Chapitre VII : Le Mont Glacé
Grenousse, Débugant et Solochi s’arrêtèrent net. Ils levèrent la tête pour contempler le Mont Glacé, éclatant de majesté.
- “Toujours aussi impressionnant, constata Débugant.” Le petit coeur de Grenousse battait la chamade. Depuis le temps qu’il attendait l’occasion de se rendre au Mont Glacé, il ressentait un certain malaise, maintenant que son voeu était exaucé. Ce sentiment n’avait pas échappé à Débugant, qui se tourna vers lui.
- “Tu ne l’avais pas vu depuis longtemps, pas vrai ? Demanda-t-il, bien qu’il connaissait déjà la réponse.
- Ce n’est plus vraiment le même endroit, répondit Grenousse en grimaçant. J’espère qu’il reste encore ne serait-ce qu’un petit indice.
- N’oublie pas que nous ne sommes pas là pour ça. Notre priorité est le sauvetage de Mucuscule.
- Oui, je sais, soupira la grenouille. J’espère juste faire d’une pierre deux coups, au passage.
- Certes, mais ne laisse pas ta recherche entacher la mission. Il vaut mieux savoir ce Pokémon sain et sauf et remettre ça à plus tard si tu ne trouves rien. Je sais que tu es le premier à t’inquiéter du sort des autres, alors je suppose que tu comprends.
- C’est normal, après tout, tout à commencé ici, de toute façon.
- Oui...grinça Débugant en baissant la tête. Je sais bien…
- GAO !” Grogna Solochi.
Personne ne savait si elle les rappelait à l’ordre pour avancer ou si elle avait simplement faim, mais ses deux compagnons reprirent néanmoins leurs esprits et se mirent en route.
Pendant ce temps, au village, le crâne de Vipélierre lui faisait souffrir le martyr. Le son strident qu’elle entendait depuis le début de son voyage avait redoublé d’intensité et menaçait de la faire imploser tant la douleur était grande. Elle perdit l’équilibre et s’effondra sur le sol, recroquevillée sur elle-même, la tête entre les pattes. Un Pokémon se précipita sur elle.
- “Mademoiselle, vous allez bien ? Vous m’entendez ?
- Aaargh ! gémissait-elle en se tortillant.
- Mon dieu, c’est affreux ! Il faut que je trouve quelqu’un !”
Il courut désespérément à la recherche d’un Pokémon qui pourrait l’aider, portant entre ses pattes le petit serpent en proie à sa torture. Il frappait au hasard sur les portes des huttes, mais personne ne lui répondait. Alors il se rua chez lui, où il disposa la pauvre créature sur sa couche, avant de lui apporter de l’eau. Il resta auprès d’elle, afin de veiller à ce que son enfer cesse, paniqué et impuissant.
Un violent blizzard balayait le Mont Glacé. Grenousse et ses compagnons avançaient avec difficulté, sans cesse repoussés par les rafales cinglantes du vent. Pour se réchauffer, ils mâchonnaient quelques baies Willia, tout en essayant de maintenir en place sur eux les capes qu’ils avaient emportées avec eux. Ils s’étaient préparés au froid, mais la météo dépassait largement leurs attentes, et la surprise était amère. Sans parler, afin d’économiser leurs forces, ils se frayaient un passage, ralentis tant par la tempête que par l’épaisseur de la poudreuse dans laquelle ils s’enlisaient. Si Grenousse recherchait quelque chose ici, ce n’était en tout cas pas avec ce temps qu’il allait découvrir quoi que ce soit. Roigada avait sûrement sous-estimé les conditions de la mission. Grenousse essaya de se convaincre du contraire, et se dit que le maître devait lui avoir laissé cette mission en connaissance de cause, afin d’éprouver ses compétences, en vue de lui laisser le champ libre pour une éventuelle exploration du lieu.
Après une marche interminable qui semblait avoir duré des heures, ils arrivèrent à l’entrée d’une petite grotte, exténués. Solochi avait du mal à avancer, et les deux autres la hissèrent pour l’abriter avec eux.
- “J’espère...vraiment...que nous trouverons Mucuscule dans les...limites du terrain autorisé, haleta Débugant. C’est déjà...beaucoup trop dur…
- Han...Pas faux, répondit Grenousse, épuisé. Il te reste des baies Willia ?
- Pas des masses. Quatre, je crois. On devrait en manger une chacun. N’oublie pas Solochi. C’est un dragon, elle est beaucoup plus sensible au froid que...Solochi ?!”
La dragonne était effondrée, et respirait avec difficulté. Grenousse et Débugant se ruèrent sur elle, et tentèrent de lui faire avaler une baie.
- “Rha, c’est pas vrai ! S’affola Grenousse. Pour ce genre de cas, c’est une baie Nanone qu’il faudrait !
- Il n’y en avait pas dans le coffre, et puis c’est au-dessus de nos moyens, une baie aussi rare…
- Alors qu’est-ce qu’on fait ?! Solochi est très faible, et on n’a aucun moyen de la sauver !
- Du calme, Grenousse, si on panique, ça ne fera qu’envenimer les choses...une solution, vite… Bon, pour l’instant, donnons-lui nos manteaux.
- Bonne idée.”
Ils déposèrent sur leur amie leurs deux manteaux, et s’enfoncèrent avec elle un peu plus profondément dans la grotte, pour s’éloigner du froid.
- “C’était pas prévu...grogna Grenousse. Bon sang, c’était pas prévu !! Comment on va retrouver le petit ? Solochi n’est même plus en état de marcher, et on est coincés ici, avec la tempête dehors !
- Qui sait quand ça se calmera...on est dans de beaux draps. Quoiqu’il en soit, essayons d’avancer : il y a peut-être une sortie pas loin ?
Et Solochi ?
- Il ne reste plus grand chose dans le sac. Peut-être qu’on pourrait la traîner dedans ?
- Tu n’y pense pas, elle ne rentrera jamais. Et en plus, on risque de lui faire mal…
- On a de quoi s’éclairer ?
- Oui, j’avais prévu des torches, il faut toujours en avoir en mission, on ne sait jamais sur quel genre de terrain on s’aventure, quand on explore un donjon mystère…
- Tu penses toujours à tout, toi, ricana Grenousse. Ça te donne un petit côté coincé, mais c’est pour ça que j’aime avoir un partenaire comme toi, t’es vraiment le meilleur, haha !
- Merci, répondit Débugant en rougissant. Mais tu me complimenteras quand on aura trouvé une échappatoire à tout ça. Pour le moment, allumons les…
- Un problème ?
- Je n’ai pas de quoi faire le feu.
- Quoi ?!
- D’habitude, c’est Solochi qui allume les torches, mais là…
- On est mal ! Qu’est-ce qu’on va faire ?
- Je ne sais pas. Essayons de rester là quelque temps pour voir si le blizzard se calme, et sinon, je partirai seul chercher un moyen de sortir d’ici.
- Dans le noir ?
- On verra bien, dit Débugant, le regard baissé. Asseyons-nous en attendant.”
Vipélierre reprenait peu à peu ses esprits, et fut enfin capable de boire un peu d’eau. Elle releva doucement son museau en tremblotant, et se tourna vers son hôte.
- “Merci d’avoir essayé de m’aider, dit-elle. Je crois que ça va mieux.
- Je suis content que ça te soit passé, répondit le Pokémon. Je suis Sablaireau, et toi ?
- Vipélierre…
- Enchanté, Vipélierre. Dis-moi, je peux savoir ce qui t’est arrivé ?
- Mh...depuis quelque temps, j’entends un drôle de bruit très aigu… Au début, je l’entendais à peine, comme s’il était très loin, mais tout à l’heure, j’ai cru que ma tête allait éclater ! C’était tellement puissant que j’avais l’impression que c’était juste à côté de moi.
- C’est étrange, en effet, constata Sablaireau. Je me demande pourquoi tu es la seule à l’entendre, d’ailleurs...c’est peut-être psychologique, tu ne crois pas ?
- Vous pensez...réfléchit le serpent. Je n’en sais trop rien. Mais je crois savoir à qui m’adresser.
- Ça va aller ? Tu peux te relever ?
- Oui oui. J’aimerais juste savoir...est-ce qu’on est loin de la hutte de Roigada ?
- Roigada ? Le maître de la guilde de sauvetage ? Voyons...c’est à quelques centaines de mètres d’ici, vers l’est, je crois.
- Je vous remercie.”
Vipélierre se releva et sortit. Elle marchait aussi vite qu’elle le pouvait, persuadée qu’elle ne devait pas se précipiter, pour ne pas s’évanouir. Au bout de quelques minutes, elle arriva à hauteur de la hutte de Roigada. Elle frappa à la porte, mais aucune voix n’en sortit. Elle frappa de plus belle, mais toujours rien. Sonistrelle, qui passait à proximité, s’intéressa au serpent.
- “Rebonjour Mademoiselle ! Besoin de voir Monsieur Roigada ?
- Ah, salut Sonistrelle. Tu sais où il est allé ?
- Aucune idée...demandez à Monsieur Brutalibré ou Madame Grolem, je suis sûr qu’ils doivent en savoir quelque chose !”
Vipélierre, déçue, rebroussa chemin. “Mais où est ce vieux patapouf quand j’ai besoin de lui ?” pensa-t-elle.
Débugant se redressa.
- “Où tu vas ? demanda Grenousse.
- Il doit bien y avoir de quoi allumer les torches, par ici, je vais inspecter la roche. Reste ici et veille sur Solochi.
- Tu es sûr que ça va aller, tout seul ?
- Je ne m’aventurerai pas trop loin. Si je ne trouve rien, je reviendrai attendre la fin de la tempête.
- D’accord...bon courage !
- Merci Grenousse, dit Débugant en souriant.”
Il se saisit de sa torche et s’enfonça dans les ténèbres. Grenousse se rapprocha de Solochi et soupira. “Quand est-ce que ça va se terminer ?” se demandait-il à voix haute. Solochi, dans son sommeil, poussait de petits grognements plaintifs. Les manteaux posés sur elle et les baies qu’elle avait mangées ne se révélaient hélas pas si efficaces, et pour cause : avec de trop vagues informations, le groupe n’avait manifestement pas été préparé à vivre un tel enfer. Grenousse était plutôt résistant au froid. C’était sans doute la raison pour laquelle Débugant lui avait confié la tâche de rester auprès de Solochi, tandis que lui partait en éclaireur. Hélas, malgré la confiance que Grenousse plaçait en son compagnon, une inquiétude persistante l’habitait, qui s’expliquait par la situation désastreuse dans laquelle ils se trouvaient, et l’existence d’un malaise soudain. Un pressentiment ? L’instinct ? Peu importe ce que c’était, Grenousse en avait des frissons, et priait de plus belle pour la fin du blizzard.
Pendant ce temps, Débugant avançait à tâtons dans un boyau étroit de la caverne, glissant méticuleusement ses doigts le long de la roche, afin de déterminer la nature de celle-ci. Il n’était pas un expert en la matière, mais il se devait d’essayer, car ses compagnons et lui n’avaient que peu de temps. Il entreprit alors de détacher de petits gravats plus friables que les autres, et s’accroupit. En entrechoquant les deux pierres, il tentait de créer l’étincelle qui incendierait la torche. Ce n’était pas une tâche facile, mais visiblement, de petits flashs lumineux jaillissaient de temps en temps. Alors il redoubla d’efforts, et obtint finalement de quoi allumer d’embout. Il glissa les pierres dans son petit sac et rembroussa chemin, sa torche à la main.
Grenousse fut ravi de voir la lueur de son ami qui se rapprochait.
- “Tu en a mis, du temps, est-ce que ça va ?
- C’était plus facile à dire qu’à faire, répondit Débugant. J’étais plongé dans le noir, et je n’avais pas envisagé que je ne pourrais sans doute pas trouver la bonne roche…
- Mais tu l’as trouvée, le coupa Grenousse avec un large sourire. T’es le meilleur, Débugant !
- Hum, bon, donne-moi ta torche que je l’allume, dit-il en rougissant. Nous devrions nous mettre en route. Est-ce que tu peux essayer de la réveiller ?
- Mh...je suppose que traverser le blizzard serait plus simple que de la tirer de son sommeil, mais qui ne tente rien n’a rien, répondit le Pokémon en haussant les épaules.”
Il posa sa patte sur l’épaule de son amie et la remua doucement. “Ohé, c’est l’heure de se réveiller, ma grande.”. Comme attendu, la dragonne ne bougea pas d’un pouce et ronflait fort, comme à son habitude. Grenousse la secoua énergiquement en lui criant “Debout là-dedans ! Youhou, Solochi !”. Désespéré, il se tourna vers Débugant :
- “Rien à faire, elle dort comme une masse…
- On perd du temps, laisse-moi faire, soupira le Pokémon. Solochi, ma grande ? C’est l’heure de manger.
- Zzz...mgah ?!”
Solochi se releva d’un bond, aux aguets, et tourna sur elle-même d’un air interrogateur avant de renifler le sol en remuant la queue.
- “Bon, on dirait bien qu’elle va mieux, dit Débugant en rigolant.
- Sorcellerie...grimaça Grenousse en lançant un regard inquiet à son ami.
- Bah quoi ? C’est un grand classique avec elle, de toute façon.
- Si tu le dis. N’empêche, si on avait attendu un peu, on aurait pu la réveiller plus tard pour lui demander d’allumer les torches, non ?
- Je ne crois pas. De toute évidence, nous sommes mal préparés, alors pour ne pas nous attirer plus d’ennuis, je propose qu’on économise nos forces. Et puis ça a permis à Solochi de récupérer. Nous devrions nous remettre en route, cette grotte m’a l’air de continuer plus loin.
- Mais rien ne dit qu’il y a une sortie de l’autre côté…
- C’est vrai, mais je pensais à une chose...si le blizzard nous empêche de sortir pour l’instant, pourquoi ne pas essayer d’explorer les environs. Tu vois de quoi je veux parler ?
- Non, je...oh ! percuta la grenouille. Mais oui ! Roigada ne nous en voudra pas, pas vrai ? C’est la faute de ce vent, après tout ! On devrait se dépêcher, cap sur le fond de la grotte, hahaha !
- Ton enthousiasme me fait presque peur, répondit Débugant, gêné. Tu viens, Solochi ?
- GAO !”
Tous trois armés de leurs torches, leurs silhouettes s’évanouirent dans les couloirs de la grotte.
Grolem organisait les nouvelles affiches de mission que son fils Racaillou accrocherait au mur dans la journée. Sonistrelle se posa sur sa branche, juste au-dessus du comptoir.
- “Ta pause n’est pas terminée, tu sais, Sonistrelle ? Dit Grolem.
- Oh, ne vous inquiétez pas pour ça, Madame, dit-il en se frappant la poitrine. Si je ne travaille pas, je vais m’ennuyer !
- Ne pousse pas trop, répondit-elle. Tu vas y laisser des plumes !
- Je...n’ai pas de plumes Madame Grolem…
- Aaah...soupira le Pokémon, c’est une image, Sonistrelle, pourquoi est-ce que tu es toujours aussi sérieux ? Haha !”
Vipélierre apparut au croisement du chemin en titubant, visiblement paniquée. Elle s’approcha du comptoir sous le regard intrigué des deux Pokémon puis plaqua ses pattes avant sur la table.
- “Han...han...où est Roigada ? Essaya-t-elle d’articuler.
- Je ne sais pas, mon petit, répondit Grolem, intriguée. Que t’arrive-t-il ?
- Pas...le temps, si vous…savez pas, j’y vais…
- Stop. L’arrêta Grolem. D’abord, assieds-toi et explique-moi ce qui ne va pas.
- Ok...ok...c’est...ce bruit dans ma tête qui ne veut pas s’arrêter, un sifflement insupportable qui s’intensifie depuis des jours, et j’ai l’impression qu’il ne vient pas de moi, mais de…quelque part.
- Un bruit ? S’étonna Grolem. Voilà qui est étrange…
- Aaah ! S’écria Sonistrelle. Mlle Vipélierre, lorsque nous nous sommes croisés tout à l’heure, si j’avais su, je serais venu vers vous !
- Pardon ?
- Oui, mademoiselle, nous, les Sonistrelle, avons une ouïe des plus fine, je pourrais peut-être essayer quelqu…
- AIDE-MOI ! Cria Vipélierre, les yeux écarquillés et les pattes jointes.
- Euh...certainement, venez par ici…”
Vipélierre s’approcha avec prudence de l’arbre et Sonistrelle se laissa descendre doucement dans un battement d’ailes. Il s’arrêta à la hauteur de la vipère et colla son oreille contre sa tête. Vipélierre sursauta. C’était un peu froid et ça la chatouillait légèrement. Sonistrelle se concentra et commença à émettre de drôles de sons.
- “Que...qu’est-ce qu’il fait ? Chuchota le Pokémon à Grolem.
- Sonistrelle essaie de synchroniser son ouïe avec la tienne, répondit-elle. Et là, il chante pour envoyer des ondes sonores et “scanner” les environs à la recherche du bruit.
- Il peut faire ÇA ?
- Shhht ! Dit Sonistrelle en grimaçant. J’essaie de me concentrer…”
Dans le lointain, les ondes de Sonistrelle filaient, invisibles et légère, vibrantes et puissantes, et ricochaient en écho sur les obstacles les plus infimes. Lentement, mais sûrement, elles commençaient à saisir faiblement les stridulations, sans la saisir tout à fait, jusqu’à ce que…
- “AH !!! S’écria Sonistrelle. Je l’ai ! Quel son puissant, c’est douloureux !
- Je le sens aussi, geignit Vipélierre...je vais essayer de tenir, dis-moi tout, Sonistrelle !”
N’y tenant plus, le Pokémon recula. Son oreille vibrait encore sous le choc de la soudaine montée de volume de la stridulation. Vipélierre le regardait avec des yeux inquiets.
- “Alors…? Demanda-t-elle.
- Je crois que j'ai identifié un itinéraire, répondit Sonistrelle. Mais le bruit m'a désorienté...je ne suis pas sûr de la provenance exacte du signal…
- Dis-moi tout ce que tu sais ! S'affola Vipélierre.
- Je ne suis pas sûr, mademoiselle. Il se peut que la trace provienne des alentours de la Grotte Ampère. Mais cela ne vous avancera pas de le savoir, cet endroit est fermé depuis des lustres à cause des éboulements à répétition…
- ...la porte...
- Excuse-moi ? Demanda Grolem.
- Ouvrez la porte, je vous en supplie ! Hurla le serpent. Je dois savoir ! Pourquoi je suis la seule à l’entendre ? Pourquoi Sonistrelle a du fournir autant d'efforts pour trouver la source du bruit ?
- Vipélierre, reprit Grolem solennellement, N'as-tu pas entendu ce que vient de dire Sonistrelle ? C'est un endroit fermé au public, c'est bien trop dangereux pour un Pokémon seul. Même avec des partenaires, ce serait…
- C’est toujours pareil avec vous autres ! Vociférait la princesse. Lâchez-moi avec ça à la fin ! C'est moi que ce bruit appelle, et j'y arriverai seule que vous le vouliez ou non !”
Elle s'élança aveuglément et bondit par-dessus la grande porte à l'aide de ses lianes-fouets, sous le regard paniqué de Sonistrelle, Grolem et ses fils, qui n'eurent pas le temps de réaliser sa fugue.
- “Je crois que j'aperçois une lueur, Grenousse, bafouilla Débugant, la voix prise par le froid.
- Parfait, fit Grenousse en souriant. Avançons !”
Les trois compagnons accélérèrent le pas jusqu'à tomber sur une immense salle.
- “Il fait chaud ici… constata Grenousse. Et si on y voit si clair sans les torches, c'est… REGARDEZ ! Débugant, regarde, c'est du magma !
- De la… Mais c'est totalement impensable ! Comment peut-il encore y avoir de la lave en fusion par ce froid ?
- Je ne sais pas, jubilait le Pokémon, mais il y a encore un espoir, j'en suis sûr ! Nos efforts n'ont pas été vains ! Tu as de quoi écrire ? Je vais faire un rapport à -
- Roigada.”
Débugant sortit du sac un morceau de papier et un crayon qu'il tendit à son compagnon. Pendant ce temps, Solochi s'avança vers les coulées de lave pour se réchauffer, quand une odeur particulière capta son attention.
- “Par précaution, dit Grenousse, je vais extraire quelques morceaux de basalte, ça pourrait nous servir.
- GAOOOH !! S'écria Solochi.
- Qu’est-ce qui t'arrive, Solochi ? Demanda Débugant qui se retourna sous l'effet de la surprise.
- Grrrrrr…
- Suivons-la suggéra Grenousse. Elle a un meilleur instinct que nous, elle a du flairer quelque chose de pas net…”
Ils remontèrent à hauteur de Solochi et la suivirent jusque dans un creux reculé de la salle. Là, il devinèrent une forme mouvante dont ils ignoraient la nature. Solochi s'avança en reniflant, puis, sans prévenir, l'attrapa de sa mâchoire.
- “Que...Solochi !! Paniqua Débugant, qu'est-ce que tu fais ?!
- Attends, l'interrompit Grenousse...c'est…”
La forme étrange s'agita entre les dents de Solochi.
- “Hein ? Fit une drôle de petite voix.
- HEIN ?! Firent à leur tour les jeunes explorateurs.
- Gaoh ? Dit Solochi en penchant la tête sans lâcher prise.”
Soudain, la petite masse se retourna, et le visage de ce qui semblait être un petit Pokémon se décomposa de peur.
- “BOUAAAAAH !!! Hurla-t-il en s'agitant.
- AAAAAH !!! S’écrièrent également Grenousse et Débugant en sautant dans les bras l'un de l'autre.
- Gaoh ?
- Pitié, finit par articuler le Pokémon inconnu, me mangez pas !
- De...hein ? Demanda Grenousse en descendant doucement des bras de Débugant.
- Me mangez pas, s'il vous plaît...geignit-il de plus belle. Je voulais pas vous déranger, moi, je suis juste perdu…
- Perdu...réfléchissait Débugant. Perdu ? Excuse-moi, tu ne serais pas Mucuscule par hasard ?
- Comment vous me connaissez ? Demanda ce dernier.
- Solochi, lâche-le, ordonna le Pokémon.”
La dragonne obéit sagement et laissa le Mucuscule s'extirper de ses dents. Il recula en tremblotant de peur.
- “Vous allez pas me manger, hein ? Sanglota le Pokémon.
- Ne t'inquiète pas, le rassura Débugant, nous sommes une équipe de secours, notre mission est de te ramener sain et sauf au village.
- Ah ! S'écria soudain Grenousse, perdu dans ses pensées depuis un bon moment. La mission de Galvaran ! C'est Mucuscule !
- C'est maintenant que tu t'en rends compte ? Dit Débugant en lui cognant le crâne.
- Aïe ! Se plaignit la grenouille.
- Me ramener ? Repris Mucuscule. Oh je...MERCIIIII ! Cria-t-il en fondant en larmes.
- Ne t'inquiète pas, lui dit Grenousse en se massant la tête. C'est pour ça qu'on existe, petit gars ! Maintenant, rentrons !”
Débugant soupira et hissa Mucuscule sur le dos de Solochi.
- “Qui vous êtes ? Demanda Mucuscule. Vous êtes venus me sauver alors j'aimerais bien connaître vos noms…
- Je suis Débugant, répondit ce dernier. Solochi est le Pokémon qui te porte et voici Grenousse, notre chef !
- Hello ! Dit Grenousse dans un sourire.
- C'est pas toi, le chef, Débugant ? Tu as l'air un peu plus intelligent…
- Pardon ?! Réagit Grenousse.
- Hahaha ! C'est vrai que Grenousse est un peu tête en l'air !
- Hé !
- Mais il est mieux placé que moi pour être chef, j'en sais quelque chose. C'est le Pokémon le plus courageux et le plus gentil que je connaisse.
- Débugant… Ouiiin je savais pas que tu pensais ça de moiii ! pleurnicha-t-il.
- Rhaaa, tais-toi, grogna Débugant, gêné, tu gâches tout, là. Oublie ce que je t'ai dit, Mucuscule, c'est un idiot !
- Mais ? Aaah !
- Hahaha, fit Mucuscule, vous êtes super copains !
- Ma foi, répondit Débugant dans un haussement d'épaules.”