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Team Rocket X-Squad de Malak



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» Auteur : Malak - Voir le profil
» Créé le 22/02/2015 à 09:04
» Dernière mise à jour le 08/04/2019 à 23:22

» Mots-clés :   Action   Fantastique   Organisation criminelle   Présence d'armes   Présence de Pokémon inventés

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Chapitre 268 : Nouvelle gouvernance
D-Zoroark était fier de lui. Le système politique des humains, cette vaste farce appelée « démocratie », était si facile à manipuler. Il permettait aux faibles de pouvoir grimper les échelons du pouvoir, à condition d'être populaire et de rallier assez de partisans. Pour les Pokemon Méchas, qui avaient toujours suivi la loi du plus fort, ce système et invraisemblable. Mais D-Zoroark avait appris à le maîtriser. Il n'aimait rien de plus que de manipuler les humains en jouant à leur propre jeu. Il y avait des failles de tous côtés, si on savait où chercher. Ce qu'il avait prévu avec Lady Venamia non seulement simple, mais aussi légal.

C'était à l'Assemblée, choisie par le peuple, de désigner le Chef d'Etat. Comme, bien sûr, la moitié des sénateurs appartenaient à la Team Rocket ou étaient à sa solde, ce fut Giovanni qui fut élu Chef d'Etat à la fin de la guerre. Mais aujourd'hui, la Team Rocket était fracturée. Pas seulement la Team Rocket, d'ailleurs. C'était toute l'Assemblée qui était plongée dans la confusion la plus totale après le drame du Plateau Indigo. Giovanni voulait reprendre la main en se débarrassant de Lady Venamia. Il avait donc réuni dans ce but le professeur Chen et le sénateur Treymar, les sénateurs les plus influents, pour destituer Venamia. Son plan aurait pu marcher, si Treymar avait bien était là. Mais Treymar était mort. D-Zoroark l'avait tué lui-même avant de prendre sa place, en émettant ses illusions qui le faisait passer pour lui aux yeux de tous.

D-Zoroark allait donc aider Lady Venamia à faire tomber Giovanni. Pour cela, il allait prendre sa place comme Chef d'Etat. Quelle ironie ! Les humains auront porté au pouvoir, sans le savoir, un Pokemon Méchas. Ce serait une source d'amusement inépuisable pour Père et les autres si jamais ils l'apprenaient. Mais valait mieux pas qu'ils sachent ce que D-Zoroark faisait en ce moment. Père lui avait demandé de revenir il y a pas mal de temps déjà, mais D-Zoroark préférait largement rester avec les humains. Ils étaient si drôles, si imprévisibles ! Bien plus de bonne compagnie que les frères de D-Zoroark, totalement informatisés et logiques, strictement ordonnés et loyaux à Père.

D-Zoroark avait du mal à se considérer lui-même comme un Pokemon Méchas. S'il pouvait choisir, il se serait réincarné immédiatement en humain. Il savait que c'était totalement illogique et en contradiction avec sa programmation. Et il se souvenait très bien du sort de son frère D-Deoxys, dont le seul crime fut d'avoir osé acquérir un peu de liberté. Si jamais Père attrapait D-Zoroark, il pouvait s'attendre à un sort similaire. Valait mieux garder profil bas, et se fondre parmi les humains.

La séance exceptionnelle de l'Assemblée allait commencer. Tout le monde avait rejoint son siège, et le Chef d'Etat Giovanni son estrade. Il échangea un regard avec Chen, puis avec lui-même. Cet idiot s'attendait à virer Venamia du Sénat aujourd'hui. Il allait être sacrément surpris. D-Zoroark tourna le visage de Treymar vers la partie de l'Assemblée où siégeaient les sénateurs du groupe GSR. Venamia était devant, l'air parfaitement calme.

- Mesdames messieurs les sénateurs, commença Giovanni, j'ai moi-même demandé cette séance exceptionnelle afin de porter aux voix une motion de censure à l'encontre d'un des membres de cet assemblée. En ces temps de grands périls pour la sécurité de notre région, notre Assemblée a le devoir de se montrer ferme, résolue, et surtout unie. Elle ne peut tolérer la division. Elle ne peut tolérer les prises de position contraire. C'est pourquoi, chers confrères, je demande à cette assemblée de voter pour...

Il s'arrêta quand il se rendit compte que Venamia s'était levée de son siège.

- Je demande la parole, Chef d'Etat, dit-elle. J'aimerai déposer moi aussi une proposition de vote.

Giovanni fronça les sourcils.

- C'est moi qui aie convoqué l'Assemblée, Lady Venamia. Vous attendrez que j'aie terminé.

- Je me trompe peut-être, fit aimablement Venamia, mais il m'apparait que dans le règlement de l'Assemblée, les motions des sénateurs passent avant celle du Chef d'Etat, si cette dernière n'a pas été inscrite à l'ordre du jour. Est-ce le cas ?

D-Zoroark laissa un sourire apparaître sur l'illusion du visage de Treymar. Cette femme avait bien étudié la politique et les arcanes du pouvoir. Giovanni fut forcé d'acquiescer.

- Ça l'est, en effet. Mais la simple courtoisie énonce aussi qu'il est malpoli de couper la parole à quelqu'un, surtout quand ce quelqu'un est le Chef d'Etat.

- Votre respect de la politesse est admirable, monsieur, répliqua Venamia. Mais je crains qu'en ces temps de grands périls pour la sécurité de notre région, comme vous dites, les convenances doivent céder le pas à l'urgence.

Il y eut quelques ricanements dans l'assemblée, même de la part de ceux qui ne soutenaient généralement pas Venamia. Giovanni fut forcé de se rassoir.

- La chef du groupe GSR a la parole, dit-il à contrecœur.

- Je vous remercie.

Elle engloba du regard l'ensemble des parlementaires, s'arrêtant parfois sur quelque uns d'entre eux. Peu furent ceux qui purent soutenir son regard, son œil couleur sang.

- Chers collègues, commença-t-elle, il est établi qu'en période de crise, l'Assemblée a le droit - non, le devoir - de remettre en cause la gouvernance du Chef d'Etat si celui-ci n'apparait pas apte à surmonter cette crise. Il y a un an, nous autres sénateurs, avons porté au pouvoir le Chef d'Etat Giovanni ici présent. La Team Rocket avait gagné la guerre contre le régime corrompu et dépassé des Dignitaires. Il était alors normal que son chef dirige la nouvelle démocratie qu'il a instaurée. Mais nous en sommes plus là, à présent. Désormais, je pense que le peuple de Kanto est uni. Il n'y a plus de Team Rocket, plus de dresseurs Pokemon, plus de neutres. Il y a le peuple de Kanto, un et indivisible. Le Chef d'Etat doit représenter ce peuple qui a choisi l'unité. La Team Rocket a installé la démocratie, elle a fait son devoir, mais elle n'a plus vocation à représenter seule la région. C'est pourquoi, aujourd'hui même, j'appelle à voter la démission du Chef d'Etat Giovanni.

Apparemment, peu à l'Assemblée s'attendait à ça. Des sénateurs étaient vent debout, certains applaudissaient, et, dans le cas du groupe des Rockets modérés d'Estelle, on huait copieusement Venamia. Giovanni cligna des yeux, puis adressa un sourire torve à Venamia.

- Il me semble que la sénatrice Crust joue là sa dernière carte. Elle savait très bien que je me proposais de la destituer. Mais faite donc, Agent 002. Faite voter votre motion. On à tous hâte, j'imagine, de voir par nous-mêmes combien cette auguste assemblée ne veut pas de vous à la présidence.

Venamia lui rendit son sourire.

- Vous m'avez mal comprise, Chef d'Etat. J'appelle à vous destituer, mais je ne suis pas candidate à votre poste. N'ai-je pas affirmé que la Team Rocket n'avait plus vocation à représenter seule la région ? Non. J'appelle l'Assemblée à voter pour quelqu'un qui, par son intégrisme, par son charisme et par la confiance que lui accorde le peuple, a démontré qu'il était tout à fait apte pour représenter notre région : le sénateur Traest Treymar.

Cette fois, Giovanni accusa le coup. Et il ne fut pas le seul. Venamia qui appelait à voter pour Treymar, qui l'avait toujours combattue à l'Assemblée, c'était impensable. Et ce le fut encore plus quand Treymar se leva, et déclara :

- Je remercie Lady Venamia pour son soutien. En toute humilité et honneur, j'accepte de me présenter à la présidence, si tel est le souhait de cette auguste assemblée. Je ne vis que pour servir Kanto du meilleur moyen possible.

Dans le brouhaha qui s'en suivit, D-Zoroark tourna son visage en direction de Giovanni. Le visage du Chef d'Etat en ce moment était du premier comique. C'était celui d'un homme trahi. Il s'était fait avoir, et il mesurait maintenant les conséquences. Les sénateurs non-Rockets allaient bien sûr saisir cette opportunité de se débarrasser de lui. Pas parce qu'ils étaient contre sa politique, mais parce qu'ils voulaient être libérés de la Team Rocket. Et la GSR, qui représentait la moitié des sénateurs Rockets à l'Assemblée, allaient suivre Venamia. Il n'y aurait que le groupe d'Estelle, et peut-être une partie du groupe de Chen, qui allait voter contre. Mais ça ne suffirait pas. Giovanni avait déjà compris qu'il avait perdu. Il se leva et pris néanmoins la parole.

- Avant que ce vote ait lieu, j'aimerai dire quelques mots. Je suis toujours Chef d'Etat, et il est de ma prérogative de prendre la parole, si je le souhaite, avant chaque vote.

Venamia se rassit. D-Zoroark en fit de même.

- Parle tant que tu veux, Giovanni, murmura-t-il pour lui-même. Tu es fini...

- Sénateurs, commença Giovanni. J'aimerai juste vous dire que, quelques soit le résultat de ce vote, je demeurerai un fidèle patriote de Kanto. C'est ma région natale. J'y ai vécu, je suis devenu dresseur, puis champion ici. Beaucoup d'entre vous ne m'ont connu seulement que comme le chef invisible et criminel de la Team Rocket. J'ai peut-être volé pas mal d'entre vous, vos familles, vos amis. Tout cela dans ma lutte pour prendre le pouvoir, pour l'arracher aux Dignitaires. Je dois avouer que quand je l'ai enfin obtenu, l'année dernière, je n'étais pas prêt. Je ne pense pas que quiconque puisse être prêt à diriger une grande région comme la nôtre. Si le sénateur Treymar me succède, fort bien, je lui souhaite de réussir mieux que moi. Mais je me permets de vous dire ceci : ne cédez pas à l'extrémisme. Ils sont nombreux ceux qui vous affirment que tout est blanc, ou que tout est noir. Kanto n'est pas ainsi fait. Le monde n'est pas ainsi fait. Rappelez-vous votre identité. Ne laissez pas quelqu'un vous mener là où vous ne voulez pas, pour quelques raisons que ce soit. Ne cédez pas à la haine. Tout conflit peut être réparé. Ce n'est pas la passion qui doit diriger nos pas, mais le pragmatisme. Il n'y a pas de sauveur suprême, il n'y a qu'une somme de volontés. Souvenez-vous en, représentants du peuple de Kanto.

Après cela, le vote eut lieu. Et sans surprise, le sénateur Treymar remplaça Giovanni comme Chef d'Etat de Kanto.


***


Venamia ne resta pas pour l'intronisation officielle. Elle rejoignit vite le Mégador, où Vilius l'attendait.

- C'est fait, lui dit-elle. Il est temps de passer à l'étape suivante. Nous prendrons le QG de la Team Rocket ce soir.

- Le vieux n'est pas idiot. Il doit se douter de ce qu'on prépare. On aura à se battre, contre les Rockets qui lui seront loyaux.

- En effet.

- Il y aura des morts. Beaucoup de morts, dans les deux camps. La Team Rocket en sortira affaiblie, peut-être même divisée. Vous voulez vraiment faire ça maintenant ? Alors qu'on est en pleine campagne à Johto ? Ne peut-on pas attendre d'en avoir fini avec Igeus avant ?

- Non, on ne peut pas, souligna Venamia. Giovanni a beau ne plus être le Chef d'Etat, tant qu'il demeure le chef de la Team Rocket, il y a un danger. Si on lui laisse le temps, il nommera Estelle comme Boss, et ce sera alors plus difficile d'agir. Ne vous inquiétez pas pour Johto, Vilius. J'ai le Mégador, une flotte de l'Empire Lunaris, et la X-Squad. Rien que ça suffira à écraser la pathétique armée d'Igeus.

- J'espère que vous avez raison. On aurait l'air malin de faire notre Coup d'Etat en laissant Igeus gagner. D'ailleurs, concernant la gouvernance de la Team Rocket, qu'en sera-t-il réellement ?

- Toujours préoccupé par ça ? Ricana Venamia.

- On ne peut pas laisser la Team Rocket sombrer dans le chaos. Elle devra être unie, et son commandement incontestable. Il faut que ce soit clair.

Venamia haussa les épaules.

- Il n'y a jamais eu vraiment de loi de la Team Rocket. Urgania et Giovanni se sont succédés comme Boss, mais rien n'indique qu'on est obligé d'avoir un seul dirigeant.

- Vous pensez à un règne conjoint. Vous et moi ?

- Ce ne serait pas vraiment de nature à rassurer les nostalgiques de Giovanni. Et puis, nous passerons notre temps à nous chamailler, j'en suis sûre. Pourquoi pas une troisième personne ? Un Triumvirat de la Team Rocket, ce serait sympa, du moins de façon temporaire. Vous serez en charge de la politique et de la direction globale de la Team Rocket. Moi de l'armée, et notre troisième homme des relations publiques et du renseignement. Sa présence maintiendra aussi l'équilibre entre nous, de façon à ce qu'aucun de nous deux ne tentent de suppléer l'autre.

- Mais il nous faudra donc quelqu'un de neutre, et surtout qui n'a aucune ambition dérangeante. Où trouver un tel parangon de vertu ?

- Silas Brenwark, l'Agent 004, répondit Venamia.

Vilius fronça les sourcils.

- Vous vous fichez de moi ? Brenwark est un ancien de la GSR, et il reste votre toutou.

- Je peux vous assurer que non, fit Venamia, parfaitement sincère. Silas a ses propres ambitions, mais la direction de la Team Rocket l'indiffère totalement. Il ne souhaite juste que son triomphe, pour ses... propres projets. S'il m'a aidé à former la GSR et à la diriger, ce n'était en aucun cas par loyauté envers moi. Il m'a lui-même avoué qu'il se servait de moi.

- Qui est-il ? Demanda 003. Qu'est-ce qu'il veut, au juste ?

Venamia n'avait pas vraiment de réponse à lui donner, car elle n'en savait rien elle-même. Silas demeurait un mystère pour elle, et elle ne lui faisait pas confiance, pas plus qu'en ces Agents de la Corruption. Mais Venamia avait jugé qu'il était enfin temps de s'allier à eux, du moins temporairement. Silas pourrait l'aider à ce qu'elle devienne la dirigeante absolue de Kanto. Il voulait de la corruption, après tout ? Venamia était capable de lui en fournir. Elle lui en fournissait déjà, en ayant monté la totalité des habitants de Kanto contre Igeus.

- Il est quelqu'un avec un masque, dit finalement Venamia. Un masque qui ne cesse de sourire, de se moquer de tous ceux qui l'entourent.

Venamia laissa Vilius à ses interrogations. Ce soir. C'était ce soir qu'elle devrait faire le ménage parmi ses ennemis. La Team Rocket allait être purifiée.


***


Quand Giovanni rentra dans son bureau de Boss, au QG, ce fut sans surprise qu'il y trouva Estelle qui l'attendait.

- Par Arceus, père, que s'est-il passé ?!

Giovanni l'ignora le temps de se servir un verre de brandy et de caresser son Persian.

- Il s'est passé que j'ai mal jugé Treymar, répondit-il enfin. Je pensais qu'il n'avait aucune autre ambition que celle de servir Kanto, mais je l'ai apparemment sous-estimé. Il n'a pas hésité à s'allier à Venamia pour prendre ma place.

- Vous voulez dire qu'il nous aurait trahi ? Treymar ?

Estelle était incrédule, et Giovanni ne pouvait pas lui en vouloir.

- Bien évidement. Tu penses que Venamia et lui ont agi chacun de leur côté ? Non, ma fille. Treymar est sans doute allé lui raconter mon projet, et en a profité pour lui faire du chantage. En échange du vote de Venamia et de la GSR, Treymar, une fois Chef d'Etat, s'engageait à ne pas la virer de l'Assemblée, ou quelque chose comme ça. Treymar a vu une occasion en or pour s'élever, et l'a saisie. Je ne peux pas lui en vouloir pour ça.

- Il y a autre chose, père, reprit Estelle, inquiète. On m'a annoncé que la plupart des forces de la GSR en stationnement à Johto étaient en train de revenir, ainsi que les unités de Vilius.

- Bien évidement, soupira Giovanni. Ils avaient prévu ça.

- Qu'est-ce qu'ils ont prévu ?

- Allons, tu n'es pas idiote, Estelle. Maintenant que je ne suis plus Chef d'Etat, ils peuvent me renverser de la direction de la Team Rocket sans que l'Assemblée n'y trouve rien à redire. Le QG sera envahi d'ici cette nuit.

Estelle serra les poings.

- On ne va pas les laisser faire ! Père, votre garnison vous est loyale. Avec mes propres troupes et moi-même en première ligne, on peut défendre le QG !

- En effet, je ne vais pas remettre les clés de la Team Rocket à ces deux-là sans résister, acquiesça le Boss. Mais toi, tu ne seras pas là, Estelle.

- Père ?

- Même en nous battant, la GSR l'emportera, c'est certain. Tu dois fuir, pour continuer à incarner la vraie Team Rocket quand Venamia et Vilius contrôleront tout. Cache-toi, et quand tu le pourras, va rejoindre mes plus anciens généraux. Ils me resteront fidèles, et donc à toi aussi. Tender en premier. Si tu le gagnes à ta cause, tu auras la X-Squad en prime. Ne la laisse pas tomber entre les mains de Venamia, où elle aura gagné.

- Je ne peux pas vous abandonner, père ! C'est impossible, je...

- Tu ne m'abandonnes pas, coupa Giovanni. Tu perpétue ma vision. Si tu te rangeais du côté de Venamia et de ton ingrat de frère, là, tu m'aurais abandonnée. Si tu restes ici ce soir, tu te feras capturer comme moi, et tu ne pourras rien faire. Alors écoute-moi. Prends Domino avec toi. Elle m'obéira jusqu'à la fin. Les autres Agent, on ne peut pas leur faire confiance. Puis partez, et faites en sorte que ma Team Rocket ne reste pas soumise à cette folle de Venamia.

- Mais...

Giovanni tapa du poing contre son bureau.

- Je suis encore le Boss de la Team Rocket. C'est un ordre que je te donne, Agent 005 !

Estelle abandonna la partie, des larmes plein les yeux. Giovanni s'approcha pour la serrer dans ses bras.

- Tu es un bien meilleur Rocket que moi, Estelle, lui dit-il. Tu es celle qui doit la diriger, et la changer. Je suis fier de toi, ma fille. Je l'ai toujours été.

- Ne mourrez pas, père...

- Pas d'inquiétude. J'ai encore trop à faire pour mourir.

Quand Estelle fut partie, Giovanni se servit un autre verre, et caressa distraitement son Persian qui avait sauté sur son bureau.

- Eh bien, vieux camarade, lui dit-il. Tu ne veux pas l'accompagner ? Tu lui seras plus utile qu'à moi.

Le Persian le regarda d'un air dédaigneux, comme s'il venait de dire une bêtise innommable. Giovanni éclata de rire.

- Ouais, on a commencé ensemble, hein ? On finira ensemble.

Bizarrement, la perspective d'une attaque de la GSR ne l'inquiétait pas. Ça l'excitait, même. Comme s'il venait de retrouver son âme de dresseur, quand il était jeune, plein d'entrain et appréciant la confrontation. Ce n'était qu'un combat. Juste un combat de plus. Il allait le perdre, bien sûr, mais ça ne l'empêcherait pas de l'apprécier.


***


Les forces d'invasion de Johto s'étaient arrêtées à Acajou. Pour une raison connue d'elle seule, Venamia avait fait demi-tour avec son Mégador puis était retournée à Kanto. Et depuis quelques heures, le reste de ces troupes de la GSR partaient peu à peu. Tuno ignorait ce qui se passait. Il ignorait aussi pourquoi il était là en ce moment, aidant la GSR à envahir Johto, alors que le Boss n'avait donné aucun ordre en ce sens. Pensait-il que c'était son devoir ? Voulait-il venger sa fierté de Rocket et la mémoire de la jeune Kyria en faisant payer Igeus ? Ou voulait-il simplement rester avec son unité ?

Mercutio, Galatea et Zeff étaient présents. Ceux avec eux qu'il avait fondé la X-Squad, au tout début. Plus que des subordonnés ou des compagnons, c'étaient à présent de véritables frères d'armes, des amis. Le moment venu, Tuno pourrait-il vraiment les quitter pour partir vivre à l'étranger avec Ujianie ? Sans doute, mais ça serait douloureux. Après avoir fait l'entretien de son FurtiX, il alla retrouver son équipe. Mercutio, Galatea et Zeff étaient agglutinés autour d'une radio, avec plusieurs autres Rockets, et l'écoutaient comme si Arceus le Père parlait derrière.

- Le Pape est mort ? Demanda Tuno en voyant leur mine si sérieuse.

- Il y a eu un changement de Chef d'Etat à Kanto, lui expliqua Galatea d'un ton grave. Le Boss a été remplacé par le sénateur Treymar.

Tuno ne trouva pas de blague adaptée pour l'occasion, ce qui en disait long sur son trouble.

- Comment cela est-il possible ?! La Team Rocket est majoritaire à l'Assemblée !

- Apparemment, c'est Siena qui a déposé une motion de censure contre monsieur Giovanni, en appelant à voter pour Treymar. Sans la GSR, la Team Rocket n'a pas les voix nécessaires pour maintenir le Boss...

- Mais c'est absurde ! Pourquoi remplacer le Boss par Treymar ? Il est loin d'être un soutien de la GSR, que je sache.

Zeff haussa les épaules.

- On ne peut pas prévoir ce que manigance la gamine. Mais sans le Boss aux commandes de Kanto, je ne sais pas ce qu'il va arriver. On continue notre invasion, ou quoi ?

Tuno était perdu. C'était déjà compliqué avec le Boss comme Chef d'Etat, parce qu'ils avaient attaqué Johto sans ordre de sa part, mais maintenant, ça devenait réellement un profond bourbier. Qu'est-ce qu'il se passait à Kanto ? Pouvaient-ils rester ici, à Johto, tandis qu'Arceus seul savait ce que Venamia complotait chez eux ? Quel bordel... Plus que jamais, Tuno avait hâte de laisser la Team Rocket et Johkan derrière lui.

- Giovanni reste toujours le Boss de la Team Rocket, fit enfin Tuno. De plus, c'est Siena qui nous a fait entrer en guerre contre Johto. Si le nouveau Chef d'Etat abonde dans son sens, ce qui est sûrement le cas vu qu'elle a appelé à voter pour lui, on doit continuer.

- Perso, je me fiche de la politique, intervint Mercutio. J'irai attraper Igeus par la peau du cul, même si je suis tout seul.

Tuno hocha la tête. Oui. Il n'était certainement pas ami avec Venamia, surtout après qu'elle ait envoyé un de ses hommes pour assassiner Ujianie. Mais en l'occurrence, il ne s'agissait plus d'elle. Erend Igeus, par son geste abject, avait insulté toute la Team Rocket, toute la région de Kanto. Beaucoup de gens étaient morts par sa faute, dont la petite Kyria. Tuno ne l'avait pas beaucoup connue, mais il l'avait appréciée. Qu'importe s'il avait prévu de quitter la Team Rocket bientôt. Pour l'instant, il était un Rocket, et il ne pouvait tout simplement pas laisser passer cela. C'était à lui de patrouiller autour d'Acajou avec son FurtiX. Mais quand il rejoignit son vaisseau, il tomba sur deux gars de la GSR qui vraisemblablement l'attendaient. Deux grandes armoires à glace, à l'air pas commode. Tuno fut immédiatement sur ses gardes.

- Colonel Tuno ? Fit l'un d'entre eux.

- Lui-même.

- Veuillez nous suivre, s'il vous plait.

- En quel honneur, mon brave ? J'ai du boulot, moi.

Les deux GSR vinrent se poster face à lui, et Tuno se retint de sortir son arme pour les descendre.

- Ordre de l'Agent 002. Elle tient à ce que vous soyez un des participants à la cérémonie de purification de la Team Rocket.

- De quoi ?

Tuno sentit alors quelque chose lui agripper la jambe. À sa grande horreur, il vit un homme sortir carrément du sol comme un spectre. Il portait un uniforme GSR, mais Tuno le reconnaissait néanmoins.

- Vous ?!

Crenden, l'homme immatériel, hocha la tête. Il avait l'air passablement déprimé.

- Bonjour, colonel. Ne m'en veuillez pas.

Et, d'un geste rapide de la main, il l'assomma. Les deux autres GSR prirent Tuno inconscient dans leurs bras et l'amenèrent dans un de leur vaisseau. Crenden regarda le ciel.

- La nuit sera rouge, ce soir, murmura-t-il.