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La légendaire quête du cookie au miel d'Apireine de Lief97



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Informations

» Auteur : Lief97 - Voir le profil
» Créé le 21/11/2016 à 21:37
» Dernière mise à jour le 15/01/2018 à 17:06

» Mots-clés :   Aventure   Humour   Médiéval   Région inventée

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* Flashback : Antoine et Keunotor *
La Montagne Otélongamonté s’élevait en plein du milieu du massif rocailleux du sud de Krénios.

Un jeune homme gravissait la pente, le regard porté devant lui, déterminé et prêt à tout.

Il portait sur son dos un sac énorme qui le dépassait en hauteur et semblait contenir tout ce qu’il fallait pour survivre seul dans la nature.

Le garçon s’arrêta un instant et sortit une carte froissée de la poche de son pantalon. Il la regarda en fronçant les sourcils.

—Ça ne devrait plus être très loin… marmonna le garçon.

Il cherchait une chose qui lui tenait à cœur. Une chose qu’il devait être le seul à posséder.

Il rangea sa carte et reprit sa route, tenace.

La pente, rude, aurait fait frémir n’importe quel adulte qui n’était pas habitué à faire de la randonnée ; pourtant, le jeune homme n’avait pas l’air d’avoir peur, ni ne donnait l’impression d’être fatigué. Il avait un objectif précis en tête, et n’avait aucune envie d’en démordre.

Il parvint enfin sur un terrain plat. Des arbres poussaient entre les rochers et les colonnes de calcaire blanc. L’endroit sentait la poussière et le pin. Le garçon s’assit sur une pierre plate avec l’intention de s’accorder une petite pause.

Puis, un météore fendit le ciel.

Le garçon sursauta et suivit du regard la traînée lumineuse ; la comète était proche ! Elle allait s’écraser dans les parages !

La météorite disparut derrière une protubérance rocheuse et quelques secondes plus tard, une explosion retentit en écho sur les parois des montagnes. Le sol trembla légèrement.

Le garçon, son sac sur le dos, courut en direction de la météorite fraîchement écrasée.

Poussé par la curiosité.



***


Un cratère fumant était visible dans une clairière ombragée. Le garçon s’y avança avec inquiétude et chercha du regard le minerai qui composait le météore.

Ce n’était pas un minerai.

C’était un Pokémon.

Il était petit, marron, avec une face un peu écrasée et ridicule. Il lâchait des couinements plaintifs. Il semblait blessé.

Le garçon s’agenouilla près du Pokémon :

—Qu’est-ce qu'il s’est passé ? s’étonna-t-il en cherchant une trousse de secours dans son énorme sac. Tu viens d’où, comme ça ?

Le Pokémon grogna, à moitié dans les vapes. C’était normal. Il venait de percuter le sol en y laissant un trou de dix mètres de diamètre !

—Je m’appelle Antoine, dit le garçon en mettant la main sur des serviettes qu’il eut tôt fait d’humidifier avec sa gourde. Évite de bouger, je vais te soigner du mieux que je le peux.

Le Pokémon sembla refuser son aide en poussant un sourd grondement qui fit sourire Antoine :

—Tu pourras m’engueuler plus tard, si tu veux, mais là il faut te reposer. T’es dans un sale état.



***


Le Pokémon dormait près du feu, allongé sur un matelas de fortune. Antoine vérifia son état de santé en se penchant pour écouter sa respiration ; la Pokémon allait mieux. Beaucoup mieux.

Ils étaient à l’écart du cratère, à l’abri du feuillage des arbres. Il n’y avait personne dans les environs et aucun danger en vue. Antoine fouilla dans son sac et en ressortir un livre énorme qui s’apparentait beaucoup à un dictionnaire. On pouvait y lire sur la couverture « Le Pokédex pour les nazes ».

Antoine feuilleta les pages tout en jetant de fréquents regards au Pokémon. Il avait déjà vu celui-ci dans ce bouquin, il en était certain.

Il tomba sur la photo qu’il recherchait par hasard, après dix minutes passées à désespérer.

Il s’étrangla en lisant les quelques lignes consacrées à l’image en question.

Il se leva d’un bond en lâchant le livre et en observant le Pokémon sous tous les angles.

Impossible !

Ce Pokémon blessé qu’il avait soigné était Keunotor, l’un des trois Légendaires Créateurs ?



***


Keunotor ouvrit les yeux d’un seul coup. Il se rendit compte qu’un feu brûlait près de lui, et que le garçon qui était apparu lors de son crash le regardait avec des yeux ronds, à la limite de l’émerveillement. Keunotor fronça les sourcils.

Bizarre, il se sentait en forme. Cet humain l’avait aidé ? Gratuitement ?

Il s’appelait… Comment avait-il dit, déjà ? Toinou ?

—Moi, c’est Antoine, Bredouilla le jeune homme au même moment. Tu… Tu es Keunotor, pas vrai ?

Le Légendaire acquiesça. L’humain ne lui paraissait pas stupide. Pour une fois !

—Qu’est-ce que tu faisais ? Pourquoi tu es tombé du ciel comme ça ?

Keunotor aurait aimé répondre. Mais il n’avait pas le don de la parole. Certains Pokémon naissaient ainsi. Et comme il était le Légendaire le plus puissant du monde, il n’avait pas le droit de parler. Ce qui était tout à fait logique.

Keunotor remarqua « Le Pokédex pour les nazes » dans l’herbe. Il s’en approcha et grâce à ses pouvoirs de télékinésie, il força les pages à se tourner d’elle-même par une simple injonction mentale.

—Wahou… Lâcha Antoine.

Les pages s’arrêtèrent et Keunotor poussa un couinement en reniflant une des images.

Antoine se pencha pour mieux voir :

—Caratroc ? Un des deux autres Légendaires Créateurs ? Quoi, c’est lui qui t’a envoyé ici ? Vous vous êtes battu ?

Keunotor hocha la tête. Puis il se tourna vers une branche qui traînait pas loin et rien qu’en la regardant, il la força à se briser en mille morceaux. Les copeaux de bois s’assemblèrent, se séparèrent, puis se posèrent au sol.

Ils formaient des mots. Antoine lut à voix haute :

—« Merci de m’avoir aidé, Antoine. Tu m’as sauvé, et j’ai maintenant une dette envers toi. Que veux-tu que je fasse pour t’aider ? »

Antoine sourit et son visage s’éclaira :

—Ah, ça ! C’est mon jour de chance, on dirait. L’un des trois plus puissants Pokémon au monde me demande s’il peut m’aider ! En fait, je cherche quelque chose de très particulier.

Keunotor attendit. Il regardait Antoine avec intérêt. Cet humain était drôlement intrigant, et plutôt sympathique.

—Je cherche la recette du cookie au miel d’Apireine. J’ai entendu des rumeurs qui disaient qu’elle était cachée au sommet de la montagne Otélongamonté. On n’en est pas très loin. Alors… tu veux bien m’accompagner ?

Pour toute réponse, Keunotor se hissa sur le sac à dos d’Antoine en couinant. Le garçon se releva et rejoignit la route qu’il avait empruntée plus tôt.

Avec un compagnon de route et un tout nouvel espoir de réussite.



***


—Ça devrait être ici.

Antoine s’arrêta, et rangea la carte dans sa poche.

Devant lui se tenait un arbre au tronc tordu. Ses racines noueuses formaient une petite cavité dans laquelle une ombre se tassait. Antoine et Keunotor s’approchèrent.

Un coffre.

Le garçon tira l’objet et le fit sortir de sa cachette avant de l’ouvrir d’un coup de pied sur la serrure.

À l’intérieur se trouvait un message griffonné sur un morceau de papier.

—« Ce coffre est vide. Voilà voilà. » lut Antoine en s’assombrissant. Sans blague ?

Il soupira.

—C’est signé « l’Association Anti-Trésors Cachés dans Krénios, ou AATCK ». Tu connais ?

Keunotor secoua la tête. Antoine remarqua alors que des empreintes de pas récentes étaient visibles dans la terre autour de l’arbre. Il sourit :

—Tiens, tiens. On dirait que ces AATCK ne connaissent pas la discrétion. Les traces sont plutôt fraîches. Suivons-les !



***


Deux Pokémon marchaient côte à côte sur une route qui quittait la montagne Otélongamonté.

Un Ténéfix à l’air ombrageux traînait un sac rempli de pièces, de diamants et de cristaux derrière lui. Son partenaire, un Miaouss colérique, était silencieux et se léchait les mains en songeant à un énième plan pour débarrasser la région de Krénios de tous les trésors qui y étaient dissimulés.

—On y est, dit le Miaouss en s’arrêtant au bord d’un ravin. Vas-y, balance-moi ce trésor immonde loin de ma vue !

—Oui, boss, lâcha le Ténéfix. Je pense que si on avait marché cinq minutes de plus avec ces kilos de richesse, j’aurais vomi de honte. Je déteste tout ce qui a de la valeur, et là, c’est trop !

Le Ténéfix lança le sac dans le ravin avec force.

Un Pokémon incroyablement rapide s’envola de nulle part, attrapa le sac en pleine chute et atterrit avec, juste derrière les deux Pokémon ahuris. Miaouss râla :

—Hé ! Sac à puce volant ! Jette ce trésor dans le vide ! Tout cet or va corrompre Krénios si on ne s’en débarrasse pas !

—Vous êtes les AATCK ? dit une voix proche.

Miaouss et Ténéfix pivotèrent vers un garçon qui s’approchait du sac. Miaouss répondit sur la défensive :

—Ouais, et ?

—Pourquoi vous vouliez jeter ce sac ?

—L’or et l’argent, ainsi que les trésors, corrompent ce monde ! répliqua Ténéfix. Il est de notre devoir d’éradiquer les richesses de ce pays, afin que personne ne soit corrompu !

—Je vois. Vous avez aussi pris une recette, j’imagine ?

Miaouss ricana :

—Oh, ça ! Elle doit être dans le sac, oui.

Antoine soupira et commença à fouiller dedans, sortant des lingots d’or et des diamants de trente centimètres de large :

—Vous l’avez mise là-dedans ? Vous allez me faire croire que cette recette vaut autant que ces cristaux ?

—Non, mais comme la recette demande comme ingrédient de la vanille, et que je suis allergique… expliqua Ténéfix. On a jugé plus sûr de la jeter aussi. Plutôt qu’elle ne tombe entre les mains de Tadmorv, le cuisinier. On sait jamais, il aurait pu mettre de la vanille dans plein d’autres recettes à lui, et contaminer toute la nourriture de Krénios ! Vous imaginez ? J’aurais fini par mourir à table à cause de cette recette corrompue !

Antoine secoua la tête, dépité, tout en continuant à déverser le contenu du sac par terre :

—Vous êtes parano, vous. C’est pas parce qu’une chose vous déplaît qu’il faut l’éradiquer de la surface du monde.

—Bah si, lança Miaouss, agacé. C’est bien ce que fait le Roi Magicarpe, non ? Il veut éradiquer les humains comme toi !

—Oui, sauf que ce n’est pas vraiment un exemple à suivre. Et qu’à ce jour, il n’a réussi à tuer aucun humain. Même pas un seul enfant, que je sache. Ah, je l’ai !

Antoine leva le bras ; il avait un morceau de papier entre les doigts. Il désigna le sac à Ténéfix :

—Vas-y, je t’en prie, jette-le.

Ténéfix grommela des jurons avant de lancer le sac dans le vide, avec cristaux, lingots, diamants et pièces d’or.

Antoine toussota et lut à voix haute le contenu de la recette :

—« Recette du légendaire cookie au chocolat noir ». Mais c’est pas du tout la recette que je cherche, ça !

Antoine râla, plia la feuille pour en faire un petit avion, et la lança dans le vide. Miaouss et Ténéfix hochèrent la tête. Ce dernier sourit :

—Bonne action, humain. Tu viens de jeter à tout jamais un outil de corruption qui aurait pu détruire Krénios dans le futur. Et accessoirement, tuer l’un des deux plus éminents membres de l’AATCK, c’est-à-dire moi.

—Ouais, ouais, l’allergie à la vanille, tout ça… Cause toujours, tu m’intéresses, railla Antoine.

Il se retourna vers Keunotor :

—Bon, désolé, mais c’était une mauvaise piste. Mais je ne vais pas baisser les bras ! J’ai entendu dire que les Collines Kisantpabon pourraient être un bon endroit où chercher. Tu m’accompagnes ?

Keunotor fit un hochement de tête positif. Antoine pivota vers Miaouss :

—Vous avez entendu parler de la recette du cookie au miel d’Apireine ?

—Evidemment ! rétorqua le chat.

—Où est-elle ?

—Sûrement dans le nord. Dans les Monts Brumeux, je dirais.

—Je vois. On s’y rendra après les Collines, dans ce cas, parce que c’est drôlement loin.

Miaouss haussa les épaules négligemment :

—Comme tu veux, l’humain. Mais si tu pouvais jeter les trésors inutiles que tu trouveras, tu rendras un grand service à l’Association Anti-Trésors Cachés dans Krénios !

—Je ferais ce que je pourrais… Grogna Antoine.

Le garçon repartit sur la route, son gros sac à dos sur lui, et Keunotor flottant à ses côtés.



***


Le soir tombait.

On devinait à l’horizon les silhouettes endormies des Collines Kisantpabon. Antoine posa son sac au pied d’un arbre, épuisé.

—Ah, une bonne nuit de sommeil pour récupérer avant de fouiller la région !

Keunotor se posa à terre, satisfait de faire voyage avec ce garçon. C’était très instructif, d’évoluer aux côtés d’un humain sur ce grand continent. C’était mieux que de passer son temps à entendre des débats stupides entre Légendaires, sur une Île perdue au-dessus des flots !

Antoine chercha quelque chose dans son sac. Il sortit une Pokéball de ses affaires et la montra à Keunotor :

—Regarde ça. C’est un des trésors que j’ai trouvé il y a pas si longtemps ! Une Pokéball. C’est comme les Masterball qu’on trouve sur les marchés le dimanche, sauf que celle-là est extrêmement puissante et très confortable, à ce qu’il paraît ! Presque un exemplaire unique ! Tu veux l’essayer ? Je ne suis pas un Pokémon, donc je ne peux pas vraiment juger si c’est vrai.

Keunotor acquiesça. Antoine appuya sur le bouton, puis une lumière bleue l’enveloppa…

… Keunotor se retrouva dans un salon richement meublé.

Un lustre pendait au plafond, une tonne de nourriture impérissable attendait dans un coin de la pièce, un lit moelleux trônait près d’une salle de bains avec jacuzzi…

Keunotor resta bouche bée. S’il avait eu des bras, ils seraient retombés le long de son corps.

Le Pokémon Légendaire visita le salon avec stupéfaction, s’émerveillant de cette espèce d’autre dimension contenue dans un objet comme cette Pokéball. Quel Pokémon ou humain prodigieux avait inventé une chose aussi folle ?

Une clochette sonna et une voix s’éleva d’un interphone :

—Hé, ton dresseur te demande de sortir. Bouge-toi les fesses, bon sang.

Keunotor haussa les sourcils, surpris, et se dirigea vers la porte. À peine eut-il effleuré le battant qu’une forte lumière bleutée s’ensuivit et…

… Keunotor se retrouva devant Antoine, à l’air libre. Le garçon, inquiet, demanda :

—Alors ? C’est pas trop nul, j’espère ?

Keunotor secoua vigoureusement la tête.

Il avait très envie de rester avec cet humain un moment ! Il était même d’accord pour rester dans la Pokéball des heures entières, avec jacuzzi à volonté, et nourriture sur commande !

Oh, oui, cette vie de flemmardise allait lui plaire.

Après tout, il le méritait, puisqu’il était le Légendaire le plus puissant du monde !