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R. de Deadlier



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» Auteur : Deadlier - Voir le profil
» Créé le 28/10/2017 à 01:18
» Dernière mise à jour le 26/01/2018 à 18:43

» Mots-clés :   Action   Alola   Aventure   Organisation criminelle   Présence de personnages du jeu vidéo

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Lettre 6 : Mauvais face à la nécessité
Mon fils,

Je suis toujours sans réaction de ta part. Je tente pourtant de m’ouvrir à toi, mais force est de constater que je m’y prends mal. Notre relation a toujours été une chose complexe pour moi, et je crois qu’encore une fois je m’y suis pris de façon très maladroite. Pourtant, je tente d’être aussi authentique que je le peux lorsque je t’écris tout ça. Mais je ne désespère pas, je vais tâcher de m’améliorer, et continuer à t’écrire dans l’espoir d’avoir une réponse. Je ne baisse plus les bras, désormais ton père n’est plus un fuyard comme jadis.


J’étais donc à Alola depuis plus de trois jours, dont presque l’intégralité d’entre eux passés dans le coma. Et j’avais embarqué à bord d’une navette de la Fondation Aether dans l’objectif de retrouver mes Pokémon enlevés par la Team Skull. Mon pilote m’expliqua qu’il allait me conduire à la ville de Malié, sur Ula-Ula. Et qu’à partir de là, il me faudrait rejoindre la ville repaire de ces malfrats, Kokohio. Entre temps, il allait me falloir trouver, capturer et entraîner un Pokémon pour avoir une quelconque chance de les vaincre.

Tout ceci me posait problème. Il fallait que j’aille au plus vite à leurs secours, mais il me faudrait bien un minimum de temps pour me remettre en forme et surtout entraîner mon futur compagnon. Mon état physique étant ce qu’il était, je ne pourrais de toute façon pas courir jusque-là bas, et devrait bien me résoudre à marcher à mon rythme, à travers routes et hautes herbes comme un dresseur. Mais avant toute chose, je devais me restaurer. J’avais sûrement dû être nourri en intraveineuse pendant mon séjour au Paradis Aether, mais cela mis à part, je n’avais toujours rien avalé depuis mon arrivée à Alola. Donc ma première décision serait de trouver un restaurant pour me sustenter, et faire le point.

Pendant le voyage, quelque chose me tarauda continuellement l’esprit. Les paroles d’Elsa-Mina. Un mot en précis, celui d’Ultra-chimère. Je n’en avais jamais entendu parler, et pourtant ça me paraissait plus qu’intéressant, je dirai même que ça piquait mon intérêt au vif. Mon instinct me dictait qu’il y avait une piste à exploiter. Mon ambition me taraudait, je ne pouvais m’empêcher de me dire qu’il y avait quelque chose à faire. J’avais besoin d’informations mais une seule personne pourrait me les fournir. Toutefois, j’allais être obligé de reprendre contact avec, toutes ces années après…

Oh et puis au diable les doutes. J’en avais assez de me torturer l’esprit et de reculer. Si je récupérais mes Pokémon, non, lorsque j’aurai récupéré mes Pokémon, il me faudrait bien un nouvel objectif à la hauteur de mes capacités. Et voilà clairement quelque chose qui semblait s’inscrire dans ce cadre. Je pris donc mon Pokématos et envoya un message à un contact que je n’avais plus joint depuis mon départ de Kanto, il y a des années, lui demandant de chercher des informations sur les Ultras-chimères.

Lorsque nous arrivâmes enfin, le spectacle qui s’offrit à moi fut des plus surprenants. Bien qu’il ne s’agisse là que d’une île, elle était dominée par deux gigantesques montagnes se faisant face. La plus grande des deux était un mont gelé, ressemblant à un énorme glacier, tandis que l’autre semblait être une montagne avec une terre brune, voir rougeoyante, presque aride. Comme un si petit îlot pouvait comporter un tel choc climatique ? Fort heureusement, je savais que la Team Skull résidait dans une ville et non en haut d’un de ces sommets. Je n’avais pas envie de crapahuter en haute altitude ou de partir faire ce sport de clown qu’était la randonnée. Marcher juste pour le plaisir, quelle idée absurde.

Comme Kokohio ne disposait pas de port bien que se situant sur la côte, je débarquai à Malié. Je fus informé du fait que la Fondation Aether disposait d’un relais entre Malié et Kokohio. Bien que je remercie pour la forme, je ne comptai absolument pas m’y arrêter, je devais déjà bien assez de choses à ces gens.

Lorsque je mis le pied à terre, je me cru tout bonnement rentré chez nous. Malié n’avait rien du style architectural que j’avais vu dans les autres villes d’Alola. Elle était typique de Johto, et plus précisément de Rosalia. Ses maisons en forme de pagodes, symbolisant le repos spirituel. Et bien, voilà qui était proprement surprenant. Je ne m’attendais pas à trouver une ville d’immigrés ici. Il allait falloir que je fasse profil bas ici, peut être que je pourrais être reconnu.

Et ma tenue m’informa rapidement du fait que je ne passais pas inaperçu aux yeux de tous. Même ici un homme en costume faisait sacrément tâche au milieu des habitants et divers touristes. Je pris donc sur moi d’accomplir quelque chose de grave et de totalement impensable. Me rendre dans une boutique de vêtements pour me changer. Et ce avant même de me restaurer. Impossible de m’afficher ainsi vêtu dans un lieu public rempli d’habitants de Johto.

En consultant mon Pokématos, j’appris que la ville possédait effectivement une échoppe de ce genre. Je me mis donc en route tout en longeant les murs pour ne pas me faire remarquer. C’est là que je regrettai vraiment mon chapeau pour dissimuler mon visage.

Alors que je m’approchai du magasin que je cherchais, je fus surpris par une voix qu’il me semblait reconnaître au coin de la rue, et me cachais derrière une caisse. Qu’est-ce que cet homme pouvait bien faire ici, à l’autre bout du monde ?

- Ton Gravalanch d’Alola est vraiment impressionnant Chrys, merci de me l’avoir montré, déclama la voix nasillarde et guillerette qui me faisait tiquer l’oreille.

Cette silhouette ici… ? Impossible. On aurait pourtant dit le professeur Samuel Chen en personne ! Mais sans sa fidèle blouse, avec la peau beaucoup plus bronzée et les cheveux longs. En bref, un professeur Chen décontracté. Je détestai cet homme et la vision naïve des Pokémon qu’il représentait. Et lui, il était certain qu’il me reconnaîtrait. Je ne pouvais donc absolument pas me montrer.

J’étais tellement surpris par cette vision que je mis un moment à reconnaître ce petit gros de Chrys qui discutait avec lui. Il était arrivé jusqu’ici entre temps et poursuivait son tour des îles donc. Et il était évidemment de connivence avec l’infâme professeur Chen, comme tous les gentils petits dresseurs.

- Merci à vous, pour votre aide, professeur Chen.

- Oh je t’en prie, appelle moi Raphaël, lui rétorqua le professeur en riant à moitié.

Raphaël ? Il était incognito ici, lui aussi ? Mais non, il n’avait aucune raison de le faire. Je devais me rendre à l’évidence, il devait être de la même famille. Sans doute un frère, voir un jumeau. Mais pas le même. En tout cas ils étaient de vrais sosies. Toutefois, j’étais bien décidé à faire profil bas, et attendit donc patiemment que les deux partirent pour enfin me rendre à la boutique de vêtements.

Une fois à l’intérieur, je fus pour le moins décontenancé, Ce n’était pas une boutique de vêtements, c’est un attrape-nigaud pour touristes et dresseurs débutants. Que des tenues flashys, colorées, à motifs de vacances. Et partout des T-shirt et des shorts en plus. Dans le doute, je décidai de consulter à nouveau mon Pokématos, mais il me fallu bien me rendre à l’évidence, j’étais bel et bien au bon endroit.

A peine entré, j’étais sauvagement agressé par une vendeuse qui activa tout mes mécanismes défensifs, prêt à l’envoyer bouler à la moindre proposition déplacée. Je fis le maximum pour me retenir, et parti arpenter les rayons du magasin avec elle, à la recherche de la perle rare tant désirée. Tout d’abord, je l’informai de mes besoins et surtout de mes exigences.

Une tenue locale, confortable pour une longue marche à pied et surtout sans motif ni couleur flashy. Ma tenue ne devait pas être ridicule, et devait exclure absolument et indiscutablement short et t-shirt. Tous ces petits critères évidents établis, la vendeuse parue beaucoup plus déconfite et moins enthousiaste. Je venais sans doute de supprimer facilement quatre-vingt-dix pour cent du magasin.

Sans jamais lâcher mon Hyper Ball, je parvins à sélectionner une chemise noire à manches longues et un pantacourt blanc, à défaut d’un pantalon, ainsi qu’une paire de chaussures de sport noires. Je me rendis en cabine d’essayage pour passer tout ça, et rencontra une difficulté imprévue.

La douleur m’envahit de nouveau pour me rappeler que j’étais convalescent, tandis que je me tordais dans tout les sens pour retirer mon costume. Je dégluti et lâchai un râle de douleur assez sonore. Mais pour éviter toute compassion ou intrusion, je dis rapidement à l’adresse de la vendeuse qui m’attendait que tout allait pour le mieux.

Reprenant avec des mouvements plus lents et doux, je parvins enfin à enfiler ma nouvelle tenue. Et en me regardant dans le miroir, il apparut face à moi un dresseur de Pokémon. Certes âgé et doté d’une barbe, mais un dresseur quand même. J’avais perdu toute ma classe, et malgré mon choix de goût pour limiter la casse, je ressemblais bien à un dresseur vulgaire quelconque.

Lorsque je ressortis de la cabine d’essayage, je lançai à la vendeuse de s’abstenir de tout commentaire, ne voulant surtout pas qu’elle me dise que j’étais beau. C’était bien la dernière des choses dont j’avais besoin. Je récupérai mes anciens vêtements, pas décidé à les jeter, mais réalisais rapidement que je n’avais rien pour les ranger. On me fit alors l’affront suprême. Un sac à dos. Et c’était la seule chose dont disposait le magasin pour satisfaire à mes besoins.

C’est donc la mort dans l’âme que j’achetais un sac à dos en plus de mes vêtements, dépensant les quelques Pokédollars qu’il me restait en poche. Et ce fut avec horreur que je vis la caissière m’offrir avec un grand sourire une ceinture de dresseur en complément de mes achats. Certes, je pourrais ainsi attacher mon Hyper Ball et ne pas avoir à la tenir tout le temps mais, c’était franchement un sacré retour en arrière pour moi. Je n’avais pas l’air de rien, j’avais l’air d’un moins que rien.

Mes pas commencèrent à me conduire vers la sortie de la ville, mais le grognement de mon estomac me rappelait à l’ordre. Il fallait que j’aille manger. Consultant une nouvelle fois mon Pokématos, je pris la direction d’un restaurant nommé « Sushi sans Chichis » apparemment populaire et recommandé dans la ville. Je m’y rendis à grand pas, et regardais le menu qu’ils proposaient. Toute une variété de sushis et de makis tels qu’on pourrait en trouver à Johto, ce qui me mettait l’eau à la bouche. Sauf que mon envie d’entrer se brisa en voyant les prix indiqués, et surtout la mention que sans argent, tout se réglait par combat Pokémon. N’ayant pas pris une grande somme avec moi, et n’ayant plus de Pokémon, il me fallut bien faire demi-tour.

C’est alors que je me dirigeais vers la sortie sud de la ville, que je sentis une odeur sucrée de nourriture envahir mes narines. Hésitant, je décidais de la suivre, histoire de n’avoir aucun regret. Je tombais sur une petite échoppe de rue, dont l’enseigne indiquait Malasada. J’avais bien vu ça, tout à l’heure, sur mon Pokématos, mais comme j’ignorais ce que voulait dire Malasada, je n’y avais pas prêté attention.

Était-ce le mot d’Alola pour « sucreries » ? Aucune importance. A première vue, ça avait l’air de pâtisseries sous forme de boules de sucres de la taille d’un œuf, et ça ferait parfaitement l’affaire. Je m’approchai du comptoir avant de réaliser qu’il y avait une file de quatre personnes qui attendaient. Grommelant, je me mis à leur suite, derrière un vieux incapable de se tenir droit et portant une chemise noire débraillée. Cette apparence me disait vaguement quelque chose, mais impossible de remettre le doigt dessus.

Au bout de cinq minutes, alors que la queue avançait, la personne devant moi, elle, ne bougeait pas d’un millimètre. N’avait-il pas vu que ça allait être à lui dans quelques instants ? C’est que j’étais pressé moi, je devais filer secourir mes Pokémon, et donc en capturer un pour l’entraîner rapidement.

- Dis donc l’ancien, tu pourrais avancer non ? fis-je remarquer avec mon tact habituel au fauteur de trouble.

- Pfff, les jeunes de nos jours, aucune patience, soupira sa voix qui m’était trop familière.

Il se retourna vers moi et mes yeux s’écarquillèrent en voyant son visage. C’était Danh, le type qui m’avait mis à mal devant le laboratoire du professeur Euphorbe. Que faisait-il ici celui-là ? J’étais parti en vadrouille sur une autre île, et il fallait que je tombe sur lui. Bizarrement, il ne sembla pas me reconnaître sur le coup. Peut-être à cause de ma tenue de camouflage parfaite. N’importe qui passerait pour un jambon là dedans.

- Écoutez, je suis assez pressé. Est-ce qu’éventuellement vous pourriez me laisser votre place ? dis-je poliment.

Il m’observa sans me répondre puis se mis soudainement à s’étirer tout en lâchant un bâillement à faire pâlir un Parecool de jalousie. Étant circonspect face à sa réaction, je décidais de prendre ça pour un oui, et le dépassais dans la file. Et en effet, il ne m’empêcha pas de passer.

- Alors R., comment ça va depuis la dernière fois ? m’interrogea-t-il avec l’air le plus naturel du monde.

- Je n’ai pas de temps à t’accorder, j’ai trop d’ennuis pour ça, répliquais-je sèchement.

- D’accord, pas de soucis, répondit-il à mon propre étonnement.

Je m’attendais à ce qu’il m’assaille de questions, mais non, il semblait vraiment et sérieusement n’en avoir absolument rien à faire. Même pas de petite curiosité. Son regard cerné continuait de refléter le manque d’intérêt le plus total qui soit à toutes formes de choses.

- Chouette tenue en tout cas, se contenta-t-il d’ajouter.

Je roulais mes yeux vers le ciel. Il faisait exprès en plus. Je m’en doutais, c’était un genre de stratagème pour me piquer au vif et me faire tout déballer devant lui. J’envisageais de l’envoyer balader, mais je me dis qu’après tout, en tant que local et dresseur plutôt fort, il pourrait peut-être me renseigner sur la Team Skull.

- J’ai quelques ennuis avec une certaine Team, on va dire.

- Je t’invite à manger, on va aller discuter dans un coin tranquille, continua-t-il dans le plus grand des calmes.

Devenu soudainement charitable, il me paya ma malasada, et m’en offrit même quelques unes en plus, disant que j’en aurai besoin. Il rajouta même une bouteille d’eau en supplément. Je plissais les yeux, voyant qu’en plus il marchait volontairement lentement, moi-même ne pouvant marcher vite. Il avait l’air au courant de quelque chose, c’était évident. Je l’accompagnai à travers les rues, tandis qu’il m’emmenait vers la sortie sud de la ville.

J’eus largement le temps de finir mon « repas » et de boire de l’eau avant de sortir de la ville. Je m’étais trompé, il n’adaptait pas sa vitesse à la mienne. Il était juste naturellement mou et lent. Malgré mon état physique déplorable je tentai d’accélérer le mouvement, mais rien n’y fit, il continua à son rythme.

Sur la route, je fus surpris par une multitude de vibrations soudaines de mon Pokématos. Comme je le craignais, la personne avec qui j'avais repris contact en était si heureuse qu'elle me harcelait de messages. Je les regardai rapidement tout en vérifiant que Danh ne regardait pas par dessus mon épaule, mais il n'en avait visiblement rien à faire?

Lorsque enfin, après un moment interminable dans le plus grand des silences, moi le regardant en Ponchien de faïence et lui n’en ayant absolument rien à faire, nous étions sorti de la ville, il se décida à entamer la conversation.

- Pectorius m’a dit que tu as fais du dégât à Mêle-Mêle, R.

- Oh pitié, on n’a pas fait tout ce chemin pour que tu me fasses la leçon, j’espère, grognais-je.

Je remarquai que je continuais étrangement à le tutoyer. Sans doute dégageait-il une telle aura de nonchalance qu’on avait avec lui l’impression de pouvoir tout dire et faire sans aucun risque. Ou alors c’était ma nouvelle tenue qui me faisait régresser mentalement. Le doute me tiraillait sérieusement entre les deux.

- Je ne me serai pas fatigué pour si peu, je te rassure, dit-il toujours sans aucun entrain tandis que j’étais sceptique à la notion de fatigue.

- Alors pourquoi ça ? Te moquer de moi ?

- J’ai entendu dire que tu avais été agressé par la Team Skull, là bas. Et je constate que c’est vrai, ces gredins t’ont volés tes fidèles Pokémon.

Il était sacrément bien informé lui. D’abord Pectorius, maintenant ça, mais qui était-il au juste ? Je n’étais pas le seul à jouer aux petits secrets, on dirait. En tout cas, son ton morne n’aidait pas à l’interprétation, il me semblait que lui non plus n’avait pas l’air de porter la Team Skull dans son cœur.

- C’est vrai, et je suis en route pour aller les récupérer et me venger, affirmais-je avec certitude. Je vais les réduire en poussière tous autant qu’ils sont.

- Très impressionnant, vraiment, lâcha-t-il dans un semi-bâillement. Ton Hyper Ball, il y a quelque chose dedans ?

- Pas...pas encore, hésitai-je à lui répondre. Je dois encore travailler ce point.

- C’est ce qu’il me semblait. Je vais t’aider à attraper un Pokémon. Par contre après débrouilles-toi pour l’entraîner et marcher jusqu’à Kokohio.

- Merci mais non merci. Je n’ai pas besoin de ton aide, rétorquais-je.

- Tu n’as pas de quoi affaiblir un Pokémon sauvage, ce serait bête de gâcher ta seule Poké Ball. Confies-la moi, en plus je connais bien la faune du coin. J’vais te dégoter une petite pépite, assura-t-il en me tendant la main.

- T’as l’air de connaître ton affaire, tu peux le prouver ?

- Je peux t’affirmer que leur chef est fanatique de Pokémon Insectes.

Un type faible, mais qui ne me surprenait pas. Les déchets se plaisaient bien entre eux et étaient les seuls à se supporter.
Quant au fait de m’aider, il n’avait pas tort. J’allais bien galérer à capturer un Pokémon seul, et je ne disposais que d’une seule et unique chance. Et entre ma fierté et la possibilité de récupérer mes Pokémon, je dû bien faire un choix. Et comme tu le vois, je décidais enfin de mettre ma fierté en arrière plan, et lui donnais mon Hyper Ball sans dire un mot.

Il hocha la tête sans rien ajouter, comprenant que je n’avais pas besoin qu’on m’accable. Il fit sortir son Escroco et je parti à sa suite sur la route, à travers les hautes herbes. Un panneau m’informa que nous nous trouvions sur la route 10. Et j’entamai ma première chasse au Pokémon sauvage depuis vingt années au moins. Tu n’as pas idée de comme ça évoquait de vieux souvenirs en moi.

Je me vis partir pour mon voyage initiatique à seulement dix ans avec mon fidèle Miaouss, qui n’allait plus jamais me quitter. Il y avait bien longtemps que je n’avais plus repensé à tout ça. Quand j’étais petit, j’avais comme tout un chacun, cette ambition un peu naïve de devenir le meilleur dresseur. Mais je n’étais pas un banal débutant. J’étais éduqué, et doué. J’avais bien préparé mon voyage et soigneusement étudié les Pokémon et leurs capacités.

Oui, maintenant que j’y repense, plus qu’une envie, le combat Pokémon était une vraie passion. Je regardais toutes les compétitions à la télévision, et allait souvent à l’arène voir les challengers défier le champion de Jadielle. Et lorsque le jour fut venu, on m’offrit un Miaouss. Drôle de choix pour un Pokémon de départ certes, mais on ne choisissait pas ses Pokémon. C’était eux qui nous choisissaient. Une leçon que Danh était sur le point de me rappeler…à sa manière.

Au bout de quelques minutes à peine de recherches, un Pokémon sorti des fourrés pour m’agresser. Un Rapasdepic. Je connaissais bien cet oiseau, il y en avait plein par chez nous. Il était de grande envergure, et plutôt féroce malgré des capacités limités. Il pourrait faire un bon choix. D’autant plus que son type Vol, que je ne portais pas dans mon cœur, pourrait servir contre la Team Skull. Mais sans que je ne dise quoi que ce soit, Danh ordonna à son Escroco de le repousser avec une attaque Mâchouille qui effraya le Pokémon.

- Il était de type Vol et déjà évolué, une aubaine pareille ne se représentera peut-être pas, me plaignis-je.

- Non, ce Pokémon est trop commun et j’aime pas sa tête, répondit-il avec son air absent habituel.

Certes, les Rapasdepic n’étaient pas des premiers prix de beauté, mais je ne cherchais pas non plus à participer à un concours de beauté. Bien qu’agacé, je me décidais à lui faire confiance, après tout il prétendait connaître les lieux. Alors laissons-lui sa chance.

Nous vîmes ensuite un Migalos caché sous des racines, mais décidèrent de passer notre chemin. Ni lui ni moi n’étions attiré par ce Pokémon Insecte. Déjà, stratégiquement il ne me servirait pas à grand-chose, et je l’avais toujours trouvé assez mauvais. Nous le laissâmes donc tranquille, et continuâmes nos fouilles.

De longues minutes passèrent, et seuls des Pokémon inutiles et faibles se montrèrent. Comme un Coxyclaque ou un Argouste plus petit que celui de la Grotte Verdoyante. A la limite, le Dominant aurait fait l’affaire, mais celui-ci ne faisait même pas ma jambe. Et puis de toute façon, son espèce de mèche blonde était absolument affreuse. Qui donc au monde voudrait se coiffer comme ça ?

Enfin, au bout d’un quart d’heure, je vis le Pokémon idéal, et endormi en plus. Nous allions pouvoir le capturer sans difficulté. Un Airmure sommeillait sur la branche d’un arbre. Ces Pokémon possédaient un double type qui me serait extrêmement utile, et en plus ils étaient puissants et dotés d’excellentes capacités. Entre mes mains, il ne pourrait que faire du dégât. Je me réjouissais à l’avance rien qu’à l’idée de le capturer. Je le montrais à Danh qui haussa les épaules. Et une fois de plus, sans me prévenir, il envoya son Escroco à l’attaque avec une nouvelle Mâchouille. Mais alors que je pensai qu’il allait l’envoyer à terre pour que nous puissions l’attraper, il n’en fit rien.

A la place, il se contenta de l’effrayer pour le faire partir, lui aussi, comme le Rapasdepic. J’étais sidéré face à l’occasion parfaite qu’il venait de laisser filer.

- Non mais tu es inconscient, c’était le Pokémon parfait pour écraser ces déchets ! lui hurlai-je à la figure.

- Justement, c’est trop facile pour un dresseur doué comme toi, non ?

J’étais partagé. Je ne pouvais pas décemment engueuler quelqu’un qui reconnaissait mon talent, mais d’un autre côté, il avait quand même fait un piètre choix, je décidais donc malgré tout de garder mon calme, pour cette fois.

- En plus, ce genre de Pokémon est bien trop mastoc pour un dresseur en pantacourt comme toi, soupira-t-il.

Non mais, je voulais bien faire des efforts. J’en faisais d’ailleurs pour une fois. Alors pourquoi me provoquait-il, bon sang ? Ce type était vraiment insupportable. Alors que je m’apprêtai à lui rétorquer une réponse cinglante, il se retourna, ayant vu quelque chose, et lança mon Hyper Ball sans prévenir.

Je n’eus pas le temps de voir sa cible, qui entra à l’intérieur, et malgré qu’elle se débatte un peu, fut bel et bien capturée. Je ne savais pas quoi penser, j’étais à la fois soulagé que cette chasse se finisse enfin, et effrayé de d’ignorer ce que Danh avait bien pu m’attraper. D’autant plus qu’au final pour ce Pokémon il n’avait pas eu besoin d’Escroco, et donc que je n’aurai pas eu besoin de lui.

- Et voilà ton nouvel allié. Tâche d’en prendre bien soin, dit-il en me remettant l’Hyper Ball.

- J’ai l’air de ne pas savoir m’occuper d’un Pokémon ? lui crachai-je presque à la figure de dédain, fier de mes connaissances.

- Tu ne t’es pas demandé pourquoi tes Pokémon n’ont pas réussir à sortir d’eux même de ta mallette pour t’aider ? se contenta-t-il de me dire, réussissant à me faire taire. Sympa la ceinture au fait, bonne idée.

Et sur ces mots, il parti sans rien ajouter, retournant vers Malié, me laissant là comme un plot après m’avoir mouché. J’aurai bien eu envie de lui répondre quelque chose mais je ne savais pas quoi. Sans aucun doute car tout au fond, je savais bien qu’il avait raison. Je lâchai un soupir de frustration et m’adossais à un arbre, observant l’Hyper Ball, espérant qu’il ne m’ait pas choisi un truc trop moisi quand même.

Prenant une grande inspiration, je la lançais devant moi, et en libéra son occupant. Un petit Pokémon ressemblant à un Teddiursa, mais noir et blanc, avec un air de petit rebelle, mâchonnant une feuille et même pas plus grand qu’un Argouste. Un Pandespiègle. Un mignon petit Pokémon de type Combat. Pour moi. Je maudis intérieurement Danh du plus fort que je le pouvais.


Et c’est ici que je termine ma nouvelle lettre. Afin que tu ais le temps tout comme moi sur le moment de digérer le choc de l’apparence de ce Pokémon.

La prochaine fois, je te parlerai de l’entraînement de ce rebelle sur pattes. Et j’ai vraiment hâte de partager ça avec toi.

A très bientôt,
Ton père.