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Les sombres histoires du Port de Sanaito



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Informations

» Auteur : Sanaito - Voir le profil
» Créé le 27/07/2015 à 01:37
» Dernière mise à jour le 20/02/2016 à 23:20

» Mots-clés :   Action   Policier   Présence de transformations ou de change   Sinnoh   Suspense

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Affaire n°0 – Le corbeau et le plumard
_____Des froissements de draps le tirèrent d'un sommeil sans rêve. Lorsque ses yeux s'ouvrirent, ils rencontrèrent l'obscurité, puis à mesure qu'ils s'adaptaient, ils trouvèrent et suivirent les courbes voluptueuses de la très jeune femme endormie contre lui, ses bras autour de sa taille, jambes mêlées aux siennes. Il esquissa un sourire léger et s'écarta lentement d'elle, pas assez pour se défaire de sa faible étreinte mais suffisamment pour attraper son portable sur la table de nuit. L'écran émit une lumière crue qui attaqua sa rétine le temps de s'y habituer. Il distingua l'heure entre ses paupières plissées : bientôt six heures du matin. Son expression se ternit tandis qu'il reposait le téléphone mobile.


_____« Je vais devoir la réveiller, finalement... » songea-t-il tristement, ses doigts s'enroulant dans les mèches de la longue et lisse chevelure de la demoiselle.


_____Ceux-ci dérivèrent jusqu'à son oreille, le creux de sa mâchoire, sa joue, puis ses lèvres qu'il aimait tant. Il les effleura avec la légèreté d'une plume, sentant le fin filet d'air de sa respiration chatouiller ses phalanges. Dans le noir, il devinait chaque parcelle de sa peau de satin, chaque grain de beauté qui faisait son charme, et même ses cicatrices que peu de gens avaient le privilège de connaître. Prolongeant son exploration aveugle, il était arrivé jusqu'à sa hanche striée par la faible lumière filtrant au travers des volets fermés, quand, sans pouvoir le distinguer complètement, il sentit pourtant le regard de la belle posé sur lui.


_______Bonjour, papi... murmura-t-elle, apparemment d'humeur taquine.

_______Tu me cherches déjà de bon matin, gamine... répondit-il, son humeur éclaircie grâce au simple son de sa voix, en redressant son menton entre son pouce et son index pour l'embrasser.


_____Elle gloussa quand après avoir allumé la lampe de chevet, il l'invita à se mettre à califourchon sur lui tout en se redressant en position assise, se délectant de la vision de son corps nu qu'elle lui offrait ainsi, en plus de la possibilité de la toucher où il le souhaitait.


_______Tu n'es pas difficile à trouver, que ce soit au réveil ou à l'heure du coucher... Dire qu'il y a encore quelques secondes tu étais doux comme un Wattouat, c'était mignon... ajouta-t-elle sur un ton moqueur destiné à le provoquer gentiment.

_______Je vais te faire crier si fort que tu n'emploieras plus jamais ce qualificatif avec moi... gronda-t-il près de son lobe qu'il mordilla sensuellement, transformant son rire cristallin en soupirs d'aise.


_____Cette menace ne l'inquiéta pas plus que ça, bien au contraire elle l'encouragea volontiers quand ses baisers s'égarèrent sur ses seins, glissant ses mains délicates dans le désordre de ses cheveux aile de corbeau.

Pokémon #430
_______Dis, Ardy... commença-t-elle, allongée sur son torse.

_______Mmh ?

_______Tu m'aimes ?...

_______Bien sûr que je t'aime.

_______... Et que comptes-tu faire vis-à-vis de ta famille ?


_____Il soupira, s'étant attendu à cette question. Elle revenait de plus en plus régulièrement ces derniers temps.


_______Je te l'ai déjà dit, c'est compliqué... marmonna-t-il.


_____Elle fronça les sourcils et quitta ses bras pour se lever et ramasser ses vêtements éparpillés la veille sur le sol. Elle se dirigea d'un pas résolu vers la salle de bain et s'y enferma avant qu'il n'ait eu le temps de la retenir. Le brun s'appuya contre la porte :


_______Echo, essaie de comprendre, ce n'est pas quelque chose que je peux décider en quelques jours... Oui c'est vrai, mon mariage est bancal et je n'éprouve plus de sentiments pour ma femme, oui c'est vrai que j'en éprouve pour toi à un point irrationnel. Mais j'ai un fils à qui je ne veux pas infliger la souffrance de voir ses parents se séparer. Et puis, je ne suis pas certain de pouvoir être celui dont tu as besoin. J'ai presque l'âge d'être ton père...


_____Comme il n'obtint aucune réponse et qu'il entendit le bruit de la douche, il finit par aller se faire un café. Il eut le temps de le boire et de manger un croissant avant qu'enfin la dénommée Echo ne débloque le verrou et ne sorte, habillée et recoiffée, sans maquillage, comme à son habitude. Il l'aperçut depuis la cuisine, admirant sa beauté sans artifices, notamment sa silhouette élancée de la ligne de ses épaules jusqu'au galbe de ses jambes, remarquable sans même avoir besoin de porter des talons hauts, puisqu'elle était encore pieds nus. Même avec son vieux pantalon en jean et son tee-shirt informe qui essayaient tant bien que mal d'effacer sa poitrine et de masquer sa taille de guêpe, elle rayonnait.

_____Mais c'était un air sombre qui parait son visage encadré de quelques cheveux d'un vert émeraude s'échappant de son chignon. La jeune femme enfila ses ballerines et attrapa son sac-à-main pour vérifier qu'il ne lui manquait aucun effet personnel. La voyant sur le départ, il délaissa le bord de l'évier contre lequel il était appuyé, s'approchant et tentant de prendre la parole, cependant elle le coupa dans son élan :


_______Si tu voulais choisir la simplicité, il ne fallait pas me laisser tomber amoureuse, ce jour-là. Non mieux : il ne fallait pas répondre à mon amour.


_____Il referma la bouche, à court de répartie.


_______Je ne supporte plus d'être dans l'ombre... poursuivit-elle. Fractionner le temps que l'on passe ensemble en fonction des déplacements de ta femme, des sorties de ton fils, ne pas apparaître trop proches en public, ne rien t'offrir, ne rien laisser de mes venues, me contenter de t'envoyer des SMS et seulement lors de tes heures de travail... Je croyais avoir la force de tenir le rythme... mais à mon âge on croit beaucoup de choses.


_____Elle plongea ses prunelles céruléennes dans les siens, rouge sang. Il ne savait pas trop ce qu'elle avait pu y lire mais avant de refermer la porte de son appartement derrière elle, elle prononça ces quelques paroles, d'une voix qui se voulait probablement moins affectée par l'émotion qu'elle ne l'était dans les faits :


_______Tu n'es pas certain d'être celui dont j'ai besoin... Mais moi j'en suis certaine. Tu m'as sauvée, Ardy...


_____Resté seul, il changea les draps du lit qu'ils avaient partagé, ouvrit les fenêtres et se lava à son tour. Sous le jet d'eau brûlante, enveloppé de vapeur, il avait beau réfléchir, tout ce dont il était sûr, c'est qu'aussi irresponsable que cela soit, il préférait penser à ses gémissements de plaisir à mesure qu'ils s'étaient fondu l'un dans l'autre, à ce sentiment de plénitude, à cet amour qui l'habitait quand il la faisait sienne, plutôt qu'aux problèmes que leurs actes défendus pourraient entraîner.

Pokémon #430
_______T'es à la bourre, Lysander.

_______T'as un retard dans le versement de ma paie, Ardghal.

_______Tiens, café, on a du boulot qui nous attend, un client est passé avant que t'arrives.

_______C'est celui que j'ai croisé dans le couloir en sens inverse ? Plutôt grand et pas bien gros, la soixantaine ?

_______C'est ça.


_____Lysander se laissa tomber dans un des sièges mis à la disposition de la clientèle qui venait les consulter, et saisit le verre en carton que lui tendait son patron, le détective privé Ardghal. Il touilla pour faire fondre le carré de sucre au fond.


_______En parlant de gens que j'ai croisé, j'ai vu Echo sortir de chez toi.

_______Putain n'en remets pas une couche toi aussi...

_______Ne pas en remettre une couche ? Tu te tapes ma sœur.


_____Amer, il prit une gorgée du breuvage saumâtre qui gisait dans son gobelet, à peine relevé par le sucre.


_______Tu as de la chance qu'elle soit transparente avec moi et que depuis le début de votre relation elle m'ait déjà tout dit, sinon je t'aurais cassé la gueule.

_______Ça ne lui aurait pas plu.

_______Je sais, c'est pour ça que tu as encore toutes tes dents, et que je vais être diplomate.


_____L'assistant-détective tira une grimace en finissant son café d'une traite puis il balança le contenant droit dans la corbeille près du bureau du chef.


_______Tu es son premier amour et ça se conçoit, après tout tu l'as tirée d'un sacré guêpier et elle n'est pas la seule à t'en être reconnaissante, j'éprouve aussi de la gratitude pour ce que tu as fait pour elle. Cependant je ne veux que son bonheur. Et toi, tu n'es pas en position de la rendre heureuse. Alors mets fin à tout ça avant qu'il ne soit trop tard. Ça a déjà trop duré.

_______J'ai déjà songé à tout ça figure-toi.

_______Mais ?

_______Comment ça mais ?

_______Si t'avais réellement déjà pensé à tout ça comme tu devais le faire, t'aurais déjà rompu. Non, tu n'aurais même pas entamé quoi que ce soit. Donc puisque visiblement tu ne l'as pas fait, c'est qu'un "mais" t'en empêche.

_______Belle déduction, monsieur le détective.

_______Je te connais Ardy, et je suis à bonne école. Bref, trêve de plaisanterie. Quel est ce "mais" ?


_____Ardghal gratta sa barbe de trois jours puis s'assit sur le rebord de la fenêtre, dos à celle-ci. Son absence de réponse était bien assez évocateur pour son collègue de travail qui passa une main dans ses cheveux d'ivoire, peu disciplinés, avant de lancer :


_______Tu n'es pas fait pour elle, et je suis sûr que tu le sais. J'ai entièrement confiance en toi quand il s'agit de travail. Tu es brillant et efficace, tu n'as pas froid aux yeux et même si la plupart de tes actions outrepassent les lois, tu es venu à bout de nombre d'affaires épineuses de cette manière. Par contre concernant ta vie privée et surtout de tes relations avec les femmes... t'es juste un prédateur. Ça ne me regarde pas, je m'en fous de tes sex-friends, de tes coups d'un soir ou de tes tournées des bars à putes – sauf quand je dois t'y récupérer ivre-mort. Mais je ne veux pas que ma petite sœur subisse tes frasques sexuelles. Elle plus que quiconque mérite d'être aimée de la plus belle façon qui soit, alors arrête deux secondes de vivre uniquement dans le présent sans te soucier des conséquences de tes actions dans l'avenir alors que le sien est en jeu !

_______Et si je quitte ma femme pour elle ? grogna son employeur, d'assez mauvaise humeur après avoir été décrit de la sorte.

_______Tu ne penses pas un mot de ce que tu viens de dire. Parce que tu ne veux pas avoir à passer devant le tribunal pour débattre de la garde de ton gosse, et que tu considères que c'est une raison suffisante pour continuer à partager ta vie avec ton épouse, même si tu ne l'aimes plus.


_____Acculé, son chef était sur le point de s'énerver afin de se créer une échappatoire au risque qu'elle soit violente, quand soudain des hurlements en provenance de la rue les mirent en alerte tous les deux. Au moment où le détective se tourna vers la fenêtre et que son assistant quittait sa chaise pour le rejoindre, une forme massive passa devant leurs yeux, sous les cris apeurés des passants.

_____Ardghal réagit au quart de tour et attrapa son pardessus ainsi que son chapeau avant de franchir précipitamment la porte de son cabinet pour dévaler quatre à quatre les escaliers. Lysander de son côté se pencha sur le garde-fou pour regarder le trottoir en contrebas. Au milieu d'une foule aussi choquée que curieuse, gisait dans une flaque de sang de plus en plus étendue un corps disloqué par une chute de plusieurs étages.


_____« Et merde... Notre client... »