêt ? me fit-il. (je hochai la tête) Très bien, alors allons-y ! Magnézone, Elekable, à vous de jouer !

Euh...

— Flamiaou... Ils sont niveau combien, à peu près ?

Il soupira.

— Niveau cinquante, bonhomme. »

Et merde. On est foutus.