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A la recherche du bonheur passé de Cat-Aclysm



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Informations

» Auteur : Cat-Aclysm - Voir le profil
» Créé le 23/10/2017 à 15:11
» Dernière mise à jour le 23/10/2017 à 19:52

» Mots-clés :   Alola   Drame   Famille   Présence de personnages du jeu vidéo

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Prologue
Ma chère amie,

Je m’excuse de ces façons cavalières, mais je dois partir pour une affaire pressante. Comme promis, je vous laisse cette pokéball, dans laquelle vous trouverez un jeune Caninos, issu de la portée de l’année dernière de mon Arcanin. Il est encore un peu agité, mais il devrait faire un compagnon de voyage agréable et surtout, si vous le traitez bien, ce qui sera le cas vous connaissant, il sera d’une loyauté indéfectible au bout de quelque temps en votre compagnie. Je vous souhaite bonne chance dans votre entreprise, et vous prie de bien vouloir me tenir informé de l’avancement des choses dès que vous serez arrivée à Alola ; mon cousin Raphaël a été prévenu de votre arrivée, et me tiendra au courant de l’essentiel, mais je tiens quand même à rester en contact avec vous autant que possible. Vous connaissez mes réticences par rapport à cette initiative, je ne reviendrai pas là-dessus, mais même si nous avons pu avoir quelques désaccords, sachez que vous trouverez toujours en moi une oreille attentive et, surtout, un véritable ami.

Je vous embrasse et vous souhaite bon courage, ainsi que beaucoup de bonheur à l’issue de vos pérégrinations.
Samuel


Je levai les yeux de la lettre, et ne me rendis compte que les larmes perlaient à mes yeux que lorsque je vis le regard presque affolé du jeune stagiaire de Samuel.

- Madame, vous avez besoin de- ?!

- Non, non, tout va bien, le rassurai-je, peut être un peu trop hâtivement pour ne pas paraître suspecte.
A la vérité, les mots de mon vieil ami m’avaient véritablement touchée, et la grande émotion qui me submergeait aujourd’hui s’en trouvait encore amplifiée. Flageolante, je parvins tout de même à me lever sans inquiéter encore plus ce pauvre garçon, et me saisis de la lettre, que je pliai et fourrai dans la poche de ma veste, ainsi que de la pokéball.

- Je vous remercie de votre sollicitude, jeune homme, mais je crois que mon bateau est arrivé, car je ne suis pas partie très en avance. Veuillez remercier Samuel pour ce Caninos, et assurez-le que je le contacterai dès que possible !

- Mais, euh, il m’a dit de vous- !

Je ne lui laissai pas le temps de finir sa phrase et me hâtai de quitter le laboratoire. Pressant le pas, de peur qu’il ne cherche à me rattraper et que je ne puisse conserver plus longtemps mon sourire factice, je traversai en quelques minutes seulement le village de Bourg Palette, pour rejoindre les quais du chenal 21. Comme je le craignais, le petit bateau que j’avais prévu de prendre était déjà là, mais lorsque je vis le vieil homme qui devait le manœuvrer, adossé au bastingage, parfaitement détendu, et sifflotant allègrement, je me rassérénai. Je remarquai alors le gros pokémon sur le toit surplombant le pont du bateau : il s’agissait d’une sorte d’oiseau, plutôt rondouillard, principalement blanc avec quelques touches de bleu, et surtout un bec énorme, qui se prolongeait jusque sous son poitrail en formant une sorte de goître dont le volume était presque inquiétant quand aux capacités de vol de la créature.

- Ben alors, ma p’tite dame, z’embarquez ou quoi ?

Je sursautai, surprise que le vieillard m’interpelle, perdue que j’étais dans ma contemplation de ce curieux pokémon.

- Oh, pardon !

- Z’en faites pas, depuis que j’suis dans c’te région, mon bon vieux Piko et moi, on nous reluque souvent ! Enfin surtout lui, hein, ce vieux pirate !

Comme pour corroborer les propos de son partenaire, le dénommé Piko gonfla ses plumes et s’ébroua, laissant échapper un cri bas et puissant, à tel point que je crus sentir les vibrations me traverser. Instinctivement, ma main se serra sur la pokéball que m’avait laissée Samuel, et ce geste me rappela que je n’avais même pas encore fait la connaissance du pokémon en question ! Mais cela devrait attendre : le temps était couvert, le bateau m’attendait, et je me voyais mal un pokémon de type feu sur une mer agitée et sous la pluie ! Je m’approchai de l’embarcation, et le capitaine me souleva presque d’une poigne étonnamment assurée, étant donné son grand âge, qui ne m’apparaissait que maintenant que je le voyais de près.

- Vous avez beaucoup de force !

Je me réprimandai intérieurement pour avoir laissé transparaître tant de surprise dans ma voix, ce dont il aurait pu se vexer, mais il se contenta de me lâcher et de m’adresser un grand sourire qui accentua encore plus les marques du temps sur son visage.

- J’suis p’t’être un vieux croûton, mais j’ai encore d’l’énergie à revendre, ma p’tite dame !

- Oh, je, je n’en doute pas ! me récriai-je, encore très embarrassée.

- Bah, reprit-il en s’assombrissant quelque peu, c’est vrai que Piko et moi, on commence à s’faire vieux… dix ans qu’on est v’nus à Kanto, et à l’époque j’avais quoi, soixante-dix ans ? Nan, un peu plus j’crois bien… enfin bref, y s’rait p’t’être temps qu’on s’rentre à Hoenn, hein… j’aimerais bien revoir ce p’tit jeune là, comment qu’y s’app’lait, Piko ?

Le pokémon du capitaine émit un son, toujours aussi étonnant, mais beaucoup plus bref, et plus aigu.

- Ouais j’me souviens, maintenant ! Alors en fait, vous voyez, mon p’tit Piko avait été…

Le capitaine avait déjà commencé à s’activer sur le pont de son bateau dès que je m’étais retrouvée à bord, mais il interrompit subitement ses activités en même temps que son histoire.

- Arf, vous vous en moquez vous ! Et pis c’était y a p’t’être quinze ans d’ça… bref, et si vous m’racontiez un peu la vôtre, d’histoire ? C’pas tous les jours qu’on m’demande d’amener une p’tite dame à Alola ! Enfin j’veux dire, c’est pas la porte d’à côté, et en général, on d’mande pas ça à un vieux marin d’eau douce comme moi, on prend un joli p’tit paquebot, on s’fait presque une croisière si j’puis dire !

Je pesai soigneusement mes mots avant de répondre. Ce capitaine m’inspirait confiance, mais je savais que si j’en laissais trop échapper, ce serait comme une outre pleine qu’on perce et qui se déverse jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’une vieille peau irrécupérable. J’avais tenu toutes ces années, et je ne m’effondrerais que quand je trouverais ce que je cherchais, et encore, seulement si c’était le pire qui m’attendait au bout du chemin. J’affichai mon plus beau sourire, et m’appuyai sur le bastingage, contemplant l’horizon qui recelait, selon toutes probabilités, l’objet de mon unique désir.

- Disons que je recherche quelqu’un qui est parti il y a très longtemps, et qui me manque beaucoup…

*

- Tu sais, maman, à l’école, on nous a appris les faiblesses et les résistances élémentaires !

- Ah, oui, ton père m’en a un peu parlé, le feu fort contre la plante, la plante contre l’eau, et l’eau contre le feu ?

- Mais oui mais ça c’est la base ! Moi je sais déjà toutes les affinités, comme il dit papa ! Par exemple, est ce que tu savais que les pokémon dragons sont très sensibles aux attaques des autres pokémon dragons ?! C’est dingue !

- Bah, de toute façon, il y a si peu de pokémon dragons que c’est un peu inutile de savoir ça, non ?

- Ben non maman ! Moi, quand je serai dresseur, j’en rencontrerai sûrement plein, des pokémon dragons, donc il faut que je sois prêt ! Et d’ailleurs, le Maître de la Ligue a des pokémon dragons aussi ! Et si je veux devenir Maître, je dois le battre !

- Mon chéri, pense déjà à faire tes devoirs avant de penser à devenir Maître ! Si papa était là, tu sais ce qu’il te dirait, hein ?

- … Moui…

- Et qu’est ce qu’il dirait, alors ?

- Il me dirait que les rêves c’est très beau, mais que pour les réaliser il faut faire des sacrifices… mais maman ça veut rien dire ! Un rêve c’est pas censé être la perfection pour nous ? Donc y a pas besoin de sacrifices normalement !

- Trésor… tu crois que, quand papa est parti réaliser son rêve de devenir dresseur, ça ne lui en a pas coûté de nous quitter ?

- …

- Papa nous aime, et il a sacrifié son rêve pour rester près de nous le temps que je puisse me débrouiller toute seule avec toi. Mais maintenant, même s’il est parti pour ce dont il a toujours rêvé, nous lui manquons terriblement. C’est une forme de sacrifice…

- Maman ?

- Oui mon ange ?

- Quand est-ce que papa reviendra à la maison ?

- … Je ne sais pas quand, mais il reviendra, j’en suis sûre. Il faut juste être patient, mon chéri…