Pikachu
Pokébip Pokédex Espace Membre Forum
Inscription

Team Rocket X-Squad de Malak



Retour à la liste des chapitres

Informations

» Auteur : Malak - Voir le profil
» Créé le 01/03/2015 à 08:59
» Dernière mise à jour le 01/03/2015 à 08:59

» Mots-clés :   Action   Fantastique   Organisation criminelle   Présence d'armes   Présence de Pokémon inventés

Si vous trouvez un contenu choquant cliquez ici :


Largeur      
Chapitre 269 : La Nuit des Flammes
Lyre Sybel avait beau pouvoir tuer d'un simple touché de main, et contrôler des cadavres de l'autre, elle n'était hélas pas immortelle. En fait, elle était tout aussi vulnérable que n'importe qui. Et, dans ce stade du Plateau Indigo, alors que ça tirait de partout, que les explosions pleuvaient, elle avait craint pour sa vie. Sur le coup, elle n'avait pas compris ce qui s'était passé. Igeus, le leader de Johto, avait ordonné de tirer sur la Team Rocket avec qui il désirait faire la paix ? C'était l'impression qu'elle en avait eu. Jusqu'à qu'elle rentre au manoir Brenwark avec Wasdens et Worm, et que ce dernier lui dise en secret qu'il s'agissait d'un plan tordu de Lady Venamia pour provoquer la guerre.
Worm semblait bien informé, comme toujours. Mais il ne l'avait pas su avant de venir là-bas. Même lui aurait pu mourir, et il ne s'y serait jamais rendu en le sachant. On pouvait confiance à Vaslot Worm quand il s'agissait de préserver son propre intérêt. Lyre en avait donc voulu à Venamia de l'avoir entraîné dans son plan sanglant, mais d'un autre coté, elle ne pouvait être qu'admirative devant la démonstration d'une telle corruption. Tout Kanto semblait être devenu fou. Les gens réclamaient le sang et la vengeance. Venamia avait engrangé une folie qui se propageait à vitesse grand V, et qui devait renforcer énormément le Seigneur Horrorscor.

Les Gardiens de l'Innocence étaient totalement désemparés. Ils ne pouvaient rien faire pour arrêter ça, et sur ce, ils venaient d'apprendre que les Agents de la Corruption avaient lancé une attaque sur Illumis à Kalos et détruit la Tour Prismatique. Lyre trouvait le moment idéal pour se lancer dans l'action à son tour. De toute façon, la chose nommée Eryl allait bientôt rentrer, et Lyre ne pourrait maintenir sa couverture plus longtemps. Elle avait accomplit sa mission ici, en corrompant la source de la Bénédiction de la Lumière sur la statue d'Erubin. Elle pouvait rentrer à Dolsurdus. Mais elle ne rentrerai pas les mains vides. Quoi de mieux pour enfoncer encore un peu plus les Gardiens que de les priver de chef ?
Elle fut obligée d'en parler à son oncle, ceci dit, bien qu'elle aurait préféré se passer de son accord. Worm était celui qui décidait de toutes les opérations en rapport avec les Gardiens de l'Innocence ; ordre du Marquis.

- J'agirai ce soir, lui dit-elle alors qu'ils se trouvaient dans son bureau. Je capture Brenwark et je l'amène à Dolsurdus. Le Marquis sera ravi de revoir une vieille connaissance.

- Maintenant que Wasdens est revenu, il y a quatre Apôtres d'Erubin dans le manoir, lui rappela Worm.

- Et alors ? Vous pouvez bien en occuper quelque uns. Dès qu'Eryl sera de retour, tous comprendront que vous les avez trahi en leur cachant qu'elle était partie avec Cosmunia. Il ne sert plus à rien de maintenir votre couverture à vous aussi.

- C'est sans doute le cas, mais je préfèrerai éviter d'affronter la comtesse Divalina et Izizi. Ils en ont pas l'air comme ça, mais ce sont des monstres. Enfin, si vous voulez le manoir pour vous seule ce soir, je peux sans doute les faire sortir un moment, si vous faite vite.

- Vite, je ne sais pas, sourit Lyre. Il y a un moment que je veux me défouler contre cet endroit. Si je peux faire un peu de grabuge, je ne m'en priverai pas.


***


Tuno se réveilla avec une migraine monstre. Il se demanda s'il avait passé la nuit dernière à se saouler. Mais non, pourquoi l'aurait-il fait ? Il n'y avait rien eu de spécial à célébrer... Puis la mémoire lui revint. Les deux lourdauds de la GSR. Puis Crenden qui avait surgit du sol, et l'avait assommé. Et voilà qu'il se trouvait menotté à une chaise, au milieu d'une pièce mal éclairé. Quand la lumière s'alluma, il la reconnut, avec toutes ces étagères remplies de flacons de liquides de diverses couleurs. Le laboratoire du professeur Lirian, celui où il avait entreposé ses recherches sur la gémanotérapie. Qu'est-ce qu'il fichait là ?

- Bonsoir, colonel Tuno.

Crenden se trouvait en face de lui, négligemment assis sur une table.

- J'ai pas mal de questions concernant la situation actuelle, commença Tuno. Vous êtes autorisé à me répondre ?

- Je crois oui. Les morts ne parlent pas, après tout, répondit Crenden.

- Je vois. Je suis donc mort ?

- Dans quelque minutes. J'ai installé une bonne quantité d'explosif dans ce laboratoire. Ça fera un gros boom dans dix minutes.

Tuno n'était pas plus inquiet que ça. Il avait déjà affronté la mort plusieurs fois. Au bout d'un moment, la peur devenait invisible. S'il devait mourir aujourd'hui, eh bien soit. Mais il voulait quand même savoir pourquoi.

- Et vous, vous n'êtes pas censé être mort ? Demanda-t-il à Crenden. Il me semble que la prison dans laquelle vous étiez enfermé a explosé un peu avant la fin de la guerre.

- C'est le cas. Et devinez qui l'a fait explosé ?

Il écarta les bras pour que Tuno puisse bien voir son uniforme de la GSR.

- Je vois. Lady Venamia a procédé à un recrutement discret...

- Je n'aurai pas su mieux dire, approuva Crenden. Tellement discret qu'à part la GSR, personne ne sait que je suis vivant et sous ses ordres.

- Et on peut savoir pourquoi vous êtes sous ses ordres ? Vous serviez Zelan avant non ? Lui et Venamia n'étaient pas spécialement amis à la fin...

- Oh, je ne sais pas. S'ils se revoyaient aujourd'hui, ils s'entendraient bien, j'en suis sûr. La folie de ce bon vieux Zelan a fini par déteindre sur cette belle jeune fille. Pourquoi je la sers, vous me demandez ? Bah c'est simple : par ennuis. Les activités dans une prison sont assez réduites. Et la mort semble être encore plus ennuyeuse. Venamia me demande pas mal de trucs assez dégueulasses, mais après je suis libre de mener mes expériences dans son beau vaisseau comme je le souhaites. Voyez colonel, je vous surveille depuis un moment. Vous m'avez l'air d'un mec sympa. J'ai donc espéré que vous finiriez par bien vous ranger, que vous quitteriez votre amie assassin et que vous supplierez Venamia de vous pardonner. Ça nous aurait évité d'être ici tous les deux, ce soir.

- Siena vous envoi me tuer ?

- Hélas. Elle a décrété que ce soir, ce serait la grande purification de la Team Rocket. Elle va faire tomber ses ennemis les uns après les autres, en commençant par votre Boss. Elle voulait que ce labo soit détruit avec ses recherches et ses formules. Comme elle craint qu'Igeus ne s'en serve pour essayer de gagner la guerre, elle ne peut plus attendre. Et elle m'a demandé de vous amener ici ce soir, pour que vous disparaissiez avec lui. Colonel Tuno, j'ai le regret de vous informer de votre exécution immédiate, pour haute trahison.

Tuno était plus inquiet par cette histoire de grande purification que par sa mort imminente. Venamia avait prévu de se débarrasser du Boss ? Bah, après tout, ça ne le regardait plus vraiment, s'il était condamné à exploser dans ce labo sans que personne ne soit au courant. Il s'efforça de prendre ça avec légèreté. Après tout, Ujianie était cachée. Quand elle verrait qu'il ne revenait pas, elle partirai à l'étranger, comme c'était convenu. Elle survivrait, et leur fille aussi. Tuno n'aurait pas l'occasion de la connaître, mais le fait de savoir qu'elle pourrait vivre avec sa mère suffisait à lui faire accepter sa mort avec sérénité.

- Bah, on doit tous mourir un jour, n'est-ce pas ? Fit-il.

- Exactement. Ça serait arrêtez là, j'aurai un peu bavardé avec vous, plaisanté un bon coup, pour vous laisser partir tranquille dans l'autre monde. Mais comme j'ai dit, Venamia ne cesse de me confier les boulots les plus merdiques. Elle souhaite que vous mourriez en plein désespoir. Ce sont ses mots.

Il tira une radio de sa combinaison, qu'il alluma, et qu'il posa sur la table devant lui, sous le regard intrigué de Tuno. Crenden le regarda, soupira, puis dit en s'en allant :

- Je ne reste pas. Je n'ai pas envie d'entendre ça. Croyez bien que je suis désolé.

Quand il eut claqué la porte, et que Tuno n'entendit plus que le bip du détonateur, un cri s'éleva de la radio. Un cri de femme. Tuno l'aurait reconnu entre tous. C'était Ujianie.


***


Ujianie cria de stupeur quand la tête de la mère de Tuno vola à travers la pièce de la maison pour atterrir sur le meuble en face.
Voilà plusieurs jours qu'Ujianie était partie avec Gloria chez la sœur de cette dernière, dans une petite maison rustique à Lavanville. Son accouchement était pour bientôt, et elle se languissait de Tuno. Quand elle avait vu à la télé les évènements du Plateau Indigo, elle avait craint que quelque chose d'horrible n'arrive. Et voilà que, en plein repas du soir, quelqu'un venait d'arriver dans la maison en défonçant la porte, et en surgissant si vite que même les réflexes aiguisés d'Ujianie n'avaient rien pu voir, jusqu'à que le corps sans tête de Gloria Tuno ne s'effondre par terre.

Celle qui l'avait tué était une petit fille, portant l'uniforme de la GSR. Elle avait un grand sourire sur son visage, et Ujianie lui trouva immédiatement un air inquiétant. Elle la reconnaissait, bien sûr. Cette gamine avait été enlevé par la Shaters il y a quelque années, et elle avait servi de cobaye pour les expériences du chef pour créer le Shadow Hunter ultime. Et ça avait marché, plus ou moins. Sharon avait une résonnance au Fanex qui dépassait même celle du chef. Elle était de ce fait l'être humain le plus fort et le plus rapide du monde. Sa force était elle que même la Shaters n'avait pas su la contrôler, et la fille s'était échappé. Depuis, elle servait dans la GSR. Et si elle était là ce soir, ce n'était qu'une pour une seule chose. Venamia avait renoncé à utiliser de petits assassins minables, et avait pris les grands moyens.
Ujianie se leva d'un vol plané, saisissant ses couteaux et lançant la Pokeball du Badapunk de Tuno, qu'elle gardait toujours sur elle. Sharon se contenta de la regarder avec un air d'intérêt poli.

- Bonsoir, mam'zelle, fit-elle de sa voix haut perché. Je suis venue vous tuer.

Elle aurait tout aussi bien pu entrer dans une boulangerie et annoncer qu'elle voulait une baguette. Elle n'avait pas d'armes, mais Ujianie savait qu'elle n'en avait absolument pas besoin. Son corps entier était une arme. N'avait-elle pas, à l'instant, décapiter la pauvre mère de Tuno avec le seul tranchant de sa main ? Et de sa main gauche, celle qui ne dégoulinait pas de sang, elle tenait une radio. Ujianie écarquilla les yeux quand elle entendit la voix de Tuno qui s'en échappait.

- Ujianie ! Tu vas bien ?! Qu'est-ce qui se passe ?!

- Tuno ? Où es-tu ? S'écria Ujianie.

Sharon sourit plus largement encore.

- C'est une mise en scène de m'dame Venamia. Elle voulait que chacun d'entre vous entende l'autre être tué. Le colonel Tuno va exploser dans quelque minutes. Est-ce que j'aurai tué mam'zelle Ujianie d'ici là ? Qui entendra mourir qui ?

Tuno hurla via la radio.

- LAISSEZ LA ! QUI QUE VOUS SOYEZ, JE VOUS EN SUPPLIE !

- Meuhhhhh non, répliqua Sharon. Je vais la tuer, comme m'dame Venamia me l'a demandé. Mais avant, je sortirai son bébé de son ventre. Comme ça, elle pourra le voir avant de mourir. Ce sera marrant !

Tuno hurla de nouveau. Il semblait en proie à une véritable folie.

- UJIANIE ! FUIS ! FUIS VITE !

Ujianie tâcha de rester calme. Si elle pouvait fuir, elle l'aurait fait. Mais elle savait que Sharon était bien plus rapide qu'elle, surtout avec son ventre proéminant. Non, elle devait se battre. Même si elle courait à sa mort. Sa vie sans Tuno, elle s'en fichait, mais il n'y avait plus que sa seule vie en jeu. Si elle mourrait, c'était aussi la fin de Laurinda, cette fille qu'elle portait en elle. Elle ne pouvait l'accepter. Laurinda était à elle. À elle et à Tuno. C'était leur trésor. Elle n'allait pas laisser cette gamine et sa patronne psychotique la lui prendre ! Ses couteaux en main, avec Badapunk à ses cotés, elle fonça sur Sharon.


***


Giovanni pouvait tout voir de la fenêtre de son bureau, au Quartier Général. Tout une armée de la GSR venait d'arriver. Drapeaux en main, ils chantaient leur hymne. Face à eux, les quelque centaines de Rockets fidèles à Giovanni leur faisaient face. La pluie avait commencé à tomber, les éclairs à scintiller, le tonnerre à gronder. Celui qui menait les forces de la GSR était le capitaine Ian Gallad. Il avançait sans peur vers la base, son Kinghyena à ses cotés.

- Par ordre de Lady Venamia, la GSR prend le contrôle du Quartier Général ! Annonça-t-il de sa voix portante. Tous les Rockets qui ne se rangeront pas de son coté seront considérés comme des traîtres et abattus en conséquence !

Le chef des Rockets de la base, le général Boxtown, un des plus vieux fidèles de Giovanni, s'avança courageusement et déclara à son tour :

- C'est vous, les traîtres. Il n'y a qu'une seule Team Rocket ici : ceux qui obéissent au Boss, notre véritable leader !

Des acclamations retentirent du coté des loyalistes. Gallad donna l'ordre à ses troupes de charger. Échange de coup de feu, canons, combat de Pokemon... La Team Rocket affrontait la Team Rocket. En voyant cela, Giovanni fut pris d'une véritable tristesse. Où avait-il échoué, pour en arriver là ? Il n'avait pas été capable de maintenir la cohésion de sa propre organisation, que sa mère avait maintenu d'une poigne de fer des années durant. Méritait-il encore le titre de Boss ?
Toute envie de résister et de se battre le quitta. Il s'assit simplement devant la fenêtre, un verre de cognac en main, son Persian sur ses genoux, et regarda la bataille d'un air détaché. Il ignorait en ce moment que partout dans Kanto, la plupart des officiers et généraux qui lui étaient fidèles se faisaient attaquer également. Certains se faisaient assassiner dans le dos, certains mourraient après avoir ingurgité du poison, certains se faisaient assiéger dans leur base comme Giovanni. Venamia avait préparé son coup depuis longtemps, éliminant en même temps tous ceux qui pourraient inquiéter son règne. C'était la grande purge Rocket, qui serait connu à jamais comme la Nuit des Flammes.


***


Lyre entra dans le bureau d'Oswald Brenwark. Elle avait demandé au rendez-vous au maître des lieux. Le Premier Apôtre, avec tous les récents évènements, semblaient avoir prix dix ans de plus. Même à Lyre, le père de Silas lui avait fait l'effet d'un homme fort et inébranlable. Ce soir, il paraissait brisé. Il leva la tête et la regarda d'un air paternel.

- Eryl, douce enfant, que puis-je pour vous en cette heure tardive ?

- La question est plutôt ce que je moi, je peux faire pour vous, monsieur Brenwark, répliqua Lyre.

Elle s'avança jusqu'à lui et lui posa la main sur la joue. Brenwark fut d'abord étonné, puis ses yeux s'écarquillèrent et se révulsèrent quand il sentit son énergie vitale l'abandonner. Il s'écroula sur son propre bureau, et Lyre retira sa main. Elle ne voulait pas le tuer.

- Q... Que...

- Ne vous débattez pas, chef Brenwark. Vous ne feriez que gaspiller le peu d'énergie qu'il vous reste, et vous risqueriez d'en mourir. Ce serait dommage.

- P-pourquoi... Eryl ?

- Parce que je ne suis pas Eryl. Vos yeux ne lisent qu'en surface, alors que vous vous prétendez garants du cœur des êtres vivants. Dîtes-moi, quelle espèce d'innocence avait vous pu discerner en moi cette dernière semaine ?

Elle claqua des doigts, et deux corps en décomposition pénétrèrent dans le bureau à sa suite.

- Vous m'excuserez, j'ai pris la liberté d'aller déterrer quelque cercueils dans votre cimetière. Ce sont tous des Gardiens de l'Innocence qui sont tombés en nous combattant nous, les Agents de la Corruption, n'est-ce pas ? Maintenant, ils vont servir la cause du Seigneur Horrorscor. Les attendez-vous déjà ?

En effet, partout dans le manoir, il y avait des cris, des bruits de luttes, des fenêtres brisées, et un incendie qui commençait à se déclarer. Lyre avait réveillé les morts, et ils s'adonnaient à un carnage des plus total dans tout le manoir.

- Qui... êtes-vous ? Parvint à demander Brenwark tandis qu'il se faisait transporter par les deux cadavres.

- Vous m'avez déjà rencontré, mais vous avez fini par m'assimiler à l'autre, cette chose à mon image que vous appelé porteuse de la Pierre des Larmes. Je suis Lyre Sybel. La seule et vraie fille de votre ami Dan Sybel.

- Il... Il a dit qu'il avait changé votre nom... après vous avoir caché. Pour votre... sécurité...

- Il a simplement nommé la chose qui a pris mon apparence, et l'a fait passer pour moi, répliqua Lyre. Il l'a caché dans un village arriéré, pour que jamais les Agents de la Corruption ne la trouvent. Mais moi, sa vraie fille, la chair de sa chair, il m'a abandonné comme une vieille chaussette sale ! Mais le Marquis m'a prise avec lui. Il m'a recueillie, il m'a comprise. Il m'a montré la vraie voie de ce monde : celle du Seigneur Horrorscor ! Mais il vous expliquera ça lui-même. Il a hâte de vous revoir...

Tandis que les Gardiens de l'Innocence du manoir combattaient les morts-vivants et tombaient sous leurs coups, Lyre et Brenwark parvinrent sans mal à quitter l'enceinte. Lyre se retourna pour voir le manoir brûler, faisant rougeoyer le ciel sombre d'une lueur sanguine. Cette nuit était une nuit pour la corruption.


***


Tuno était à la torture. Impuissant, attaché, promit à la mort, il ne pouvait même pas se boucher les oreilles pour s'éviter les bruits du combat entre Ujianie et Sharon, et les commentaires de cette dernière. Après un bruit métallique particulièrement odieux, Sharon déclara :

- Ah. J'ai cassé ton Pokemon. Il n'était pas bien solide...

Tuno comprit que son Badapunk, qu'il avait prêté à Ujianie pour se défendre, venait de mourir. Et d'après les commentaires de Sharon, il était clair que cette dernière jouait avec Ujianie. Tuno perdit le sens commun. Il essaya de se libérer. Il devait aller porter secours Ujianie. Avec la force de ses bras, et en s'arc-boutant le dos, il parvint à se mettre debout, ses mains toujours accrochés à la chaise qu'il soulevait sur son dos. Il tenta d'ouvrir la porte du laboratoire, mais bien évidement, Crenden l'avait verrouillé en partant. Alors, Tuno entreprit de cogner contre la porte avec la chaise qu'il portait. Il se blessait lui-même en faisant ça, mais il ne le remarquait qu'à peine.
C'est alors qu'un cri bref et soudain d'Ujianie retentit de la radio, ainsi que le bruit de quelque chose qui tombait au sol.

- Oh, tu as perdu un bras, fit Sharon. Tiens, je te le rends. Ne laisse pas traîner tes affaires partout, c'est pas bien, mam'zelle.

Tuno hurla, ses coups contre la porte de plus en plus désordonnés. Il toucha par inadvertance l'une des étagères contenant divers flacons. L'un d'entre eux, rempli d'un liquide noir, explosa au contact de la chaise, et son contenu se rependit sur la main gauche de Tuno. Ce fut comme si on lui avait versé de l'acide sulfurique. Une douleur tout bonnement atroce. Il tomba au sol, souhaitant que cette fichu bombe explose, souhaitant ne plus rien ressentir du tout.
Mais Arceus était un dieu cruel. La bombe n'explosait pas, et Tuno eut tout loisir d'entendre la suite du combat de sa compagne contre Sharon. Il y eut un bruit révulsant, un hoquet de stupeur et de douleur, puis le bruit d'un corps qui tombait au sol, et Sharon, Sharon qui rigolait comme un enfant qui ouvrait ses cadeaux.

- Ah la la, tu es vraiment fragile. On dirait du chocolat. Alors, voyons voir ce bébé.

- Arrêtez... ne put que murmurer Tuno. Ar-rêtez...

Ses oreilles perçurent bien les bruits qui suivirent, tandis que, de toute évidence, Sharon était en train d'ouvrir le ventre d'Ujianie. Puis après quelque instants, elle déclara :

- Ah, une fille ! Elle est belle, hein mam'zelle... Ah, mais tu es déjà morte. Pas de chance...

Un autre bruit révulsant. Un dernier ricanement de Sharon. Puis plus rien. Le silence. Tuno s'y laissa entraîner, attendant presque avec impatience le déclanchement de l'explosif. Sa main où le liquide avait jailli lui brûler, et son cœur aussi. Que tout explose donc ! Pourquoi ça mettait si longtemps ?
Dans une demi-inconscience, il vit la porte du labo s'ouvrir, laissant entrer une silhouette féminine portant une robe rouge qui lui disait quelque chose. La femme lui ouvrit les menottes et lui dit :

- Il est encore trop tôt pour mourir, colonel.

Après ça, Tuno ne se souvint plus de rien. Il plongea dans une bienheureuse inconscience.


***


Venamia était restée en retrait de la bataille, souhaitant laisser faire ses troupes, mais ça prenait décidément trop longtemps. Elle décida d'intervenir. Ecleus au poing, elle avança vers l'entrée du QG, au milieu de la mêlée entre GSR et Rockets. Quand les hommes de Giovanni la virent arriver, ils hurlèrent pour prévenir leur camarade. Beaucoup fuirent. Certains eurent le culot de lui sauter dessus. Venamia les repoussa bien vite avec la foudre d'Ecleus. Avec son gantelet magnétique à Eucandia, elle envoyait des Rockets s'écraser sur d'autre. Elle fit tournoyer son éclair géant et le dirigea à distance, tranchant tous les membres et corps qui se trouvait sur son chemin.

Après son arrivée, les Rockets commencèrent vite à perdre du terrain. C'est alors que Vilius et Silas se pointèrent à leur tour. Il était important qu'ils soient tous les trois présents. Dès lors, rien ne put les arrêter. Silas se servait de ses tours de l'esprits et Vilius de son Sombracier. Venamia aurait pensé qu'Estelle ou Domino soient là pour combattre, mais de toute évidence, elles avaient fuit avant leur arrivé. Tant pis. Venamia aurait tout loisir de les retrouver une fois Kanto à elle.
Le dernier à tomber fut le général Boxtown. Il ne se rendit pas, malgré les propositions de Vilius. C'était lui le commandant en chef de l'armée Rocket. Venamia savait qu'il était apprécié de l'ensemble des hommes, mais il était trop proche du Giovanni pour qu'elle veuille bien le garder. Elle s'approcha donc, le laissant vider son chargeur sur son bouclier, et quand il surgit pour se combattre au corps à corps, Venamia le mit à terre en quelque secondes. Elle pointa Ecleus sur sa gorge. Mais toujours nulle peur dans ses yeux, seulement du défi.

- Vous et votre Boss avez perdu, déclara Venamia. La Team Rocket est mienne.

Boxtown lui cracha à ses pieds.

- Petite conne assoiffée de pouvoir. La Team Rocket n'est à personne. La Team Rocket, c'est une âme. Tu ne peux pas posséder une âme.

Venamia sourit, ironique.

- Au contraire. J'en possède justement une qui n'est pas la mienne, actuellement.

Elle décapita Boxtown, puis, Vilius et Silas à ses cotés, pénétra dans le QG. De toute évidence, Giovanni avait donné des ordres à ses hommes comme quoi ils devaient déposer les armes. Personne ne tenta de les arrêter. Quand ils arrivèrent dans le bureau du Boss, ce dernier les attendait, tranquillement assis. Venamia devait admettre qu'il ne manquait pas de sang froid.

- Agent 002, Agent 003, Agent 004, les salua-t-il calmement. Suis-je en état d'arrestation, ou bien est-ce que ce sera l'exécution sommaire pour moi ?

- Allons donc, qu'est-ce que votre mort m'apporterai, monsieur ? Fit Venamia. Réglons cela comme les gens civilisés que nous sommes. Nous pouvons vous envoyer à l'étranger, où vous bénéficierez d'une confortable retraite dans un cadre des plus charmants. Si toutefois vous consentez à faire une annonce publique, dans laquelle vous nous remettrez le pouvoir de la Team Rocket, à mes deux collègues et à moi. Une façon de faire une passation dans les règles, que personne ne pourra contester. Pour le bien être de la Team Rocket...

Giovanni ricana, puis se leva. Il toisa Venamia de toute sa hauteur.

- Ne me fais pas rire, gamine. Je préfère passer le restant de mes jours dans un cachot puant à mille lieux sous terre que de me désister en public pour tes prunes. Et toi, fils indigne, scélérat, je maudit le jour où je t'ai fait Agent, et je me maudit d'avoir tant hésité à nommer Estelle mon héritière. Et même vous, Agent 004, vous me décevez. Je vous prenez pour quelqu'un de sage, mais vous n'êtes au final qu'un parasite qui s'accroche à tous ceux qui ont la moindre germe de pouvoir.

Venamia haussa les sourcils.

- Vous avez fini ?

- Oui, j'ai dit ce que j'avais à dire. Sur ce, veuillez m'indiquer le chemin des cellules, je vous prie. Je suis un homme occupé.

Et il sorti de la pièce, droit et digne, son Persian à ses cotés.