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Le destin des Primordiaux de Malak



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» Auteur : Malak - Voir le profil
» Créé le 13/11/2016 à 09:22
» Dernière mise à jour le 21/10/2019 à 18:46

» Mots-clés :   Action   Aventure   Cross over   Présence de Pokémon inventés   Science fiction

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Chapitre 33 : L'esprit et l'acier
Les noms de ces Grands Fléaux continuent tous d’inspirer la peur même des siècles voire des millénaires après leur disparition, tant ils ont causé de dégâts au point même de menacer l’humanité toute entière. Le premier d’entre eux fut bien évidement Bahageddon, le Dragon de l’Annihilation, crée par Mew pour punir l’humanité. Au final, il a bien failli la détruire…



*****



Galatea avait mis un petit moment à passer le bouclier d’énergie qui protégeait l’immense vaisseau du Grand Forgeron. Elle n’avait pas essayé de le détruire, non. Vu que Mercutio n’y était pas parvenu avec son Septième Niveau, il n’y avait aucune chance qu’elle y arrive. À la place, elle avait étudié sa structure grâce au Flux. Elle avait ressenti sa composition, ses molécules, ses atomes, le moindre mouvement de ses électrons. Puis elle s’était attaquée grâce au Flux aux embranchements de ses atomes qui formaient les molécules. Elle avait crée un trou minuscule, qu’elle avait agrandi peu à peu, jusqu’à pouvoir entrer. Bien sûr, dès qu’elle était passée, le bouclier s’était totalement reformé, et Galatea doutait de pouvoir sortir avec la même tactique, surtout si elle avait Eryl avec elle. Mais ça, elle s’en occuperait le moment venu. Dans son idée, si tout se passait bien, elle comptait prendre possession du vaisseau et le faire atterrir, ou du moins le saboter.

Posée sur la coque du vaisseau, maintenue dessus que par la force attractive du Flux, Galatea étudia l’acier, et ne fut pas étonnée de reconnaître la signature caractéristique dans le Flux du Sombracier. Et cette signature caractéristique, c’était qu’il n’y en avait aucune, justement. Pour une raison mystérieuse, le Sombracier échappait au Flux. Ce dernier n’avait aucun effet sur lui. Outre cela, c’était aussi le métal le plus solide de l’univers. Galatea avait assez affronté de Pokemon Méchas pour le savoir. Du Sombracier pur à 100% était totalement indestructible, à part contre du Sombracier aussi pur.

Galatea ne perdit pas de temps à tenter de savoir à quel pourcentage le Sombracier composait la coque du vaisseau. Même si ce n’était qu’à moitié, elle n’avait de toute façon rien pour le percer. Elle essaya de se trouver une entrée, chose difficile vu que ce fichu vaisseau n’avait semble-t-il aucune fenêtre et aucun hublot. Enfin, aucun à part la passerelle à l’avant, mais débarquer juste devant Memnark ne semblait pas être une bonne idée. Faute de mieux, elle alla à l’arrière, vers les réacteurs. L’énergie, ça, elle pouvait la manipuler. Bon, les moteurs de ce truc énorme ne devait certainement pas marcher à l’essence, mais le Flux pouvait plus ou moins tout gérer, à part quelque rares exceptions justement comme le Sombracier ou encore l’Ysalry.

Le vaisseau avait deux gigantesques moteurs, divisés en six plus petits de chaque cotés, eux-mêmes divisés en des dizaines d’autres. Galatea se plaça devant l’un des plus petits, mais qui faisait quand même le double de sa taille, et elle se servit du Flux pour arrêter momentanément l’afflux d’énergie de ce réacteur là. Rien que pour un seul des plus petits, l’effort que cela demanda était énorme. Galatea ne put l’arrêter que le temps de s’infiltrer dedans et de se mettre à l’abri, et pas une seconde de plus. Après cela, elle dut prendre bien trois minutes pour souffler et récupérer.

Un rapide coup d’œil, que ce soit avec ses vrais yeux ou le Flux, lui apprit qu’elle était dans une espèce de conduit ; un conduit qui, vu la taille du vaisseau, se poursuivait longtemps en avant. Et plus Galatea avançait, plus il rapetissait. Bientôt, elle ne put même plus avancer à quatre patte, mais dut ramper à plat ventre. La chaleur était tout bonnement étouffante, mais Galatea n’osait pas utiliser le Flux pour transpercer ce conduit. Le but était de s’infiltrer discrètement…

- Qu’est-ce qu’on s’amuse, soupira-t-elle pour elle-même. Je me croirai revenu au bon vieux temps des exercices de papa Penan.

Elle sourit pour elle-même en se remémorant tous les trucs que ce vieux sadique avait inventé dans des parcours d’obstacles tout bonnement délirants. Galatea ronchonnait toujours alors, et arrivait toujours dernière. C’était toujours Siena qui finissait première, et sans avoir prononcé un seul mot pour se plaindre. Galatea s’enleva vite Siena de l’esprit pour éviter de s’enfoncer dans la mélancolie, et se concentra sur sa tâche.

Au bout d’un moment, le conduit dans lequel Galatea évoluait se divisa en deux embranchements. Galatea prit celui qui s’agrandissait, et finalement, elle put descendre dans un couloir du vaisseau, désert. Galatea se plongea dans le Flux pour repérer les forces en présence. Elle avait appris à reconnaître les Akyr, des espèces de trous dans le Flux avec les contours distordus. Il n’y en avait pas tant que ça dans le vaisseau, sans doute parce que Memnark en avait envoyé la plus grosse partie en invasion. Le Grand Forgeron lui-même, Galatea ne tenait pas à le sentir. Etablir une connexion de Flux avec quelqu’un était toujours dangereux, si jamais ce quelqu’un possédait un esprit apte à lutter avec celui d’un Mélénis. Voilà pourquoi Galatea préférait l’éviter, même en esprit. De toute façon, elle savait très bien où il était.

La jeune femme se chargea plutôt de repérer des signatures humaines, bien qu’Eryl n’était pas vraiment humaine. D’ailleurs, Galatea n’avait jamais fait attention, mais effectivement, la présence d’Eryl dans le Flux, bien que ressemblante à celle d’un humain ordinaire, avait ce petit quelque chose en plus qui la distinguait. Elle ne mit donc pas longtemps à la repérer. Il y avait une autre présence avec elle, tout à fait humaine, celle-ci. Ça devait être Monsieur Bertsbrand. Imperatus avait dit que cet Akyr Doré l’avait capturé en même temps qu’Eryl. Pour quoi faire ? Galatea n’en savait rien, mais en avait une vague idée. En tant que fan et adoratrice de Monsieur Bertsbrand, c’était aussi son devoir de le sauver. Bertsbrand serait bien moins attirant sous la carcasse d’un Akyr.

Galatea commença donc à se faufiler dans le vaisseau, passant de couloirs en couloirs, de passerelles en passerelles. Elle se rendit compte bien vite qu’il était incapable d’ouvrir les portes ou d’actionner les ascenseurs en se servant des boutons, qu’elle ne comprenait pas de toute façon. Ça devait être des commandes réservés aux Akyr ou aux Primordiaux, comme sur Atlantis. À la place, elle se servit du Flux pour les forcer manuellement, mais elle n’était pas tranquille. Elle ignorait si les Akyr étaient capables de sentir le Flux. Y’avait aucune raison, normalement, mais elle ne savait pas grand-chose de ces êtres.

Tout en se dirigeant à l’aveuglette vers l’endroit où elle sentait les présences d’Eryl et de Bertsbrand, elle faisait en sorte d’éviter les Akyr proches qu’elle pouvait sentir. Grâce à ses pouvoirs, elle pouvait influencer l’esprit des gens pour qu’ils oublient l’avoir vu, ou alors pour qu’ils ne la remarquent pas quand bien même elle se trouvait devant eux. Mais elle doutait que la manipulation mentale fonctionne sur les Akyr, donc elle préférait faire des détours, fussent-ils longs.

En tous cas, ce vaisseau était aussi fascinant qu’il était immense. Dans chaque salle dans lesquelles elle se rendait, Galatea voyait des trucs dont elle n’aurait même pas soupçonnait l’existence. La chose qui l’avait le plus intriguée, c’était une espèce de chambre close dans laquelle était conservée ce qui semblait être une reproduction miniature de la galaxie. Il y avait toujours pleins d’instruments et de salles vides. Le vaisseau entier devait être le laboratoire géant de Memnark pour ses expériences démentes. Galatea aurait bien tout fait sauter à chaque fois, mais elle voulait d’abord retrouver les prisonniers captifs. Ensuite seulement elle tenterait de saboter le vaisseau. Autant ne pas attirer les Akyr tout de suite.

Au bout d’une bonne demi-heure, au cour de laquelle elle se demanda comment ça aller dehors pour ses camarades, Galatea sentit qu’elle était proche des prisonniers. Mais il y avait un couloir gardé par deux Akyr de Troisième Classe dans lequel elle devait absolument passer, et les deux robots ne semblaient pas décider à bouger. En pestant mentalement, elle se décida à les éliminer, en espérant qu’ils ne pouvaient pas communiquer entre eux mentalement, sinon sa petite balade tournerait court.

Galatea renforça ses muscles avec le Quatrième Niveau de Flux. C’était un niveau qui lui permettait de décupler ses capacités physiques de près de 500%, mais ce n’était pas un truc qu’elle pouvait utiliser indéfiniment, sous peine de faire tomber son corps en morceau. Les vrais Mélénis pur sang auraient pu l’utiliser des heures, mais Galatea n’en était pas une. Mercutio et elle étaient des Demi-Mélénis, nés d’un père Mélénis et d’une mère humaine. Ils avaient donc beau posséder tous les pouvoirs des Mélénis, leurs corps, et donc leurs limites étaient plus proches de celles des humains.

Galatea n’activa donc le Quatrième Niveau que le temps qui lui fallait pour venir à bout des deux Akyr. En appuyant sur ses jambes, elle fit un bon à toute vitesse qui emporta l’un des robots avec elle. En le plaquant contre la paroi, elle lui arracha proprement la tête. Les Akyr avaient beau avoir des réflexes bien plus développés que la normale, son compère mis un moment à comprendre ce qu’il se passait. Galatea ne lui laissa pas le temps de faire quoi que ce soit. En fonçant sur lui à son tour, elle dévia d’un coup de pied son bras tranchant, et de l’autre, lui écrasa sa sale tête de métal.

Cinq secondes en tout. Un temps correct. Galatea désactiva son Quatrième Niveau et se sentit soudain très faible : le contrecoup physique de son utilisation. Le Flux l’avertit soudain d’un danger. Elle se baissa juste à temps pour éviter de se faire empaler par la main du premier Akyr, qui continuait à bouger même sans tête, quoi que de façon désordonnée. Galatea claqua la langue, irritée.

- Sans dec, vous pouvez pas crever, tout simplement ?

Galatea ne savait même pas trop si ces Akyr étaient réellement vivants. Selon Nuelfa ils avaient été conçu avec des humains comme matière première, mais Galatea ne leur voyait rien du tout d’humain. Elle s’écarta de l’Akyr décapité qui alla se cogner contre les murs du couloir. Elle se demandait si elle ne devait tout simplement pas le laisser vagabonder à l’aveuglette, car elle ne pouvait pas l’achever sans Quatrième Niveau, et hors de question de l’utiliser si peu de temps après. Mais non, c’était une mauvaise idée. Si jamais d’autres Akyr le voyait, fini l’infiltration.

Elle fit donc appel à son Galladiateur. Il avait l’allure d’un Gallame, mais habillé comme un soldat romain. On aurait pu penser à une forme différente, voir à une Méga-Evolution, mais non, Galladiateur un Pokemon à part entière, une évolution spéciale d’un Kirlia mâle grâce à un objet légendaire. Avec son attaque Excalibur, la plus puissante des attaques Acier, Galladiateur acheva proprement l’Akyr sans tête en le découpant en quatre morceaux.

- Merci vieux, lui dit Galatea. Reste dans le coin, on sait jamais.

Galatea ouvrit de force la porte coulissante où elle sentait le plus les présences humaines. Et en effet, ils étaient là. Eryl et Monsieur Bertsbrand, enfermés dans une sorte de caisson tout blanc. Eryl affichait un air de profond désespoir tandis que Bertsbrand, dans le coin opposé du caisson, parlait d’un air distrait, son Parecool coloré sur ses jambes. Quand Eryl remarqua Galatea qui venait d’entrer, l’espoir et la reconnaissance absolue furent carrément visible dans ses yeux noisettes.

- Galatea… Ce n’est pas une illusion, dis ? Tu es vraiment là ?

- Là et à votre service, vot’ majesté. Tu vas bien ? Ces malades ne t’ont rien fait ?

- Eux non, fit Eryl avec un regard en coin pour Bertsbrand.

Ce dernier s’était levé et regardait Galatea comme s’il tentait de se souvenir d’un truc désagréable.

- Je connais cette femelle, dit-il à lui-même. C’était celle avec le pseudo champion d’arène que j’ai massacré avec tant de swag…

- Galatea Crust, Monsieur Bertsbrand, se représenta la jeune femme. Je viens vous sortir de là.

- Vraiment ? Bah, c’est normal après tout. Le monde ne peut se passer de moi. Vous avez pris votre temps, ceci dit…

- Moi je vous laisserai bien ici, lui dit Eryl d’un ton assassin.

À son air, Eryl devait avoir sûrement expérimenté de trop près la Bertsbrandattitude. Galatea adorait cet homme parce qu’il était une star et parce qu’il était un beau gosse devant l’éternel, mais elle se doutait très bien qu’il devait être insupportable. Galatea ouvrit la porte en verre avec le Flux. Bertsbrand sortit le premier en faisant mine de danser.

- Libre. Nous sommes libres, Marie-Eglantine ! Libérééééééés, délivrééééééés !

- Veuillez la fermer je vous prie, Monsieur Bertsbrand, lui recommanda Galatea. On n’est pas spécialement dans un coin amical là…

- Ça sert à rien, soupira Eryl. Ce type ignore ce que ça veut dire, et pourtant j’ai essayé une centaine de fois. Comment ça se passe, dehors ?

- Pas très bien. Memnark est en train d’attaquer Atlantis, et notre flotte déguste sévère face à son nouveau laser spécial Solerios. Je suis donc aussi venue pour causer un max de dommages de l’intérieur.

- Pourquoi ne pas tenter de le vaincre ici et maintenant ?

Galatea sourit ironiquement.

- Je suis honorée que tu accordes autant de crédit à mes modestes pouvoir, Ta Majesté, mais quitte à crever, je préfère que ma mort serve à quelque chose. Je n’ai pas l’ombre d’une chance face à Memnark, d’autant plus qu’il a les cinq Solerios maintenant.

- Même avec le Septième Niveau ? Insista Eryl.

À l’inverse de son frère Mercutio qui se servait maintenant assez couramment du Septième Niveau, qu’il contrôlait depuis trois ans, Galatea ne s’en était encore jamais servi. Normalement, elle en était capable. Mercutio lui avait appris comment faire. Le problème, c’était qu’après la première utilisation, on ne pouvait plus se servir du Flux pendant des mois. Galatea avait donc toujours repoussé le moment où elle pourrait l’utiliser, car en ces temps de guerre totale, elle ne pouvait plus se passer du Flux aussi longtemps.

- Je n’ai aucune foutu idée de ce que sera mon Septième Niveau. Il est unique à chaque Mélénis. Si faut, ce ne sera même un truc offensif. Et si je m’en sers contre Memnark, je ne pourrait plus m’en servir après, et il nous sera donc impossible de sortir.

- De quel Septième Niveau vous parlez ? Demanda Bertsbrand. C’est pas trop le moment de causer jeux-vidéo là, vous trouvez pas ? Franchement, les femelles sont vraiment toutes des gourdes…

Eryl abandonna toute innocence pour lui coller son poing dans la figure. Bertsbrand se prit le nez avec des jurons colorés à l’égard de la gent féminine.

- Eh, ne l’abîme pas trop, il a une belle tronche, protesta Galatea.

- C’est la seule chose de valable chez lui. OK alors, on tente de faire tout péter de l’intérieur. Je te suis.

- Euh… ouais. Le souci, c’est que j’ignore où il faut aller. Y’a des salles étranges partout ici. Je doute qu’on trouve un bouton marche/arrêt.

Bertsbrand ricana ostensiblement, ce qui, avec son nez en sang, produisit le son d’un canard.

- Mes chères femelles… vous oubliez un truc important là. Je suis Bertsbrand. Tout comme le swag, la chance est toujours à mes cotés. Mes pas nous mènerons directement vers la pièce la plus sensible de cet endroit. Croyez en Bertsbrand.

Et il passa devant elles se et mit à marcher d’un pas décidé. Vers où, Galatea n’en avait pas la moindre idée. Mais bon, qu’est-ce qu’elles avaient à perdre après tout ? Galatea haussa les épaules et fit signe à Eryl de le suivre. Cette dernière soupira.

- Il va sans doute nous mener droit dans un compacteur… marmonna-t-elle.

À chaque intersection, Bertsbrand s’immobilisait un instant, un doigt en l’air et les yeux fermés, comme s’il priait le swag ou lui-même, avant de se décider sur le chemin à suivre. Il faisait preuve d’une énergie débordante. Sauf les rares fois où ils croisèrent des Akyr en chemin. Dans ces moments là, Bertsbrand criait comme une femme et courrait se réfugier derrière Galatea.

En passant devant une porte que Bertsbrand avait refusé d’emprunter ( elle manquait de swag, avait-il dit ), Galatea ressentit un frisson. Le Flux lui soufflait qu’il y avait quelque chose derrière. La pièce était plongé dans un vide intégral dans le Flux, et tout y était brouillé. Ça semblait regorger d’Akyr, mais les présences étaient différentes de d’habitude. Elles étaient plus consistantes, et surtout, elles semblaient hurler. Galatea s’arrêta. Eryl se tourna vers elle.

- Tu l’as senti, toi aussi ?

Eryl était issue d’Erubin, qui elle-même était issue du Flux. Même si elle ne pouvait pas s’en servir comme un Mélénis, elle avait appris à le sentir ou le percevoir à un certain niveau. Galatea hocha la tête.

- Il y a un truc de malsain derrière, fit-elle.

- Qu’est-ce que vous fichez ? Les héla Bertsbrand devant. Ce n’est pas là, je vous dis. Je ne ressens pas le swag derrière.

- Eh bien, allez chercher le swag, lui intima Eryl. Nous on jette un coup d’œil ici.

Galatea craignait de laisser Bertsbrand seul, mais en dehors de cette pièce, elle ne sentait pas d’autres Akyr proches, et elle garderait un œil sur lui dans le Flux. Elle voulait juste vérifier cette salle. Tandis que Bertsbrand s’éloignait en pestant contre l’imbécilité des femmes, Galatea força l’entrée. Ce que elle et Eryl virent à l’intérieur les laissa pantoise de longues secondes.

- Nom d’Arceus ! Jura Galatea. C’est quoi tout ça ?!

C’était une pièce énorme, et remplie de cerveaux humains. Il y en avait des centaines, peut-être même des milliers. Beaucoup étaient dans des tubes remplis de liquides verts, mais d’autres étaient à l’air libre sur des appareils électroniques. Certains mêmes étaient sur des espèces d’araignées mécaniques qui se baladaient librement. Il y avait aussi une énorme machine qui ponctionnait les tubes verts avec les cerveaux dedans, pour ensuite les faire ressortir comme Akyr sur une espèce de grands tapis roulants.

- Ça doit être là qu’ils produisent leurs Akyr, fit Eryl, dégoutée.

- Exactement !

Les deux jeunes femmes ne remarquèrent que maintenant qu’au milieu de la salle se trouvaient un Akyr à l’air bizarre, avec une sorte longue-vue en guise d’œil droit et une tête énorme et arrondie. Il se trouvait à coté d’une table d’opération, sur laquelle était allongée l’Akyr Doré, celui qui avait capturé Eryl.

- Bienvenus, chers humains, les accueillit l’Akyr à la longue-vue. Je suis l’Akyr Cerebro, de Seconde Classe. J’étais le chef scientifique sur Atlantis, et autrefois l’assistant même du Grand Forgeron sur la fabrication d’Akyr. Je suis ravi de vous accueillir dans mon modeste laboratoire !

Puis, finalement, il sembla s’interroger sur l’objet de leur présence.

- Pourquoi il y a des humains dans mon laboratoire, au fait ? Ils ne devraient pas être là, non non non. Enfin tant pis. Je n’ai pas beaucoup de visite, de toute façon.

Galatea se retint de passer à l’attaque directement. Un Akyr de Seconde Classe n’était pas comme les petits Akyr de Troisième Classe. Et de plus, il y avait cet Akyr Doré, qui selon le rapport d’Imperatus, était aussi fort qu’un Akyr de Première Classe voir plus. Si combat il y avait et qu’il y participait, Galatea était sûre de perdre.

- Vous vous interrogez peut-être sur la nature de ce que vous voyez ? Poursuivit l’Akyr Cerebro. Comme vous l’avez dit, c’est là un de nos sites de production d’Akyr. Nous conservons le système cérébral de nombreux humains, et grâce à la science du Grand Forgeron, nous l’implantons dans un corps d’Akyr.

- Mais… ces cerveaux sont vivants ! S’exclama Galatea. Je les sens dans le Flux. Ils crient… Ils crient si fort ! C’est horrible…

- Vivants vous dites ? Oui, on peut dire ça comme ça. Leurs corps sont morts bien sûr, et parfois depuis des siècles, mais nous avons appris à conserver parfaitement votre système cérébral. Le corps humain est si facile à manipuler et à préserver.

Galatea regarda un moment les corps d’Akyr qui sortaient de la machine à cerveau avec un grand dégout. Puis elle dit à l’Akyr Cerebro :

- J’ai détruit quelque uns de vos Akyr en venant ici. Je leur ai écrasé la tête, et je n’y ai vu aucun cerveau humain !

- Nous n’implantons pas le cerveau tel quel, renchérit l’Akyr Cerebro. Sur les nouveaux Akyr, du moins. Sur les anciens, il était courant que nous transférions des organes humains, mais c’était disgracieux et surtout, ça les rendait plus vulnérables. Sur les Akyr nouvelle génération, nous nous contentons de transférer l’esprit d’un cerveau jusqu’aux circuits neuronal du moteur spinal de l’Akyr. Et par esprit, j’entends toutes les informations qui fait de vous un être à part entière. À part la mémoire, bien sûr. Ça, nous nous efforçons de la supprimer.

- Transférer l’esprit ? Répéta Eryl.

- Oui. Je ne me fatiguerai pas à vous expliquer par quel procédé, vous ne comprendriez pas. Mais pour fonctionner, nos Akyr ont besoin des signaux cérébraux des humains, tout ce qui chez vous forme l’esprit.

- Et l’âme dans tout ça ?

- L’âme ? Répéta l’Akyr Cerebro, perplexe.

- Chaque humains à une âme, insista Eryl. Ce qui se rend dans le Monde des Esprits à la mort du corps.

L’Akyr Cerebro produisit un son très proche d’un rire.

- L’âme… une idiotie de vos croyances ancestrales et primitives, voilà ce que c’est ! Il n’y a rien de tel. Tout ce qui n’est pas détectable par la science n’existe pas. Vous autres humains êtes constitués d’un corps et d’un esprit, c’est tout. À la mort du corps, l’esprit disparait, mais nous avons appris à le préserver. Et même à préserver vos corps aussi, si nous le voulions, voir même à les régénérer. Ce que vous appelez âme n’est qu’une chimère. Arceus a simplement mis en place un système qui permet d’appeler à lui vos esprits une fois votre corps mort, de le matérialiser sous forme instable et de l’amener dans cette dimension que vous appelez Monde des Esprits. Tout cela vous semble mystique, mais tout est explicable scientifiquement.

- C’est impossible… murmura Eryl.

- Croyez-vous ? Pourtant, voyez-vous-même.

Il désigna l’Akyr Doré devant lui. Il semblait endormi, ou du moins désactivé.

- L’Akyr Doré est notre dernière création avec notre savoir actuel et nos dernière technologies. C’est un Akyr plus performant que tous les autres, grâce à ses servomoteurs surpuissants, mais aussi grâce à l’esprit d’origine, qui possède une volonté tout à fait extraordinaire. La puissance d’un Akyr se décide souvent grâce à la volonté de l’humain qu’il était autrefois. Plus celle-ci est forte, plus l’Akyr le sera. Le souci, c’est qu’avec une volonté forte, la mémoire peut parfois demeurer longtemps, et l’Akyr peut-être instable. C’est le cas avec celui-ci. C’est pourquoi je procède à quelque retouches avant de le renvoyer sur Terre pour qu’il détruise votre civilisation ! Et voyez cela…

L’Akyr pressa une télécommande, et un tube de liquide vert sortit du sol qui venait de s’ouvrir. Mais dans celui-là, il n’y avait pas de cerveau, mais bien un corps entier. Une femme, plutôt jeune, aux cheveux blonds, qui flottait nue dans ce tube.

- Voici l’humaine qui a servi de base à l’Akyr Doré, fit l’Akyr Cerebro. Quand Atlantis s’est réactivée, il y a sept ans, sous la glace, une équipe d’Akyr nous a ramené ce corps. Mort bien sûr, mais l’eau gelé avait conservé son cerveau, et donc son esprit. Nous avons pu l’extraire et l’étudier. Après avoir mesuré la puissance de cet esprit, son désir ardant de survie et de domination, nous l’avons choisi pour créer le plus puissant de tous les Akyr.

Galatea regarda le corps de la femme avec une certaine pitié.

- Si je comprends bien… ce que vous faites en fait, ce n’est qu’une copie de l’esprit humain. Vous copiez les ondes cérébrales, ou quelque chose comme ça, sur le cerveau électronique d’un Akyr.

- C’est un résumé simpliste, mais correct sur la forme, concéda l’Akyr Cerebro.

- Donc, le vrai humain n’existe plus, continua Galatea. Il est mort, et ce qui subsiste, ce n’est qu’une copie de son esprit dans un corps de métal.

- Il n’y a pas de faux ou de vrais humains, car comme je vous l’ai dit, il n’y a pas d’âme. Les Akyr sont tout aussi vrais que les humains d’où ils sont issus. Mais dans le cas actuel, pour l’Akyr Doré, nous avons conservé le corps d’origine parfaitement en l’état et nous l’avons régénéré sans lui ôter son cerveau.

- Régénéré… répéta Eryl. Vous voulez dire que cette femme est encore vivante !

L’Akyr Cerebro hocha la tête.

- Son corps était mort quand nous l’avons trouvé, mais nous l’avons réactivé. La mort n’est qu’un état physique, et elle n’a rien d’irrémédiable si on a la science et le matériel nécessaire. Mais nous avons transféré l’esprit de cette humaine dans le corps de l’Akyr Doré. Donc en l’état, ce n’est plus qu’un corps vivant, mais sans esprit. Autrement dit, une coquille vide. Nous la conservons au cas où, si jamais nous avions besoins de retransférer dans le corps d’origine pour un nouvel essaie sur un autre corps d’Akyr.

Galatea serra les poings.

- Ce que vous faites, c’est de la merde en boite ! Vous jouer avec l’esprit et le corps humains comme si de rien n’était ! Et avec ce que vous faites, l’esprit ne peut donc plus se rendre dans l’autre monde, vu qu’il reste bloqué ici dans un corps d’Akyr. J’ai raison ?

- C’est exact. Arceus ne peut pas appeler à lui les esprits dont nous nous servons.

- Alors, nous détruirons tous vos Akyr, décréta Eryl. Et nous libérerons leurs âmes, leurs esprits, ou quoi que ce soit d’autres, pour qu’ils puissent enfin reposer en paix. Comme cette fille…

- Ah, mais cette humaine n’avait aucune envie de mourir, dit l’Akyr Cerebro avec malice. Son esprit était même tout à fait d’accord pour échanger son faible corps humain contre celui, surpuissant, de l’Akyr Doré. Je vous l’ai dit : elle ne rêve que de puissance et de domination. Nous lui avons rendu un service.

Eryl ne quitta pas des yeux le corps de la femme aux cheveux blonds, et Galatea sentit son malaise dans le Flux.

- Elle me dit quelque chose…

- Tu la connais ? S’étonna Galatea.

- Je ne l’ai jamais vu avant, mais j’ai vu des vidéos et des images. Et Erend m’a en parlé. Lors de la guerre contre Castel, il avait une alliée, qui l'a aidé à trouver Triseïdon au Grand Glacier, et qui y est morte, justement là où Atlantis était censée être enterrée sous la glace. C’était l’ancienne reine de Cinhol, et la mère d’Alroy. Nirina Haldar. Une amie proche d’Erend, et même son mentor.

Galatea regarda la soi-disant Nirina, et l’Akyr Doré. C’étaient donc les même personnes ? Ces malades avaient fait de cette amie d’Erend ce zombi mécanique en or massif ? Au même moment, alors qu’il régnait un silence pesant dans la salle, Bertsbrand débarqua bruyamment, l’air furieux.

- Alors, qu’est-ce que vous glandez, stupides femelles ! Mes sens surnaturels ont déjà repéré là où nous devons aller ! Bougez vos…

Bertsbrand remarqua les Akyr Cerebro et Doré devant lui et sursauta, puis trébucha et tomba par terre. L’un des cerveaux araignées passa devant sa tête, et quand il le vit, Bertsbrand écarquilla les yeux d’un air horrifié se mit la tête dans les mains et hurla :

- OHHHHHHHHH MYYYYYYYYYYYY GOOOOOOOOOOOD !!!