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Le destin des Primordiaux de Malak



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Informations

» Auteur : Malak - Voir le profil
» Créé le 05/06/2016 à 09:50
» Dernière mise à jour le 27/09/2019 à 22:32

» Mots-clés :   Action   Aventure   Cross over   Présence de Pokémon inventés   Science fiction

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Chapitre 21 : Horloge et intuition
Avant de me tourner le dos, Salia m’a dit combien elle me trouvait méprisable. Sur le coup, ça m’a fait mal, mais au final, elle avait raison bien sûr. Je suis quelqu’un de méprisable, parce que je gagne ma force du mépris que l'on me voue. En cela, je suis bien différent de mon père, lui qui se regorgeait de l’adoration des autres.



*****



Depuis Illumis, Bertsbrand avait passé les derniers jours à écumer la région Kalos de long en large pour recruter de nouveaux dresseurs pour sa quête. Et il en avait recruté. Aujourd’hui, alors qu’il pénétrait d’un pas conquérant dans la ville pittoresque de Romant-sous-Bois, tout au nord de la région, il était à la tête de près d’un millier de dresseurs kalosiens. Tous n’étaient pas là bien sûr. Il n’en avait qu’une petite centaine. Le reste était éparpillé dans la région, pour recruter encore plus et surtout pour trouver le Solerios des Plantes. Romant-sous-Bois n’avait encore ni été fouillée, ni été parcourue pour le recrutement des GSB.

C’était là le nom des dresseurs compagnons de Bertsbrand. GSB. Guerriers du Swag Bertsbrandien. Un nom tellement swag, que Bertsbrand avait trouvé lui-même. Ça faisait aussi écho à la GSR de Venamia qui l’avait propulsé à la tête de Kanto. Ainsi, ça marquait bien leur opposition, et le fait que seul Bertsbrand était capable de vaincre la dictatrice de Johkan et ses robots maléfiques. Car Bertsbrand en était plus convaincu que jamais : Venamia était bien le cerveau qui contrôlait les Akyr. En était-elle un elle-même, ou bien était-elle le Grand Forgeron, ça, il ne savait pas. Mais si elle recherchait la même chose que les Akyr, à savoir ces Solerios, c’était qu’elle était avec eux, forcément.

Bertsbrand voyait dans cette histoire une géniale occasion d’accroître encore plus sa popularité, en se posant comme héros affrontant la méchante ennemie mondiale. Bertsbrand avait quasiment tout fait dans sa vie, et avait réussi à tout. Il avait débuté comme mannequin avant de s’essayer aux combats Pokemon d’élite. Puis il avait enchaîné le cinéma, la chanson, l’animation télé, et enfin l’écriture. Bertsbrand était tellement swag qu’il était doué pour tout. Le souci, c’était qu’il se lassait vite de quelque chose. Son rôle d’auteur à succès était derrière lui. Désormais, il allait être un leader révolutionnaire ! Oui, ça c’était swag.

Car Bertsbrand le savait : il n’y avait que lui pour lutter contre Venamia, cette femelle horrible qui n’avait acheté aucun de ses romans ! Lui seul avait la force, l’intelligence et le swag nécessaire pour l’affronter, et certainement pas ce petit arriviste d’Erend Igeus qui se terrait à Bakan. Venamia et ses Akyr représentaient une menace pour le monde, et Bertsbrand allait régler ça, tout simplement. La vitesse à laquelle il avait recruté les dresseurs de Kalos pour ses GSB parlait d’elle-même. Les gens se rendaient compte qu’il n’y avait que lui, Bertsbrand, pour apporter paix et prospérité dans le monde.

Bertsbrand avait tout un plan déjà conçu dans son brillant esprit. Quel que soit l’endroit où se cache le Solerios des Plantes, il n’allait pas s’arrêter à Kalos. Il lui fallait recruter au niveau mondial, que tous les pays se rassemblent sous la bannière de Bertsbrand et du swag. Ainsi, une fois Venamia vaincue, Bertsbrand sera bel et bien ce héros international qui a sauvé le monde, et alors, tout logiquement, les dirigeants du monde se presseront pour lui donner les commandes. Un monde dirigé par Bertsbrand… y avait-il quelque chose de plus swag que ça ?!

Mais Bertsbrand n’était pas encore là. Il devait faire les choses petit à petit, comme il avait toujours fait. D’abord, sa cible, c’était cette ville de Romant-sous-Bois. Il devait y recruter le plus de dresseurs possible, et la fouiller de fond en comble avec l’espoir d’y trouver le Solerios des Plantes. Point encourageant, pas mal de Pokemon Plante des dresseurs des GSB étaient attirés par cet endroit. Romant-sous-Bois était une vieille ville, en harmonie avec la nature. Quoi de mieux pour y cacher un objet ultra-puissant en rapport avec le type Plante ? Il s’arrêta donc aux portes de la ville, puis leva les bras en direction de ses troupes.

- Très bien, camarades. Vous m’investissez cette ville avec swag, et vous retournez tout. Même l’usine de Pokeball au nord d’ici. Au passage, parlez de moi aux gens locaux. Dites-leur combien je suis swag, et combien ce serait swag pour eux de rejoindre les GSB.

- OUI, MONSIEUR BERTSBRAND ! Hurlèrent-ils en cœur.

Ce cri fut suivi par le bruit de dizaines de Pokeball qui s’ouvraient, relâchant des Pokemon Plante pour aller pister le Solerios.

- Monsieur Bertsbrand ?

Bertsbrand se tourna avec un sourire artificiel vers son interlocutrice. C’était une jeune femme aux cheveux crème, presque blancs, qui avait une allure sportive et un casque sur la tête. C’était Cornelia, surnommée Corni, la championne d’arène de Yantreizh, qui aujourd’hui était un peu la seconde de Bertsbrand au sein des GSB. Ça ne plaisait que moyennement à Bertsbrand d’avoir une femelle pour seconde, mais Corni était une dresseuse renommée et respectée. Comme le champion d’Illumis, cet intello à lunette du nom de Lem avait refusé de rejoindre les GSB, Bertsbrand tenait à avoir Corni à ses cotés, pour inspirer encore plus les dresseurs de Kalos.

De plus, cette fille était apparemment une de ses fans de la première heure. Comme Bertsbrand n’aimait pas les femmes, il était quelque peu indifférent à leur adoration. Mais étrangement, c’étaient les femmes qui composaient le plus gros de sa fanbase. Rien que dans les GSB, il y avait 70% de femelles pour à peine 30% d’hommes. Bertsbrand soupira mentalement. Que c’était dur d’être si beau gosse…

- Oui très chère amie ? Demanda-t-il de son ton séducteur habituel.

Corni rougit brièvement avant de répondre :

- Je sais qu’il y a une antenne du fan-club Pokemon dans cette ville. Ce serait un bon endroit où recruter. Ils vont tous tomber amoureux de votre Marie-Eglantine !

Bertsbrand fronça les sourcils. Bien sûr, il n’ignorait rien du swag étonnant de sa très chère Marie-Eglantine, mais que des gens puissent la préférer à lui, cela l’irritait un peu.

- Je vois je vois. J’irai faire un tour avant de partir. Mais avant, il faut s’attarder à examiner cette ville. Rien que son nom parait très suspect.

- Euh… ah bon ?

- Evidement ! Romant-sous-Bois ! Ça laisse clairement à penser qu’on pourrait cacher des romans sous du bois ! Or, pourquoi cacherions-nous des romans sous du bois, je vous le demande, hein ? Surtout s’il s’agit des miens ! Une ville qui serait capable de cacher mes merveilleux romans sous du bois pourrait très bien dissimiler un Solerios de la même manière, vous me suivez ?

Étonnée par cette logique infaillible, Corni tapa des mains.

- Vous êtes si intelligent, monsieur Bertsbrand !

- Mais non mais non, fit modestement ce dernier. Enfin si, quand même… Beaucoup même, en réalité. Mais j’essaie de le cacher autant que possible. Ça met les gens mal à l’aise. Ils se sentent si insignifiants et idiots en ma présence…

Bertsbrand jeta un coup d’œil à la ville en question. Ce qu’on remarquait en premier était bien sûr l’immense arbre qui trônait au milieu de la ville. Il était si vieux et si grand qu’une maison avait été incrustée à l’intérieur, ainsi qu’une horloge un peu plus haut. Une horloge par ailleurs assez inhabituelle, car elle avait treize segments d’heure à la place de douze.

- Pourquoi cette pendule possède-t-elle treize heures ? Demanda Bertsbrand à Corni.

- Euh, je l’ignore, monsieur. Elle a toujours été comme ça. Pas terrible pour savoir l’heure, mais ça en fait une attraction touristique.

- Trrrrrrèèèèèèèèèèèès suspect, décréta Bertsbrand. Après les romans cachés sous les bois, voilà qu’en plus dans cette ville les journées font vingt-six heures. Il va falloir examiner tout cela en détail. Corni très chère, veuillez m’amener la championne d’arène du coin. Je vais l’éblouir avec mon swag.

Tandis que Corni se précipita vers l’arbre-maison qui tenait lieu d’arène, Bertsbrand s’assit à une table d’un café en plein air, et regarda tranquillement ses hommes travailler. La serveuse du café poussa un cri de stupéfaction quand elle vit le légendaire Bertsbrand assit à sa table, et elle s’empressa d’aller lui chercher à boire. Bertsbrand sirota tranquillement sa boisson tout en grattant distraitement le crâne de Marie-Eglantine. Corni revint peu après avec une femelle pour le moins étrange. Son habit rose pailleté de jaune avait des manches tellement longues et tombantes qu’elles ressemblaient à s’y méprendre à des ailes. La femme avec beaucoup d’ornements accrochés ci et là qui lui donnaient l’allure d’une nymphe. Mais surtout, c’étaient ses yeux les plus dérangeants. De grands yeux totalement noirs, sans iris, comme des boules de billards.

- Monsieur Bertsbrand, commença Corni, je vous présente Valériane, la championne de Romant-sous-Bois, qui est également une styliste de renom !

Bertsbrand se sentit obligé de se lever pour lui faire un baisemain, bien que ce geste lui répugne. Il galéra un moment avant de lui trouver une main, sous sa manche surnaturelle.

- C’est un honneur, chère lady. Je suis Bertsbrand. Le seul, l’unique, le swageux, leader des GSB.

Si, comme toutes les femelles parfaitement constituées, Valériane ne put s’empêcher de rougir quelque peu devant le charme inégalé d’un Bertsbrand vu de près, cela ne l’empêcha pas de prendre la parole d’un ton péremptoire et agacé.

- Peut-on savoir ce que signifie tout ceci ? Pourquoi vous envahissez ma ville avec vos milices comme un vulgaire seigneur de guerre ?! Romant-sous-Bois est un havre de paix. Vos hommes perturbent les habitants et les Pokemon !

- C’est regrettable, mais nécessaire, répondit Bertsbrand. Nous luttons contre Venamia et ses monstrueux Akyr.

- Je ne sais rien de ces Akyr, mais j’ai entendu parler de Lady Venamia, oui. Et aux dernières nouvelles, elle était en guerre avec Hoenn et l’Empire Lunaris, pas avec Kalos. Notre région est neutre dans le conflit opposant Johkan et la Confédération Libre, et elle entend bien le rester.

- Je ne représente pas la Confédération. Je suis seulement un bon citoyen du monde prêt à faire son devoir pour la paix, la justice et le swag. Et en cela, mon devoir est de m’opposer de toutes mes forces à Venamia. Vous devez être au courant de ce qu’elle recherche actuellement ?

Valériane croisa ses bras dissimulés sous ses manches flottantes.

- Ce soi-disant Solerios des Plantes ? Bien sûr. Elle offre une prime plus qu’alléchante à celui qui lui donnera. Et Erend Igeus a fait pareil. Mais qu’est-ce que ça à avoir avec notre ville ? Chaque dresseur est libre de le rechercher et de le donner à qui il veut naturellement, mais vous ne trouverez pas cet objet ici.

- L’avenir seul le dira, fit Bertsbrand avec sagesse. Nous autres, les GSB, nous fouillons tout Kalos, et s’il n’y est pas, nous changerons de région. Mais pour l’instant, nous avons remarqué que nombre de Pokemon Plante étaient curieusement attirés par le nord de Kalos… et donc votre chère ville.

- Romant-sous-Bois est une très vieille ville, qui a toujours vécu en harmonie avec la nature. Et les Pokemon Plante sont proches de la nature, tout comme le sont les Fée. Voilà pourquoi. Si vous voulez un expert en type Plante, monsieur Bertsbrand, je vous recommande de vous rendre à Port Tempères. Amaro, le doyen des champions de Kalos, sera ravi de vous aider.

Bertsbrand soupira mentalement contre l’idiotie des femelles.

- J’y suis déjà allé, chère amie. Port Tempères a beau avoir une arène de type Plante, elle n’en reste pas moins une ville portuaire. On y trouve plus de Pokemon Eau que Plante. Et d’ailleurs, ce vieil idiot d’Amaro a refusé de rejoindre mes GSB… Vous autres, les champions de Kalos, vous êtes assez peu réceptibles au swag, en fin de compte. Seule ma bonne amie Corni ici présente a eu la très bonne idée de devenir ma camarade.

Valériane jeta un coup d’œil à sa collègue championne, qui buvait chacune des paroles de Bertsbrand comme s’il s’agissait de celles d’Arceus le Père.

- Cornelia est jeune et d’une nature rebelle, fit Valériane. Sans doute aura-t-elle trouvé en vous un moyen de combler sa soif d’aventure. Mais la plupart des kalosiens ne recherchent qu’une chose avant tout : la paix et la tranquillité. Vous pouvez fouiller Romant-sous-Bois si vous le désirez, mais je vous demanderai de ne pas vous attarder, et de déranger le moins possible les habitants.

- Cela va de soi. Et je commencerai bien par votre grand arbre, si vous le voulez bien.

Valériane pinça les lèvres, peu enthousiaste à l’idée d’ouvrir son arène à quelqu’un comme Bertsbrand, mais elle hocha la tête et lui fit signe de la suivre. Ce que Bertsbrand fit à bonne distance, pour pouvoir parler avec Corni sans être entendu de la stricte championne d’arène Fée.

- Elle a l’air bigrement peu commode, votre collègue, chère amie. Elle devrait lire mes romans plus souvent…

- Il faut l’excuser, monsieur Bertsbrand. Valériane a toujours été un peu bizarre. Y’a rien qui ne l’intéresse, à part fabriquer des vêtements, faire des défilés de modes et jouer avec des maisons de poupées.

- Hum… Je me suis essayé un temps à la mode, raconta Bertsbrand. J’ai connu un vif succès bien sûr, mais j’ai vite abandonné. Je trouvais cela assez… superficiel. Pas assez swag pour un homme virilement swag comme moi.

Quand il fut à l’intérieur de l’arène de Valériane, Bertsbrand crut se trouver mal. On aurait dit un enchevêtrement les unes sur les autres de pièces toute droits sorties de contes pour enfant, avec des couleurs flashy qui vous torturez les yeux. Tout cela puait tellement la féminité et la niaiserie que Bertsbrand dut se couvrir la bouche de son mouchoir fétiche ; celui qu’il laissait sous ses propres aisselles pour qu’il sente l’odeur de sa sueur, terriblement et virilement swag.

- Oh my god… murmura-t-il. J’ai atterri en enfer ?

Corni lui fit un sourire d’excuse.

- Oui, même pour moi qui suis une fille, c’est abusé, ici. Mais tenez-bon, monsieur Bertsbrand ! On fait cela pour la paix et le swag dans le monde.

- Oui… oui, naturellement, vous avez raison. La quête du swag mondial exige de grands sacrifices de la part de ses guerriers… Ceci dit, fouiller ces pièces sera au-dessus de mes forces. Je vous laisse ça, chère amie. Je vais plutôt vérifier les étages et cette curieuse horloge.

- Bien, monsieur Bertsbrand.

Ils laissèrent Corni là, et Bertsbrand dut suivre Valériane jusqu’à un escalier en bois qui faisait le tour du tronc géant de l’intérieur.

- C’est peu commun, d’habiter dans un arbre, commenta Bertsbrand. Un arbre, c’est pas aussi swag qu’une villa quarante pièces et trois piscines comme la mienne. Mais bon, moi, je suis Bertsbrand après tout…

- Il y a du bon de vivre en harmonie avec la nature, répliqua Valériane. Surtout pour les dresseurs Pokemon. On apprend alors à les écouter, à mieux les ressentir et à se battre en symbiose avec eux. La preuve en est que les habitants de Cimetronelle à Hoenn, sont réputés pour être les meilleurs dresseurs de la région. C’est aussi vrai sur le Continent Perdu, où un peuple, Exodia, a fondé sa société en plein milieu d’une immense forêt.

Bertsbrand sourit aimablement à ces propos, mais intérieurement, il était blasé par tant mièvrerie. C’était bien un truc de femelle, ça. Elles aimaient bien le rose, les trucs mignons, l’amour et les concepts philosophiques tout droit sortis des bisounours. Que Bertsbrand affronte un dresseur vivant dans un arbre ou non, le résultat serait le même : il gagnerait grâce au swag irrésistible de Marie-Eglantine.

Une fois toutes les marches gravies, Bertsbrand se trouva devant l’arrière de l’horloge de l’arbre. Elle indiquait 17h46, mais bien évidement, sur la montre en or dix-huit carats de Bertsbrand, c’était 16h46. Vu que cette horloge avait un nombre de plus, elle était décalée depuis des siècles d’une heure par jour. Si l’horloge aurait indiqué la date en plus de l’heure, elle serait probablement encore du siècle dernier. Bertsbrand se pencha pour l’examiner de plus près, passant ses mains près des aiguilles en bois, faisant le tour du trou circulaire. Valériane s’impatienta.

- Vous ne trouverez rien ici, monsieur Bertsbrand. Cette horloge a été placée ici dix ans après la fondation de la ville par le marquis Olibart, qui en fut le maire et le premier champion d’arène.

- Un champion d’arène de type Plante, si j’en crois mes recherches.

Pour la première fois, Valériane parut surprise.

- En effet, c’est bien le cas. L’arène de Romant-sous-Bois était de type Plante il y a encore cent ans, avant qu’elle ne soit transférée à Port Tempères, quand le type Fée fut découvert… J’ignorais que vous étiez si instruit sur notre ville.

- Pas spécialement sur votre ville, très chère, mais sur les champions d’arène en général. Je suis un dresseur d’élite, souvenez-vous. Quand je me plonge dans un domaine, je ne m’y plonge pas à moitié. J’étudie tout, car je suis Bertsbrand après tout… Et donc, dans ma logique imparable née de mon swag irrésistible, si le premier champion de cette ville fut un dresseur Plante, il aurait très bien pu être en possession du Solerios que nous recherchons, et l’avoir caché dans cette horloge peu commune devant nous.

- Ce ne sont que des suppositions sans fondement, s’agaça Valériane. Il y a des dresseurs de Pokemon Plante partout dans le monde. Pourquoi votre Solerios serait-il à Romant-sous-Bois et pas ailleurs ?

Bertsbrand sourit aimablement tout en continuant d’inspecter l’horloge.

- Comme je l’ai déjà dit, il semble que pas mal de Pokemon Plante soient attirés dans ce coin-là de Kalos. De même qu’on peut s’interroger sur l’âge et la taille de cet arbre, clairement pas normaux. Et puis enfin, il y a… mon intuition.

- Votre intuition ? Répéta la championne, septique.

- L’intuition nait du swag, très chère. Plus votre swag est élevé, plus vos intuitions se révèleront juste. Tenez, par exemple… Aujourd’hui, je porte mon caleçon vert à rayures jaunes. En fait, je ne porte que celui-là, tous les jours, depuis quatre ans. Il est parfaitement ridicule et pas swag du tout. Et pourtant, quand je l’ai vu dans un magasin, j’ai tout de suite eu l’intuition que ce caleçon me porterait chance. Et j’avais raison ! Ça marche. La preuve : je suis toujours Bertsbrand, et toujours aussi swag.

Le temps que Valériane essaie de suivre sa logique imparable, Bertsbrand se mit à taper de petits coups sur chaque partie de l’horloge. Quand il arriva au numéro en trop, le treize écrit en chiffres romains, le bruit s’avéra différent. Ça sonnait clairement creux. Excité par cette découverte, Bertsbrand observa minutieusement ce treizième quartier d’horloge, en passant chaque relief sous ses doigts.

- Marie-Eglantine, un petit trou, je te prie, demanda-t-il à sa Pokemon perchée sur son épaule.

Marie-Eglantine mit bien une minute entière à bailler, après quoi elle s’approcha de l’horloge sous le regard inquiet de Valériane.

- Attendez ! Qu’est-ce que vous…

Sa question se perdit en un cri de stupeur et d’outrage quand le Parecool chromatique planta ses griffes en plein dans le chiffre treize, perçant le bois de l’horloge. Valériane était furieuse que Bertsbrand ait osé abimer un tel monument, mais sa furie tomba très vite quand elle vit ce que le bois cachait : une grosse bille verte, dissimulée sous un tout petit espace vide. Elle en resta coi, et Bertsbrand lui-même fut surpris de sa découverte. Malgré tout ce qu’il avait dit à Valériane, il ne s’était pas réellement attendu à ce que le Solerios soit bel et bien ici. Mais finalement, contenant sa joie et sa fierté, il fit comme s’il n’en avait jamais douté.

- Voyez ma chère, dit-il en prenant le Solerios des Plantes. Tout n’est qu’une question d’intuition, et donc de swag. Si vous voulez rejoindre mes GSB, je vous apprendrai.


***


La reine Eryl, accompagnée des deux assistantes d’Erend, Ladytus et Velca, avait quitté Bakan à bord d’un transport aérien officiel. Leur destination était donc Kalos, pour y rechercher le Solerios des Plantes, mais aussi pour rencontrer ce Bertsbrand qui avait recruté pas mal de monde à son compte pour trouver l’artefact. Bien sûr, Eryl était accompagnée de dix soldats d’élite de la Confédération. Erend l’avait autorisé à participer à la recherche du Solerios, mais évidemment pas sans protection. Et encore, dix gardes, c’était peu pour une personne de son importance. Mais Kalos étant une région neutre, Eryl devrait normalement y être en sécurité.

Eryl était heureuse de sortir de sa forteresse ultrasécurisée à Fubrica, et surtout heureuse de pouvoir servir la cause en faisant autre chose que des discours ou des soirées galas. Oui, elle était reine. Oui, elle était plus ou moins l’incarnation d’une déesse Pokemon. Oui, elle était censée être la seule capable d’arrêter le Marquis des Ombres et vaincre à jamais Horrorscor. Mais en dépit de tout cela, elle était aussi une jeune femme d’une vingtaine d’années qui en avait assez d’être enfermée et choyée comme une pierre précieuse. Elle était donc en train d’étudier la carte de Kalos avec Ladytus et Velca pour décider de l’ordre de recherche, quand l’un des soldats reçu une communication.

- Majesté, dit-il à Eryl une fois la communication terminée. Nous avons reçu un message des dresseurs partisans de la Confédération sur place à Kalos. Il semblerait que le Solerios des Plantes vient juste d’être trouvé.

Eryl échangea un regard surpris avec ses deux amies. Ça n’avait pas trainé. Et c’était une sacrée coïncidence que ce soit à Kalos, là où elles se rendaient.

- Vraiment ? Mais… oserai-je vous demander par qui ? Un des nôtres ?

- Non Majesté, pas vraiment. Il s’agirait de ce Bertsbrand et de son groupe nouvellement formé, les GSB. Il se dit anti-Venamia, mais il ne compte clairement pas remettre le Solerios à la Confédération. Il va sans doute le garder pour lui, ou essayer de l’utiliser lui-même contre Venamia.

- À en croire Nuelfa, ce machin renferme une supernova qui a été miniaturisée, fit Ladytus. Mieux vaut ne pas laisser n’importe qui s’y amuser, surtout que Venamia n’aura de cesse d’essayer de le lui prendre.

- Oui, on va avoir une petite conversation avec ce monsieur Bertsbrand, acquiesça Eryl. Où se trouve-t-il, à Kalos ?

- Romant-sous-Bois, Votre Majesté.

- Direction Romant-sous-Bois donc, au plus vite !

Eryl espérait rencontrer ce Bertsbrand et le convaincre de leur donner le Solerios avant que Venamia n’apprenne où il était. Mais ce que Eryl ignorait, c’est que quand Velca se leva pour prétexter aller au toilette, Venamia fut au courant cinq minutes après.