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Tableau d'un voyage de Jelani



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Informations

» Auteur : Jelani - Voir le profil
» Créé le 31/10/2016 à 00:12
» Dernière mise à jour le 31/10/2016 à 00:12

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Début d’une nouvelle période
Le trajet fut long jusqu’à Alola mais en compagnie de Mainyu et ses amis, pokémons et humains. Je ne vis pas le temps passer. De plus j’ai passé pratiquement tout le temps en bateau à peindre. Les paysages marins m’ont beaucoup inspirés mais la plus belle des peintures que j’ai réalisée lors du voyage fut certainement celle représentant le rivage alors que nous approchions de la quatrième île d’Alola, Poni, aussi appelée l’île violette. C’est au nord de cette île que Mainyu tient son élevage.

Celui-ci utilise à son profit le terrain montagneux qui occupe une grande partie de l’île afin de délimiter des zones pour chaque groupe de pokémon de façon naturelle. Ils n’y sont pas répartis selon leurs espèces mais plutôt selon leurs compatibilités. Enfin, autant que cela est possible. On y retrouve d’autres pokémons des espèces que Mainyu avait apportées au festival mais également un grand nombre d’autres espèces exclusives à Alola sur lesquelles il me tardait de trouver des renseignements et quelques pokémons communs à d’autres régions. J’ai pour la première fois pendant le trajet réalisée des peintures dans lesquelles un ou des pokémons constituaient le sujet principal de la toile alors qu’auparavant je m’intéressais plutôt à l’harmonie d’ensemble dans mes peintures et je dois dire que j’y ai pris goût. Il faut dire que ces petites créatures sont plutôt attachantes bien qu’elles ne veuillent pas gentiment garder la pose.

Mainyu avait grand besoin de moi sur place. Il faut dire que depuis peu, il se retrouvait seul à tenir l’élevage qu’il tenait avec sa mère Hau’oli qui suite à un malheureux accident avait perdu l’usage de ses jambes et restait alors le plus souvent sur une vieille chaise à bascule en bois devant la maison familiale à nourrir et pomponner les bébés pokémons. Au bout de peu de temps, elle m’appelait « ma chère petite » et je pouvais passer des heures avec elle à l’écouter quand elle me raconter de vieilles histoires d’Alola, des récits sur la vie heureuse qu’elle a vécu et continue de vivre ponctués de « quand j’étais jeune… » et en retour je lui parlais un peu d’Unys parfois mais je préférais en apprendre plus sur Alola et éviter les questions personnelles. Je ne tenais pas à connaitre leurs réactions s’ils apprenaient que j’avais fugué. Hau’oli m’impressionnait beaucoup à montrer tant de joie de vivre malgré son handicap. Je l’ai peint plusieurs fois sur sa chaise à bascule et quand elle voit mes peintures, elle rit. C’est un son très agréable que ce rire sans retenu et si rempli de nuances, si mélodieux.

« J’ai plus de rides que ça en vrai, ma chère petite, mais c’est un charmant tableau. Tu embellis la réalité avec toutes ces couleurs, jeune Meredith » dit-elle alors.

Pouvait-il réellement en aller autrement ? Alola foisonne de couleurs si bien qu’en un bouquet de fleurs provenant des plateaux alentours peuvent être rassemblées toutes les teintes d’un arc-en-ciel avec un dégradé parfait. Si après ma mort le paradis ne ressemble pas à tout ce que j’ai pu voir à Alola. Pourrai-je encore l’appeler « paradis » ? Je ne me rappelle pas avoir déjà eu autant d’amis. Chaque semaine, je rencontre de nouvelles personnes, des amis de Mainyu et sa mère qui passent dire bonjour et rester un peu, le temps d’un bel après-midi ou d’un repas.

Je m’applique à n’oublier aucun d’eux et à me montrer sous mon meilleure jour afin de me mettre au diapason avec toutes ces personnes qui sourient et rient à gorge déployée à longueur de temps et chaque fois, ces moments se terminent par de rapides peintures de chacun de ces visages. Parfois, certains demandent à en avoir un pour eux. J’apprends à apprécier chaque instant comme je ne l’avais jamais fait auparavant et je crois que cela me fait beaucoup de bien. Je n’ai plus à me forcer pour sourire quand je me lève le matin. Mes lèvres s’étirent naturellement au réveil à la pensée des bonheurs promis par la journée qui commence.

Un soir, alors que nous étions à trois en train de manger avec quelques pokémons autorisés à rester dans la maison. Mainyu prit la parole :

« J’ai envie de te faire un cadeau pour te remercier de ton aide à l’élevage Meredith »

« Ce n’est pas la peine, Mainyu. Je suis payée pour ce travail, vous m’hébergez aussi et surtout, je suis heureuse. C’est déjà le plus beau des cadeau» m’exclamai-je alors.

« Disons, le présent d’un ami alors. Le prochain œuf pokémon que nous trouvons dans l’élevage est pour toi. Comme ça, tu as la surprise en plus ! » Me répondit-il.

L’air me manqua un instant. J’allais donc avoir mon premier pokémon ? Un instant me revint en mémoire les petits ponchiots chez moi. Dois-je encore dire chez moi ou bien chez mes parents à présent ? Ces petits ponchiots, les bébés du Mastouffe de ma mère…l’un d’eux m’était destiné et devait m’être remis lors de mon entrée en société mais c’était dans une autre vie. Dans une autre région. Ce petit être que me propose Mainyu est comme un moyen de m’intégrer un peu plus à Alola dans ma nouvelle vie.

J’attendis donc avec la plus grande impatience le prochain œuf qui apparaitrait dans l’élevage et je ne pus m’empêcher d’essayer de deviner quelle espèce de pokémon j’allais bien pouvoir avoir. Pendant cette période, le temps me sembla plus long et cette offre de Mainyu me fit découvrir à moi-même à quel point j’avais pu avoir envie inconsciemment d’avoir mon propre pokémon à cajoler.

Mon attente fut cependant interrompue par une visite un peu particulière. Un homme, visiblement de la région, qui vint nous rendre visite pendant une belle journée ensoleillé comme il y en a tant à Alola. Ce fut lorsque je compris que ni Mainyu, ni Hau’oli ne connaissait l’homme que je compris qu’il se passait quelque chose de vraiment hors de la routine quotidienne de l’élevage.

« Hey petite, tu ne serais pas la petite Meredith dont mes amis m’ont si chaleureusement parlé ? » me dit-il avec un grand sourire étincelant.

Je ne sentais pas vraiment rassuré d’être apostrophé par un homme inconnu de ma nouvelle famille même si celui-ci s’adressait à moi gentiment. J’eus peur à cet instant que mon passé ne me rattrape, que mes parents ne retrouvent ma trace. Peut-être aurai-je du changer de nom après tout ?

« C’est possible, monsieur » dis-je simplement, en espérant ne pas le froisser par mon ton sobre.

Il eut alors un grand rire.

« On dirait un petit statitik qui prépare une décharge ! Je ne suis pas venu ici pour manger qui que ce soit, tu sais ? En fait, je suis ici pour le travail et on m’a dit que tu pouvais avoir des choses tout à fait intéressantes à me présenter. » Me dit-il avec un clin d’œil.

« Vous aimeriez voir mes peintures ? » m’exclamai-je alors une fois que j’eus compris où il voulait en venir.

« Oui, à moins que tu n’aies préparé un spectacle de marionnettes, je suis venu pour voir moi-même tes peintures mais si tu as des peintures qui représentent des marionnettes, c’est encore mieux. J’adore les petites marionnettes des forains » répondit-il benoitement.

Hau’oli s’adressa alors à lui :

« Allons, vous n’allez pas discuter des heures debout ainsi. Mainyu, veux-tu bien apporter la table de jardin ici, s’il te plait ? Vous vous assiérez bien devant un bon jus de fruit frais, monsieur… ? »

« Ho, je ne suis pas présenté, c’est vrai. Pardonnez-moi pour cet oubli. Je suis monsieur Maluhia, président de l’association des artistes indépendants d’Alola et artiste-photographe. » Déclara-t-il fièrement.

Je profitai alors de la discussion engagée par Hau’oli avec monsieur Maluhia pour aller chercher quelques-unes de mes peintures. Une fois dans la chambre qui m’avait été attribuée dans la maison de la famille, je me mis à tourner lentement sur moi-même afin d’embrasser du regard toutes mes toiles réalisées depuis ma fugue que j’avais accroché sur les parois. Bientôt, je vais sans doute devoir me résigner à en mettre au plafond, seul le mur derrière le lit n’était pas encore totalement recouvert. Je ne sais pas vraiment lesquelles choisir pour montrer à monsieur Maluhia et à défaut d’autres idées, je tentai d’en prendre deux de chaque sorte malgré mon envie de laisser de côté les peintures ternes d’Unys. Avec un pincement au cœur me revint dans mes pensées ma fuite devant Artie. Monsieur Maluhia ne m’inspire pas tant d’angoisses et à vrai dire, c’est sans doute parce que je n’arrive pas à le prendre réellement au sérieux. Son exclamation sur les marionnettes en pensant me faire rire avec ça peut-être.

De retour à l’extérieur, je pus voir toute la tablée qui discutait gaiement. Monsieur Maluhia allait très certainement rejoindre le cercle d’amis de la famille si ce n’est du moins pas encore fait. Serait-il possible d’être amis avec tous les habitants d’Alola ?

Quand je fus près d’eux, il me porta à nouveau son attention. Je disposai soigneusement mes œuvres sur la table devant son regard qui se fit attentif.

« Avez-vous déjà pensé à vivre de votre art, mademoiselle Meredith ? » demanda-t-il finalement.

Ha, Il n’est pas si bien renseigné que cela ce brave monsieur, visiblement.

« C’est mon rêve Monsieur Maluhia » dis-je simplement.

Il déclara alors :

« Si vous acceptez de rejoindre l’association, nous nous chargerons de vous faire acquérir de la renommée dans les milieux artistiques d’Alola par le bouche-à-oreille et un peu de publicité. De plus, nous nous chargerons de vous faire construire à nos frais une galerie et une salle de travail si vous en avez besoin d’une. Contrairement aux autres artistes qui vivent souvent au crochet d’un ou plusieurs mécènes dont ils doivent respecter les exigences, vous serez indépendante dans votre travail. Nous vous laissons choisir par vous-même le prix que vous fixerez sur vos œuvres et le prix d’entrée de votre galerie d’exposition bien qu’il soit souvent plus prudent de laisser l’entrée libre au début, le temps de s’insérer dans le milieu, vous comprenez bien… En retour, vous devrez parler du travail des autres membres de l’organisation et parfois nous vous demanderons de nous prêter temporairement quelques œuvres pour des expositions de l’association. En revanche, l’argent obtenu avec ces expositions en communs est versé intégralement dans les caisses de l’association…cela vous convient-il ? »
Son visage avait pris un air sérieux qui démentait ses traits affables. En réponse à son sérieux, la solennité de ce qui était en train de se jouer là maintenant me parvint enfin. Un autre artiste reconnaissait mon talent et m’offrait de rejoindre son groupe me permettant ainsi de vivre de ma passion et devenir peintre. Une vraie peintre.

« Ce serait avec grand plaisir » balbutiai-je.

« Avec votre permission, j’aimerai prendre en photo certaines de vos toiles pour les montrer à mes…enfin, nos camarades à présent…ainsi qu’une photo de vous trois ensemble aussi, en souvenir de ce jour » s’exclama-t-il ravi.

Nous le vîmes alors sortir de son sac un encombrant matériel qu’il assembla. Cela ressembla aux vieux appareils des débuts de la photographie mais celui-ci semblait comme neuf et comportait plein de boutons.

« Il est classe, n’est-ce pas ? Je l’ai bidouillé moi-même celui-là. Vous n’en verrez jamais un deuxième comme ça. A moins que je ne casse le premier et ne doive en fabriquer un deuxième peut-être. » Nous lança-t-il devant nos regards étonnés.

Nous nous tinrent bien droits et montrèrent notre plus beau sourire tandis qu’il effectuait ses réglages. Il cria « Mimiquiii ! » avec nous au moment de la photo.
« D’autres membres de l’association viendront vous souhaiter la bienvenue parmi nous dans les prochains jours, Meredith. Portez-vous bien et bonne continuation dans votre art » nous salua-t-il puis il repartit.

Deux jours plus tard, 2 architectes de l’association étaient là avec leurs équipes de travail afin de collaborer avec moi afin de réaliser une galerie qui convienne à mes attentes. Je décidai de la faire construire assez près de l’élevage pour pouvoir continuer à aider Mainyu car j’y avais pris goût.

Après avoir discuté avec les architectes tout l’après-midi. Je retournai enfin à la maison pour m’y voir accueilli par Mainyu. Dans ses bras, il tenait un œuf et un grand sourire était dessiné sur son visage.

« Devine pour qui il est ce bel œuf-là ! » s’exclama-t-il alors joyeusement.

Une bonne nouvelle n’arrive jamais seule visiblement. Mainyu me tendit l’œuf que je pris dans mes bras. Je sentais la chaleur passant à travers la coquille sous mes doigts. Il reste encore à savoir quel genre de pokémon peut bien se trouver dans cet œuf mais au fond, me dis-je intérieurement en me dirigeant vers la couveuse de l’élevage, ce n’est pas si important car je l’aime déjà.