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Team Rocket X-Squad de Malak



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Informations

» Auteur : Malak - Voir le profil
» Créé le 09/11/2014 à 09:39
» Dernière mise à jour le 09/11/2014 à 09:39

» Mots-clés :   Action   Fantastique   Organisation criminelle   Présence d'armes   Présence de Pokémon inventés

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Chapitre 253 : Usurpation et coup d'éclat

Erend Igeus avait de l'orgueil de savoir que pas grand-chose ne pouvait le prendre au dépourvu. Mais quand il vit le général Van Der Noob et sa fameuse unité DUMBASS rentrer dans son bureau d'un air triomphant, accompagnés du général Lance et des Dignitaires libérés, Erend devait bien avouer qu'il fut pris par surprise. Jamais, au grand jamais, il n'aurait imaginé que ces illuminés réussiraient. Et en homme honnête qu'il était, la première chose qu'il fit fut de s'adresser au général Van Der Noob en lui disant :

- Général, je crois que je vous dois des excuses. Je ne vous l'ai pas dit, mais j'avais de gros doutes quant à la réussite de cette opération. Je vous ai apparemment gravement mal jugé, vous et vos hommes.

Van Der Noob prit l'air de celui qui pardonnait bien volontiers une faute à un enfant guère éclairé.

- Ce n'est rien, ce n'est rien, mon garçon. Vous êtes encore jeune, et vous aurez le temps d'apprendre combien je suis un génie dans l'art de faire la guerre. Car si je sais gagner des guerres, c'est que je ne perds pas, vous voyez ?

Erend acquiesça distraitement et alla féliciter l'unité DUMBASS pour sa réussite. Après quoi, ignorant totalement les Dignitaires qui avaient trouvé le temps en revenant de se changer et de revêtir leurs plus beaux atours, Erend s'approcha de Lance et lui serra la main avec chaleur.

- C'est un grand plaisir de vous revoir, général.

- Et moi donc, monsieur Igeus. Vous n'êtes pas resté inactif en notre absence. Il aurait été malvenu de laisser Siena Crust gagner sans résister.

- On résistera d'autant plus si vous êtes avec nous.

Puis il se força à se tourner vers les huit Dignitaires. Leur présence l'ennuyait beaucoup. Eux en prison, Erend pouvait gouverner comme il le souhaitait l'armée de Johto, avec l'autorité dont il était investi en tant que dernier des Dignitaires. Mais avec eux dans les parages, l'armée allait se diviser, chacun des Dignitaires essayant de protéger leurs intérêts, comme ce fut le cas à Kanto, ce qui avait conduit à la débâcle qu'ils connaissaient. Erend aurait pu demander à Van Der Noob de les laisser pourrir dans leur cellule et de ne délivrer que Lance, mais ça aurait été très suspect, d'autant que Van Der Noob était lui-même un pion des Dignitaires.

- Messieurs, dit-il finalement. J'espère que la Team Rocket ne vous a pas trop mal traité.

Il sourit intérieurement. En fait, ça l'aurait arrangé que la Team Rocket ne décide de les exécuter, purement et simplement. Artelus Crayns, celui qui se voulait toujours être le porte parole de tous les autres, s'avança, l'air impatient.

- Nous ferons payer en temps et en heure à la Team Rocket. Nous demandons la tenue d'une réunion stratégique immédiatement. Il nous faut vite se répartir les tâches et décider de notre contre-attaque.

Les autres acquiescèrent. Ils avaient entendu dire qu'Erend contrôlait seul Johto, et ils voulaient leur part le plus vite possible. Mais Erend n'avait pas l'intention de les laisser saborder son œuvre. Ils avaient réussi à faire couler Kanto, mais ils n'allaient pas faire pareil avec Johto, il se le promit.

- Très bien, monsieur Crayns, acquiesça sagement Igeus. Sachant que vous reveniez, j'ai déjà préparé la salle. Général Lance, vous êtes le bienvenu, naturellement.

Crayns et plusieurs autre froncèrent les sourcils. Ils se seraient apparemment bien passés de la présence du Maître G-Man, mais n'osèrent rien dire. En revanche, ils ne se privèrent pas de disposer de Van Der Noob comme s'il n'avait été qu'un domestique. Erend se félicita qu'il ne soit pas de la partie. Erend avait toujours besoin de lui comme commandant en chef des armées de Johto, et si la réunion se passait mal...
Erend fit signe à Ladytus de le suivre. Elle savait quoi faire. En chemin, il tendit discrètement au général Lance un petit masque respiratoire de la taille d'une main. Le général aux cheveux rouges le regarda d'un air surpris.

- Euh... C'est pourquoi, ça ?

- Au cas où les discussions tourneraient mal, dit simplement Erend. Vous saurez quoi en faire, bien que j'espère que vous n'aurez pas à vous en servir.

Erend les amena dans une pièce isolée, avec au centre un table en rond. Erend avait pris soin de faire installer des sièges relativement inconfortables, très éloignés de ceux que les Dignitaires avaient à Kanto. Pas tellement pour les ennuyer, mais parce que Erend préférait les meubles frustres qui l'aidaient à se concentrer. Il prit une grande inspiration, tâchant de rassembler ses pensées. Erend n'aimait pas les réunions, où tout le monde tentait de faire valoir son point de vue, et ou au final, rien n'était jamais décidé. Il préférait de loin prendre des décisions unilatérales. La plupart du temps, il prenait les bonnes. Et s'il s'avisait de prendre les mauvaises, il en assumait toujours l'entière responsabilité. Mais il voulait donner une dernière chance au Dignitaires. Les avoir derrière lui serait un bonus. Mais s'il ne pouvait pas, eh bien, il allait devoir se passer d'eux, de façon définitive.
Quand tout le monde fut assis, Erend escomptait prendre la parole, mais fut devancé par le Dignitaire Erevard Regeldy.

- J'aimerai qu'une chose soit mise au point, avant que nous débutions. J'aimerai que notre estimé collègue, Erend Igeus, présente ses excuses à cet assemblée.

Sa demande fut approuvée par quelques autres. Lance fronça les sourcils, mais Erend resta de marbre.

- Ainsi, je vous devrai des excuses ? Je vous en prie, éclairez ma modeste lanterne.

- Ne vous moquez pas de nous, Igeus, fit sèchement Crayns. Ou étiez-vous lors de la bataille de Safrania, hein ? Nous sommes tous restés, sauf vous, qui étiez déjà en sécurité ici-même. Et de plus, vous avez osé nous tromper en apparaissant comme un hologramme. C'est de la lâcheté et de la trahison !

Erend haussa les épaules.

- J'étais sans doute le seul à avoir compris, avec peut-être le général Lance, que nous avions perdu la guerre, avant même que la Team Rocket n'arrive à Safrania. J'admire votre courage à tous d'être resté envers et contre tout, mais j'ai jugé plus utile à l'effort de guerre de fuir pour pouvoir frapper à nouveau, quand il serait temps.

- Vous auriez pu nous amener avec vous, se plaignit le gros comte Chumfort.

- M'auriez-vous cru si je vous avais dit que Safrania était perdue ? Vous êtes tous si bouffis d'orgueil que vous refusez à voir la défaite même si elle vous pendait au nez.

- Comment osez-vous ?! Gronda Crayns.

- C'en est assez messieurs, intervint Silvestre Wasdens. Ces reproches n'ont aucun sens. Si Erend n'avait pas réussi à fuir, nous serions tous encore derrière les barreaux.

Erend hocha la tête à l'intention de Wasdens. De tous les Dignitaires, il était celui qui était le plus censé et intelligent.

- Si vous avez de plus amples reproches à me faire, je les écouterai avec attention, mais plus tard, reprit Erend. Pour le moment, il convient de nous unir dans l'intérêt de la nation. Johkan est en proie à la tyrannie et à la confusion la plus totale à cause de Lady Venamia, et de la GSR qui l'a propulsée là où elle est. Nous ne devons pas commettre la même erreur qu'à Kanto. Notre armée ne sera efficace que si elle est dirigée par un seul homme, avec pour seul intérêt notre défense. Ce sont nos divisions internes qui ont dressé la population de Kanto contre nous et qui ont fait que la Team Rocket a triomphé. Nous devons être solidaires et forts. Nous devons opposé un front commun, d'une même voix forte !

Jeremy Cowens balayait le discours d'Erend d'un revers de main.

- Ces platitudes pourraient à la rigueur impressionner nos plus jeunes soldats, mais pas nous. Nous sommes bien au dessus de ces absurdités.

- Des absurdités ? Répéta Erend. Je vous parle du destin de Johkan.

- Johkan ? Ricana Crayns. C'est nous, Johkan !

Erend secoua la tête, atterré.

- Johkan est à ses citoyens avant d'être à vous, Crayns. Notre armée est la leur, pas la vôtre. Elle sert à les défendre eux, pas vos intérêts personnels.

- C'est nous qui avons levé cette armée, mon garçon ! Gronda le comte Chumfort. Avant, il n'y en avait pas du tout, nous dépendions exclusivement du bon vouloir des G-Man. C'est grâce à nos fonds personnels que nous avons créé ce système de défense. Il est naturel que nous en tirions les premiers bénéfices.

- Si Venamia parvint à prendre totalement le pouvoir sur Johkan, il n'y aura plus de bénéfice pour qui que ce soit, tempéra Erend. Je sais que chacun de vous à sa propre milice au sein de l'armée de Johto. Van Der Noob n'est qu'une figure de proue. On ne peut pas continuer ainsi. Il faut que l'armée ait un seul chef. Il faut que Johto ait un seul chef.

- Et ce seul chef, c'est vous j'imagine ? Ironisa Regeldy.

- Je ne sais pas. Mais pour l'instant, j'ai l'impression que c'est moi en effet qui en est le plus capable.

Le comte Chumfort se leva.

- J'en ai assez entendu. Ceci n'est qu'une tentative de prise de pouvoir bien mal déguisée de votre part, Igeus. J'ai dépensé bien plus que vous tous pour accroitre mon potentiel militaire. Il est hors de question que je vous laisse mes hommes. Je suis celui qui les paie, et ils vont venir avec moi pour défendre mes propriétés.

Il s'apprêtait à sortir, mais Erend appuya sur un bouton au dossier de sa chaise, et la porte se referma au nez du comte.

- Qu'est-ce que cela signifie ?! Aboya-t-il.

- Personne ne sort avant qu'on ne se soit entendu, dit calmement Erend. Je refuse de laisser Venamia gagner à cause de vos attitudes infantiles. Assez-vous, Chumfort. Je veux qu'un chef soit désigné pour notre armée. Alors seulement nous pourrons tous sortir.

La réunion dura longtemps. D'heure en heure, les disputes se firent de plus en plus virulentes et absurdes. Les rivalités entre Dignitaires éclataient ; on sortait de l'oubli d'anciennes vengeances, des traîtrises et des menaces de représailles qu'ils s'envoyaient mutuellement à la figure. Pas un seul d'entre eux n'arrivait à s'entendre pour qu'un soit leur meneur. Ils voulaient tous leur part du gâteau, sans se soucier aucunement de la menace que représentait Venamia.
Tout d'abord, Erend avait été irrité, mais il garda espoir. Au bout de deux heures, il tentait tant bien que mal de contenir sa colère et son envie de leur cogner le crâne. Au bout de trois, il ne parvint même plus à cacher son mépris. Enfin, Cowens perdit le contrôle de lui-même au cour d'une violente dispute avec Regeldy. Il quitta son siège pour sauter sur l'autre Dignitaires, et les deux hommes tombèrent au sol avec force de jurons. Les autres Dignitaires, à l'exception de Wasdens qui regardait le spectacle d'un air attristé, se mirent à applaudir ou à hurler encore plus fort. Soudain, Erend en eu assez.

- CELA SUFFIT !

Il s'était levé, et regardait l'assemblée avec une expression de profond dégoût. Tous firent silence, surpris par le ton d'Erend, qui ne s'énervait jamais.

- J'avais l'intention de me ranger derrière l'un d'entre vous ; n'importe lequel, du moment que son but était de combattre Venamia, cracha-t-il. Je n'avais pas l'intention d'usurper votre pouvoir. Mais je n'ai pas le choix, apparemment. Je ne peux pas laisser le sort de Johto entre les mains de pareils idiots.

Il s'accrocha sur le visage un masque respiratoire similaire à celui qu'il avait donné à Lance. Il en lança un autre à Silvestre Wasdens, qui l'attrapa instinctivement, mais sans savoir quoi en faire. Puis Erend fit un signe de tête à l'adresse de Ladytus, restée en retrait. Le Pokemon contracta alors les feuilles bleus et roses de son corps, et laissa s'échapper partout dans la pièce une poudre violette qui se propagea rapidement. Une attaque Poudre Toxik. Mortelle dans un espace clos, comme celui-ci.
Comprenant ce qui était en train de se passer, Lance et Wasdens mirent leurs masques. Les autres Dignitaires hurlèrent à l'unisson. Erend se dit avec ironie qu'ils avaient enfin trouvé un moyen de faire quelque chose en commun. Cowens et trois autres se ruèrent vers la porte verrouillée et se mirent à lui taper dessus, à la griffer désespérément, mais c'était inutile, elle ne s'ouvrirait que sur commande d'Erend.

Les Dignitaires ne tardèrent pas à s'effondrer les uns contre les autres, leurs corps entremêlés, toussant, crachant et vomissant. Crayns, lui, était encore debout, et dévisageait Erend avec des yeux injectés de sang. Il tira un petit poignard dissimulé sous sa ceinture, et s'avança vers lui, décidé à le tuer et à lui prendre son masque. Erend ne bougea pas, se contentant de le dévisager avec un intérêt poli. Quand Crayns frappa, Erend se contenta de bloquer son coup, avec les techniques d'auto-défense que lui avait apprises Ithil. Il regarda Crayns s'effondrer devant lui. Etrangement, ce fut l'obèse comte Chumfort qui fut le dernier à mourir. Quand tout fut terminé, Erend ouvrit la porte magnétique et dispersa les toxines en activant la ventilation. Lance retira son masque, dégouté et en colère.

- Par Arceus, qu'avez-vous fait ?!

- Ce qui était nécessaire, général, répondit calmement Erend. Je ne pouvais pas les laisser démanteler notre armée. Eux morts, Van Der Noob et les soldats continueront à n'obéir qu'à moi, si tant est qu'on leur fait croire que la Team Rocket est responsable.

- Mais, par les dieux, c'est un meurtre ! Rien ne justifie cela !

- La vie de tous les citoyens de Johto le justifie, contra Erend. Que dis-je, c'est la vie de tous les citoyens du monde ! Vous avez vu ce que ces crétins ont fait à Kanto. C'était désagréable, mais c'était une chose à faire.

Il s'adressa ensuite à Wasdens, qui regardait les cadavres de ses anciens collègues avec horreur, incapable de prononcer le moindre mot.

- J'ai décidé que vous méritiez de vivre, à l'inverse d'eux. Voudriez-vous travailler avec moi, dans le seul intérêt de la nation, monsieur Wasdens ?

Silvestre le regarda comme s'il ne l'avait jamais vu, comme si en cet instant, Erend Igeus s'était transformé en un autre homme. Puis il hocha la tête. Qu'aurait-il pu faire d'autre ? Lance sentit une goute de sueur froide couler dans son dos quand il vit le sourire d'Erend. Il savait que le jeune Igeus se battait pour une cause juste, pour le bien commun, pour la liberté et la paix, à l'inverse de Venamia. Mais il partageait quelque chose avec l'Agent 002 de la Team Rocket. Comme elle, il ne s'embarrassait pas de scrupules pour atteindre son but.


***


Lady Venamia prit place sur son siège à l'Assemblée alors qu'elle était en plein débat. Les prises de paroles étaient vives et virulentes. Il s'agissait de savoir quelle réponse donner à la libération du général Lance et des Dignitaires. Personne ici ne doutait qu'Igeus soit derrière tout ça, mais personne n'avait de preuve tangible. Et Venamia savait que sans preuve, le Chef d'Etat Giovanni ne ferait rien du tout. Il était trop lâche pour cela. Toujours à tempérer, à trouver des excuses... Il ne voulait pas de la guerre, même si elle s'annonçait inévitable. Et pour l'éviter, il était prêt à s'écraser de plus en plus devant Igeus.

- Les lois internationales sont claires, disait Giovanni du haut de son estrade réservée au Chef d'Etat. Tant qu'il n'y a pas eu d'attaque sur notre territoire, nous ne pouvons nous livrer à quelque représailles que ce soit. Des régions comme Hoenn et Almia nous ont déjà à l'œil. Si nous bafouons les lois de la guerre, il ne fait aucun doute qu'ils s'allieront à Johto contre nous ! La seule solution réside dans la négociation.

Le sénateur Traest Treymar, leader du groupe des neutres à l'Assemblée, se leva pour prendre la parole. Venamia s'attendait à ce qu'il soutienne Giovanni, comme d'habitude à chaque fois qu'il parlait de paix et de négociation, mais étrangement, il parut sceptique dans ses propos.

- Notre honorable Chef d'Etat dit vrai sur la forme. Mais dans le fond, qu'en est-il ? Doit-on laisser Johto se moquer de nous indéfiniment ? Il ne fait aucun doute qu'Erend Igeus est responsable de l'attaque de cette prison, même si nous pouvons le prouver. Les autres régions le savent aussi. Doit-on passer pour les dindons de la farce à leurs yeux, alors qu'Igeus s'amuse de notre incapacité à réagir ?

Giovanni parut surpris, ainsi que plusieurs autre membres de l'Assemblée. Venamia également. D'habitude, Treymar soutenait toujours Giovanni sur ces questions.

- Il est vrai que c'est un point pour lui, admit Giovanni. Mais nous pouvons fermer les yeux sur la libération de Lance et des Dignitaires si Igeus se tient à carreau par la suite. Plus rien ne l'intéresserait chez nous, et entre nous, les Dignitaires qu'il a libéré lui causeront plus de soucis que d'avantages.

- Prenez garde avec Erend Igeus, monsieur le Chef d'Etat, le prévint Treymar. Il n'est pas du genre à s'arrêter en cour de route. Si vous lui tendez le doigt, il vous dévorera le bras entier. Il faudra, un moment ou un autre, se montrer ferme.

Il y eut pas mal de murmures de surprise dans les bancs de l'Assemblée. Ça ne ressemblait pas à Treymar de parler ainsi, lui qui avait toujours été partisan de la paix avec Johto et un farouche opposant de la GSR. Venamia se tourna vers son collègue de droite, Borris Vlanio, un de ses sénateurs du groupe GSR.

- Qu'est-ce qui lui prend, à Treymar ? Le Boss et lui se sont fâchés ou quoi ?

- Nous n'en savons rien, madame, répondit Vlanio en haussant les épaules. Nous n'avons pas eu vent d'une rencontre entre eux depuis une semaine pourtant.

Venamia eut une moue de mépris. Ça devait être encore de la basse politique. Treymar se montrait un peu plus virulent contre la politique du Boss parce qu'il devait attendre une meilleure offre de sa part, ou un truc comme ça. Pourtant, Treymar ne lui avait pas paru être ce genre d'homme.
La parole fit le tour de l'hémicycle. Sans surprise, le professeur Chen, leader du groupe des dresseurs et des anti-Rocket, approuva Giovanni en affirmant que la recherche de la paix devait être leur priorité. Il ajouta que le général Peter Lance était un homme raisonnable et qu'il pourrait guider Erend Igeus vers la table des négociations. Idriaxas Bundow, leader du groupe des entrepreneurs et commerçants, parla aussi en faveur de la paix. Tous savaient que la guerre était mauvais pour le commerce.

Suzanne Ambrisia, porte parole du parti « Kanto de demain », qui soutenait la GSR, ne mâcha pas ses mots sur la nécessité d'annihiler au plus vite la menace de Johto afin de porter le règne du Protectorat de Kanto sur toute la région Johkan. Venamia aimait bien Ambrisia. C'était une fanatique, bien sûr, mais elle était charismatique et pas mal de monde l'écoutait. Du coté du groupe de la Team Rocket, comme Estelle n'était pas là, ce fut un de ses hommes de confiance, le général Garmi Iblos, qui accorda son soutien à Giovanni. Venamia s'interrogeait sur l'absence de 005 lors d'une session aussi importante. Ça ne lui ressemblait pas. Il allait falloir qu'elle sache où elle était passée. Garder ses ennemis à l'œil était indispensable.
Quand ce fut au tour du groupe GSR de prendre la parole, Venamia se leva et balaya du regard l'ensemble des sénateurs, comme s'ils n'étaient tous que des vers de terre sans importance. Elle s'adressa directement à Giovanni comme si les autre n'étaient pas là.

- Je ne vais pas m'éterniser, Chef d'Etat. Vous savez parfaitement ce que je pense. Igeus a démontré qu'il était capable de s'infiltrer chez nous et de violer une de nos prisons les plus sécurisées. Dès lors, qu'est-ce qui l'empêcherait d'envoyer un assassin contre vous ? Ou contre n'importe quel membre de cette assemblée ?

- Ce serait plutôt vous qu'il viserait, n'est-ce pas, colonel Crust ? Demanda le professeur Chen.

Il y eut quelque rires étouffés. Venamia tourna lentement la tête vers Chen. Ce dernier avait toujours refusé de l'appeler Lady Venamia, ou même Agent 002. Il s'en tenait à son nom et grade, dans une attitude de défi tout à fait amusante.

- Je remercie le professeur Chen de sa sollicitude à mon égard, répondit Venamia. Mais je peux le rassurer. L'assassin qui réussira à me tuer n'est pas encore né. Hélas, la plupart des sénateurs ici présent n'ont pas cette chance. J'ai appris à connaître Igeus lors de la guerre. Il est retord. Beaucoup ici et ailleurs le considère à tort comme une espèce de saint, notamment à cause de sa vague réputation dans la région Bakan.

- Vague réputation ? S'exclama le général Iblos. Il a été le symbole de la lutte contre ce tyran venu d'un autre monde. Tout Bakan le reconnait comme un héros ! Il a réunifié deux pays ennemis depuis des siècles, et est parvenu à un accord avec Stormy Sky pour la tenir à distance de la région, et ce à seulement quatorze ans ! Dîtes-moi, Lady Venamia, que faisiez-vous, à quatorze ans ? Toujours en train de vous empêtrer les pieds dans les obstacles de la course d'entraînement du commandant Penan ?

Nouvelle salve de rire, surtout venue du camps d'Estelle. Venamia s'ingénia à conserver son calme et surtout à se retenir de faire comme le fameux tyran de Bakan en utilisant Ecleus pour griller sur place tous ces imbéciles heureux.

- Vous avez l'air de l'admirer, général Iblos. Peut-être serait-il mieux que vous enleviez votre uniforme Rocket et que vous passer celle des forces armées de Johto ?

- Il me sera sûrement plus agréable de le porter plutôt que celui de votre GSR, répliqua Iblos.

Avant que Venamia ne réplique, Giovanni se dépêcha de rétablir le calme en frappant de son marteau sur l'estrade présidentielle.

- Tâchons de conserver notre calme.

- Vous ne voyez pas ce qu'Igeus essaye de faire ? S'impatienta Venamia. Il sait qu'il ne risque rien de nous et qu'il pourra continuer à nous narguer sur notre propre territoire tant que nous serons divisés ! Le Protectorat de Kanto ne sera fort que s'il est uni ! Ces discussions interminables sont aussi inutiles qu'absurdes. Il nous faut agir si l'on veut conserver notre souverainement durement acquise, et l'étendre à d'autre nations, montrant ainsi notre puissance au monde. Si vous n'agissez pas, j'agirai à votre place !

- Vous ferez ce que l'Assemblée aura décidé, pas autre chose, Agent 002, répliqua sèchement Giovanni. Jusqu'à nouvel ordre, la GSR appartient à la Team Rocket, et la Team Rocket est l'armée de protection de Kanto, qui dépend des décisions de l'Assemblée.

Les partisans Rockets de Giovanni se levèrent pour applaudir bruyamment cette rare marque de courage. Il était en effet peu courant que le Chef d'Etat ose remettre Venamia à sa place. Mais la GSR n'entendait pas se laisser faire. Les soutiens de Venamia se levèrent à leur tour, le poing levé devant eux, et se mirent à chanter la Marche de la Gloire, l'hymne de la GSR. Tandis qu'ils se faisaient huer par le camps d'en face, Venamia termina son allocution.

- La GSR a été crée pour défendre et mener les idéaux de la Team Rocket. À l'époque, ils étaient encore la conquête, l'idée d'un nouveau monde, la force et l'ambition. Si ces idéaux ne sont plus ceux de la Team Rocket aujourd'hui, alors la GSR n'a plus rien à faire en son sein. J'annonce à ce moment même que le groupe GSR à l'Assemblée ne sera plus affilié à celui de la Team Rocket. Mes camarades et moi sommes désormais indépendants !

Ce fut un tollé à l'Assemblée. La moitié des sénateurs applaudirent Venamia, l'autre moitié se mirent à l'insulter et à lui crier dessus, tandis que Giovanni tentait vainement de ramener le calme. Quant à Venamia, elle quitta l'Assemblée, passant devant ses hommes de la GSR qui l'escortaient de chaque cotés en continuant de chanter haut et fort :

- Et c'est pour cela que le destin nous guide, nous la Garde Suprême des Rockets. Entendez-vous cette marche endiablée ? La GSR ne pourra que gagner !

Venamia sourit. Oui, la victoire ne pouvait pas lui échapper. Il était temps qu'elle trouve un moyen d'en finir avec Igeus. La X-Squad était en ce moment même en réunion avec les Gardiens de l'Innocence pour combattre les Agents de la Corruption, donc elle n'allait pas lui mettre de bâtons dans les roues. Que Silas se charge donc des Gardiens et tienne la X-Squad occupée. Quand Venamia en aurait terminé avec Igeus et Johto, elle se chargerai d'éliminer les gêneurs qu'il resterait. Que ce soit les Gardiens, Silas ou même la X-Squad.