Pikachu
Pokébip Pokédex Espace Membre Forum
Inscription

Après la fin de Cyrlight



Retour à la liste des chapitres

Informations

» Auteur : Cyrlight - Voir le profil
» Créé le 22/03/2017 à 10:43
» Dernière mise à jour le 22/03/2017 à 10:46

» Mots-clés :   Action   Drame   Fantastique   Mythologie   Suspense

Si vous trouvez un contenu choquant cliquez ici :


Largeur      
Chapitre 8 : Je m'en vais
« Quand tu diras que c'est ma faute
Que je n'ai jamais su t'aimer
Au diable toi et tes apôtres
Je m'en vais »


Je m'en vais - Vianney



Florent tendit à Marion une tasse de café fort qu'il venait de prendre à l'intérieur de la Base de Bourg-l'Hiver. Elle était assise sur un banc, juste devant le bâtiment, et contemplait d'un visage impassible les dégâts que la tempête avait occasionnés à Fiore. Des branches de tailles diverses jonchaient le sol et certains arbres avaient vu leur tronc être brisé par le déchaînement climatique.

- Quel désastre... murmura Marion. L'île va mettre longtemps à se relever après ce qui s'est passé.
- Nous serons là pour l'y aider. C'est notre travail.

Florent esquissa un geste pour prendre sa main, mais il s'interrompit avant que ses doigts n'effleurent sa peau. Il savait à quel point elle n'appréciait guère les contacts physiques, en particulier lorsque ceux-ci avaient lieu dans un endroit public, bien que tout le monde ait plus ou moins connaissance de leur relation complexe.

- Puento a décidé de m'accorder quelques jours de repos, informa le Ranger pendant que Marion prenait une gorgée du breuvage amer pour se réchauffer. C'est pour ça que je suis revenu ici. J'espérais les passer avec toi.
- Viconti a encore besoin de moi, je doute qu'il accepte de me laisser des vacances.
- Ce n'est pas grave. Nous aurons toujours nos soirées à passer ensemble et...

Il n'acheva pas sa phrase. L'expression de Marion ne trahissait aucun intérêt à l'encontre des propos qu'il était en train de tenir. Florent avait cru, après qu'elle lui eut confié le traumatisme de son enfance, que cela la lui rendrait un peu plus accessible, mais il s'était trompé. Elle était plus froide que jamais.

- Il faut que je te dise... hésita-t-il. Je sais que je t'avais promis de ne plus aborder le sujet avec toi, mais... Ta mère a été enterrée. Je connais l'emplacement de sa tombe, si tu désires aller te recueillir ou... régler tes comptes. C'est toi qui vois.
- D'accord.

Ce fut le seul mot que Marion prononça. Elle ne cilla pas, ne parut ni en colère ni peinée qu'il évoque sa génitrice haïe. Elle avait retrouvé ce même caractère imperturbable que son collègue lui avait toujours connu.

- Ranger en chef Vanelli ? appela soudain une voix.

L'intéressée tourna immédiatement les yeux en direction de la porte d'entrée de la Base, où une stagiaire l'attendait. D'ordinaire, les élèves de la FSR n'étaient admis sur le terrain qu'à partir de leur dernière année de formation, et uniquement sous la férule d'un tuteur, mais avec la surcharge de travail provoquée par la tempête, ils avaient tous été conviés à participer.

- Je suis désolée, je n'avais pas vu que vous étiez revenue. Êtes-vous ici depuis longtemps ?
- Une heure, tout au plus. Il y a beaucoup de passage à la Base, en ce moment. Je peux comprendre que vous m'ayez manquée. Un souci, Laura ?
- Non, tout va très bien. On m'a seulement confié un message à votre attention, durant votre absence. La jeune femme qui a tenté de vous contacter a insisté sur le fait que c'était très urgent et elle m'a priée de vous le transmettre dans les plus brefs délais. J'ai voulu vous joindre sur votre Capstick, mais...
- Je l'ai trop utilisé au cours de ces derniers jours. La batterie a fondu et je n'ai pu la remplacer qu'en rentrant à la Base. Excuse-moi, ajouta Marion à l'adresse de Florent, avant de se mettre debout.

Elle emboîta le pas de l'adolescente, qu'elle suivit à l'intérieur. Cette dernière la conduisit jusqu'à l'angle de la salle principale, où se trouvaient les visiophones. Sur un calepin, rangé dans un tiroir, elle avait noté les informations qu'elle devait communiquer à sa supérieure.

- L'appel date de mardi. J'avoue que j'ai été un peu surprise, au début. Je me suis demandé ce qu'une Championne d'Arène vous voulait, lorsqu'elle s'est présentée.
- Une Championne ? répéta Marion. Tina Vargas ?
- C'est le nom qu'elle m'a donnée, en effet. Ses explications étaient quelque peu confuses, alors je me suis contentée de recopier ce qu'elle me disait, mais je ne suis pas sûre d'avoir compris grand-chose.

Marion parcourut rapidement les lignes manuscrites. Sa consoeur requérait sa présence à Rivamar pour régler un problème survenu dans les environs. Selon elle, l'une de leurs vieilles connaissances faisait potentiellement des siennes et mieux valait être tout un groupe pour tenter de la raisonner, avant que les choses menacent de mal tourner.

- A-t-elle rappelé, depuis ? s'enquit la Ranger.
- Pas à ma connaissance, mais j'ai fait de nombreuses allées et venues, il n'est pas exclu que je l'ai manquée. Je peux interroger les autres, si vous le désirez.
- Inutile de vous donner cette peine. J'ai la situation bien en main, à présent. Merci de m'avoir avertie, Laura.

Marion arracha la page du bloc-notes sur laquelle était inscrit le message, puis le glissa en boule dans la poche de sa combinaison en se promettant de le brûler le plus tôt possible. Même si Tina s'était efforcée de coder au maximum ses propos, elle redoutait toujours que quelqu'un soupçonne quoi que ce soit au sujet de la Confrérie.

Elle jeta un bref coup d'oeil à son Capstick, en charge sur l'un des appareils prévus à cet effet. Elle hésitait à l'emporter avec elle. Non seulement elle n'avait pas le droit de s'en servir autrement que dans un cadre professionnel mais, de surcroît, il ne lui servirait à rien face à un légendaire, si la menace était celle qu'elle soupçonnait.

Après une minute de réflexion, Marion choisit de le laisser dans son casier. Elle ne voulait pas prendre le risque de s'attirer des ennuis sottement. Elle rassembla les quelques effets personnels qu'elle avait emportés avec elle à la Base, où elle avait vécu au cours de ces trois dernières semaines, avant de quitter le bâtiment en trombe.

- Un problème ?

Marion avait complètement oublié Florent, resté assis sur le banc en attendant son retour, qui la scrutait désormais d'un air inquiet. Elle s'empressa de le rassurer en secouant la tête en signe de dénégation, puis déclara :

- Tu sais... Après mûre réflexion, je crois que moi aussi, je vais prendre un congé exceptionnel.
- Formidable. Nous pourrons ainsi...
- Je dois me rendre à Sinnoh.

Son interlocuteur afficha un air stupéfait. Il savait que, juste après leur première rupture, Marion avait passé une longue période là-bas, et qu'elle y était retournée quelques années après, pour un motif qu'elle n'avait jamais tenu à partager avec lui. Il n'avait jamais compris quel pouvait être son lien avec cette région si éloignée, mais il n'excluait plus la possibilité qu'elle ait encore un secret.

- Puis-je t'accompagner ? tenta-t-il, sans grand espoir.
- Je ne préfère pas. J'ignore combien de temps il me faudra m'absenter. Je peux revenir dans deux jours comme dans deux mois. Tout dépend de ce que j'aurai à faire une fois sur place.
- Et en quoi consistent tes petites virées à Sinnoh ?

Marion ne répondit pas. Elle n'aimait pas la curiosité dont Florent faisait montre à l'égard de ses affaires privées et elle n'avait aucunement l'intention de le renseigner. S'il avait pu comprendre son passé, la Confrérie et le rôle qu'elle jouait dans l'équilibre du monde dépasseraient certainement son esprit rationnel.

- Une amie a besoin de moi, se contenta-t-elle simplement de révéler.
- Une amie ? Tu as... une amie... à Sinnoh ?

Son collègue peinait à la croire. Marion n'avait jamais entretenu la moindre relation amicale avec quiconque sur l'île de Fiore sur laquelle elle était pourtant établie depuis sa naissance, aussi avait-il un peu de mal à lui imaginer des contacts à longue distance.

- Il y a beaucoup de choses que tu ignores et qui me concerne. Il ne t'est cependant pas indispensable de les connaître.

Sur ces mots, Marion s'éloigna sans lui laisser le temps d'ajouter quoi que ce soit. Elle ne tenait pas à ce qu'il lui pose de nouvelles questions qu'elle serait contrainte d'éluder. Elle préférait laisser le silence faire son oeuvre.

Elle ne comprenait pas pourquoi Florent continuait à tenir autant à elle quand elle ne faisait rien pour l'encourager dans cette voie. Il aurait été cent fois plus heureux avec n'importe quelle autre femme, or il s'accrochait désespérément à elle qui ne lui rendait pas le quart de ses sentiments.

C'était une grande personne, néanmoins. Il faisait ce qu'il voulait et ce n'était pas à Marion d'en juger. S'il avait envie de poursuivre sur un chemin cahoteux en sa compagnie, il était libre de le faire, à partir du moment où il n'exigeait pas d'elle qu'elle change d'une quelconque façon.

La Base de Bourg-l'Hiver était située un peu à l'écart de la ville, dans le centre de laquelle se rendait la Ranger. C'était là que se trouvait son appartement, où elle résidait depuis des années. Ce n'était pas l'argent qui lui manquait pour s'installer dans une habitation plus grande, mais elle n'en voyait pas l'intérêt. Qu'aurait-elle fait de plus d'espace ?

Parvenue chez elle, elle contacta Viconti. Elle ne possédait pas de visiophone, mais un simple téléphone fixe, une technologie beaucoup plus accessible pour les particuliers. Son supérieur tolérait rarement que les Rangers en chef disparaissent pour une durée indéterminée, surtout sans donner de raison valable à cela, mais Marion avait toujours été sa favorite. Il ne pouvait rien lui refuser.

- Essayez de ne pas trop vous attarder à Sinnoh, tout de même, mademoiselle Vanelli. Vous savez que je ne me suis jamais opposé à vos absences pourtant récurrentes, mais cette fois, la situation est différente.
- À cause de la tempête ? demanda-t-elle d'un ton poli.
- Non. À cause du poste que j'ai l'intention de vous confier dans un avenir proche.

La Ranger demeura silencieuse. Ainsi, il avait réellement fait son choix. C'était elle qu'il comptait nommer à sa suite pour diriger l'ensemble des Rangers sauveteurs. Bien qu'elle en éprouve une immense fierté, elle était incapable de ressentir de la joie.

- Nous en discuterons à mon retour, si vous le voulez bien. Je ferai au plus vite. Bonne fin de journée, monsieur.

Viconti ne s'attendait certainement pas à une réaction aussi froide de sa part, maos ce fut la seule que Marion parvint à avoir. Elle mit un terme à la communication, puis se tourna vers l'un des tiroirs du buffet qui occupait tout un pan du mur de la salle à manger. Elle tourna la petite clé dorée placée dans la serrure afin de le déverrouiller et, dès que cela fut fait, elle le tira vers elle.

Cinq sphères métalliques se trouvaient à l'intérieur. Ses cinq pokémon, car elle n'avait pas pu se résoudre à remplacer Rapasdepic à sa mort, l'attendaient. Canarticho, son partenaire attitré, était également là. Il n'avait pas pu l'accompagner en mission à cause des vents violents qui soufflaient sur Fiore et qui l'auraient empêché de voler à sa guise. Sa petite taille ne lui permettait pas d'affronter de telles bourrasques.

Marion prit les pokéball une par une et les suspendit à sa ceinture. Lorsqu'elles furent toutes accrochées, elle les caressa du bout des doigts en murmurant :

- Prêts à reprendre du service, mes amis ?