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G.O.D. Complex de Serian Norua



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Informations

» Auteur : Serian Norua - Voir le profil
» Créé le 04/05/2017 à 21:42
» Dernière mise à jour le 05/05/2017 à 17:00

» Mots-clés :   Action   Aventure   Fantastique   Médiéval   Science fiction

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Chapitre 4 : Z Fucking Power
Dans l'obscurité, Zeke, de son nom de héros Z-Support, courait. Il lui fallait franchir les centaines de mètres le séparant du grand escalier du lycée. Si d'autres étaient répartis ça et là dans toute la structure d'Asagi-land, le plus grand restait incontestablement l'escalier central, une construction circulaire permettant d'accéder aux vingt étages du complexe.

Asagi-land n'était en aucune manière le lycée le plus riche de la ville, bien au contraire. Étant réservé aux Inférieurs, l'intérêt avait été de le bâtir le plus grand possible et à moindre coût. Mais tel un escalier menant au ciel, il s'élevait là, face aux grands jardins du lycée.

Une pensée traversa la tête du jeune garçon. Si le premier bureau des étudiants était ouvert, au rez-de-chaussée, peut-être que la zone réservée du vingtième était ouverte ? Car oui, à Asagi-land, le conseil des élèves avait un pouvoir phénoménal. Il portait un contrôle direct et presque inquisiteur sur chaque club établi, et était à l'origine des sanctions contre les élèves.

Au dernier étage du grand bâtiment, une partie était conçue pour abriter les locaux des plus hauts membres. Personne ne savait qui était cette élite, cachée au milieu des élèves. Pourtant, ils étaient là, seuls à avoir accès au fond du vingtième étage.

Zeke frissonna. Pour rien au monde il n'aurait envie d'y mettre les pieds. Entraîné par ses amis, il avait une fois aperçu l'entrée de l'endroit, et c'était lugubre. Si l'obscurité autour de lui se faisait pesante, ce n'était rien en comparaison de ce qui régnait là-haut. Pourquoi un tel lieu existait, d'ailleurs ?

Il volait désormais de marche en marche, guidé par la peur. Ses compagnons lui avaient confié la tâche de récupérer les Pokémon, et lui-même s'était confié la tâche de s'enfuir de cette endroit avant qu'il ne soit trop tard. Il lui fallut plusieurs minutes pour parvenir au dix-septième étage, essoufflé, là où se trouvait le grand laboratoire du lycée.

La peur et l'angoisse lui tenaillaient le ventre. Il n'aimait pas se retrouver seul dans une pièce sombre, loin de ses amis. Si quelque chose arrivait, personne ne pourrait l'aider. D'un autre côté, Ethan n'avait-il pas réactivé les lumières ? Oh, et puis merde ! se gonfla-t-il. Si je veux être un héros, je dois tout de même être capable de récupérer quelques Pokémon dans le noir tout seul !

Prenant une grande inspiration, il s'élança dans l'un des couloirs de l'étage, celui qui théoriquement devait mener le plus rapidement au laboratoire. Il avait une vague idée de l'endroit où il se trouvait, il fallait simplement ne pas se perdre. Par chance, il y parvint sans trop d'encombres, et il se retrouva devant une porte grise, fermée par un verrou à clé, chose totalement dépassée.

Précautionneusement, il y inséra le petit bout de métal, et se trompant de sens plusieurs fois, il finit par ouvrit la porte. La lumière de sa lampe frontale éclaira une partie de la pièce, pourtant immense. Il y avait déjà mis les pieds, il savait où les Pokémon se trouvaient. Et surtout, il n'avait pas de temps à perdre.

Vadrouillant dans la salle, il découvrit diverses boîtes en verre dans lesquelles étaient entreposés des Rattata, des Keunotor, des Natu, et d'autres Pokémon du type Insecte. Il serra les poings, frustrés de voir ces créatures enfermées. Bien qu'il sache qu'elles étaient destinées à l'éducation, il ne pouvait accepter cette situation. D'ailleurs, son refus de participer aux dissections avait contribué à façonner l'image faiblarde que les autres avaient de lui. Mais était-il vraiment faible ? Ne pouvait-il pas simplement avoir des valeurs ?

Plaçant une main sur sa lampe, de sorte que la lumière s'en échappant diminue, il ouvrit doucement les boîtes, afin de ne pas réveiller les Pokémon endormis. D'une poche de sa ceinture, il sortit un objet semblable à un minuscule pistolet réduit, et des petits comprimés roses. Il s'agissait d'une part d'un outil servant à administrer des solutions aux créatures, utilisées par les vétérinaires, et d'autre part de cachets soporifiques complémentaires de l'objet.

Il l'activa, et s'approchant des bestioles, il leur administra à chacun un quart de cachet, suffisant pour les endormir. Lorsque tous eurent leur dose, il sortit de grands sacs plastiques, dans lesquels il les plaça soigneusement. Aussitôt, il placarda sur une des boîtes un petit papier, sur lequel était écrit « Les Pokémon sont désormais libres. Quelque soient vos raisons, des actes aussi barbares seront toujours réprimés par les héros. »

Après avoir fait quelques trous dans le sac, il le prit sur son épaule sans y faire un nœud, et entreprit de sortir de la pièce. Au passage, il laissa la clé sur une petite table près de la porte, et ferma simplement celle-ci, avant de prendre la direction de l'escalier. Il accéléra le pas, brûlant d'une intense envie de s'échapper de ce lieu glauque.

Cette mission de sauvetage solo l'avait mis dans tous ses états, faisant sérieusement trembler son corps, mais il était content de pouvoir s'en échapper avant les autres. Il lui fallut cinq bonnes minutes pour parvenir en bas de l'escalier. S'assurant, une fois au rez-de-chaussée, que personne n'était là, il poursuivit son chemin, suivant les lumières. Au loin, il lui semblait discerner des bruits de voix et des aboiements.

Cinq autres minutes plus tard, il était sorti. Un frisson de satisfaction, mélangé à une pointe d'angoisse, le traversa. Vérifiant que personne ne se trouvait autour, il prit la direction du parc le plus proche, où il était prévu de déposer les Pokémon. Il ne voulait pas courir, d'ailleurs, de peur de les brusquer, mais ses jambes se déplaçaient toutefois à une vitesse phénoménale.

Il ne savait combien de temps s'était écoulé depuis qu'il avait quitté le lycée. Dix minutes, peut-être ? Toujours est-il qu'il parvint enfin au parc. Là, à l'abri derrière un bosquet, il posa son sac, et entreprit d'en sortir les Pokémon. A sa stupéfaction, ils étaient tous éveillés, mais étrangement calmes. Cette vue le soulagea.

Lorsqu'ils furent tous libres, il jeta le sac en plastique dans la poubelle la plus proche, et se laissa alors tomber au sol.

— Enfin, c'est fini ! soupira-t-il.

Pourtant, il manquait quelque chose. Oui, cette mission aurait dû se finir à trois. Il tourna la tête en direction d'Asagi-land, espérant voir ses camarades débarquer. Mais rien. Pas même une comme deux minutes après.

— Je devrais rentrer... murmura-t-il. Ils ont dit qu'ils me rejoindraient. Et puis, j'ai accompli ma part de la mission, non ?

Il se releva, troublé. Ça n'aurait pas dû se passer ainsi, il le savait. Il serra les poings, se sentant à la fois impuissant et lâche. Peu à peu, une étrange pression sembla s'abattre sur ses épaules, le faisant vaciller. Que devait-il faire ? Il tourna la tête vers les Pokémon, qui le fixaient toujours.

— C'est pas vrai... souffla-t-il.

Cette fois-ci, il serra les dents.

— Je ne peux pas les lâcher, hein ? s'adressa-t-il aux créatures.

Autour, d'autres se rapprochèrent. En plus, il devait y avoir des Nidoran, des Zigzaton, des Roucool, et d'autres. Tous portaient leur regard insistant sur Zeke, d'un air presque accusateur.

— Je vous ai sauvés, mais ma mission n'est pas finie, n'est-ce pas ? sourit-il. Bordel...

Il grinça des dents et arracha subitement ses lourdes lunettes, ne gardant que le masque à pollution.

— Ne suis-je pas censé être un héros ?! s'exclama-t-il. Ce sont mes camarades, je ne peux pas les abandonner ainsi ! Eux, en tout cas, ne l'auraient pas fait !

Saisissant alors la moindre once de courage qu'il possédait, il s'élança sur le chemin, déterminé à aller sauver ses amis. Oui, je suis un héros. Je suis Z-Support, l'un des membres de notre superbe trio ! Ses jambes le portaient littéralement, et il ne sentait plus rien. Tous ses sentiments, tous ses ressentis s'étaient à cet instant confondus pour faire naître en lui un courage destructeur, ouvrant les portes de son être, brisant ses limites psychologiques.

Il allait les sauver. Les larmes coulaient désormais à flot le long de ses joues. Oui, il allait les sauver. Pourquoi ? Parce qu'il était un héros. Oh que oui, rien que pour ça, il devrait braver milles et uns danger. Et même si la cavalerie n'était pas là, tout allait bien se passer. Tout simplement parce que lui était là.

Il arriva au lycée. Asagi-land était devant lui. Il fronça les sourcils, toujours plus déterminé. Il allait être un héros, non ? Oui, il allait être le plus grand héros au monde, celui qui sauverait ses amis de la police ! Au lieu de se diriger vers l'habituelle porte de service, il fonça tête baissée sur les grandes baies vitrées de l'entrée, et se protégeant la tête, il passa au travers, provoquant un fracas pas possible. Le verre s'écrasa au sol, au milieu des voitures de police stationnées.

Il tourna alors la tête et écarquilla grand les yeux, bien qu'il ne fut pas capable de s'arrêter. Derrière-lui se trouvaient une quinzaine de Pokémon, qui le suivaient depuis le parc. Il se sentit soudain puissant. Mais il lui manquait son symbole. Alors il courut jusqu'au bureau des élèves, non loin de l'entrée, et il s'y rua.

Là, il fondit sur le porte manteau et l'arracha, puis l'enfila. Une grande veste noire mat, possédant un grand col, de magnifiques manches retroussées au niveau des poignets, et lui tombant jusqu'aux genoux. Enfin, un brassard rouge était cousu sur l'une des manches, en haut du bras. Il avait toujours voulu porter une veste du conseil des élèves, se sentir dans leur peau. Désormais, il était le seul héros avec cette tenue, parachevant son style. Non loin, il décrocha un extincteur, et, le prenant difficilement mais sûrement sous le bras, il sortit.

Entouré alors de son étrange équipe, il prit une grande inspiration, gonflant ses poumons le plus possible, tout en convainquant son esprit qu'il allait gagner, et...

— HÉ LA POLICE !! hurla-t-il soudainement. VENEZ ME CHERCHER, JE SUIS EN BAS !!

Jamais il ne s'était senti aussi puissant. Il était là, vêtu de l'habit des maîtres du lycée, portant comme arme un extincteur à grande pression, entouré d'une meute de Pokémon, à défier la police elle-même.

Il ne fallut pas longtemps pour que les troupes ennemies rappliquent, taser en main, accompagnés de leurs fidèles Medhyena. Lorsqu'il fut entouré, il ne put s'empêcher de sourire. Oui, il sourit, car enfin, pour la première fois de sa vie, il n'était pas faible, il n'était pas peureux, il n'était pas fuyard, il n'était pas dégonflé, il n'était pas timide, il n'était pas hésitant, il n'était pas tremblant, il n'était pas... Alors il comprit. Il n'était pas lui, il n'était pas Zeke. Il était Z-Power, le héros qu'il avait toujours voulu être. Il ressentit soudain l'envie de déclamer une longue tirade, étant d'humeur à.

— C'est inutile de courir après mes coéquipiers, fit-il. Réglons ça une bonne fois pour toutes. Nous ne sommes pas faits pour nous confronter. Nous avons, vous et moi, le même but : faire régner l'ordre. Pourtant, à cet instant, nous sommes ennemis. Et en tant que héros, je me battrai jusqu'au bout. Je me battrai jusqu'au bout pour protéger mes camarades, ainsi que mes valeurs. Oui, si je suis devenu un héros, c'est pour ça.

Il porta alors sa main jusqu'à son talkie-walkie et ouvrit le canal général, permettant à ses deux amis de l'entendre.

— Ici Z-Power, leur adressa-t-il. Je suis revenu vous sauver. Après tout, vous avez bien pris des risques pour moi, je me dois de faire de même.

R-Slayer manqua de s'étrangler.

« … Quoi ?! T'es pas sérieux là ?! Bon sang, mais tu es inconscient, ou quoi ?! Tu n'as aucune chance, tout seul ! »

L'autre ne put s'empêcher de sourire.

— Heureusement, je ne suis pas tout seul. Je ne saurais expliquer ce qui se passe, mais j'ai avec moi une horde de Pokémon prêts à suivre mes ordres, je suppose. Alors comme je vous ai fait confiance, faites-moi confiance, maintenant.

« … Tss, siffla Ultra-Hack. C'est pas parce que t'es revenu, espèce de demeuré, qu'on va s'enfuir pour autant. On arrive bientôt. »

« … Il a dit ce que je pensais, conclut le chef du groupe. Terminé. »

Z-Power laissa tomber lourdement l'extincteur sur le sol, provoquant un bruit sourd. Au milieu des policiers, le proviseur s'avança, accompagné d'un policier. Il fixa son regard droit dans celui de l'autre, imperturbable.

— Quel est votre but, jeune homme ? Êtes-vous là pour commettre un vol ? Sache que je ne pardonne pas que cela arrive dans mon établissement.

— Non, nous ne sommes pas là pour ça. Nous sommes des héros. Et en tant que tels, nous nous battons pour protéger les intérêts de chacun. Il en va de même pour les Pokémon utilisés ici pour les dissections.

— Qu'est-ce que... ?! fit le directeur, troublé.

— Navré que vos intérêts s'en trouvent bafoués, continua Z-Power, mais je ne crois pas que vous ayez choisi la meilleure solution. Quoi qu'il en soit, un héros ne choisit-il pas la meilleure solution ? Celle de protéger les opprimés.

Le proviseur fronça les sourcils.

— Et en quel droit ? La police est déjà là pour ça.

— Pourtant, elle ne s'est pas insurgée contre ce problème. Et si nous faisons cela, c'est au nom de tous les Inférieurs. Au nom de tous ceux emprisonnés dans ce système, condamnés à le suivre aveuglément.

L'homme baragouina quelques mots, puis enleva son veston, déboutonna sa chemise, la laissant tomber le long de sa taille, et se saisit d'un vrai katana caché derrière ses vêtements.

— Dans ce cas-là, nous réglons cela en un combat, d'homme à... d'homme à Inférieur. Voyons comment tu te débrouilles, pour un minable Asagi.

Z-Power se saisit de son extincteur, déterminé.

— Vous ne devriez pas vous exprimer ainsi, en tant que proviseur de ce lycée. (Il s'adressa aux Pokémon.) Occupez-vous du menu fretin !

Les créatures, étonnamment réceptives, se préparent à l'affrontement. Sans attendre d'avantage, le proviseur se jeta vers Z-Power, prêt à frapper. Au moment de l'impact, le héros retira la garde de son appareil, et l'ouvrant, un violent rayon de neige carbonique sous très haute pression fut projetée contre le torse de l'homme, qui se retrouva au sol. Baissant les yeux, il constata la présence d'une profonde marque rouge sur sa peau.

— Petit... Petit merdeux !

Autour, les Pokémon se déchaînèrent, libérant attaque après attaque, évitant soigneusement les Medhyena, et pourchassant les humains. La zone de combat autour du garçon et du proviseur s'élargit alors. Z-Power, à son tour, fondit sur son adversaire, et le prenant par surprise, libéra un violent souffle glacé sur son visage, givrant ses cheveux et sa barbe.

Faisant fi de la douleur, l'homme lui asséna un violent coup de katana, que le héros para du réservoir de sa propre « arme ». En raison de l'important tranchant de la lame, celui-ci fut découpé en tout. Cependant. Parce que oui, il y a un cependant. Et il est le suivant : cependant, le proviseur n'avait pas pensé à la pression accumulée, qui se libéra d'un coup, et il eut juste le temps d'écarquiller les yeux qu'il se retrouva projeté des mètres plus loin par un puissant jet de glace, et le souffle coupé par le choc avec le métal.

Z-Power bondit alors jusqu'à lui, tenant le reste d'extincteur par le canon, et l'écrasa alors à quelques centimètres de son visage, fissurant la dalle du sol. Autour, même les Medhyena s'étaient rebellés contre leurs maîtres, et une majorité de policiers étaient à terre, incapacités.

— Je pourrais vous assommer. Je pourrais vous faire encore plus mal. Je pourrais vous tuer, même. Mais...

Il se pencha, et ramassa le veston de l'homme congelé (façon de parler, hein).

— Mais je vais plutôt vous rendre ça, pour que vous puissiez vous réchauffer. Je vous aurais volontiers offert cette veste, également, mais j'en suis plutôt fier et j'apprécierais la garder. Vous vous demandez certainement pourquoi je fais ça, eh bien je vais vous répondre. Je ne suis pas un criminel. Je suis un héros. Je suis Z-Pow...

Il se sentit soudain faiblir, et il posa un genou au sol, la tête lui tournant subitement. Que se passait-il ? Bientôt arrivèrent Ultra-Hack et R-Slayer, constatant la scène, ébahis.

— Z... Z-Support, bégaya le chef, tout va bien ?

— O...Oui... Tout va bien... répondit l'autre de sa petite voix. Je me sens... juste un peu fatigué...

— Wah, s'extasia calmement Ultra-Hack. Il s'est passé quoi, ici ?

— Je... Je sais plus vraiment, là... souffla Z-Support. Et si on rentrait, maintenant ?

Les deux autres acquiescèrent, et suivis des Pokémon – Medhyena compris –, ils se dirigèrent vers la sortie. Dans son dos, Zeke entendit alors le proviseur parler, toujours au sol.

— Je ne t'oublierai pas. Qui que tu sois, héros ou non, je me souviendrai de toi. Pour le meilleur comme pour le pire, bien entendu.