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Cinhol, le Royaume Perdu de Malak



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» Auteur : Malak - Voir le profil
» Créé le 02/05/2014 à 08:26
» Dernière mise à jour le 15/02/2016 à 00:21

» Mots-clés :   Aventure   Fantastique   Médiéval   Présence de Pokémon inventés   Région inventée

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Chapitre 39 : Objectif Ancien Monde
J'écris ces dernières lignes, au moment où l'armée Républicaine est aux portes de Cinhol. Des portes que j'ai ouvertes moi-même, provoquant donc au passage la mort de beaucoup de mes anciens camarades. Très bientôt, je serai face à mon ami. Je ne survivrai peut-être pas à cette rencontre. Je ne le désire pas, d'ailleurs, avec tous les péchés que j'ai sur mon âme. Mais je dois l'arrêter. C'est la dernière chose que je dois faire. Mon meilleur ami, Castel...



*****




Quand Castel sorti de la dimension de la météorite et revint dans la salle du château, à moitié détruite, Venisi était là pour l'accueillir. Il n'y avait aucun changement visible en Adam, pourtant la Veuve Grise s'inclina promptement devant lui, la voix lourde d'émotion.

- Mon roi. Vous êtes de retour ? Pour de bon ? M'êtes-vous réellement revenu ?

Castel sourit et lui prit la main pour la relever.

- Oui ma douce, je suis enfin moi. J'ai retrouvé l'intégrité de mon corps, et je l'ai libéré de la malédiction de la météorite. Désormais, je ne rajeunirai plus. Je vieillirai et puis je mourrai comme tout le monde. Mais avant cela...

Les yeux bleus de Castel luisirent d'une flamme de désir sauvage.

- Avant cela, je vais reprendre mon plan où Uriel l'a stoppé. Je vais détruire l'Ancien Monde, ma douce. Je vais enfin pouvoir venger ce qu'ils t'ont fait ! Et grâce à toute l'énergie négative que la météorite aura emmagasinée de mon massacre là-bas, je te ramènerai pour de bon. Tu retrouveras toi aussi ton vrai corps, et nous pourrons passer nos vies ensemble, tandis que nous créerons une nouvelle lignée pour notre bien aimé royaume.

- J'en suis heureuse, mon doux Castel, murmura Venisi. Mais pourquoi avoir de nouveaux descendants ? Vous comptez supprimer Nirina ?

Castel haussa un sourcil.

- Te serais-tu attachée à cette enfant depuis que tu la sers en tant que Haut Protecteur ?

- Non mon roi. Elle n'est rien pour moi. Mais elle est de votre sang. De notre sang.

- Son esprit a été pollué par Uriel, répliqua Castel. Quant à son rejeton, il n'est qu'un bâtard. Et puis, notre sang s'est grandement réduit dans cette lignée au fil des ans, tandis que les rois et reines se mirent à épouser des étrangers. Non, ma douce. Nous allons la refonder. Une lignée totalement pure, et qui le restera.

- Oui mon roi. Vous comptez alors la supprimer, elle et son fils ?

- Non. Du moins pas immédiatement. J'ai besoin d'Astarias pour me rallier la fidélité des soldats de Cinhol, et d'Isgon pour ceux du Rimerlot. Avec Nirina et son fils en mon pouvoir, je peux faire pression sur eux et m'assurer leur loyauté.

Le regard de Castel tomba sur Shinobourge qui se tenait aux cotés de Venisi. Le Pokemon inclina la tête. Castel la lui tapota gentiment.

- Tu as bien travaillé, mon ami. Je suis content de toi. Tu m'as protégé alors que mon corps était contrôlé par une autre personnalité. Une personnalité faible et impuissante. Mais désormais, je suis de retour. Nous allons retourner au combat comme autrefois, mon tout premier Pokemon.

Puis Venisi lui tendit la fourche d'Hafodes et les quatre autre Pokeball. Castel s'adressa d'abord à la fourche rouge.

- Toi aussi, tu m'as manqué, mon fidèle Hafodes, symbole de mon pouvoir. Tu retrouveras bientôt ta forme réelle, et tu brûleras l'Ancien Monde pour moi.

Enfin, il fit sortir ses autres Pokemon. Soprielo, Squablarto, Etrurien et Diamoth. Comprenant que leur dresseur d'origine était revenu, tous se prosternèrent devant lui.

- Comme vous avez du souffrir vous tous, entre les mains de tous ces rois et reines incompétents et idiots... Je vous ai abandonné durant longtemps. Combien de fois êtes-vous morts et avez-vous ressuscité ? Sans doute autant de fois que je suis redevenu un nourrisson. Je viens d'être libéré de cette malédiction, mais pas vous. Pour vous, c'est une bénédiction. Vous ne perdez rien de vos anciennes personnalités et souvenirs, et vous avez une vie longue et entière. De plus, quand on vous tue, vous vous retransformez en œuf également. Moi, si on me tuait, ça aurait été pour de bon. Vous êtes au-dessus des autres Pokemon, car vous êtes les miens. Nous allons montrer à notre puissance commune, même à cet arrogant et hypocrite d'Arceus.

Castel leva alors sa fourche vers le plafond, comme pour défier le dieu.

- Tu m'entends, Arceus ?! Moi qui ai toujours œuvré pour les Pokemon, tu n'as cessé de te mettre au travers de ma route ! Tu as nommé Uriel Sauveur du Millénaire ! Tu m'as volé ma femme ! Tu as fait de moi un être immortel et incomplet durant cinq siècles ! Et tout cela pourquoi ? Pour protéger les humains de l'Ancien Monde, ceux-là même qui asservissent les tiens ?! Tu n'es pas digne d'être dieu ! Après avoir écrasé l'Ancien Monde, je viendrai te défier et prendre ta place en tant que véritable dieu ! Moi, Castel Haldar, je deviendrai le dieu des Pokemon, et je ferai des humains mes esclaves !

Ni Venisi ni les Pokemon ne prononcèrent un son durant le discours mégalomane de Castel. Ce dernier finit par abaisser sa fourche, et se mettre à ricaner doucement.

- Arceus me craint. Et il a raison. Il sait très bien que quand il m'a tourné le dos, moi, je me suis trouvé un nouvel allié, bien plus puissant que lui. C'est grâce à lui que j'ai Hafodes à ma disposition. Je dois tenir la promesse que je lui ai faite. C'est aussi pour cela que nous retournons dans l'Ancien Monde, ma douce.

- Oui, mon seigneur, acquiesça Venisi.

- L'ère des Dieux Pokemon touche à sa fin. Très bientôt, la planète Terre aura de nouveaux maîtres.


***


Le roi Adam, tout juste revenu de ce monde lié à la météorite, avait demandé à ce que tout son état-major, les chefs de la flotte de Stormy Sky ainsi que Leaf et Anis se rendent dans la salle du trône, où il allait faire une déclaration. Déjà, les soldats chuchotaient que le roi avait vaincu Ryates et banni l'esprit d'Uriel a tout jamais, et déjà, on chantait des louanges à son nom.

Leaf aurait aimé faire de même, mais les révélations d'Anis l'avaient assommé. Si ce qu'elle disait était vrai, Castel avait fait en sorte de suivre Uriel dans ce monde uniquement pour dérober le corps d'Adam. Non, pas le corps d'Adam... Son propre corps. Anis en était tristement certaine : Adam n'avait jamais été la réincarnation de Castel. Il était Castel lui-même. Le garçon nommé Adam Velgos que Leaf avait appris à apprécier et même à aimer n'était qu'une ombre, une personnalité qui s'était manifestée uniquement parce que Castel avait replié son esprit sur lui-même, pour éviter la disparition pure et simple.

Mais ce n'était le pire qu'Anis avait découvert. Selon elle, ce n'était pas Uriel qui était responsable de tous les maux de Cinhol jusque-là, mais bel et bien Castel. Le Fondateur avait menti, il avait falsifié l'histoire réelle pour la remplir de mensonges sur lui et Uriel. Et maintenant qu'il était de retour, Adam avait sans doute disparu à jamais, et Castel était le seul maître de ce corps.

Leaf n'arrivait pas à croire qu'Adam n'était plus. Même si ce que disait Anis était vrai, il devait être encore là, quelque part dans ce corps. Elle ne pouvait imaginer qu'Adam était mort. Même si ce n'était pas le terme exact, en réalité, comme l'avait précisé Anis sans prendre garde à la sensibilité de Leaf. Adam n'avait jamais réellement vécu. Leaf ne pouvait l'accepter. Qu'Adam eut disparu, soit, mais jamais elle ne pourrait croire qu'il n'avait été qu'une illusion, qu'une personnalité temporaire d'un odieux manipulateur.

Elle avait supplié Anis d'agir. Alerter les autres, Deornas, Astarias, Isgon, et faire emprisonner Castel pour trouver un moyen de ramener Adam. Mais Anis avait secoué la tête. Personne ne les croirait, et Castel ne tarderai pas à les faire taire. Elles devaient continuer à jouer les ignorantes, pour leur sécurité, mais aussi pour cerner les véritables intentions de Castel, pour ensuite trouver le meilleur moyen pour agir.

Aussi, quand Leaf pénétra dans la salle du trône, et quand elle vit Adam sur le merveilleux fauteuil royal, elle utilisa toute sa volonté pour se dire : « Ce n'est pas Adam. C'est Castel. Un ennemi. Ne l'oublie pas ». Difficile à dire, pourtant. Adam était comme à l'ordinaire, si ce n'était plus calme, plus droit, plus sûr de lui. Rien que ça, ça aurait dû la faire tiquer bien sûr. Adam n'était jamais sûr de lui. Il était toujours hésitant, toujours à peser le pour et le contre de chaque chose, et jamais à l'aise devant tant de personne devant lui. Alors que là, l'homme devant elle regardait la foule avec une certaine hauteur, comme si tout le monde lui appartenait.

Ses cinq Pokemon étaient postés tout autour de son trône, et il tenait Hafodes dans une main, Meminyar dans l'autre. À ses côtés, il y avait la femme voilée, Venisi. Elle aussi était bien plus que ce qu'on pouvait penser. Anis avait dit qu'en réalité, elle était Enysia, qui, loin d'être la femme d'Uriel, était en réalité celle de Castel. Bien sûr, elle était censée être morte depuis longtemps, mais selon Anis, Castel aurait utilisé le pouvoir de la météorite ainsi qu'un savoir ancien et supérieur qu'il aurait appris quelque part pour recréer sa défunte épouse. Il avait rappelé son âme du Royaume des Morts, et lui avait créé un corps. Un corps immortel, mais imparfait. Quant à son âme, elle était tout aussi incomplète, faisant de Venisi que l'ombre de ce qu'avait été Enysia.
Castel se leva et s'adressa à la foule :

- Mes chers sujets. Aujourd'hui est le jour de notre victoire. Je vous annonce avec joie que j'ai triomphé de nos ennemis. Ryates est mort, l'âme noire d'Uriel a à jamais été anéantie, et Nirina est blessée et privée de ses Pokemon. Cinhol est à nous.

Une ovation salua les paroles de Castel.

- Mais je n'ai pas fait tout cela tout seul, reprit le roi. Si je suis assis ici maintenant, c'est grâce au courage et à la loyauté de chacun d'entre vous, et surtout de ceux qui ne sont plus là. Je leur rends hommage, et je prie pour qu'Arceus leur accorde la miséricorde qu'il mérite pour avoir servi la justice. J'ai maintenant d'importantes annonces à vous faire.

Un moment de silence, puis Castel reprit, la voix plus hésitante - ou semblant l'être.

- Je dois d'abord vous annoncer que le meilleur d'entre nous n'est plus. Castel Haldar, le Fondateur, mon ancêtre, le Sauveur du Millénaire, a donné sa vie pour moi, afin qu'Uriel soit vaincu. Son esprit a quitté mon corps et a affronté celui d'Uriel. Ils se sont autodétruits.

L'assemblée eut du mal à assimiler cette annonce. Il y eu des cris, des pleurs, des lamentations, des prières. Castel lui-même se permit de verser quelques larmes. Leaf serra les poings, et ne retenu pas les siennes. Des larmes de colère pour la pourriture en face d'elle, et de peine pour celui qui avait réellement disparu.

- Castel nous a guidés. Il a été un symbole pour nous tous, depuis tant de temps. Jamais il n'a abandonné le combat pour Cinhol, même dans la mort, même réduit à l'état d'esprit désincarné. Il a toujours combattu le Rejeté de la Lumière afin de protéger notre royaume. Notre victoire est la sienne. En son honneur, je vais rejeter mon nom de l'Ancien Monde, et prendre le sien. Désormais, je suis Castel Haldar II.

Stupéfaite, Leaf pensa que ceci allait au moins attirer un minimum de soupçons de la part des gens rassemblés, mais à son grand désarroi, il n'en fut rien. Tous les hommes de Cinhol s'inclinèrent devant lui et se mirent à scander son nom :

- Castel Second ! Vive le roi Castel !

Effarée, Leaf échangea un regard avec Anis, une rangée derrière elle. Elle avait l'air sombre, mais son regard lui signifia la prudence.

- Autre chose, reprit Castel. J'aimerai préciser que Lady Venisi, à mes côtés, est et a toujours été une fidèle servante de la dynastie Haldar, et a toujours agis contre Ryates et l'influence néfaste qu'il avait sur la précédente reine. Tout comme mon oncle Astarias, elle est lavée de tout soupçon de trahison, et devient l'une de mes plus fidèles conseillères.

Cette fois au moins, il y eu quelque surpris. Dont Deornas, Isgon et Astarias. Mais sans doute s'imaginaient-ils qu'Adam savait des choses qu'ils ignoraient.

- En ce qui concerne nos ennemis, tous les soldats de Nirina se verront accordés ma grâce royale du moment qu'ils me jurent allégeance. Je ne leur en veux pas d'avoir servi ma sœur. Il en va de même pour ses conseillers, et les seigneurs de nations alliées qui l'ont aidé. En ce qui concerne Nirina elle-même, comme vous le savez, elle a été mortellement blessée par Ryates, et est actuellement soignée par les médecins très compétents de nos amis de Stormy Sky. Quand elle sera sûre d'être sauvée, elle sera emprisonnée dans le Puits Carcéral du palais, comme Lady Venisi me l'a conseillé.

Il y eu certain applaudissements, mais Astarias protesta très vite. Son visage avait été sévèrement brûlé lors de la bataille, et il en garderait les traces pour le restant de ses jours.

- Majesté ! Le Puits Carcéral est la prison la plus infâme de Cinhol ! Nous n'y jetons que les pires criminels, ceux pour qui la mort serait une sentence trop douce. Ce n'est assurément pas un endroit pour une fille de roi !

- Le sang n'a pas à jouer, mon oncle, répliqua calmement Castel. Nirina est responsable de bien des crimes, et elle devra y répondre. Je sais qu'elle était manipulée par Ryates et Uriel, mais ça n'enlève rien à ce qu'elle a fait et ce qu'elle doit. Elle y restera le temps que je prenne une décision à son sujet.

- Si vous l'enfermez là-bas, elle mourra, sire. La plupart des hommes enfermés au Puits, c'est elle qui les a mis là. Dès qu'elle mettra le pied là-dedans, ils la tueront, non sans l'avoir torturé indéfiniment.

- Elle aura une cellule pour elle seule, qui sera fermée. Personne ne pourra y rentrer. Ne vous inquiétez pas, mon oncle. Je tiendrai ma promesse à votre égard. Nirina vivra... tant que vous respecterez votre propre serment.

La menace n'était que trop claire, pour tout le monde. Si Astarias s'avisait de faire un seul pas de travers, c'en était fini de Nirina. Bien que Leaf n'appréciait pas particulièrement l'ancienne reine, l'attitude de Castel la dégoutait. À peine roi, il se servait déjà du chantage. Astarias dut le comprendre parfaitement, aussi hocha-t-il la tête avec humilité, mais la lueur sombre dans ses yeux n'échappa pas à Leaf.

- Et en ce qui concerne le fils de Nirina, sire ? Demanda le duc Isgon. Le jeune prince Alroy ?

Castel haussa les épaules.

- Je n'ai rien à reprocher à ce garçon. Il restera libre, à l'intérieur du palais. Je compte le mettre sous ma garde.

- Sauf votre respect sire, j'aimerai l'emmener avec moi, à Naglima. C'est mon petit-fils, et désormais mon seul héritier, par Arceus !

- C'est peut-être votre petit-fils, duc, mais c'est aussi un Haldar. Selon les lois de ce royaume, il est mon successeur et héritier tant que je n'aurai pas eu d'enfant. Je souhaite pour cela le garder près de moi. J'espère que vous comprenez ?

Isgon semblait mécontent, mais eut la sagesse de ne rien dire. Castel se tourna ensuite vers l'Amiral Rashok et ses dix capitaines, dont Syal, qui attendaient un peu en retrait. Castel leur servit son plus beau sourire.

- À nos alliés de Stormy Sky, je dis merci. La victoire n'aurait pas été possible sans leur intervention rapide et décisive. Vous avez la reconnaissance et l'amitié éternelle du royaume de Cinhol.

Rashok fit une légère courbette, avec un poil d'ironie dans ce geste.

- Votre Majesté est trop aimable, mais Stormy Sky attend un peu plus que votre amitié, comme vous l'avez promis.

Castel ne perdit pas son sourire.

- Bien sûr. Mais je vais me permettre de modifier un peu les termes de notre marché. Je vous ai promis 30% des terres de ce monde. Je vais vous donner des terres, mais pas de ce monde ci.

Rashok fronça les sourcils, soupçonneux.

- Que voulez-vous dire ?

- Je vous donnerai des terres de l'Ancien Monde... votre monde réel. Je vais vous donner la région Bakan entière.

Il y eut un moment de confusion, durant lequel les capitaines murmurèrent entre eux. L'Amiral secoua la tête.

- Aux dernières nouvelles, vous étiez roi de Cinhol, pas de Bakan. Je doute que vous puissiez nous donner ce qui n'est pas à vous.

- C'est un problème facile à régler, fit Castel. Ce sera ma dernière annonce. Très bientôt, une fois que nous aurons récupéré nos forces et restructuré notre armée, nous lancerons un assaut contre l'Ancien Monde. Pour le conquérir.

Là, silence total. Personne ne pipa mot, saisissant avec peine l'énormité de ce que venait de déclarer Castel.

- Depuis de trop nombreuses années, reprit le roi, Cinhol se bat contre lui-même. Des guerres de conquêtes, des guerres de rivalité, des guerres entre rois. Nous en avons totalement oublié notre premier et véritable ennemi : la République de Bakan, contre qui notre Fondateur bien aimé s'était élevé il y a cinq cent ans. L'Ancien Monde est notre patrie, c'est de là que nous venons. Le but de Cinhol a toujours été de s'agrandir pour devenir de plus en plus puissant. Nous avons conquit la quasi-totalité de ce monde. Il est donc temps de revenir à l'ancien. Grâce aux anneaux de Ryates, c'est désormais chose possible. Nous reviendrons hanter la République de Bakan, et prendre ce qui aurait dû être à nous. Et ensuite, ce sera le reste du monde.

Leaf ne put s'empêcher d'intervenir. Elle l'aurait de toute façon fait même sans savoir qu'elle parlait à Castel.

- C'est de la folie ! La République est cent fois plus forte que Cinhol ! Elle a la technologie, elle a les Pokemon !

- Certes, mais nous, nous sommes bien plus nombreux, et moi aussi j'ai mes Pokemon. Grâce à Hafodes, personne là-bas ne pourra m'inquiéter. Et on aura nos amis de Stormy Sky avec nous.

- Ce n'est pas qu'une question de force ! Protesta Leaf. Pourquoi s'en prendre au monde réel ? La guerre entre Bakan et Cinhol, c'était il y a cinq cent ans ! La plupart des habitants de Bakan ne savent même plus ce qu'est Cinhol. Tu vas apporter la guerre à des millions d'innocents !

- Le peuple n'est pas mon objectif, Leaf. Je veux faire tomber la République. Seulement le Sénat et ses dirigeants. Les civils n'auront rien à craindre.

- Une guerre n'épargne jamais les civils, tu le sais. Tout le monde sera touché. L'Académie Velgos. Nos camarades de classe. Et même Sophia, ta mère adoptive. Adam, tu ne peux pas faire ça !

Leaf s'était adressé à Adam, dans l'espoir de pouvoir l'atteindre, de croire qu'il existait toujours en Castel, et qu'il se révoltait face à cette idée. Mais Leaf ne rencontra que le regard froid de Castel Haldar.

- J'aimerai que tu n'utilises plus mon ancien nom. Je suis Castel Haldar II. Et personne ne se trouvant dans l'Ancien Monde a de l'importance pour moi. Je ne suis pas de là-bas. Je suis de Cinhol. Mon sang et mon nom viennent de ce royaume. L'Ancien Monde est mon ennemi naturel.

Leaf allait répliquer vertement, et sans doute mettre sa vie en danger, quand Anis lui toucha l'épaule derrière elle. Son regard d'avertissement lui fit refermer la bouche. Elle ne pourrait rien faire ici. Le duc Isgon intervint à son tour.

- Sire, j'ai moi aussi quelques inquiétudes. Nos hommes viennent tout juste de sortir d'une guerre que vous en déclarez une seconde. Nous nous sommes battus pour libérer Cinhol de la tyrannie de Nirina, pour nous défendre. Envahir l'Ancien Monde n'a rien de défensif. Ils ne peuvent pas nous atteindre. C'est tout bonnement une attaque en règle. Je crains que Naglima ne soit pas de la partie.

- Ça me navrerait énormément, duc Isgon.

- J'en suis désolé, majesté.

- Ça me navrerait tellement qu'il se pourrait que je n'accorde plus à votre petit-fils toute la sécurité à laquelle un enfant de son âge doit être soumis. Il serait regrettable qu'il lui arrive un accident malheureux. Un enfant si charmant...

La mâchoire du duc se serra, et Leaf craignit qu'il ne tire sa hache pour la lancer sur Castel. Leaf prit enfin conscience du niveau de cruauté de Castel. Menacer la vie d'un enfant pour obtenir une armée de son grand-père, c'était une bassesse sans nom. Isgon parvint à se maîtriser, surtout quand le reste de l'assemblée acclama le roi et son projet de conquête de l'Ancien Monde. Isgon et la plupart de ses hommes de Naglima, ainsi que Deornas, quittèrent la salle du trône. Avec un dernier regard glacial pour Castel, Leaf les suivit dehors. Isgon ne tarda pas à se libérer de toute sa hargne à décapitant une statue de Castel devant la porte du palais.

- Par le cul d'Arceus, j'en étais sûr ! Un Haldar est toujours un Haldar ! Il suffit qu'il ait une foutue couronne sur la tête pour rêver de conquérir dieu sait quoi ! J'en ai ma claque, de ces salauds de blondins aux yeux bleus ! Et menacer Alroy de la sorte ! S'il n'aurait rien risqué, j'aurai enfoncé ma hache tellement profonde dans le cul de ce gamin ingrat qu'on aurait dû l'enterrer avec !

- Il vaut mieux que vous n'en fassiez rien, sourit Deornas avec tristesse.

- Ne me dis pas que tu soutiens ça ?!

- Non mon oncle, mais c'est nous qui avons placé Adam... non, Castel II sur le trône. Il faut faire avec maintenant. Vous avez entendu comment les autres l'acclament ? Il veut seulement renforcer son pouvoir dès le début en proposant une glorieuse conquête. C'est un peu ce que tous les Haldar ont fait jusque-là. Sauf que lui voit un peu plus grand. L'Ancien Monde résonne encore dans les oreilles et les rêves de nombreux gens de Cinhol. Beaucoup veulent retrouver la terre dont leurs ancêtres étaient issus. Le roi Castel II leur vend du rêve, et ils l'aiment pour cela.

- C'est une folie, leur répéta Leaf. L'Ancien Monde est divisé en centaines de nations. Si Bakan tombe, les autres ne resteront pas sans réagir. Vous devez le convaincre que...

- Je crois que c'est plutôt à vous de le faire, dame Leaf, répliqua Deornas. Vous le connaissez mieux que nous, vous êtes son amie.

J'étais l'amie d'Adam, oui. Mais il n'est plus là, songea Leaf avec désespoir.