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Epic Fail sur la capture de Celebi de Flageolaid



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» Auteur : Flageolaid - Voir le profil
» Créé le 12/01/2017 à 15:56
» Dernière mise à jour le 07/02/2017 à 13:27

» Mots-clés :   Présence de personnages du jeu vidéo   Science fiction

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Ch 20 : Je déteste Celebi
C’est une fille. Ou plutôt une adolescente. Normalement, elle devrait avoir une vingtaine d’années, mais elle n’en affiche que quatorze. Elle flotte dans l’espace à quelques mètres de moi. Son visage est bien connu à Sinnoh.
Je remarque son écharpe rouge nouée autour de son bras droit. Ce détail mis à part, elle ressemble trait pour trait à la gamine qui a vaincu Cynthia quelques années auparavant, dans ma réalité.

« Aurore, c’est bien cela ?
- Ouaip ! Je suis surprise que tu connaisses mon nom, Arsen !
- C’est réciproque. Au fait, Sorbier est malheureux sans toi, tu devrais lui rendre une petite visite, un de ces quatre.
- Je voudrais bien, mais par ta faute je ne peux plus regagner le monde réel ! dit l’adolescente en ajustant son bonnet blanc.
- Par ma faute ?
- Ouaip ! Quelle idée aussi de faire tomber une Hyperball pendant un voyage dans le temps ! T’es idiot ou quoi ? »

Idiot ?!
Alors pour commencer, arrête de balancer des « Ouaip ! » à tout va, car cela m’énerve ! Ensuite, parle-moi sur un autre ton ou je te le fais bouffer, ton bonnet !
Je ne le dis pas à voix haute, mon regard étant suffisamment éloquent. Elle me répond par un sourire espiègle qui m’amuse autant qu’il m’exaspère. Je cherche à droite et à gauche un endroit où me tirer, mais il n’y a que le vide spatial qui s’étend de toutes parts. Je m’impatiente.

« Où se trouvent Dialga, Palkia et Arceus ?
- Plus loin, répond Aurore, je te guiderai le moment venu. Pour l’instant, laisse-moi profiter du plaisir de converser avec un être humain !
- Du plaisir ?
- Ouaip ! Arcy et les deux autres vont me rendre folle ! Ce sont les pires collocs de l’univers ! Ils ne causent presque jamais et n’ont aucun sens de l’humour. En plus, ils ne sont jamais surpris ou choqués, ils acceptent tout ce que tu leur dis, sans sourciller. Je ne sais pas comment j’ai fait pour les supporter toutes ces années.
- Tu es ici depuis ta déconvenue dans le Monde Distorsion ? Depuis ton échec lamentable et irrévocable face à Giratina ? »

Elle n’apprécie pas trop la critique. Il ne fallait pas me traiter d’idiot. Moi au moins, j’impose le respect aux Pokémon légendaires !

« Je ne peux plus regagner le monde réel parce que Giratina m’a blessée dans le Monde Distortion. Mais si je me suis pris son attaque, c’est uniquement par ta faute ! réplique-t-elle. Tu as bouleversé l’ordre des choses ! A cause de toi, mes parents sont différents de ce qu’ils devraient être, ils m’ont donc élevé différemment que dans ta réalité. Pire ! J’ai côtoyé des gens différents qui m’ont influencé différemment et que, par mes réactions, j’ai également influencé d’une façon différente et ainsi de suite, jusqu’à aboutir à la situation actuelle !
- Ce n’est de ma faute uniquement parce que tu sais que j’ai voyagé dans le temps. D’un point de vue extérieur, tu es la seule responsable de tes actes.
- Pff, c’est bien une réponse de mec, ça !
- C’est toi qui as débuté les hostilités ! »

Ma remarque ne lui plaît pas à en juger par sa moue. L’adolescent s’écarte un peu en flottant dans le vide spatial. Je sens qu’elle prépare un mauvais coup.
Et je ne me trompe pas !
Usant de télékinésie, Aurore m’arrache les dix Masterballs, sans que je ne puisse réagir. Les dix capsules se mettent alors à léviter autour de l’adolescente en formant un cercle parfait.
Puis, d’un geste de la main, elle provoque leur autodestruction. Dix petites explosions roses illuminent le décor de cosmos infini dans un bruit cristallin. Il me faut quelques secondes pour accuser le coup.
Mes nerfs finissent par lâcher :

« Cent soixante-quatre Masterballs gaspillées !!! C’est un cauchemar ! Je suis maudit !
- Tu as dit cent soixante-quatre ? Bizarre, j’ai compté plus, me provoque l’ado au bonnet. Il y a celle qui se trouvait dans le bureau de Saubohne que tu n’as jamais vu, celle que tu as laissée à GDE, la seconde palette de Masterballs qui s’est renversée au Giovanni Palace quand un sbire a voulu se rattraper et les vingt-deux confiées à Marie-Alice. Tu peux facilement doubler ton score, Arsen ! Ne parlons pas des neuf cent cinquante-cinq Masterballs de la Team Rocket détruites à Celadopole lors d’une émeute, il y a quatre jours. Il s’agit des conséquences de tes actes, non ?
- Mais comment sais-tu tout cela ?!
- Arceus nous montrait les évènements sur Terre depuis une immense sphère de lumière. Dialga ne voulait pas perdre un seul instant de tes péripéties. C’était un peu comme de la télé-réalité sans stéréotypes, ou alors comme du théâtre, mais en plus spontané.
- Tu as donc tout vu de ma vie depuis mon arrivée à Alola ? l’interrogé-je, choqué. Absolument tout ?
- Ouaip ! D’ailleurs, qu’est-ce qui t’a pris de quitter GDE ? C’était mon personnage préféré. Trop mignon !!! Le pauvre s’est senti abandonné au moment où il avait le plus besoin de toi ! Avec ton aide, la capture de ce Deoxys aurait pris trois jours au maximum. Ensuite, je suis certaine que GDE t’aurait offert tout son soutien, t’évitant ainsi une escapade à Kanto.
- J’en doute. GDE aime vivre des aventures extraordinaires dont il est le héros. M’aider l’aurait vite lassé.
- Tu n’en sais rien ! Tu ne comprends pas les sentiments des autres ! La preuve à Kanto, justement ! Si Erika te suivait partout ce matin-là, c’est parce qu’elle voulait flirter un peu avec toi. Mais tu l’as rendu suspicieuse, à cause de ton comportement de crétin, et tu as dû lui montrer ta nécrose dégoûtante ! C’est dommage, vous alliez tellement bien ensemble, elle, la meneuse d’hommes courageuse, et toi, le connard égoïste !
- Je plaisais à Erika ? m’étonné-je.
- Ouaip ! A James aussi, mais ça, tu l’as deviné tout seul, comme par hasard. C’était flippant, les nuits il te regardait dormir ! Je ne l’aimais pas trop celui-là. En plus, il t’a vite oublié pour Alexia, ce sale pervers ! »

D’ordinaire, j’éprouve le besoin de me renseigner sur tout, de comprendre les motivations des gens qui m’entourent pour avoir une longueur d’avance sur eux.
Avec cette fille, je vis mon pire cauchemar. Elle sait tout de mes faits et gestes, même des trucs que j’ignore, et je ne peux rien contre elle. Quelle angoisse !
Quelle gêne également ! Une question me brûle les lèvres, sans que je n’ose la formuler à voix haute. Je sens que la réponse ne va pas me plaire.

« Aurore ?
- Ouaip ?
- Tu regardais quand je me douchais ?
- Ouaip ! Tu as un joli p’tit cul ! »

Comment dois-je réagir à ceci ? Elle a quatorze ans !
Aurore se délecte de mon embarras et multiplie les clins d’œil aguicheurs pour me faire rougir davantage. A mon avis, cette fille est folle.
Rester enfermée dans cette dimension morne en compagnie de trois Pokémon légendaires a dû lui faire fondre le cerveau. Inutile de rester plus longtemps à discuter avec elle, ce serait prendre le risque de devenir dingue à mon tour.
Reprenant mon calme, je lui ordonne de me mener à Dialga. Je n’ai plus de Masterballs, mais je peux toujours tenter quelque chose.

« Ce n’est pas encore l’heure, répond-elle en riant. Il reste quelques minutes. Je te propose un jeu pour patienter.
- J’imagine que je n’ai pas le choix.
- Nope ! Voilà, c’est très simple. Essaie de deviner pour quelle(s) raison(s) Giratina a réussi à me toucher. Je suis curieuse de savoir ce qui a scellé mon destin, Dialga n’a rien voulu me dévoiler.
- Hum… Et bien, comme tu l’as dit toi-même, ton éducation et le cumul de tes expériences diffèrent de la réalité initiale. Ceci dit, un élément extérieur a très bien pu influer sur ta défaite. Cela peut être une phrase que tu as entendue, un ami que tu as vu, une broutille qui t’a affecté inconsciemment et amené à cet échec.
- De la psychologie ? Tu n’as rien de plus croustillant à m’offrir, Arsen ?
- OK ! Du calme. Samuel Chen n’est pas devenu professeur Pokémon, il n’a pas incité à l’utilisation du Pokédex, aussi Sorbier ne t’en a pas offert un en même temps que ton Pokémon, tu as donc des connaissances limitées de l’écologie des Pokémon, basées uniquement sur tes observations empiriques. A cause de ces lacunes, Giratina n’a eu aucun mal à te zbraah avec sa Ball’ombre ! Contente ?
- Alors c’est ça qui a tout changé ? L’accès au savoir ?
- Ce n’est qu’une hypothèse. Maintenant, emmène-moi auprès de Dialga ! »

Songeuse, Aurore reste quelques instants à fixer le vide. Puis, elle resserre son écharpe nouée au bras, dissimulant certainement la blessure infligée par Giratina. Ensuite, elle réajuste son bonnet, vérifie ses lacets, remonte ses chaussettes…
Elle se fout de moi ? Cette fois-ci, je vais lui faire bouffer son bonnet pour de vrai !
L’univers autour de nous se met soudain en mouvement. Aurore et moi sommes comme projetés à toute vitesse dans l’espace. Pourtant je ne ressens rien. Le décor se déplace, pas moi.
Visuellement, c’est moins impressionnant qu’un bond dans l’hyperespace, tel que les effets spéciaux des films actuels peuvent le dépeindre. Je suis déçu.
Alors que les étoiles filent de toutes parts autour de nous, je repense à cette minable blague de geek entendue il y a des années. Comment appelle-t-on une évolition qui se déplace presque aussi vite que la lumière ? Un Nafali.
Si vous n’avez pas compris, vous ne loupez rien.
Aussi brusquement qu’il a démarré, ce voyage spatial s’interrompt. Sans un choc, ni secousse, nous nous arrêtons non loin d’un imposant Pokémon.
Immobile, Dialga m’étudie longuement. Si nous étions sur Terre, je le trouverais probablement impressionnant, mais puisque je lévite dans le néant cosmique, il m’apparaît moins gigantesque.
De longues cicatrices rouges zèbrent son corps bleu sombre et fissurent les pièces de son armure. Le diamant placé au centre de son plastron luit d’un éclat terne. Je comprends rapidement que Dialga est blessé, affaibli. Dans cet état, une Pokéball suffirait pour le capturer…

« Arsen Trisk ! tonne le Pokémon Temps.
- Appelez-moi Lividex.
- Euh non, trop pas ! intervient Aurore. Lividex, c’est ultra moche comme surnom ! Ne l’écoute pas mon p’tit Dialga ! Au fait, où est Palkia ? »

Cette fille me traumatise. J’ai entendu « Ouaip Alkia ! ». Si seulement elle pouvait se taire. Ou dégager.
Un nouveau protagoniste entre alors en scène, Palkia. Bipède et plus petit que Dialga, il se démarque surtout par sa teinte perlée qui contraste radicalement avec l’obscurité sidérale. Aucune cicatrice ne vient souiller son apparence.
Je ne peux plus me voiler la face, je suis responsable des blessures de Dialga. Mes déboires temporels ont presque terrassé un des plus puissants Pokémon qui soit.
Le Pokémon Espace reste à l’écart, comme s’il voulait écouter la conversation sans y prendre part.

« Arsen Trisk, qu’est-ce que le temps ? m’interroge Dialga avec une telle gravité que j’ai l’impression qu’il m’engueule.
- Quand personne ne me le demande, je le sais ; dès qu’il s’agit de l’expliquer, je ne le sais plus, récité-je sans conviction.
- Waouh, mais c’est trop cool comme réplique ! s’exclame Aurore. Tu peux la répéter ?
- Ce sont des paroles pleines de modestie, commente le Pokémon légendaire en ignorant Aurore. Toutefois, je demande une réponse plus personnelle. Arsen Trisk, qu’est-ce que le temps ?
- Le temps… c’est cette composante immatérielle de la vie dont je ressens les effets sans pouvoir m’en préserver. Pour faire court, le temps c’est chiant !
- Humains et Pokémon connaissent la frustration de ne pouvoir éviter les affres du temps. L’écoulement du temps se doit d’être harmonieux, fluide, comme une rivière qui joint l’amont à l’aval en suivant le tracé de la pente. Or, dans cette vilaine réalité, fruit de vos ambitions, Arsen Trisk, la course du temps s’est enlaidie, tordue, salie.
- En gros, vous me faites la morale ? m’impatienté-je.
- Il s’agit plutôt d’élever votre compréhension de l’univers. Vous aviez soixante jours pour tirer des enseignements de vos actes passés, il en reste encore vingt-cinq.
- Je dois renoncer à capturer Celebi, hein ? Comme si j’étais le seul responsable dans cette affaire !
- Celebi a également été puni ! annonce Palkia, muet jusqu’alors. Il s’est montré trop orgueilleux, or la maîtrise du temps demande beaucoup de sagesse.
- Vous l’avez transformé en humain, je parie ! C’est lui le type à Alola qui prétend être un Pokémon ?
- Mais comment t’as deviné ?! s’exclame Aurore, dont j’appréciais le silence. T’es trop fort, en fait ! »

Il serait peut-être temps de le remarquer, jeune fille !
Notre conversation dévie sur le cas Celebi. Bla bla bla ! Dialga m’explique que pour regagner ma réalité et supprimer celle-ci, il faut que Celebi nous rejoigne.
Je me vois donc confier la tâche de ramener le Pokémon Temporel ici. Aurore intervient pour s’assurer que Palkia me téléporte bien au Paradis Aether et non à Hoenn. Elle semble pressée d’en finir.
Palkia me confie une sorte d’œuf translucide pour revenir, puis me téléporte.

Il faudrait que je fasse part de mes critiques au responsable des effets spéciaux du monde réel concernant les transitions. Ou plutôt leur absence. Que ce soit voyager dans le temps ou changer de dimension, le passage d’un état à un autre se fait trop brutalement à mon goût.
Vous l’avez compris, je flottais dans l’espace, en compagnie des créatures les plus puissantes qui soient, et je me retrouve debout sur une table du réfectoire de la Fondation Aether, fixé par tout le personnel choqué de me voir ainsi apparaître.
Face à moi, le directeur Saubohne en perd connaissance, lâchant ses couverts qui rebondissent sur le sol et brisent le silence de leur fracas métallique.
Un peu plus loin sur la droite, j’entrevois le professeur Mohn, qui tient sa fourchette à vingt centimètres de sa bouche grande ouverte, figée dans une hilarante expression de surprise.
Toujours debout sur la table, j’embarque la compote et la petite cuillère de Saubohne dans ma poche, avant de me diriger vers Mohn, shootant dans les verres remplis d’eau qui se dressent sur mon passage.

« Salut, Mohn ! Vous en tirez une de ces tronches ! Vous avez vu fantôme ?
- Beuh… Lividex ?
- Dites donc, cher ami, savez-vous où je peux trouver cet hurluberlu qui prétend être un Pokémon ? »

Réponse par un bruit de semelles qui frottent contre le sol. Un homme brun d’une trentaine d’années cherche à s’enfuir à l’autre bout de la pièce. Je bondis à sa poursuite. Fort heureusement, il ne court pas vite.
Personne ne cherche à m’arrêter, je rattrape le fuyard à la sortie de la cantine et lui fauche le pied avec violence. Il s’écrase pitoyablement au sol, j’en rirais presque.
Celebi, sous sa forme humaine, brille par la banalité de son physique. De taille moyenne, les yeux marron tombants, les pommettes peu saillantes et le menton rond, il ressemble à un PNJ. Désolé si c’est également votre cas.
Brandissant mon sourire le plus féroce, je plaque Jean-Celebi contre le carrelage avec une envie de le cogner de toutes mes forces. Au fond, c’est aussi de sa faute si je crapahute dans cette timeline bizarre depuis cinq semaines !
Il balbutie des plaintes inaudibles quand je lève le poing vers lui et crie lorsque je brise l’œuf diaphane de Palkia.

A nouveau, aucune transition. Nous surprenons les deux légendaires de Sinnoh qui profitent des talents musicaux d’Aurore. Cette dernière leur chante Registeel Loving You a cappella en se donnant à fond.
S’il existe une échelle universelle de la laideur, j’affirme sans hésitation que l’apparence de Trollface est bien moins horrible que les sons sortant de la bouche d’Aurore. Fort heureusement, elle cesse sa cacophonie quand je lui tends la compote et la cuillère prises à Saubohne.
Puisqu’elle vit sur un autre plan astral depuis des années, j’en déduis qu’elle n’a pas goûté de nourriture terrestre depuis tout ce temps. Et quand on mange, on ne parle pas. Cela tombe bien, je préfère quand elle est silencieuse.
En me retournant, je vois Celebi, toujours sous forme humaine, qui s’agenouille respectueusement aux pieds de Dialga. Je m’empresse de les rejoindre.

« Arsen Trisk, promettez-vous d’abandonner la traque de Celebi ? questionne Dialga.
- Vous pensez vraiment qu’une promesse suffira ? rétorqué-je. Ce serait mal me connaître.
- Nous avons confiance.
- Allez, magne-toi de dire oui, Arsen ! postillonne Aurore. Je préfère un monde où ma mère n’a pas perdu sa fille et où le professeur n’a pas sombré dans l’alcoolisme !
- Et dans lequel tu es Maître de la Ligue ?
- QUOI ?!? »

Finalement, c’était une mauvaise idée la compote. L’adolescente me recrache son dessert à la figure en apprenant qu’elle aurait pu devenir la meilleure dresseuse de Sinnoh, sans mon intervention temporelle. Je crois qu’elle en pleure.
Celebi profite de l’occasion pour convaincre Dialga de ma félonie. Selon lui, je ne serai jamais capable de tenir le moindre serment. Si j’ai été assez dingue pour le suivre à travers le temps, toutes les promesses de l’univers ne pourront pas m’empêcher de nuire. Il n’a pas tort.
Mais le Pokémon Temps ne l’entend pas de cette oreille. Cela m’intrigue :

« Pourquoi tenez-vous absolument à régler cette affaire à l’amiable ? Vous auriez pu tout simplement supprimer mon existence ! Et hop, plus d’Hyperball, plus de paradoxe temporel, plus de problème !
- Le temps nécessite l’harmonie, pas la simplicité, me répond Dialga d’une voix tonnante dépourvue d’émotion. Humains et Pokémon, quant à eux, ont besoin de sagesse pour vivre leurs vies sans se soucier du temps. Pensez-vous avoir acquis cette sagesse, Arsen Trisk ?
- Ouaip ! dit Aurore à ma place. En tout cas, il n’a pas intérêt à dire non. »

Je ne sais pas. J’ai passé sept ans à poursuivre Celebi. Je m’imaginais vraiment pouvoir un jour réaliser toutes les extravagances de ma liste des choses à faire à la capture du Pokémon Temporel.
Il est peut-être temps de grandir. Marrant à dire quand on est un minus ! Il n’empêche que cela m’effraie un peu. Beaucoup même. Une heure s'écoule sans que je ne dise un mot.
Dans un soupir, j’accepte la proposition de Dialga. Je consens à laisser tranquille ce sale petit bâtard mesquin de saloperie de merde molle de lutin à tête d’oignon pour le restant de mes jours.
Je me sens alors gagné par une lassitude incroyable, une fatigue inhumaine affectant mon corps comme mon esprit. Je dérive à travers l’espace et le temps…

Je me réveille à Akala, exactement comme la première fois. Cette fois-ci, je porte tout l’équipement permettant de suivre Celebi lors de ses virées dans le temps, ainsi que mon sac à dos.
Voletant au-dessus de moi, Celebi m’examine de ses grands yeux bleus. Il me jette au visage l’Hyperball perdue et attend un geste de ma part. Je brise plusieurs composants fragiles du dispositif, assurant ainsi au Pokémon fabuleux de ne plus être suivi dorénavant.
Celebi se propulse vers les cieux clairs d’Alola dans un bruit de clochettes, sans un au revoir. Je lui tire la langue. Adieu, crevure !
Le corps endolori, je me lève et pars à mon tour, errant à la lisière de la jungle Sombrefeuille. Une larme sèche coule lentement le long de ma joue, j’aurais tant aimé dire au revoir à mes trois Pokémon avant de quitter l’autre timeline.
En même temps, je suis heureux de retrouver mes compagnons de cette réalité. Je caresse tendrement les capsules d’Electhor, de Rick Haunter, mon Ectoplasma facétieux, d’Alicia Keys, mon adorable Trousselin, de Señor Meteo, le Tarpaud qui m’a plus d’une fois sorti d’une situation inextricable et de Nami Swan, mon très cher Altaria.
Et alors que je vagabonde tristement, en essayant de refouler mes sentiments contraires, devinez sur qui je tombe ?

« Chewy, mon pote, c’est toi ? »

Le Chelours répond par un long vagissement rauque et tente de me faire un câlin. J’esquive et le regarde pulvériser l’arbre derrière moi avec fierté. Toi, je te capture direct et ensuite je décolle pour le Paradis Aether retrouver Trollface !
Au passage, je prendrai Gladio dans mes bras pour le remercier de ne pas être un psychopathe manipulateur narcissique. Réflexion faite, oubliez la phrase précédente.
Esquivant les coups du Pokémon Biscoteaux, j’envoie mon Ectoplasma le défier.
Alors que les deux créatures s’affrontent, je songe à mes actions futures.
Ce sera peut-être un peu difficile de retrouver Venceslas, mais je ne crains pas les défis ! Ensuite, il faudrait que je fasse la paix avec Sorbier, Malva et tous les autres.
Après, je me renseignerai sur les recherches scientifiques portant sur les Pokémon chromatiques et j’entreprendrai peut-être une visite éclair à l’arène de Celadopole.
Chewy se fatigue, je m’élance vers lui et lui envoie un direct du droit qu’il n’apprécie pas beaucoup. Cela le surprend au moins autant que mon Ectoplasma. Je sens son poil tout doux me caresser la main et songe à tous ces Pokéfans que j’emmerde.

Préparez-vous au pire, Lividex est de retour !!!



FIN