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Team Rocket X-Squad de Malak



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Informations

» Auteur : Malak - Voir le profil
» Créé le 14/12/2014 à 09:16
» Dernière mise à jour le 04/04/2019 à 22:40

» Mots-clés :   Action   Fantastique   Organisation criminelle   Présence d'armes   Présence de Pokémon inventés

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Chapitre 258 : Secrets et mensonges
Tuno vaquait à ses occupations habituelle à la base, c'est-à-dire l'ennui. Il n'avait aucune mission sur le feu, si ce n'était d'assister le professeur Natael dans ses recherches sur les bombes Arctimes, et comme il n'y comprenait absolument rien, il se contentait de tourner en rond dans le laboratoire du prof. Au bout d'un moment, l'infinie patience de Natael semblait être mise à l'épreuve. Il ne cessait de pianoter sur trois ordinateurs à la fois, rentrant des données très complexes, et les allées et venues du colonel ne l'aidaient pas.

- Euh... Colonel Tuno, vous n'avez vraiment rien d'autre à faire ? Demanda-t-il avec tact. Par exemple, retrouver Mercutio et Solaris ?

- Galatea dit qu'elle a du mal à localiser Mercutio avec le Flux, ça veut dire qu'il est loin, sans doute pas à Kanto, répondit Tuno d'un ton las. J'ignore où ils sont et ce qu'ils fabriquent, mais ils ont sans doute leur raison. Ce sera plus simple de les interroger quand ils rentreront que de partir à leur recherche Arceus sait où.

- Je vois... Mais vous n'avez pas besoin de rester ici quand même, je peux vous assurer que je fais tout ce qui est en mon pouvoir, et le plus vite possible...

- Je ne doute pas de vous, doc, c'est juste qu'en tant que chef de la X-Squad, qui a été chargé de venir à bout de ce criminel, il est de mon devoir de suivre les opérations de près.

Techniquement, c'était vrai bien sûr, mais en temps normal, Tuno n'en aurait eu rien à fiche, et il se serait servi de ce temps pour aller roupiller ou draguer n'importe quelle fille de la base. Mais là, il avait quelques raisons de vouloir que l'affaire Vrakdale soit bouclée au plus vite, et pas seulement parce que ce fou menaçait de détruire un autre Pilier de l'Innocence d'un moment à l'autre.

- J'ai craqué le code source de la génération du fluide temporel par inversion statique condensé, expliqua Natael. C'était moins difficile que je l'avais crains, mais maintenant, il va me falloir trouver l'équilibre parfait pour le rééquilibrage de la mégastructure subatomique pour parvenir à une dilatation élémentaire subluminique.

- Bien entendu, fit Tuno qui n'avait pas compris un traître mot.

- En clair, j'ai presque terminé de fabriquer la bombe, mais ça, c'était le plus facile. Trouver la fréquence avec laquelle elle a été utilisé à Cramois'île sera une autre paire de manches. De plus, même si j'y parviens, on devra lier le Vrakdale de cette dimension ci et à notre bulle temporelle. Il va me falloir fabriquer une reproduction miniature inversée de la bombe et l'utiliser sur Vrakdale, pendant qu'au même moment, j'activerai ma propre bombe Arctimes à l'endroit exact de la dilatation temporelle à Cramois'île.

- Euh... ça implique quoi, au juste ?

- Qu'il nous faudra avoir ce Vrakdale devant nous, et donc probablement le combattre un moment.

- Bien sûr, soupira Tuno. Ça aurait été trop simple, sinon.

- Si vous vouliez de la simplicité, il nous aurait suffit de capturer le légendaire Pokemon Dialga, maître du temps. Lui aurait pu résoudre ce problème en moins de deux.

- Hum... J'aurai pas dû l'échanger à un autre dresseur y'a quelque temps, plaisanta Tuno. Vous savez le temps que ça prendra pour que vous finissiez tout ça ?

- Aucune idée, mais je devrais probablement me rendre sur le volcan de Cramois'île, là où la première bombe a explosé. Il me faut récolter des données, pour avoir plus de chance de trouver la bonne fréquence.

- Je vais mettre Djosan et Galatea sur le coup. Prévenez-les quand vous voudrez partir.

- Très bien.

Tuno se résolut à laisser le professeur travailler en paix. Il remonta dans le hall de la base et croisa le général Tender qui passait par là, accompagnée de sa charmante assistante. Tuno se rendit compte que ça faisait un moment qu'il n'avait plus vu le maître des lieux, comme la X-Squad ne recevait presque plus aucun ordre de lui. Tender paraissait plus vieux que jamais, plus fatigué. Pourtant, ses yeux n'avaient rien perdu de leur force.

- Général, le salua Tuno. Vous êtes toujours vivant ?

- Et vous toujours insolent, à ce que je constate.

Mais le sourire sur le visage buriné du général démentait son ton sévère. Il lui tendit la main, et Tuno la serra de bonne grâce. Ça faisait du bien de savoir qu'en dépit de tout le merdier qui était en train de se passer ces temps ci, le général Tender était toujours là, présent au poste.

- Vous connaissez mon assistante, le capitaine Jeria Tiolen ?

Tuno sourit à la jeune femme à coté de Tender. Une vraie beauté, celle-là, avec ces cheveux roux et ses yeux de biche. D'autant plus belle que sa combinaison Rocket laissait parfaitement entrevoir ses formes plus qu'appréciables. Elle ne devait pas avoir plus de vingt ans, et il se disait à la base que Tender l'avait choisi comme aide plus pour ses charmes que pour ses compétences. Son surnom au sein des mauvaises langues était JT, comme ses initiales, sauf que là ça voulait dire le Jouet de Tender. Enfin bon, le général avait le droit lui aussi de pouvoir regoûter au plaisir d'une galante compagnie. Le pauvre homme avait perdu non pas une mais deux femmes dans le passé. C'était bien qu'il se trouve quelqu'un à son âge, même si ce quelqu'un avait l'âge d'être sa fille...

- Bien sûr, dit Tuno. Qui ne connait pas le capitaine Tiolen dans la base ? Elle éclaire le cœur de tous les hommes partout où elle passe.

Le capitaine Tiolen eut un petit rire.

- Vous êtes trop aimable, colonel Tuno.

Tender eut une toux sèche, et Tuno dut se rappeler que lui-même avait déjà une femme qui l'attendait, et qu'il serait malvenu de draguer la maîtresse du général.

- Alors mon général, qu'est-ce que vous devenez ? Reprit Tuno.

- Bof, rien de spécial. Une base à faire tourner. La routine.

- Je vois. Toujours à rester assis dans votre bureau à décider du menu de la cantine du lendemain ? On aurait pu penser qu'avec la prise de pouvoir à Kanto, le Boss vous aurez confié des responsabilités nouvelles.

- Oh, il a bien essayé, rétorqua Tender. C'est moi qui ai refusé. Je suis vieux, Tuno. Je ne veux rien d'autre que continuer à diriger ma base durant les deux trois ans qui me séparent de la retraite. La Team Rocket est devenue un parti politique. Pour un vieux soldat comme moi, c'est difficile à accepter. Je n'aurai pas cru dire ça, mais finalement, je regrette la guerre. Au moins, je savais ce que j'y faisais. Aujourd'hui, j'ai l'impression d'être inutile et obsolète.

- C'est notre lot à tous, général. Mais si vous voulez retrouver le temps d'une autre guerre votre jeunesse oubliée, rien de plus facile. Il vous suffit d'attendre un peu et d'applaudir avec les autres quand votre fille adorée prononce ses discours.

Le visage de Tender devint sombre, comme à chaque fois qu'on évoquait Venamia en sa présence.

- Je prendrai ma retraite avant de prendre mes ordres d'elle, Tuno. Et si vous voulez un conseil, vous feriez mieux de faire de même.

- J'y songerai, mon général.

Il le salua, ainsi que son assistante, et prit congé. En fait, il y avait déjà songé. Peut-être même prendrait-il sa retraite avant Tender. La mission Vrakdale serait sa dernière. Il se dirigea vers la base secrète de la X-Squad en espérant y trouver Galatea et Djosan pour qu'ils escortent Natael au volcan de Cramois'île. En chemin, il rencontra Ithil. Ou plutôt, Ithil sortit du mur à sa droite. C'était toujours assez déconcertant, cette façon de se balader dans la base, et pour les pauvres sbires qui n'y étaient pas habitués, c'était carrément flippant de le voir surgir du néant devant vous, avec sa combi noire et ses couteaux affutés.

- Colonel. Toujours aucune nouvelle de Mercutio Crust et Solaris as Vriff ?

Tuno leva les yeux au ciel.

- Tout le monde va me le demander aujourd'hui ? Non, j'ignore où ils peuvent diable se trouver, et croyez-moi, quand ils rentreront, je leur passerai le savon du siècle.

- Je vous avoue mon inquiétude, colonel Tuno. Pensez-vous qu'ils aient pu se rendre à Johto ?

- C'est une possibilité, mais pourquoi faire ?

- Peut-être Lady Venamia leur a confié une mission secrète qu'ils n'ont pas pu refuser. Du type... assassinat.

Ithil paraissait vraiment inquiet, ce qui était plutôt rare. Tuno savait qu'il pensait à Erend Igeus. Le fait que son demi-frère l'ai jeté comme un outil cassé n'empêchait apparemment pas Ithil de se faire du souci pour lui.

- Même si Venamia avait osé ordonner un truc pareil, Mercutio n'aurait jamais accepté, renchérit Tuno. Un tel ordre contreviendrait à ceux du Boss. On ne peut pas ordonner l'assassinat d'un chef ennemi sans son consentement explicite. Ne vous inquiétez pas pour Igeus.

- Ce n'est pas pour lui que je m'inquiète, colonel. Je le connais bien, et je sais qu'il peut faire face à n'importe quel assassin. C'est pour Mercutio et Solaris que je me fais du souci, justement. Peut-être ont-ils déjà été capturés. Peut-être sont-ils déjà morts. Peut-être leurs corps ont-ils été démembré et leurs têtes exposées à Doublonville comme avertissement !

Tuno grimaça. C'était là la nature d'Ithil de toujours imaginer des trucs glauques.

- Galatea le sentirai immédiatement dans le Flux s'il arrivait quelque chose à son frère. De plus, Mercutio et Solaris sont les éléments les plus puissants de la X-Squad, et Miry et sûrement avec Mercutio. Ne vous en faite pas trop, je...

Le portable de Tuno sonna à l'instant.

- Excusez-moi.

Il le prit et découvrit avec inquiétude le numéro d'Ujianie affichée. Jamais elle ne l'aurait appelé, sauf urgence. Il se détourna d'Ithil, qui avait bien remarqué son air de peur.

- Ici Tuno.

- Salut mon amour, fit la voix d'Ujianie d'un air faussement enjoué. Juste pour te signaler qu'on a eu un petit... problème à l'établissement de ta mère. Mais je l'ai réglé vite fait, ne t'en fait pas.

- Quel genre de problème ?

- Un client qui s'est apparemment trompé de chambre, et qui s'est montré un peu violent.

Tuno déglutit. Un assassin.

- Tu vas bien, tu es sûre ?

- Oui. C'était un bon à rien. Même avec un ventre de ma taille, je m'en suis débarrassé en quelque secondes. Il est toujours en vie, et on ne sait pas trop quoi en faire. Puis, la règle d'or quand un assassin échoue, c'est d'en envoyer d'autre...

- J'arrive tout de suite.

Il décrocha et se força à sourire à Ithil.

- Je vais devoir écourter notre conversation, mon pote. Une affaire requiert ma présence.

- Un problème, colonel ?

- Rien que je ne puisse résoudre seul.

Il se força à ne pas se mettre à courir pour sortir de la base, mais quand il fut dehors, il réquisitionna un hélicoptère Rocket. Tant pis si c'était un peu trop voyant à Azuria. Une demi-heure plus tard, il posa son engin carrément devant le Lovitel, sous les regards interloqués des passants. Il remarqua que le bordel indiquait fermé. Bonne initiative de sa mère. Quand il entra, Ujianie était assise sur une chaise du bar, et la mère de Tuno nettoyait ses verres d'un air soucieux.

- Oh, mon p'tit Aedan.

Tuno alla serrer Ujianie dans ses bras, et posa la main sur son ventre arrondie. Elles n'avaient rien. Ni sa mère, ni sa femme, ni sa fille. Il se força à respirer d'un coup.

- Que s'est-il passé ?

- C'était un homme que j'ai jamais vu ici, lui expliqua sa mère. Sur le moment, ça ne m'a pas paru bizarre hein ? On a de nouveaux clients tous les jours. Il a choisi une des filles présentes ici et je lui ai donné la clé d'une chambre libre. Mais arrivé à l'étage, il a assommé ma pauvre enfant et s'est mis à défoncer les portes les unes après les autres, effrayants toutes les filles et mes clients. Ce n'est qu'en arrivant dans la chambre d'Ujianie qu'il... qu'il a...

- Tenté de me tuer, acheva Ujianie d'un ton superbement indifférent. Vraiment un amateur. Avec le bordel qu'il a provoqué partout avant de trouver ma chambre, j'étais prévenue deux minutes avant qu'il n'arrive. Il avait un flingue et un couteau, mais je l'ai étalé avant qu'il ne se serve de l'un ou de l'autre. On l'a ligoté à l'étage.

- Ce qu'il signifie qu'il savait que tu étais là, mais pas dans quelle chambre, résuma Tuno. Une idée de qui c'est ?

- Jamais vu, avoua Ujianie. Mais en tant que Shadow Hunter, je n'ai jamais manqué d'ennemis. Pour la plupart, des gars qui voulaient se venger parce que j'ai tué un de leurs proches...

- Ça n'enlève rien au fait qu'il savait que tu étais ici, alors que personne n'est censé le savoir ! S'il travaille pour quelqu'un, ce quelqu'un essaierai peut-être à nouveau de s'en prendre à toi. Il faut que tu partes autre part. Et toi aussi maman. Ferme le Lovitel pour l'instant. Une idée où tu pourrais te cacher avec Ujianie ?

- J'ai toujours ma sœur à Lavanville, répondit Gloria. Isabella acceptera de nous loger un temps.

- C'est ça, allez chez tante Isabella, acquiesça Tuno. Mais ne lui dit rien maman, pas même qu'Ujianie est ma fiancée. Invente une histoire quelconque.

- Je n'ai pas à me cacher, Tuno, protesta Ujianie. J'ai beau ne plus porter mon costume et être obèse pour le moment, je suis toujours une Shadow Hunter ! On ne se cache pas, c'est nous qui faisons se cacher les autres !

- Je ne pourrai plus rien faire si je sais que tu cours un danger en restant ici, protesta Tuno. Et pas seulement toi, mais ma mère aussi, et ses filles également. Ça ne durera pas longtemps. Je termine la mission sur laquelle je suis en ce moment, puis je quitte la Team Rocket, je viens te récupérer, et on part tous les trois dans une autre région, sous de nouvelles identités, là où personne ne viendra nous embêter. Je te le promets.

Il l'embrassa pour clore sa promesse, caressa tendrement son ventre dans lequel la petite Laurinda bougeait, et serra sa mère contre lui.

- Partez tout de suite.

- Et l'homme à l'étage...

- Je m'en charge maman. Filez. Ah, et tiens.

Il lui donna sa Pokeball de Badapunk.

- Gardez-le toujours près de vous. Il vous protégera.

Quand elles furent parties et qu'il fut enfin seul, Tuno laissa libre cour à sa colère et dégomma du pied une des chaises. Il avait pensé qu'Ujianie serait en sécurité ici. Il avait pris toutes les précautions. Pourquoi ? Pourquoi quelqu'un avait-il tenté de la tuer ? Et surtout, qui ? Tuno monta à l'étage, et trouva dans la chambre d'Ujianie l'assassin. Un type banal, sans signe distinct, le parfait profit pour un tueur discret. Il avait une bosse de taille raisonnable sur le front, et son nez pissait le sang. Il avait les bras et les jambes proprement ligotés, et était bâillonné. Tuno fut pris d'une haine soudaine pour cet inconnu qui avait tenté de lui arracher la femme de sa vie et son enfant à venir. S'il écoutait cette haine, il aurait abattu sur le champ. Mais il devait se retenir. Il devait savoir pour qui ce type travaillait. Il lui sourit en sortant son pistolet.

- Salut toi. On va avoir une petite discussion, mon pote.

Le visage de Tuno en cet instant devait être particulièrement terrifiant, car l'homme gémit de peur. Tuno lui colla le canon de son arme sur la tempe, et lui enleva son bâillon.

- Tu veux bien me dire ton nom ?

L'homme ne répondit pas, ce qui lui valu un coup de crosse sur la joue droite.

- Allons donc, soit pas si timide, susurra Tuno. Il me faut bien mettre un nom sur le visage de mes victimes. Question de respect élémentaire.

Comme l'homme demeura silencieux, Tuno soupira, et s'empara du couteau de l'assassin, au milieu de la pièce. Ce ne fut qu'au bout de la seizième coupure que l'homme, en pleurnichant, balbutia :

- Edrik... J'm'appelle Edrik Brigon ! Arrêtez, merde...

- Eh bien voilà. Alors Edrik, qu'est-ce qui t'amènes au bordel de ma mère ? Sûrement pas les filles qu'elle proposait. Ou plutôt une seule, qui n'était justement pas proposée. Pourquoi t'as tenté de tuer ma copine, hein ?

- Tuez-moi...

- Oh oui, je le ferai bien sûr, acquiesça Tuno. Mais quand, ça, ça dépendra de toi et de tes réponses. Si elles me conviennent, je te tuerai vite et proprement. Si ce n'est pas le cas... eh bien, on en aura pour un petit moment ici, tous les deux...

Tuno avait à peine conscience de ce qu'il faisait. Jamais encore il n'avait torturé personne. Il n'était pas ce genre d'homme. Mais là, il torturait, et pire, et il prenait plaisir. Il voulait voir ce type souffrir, une souffrance intangible, comme celle qu'il lui aurait provoquée s'il était parvenu à tuer Ujianie.

- Tout ce que vous pourrez me faire... marmonna faiblement Edrik, ce n'est rien face à ce qu'elle me fera... quand elle apprendra que j'ai échoué.

- Elle ? Qui c'est, elle ?

L'homme éclata de rire malgré ses blessures.

- Vous le savez très bien, colonel Tuno. Il ne fallait pas... contrarier Lady Venamia. Votre copine Shadow Hunter ne sera jamais à l'abri, qu'importe l'endroit où vous l'enverrez !

Tuno fut pris d'une folie meurtrière, et se mit à poignarder l'homme partout où il le pouvait, mais sans jamais toucher de point vital. Il voulait qu'il souffre. Oui, qu'il souffre. Ses cris procuraient de grands frissons de joie à Tuno, qui s'entendit éclater de rire. Jusqu'à ce qu'une voix résonne derrière lui.

- Assez, colonel.

Il se retourna, couteau et pistolet levés, pour voir qu'Ithil venait de surgir du sol. Tuno baissa ses armes, sa raison lui étant revenue.

- Pourquoi êtes-vous là ?

- Pour vous protéger. Vous êtes mon supérieur.

- Je n'ai pas besoin de protection.

- Moi je crois que si. De protection contre vous-même.

Ithil s'approcha et contempla Edrik Brigon, qui gisait dans une mare énorme de sang. Il était toujours vivant, ce qui relevait de l'exploit après tout ce que Tuno lui avait fait.

- Ce n'est pas la justice que vous servez en ce moment, colonel, mais la vengeance. Si l'une est à rechercher à tous prix, l'autre est à éviter, car elle vous volera votre âme.

Ithil s'agenouilla devant le mourant, et l'acheva en lui plantant un de ses propres couteaux dans le cœur. Après une courte prière adressée à Arceus pour la prise en charge de son âme, Ithil se releva et fit face à Tuno.

- Vous vous laissez entraîner par vos émotions, colonel. Jamais vous n'auriez songé à venir ici en hélicoptère et atterrir à la vue de tous...

- C'est une affaire privé, Ithil, répliqua Tuno en s'essuyant le sang qui lui maculait le visage. Je vous remercierai de vous abstenir de vous en mêler.

- Vous oubliez qui j'étais avant, colonel. J'étais un Shadow Hunter, tout comme Ujianie. Je sais très bien qu'elle se trouvait ici.

Tuno se demanda vaguement s'il serait capable de tuer Ithil avant qu'il n'ai pu faire un geste. Probablement pas. Mais il ne pouvait se permettre de laisser en vie ceux qui connaissaient son secret. Pour la sécurité d'Ujianie. Lisant probablement dans ses pensées, Ithil dit :

- Si j'avais voulu vous trahir, je l'aurai fait il y a longtemps. Ujianie a décidé de changer de vie, comme moi. Je n'ai aucune raison de lui vouloir du mal. Mais il semblerait que quelqu'un d'autre soit au courant.

Il regarda le cadavre de Brigon.

- Vous pensiez longtemps échapper à la GSR, colonel ? Vous saviez pourtant que Venamia vous surveille tous, dans l'espoir de trouver quelque chose à vous reprocher. Vous avez été imprudent.

- Elle a osé... trembla Tuno. Cette parvenue à la noix, cette ingrate arrogante... Elle a osé s'en prendre à Ujianie ! Je vais... je vais...

- Vous n'allez rien faire, le coupa Ithil. Du moins si vous tenez à la vie. Faite comme si de rien n'était quand vous croiserez Lady Venamia. Sans nouvelle de son assassin, elle n'osera pas agir pour un temps. Mais si vous tentez quoi que ce soit contre elle, vous mourrez, aussi sûrement qu'Ujianie et votre enfant à naître.

Tuno grimaça.

- Y'a-t-il quelque chose que vous ignorez à propos de moi ?

- J'étais l'exécuteur de la famille Igeus, répondit Ithil. Ma mission consistait à tuer leurs ennemis, mais pas seulement. J'ai appris à observer, à chercher, à réunir les preuves... Pour un ancien des Renseignements, vous n'avez pas pris beaucoup de précaution. Que ce soit sur Ujianie et votre mère, que sur votre... autre parenté.

Tuno soupira, accablé.

- Vous l'avez dit à quelqu'un dans la X-Squad ?

- Non, et ils ne suspectent rien à ce propos, bien que je pense que les jumeaux Crust vous aient percé à jour en ce qui concerne Ujianie. Je garderai votre secret. Mais colonel... sachez que plus un homme a de secrets, plus il est vulnérable. La vérité est l'apanage de la justice, le mensonge celui de la corruption et la vengeance. Souvenez-vous-en.

Alors qu'Ithil faisait mine de partir, Tuno lui posa une dernière question.

- Pourquoi vous faite ça pour moi, Ithil ? Pourquoi ne pas le dire à Tender, ou au Boss ? Mes secrets font de moi un traître à la Team Rocket, en quelque sorte.

Sans se retourner, Ithil dit :

- Dans ce cas, nous sommes deux, colonel Tuno. Ma véritable allégeance n'a jamais été pour la Team Rocket. Je suis ici pour espionner la X-Squad, pour le compte de mon frère Erend. Notre dispute à la vue de tous n'était que du cinéma.

- Pourquoi me le dire ?

- Parce que je sais que vous ne le répèterez pas. On possède ainsi chacun le secret de l'autre. Je n'ai aucune intention malveillante à votre égard où à celle de quiconque dans la X-Squad. Monsieur Igeus voit en vous de possibles futurs alliés. Je devais seulement me débarrasser de vous s'il advenait que vous serviez activement Lady Venamia. Et au vu des derniers évènements, ça me semble compromis vous concernant, n'est-ce pas ?

Avec un léger sourire - une chose très rare venant de lui - Ithil traversa le plancher et disparu. Sans trop savoir pourquoi, Tuno pensait qu'il venait de se trouver un allié inattendu. Et dangereux.