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Après la fin de Cyrlight



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Informations

» Auteur : Cyrlight - Voir le profil
» Créé le 18/12/2017 à 14:18
» Dernière mise à jour le 18/12/2017 à 14:21

» Mots-clés :   Action   Drame   Fantastique   Mythologie   Suspense

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Chapitre 25 : À nos voeux sacrés
« A nos vœux sacrés
Au mal qui nous tient
Soumets-toi et je serai ton arme
Je te fais allégeance en te donnant mon âme »


À nos voeux sacrés - La légende du roi Arthur



Apollon fracassa avec rage une chaise contre le mur de son antre, dans la Salle Originelle. Sa colère le rendait fou. Il ne pouvait tolérer l'affront qu'Aphrodite lui avait infligé. C'était inacceptable. Savoir qu'elle lui avait préféré un humain faisait naître à lui des pulsions meurtrières.

Son orgueil en souffrait plus encore que son coeur. Non seulement il n'avait pu avoir la femme qui l'aimait, mais de surcroît, un mortel avait réussi là où il avait échoué. Comment parviendrait-il à surmonter cela ? Tant de haine envahissait son être qu'il avait l'impression de s'y noyer.

Il avait songé, sitôt après avoir découvert le secret d'Aphrodite, à la dénoncer à l'Alpha, mais l'Alpha n'était plus Arceus. Si lui l'aurait certainement châtiée pour son acte, qui était plus ou moins un crime, Athéna se contenterait de lui pardonner et de lui accorder sa bénédiction, exactement comme elle l'avait fait pour Lilith.

Sa justice n'en était pas une, il ne s'agissait que d'une mascarade qui tentait d'en revêtir le masque. Elle était incapable de faire respecter les lois ancestrales qu'Arceus avait instaurées dès la création du monde. Elle prétendait se montrer clémente, mais elle était seulement laxiste.

La porte démesurée qui conduisait à ses quartiers s'ouvrit au moment où il s'apprêtait à briser un autre objet. Latios fit irruption dans la pièce, le regard dur. Une silhouette se découpait dans son sillage, sombre, contrastant avec la blancheur immaculée du couloir situé juste derrière elle.

- Ton éon m'a dit que tu souhaitais me voir. J'espère pour toi que tu as une bonne raison de m'avoir fait venir jusqu'ici.

Grande et mince, les cheveux tirés en arrière et les traits autoritaires, Héra l'observait avec dédain. Elle possédait toujours le même air méprisant sur son teint mat, la même indifférence dans ses yeux noirs. Son égoïsme et son caractère hautain n'avaient fait qu'empirer depuis la fin de la guerre.

- Mes hommages, ma dame. J'ai conscience que vous avez choisi de résider dans l'une des zones les plus reculées de la Salle Originelle pour vous tenir au plus loin de votre nièce, mais ce que j'ai à vous dire est de la plus haute importance.

Apollon s'inclina devant Héra et lui baisa la main. Cela ne suffit pas à la rendre plus aimable. Au contraire, elle se renfrogna et recula d'un pas dès que ses salutations protocolaires furent achevées.

- Tu as raison à propos de la haine farouche que m'inspire Athéna. Nous savons l'un comme l'autre que le titre d'Alpha me revenait de droit, alors que cette petite mijoré n'a fait qu'attendre son heure.
- Le trône vous siérait cent fois mieux qu'à elle, en effet. C'est pour cette raison que je désire solliciter votre aide, dame Héra. Vous et moi avons tous deux été victimes d'une injustice. Ne croyez-vous pas qu'il serait tant de réparer les torts que les autres nous ont causés ?

La déesse fronça ses sourcils sombres et drus. Apollon, face à sa réaction, lui adressa l'un de ses sourires envoûtants. Couplé à son immense beauté, il devenait littéralement ensorcelant. Seule Aphrodite avait toujours su résister à son charme avec un parfait désintérêt. Il parut en revanche fonctionner sur Héra, car elle sembla se détendre un peu.

- Serais-tu, mon cher, en train d'évoquer ta soif de vengeance ?
- C'est fort possible.
- As-tu perdu l'esprit ? Sais-tu ce que Némésis nous infligera si nous tentons d'outrepasser la paix ?
- Némésis n'est plus celle qu'elle a pu être, affirma Apollon avec un sourire goguenard. La couardise d'Athéna me donne l'impression de s'être étendue jusqu'à elle. Elle accepte des choses qui, autrefois, auraient été jugées intolérables par l'ensemble de la Confrérie.
- Où veux-tu en venir ?
- Aphrodite. Vous n'êtes pas sans savoir que je l'ai courtisée des siècles durant, pour n'obtenir finalement que mépris et indifférence de sa part.
- Personne n'ignore l'inclination qu'elle éprouve pour Satan. Je n'ai jamais compris comment Arceus, paranoïaque comme il l'était, avait pu lui accorder une telle confiance. Elle est compétente, j'en conviens, mais elle a échoué à l'instar de tous les autres. Toi, au moins, tu as eu le mérite de triompher de ta jumelle.
- Vous me flattez, ma dame. Pour en revenir à notre sujet, sachez qu'Aphrodite n'est pas aussi vertueuse qu'elle l'a toujours prétendue. La bassesse et l'ignominie dont elle a fait preuve sont indignes de la Confrérie. En plus d'avoir offert son coeur à un Renégat, elle a commis un crime odieux. Elle a enfanté une humaine.
- Une humaine ? Quelle idée absurde ! répliqua Héra. Pour y parvenir, il aurait fallu qu'elle...

Apollo acquiesça doucement d'un hochement de tête et son interlocutrice ouvrit des yeux ronds. Véritablement stupéfaite, elle mit un moment à se départir de son air étonné. Lorsque cela fut le cas, elle éclata d'un rire tonitruant.

- Cette petite garce... Dire qu'Arceus nous en chantait les louanges ! Aphrodite fera tomber les Renégats, Aphrodite triomphera de Scathach... Je n'arrive pas à le croire. C'est presque trop beau pour être vrai.
- Presque trop beau pour être vrai ? Comment cela ? Elle s'est déshonorée, certes, mais à quoi bon ? Athéna, si elle n'est pas déjà au courant, ce dont je doute en raison des Zarbi, fermera les yeux sur son acte, comme elle a coutume de le faire.
- Que comptes-tu faire, dans ce cas ? Je crains qu'elle ne se montre pas aussi souple si tu décidais de te faire justice toi-même.
- Elle exige que la paix soit maintenue entre les légendaires, mais rien ne m'empêche de tuer la bâtarde qu'Aphrodite a mise au monde. Je n'aurais aucun scrupule à le faire, d'autant qu'elle fait partie de ce groupe infâme que Némésis appelle sa nouvelle Confrérie.
- De mieux en mieux... La mère bafouée cherchera alors à se venger et ainsi, c'est elle qui enfreindra la règle principale d'Athéna. C'est une idée prodigieuse. Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi tu as tenu à me faire part de ton plan.
- Parce que je suis convaincue qu'avec votre soutien, je peux faire beaucoup mieux que cela, à condition que vous vous décidiez à me l'accorder.
- Hum... réfléchit Héra. Cela dépend. Que me proposes-tu ?
- Je veux obtenir réparation de l'offense causée par Aphrodite, mais je sais que vous, vous en avez subi une similaire, autrefois. Que diriez-vous de prendre votre revanche sur Lamia ?
- Je suis tout ouïe.

Apollon eut un rictus et Héra lui répondit par un sourire mauvais. Il était certain qu'en citant le nom de sa rivale, celle qui avait jadis séduit le coeur de Zeus, il parviendrait à retenir toute son attention. Il était capable de cerner les gens avec aisance, ce qui lui offrait un avantage considérable afin de mieux les manipuler.

- Aphrodite a toujours éprouvé beaucoup d'estime envers Lamia, et la réciproque est également vraie. Gageons que si elle tentait de se venger, sa jeune amie la suivrait sans hésiter.
- Lamia a rejoint les rangs des Renégats. Comment peux-tu être sûre qu'elle acceptera de se lier à une partisane d'Arceus ?
- Parce que tout ce beau petit monde était réuni tout à l'heure devant l'entrée du Monde Inversé. Leur amitié renaît lentement de ses cendres. Si nous réussissons à en avoir une, il y a fort à parier que nous aurons l'autre.

Héra s'accorda un instant de réflexion. Elle était tentée par le plan d'Apollon, cependant il était très risqué. À la moindre erreur de calcul, au premier faux pas, les Zarbis avertiraient Athéna de leurs manigances et ils auraient à subir le courroux de Némésis.

- Il reste un problème que tu n'as pas évoqué, souligna la veuve de Zeus. Ce n'est pas parce que nous ne prévoyons pas réellement de violer la paix entre les légendaires que ma nièce ne le saura pas pour autant. Si elle interroge ses stupides créatures, elles lui révèleront tout, et même si elle ne le fait pas, ils lui dévoileront la vérité lorsque tu auras plongé Aphrodite dans une folie vengeresse.
- Je ne l'ai pas évoqué, mais j'y ai songé. J'ai même un plan, et c'est d'ailleurs pour l'accomplir que votre aide va m'être la plus précieuse. Je suis convaincu qu'en combinant vos pouvoirs et les miens, nous pouvons prendre leur contrôle. Alors que je me hâtais de regagner la Salle Originelle, j'ai commencé à réfléchir à une mélodie qui aurait cette visée. Pour que l'enchantement soit complet, cependant, je vais avoir besoin de magie blanche, autrement dit de vous.
- Si Athéna n'a plus la mainmise sur les Zarbi et leur savoir absolu...
- ... Elle sera incapable de savoir ce que nous tramons dans son dos. Et ce n'est pas tout. Sans ce talent, plus personne n'aura à la redouter. Vos frères, Poséïdon et Hadès, doivent la jalouser tout autant que vous, non ? Peut-être accepteront-ils de s'allier à vous pour la renverser.
- J'en doute. Ils risqueraient effectivement se retourner contre Athéna, mais indépendamment de moi. S'ils se battent pour le titre, ce sera pour eux, et non dans mon intérêt. Il se pourrait même que j'ai à les affronter, si ton ambitieux projet réussi, car nous convoiterons alors tous le titre d'Alpha.

Apollon ne releva pas. Il n'avait pas pris en compte tous ces facteurs. Pour lui, les seules menaces devaient venir d'Athéna et de Némésis, qui n'en était plus vraiment une depuis que les scellées des ruines Sinjoh avaient absorbé une grande partie de ses pouvoirs.

- Tu es bien silencieux. Aurais-tu soudain peur face à l'envergure d'une telle machination ?
- Non, ma dame. Je réfléchissais. J'ai sous-estimé le nombre de nos ennemis, mais je suis toujours prêt à mettre ce plan à exécution.
- Qu'est-ce qui me prouve que je peux te faire confiance ? Qu'une fois la bâtarde d'Aphrodite tuée et sa mère déchue, tu ne me laisseras pas affronter seule Athéna et tous ceux qui se dresseront en travers de mon chemin ?

Pour toute réponse, Apollon sortit une flûte de sa poche et la porta à ses lèvres. Avant de se mettre à jouer, il s'accroupit, posant un genou sur le sol, face à l'épouse de Zeus. Il souffla ensuite dans l'instrument. Le morceau qu'il interprétait possédait des sonorités dures et un rythme rapide.

- Par les pouvoirs qui sont miens, je jure allégeance à Héra, déesse primaire de la Confrérie originelle. Que ce serment ne se rompe tant que notre objectif ne sera pas atteint et que notre vengeance ne sera pas accomplie. Acceptez, ma dame, mon âme que je vous donne en gage de ma loyauté.

Il baissa la tête pendant qu'elle plaçait une main dans sa chevelure ébène. Un courant invisible traversa le corps d'Apollon pour converger vers celui d'Héra. Il s'attarda au niveau de son annulaire, où un anneau d'argent se matérialisa, de même qu'au doigt du jumeau d'Artémis. Ils scintillèrent quelques instants avant de disparaître dans un volute de fumée.

- Je suis à présent lié à vous, ma dame. Votre destin est mon destin. Nous partageons notre but et, ensemble, nous l'atteindrons.

Apollon prit la main qu'Héra lui tendait afin de se relever et plongea son regard dans le sien. Elle ne prononça pas un mot lorsqu'elle le relâcha, ni même lorsqu'elle recula légèrement. Ce ne fut qu'au moment où elle s'apprêtait à tourner les talons qu'elle déclara :

- Nous vaincrons, Apollon. Nous prendrons la place qui nous revient de droit et nous exigerons la réparation des injustices qui nous ont été infligées. Nous aurons notre revanche. Tu peux compter sur moi.